mardi 27 septembre 2022

France Culture… du chiffre !

Mercredi dernier, 21 septembre, Libération publiait sur son site web et le lendemain en une, une enquête - à charge - d'Adrien Franque et Jérôme Leffiliâtre, "France Culture, "un système de violence et de soumission" venu d'en haut." L'ambiance délétère dans la chaîne de service public est décrite en trois longues pages où les inter-titres donnent une idée du niveau de détresse et de désarroi qui "plombe l'ambiance" et la sérénité au travail. "On se prend des roustes", "Va mourir, la patronne te hait", "Droit de vie ou de mort sur les émissions", "Des gens très qualifiés s'en vont"… N'en jetez plus la coupe est pleine et déborde ! "Le malaise est énorme". Que devra-t-il arriver pour que des décisions radicales soient prises et que tous les personnels concernés reprennent sereinement le chemin de France Culture ? Que fait Sibyle Veil, Pédégère de Radio France ?







Un début de réponse viendra deux jours plus tard. "Dans un mail interne envoyé vendredi après-midi, la présidente de Radio France, Sibyle Veil, écrit «qu’aucun fait de harcèlement moral n’a été établi», et apporte son soutien à la directrice Sandrine Treiner, tout en annonçant plusieurs mesures pour améliorer le dialogue au sein de la chaîne." (1) 

Extrait du mail envoyé par Sibyle Veil au personnel de France Culture (vendredi 23 septembre) : "… Concernant France Culture, la réalité à ce jour est qu’aucun fait de harcèlement moral n’a été établi. Dans les dernières années, 4 salariés ont saisi la cellule de signalement de Radio France pour une situation en lien avec le comité de direction de France Culture, chacun dans des circonstances différentes. Comme à chaque fois, la cellule a fait son travail avec sérieux, impartialité et en préservant l’anonymat pour regarder les faits et elle a estimé qu’aucun des cas n’était constitutif d’un harcèlement. S’il en était allé autrement, des conséquences en auraient été tirées. Je vous rappelle qu’il y a eu l’an dernier 11 procédures disciplinaires à la suite de signalements de harcèlement.

Un directeur ou une directrice est là pour définir une stratégie et faire évoluer sa chaîne en conséquence. Un directeur ou une directrice est donc là pour diriger, prendre des décisions, arrêter, poursuivre ou faire évoluer des programmes, faire des retours à ses équipes. Il est normal que nos antennes soient guidées par une stratégie éditoriale. Si France Culture réussit si bien, c’est qu’il y a une stratégie et que c’est la bonne. Et ceci, nous le devons à Sandrine Treiner.









"Réussit si bien" quoi ?
Madame Veil montre en quelques lignes que la réussite stratégique est donc au prix de la souffrance, de l'acharnement moral et de l'arbitraire. Devrait s'en suivre "un dispositif de diagnostic et d’écoute". En l'état ce serait donc grâce à la presse qu'un énième dispositif va être mis en place ! Et pourquoi n'a-t-il pas été mis en place dès les premiers signalements de salariés ou de cachetiers ? En assurant Madame Treiner de sa confiance Veil joue un "drôle de jeu", au risque que les développements de l'"affaire" confirment un "management de terreur" et lors, l'urgente impérativité de décisions radicales pour protéger et soutenir le personnel.

Madame Treiner doit posséder le compte Twitter le plus fourni sur les dizaines et dizaines de chiffres qu'elle publie à chaque fois que Mediametrie sort du bois (et il sort souvent). L'autosatisfaction permanente de la Directrice de France Culture n'a d'égal que celle de Laurent Frisch, grand manitou du numérique, de la production et des… chiffres. A minima, il manque à ces deux personnes, "Les lettres". Treiner est persuadée d'en faire le meilleur usage chiffré, Frisch de les prendre au pied de … la lettre.

Où l'on ne cessera de dénoncer qu'en faisant entrer le loup dans la bergerie - Mathieu Gallet, comme Pdg de Radio France en 2014 - le CSA a ouvert la boîte de Pandore. Les effets délétères et collatéraux du management start up nation n'ont pas fini d'aligner les 0 et les 1. Avec une tendance très lourde à multiplier les 0, à désespérer Billancourt et, à marche forcée, délinéariser et plateformiser la radio de flux. Au risque à court terme voir disparaître les sept chaînes publiques assemblées/rassemblées sous une seule radio : Radio France.

