jeudi 8 décembre 2016

Feedback : 9 décembre 1980…

Guillaume Hamon, auditeur émérite, pilier du festival Longueur d'Ondes (Brest) a non seulement écouté la radio depuis sa plus tendre enfance costarmoricaine mais, ne reculant devant aucune tentative pour assister sa mémoire, s'est lancé depuis toujours dans une captation régulière d'émissions de radio qui ont bouleversé sa vie d'auditeur. Parmi celles-ci, "Feedback" de Bernard Lenoir (1).

















Il y a quelques jours, avec Guillaume, nous évoquions ce que nous faisions, ce 9 décembre 1980, quand nous avons appris la mort de John Lennon, assassiné par Mark Chapman, la veille devant son domicile new-yorkais, le Dakota Building. À 8h, avant de partir à l'école (2), j'enfilais ma paire de Levi's en écoutant le journal de France Inter. Venait juste de paraître "Double Fantasy", son dernier 33 tours.

Ce soir-là lui, moi et tant d'autres avons dû écouter avec ferveur Le Black rendre hommage au "Working class heroe". Le son ci-dessous, capté par Guillaume, (avec un tout petit extrait de "I am a walrus", droits obligent) est émouvant pour l'histoire, pour le ton de Lenoir et pour le souvenir d'une illusion perdue…  So long John.

(1) 1978-2011, avec différents titres d'émissions, la plupart du temps de 21h à 22h sur France Inter, à l'initiative de Pierre Wiehn, directeur de la chaîne de 1973 à 1981,
(2) La grande école mais l'école quand même.

mercredi 7 décembre 2016

Comme quoi ? Com' Gallet...

Gallet et son mentor Schlesinger 
















En ces périodes troublées de primaires, de primates (politiques), de médiatisation des égos, de renonciation du Prez, d'apparition de tout à chacun comme un va-tout possible dans des équipes de campagne et/ou de futures équipes ministérielles, deux titres de presse "L'opinion" et "Challenges" sortent opportunément de leur chapeau-carnet d'adresse, Mathieu Gallet, Pdg de Radio-France. Revue de détail.

Dans ces deux portraits, bien parti pour que jusqu'à ses 60 ans on s'acharne sur sa jeunesse, sa gueule et sa grève historique de Radio-France, le Pdg apparaît : droit dans ses potes (son réseau), adroit avec sa droite (Mitterand Frédéric, l'a nommé président de l'Ina en 2010), gauche avec sa gauche (Fleur Pellerin, ministre de la Culture pendant la grève n'a rien lâché). Mais vous savez quoi, le must, c'est qu'il est "provincial" (sic). Ç'est vrai qu'à Paris les dirigeantes-dirigeants des entreprises publiques, privées, des administrations sont toutes-tous Parisiennes-Parisiens, n'est-ce pas ? Alors vous pensez bien que si la presse en tient un de provincial, elle ne le lâche plus !

Les deux articles brossent surtout le-management-du-manageur-et-son-parcours-magérial-"époustouflant". Mais de radio qui s'écoute, peu. Bien peu. La radio est abordée en termes de stratégie, de structure, de bons chiffres de France Inter, de mauvais chiffres de Mouv', de bâtiment, de personnel, de podcasts pubés, de chiffres comptables et de masse salariale. Mais pourquoi donc ces deux articles s'intéresseraient-ils à la radio ? Dans les deux cas, l'angle choisi étant l'homme-Pdg et surtout pas l'homme-radio... qu'il n'est pas.

On soupèse son aura (médiatique), son entregent (politique), sa carrière (météorique) et on n'évite pas de sonder ses attentes... ministérielles, des fois qu'après avoir publié une tribune réactive dans Le Monde (1) sur les dangers de privatiser l'audiovisuel public, il faille se rappeler aux bons souvenirs de ceux qui seront aux affaires demain. Et puis franchement la radio : un épiphénomène, non ? On l'a vu, le Pdg est multi-cartes. Alors ce qui sort des "tubes" laissons-en la gestion et la parole définitive au directeur éditorial du groupe, Frédéric Schlesinger.

