mardi 28 avril 2026

Fip… en pile !

Dimanche 26 avril. Juste nous deux ! Fip et moi… Émoi à 8:40 avec "Just the two of us" de Bill Withers (1981). Je viens en terre connue entrer dans l'histoire du jour. L'histoire qui se tisse autour d'un ruban musical unique et surprenant. À 9:15 ça prend bien avec "Billy Jack", six minutes de Curtis Mayfield, mais entre les deux ? Les programmateurs (et une programmatrice) assurent le programme par tranche de deux heures. Et à 9:15 on a changé de programmateur depuis quinze minutes. C'est le jeu. Des fois ça colle (de l'un à l'autre programme) des fois ça colle moins. On se laisse porter. Mais si jamais on fait un peu plus que se laisser porter, on peut être un peu désemparé si Fip, de piles en piles de disques, au lieu d'être dans l'enchaînement, s'engouffre dans l'empilement.

Merci à Patrick d'avoir extrait
de son immense discothèque 
ces quelques vinyls… de légende












Aie ! Ce qu'il ne fallait surtout pas dire. Et pourtant le vieil auditeur de Fip que je suis sent bien cette façon irréversible de "changer l'ordre des choses". La programmation reste éclectique, souvent subtile, et donne envie de Shazamer plus que de raison. Mais alors pourquoi cet impression d'empilement ? Ce que Radio Nova appelle le "Grand mix" ? Ben parce que si le programme ne nous plonge pas dans une histoire (un début, un milieu, une fin) qui ne s'empêche pas de virevolter, de faire des écarts, de rebondir et de retomber sur ses pattes, je dirai que notre (mon) cerveau est moins stimulé. Bon, faut dire que les histoires c'est toute mon histoire avec la radio (1). On pourrait se fier à ce slogan : "La pertinence de la programmation,  l'impertinence de l'animation !" Ouais, sauf que des fois la prog. n'est pas pertinente, pas plus que l'animation n'est impertinente. C'est selon !

Comme pour d'autres chaînes de Radio France la mutation et le basculement sur le web et/ou sur le DAB+ est en marche (forcée). Pour préparer le terrain Fip aura commencé par empiler les web-radios, comme autrefois on empilait les porte-clefs. Dur constat pour les deux créateurs de Fip (en janvier 1971), Jean Garretto et Pierre Codou, particulièrement quand Garretto, en 1965, inventait la bourse aux porte-clefs (2). Mais beaucoup plus alarmant il semble bien que Fip empile de plus en plus les titres plutôt que de les enchaîner. De lier les titres entre eux. L'enchaînement, l'adn de Fip, que tant de programmateurs ont mis en œuvre, jour après jour, années après années. ¿Que pasa ? C'est quoi ce déchaînement ? Le signe que dans quelques quarts d'heure Fip ne sera plus une chaîne (hertzienne et de flux) mais une web radio parmi tant d'autres ? C'est possible ? On serait tenté de dire oui, tant les basculements vers le Dab+ et le web deviennent à la mode… Comme ce sera le cas pour France Musique dès cet été !

Et puis côté animation il y a des animatrices qui se lovent dans le programme tout en subtilité et mots choisis et celles qui posent leurs textes à plat, sans relief, sans âme. Ça s'entend et ça s'entend beaucoup même. Sauf si l'auditrice ou l'auditeur fait l'impasse sur ces "interruptions volontaires". J'ai été élevé dans l'esprit des créateurs pour ces interventions météorites, fantaisistes, décalées et captivantes. Alors j'écoute les animatrices avec attention et il m'arrive de grommeler… Car si à peine qu'un instrumental démarre on s'attend à ce que l'animatrice ouvre son micro… on frise le systématique ! Et ça enlève beaucoup (trop) de spontanéité !











Je n'écoute jamais les web-radios de Fip (3) car elles sont sans animation. Le jour où Fip basculera sur le web et finira par utiliser des voix IA, il en sera bien fini de l'idée originelle de Roland Dhordain (4), une radio de service (météo, info, radio-guidage, culture) avec le génie d'y associer une programmation musicale "unique au monde". Le tout fait d'humanité et de feeling (d'émotion), pas de robot. The dream is over.

(1) Ben à 9:29 "La fille d'ipanéma" par Jacqueline François (1964), paroles d'Eddy Marnay,  je ne m'y attendais pas du tout, et surtout je ne connaissais pas !

(2) En 1965, Roland Dhordain (1924-2010), directeur de France Inter, demande à deux producteurs inventifs, Jean Garretto et Pierre Codou, de trouver une idée pour faire venir les auditeurs à la Maison de la radio, ce sera "Bienvenue à l'ORTF" et des animations sans précédent, in situ. Pour des raisons évidentes de sécurité la Préfecture de Police mettra fin au bout de quelques mois aux animations auxquelles le public avait eu plaisir à prendre part ! Dans le grand hall, était organisée une bourse aux porte-clefs, chacun pouvait repartir avec celui de l''ORTF à condition de l'échanger avec un des siens, 

(3) Culte, Sacré Français, Groove, Rock, Jazz, Reggae, Pop, Électro, Monde, Nouveautés, Hip-Hop, Métal,
(4) Directeur de la radio à l'ORTF,

Bon à 11:45, Gérard Palaprat, "Pour la fin du monde" (1971). Aie ! Là ça fait très mal à sa propre jeunesse, bigre de bigre ! ;-)

Plus moche comme visuel !












28 avril, 7h28, 
si Audrey pousse le bouchon à dire la poésie de Pablo Neruda dans sa langue d'origine, on écoute, on boit ses mots, on voyage, c'est un autre réveil-matin, une attention subtile et beaucoup de délicatesse… Et comme dirait Lisa Leblanc (7h50) Quoi-ce tu fais ça pour ? "Bang bang" !!!! (8h23)

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