(1) Adrien Franque, co-auteur de l'enquête, publie sur le site de Libération "Après l’enquête de «Libé», un dispositif d’écoute ouvert pour les salariés de France Culture", 24 septembre,

lundi 26 septembre 2022

MagMa c'est fini… Je me marre !

Le 29 août je me suis pincé grave. Sur France Inter, à 9h04, après seulement 4' d'entonnoir-info - ce qui ne devait pas être arrivé depuis que le flash de 9h avait fini par s'allonger démesurément (1) -, une nouvelle émission s'insérait dans la matinale rallongée jusqu'à 9h30. MagMa, contraction futée du Magazine de la Matinale. Bien vu ! Animée par Sonia Devillers (ex L'Instant M) ce programme prenait la place de Boomerang animé de 2014 à 2022 par Augustin Trapenard. Patatrac, trois semaines après sa création, l'émission perd son titre et trois minutes de temps d'antenne. Et mettra quelques jours à trouver son titre définitif "L'invité de Sonia Devillers" (2) ¿ Que pasa ? Serait-ce une décision de la nouvelle directrice de la chaîne Adèle Van Reeth ? De la directrice de la rédaction Catherine Nayl ou des deux matinaliers Salamé/Demorrand ? Le saura-t-on un jour ?











Pourtant "MagMa" ça avait de la gueule mais ça n'avait peut-être que la gueule ? Pourquoi un entretien radio de 20' prendrait le titre de magazine ? Un magazine c'est une émission d'info ou de programmes avec plusieurs rubriques récurrentes (3). Devillers elle-même s'est fendu d'un tweet (19 sept) pour sans aucune explication acter ce changement en annonçant comme nouveau titre "le 9h10" !!!!!!! A minima que d'amateurisme pour la première matinale de France. Ce nouveau programme a pourtant du être validé dès le mois de juillet ou quand bien même il ne l'aurait été que mi-août (avant la "rentrée") il est assez surprenant que personne n'est relevé que le titre, à cause de son contenu, était inapproprié.

Devillers jamais en reste pour paraître à la télévision expliquait aux journalistes de "Quotidien", le 2 sept l'importance "depuis trente ans" (sic) d'un titre en radio ! Quoi ? Une fois de plus la journaliste montre sa parfaite inculture de l'histoire du média qui l'emploie depuis plus d'une décennie ! Faudrait-il lui rappeler "Qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de vous, une anti-émission de France Inter présentée par personne" (1968/1969, José Artur), "L'hippopotame fait des bulles de savon" (1995/1996, Julien Delli-Fiori), "Marche ou rêve" (1976/1978, Claude Villers), "À cœur et à Kriss" (1980/1981, Kriss)… Liste non exhaustive et pour saluer Europe n°1 "De 9h à Bibi" (1967/1968, Maurice Biraud) !











Profitons-en pour signaler que "L'invité de Sonia Devillers" est en tout point conforme à "L'instant M" : les mêmes stars médiatiques, les faits div' qui croustillent, le mélo surjoué, etc… etc… Recevant vendredi dernier, Jean-Noël Jeanneney, ex-Pdg de Radio France (1982-1986), Devillers n'en finissait plus de roucouler. Pour "illustrer" les relations tendues du Pdg avec deux animateurs bien connus "Claude Villers et Pierre Bouteiller", l'animatrice de l'émission envoie deux sons ! Villers pour "Marche ou rêve" (voir les dates ci-dessus) et Bouteiller pour "Le magazine de Pierre Bouteiller" (1979-1981) (4). Pas de pot, ces deux émissions n'ont jamais existé sous la Présidence de Jeanneney et pour cause ! Quand on invite un historien et qui plus est un historien des médias le minimum serait de respecter la "Concordance des temps" (5).

Devillers a perdu son titre et un peu plus de crédibilité pour sa capacité à rendre compte de l'histoire. En mai, recevant Mathieu Gallet, l'ex-Pdg de Radio France, elle annonçait à l'antenne qu'il avait fini par démissionner en mars 2018 quand "tout le monde savait" (et particulièrement à Radio France) qu'il avait été révoqué par le CSA le 31 janvier 2018 ! Une sublime fake news.