Pour parler radio, Mathieu Gallet n'a pas la classe de son lointain prédécesseur Jean Maheu. Ce dernier, à peine nommé en 1988, interrogea ses équipes pour savoir quelle était "cette belle voix qu'il entendait tous les jours à la radio" et dont il avait oublié le nom... On trouva vite qu'il s'agissait de Daniel Mermet tout juste viré de l'antenne par Eve Ruggieri, qui ne put faire moins que d'offrir au producteur, l'année suivante, "Là-bas si j'y suis" (1989-2014). Le même Mathieu Gallet qui, en septembre 2014, devant Yann Barthes du "Petit journal", feint d'ignorer la voix dudit producteur. 

S'il avait fallu parler radio, au delà de la clinquaille des chiffres de Mediametrie, Gallet aurait dû évoquer l'ambiance délétère qui s'est installée depuis la grève dans la Maison ronde, l'inquiétude grandissante des personnels sur les moyens alloués à la production (et la future délocalisation des studios moyens pour travaux) face au développement exponentiel des cadres de l'entreprise qui, par essence, ne "font pas la radio" mais "se servent sur la bête". Parler de l'avenir de franceinfo (radio) et de celui de France Bleu (2), au-delà de la nomination de son nouveau directeur, de Fip Nantes et de l'arrêt de l'animation d'antenne les samedis et dimanches, de la rotation des mêmes invités sur au moins trois, voire quatre,  des chaînes du groupe la même semaine (3). Parler boutique quoi, et ça le Pdg ne le fera jamais, ou jamais sans son éminence grise, Schlesinger.

La presse ne se lassera donc pas d'applaudir aux choix stratégiques d'un Pdg dont le projet stratégique est toujours sous embargo dans la tour d'ivoire du CSA (Tour Mirabeau, Paris XVème). E la nave va...

(1) Le Monde du 14 septembre 2016. Voir aussi la réponse de Olivier Babeau, professeur d'économie, le 17 septembre. Lire aussi la lettre ouverte de Christian Combaz du 17 septembre dans Atlantico,
(2) Syndrome provincial toujours, à la une de La lettre pro de la radio n°84, Éric Revel (directeur France Bleu), "Mes racines sont provinciales et populaires" (sic). La meilleure garantie pour diriger un réseau d'antennes locales n'est-il pas ?
(3) France Inter, France Culture, France Musique, France Info.

Demain un feedback spécial.

dimanche 4 décembre 2016

Manège d'été à France Musique... (14/35)
















Pendant deux mois, cet été 2016, Laurent Valero et Thierry Jousse, séparément, nous ont offert deux heures quotidiennes de petits bijoux musicaux. Deux heures, de dix-huit à vingt heures, qui passent, fuient et puis, le vingt-six août c'est fini. Mais c'est quand même pas possible de laisser s'envoler une telle richesse dans l'éphémère. Alors, comme je l'ai fait moi-même (souvent l'émission à peine finie) je vous propose de réécouter chaque dimanche (idéal) un épisode de leur saga d'été. Juste avant de les retrouver ensemble à 18h, ce dimanche sur France Musique pour le nouvel "Easy tempo".

Lundi 1er août. Entre en scène Thierry Jousse, M.C. de ce mois d'août qu'il attaque par la face "Crooners" en trois sets qu'il emmène par "The voice" histoire d'assurer le mouvement sur des bases solides. S'ensuivent Sami D'avis Junior et Etta James de quoi assurer l'affaire et de tendre l'oreille pour se laisser surprendre. C'est ça la grande affaire des compères de l'Easy Tempo, surprendre par quelques pas de côté qui souvent nous scotche, ravis de ces découvertes subtiles et sensibles. 

Et là que ce soit Björk "Like Someone in Love", Tracey Thorn "Fascination" ou Dusty Springfield "Make it with you" on écarquille les oreilles au point de découvrir ce qui nous avait échappé jusqu'à cet été 2016. Bon et si on ajoute Richard Harley et son "Coles Corner", là on fond, on touche plus terre, on imite pâlement le loup de Tex Avery devant "Red", la rousse torride et néanmoins insaisissable par ce loup un brin vulgaire et dingue. Pour la suite ça ne s'arrange pas. Timber Timbre (voix TaylorKirk) et un "Hot Dreams" qui imposera après écoute de plonger dans la piscine pour faire baisser la température. Car dans Hot Dreams vous l'aurez bien compris il y a hot. 

