vendredi 14 novembre 2014

Veinstein/ Beccarelli…

Alain Veinstein, en 2013 (cc by-sa) Actualitté






















En mai 2012, Marine Beccarelli avait rencontré Alain Veinstein (1). Avant la parution de son livre sur la radio de nuit, Marine a proposé à Syntone de publier en avant première la retranscription de son entretien avec Veinstein.

(1) Producteur à France Culture jusqu'en juillet 2014.

jeudi 13 novembre 2014

Touche-pas à mon poste radio euh non TV non radio dans ma TV…

Les deux pour le prix d'un


























Quand on travaille à la TV et à la radio en même temps faudrait voir à pas profiter de sa position TV pour vanter la radio dans laquelle on travaille. C’est clair ? Pas pour Cyril Hanouna qui vanterait honteusement dans son émission TV les bienfaits qu’on aurait à l’écouter sur Europe 1. Évident mon cher Baldelli ! Baldelli (Christopher) c’est le taulier de RTL la maison en face d’Europe 1. Ces deux stations-là passent leur temps à se scruter les ondes et s’en envoient un paquet de mauvaises.

Donc RTl écrit à Olivier Schrameck président du CSA pour évoquer de la publicité «déloyale» attendons les résultats. Si Hanouna et sa chaîne se font tirer les oreilles ça pourra pas faire de mal à Morandini qui finira bien par arrêter d’autopromouvoir son émission de TV sur Europe 1, chaîne sur laquelle il anime trois heures d'émissions consécutives. M. Baldelli aurait-il alerté le CSA si Hanouna officiant à RTL faisait la promotion « déloyale » de la station dans sa propre émission de TV ? Vous suivez ? Passionnant non ?

Pour autant je dirais "c’est bien fait pour vous" MM. les acheteurs de "talents" (sic). Autrefois quand on avait fait ses preuves à la radio la TV vous faisait des ponts d’or pour que vous veniez y faire de l’audience. J’ai des noms et de jolis. Maintenant c’est en permanence les vases communicants. "On" croit que Trapenard vient de la TV (Canal +) quand il vient de France Culture. On croit que Vandel vient de la radio quand il vient de la TV (1). Et on croit que Charline Vanhoenacker (2) vient de la radio alors qu’elle vient de Belgique.

D’autre part je l’ai moult fois dénoncé la radio fait une promotion éhontée de la TV sans que personne n’y trouve rien à redire. Sur quelle chaîne, dans quel programme TV y a t-il le début du commencement d’une promotion de la radio ? Le premier qui m’envoie le résultat gagnera un carambar. M. Schrameck devrait s’occuper d’énoncer une règle qui voudrait que les TV publiques fassent la promotion de la radio publique (3). Les privées, radio et TV, n’ont qu’à se battre entre elles. c’est rigolo et absolument dérisoire.

Autrement ce qui est bien à la TV c’est qu’elle arrive à se faire sa propre concurrence par chaîne interposée. Par exemple Hanouna travaille pour la chaine « D » qui appartient au groupe « C » qui à la même heurte diffuse un autre programme "phare" sur une autre chaîne. C’est ballot. Alors comme il y a une hiérarchie entre chaîne faudrait voir à ce que la petite chaîne fasse pas trop de concurrence à la grosse. Désopilant non ? Pi fallait pas choisir l’animateur qui cartonne. Faudrait donc que cette animateur "phare" (sic) fasse un mauvais programme pour pas faire de l’ombre au programme phare… de l'autre chaîne. Ils sont complètement malades à la TV.

Quoique à la radio… ça ne devrait plus tarder non plus !

(Sources : le billet de Renaud Revel de l’Express.) 

(1) En fait il vient de Radio Nova (dixit mon pote Hervé Marchais), mais ça m'arrangeait pour mon énoncé !
(2) Journaliste, anime "Si tu écoutes, j'annule tout", France Inter du lundi au vendredi à 17h,
(3) Ça sent l’ORTF là !

mercredi 12 novembre 2014

Élégant avec les gants (ou sans)…

Alexandre Mognol aime le cuir. Le cuir du ballon de rugby. Le cuir des gants (de boxe). Comme le cuir de l'arène. Et ça s'entend jusque dans la matière… Brute.


mardi 11 novembre 2014

"La guerre est finie" : le cinquantenaire (11 novembre 1968)





















Il y a cinquante ans pas sûr que la jeunesse ait été suffisamment à l'écoute des commémorations pour l'armistice du 11 novembre 1968. 1968 venait d'ouvrir la page de la de la "nouvelle société". Pas celle de Chaban Delmas (1), pas celle instituée d'en haut. Celle qui avait résonné dans tout le pays de mars à juin 1968. 