Cette indécision sur un titre d'émission est anecdotique. Je n'ai pas souvenir d'un précédent radiophonique ces dernières années. Une émission peut changer de présentateur/présentatrice, de jour de diffusion, de durée mais changer de titre après seulement trois semaines de diffusion, c'est sans doute un cas d'école !

(1) D'au moins deux minutes supplémentaires grignotant d'autant sur les "programmes" toujours à la merci des desiderata de l'info,

(2) Depuis le 19 septembre, annoncée à 9h10 et qui démarre à 9h08, précédée d'une chronique supplémentaire "La chronique médiatique" par Cyril Lacarrière qui ronronne et ressasse ce qui bruisse déjà partout ! 
(3) Dont le maître incontesté restera sans doute Pierre Bouteiller avec "Le magazine de Pierre Bouteiller" dès la rentrée de 1969 et pendant de longues années sur France Inter,

(4) Ces deux années là le "Magazine" est diffusé de 18h10 à 19h,
(5) Émission hebdomadaire de Jeanneney, le samedi à 10h sur France Culture, depuis la rentrée 1999, 

vendredi 2 septembre 2022

La relève à Radio France… mais la relève de qui ?

Sibylle Veil, Pédégère de Radio France est beaucoup plus moderne que Mathieu Gallet (ex). Ce dernier, à défaut de savoir gérer une entreprise publique, était adepte de la méthode Coué qui, comme l'histoire le montrera ne lui a pas réussi. Veil, beaucoup plus dans l'air du temps fonctionne au mantra. Pour cette nouvelle saison elle agite deux mots censés changer le cours de l'histoire radiophonique : la relève, le tournant. Des mots de communication parfaits pour exciter les médias et, par effet domino, tomber dans les oreilles des tutelles : Bercy (Finances) et Valois (Culture).

La relève du menhir à Plabenneg (29)










Madame Veil qui, pour la Conférence de Presse de rentrée, a choisi, pour une fois, de sortir de ses postures statiques et tenter (sur l'estrade de l'agora de Radio France) d'être punchy, assume le mot relève, quand les quelques noms de jeunes cités font pâle figure face aux ténors du micro bien installés sur les chaînes de France Inter, France Culture et France Musique. Mais, au risque de mal connaître la radio, si relève il y a ce sera pour la prochaine saison (23/24). Que ce soit une volonté de la Pédégère c'est une chose, mais il aurait été judicieux de mettre, dès ce mois de septembre, en actes un mot, une idée, un projet. Or comme c'est le cas à Radio France depuis 2014 (1) la communication tient lieu d'action.

Et, comme un mantra, Madame Veil n'aura de cesse de machouiller relève toute la saison radiophonique, au risque pour l'auditeur (attentif) d'imaginer, qui sait, qu'elle prépare sa propre… relève ! Oui car toujours dans la com' la Pédégère a choisi de faire durer le plaisir du suspens pour annoncer sa décision de postuler à sa succession ou de jeter l'éponge. Sa dernière annonce sur le sujet précisait qu'elle informerait - le monde entier - en septembre ! On y est ! Elle a pris soin au passage de rappeler qu'elle est contre la fusion des audiovisuels publics et qu'en l'absence de visibilité d'un projet de gouvernement sur le sujet elle en tiendrait compte pour décider. Dont acte !

Et si, comme par hasard, La relève et Le tournant étaient la base de son futur projet stratégique pour les cinq prochaines années (2023-2028) de gouvernance de Radio France ? Son effet d'annonce prend les marques et devance de quelques têtes les prétendants au poste qui, comme elle, ne savent pas ce qu'il va advenir des audiovisuels publics au cours du mandat présidentiel d'Emmanuel Macron (2022-2027). Particulièrement puisque C.A.P. (Contribution à l'Audiovisuel Public) jetée aux orties, aucune formule de remplacement n'a été définitivement actée.

Quant au Tournant vous en trouverez ci-dessous les principes. Mais, comme ça, au débotté, La relève, le tournant ne ressemblent-ils pas à des incantations politiques, de programme politique ? De là à imaginer que quelques politiques aux affaires aient pu influencer la politique managériale de Radio France il n'y a qu'un pas que… je ne franchirai pas !