Bon, vous êtes prévenus, ça ne changera plus jusqu'à la fin de l'émission et alors, comme moi, vous aimerez peut-être la réécouter une deuxième ou une troisième fois.... Ou faire ce que j'ai fait tout l'été dernier acheter une palanquée de morceaux sur ma plateforme préférée.

N.B. : De façon temporaire le nouveau site de France Musique ne permet plus l'export du player, donc il vous faudra aller là pour écouter l'émission du 1er août.


Et retrouvez les compères today á 18h
sur France Musique pour Easy tempo.


Générique Ennio Morricone avec la voix d’Edda dell’Orso 
Une Voce allo Specchio, extrait de la BO de La Stagione dei Sensi.

lundi 28 novembre 2016

Des pod-casts... des pod-casts... oui mais des Panzani !


















Souvenez-vous : quand les premiers podcasts (2005) ont commencé à être proposés pour les chaînes de Radio France, gloutons avides, nous nous sommes rués sur ces petits miracles qui nous permettaient, enfin, de n'être pas définitivement insatisfaits d'avoir loupé plusieurs de nos émissions favorites et d'être à jamais inconsolables de n'avoir pu enregistrer "Le bon plaisir" de Marcel Gotlib (1). Et, la collectionnite pouvant être facilement associée à un T.O.C., nous avons stocké à tout va, empilé, multiplié les émissions et fait déborder notre "armoire" de stockage au point quelquefois d'engranger nos podcasts sur moult disques externes. E la nave va...

"Tout ça c'était avant le drame"
Quelques jours après sa nomination comme Pdg de Radio France, en février 2014, Mathieu Gallet, flambeur et iconoclaste, annonçait, péremptoire, qu'il allait faire payer les podcasts. L'auto-proclamé super-manageur-qu'on-allait-voir-ce-qu'on-allait-entendre n'hésitait devant aucune provocation pour marquer son territoire, dont on se souviendra que c'est bien sous sa présidence qu'un mouvement de grève (28 jours) a dépassé tous les autres depuis feu l'ORTF (Office de Radio et Télévision Française) en 1968. Après qu'on eut rappelé au dit président qu'on ne pouvait faire payer deux fois ce qui relève déjà de la taxe audiovisuelle, l'incident fut clos...









 









Puis d'aucuns se mirent à plastronner à tout va sur la quantité phé-no-mé-na-le de podcasts que les auditeurs engrangeaient jour après jour, mois après mois, au point que l'imparable Mediametrie, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, décida de créer une nouvelle mesure d'audience, sur lesquelles les radios ne manqueraient pas de s'esbaudir et de faire une promotion effarante. Au titre de ses plastronneurs de première la palme revient sûrement à M. d'Arvor (Olivier Poivre) qui, régulièrement, venait dire à l'antenne de France Culture sa fierté pour sa chaîne décrochant la timbale, mesure après mesure. Dans cet esprit scolaire et néanmoins pathétique, Madame Treiner a repris le flambeau et glousse à tout va pour nous dire que "Podcast is good for you".  

Sauf que, depuis lurette, "tout le monde", experts et amateurs éclairés, s'accordent à dire que s'abonner à un podcast n'équivaut pas à sa lecture, qu'elle soit d'ailleurs partielle ou totale. Moi-même, essayant d'être raisonnable, j'ai fait un tri sévère dans ma "bibli" et ai fini par ne plus garder que trois émissions à mes oreilles indispensables. Mais bien plus que "raisonnable" j'ai appliqué froidement le principe de réalité. Les journées ne faisant que 24h, il m'est impossible d'écouter plus de deux heures quotidiennes de podcast auxquelles s'ajoutent au minimum trois heures de flux. Au-delà le sommeil en prend un coup et ça, ça ne peut durer aussi longtemps que les contributions.


















Mais voilà qu'en interne, à la Maison de la Radio, quelques esprits éclairés et volontaires ont décidé d'encapsuler de la pub (pour abonder les finances publiques allouées à l'audiovisuel public et à Radio France) dans tous les podcasts de France Culture et de France Inter. Bigre de bigre la belle affaire ! Il existerait donc des publicitaires (ou des agences), suffisamment demeurés et ignares, pour conseiller à leur clients-annonceurs de réserver une partie de leur budget publicitaire à ces podcasts, dont on nous psalmodie les résultats mensuels, avec autant de passion et de conviction que, par -35°, la diffusion d'un rosaire sous la dynastie mandchoue, au fin fond de la Mongolie, par l'  hiver le plus froid du XVIIIème siècle. Amen ! 

