"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
dimanche 9 décembre 2012
Simonetta…
Simonetta est sur la grève, au couchant, la mer d'huile est étale. Elle se baisse, prend dans sa main une poignée de sable sec et la lance au plus haut qu'elle peut. Les éclats de mica brillent, scintillent et retombent lentement devant elle. Ce sont des mots, des gestes, des lieux, des prénoms qu'elle a lancés sur sa feuille blanche et, que d'un doigt habile, elle va disposer, page après page, pour en faire un roman. Voilà l'univers de Simonetta Greggio qui, pour écrire, superpose des trames, en décale quelques-unes, en rajoute ou, d'un geste sec et définitif, en écarte d'autres…
Depuis le 5 octobre, à l'invitation d'Alain Veinstein, j'ai pris la direction de cette grève et n'ai pu m'empêcher de faire durer le voyage… Il a remué - des années 70 aux années 2000 - tellement de situations vécues, de sentiments effleurés, de lieux "symboliques" qu'il fut tout "simplement" magique. Simonetta Greggio a si bien tout "installé" qu'à la fois on s'y perd comme on s'y retrouve toujours. Inlassablement avec quelque chose qui palpite (trop) fort au fond de soi. Comme si le cœur (de l'histoire) prenait tant de place qu'il en battait trop la chamade.
Simonetta Greggio sait si bien nous faire circuler dans les plis de son récit qu'on finirait par aimer les labyrinthes. Ses plis les plus indicibles comme les plus criants ou les plus désolants. Derrière quelques-uns par pudeur elle se cache. Dans d'autres, espiègle, joueuse et amoureuse elle s'affiche. Tellement présente, même si ce roman n'est pas autobiographique.
Elle tisse ses histoires parallèles en ayant l'air de nous dire amusée "Pas si simple". Mais de ces histoires-là je ne veux rien révéler. Rien. J'aurais pu lire son roman en un seul dimanche. J'ai préféré finir ce matin en douceur. À pas de loup même… En freinant le plus possible. Et, pieds nus, dans le sable de grève j'ai écrit : "L'homme jouit du bonheur qu'il ressent, et la femme de celui qu'elle procure" (1). Cela s'applique comme un gant à Simonetta Greggio. Refermé le livre il faut un certain temps pour revenir à la vie… Comme quoi la radio et le livre peuvent être bouleversants ! (2)
(1) Cité par Simonetta Greggio in "L'homme qui aimait ma femme" (Stock). Citation extraite des Liaisons dangereuses (Pierre Choderlos de Laclos).
(2) Écouter ici aussi !
Un dimanche de papier…
C'est dimanche, vous avez le choix : écouter en boucle Charles Trenet "Les enfants s'ennuient le dimanche", Juliette Greco "Je hais les dimanches" ou, savourer à la lumière d'un soir d'hiver le n°4 de France Culture Papiers (novembre 2012) et opportunément commencer par la page 162. "Fichu dimanche" (1) qui reprend quelques témoignages vécus. J'aime bien celui de Corine Miret. "J'ai retrouvé, c'est vrai, ces derniers temps, le goût des dimanches où on ne fait rien : se promener comme tous les gens ou rester à la maison. Ça me rappelle les dimanches en province et ce n'est pas désagréable, je vous assure ! Avoir conscience que le temps passe, c'est à dire ne pas être absorbé par l'ordinateur : marcher, rester allongé au lit et observer la lumière changer. Suivre ses pensées, les laisser venir."
Alors ce dimanche, pour suivre mes pensées, je suis entré dans ces Papiers par la transversale de Marie-Hélène Fraïssé, productrice de "Tout un monde" (2). Celle-ci nous raconte son voyage en Alaska qui donne lieu, tout ce mois de décembre, à la diffusion sur la chaîne de quatre épisodes de son aventure. Marie-Hélène Fraïssé en profite pour joindre à son propos l'interview de Rick Halford, "ex sénateur républicain de l'Alaska (ex membre à part entière du lobby minier et pétrolier de cet Ètat), qui entame un combat contre un projet minier au nom de la protection des saumons sauvages". Bonne pêche Marie-Hélène ! Mais en toile de fond de ses documentaires la recherche incessante de la productrice autour des Amérindiens.