(1) Depuis l'arrivée tonitruante de Mathieu Gallet en mai 2014,

mercredi 31 août 2022

Si, si on est en août !

Ben oui août, vous voyez les images : sea, sex and sun (Gainsbourg). Qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de vous… (Artur, José). Août un fruit doré. Un mois hors-champ. Jumeau de juillet. Une pause dans la routine infernale. Enfin tout ça c'était avant le drame. Ça fait lurette que ce mois de 31jours est grignoté par les médias. Médias qui imposent leur temporalité en fonction de leurs intérêts (commerciaux surtout). Et le reste suit. Tout le reste. Comme un seul homme. Comme une seule femme. 

Affiche de mai 68










Les médias ont donc inventé un mois supplémentaire au calendrier : rentrée. Qu'ils scandent en "Rentrez" (dans le rang). Entre la troisième semaine d'aout et la troisième de septembre. Ces sept lettres écrasent tout et plus si affinités… Alors que, vacances rangées (jusqu'en 2022), rentrée était synonyme de consommation débridée. De boursoufflure littéraire. De tristesse scolaire. De regrets éternels pour la petite musique de l'été, cigales ou yukulélé. Là, on est K.O. H.S. Lessivé. Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent (Stephan Eicher).

Depuis lundi, bien sûr j'ai écouté la radio. On en reparlera. Là, je fais tout ce que je peux pour être en août. Pas out. Regarder les arbres. La pluie si rare. Les oiseaux. Écouter une petite voix entre deux morceaux de musique indispensables I try/Macy Gray et Quizas, Quizas, Quizas/ Nat King Cole. Essayez, ça change la vie. Sortir du tunnel. Respirer à fond. Prendre les chemins de traverse et ¡ Basta !

La phrase de José Artur est le titre de son émission de la "rentrée 68", le 5 octobre. Elle se complétait par "… une anti-émission de France Inter, présentée par personne" (18h10/19h, une saison)

dimanche 28 août 2022

Un samedi soir sur les ondes…

Partout ça bruisse avec les mots retour et fin. Quelques vedettes montent sur le toit pour tirer leur révérence. D'autres, dès lundi, s'apprêtent à parader. D'autres encore sont tombées de l'armoire sans que quiconque n'en sache rien. En cette fin de journée de samedi, à l'heure où huit heures sonnent (on dit comme ça sur cette radio) on va pouvoir être transporté. De bonnes ondes. D'un programme musical pensé et ciselé. De courtes paroles qui, pleines de sens, donnent à penser autrement le temps qui passe. A épouser la nuit et entendre ces choses délicates qui se murmurent et nous enveloppent dans un cocon que seule la radio sait créer dans l'intimité de l'auditrice et de l'auditeur à l'écoute.

Nouvelle lune  en Vierge du 27 août 2022

















À l'approche, ce tout nouvel homme (Brand new man) de Malted milk. On s'installe dans (sur) la place et on enchaîne avec George Baker. Son Little green bag en sautoir, des fois qu’on serait tentés de fouiner vers le Réservoir dog de not’ vieux pot’ Quentin T. Mais, mais, mais… une voix s’insère en douceur. Qui, d'emblée, évoque la nouvelle lune en Vierge, celle aussi de Jules Renard (1). Tout en finesse et en poésie quelques petites bulles pétillent à nos oreilles. L'animatrice vient de nous prendre par l'oreille. On passera la soirée et le début de la nuit ensemble.


Et puis raccord avec le Fly me to the moon de Blossom Dearie, elle tisse dans le ruban (musical) des mots doux, des mots hors tout, feuilletés d’images fantastiques : Musset se délectant de Mezcal. Mmm… Deux ivresses sûrement. À chavirer jusqu'au pilou-pilou du pilow… Autant de fantaisies et de sonorités pour cajoler l'oreille…


La nuit s'avance sur un fil. On ferme les yeux, bercé par l'Atomized d'Andrew Bird. Il n'est pas encore minuit, notre Cendrillon nous murmure un Bibbidi bobbidi boo rêvant sûrement du carrosse qui, tout à l'heure, enjambera la Seine ou, qui sait, poursuivra sa course jusqu'à la lune accompagné de Mathieu Boogaerts qui lui chantera “Tu es, tu es, tu es…“. Elle lui répondra "Némésis et…une oie" avant que Kenny Gamble revisite le I’m not in love de Ten CC (1975).