Cinquante ans c'était très loin, très vieux et désespérant à imaginer alors que le "flower power" allait envahir et influencer la musique, les idées et la vie quotidienne. "Cours camarade, le vieux monde est derrière toi" (2). José Artur caracolait sur les ondes de son Pop Club sur France Inter depuis 1965. François Jouffa puis Michel Lancelot animaient "Campus" sur Europe n°1 depuis mars. À la même date Jean Garretto et Pierre Codou inventaient ce qui allait devenir "L'oreille en coin" (3).

Tout le monde bougeait. En France, comme à Mexico, comme à Pragues ou en Italie. Et la Grande Guerre était loin. Trop loin déjà. Alors qu'aujourd'hui elle semble être très proche. Insouciance de la jeunesse en 68 ? Conscience collective en 2014 ?

Le texte que lit Roland Dorgeles reste d'actualité. Il est bon d'y retourner et de constater qu'en 1968 il y avait un "décalage des temps".

(1) Qu'il appellera de ses vœux le 26 juin 1969, jour de son investiture comme Premier ministre de Georges Pompidou,
(2) Slogan de mai 1968,
(3) TSF 68 

"Testament pour la Grande Guerre", 11 novembre 1968, (ORTF)

lundi 10 novembre 2014

Et si Lebrun refaisait (avec Meyer)… le tour de la France (avant découpe)



























Lebrun l'historien, Meyer le sociologue. Voilà bien une paire de conteurs à leur affaire et plus que ça même. Deux hommes de radio. De France Culture et de France Inter (1). Mettez ces deux larrons - en foire (de Brive) - pour parler ruralité, économie, départements, géographie, petites histoires et, tant qu'à être en Corrèze… accordéon (2), vous pouvez être sûr de passer un très bon moment. 

Chacun redoublant de précisions, de détails, de souvenirs personnels, d'analyses fines et subtiles sans que ni l'un ni l'autre ne s'empêchent de donner "le coup de pied de l'âne" à qui il faut le moment (historique) venu. Et, à leurs sourires non feints ou à leurs clins-d'œil (qui "s'entendent" si bien dans la radio sans image), on ne serait pas loin de les prendre pour deux maquignons, bien malicieux qu'ils sont à savoir nous "vendre" le juste prix de leurs constats imparables.

Ce 4 novembre sur France Inter on pouvait se croire dans un cantou corrézien auprès d'un bon feu de châtaignier ou de chêne. Et nos deux conteurs de nous tenir "en veillée". La demi-heure pouvait-elle y suffire ? Avançant même tard dans la nuit on en demanderait encore. Ah si Hollande le Corrézien et le Parlement de France pouvaient écouter ces deux-là avant de faire -à la hache (3) et au couteau- le découpage de la France ? 

Les deux compères donc auraient pu, pour informer les édiles, faire le tour de la France et chaque jour sur les ondes nous donner à entendre et à comprendre ce pays d'ici (4) ou là. Voilà sans doute une belle mission qu'un hardi Ministre de la Culture de la Vème République aurait pu confier à nos deux scrutateurs aigus de la France en mouvement (perpétuel).

Car les écouter donne plus de goût à la connaissance et à la réflexion que le "baratin" gouvernemental qui parvient jusqu'à nos oreilles… ahuries (sic). Les deux larrons en plein marché (5) auraient pu s'associer le concours d'un autre corrézien, Jean-Marie Borzeix qui dirigea France Culture de 1984 à 1997. "Les trois font la paire" aurait crié le bateleur à ce fameux marché où "toutes les femelles du canton…".

Cette radio de bonne compagnie, de connivences intellectuelles et morales, de jeu de l'esprit est précieuse et a fait les belles heures de France Inter et de France Culture. Cette richesse-là, ce savoir-faire il faut le faire savoir et sortir de la tyrannie communicative de l'événement et de la vedette qui encombrent les ondes à longueur de journée. 

France Inter osera-t-elle lancer ce grand tour de la France rurale et citadine qui pourrait chaque jour inviter sous les préaux l'histoire de la France en train de se faire et de se vivre ?  