La revue est toujours aussi belle et agréable à lire. C'est une revue idéale pour le dimanche, pour tout fermer autour et se laisser guider par les mots et les images du papier(3).
Lire aussi le papier ci-dessus "Simonetta"…
(1) Un documentaire d'Amaury Chardeau et Christine Diger ! Bigre mais de quelle époque ? À venir, en diffusion sur la chaîne ou déjà diffusé ? Je me renseigne…
(2) France Culture, le mardi 15-16h,
(3) En se gardant bien, en fin de journée, d'ouvrir la radio avec l'insupportable émission "Les retours du dimanche" (France Culture) dont rien que le titre donne un cafard monstre et dont le contenu nous rappelle que l'actualité est beaucoup trop omniprésente sur la chaîne.
samedi 8 décembre 2012
Florange en rage…
Une fois n'est pas coutume ! Mes chers auditeurs, contre toute attente, j'ai écouté hier matin la matinale de France Inter, enfin je n'ai pas écouté toute la matinale, j'ai écouté les deux sessions d'invités. Avant hier, j'apprenais qu'une radio publique serait en direct de Florange vendredi matin. J'étais persuadé que ce serait France Culture - la chaîne d'information - qui y installerait ses "24 heures". Pensez "une révolution en devenir" + "un personnage mondial Lakshmi Mittal" + "de l'art : des cathédrales de hauts-fourneaux" + "des hommes marqués au fer qui témoignent"… Tous les ingrédients pour déplacer la chaîne sur ce "coup" là !
Et ben non, c'est France Inter qui, plus humblement, a déplacé son 7/9 à Florange. J'écris humblement car Patrick Cohen a su la "jouer" sans emphase, sans surjouer de son statut de journaliste-star. D'ailleurs Édouard Martin, délégué CFDT d'Arcelor-Mittal à Florange, lui a donné du "Monsieur", quand Cohen n'a pas été assez précis sur les entreprises de la vallée de la Fensch. J'ai cherché d'autres documents audio et n'en ai pas trouvé. (Faites signe si vous savez où en trouver).
"Lorraine Cœur d'Acier" nous manque. C'est rien d'entendre les infos (quelles qu'elles soient) qui s'effacent les unes derrière les autres et qui s'oublient. Ce qu'il faudrait c'est entendre la vie qui va autour. Une vie qui ne bat pas au rythme des médias mais se tourmente, s'angoisse ou se désespère et, pour qui, la fin de l'année aura un goût si amer qu'il sera en complet décalage avec les artifices de Noël.
Il est bien fini le temps des Abbé Pierre, Pierre Bellemare (1), et autres grands mouvements de solidarité nationale initiés par la radio. Il nous faudrait une B.D. de l'urgence par Baru (2). Il nous faudrait entendre la parole ouvrière étouffée par la pression permanente du consumérisme outrancier, par la surexposition du divertissement perpétuel, par la sur-valorisation de l'individu et sa mise en scène continuelle au mépris du collectif.
Au moins Lavilliers incitait à visiter "la plage aux De Wendel…". Et ce 27 décembre Edouard Martin écrit à François Hollande.
(1) "Vous êtes formidable" sur Europe 1,
(2) J'ai pas le cœur à mettre en image l'affiche du festival du film italien de Villerupt en 2009 avec des hauts-fourneaux en arrière plan,
• 11 avril 2013, le reportage de Marion L'Hour ici, et le reportage de France Bleu Lorraine Nord.
vendredi 7 décembre 2012
Mélancolie(s) ouvrière(s)…
Après "La Fabrique de l'Histoire" (1), c'est Alain Veinstein qui, dans "Du jour au lendemain" (2), recevait Michelle Perrot. De sa belle voix, cette historienne nous installe dans la vie ouvrière de la fin du XIXème siécle en prenant le cas de "Lucie Baud (1870-1913), ouvrière en soie du Dauphiné, femme rebelle et oubliée, en dépit de grèves mémorables." Le récit qu'en a fait Michelle Perrot s'inscrit dans une nouvelle collection, "Nos héroïnes", chez Grasset, dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Et Veinstein de se demander si "une ouvrière méconnue peut être une héroïne" ?