Et puis avant de tirer le rideau Enchantée Julia tourne son "45 tours". Là on ajouterait, enchantée Audrey, Lou… Le micro se ferme sur "inconnaissance" de quoi prolonger sa nuit s'il faut jusqu'à l'insomnie. Pilou-Pili.


(À l'écoute du programme de Fip, 20h-23h, 27 août 2022)


(1) "Le soleil a disparu. On se retourne : la lune est là. Elle suivait, sans rien dire, modeste et patiente imitatrice. La lune exacte est revenue. L’homme attendait, le cœur comprimé dans les ténèbres, si heureux de la voir qu’il ne sait plus ce qu’il voulait lui dire." Jules Renard, Nouvelle lune…

lundi 8 août 2022

L'été, sous les pavés, baratin médiatique enterré…

Le baratin médiatique ce sont toutes ces émissions "médias" qui décryptent les médias, médias qui eux-même décryptent…La mise en abyme est enfoncée. La faillite de la pensée actée. La bouillie de chat vomie H24. De septembre à juin. Car, en juillet et août, a pu décryptages, analyses ronflantes, postures superfétatoires. Comme le nuage de Tchernobyl la "critique" média s'arrête aux abords des plages, des montagnes et autres lieux de villégiatures estivales. Ces simples faits démontrent s'il en fallait  l'avatar le plus tendance du moment de la société du spectacle. Comment supporter une telle perte d'analyse quand en juillet et août on peut enfin se faire sa propre opinion, décrypter à tout va et, en cachette, pleurer la mort tragique du père de Casimir dont France Inter aurait fait un édito média enrobée de sucre candy, une émission spéciale et le point de vue de Michel Drucker au journal de 13h !










Il s'en est pourtant passé des événements médiatiques depuis le 1er juillet ! Mais ni l'Édito M, ni L'Instant M, (France Inter), ni Quotidien (TMC) n'en ont parlé. Et pour cause Sonia Devillers, Julien Belver sont en vacances (1) ! La motion de censure de Laurent Guimier, la vente de Majelan par Mathieu Gallet, Géraldine Muhlmann remplaçante d'Adèle Van Reeth sur France Culture, le feuilleton PPDA dans le Parisien, le départ de Dana Hastier de Radio France, l'arrivée de Laurence Bloch comme directrice éditoriale des sept chaînes publiques de Radio France, Augustin Trapenard animateur de La grande librairie sur France 5 et les 60 ans de la disparition de Marilyn. Vous en voulez encore ?

Les émissions médias sont juste des divertissements pour tenter faire accroire qu'il s'agit d'analyse quand il s'agit surtout de faire la promo de la presse, de l'édition, de la TV, des vedettes et autres journalistes médiatiques. La boucle est… bouclée. On tourne en rond ! Grave !

Mais attention à la rentrée tout va changer ! Car France 5 va chaque dimanche combler le vide sidéral laissé par la disparition sur cette chaîne de Médias, le Mag (2). Et devinez le titre de cette création tout en subtilité sémantique ? C Médiatique ! C fou ! C innovant ! C bateau ! C ringard ! C out ! Totalement kitch. Gageons que l'armée mexicaine des commentateurs média sera invitée pour commenter l'actualité média où, l'on risque fort, de retrouver en boucle l'experte Média de… France Inter à défaut, sans doute, de Julien Belver (ex-chroniqueur de Médias, le Mag) qui officie sur une chaîne concurrente (TMC).

Ah les beaux dimanches (médias) que voilà !

(1) Heureusement pour ces protagonistes il reste les rézo (et particulièrement Twitter) sur lesquels ils peuvent s'épancher et nous faire part de leurs émotions médiatiques !
(2) Entre 2008 et 2016, présenté par Thomas Hugues. 

vendredi 5 août 2022

De l'écoute… à la plage, au retour et même dans le temps !