On comprend mieux alors pourquoi, depuis des mois, Radio France incite les producteurs à faire une promotion systématique des podcasts de leurs émissions. La belle affaire (bis répétita), hormis le podcast point de salut et, le streaming d'être relégué en arrière-plan. Aux publicitaires alors de constater la formidable audience desdits podcasts. Qu'on se rassure, dans la minute qui suivra cette nouvelle forme d'agression publicitaire, je me désabonnerai illico-presto des trois émissions que je podcaste (2). Je reviendrai à une forme ancienne d'écoute, tendue et concentrée, et continuerai à jouer du streaming.

Une dernière question : "Pour ces multidiffusions podcastées productrices et producteurs sont-ils rémunérés ? Et, si oui, sous quel critère de certification d'écoute ?" J'ai comme l'impression que si les producteurs avaient fait ce type de demande on leur aurait rétorqué qu'on ne pouvait garantir que leurs émissions podcastées soient pour autant écoutées. Y aurait-il alors deux poids deux mesures ? On garantirait aux annonceurs ce qu'on ne pourrait garantir aux producteurs ? La grosse farce ! 

Prochain épisode : "Qui seront les dindons ?'

(1) France Culture, 13 décembre 1997,
(2) Des tests seraient prévus prochainement sur les sites des deux radios concernées,

dimanche 27 novembre 2016

Manège d'été à France Musique... (13/35)
















Pendant deux mois, cet été 2016, Laurent Valero et Thierry Jousse, séparément, nous ont offert deux heures quotidiennes de petits bijoux musicaux. Deux heures, de dix-huit à vingt heures, qui passent, fuient et puis, le vingt-six août c'est fini. Mais c'est quand même pas possible de laisser s'envoler une telle richesse dans l'éphémère. Alors, comme je l'ai fait moi-même (souvent l'émission à peine finie) je vous propose de réécouter chaque dimanche (idéal) un épisode de leur saga d'été. Juste avant de les retrouver ensemble à 18h, ce dimanche sur France Musique pour le nouvel "Easy tempo".

Vendredi 29 juillet. Pour nous coller au poste Valero envoie du Henry Mancini de très bonne facture : "Whistling away the dark" du film "Darling Lily" (Julie Andrews), et sa version chantée par Stéphanie Crawford. Pour cette dernière émission de l'été avec Valéro nous pourrons savourer des reprises de musiques de film. La palette est immense et la sélection proposée nous fait flirter avec les sillons que creusent inlassablement les duettistes Jousse/Valero de l'Easy Tempo.

Et puisqu'un mois de "Retour de plage" est impossible sans Mina, Valero nous offre "Laura" (David Raksin) du film éponyme d'Otto Preminger. Frissons assurés, Mina, madeleine parmi les madeleines, est toujours aussi bouleversante. On en redemande, jamais rassasiés, par la chanteuse italienne qui mériterait une journée sur France Musique tellement son répertoire est immense et riche.

L'ambiance de ce dernier set est absolument lounge (même si à la fin on se décille). On ne décolle plus de son fauteuil et la bouteille de Martini (ou de gin) à une furieuse tendance à se vider à vue d'œil. Le temps banal s'est arrêté et, si Laurent Valero n'avait pas prononcé le nom de Mireille Mathieu, nous n'aurions jamais rouvert les yeux. Heureusement "The look of love" (Burt Bacharach) du film "Casino Royal" fut proposé en trois interprétations différentes, dont l'une chantée par Connie Francis.

Et je ne dirai rien du « Girl Talk » (Bobby Troup / Neal Hefti), par Tony Benett, pour définitivement saluer Pierre Bouteiller, le producteur et l'ex-directeur de France Musique(s).

N.B. : De façon temporaire le nouveau site de France Musique ne permet plus l'export du player, donc il vous faudra aller là pour écouter l'émission du 29 juillet.


Et retrouvez les compères today á 18h
sur France Musique pour Easy tempo

mercredi 23 novembre 2016

L'image de marque de France Inter (suite)...