Comme souvent avec Michelle Perrot c'est limpide, passionnant et à l'image de son sujet de recherche, humble. C'est, au désespoir du temps disponible, à lire ne serait-ce que pour comprendre comment siècle après siècle quelque chose échappe à la condition humaine pour ne pas dire à la condition ouvrière, l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme. Ce récit montre d'évidence la morgue de ceux qui font et défont l'entreprise, les mêmes pour qui la main d'œuvre est absolument vitale, mais "jetable" au moindre fléchissement commercial et/ou financier.
Je n'ai ni le talent ni la culture de Jean-Noël Jeanneney, historien, pour tenter de faire la "Concordance des temps" (4) entre le livre de Michelle Perrot (5) et les événements industriels qui bouleversent la France. Et pourtant… il faudrait le faire.
Vous en trouverez quelques ébauches ici et là. Mais ça ne dissipera en rien les mélancolies ouvrières qui flottent sur le pays et qui le minent…
(1) France Culture, du lundi au vendredi, 9h05,
(2) France Culture, du lundi au vendredi, minuit,
(3) Mélancolie ouvrière, Grasset, 2012,
(4) France Culture, le samedi 10 h,
(5) La critique de Martine Sonnet ici.
jeudi 6 décembre 2012
Les histoires de l'oncle Paul-Zitrone-Laurentin…
L'Oncle "Paul" ce pourrait être aujourd'hui Léon Zitrone (1) qui ce mercredi nous racontait une belle histoire (2). Ça fait du bien d'entendre des histoires le matin et même à n'importe quelle heure du jour. Ça nous change de la pression quasi permanente de l'actualité et du bavardage qui l'accompagnent. On pourrait dire que le documentaire est un temps apaisé a contrario du temps stressé. Et c'est pour cela que lorsqu'il m'en tombe un dans l'oreille j'aime à vous faire partager ce petit moment de bonheur radiophonique. J'espère mes chers auditeurs ne pas trop vous lasser en faisant la promotion à quelques jours d'intervalle d'un "nouvel" épisode de la Fabrique de l'Histoire (3). Mais cet épisode là m'a semblé irrésistible. D'abord pour tout ce qu'il nous apprend et aussi par la façon dont il nous l'apprend. En nous racontant "simplement" une histoire avec sa chronologie, ses acteurs, ses événements marquants, sans omettre les anecdotes qui donnent à l'ensemble tout son sel.
Ce n'est pas pour rien que j'ai titré "Les histoires de l'Oncle "Paul"" car c'est bien la narration élaborée qui rend le sujet captivant, qui installe une ambiance et qui met l'auditeur dans l'histoire. On imagine les pneumatiques (surtout quand on a eu la chance d'en voir dans un établissement postal) dans une course effrénée, circulant dans un réseau digne d'un roman de science-fiction pour délivrer des messages si urgents qu'il ne pouvaient attendre. Franchement c'est prodigieux d'imaginer la circulation pneumatique dans les égouts parisiens. Ce besoin (déjà) à la fin du XIXème siècle d'aller plus vite. Se croisent alors le génie de l'invention, de l'organisation, et de la communication. "Pneumatique" c'est quand même plus bucolique que Twitter et ça va "aussi" vite !

Toutes les occasions sont bonnes pour montrer que le documentaire a sa place sur France Culture. Sa place originelle. À force de parler d'information, de France Culture Papiers (4), de France Culture Plus (5), il faudra bien remettre le documentaire a sa juste place et en faire une promotion appuyée. C'est aussi en le valorisant par tous les médias possibles que France Culture affirmera au sein du groupe Radio France sa différence.
2.1.0 : Hey Zitrone tu pousses un pneu, non ?