Quel titre ! À facettes… Car l'idée est de vous parler de l'écoute aigüe (pointue) d'une émission "Retour de plage" qui pour sa septième année s'installe de 18h à 20h sur France Musique. Au retour que chacun peut s'en faire et déceler ce qui fait la marque, la patte de chacun des producteurs Thierry Jousse et Laurent Valero …

Brian Wilson des Beach Boys














Quand, l'été 2016 s'installe Retour de Plage on doit s'habituer à la séparation brutale du couple Easy Tempo qui réalise depuis des années un formidable numéro de duettistes. Pour cette noouvelle émission, l'un officiera en juillet, l'autre en août. On va forcément y perdre quelque chose. Et il ne s'agit pas que d'une addition ou d'une soustraction. Animer à deux une émission c'est de la haute voltige et pour rendre le numéro attractif (et supportable) les animateurs doivent posséder un sens aigüe de la complicité et/ou de la complémentarité.

Pendant des années Easy Tempo était réglée comme du papier à musique. Un chant et contre chant sublime. Une fluidité subtile. Chacun des deux ténors une érudition magistrale. Pas moins. Un régal comme j'ai eu l'occasion de l'écrire à longueur de blog ! Leur savante alchimie ne se retrouvera, de fait, jamais. C'est la vie même des émissions…

Dans Retour de plage chacun se révèle. Et s'il est évident qu'il n'y a pas lieu de comparer les sets de chacun. On peut quand même se demander pourquoi et comment l'oreille garde le fil ou décroche ? A quoi ça tient ? C'est quoi leur alchimie individuelle ? Je vais tenter quelques hypothèses. Autant dans Easy Tempo on pouvait sentir Jousse en appui de Valero, autant Retour de plage lui aura permis de donner toute la mesure de sa très large palette musicale. Et  mieux nous fait partager son enthousiasme, ses découvertes et ses fines anecdotes. Plus encore, Jousse en prise avec l'histoire de la musique nous y fait entrer. En studio et en coulisses. On sent un gros travail de préparation et d'écoute en amont. Et du début à la fin de ses émissions il tisse un récit qui impose à l'oreille de ne pas lâcher l'affaire. Autant dire que sa septième saison a été somptueuse !

Mon tweet du 15 juillet











Tout va bien mais en ce début du mois d'août, comme je l'avais senti l'an passé, je trouve Valero en arrière-plan de son émission. À côté. Presque distant. Les morceaux choisis sont souvent intéressants et nouveaux à l'oreille, mais leur récit est moins incarné, moins vibrant. Moins dans le game. Grossièrement, Valero "traîne un peu des pieds". C'est dommage ! On peut même évoquer un certain bric-à-brac de programmation sans réelle unité, entre autre puisque le récit ne permet pas de dégager une couleur, une époque ou un genre (2). L'éclectisme a toute sa place dans Retour de plage, encore faudrait-il que quelque chose tienne et fédère cet éclectisme ! Comment pourrais-je avoir ces perceptions si je n'entendais pas ce qui ne saute pas aux oreilles ? Faudrait juste que les directions d'antenne considèrent que les auditeurs ne sont pas que des pièges à… podcasts. Et, quand on a pendant des décennies écouté la radio, on peut prétendre avoir acquis quelques facultés auditives, non ?

Je vais continuer à écouter le programme d'août mais avec moins d'allant (3). Tant ces premiers numéros manquent de ferveur et d'enthousiasme… Mais, chaque matin, en réécoutant les Retours de juillet j'en reprends une dose ! Je découvre encore des choses que je n'avais pas complètement appréciées à la première écoute (4). La cuvée Juillet 2022 restera dans les annales. En la servant dans quelques années parions qu'elle se sera encore bonifiée et fera honneur à son millésime.

(1) Le dimanche soir, 19h-20h, France Musique,

(2) Consacré le mercredi au cinéma c'est d'une pauvreté affligeante, d'un didactisme désespérant… Si encore il y avait collé à "cinéma" un genre, une époque, un réalisateur. Mais non ce mot "fourre-tout" permet d'empiler les musiques de film sans avoir besoin ni de trop chercher, ni même d'inventer un récit ! Je trouve ça déplorable. Et ça baisse de beaucoup le niveau imprimé par la qualité des RdP de juillet !



(3) Le mercredi 17 août pour ouvrir l'émission Valero enchaîne 5 morceaux de la B.O. de "Sharky's Machine (L' anti gang) (2014)". Ce n'est plus de la programmation/production c'est du "pousse-disques" . Affligeant !

(4) L'épisode du 13 juillet et les deux qui suivront sont juste de petits bijoux du patrimoine de l'année 1972…