Sylvain Ernault, journaliste, m'interpelle hier sur Twitter avec ces 140 signes : "Finalement tu t'intéresses de plus en plus aux audiences ;) Mais tu ne dis pas que Vanhoenacker progresse face à Ruquier !". Je vais, ici, préciser mon "intérêt" pour les dits-sondages. Peu me chaut cette tarte à la crème médiamétrique dans laquelle s'est engouffré Radio France et qui permet aux dirigeants de plastronner devant la tutelle ou la représentation nationale, expression favorite de Mathieu Gallet, Pdg du groupe public audiovisuel. 
















Heureusement que France Culture de 1963 à 2003 (1) ne courait pas après les 2%, les clics, les clacs, les podcasts et autres ersatz de radio. Heureusement que de 1984 à 1997, Jean-Marie Borzeix, directeur de France Culture, faisait courir les producteurs après la France et inventait le "Pays d'ici" pour que la chaîne soit au cœur des villes et des villages, au plus près des habitants et des citoyens. Et pour que les émetteurs se multiplient. De vrais clics et de vraies rencontres "live" pour que sa chaîne sorte des murs de Paris, et que France Culture sorte de l'entre-soi culturel. Alors, la carotte après laquelle d'Arvor et Treiner (2) courent ne ressemble à rien de culturel, rien de radiophonique et sert uniquement leur satisfaction pour roucouler devant le Pdg, le directeur éditorial (Frédéric Schlesinger), la tutelle et... la représentation nationale.

Heureusement que de 1973 à 1981, Pierre Wiehn (3) l'inventeur de la radio moderne faisait de France Inter une radio d'excellence et installait sur la durée des talents, des tempi et des rythmes toujours en vigueur aujourd'hui (le 11h/12h30, par exemple). Quant à Charline vs Ruquier, rappelons-nous qu'un certain Schlesinger, directeur d'Inter de 2006 à 2009, installa sur la grille, à la rentrée 2006, "La bande à Bonnaud" (4). Une émission intelligente, cultivée, punchy, drôle et pertinente. Tout à fait dans la ligne et dans l'histoire d'Inter. Schlesinger avait demandé à Bonnaud de relever le défi face à Ruquier sur Europe 1 ("On va s'géner") et à Bouvard sur RTL ("Les grosses têtes"), genre mission impossible. Bonnaud n'était pas un amuseur public, juste un formidable animateur de petite bande. Et Inter n'avait pas décidé, à cette époque-là, de notre rire au claquement de doigt.

Bonnaud sera remercié la saison suivante. De mauvaises langues disent qu'un certain Sarkozy.... Si le bilan de Gallet et Schlesinger ce sont des chiffres et des diagrammes, la représentation nationale pourra les distinguer de l'ordre du mérite. Pour ce qui concerne "Écoutez la différence", le bon slogan de la chaîne, ne comptons pas sur Médiamétrie pour la mesurer. Et, à trop se battre dans la cour des radios privées, la radio publique risque très vite de ne plus faire la différence.  

(1) À mi-temps de la direction de Laure Adler 1999-2005,
(2) Successivement, directeur et directrice de France Culture, 
(3) Applaudi dans une récente rencontre des auteurs à la Scam,

(4) Animée par Frédéric Bonnaud, aujourd'hui directeur de la Cinémathèque (Paris). Avec Sandra Freeman, Arnaud Viviant, Philippe Colin. 16h30-18h, du lundi au jeudi.

mardi 22 novembre 2016

L'image de marque de France Inter...

Donc vendredi dernier, tout juste remis de l'euphorie et de la joie de la veille, qui avait vu la chaîne prendre la deuxième place des audiences radiophoniques de rentrée, derrière l'inamovible RTL, les "stars médiatiques" de France Inter faisaient le tour des plateaux TV (1). On se demande bien d'ailleurs pourquoi les TV s'intéressent, tout à coup, aux audiences radio ? Gageons plutôt que c'est un sujet parmi tant d'autres et que faire venir des "figures" sur un plateau, c'est bon pour sa propre audience. C'est aussi la façon la plus simple de prolonger l'entre-soi médiatique qui occupe déjà une bonne part du temps médiatique. La boucle est bouclée oú plutôt la boucle ne se déboucle jamais.