À côté de cette belle histoire il y a la figure martiale du journaliste, sûr de lui, impétueux, donneur de leçon, cassant et même assez imbu de sa personne pour ne pas hésiter à écrire les textes qu'il donnera à lire à ses interlocuteurs. Gonflé le Zitrone et pas tellement humble devant les opérateurs du-dit pneumatique. Zitrone avant de s'attaquer aux têtes couronnées et aux vachettes de Guy Lux faisait déjà du Zitrone en voulant faire entendre de sa superbe. Merci à Chaumelle et Fleury de nous avoir donné à entendre les "rushes" non utilisés."Coupez y'en a assez comme ça "
(1) Journaliste de télévision (1914-1995) mais qui, comme beaucoup de sa génération, avait commencé par la radio,
(2) Dans le documentaire d'Olivier Chaumelle et Anne Fleury il n'est pas le seul mais c'est lui la star impériale du micro tendu (tendu aussi le père Zitrone dans son reportage de 1953)
(3) France Culture, du lundi au vendredi, 9h05-10h,
(4) La revue trimestrielle de la chaîne éditée par Bayard Presse,
(5) La web radio estudiantine,
mercredi 5 décembre 2012
Jean Yanne (bis repetita)…
Bertrand Dicale, journaliste à France Info, (que j'écoute quand il fait des chroniques sur la chanson) est venu sur France Inter (1) parler de son "Jean Yanne, à rebrousse-poil" (2) dans un carrefour qui n'était pas celui de l'Odéon, mais dans l'émission coincée entre deux tunnels d'infos. Désolé Messieurs Collin et Mauduit, mais je ne vous écoute pas (3). Je n'aime pas trop qu'on me prenne pour un gogo juste bon à avaler votre bonne parole une fois les infos ressassées, ressassées et ressassées. Jean Yanne en aurait fait ses choux gras, "il n'a jamais aimé le consensus et n'a jamais rien pris au sérieux" Je ne veux pas marcher dans cette combine et rappelle (une fois de plus) que dans les années 90 Jean-Luc Hees (4) animait dans ce créneau horaire "Synergies" qui commençait à 18h10. Pourquoi donc, en un peu plus de dix ans, a t-il fallu ajouter 10' à la session d'infos ?
Par réaction donc je refuse d'écouter des émissions exclusivement calibrées pour tenir entre les infos impériales. Ceci dit, en streaming, j'ai pu écouter ce que Bertrand Dicale a pu dire (et bien dire) de Jean Yanne. Est-il besoin de préciser qu'un temps plus long aurait permis à Dicale de développer son sujet qu'il maîtrise "aux petits oignons" (5) ? Ce qui est intéressant avec Dicale c'est qu'il a cerné le personnage jusqu'à dire "il mobilise ses nerfs et travaille en réaction". Extra ! Bien vu. Ça nous change des sempiternels "anar de droite". Comme Dicale fait de la radio, sait du temps dont il dispose, il ne se perd pas en conjectures et assène quelques vérités bonnes à entendre sur un personnage tout à fait étonnant, à part et inclassable, touche-à-tout génial qui ne s'est jamais enfermé dans un seul registre. "Il fait de tout et tout en même temps"
Dans celui qui concerne la radio nous aurions aimé que Collin et Mauduit sortent quelques archives de l'Ina et mettent en son, non seulement des émissions de France Inter évoqués ("Jean Yanne sur France Inter faisait n'importe quoi" dixit Dicale), mais aussi la voix de Gérard Sire son meilleur complice et alter ego. À ce sujet Dicale nous dit que c'est Gérard Sire qui à appris à Yanne à écrire et travailler vite (comme Sire le faisait lui-même). Sire lui avait appris à développer pour la radio les blagues entre copains et les situations "vues/entendues" de la vie quotidienne pour en faire des émissions.
Mais pour Collin et Mauduit, Sire ne leur parle pas. L'icône Yanne oui -ils sont eux-mêmes souvent dans un registre de dérision - mais Sire non (6). Dommage, car les occasions de reparler de cet homme de radio exceptionnel ne sont pas fréquentes du tout, et le faire aurait permis aussi à France Inter de montrer qu'elle n'oublie pas ceux qui ont fait sa réputation.
Je ne vais pas en rester là ! Vais guetter les interventions de Dicale à la radio, lire son livre et vous en reparler bientôt mes chers auditeurs…
(1) Downtown, 18h20-19h,
(2) First Éditions 2012,
(3) Mais vous deux le dimanche sur Arte avec Bonnaud dans "Personne ne bouge" ma fait sourire,
(4) Journaliste, aujourd'hui P-dg de Radio France,
(5) Ce qui m'incite à lire son livre et à guetter le "Plan B" de Bonnaud sur Le Mouv' qui pourrait bien recevoir Dicale un de ces jours !
(6) On le découvre Collin et Mauduit ont une culture audiovisuelle mais pas très audio !
mardi 4 décembre 2012
Passage intérieur…
Marie-Hélène Fraïssé n'en est pas à son premier "passage". Chaque semaine et depuis des années elle refait le monde. Tout un monde même (1). Et pour ce mois de décembre elle nous mène en bateau. Vers La Grande Terre : l'Alaska ! Son passage intérieur nous conduira aujourd'hui et tout au long du mois de décembre jusqu'à Noël, de Vancouver aux Îles Aléoutiennes. Marie-Hélène Fraïssé aime les voyages au long cours, les histoires, celles qui s'entremêlent et tissent la toile de ses, de nos imaginaires. Savoir qu'on la retrouvera mardi prochain pour la suite de ses aventures extrêmes est déjà un gage d'attention au sujet, aux réalités des distances, aux contextes locaux qui ne pourraient se contenter des fameuses 55' fatidiques.
Ce "Passage intérieur" sera alors comme un "Pays d'Ici". Entre les épisodes nous accepterons que sept jours s'écoulent,- une durée presque insupportable à l'heure de l'immédiateté permanente" - ne serait-ce que pour respecter les distances qu'il a fallu parcourir pour ce documentaire en quatre parties (2). Et nous pourrons guetter et être attentifs, chacun de ces mardis, pour savourer un voyage que peut-être nous ne ferons jamais. C'est un rendez-vous et, en tant que tel, s'il est choisi, s'y tenir sera le moins, pour chaque semaine, avoir le plaisir de la découverte.
J'ai écouté le 3ème épisode (3). Je n'imagine pas un seul instant faire comme les milliers de touristes qui débarquent là pour "voir" les indigènes. Je n'imagine d'ailleurs jamais débarquer pour "voir". Sans doute que les documentaires de Marie-Hélène Fraïssé nous préservent de ces attitudes de voyeurs-consommateurs. Les merveilleuses généalogies racontées dans cet épisode donnent une idée des passages de l'Europe vers l'Alaska, des croisements, des métissages, des allers et retours vers des racines improbables ou réelles. Comme il y aurait à en dire si on remontait les fils de toutes ces généalogies. De quoi dresser les cartes de ces circulations inattendues d'un pays à un autre. De fabuleuses ou tragiques aventures. De drôles de vies. De la réalité d'un monde ouvert et du paradoxe des frontières.
Ces Amérindiens-là ont le sens du business grâce à "une loi du Congrès Américain de 1971 qui leur confère la pleine propriété des terres qui leur sont attribuées à ce moment-là, au prix de l'abandon d'autres terres" (4). On a tout de suite envie d'en savoir plus, de sortir de nos propres frontières "de pensée", de quitter nos schémas établis, d'élargir nos horizons. En quelques mots, de nous ouvrir aux mondes autres et de changer d'échelle. De temps en temps ça peut ne pas faire de mal, et je dirais même plus, ça peut faire du bien.
Quand j'entre dans "Tout un monde" c'est comme quand il y a presque trente ans j'entrais en France Culture. Je me sentais à l'époque un peu étriqué dans mes savoirs et mes "ouvertures" semblaient minuscules. France Culture c'était la découverte assurée et un questionnement permanent. À moi de poursuivre ou non le chemin ouvert et de "remettre sur le métier" tel ou tel sujet approché (5). C'était une université populaire. Le mot n'est pas trop fort. Mais le temps du verbe indique que les émissions, de parlotes et de commentaires perpétuels, qui ont envahi la chaîne ne pourront jamais avoir le caractère patrimonial que Jean-Marie Borzeix défendait.
(1) France Culture, le mardi 15h-16h,
(3) Hasard technique,
(4) Loi sur les autochtones d'Alaska et création des "sociétés par actions" ouvertes aux seuls autochtones,
(5) D'apprendre que les légendaires guitares Gibson ou Martin sont fabriquées avec du bois de l'Alaska explique peut-être la "pureté" des sons, mais savoir que ce business profite aux Amérindiens d'Alaska apparaît comme un très bon "feedback",
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