Vendredi 18 novembre donc, Yann Barthes invitait dans son émission "Quotidien" sur TMC, Charline Vanhoenacker et Patrick Cohen (2) pour parler de la matinale d'Inter. Bigre ! Donc pour Barthes les bonnes audiences de toute la chaîne se résument à la matinale qui, c'est vrai, est en tête du classement. Pour autant Barthes n'évoque à aucun moment les programmes qui, de fait, participent des bonnes audiences de la chaîne. Sur 19h de programmes "frais" le journaliste met en avant le programme le plus écouté et qui fait, aujourd'hui, l'image de marque de la chaîne. La matinale est donc cet arbre touffu qui cache les talents de la forêt de productrices et producteurs ignorés par la TV.

Il est forcément valorisant pour un journaliste, Barthes, de valoriser ses confrères journalistes, Vanhoenacker et Cohen et, d'entretenir la flamme journalistique qui brûle à l'Olympe du 4éme pouvoir. Amen. Les Trapenard, Devillers, Rebeihi, Lebrun, Vidard, Josse et Assayas qui animent la grille, ne seront jamais invités par la TV pour parler des bonnes audiences de France Inter. Tout juste si, l'un ou l'autre, sera invité pour parler de son émission. Les TV, comme les médias en général, ont donc décidé, définitivement, qu'une radio c'est sa matinale et qu'au-delà point de salut. Voila donc bien une méthode "moderne" de raccourci et de synthèse rapide par, ceux-là mêmes, les journalistes, qui dénoncent les raccourcis et les synthèses rapides... CQFD.

Puis samedi Le Tube (Canal +), présenté par Isabelle Ithurburu, recevait Patrick Cohen pour parler, devinez quoi, des bonnes audiences de France Inter et de sa matinale. Cohen qui ne se lasse jamais de rappeler que le 7/9 est le fait d'une équipe, mais qui n'impose jamais que son équipe soit présente avec lui, pour évoquer ce travail d'équipe. Á l'américaine, les médias européens ont fini par ne plus mettre en valeur que les show-men (et quelques show-women). Ce sont eux qui raflent la mise du vedettariat pipole. 

À cette occasion Cohen a dit quelque chose de très intéressant. Il a déclaré que si RTL était continuellement en tête des sondages elle le devait à la force d'entraînement des "Grosses têtes" (3). Donc dans le cas de RTL, ce serait un programme de fin de journée qui tirerait toute la journée, et donc l'écoute du lendemain, quand sur France Inter ce serait la matinale qui s'y emploierait ! Bigre, mais qu'attend donc France Inter pour faire la même chose et ravir sa place ancestrale de première à la radio de la Rue Bayard (sise à Paris) ? Il y a sur France Inter un bouffon "bénévole" qui squatte l'antenne de 11h à 12h30 et qui pourrait tout à fait déplacer son bénévolat de 16h à 18h30.

L'analyse de Cohen est bien courte. Les habitudes d'écoute sont les "systèmes" qui régissent les pratiques des ditesécoutes. Et l'auditeur qui a réglé son poste, et/ou son autoradio, sur une fréquence en change très peu. Rares sont ceux qui, comme votre serviteur, choisissent tout au long de la journée différents programmes et différentes  chaînes et n'écoutent plus en continu la même antenne. Pas sûr, par contre, que les "nouveaux" auditeurs de Ruquier sur RTL ne retournent pas après les "Grosses têtes" sur Europe 1 ou France Inter, et que les auditeurs du 7/9 d'Inter n'aillent pas juste après sur RTL ou Europe 1. 

Si la renommée de RTL repose en partie sur les "Grosses têtes", dommage qu'à France Inter ce ne soit plus une émission de programme, par opposition à une émission d'info, qui fasse l'image de marque de la chaîne. Il serait long de citer ici les émissions emblématiques de France Inter qui, non seulement ont fait sa renommée, mais qui ont participé à la fidélité des auditeurs sur la longue durée. L'info, et les journalistes qui vont avec, ont pris le pouvoir et ce sont eux, maintenant, qui s'affichent partout au risque imminent de l'infotainment... aussi à la radio.

(1) "Des" ? Je ne sais pas ! Je raconte ici les deux émissions que j'ai vues... de mes yeux vus...
(2) Chroniqueuse dans la matinale à 7h53, et anchorman de la tranche 7/9,
(3) Du lundi au vendredi, 16h-18h30,.