Ajout du 21 novembre 2014
La Corrèze encore où "Il ferait bon vieillir sous les châtaigniers » (Michelet)



(1) Lebrun à Culture : Culture matin (1984-1999), Pot au Feu (1999-2001), Travaux Publics (2001-2008). Meyer : L'esprit public (1998). À Inter : Lebrun "La marche de l'histoire", Meyer "La prochaine fois je vous le chanterai",
(2)  On devait l'indicatif de "Culture matin" à Marc Perrone,
(3) À l'arrache surtout !
(4) Titre d'une émission éponyme "Le Pays d'ici", France Culture, 1984-1997,
(5) De Brive la Gaillarde, chanson de Brassens.

vendredi 7 novembre 2014

Raimu : le bourru magnifique

Jules Muraire





















J'empreinte son titre à Pascal Lismonde (1). D'abord, quand on se souvient avoir écouté ces "mardis"-là sur France Culture (2), on se souvient que les mardis résonnaient depuis le matin avec "La matinée des autres". Cette émission à producteurs tournants prenait le temps d'entrer dans la pellicule et ne s'enfermait pas dans la mécanique horlogère qui, aujourd'hui, a mis à plat le rythme et la raison de la chaîne.

Philippe Garbit, grand manitou - il n'a pourtant rien d'un indien - des "Nuits de France Culture" a mis récemment à la réécoute cet épisode de l'émission où entre en "scènes de genres" l'immense Jules Muraire dit Raimu. Ici pas d'images, pas de vidéos, pas de "vu de Toulon" mais le seul son, la voix du magnifique bourru, celle des témoins, des amis. Et ce cinéma, muet d'images, fonctionne parfaitement à la radio.

Cela tient à quoi ? Aux producteurs, aux réalisateurs qui savent rendre les images, les atmosphères, les situations sans les montrer du doigt. En subtiles évocations, en "ambiances", en suggestions qui sont autant d'images parlantes. Ici personne n'a le Pola (roïd) en bandoulière pour nous montrer Raimu "jouer de la guitare" dans "La femme du boulanger", pas plus que pour nous faire voir comment il réussit à faire un cocktail avec… "quatre tiers" dans "Marius".

En ces temps où nous vivions dans les grottes, sans Internet, sans smartphone ni YouTube, on allait au cinéma, on gardait les images en mémoire et quand les dialogues surgissaient dans le poste on les remettait bien vite en N&B et en pause pour être bien dans le décor. C'était chic, non ?

Alors pourvu que ça dure le cinéma à la radio sans image. Pourvu qu'on puisse encore longtemps ne pas systématiquement aller sur une plateforme un peu trop plate pour être honnête. Pourvu qu'on puisse encore longtemps se refaire le film avec "ses" dialogues, "ses" acteurs et "ses" images. Pourvu…



(1) Productrice à France Culture,
(2) À partir de 1985 (?)

jeudi 6 novembre 2014

Comme on fait sa radio on se couche ou plutôt on s'aplatit… pire on s'étale

Hugues Le Bars ©HLB























Bon je vais vous parler d'Hugues Le Bars, musicien et bien plus que ça (1). Vous allez me dire "houla, ça y est voilà Fañch parti dans sa grosse nostalg' radio, trémolos et tout le fourbio (sic)". Ben je vais essayer de vous le faire juste soft. Mais d'abord faut que je vous dise que je ne connaissais pas du tout Le Bars. Enfin j'aurais rien pu vous dire si à l'improviste vous m'aviez dit "Hugues Le Bars tu connais ?". L'aurait juste fallu que je fasse l'effort de retenir ce nom qu'Alain Poulanges a du nommer quelquefois puisque c'est Le Bars qui avait créé le si subtil générique d'"En avant la zizique" (2).



Bon après l'aurait fallu que le 11 mars 2011 je fis le choix judicieux d'écouter "Les passagers de la nuit" plutôt que de batifoler dans la verte campagne printanière des bords de Loire. Il eût fallu. Et là j'aurais appris plein de choses : Le Bars à l'Oreille en coin, Le Bars avec Kriss "Ça coule de source", Le Bars pour l'indicatif des 40 ans de Fip, Le Bars avec Ionesco. Voilà ce que c'est, on loupe une TRÈS bonne émission, et votre propre culture radio en prend un coup.




Car, Le Bars, la radio il l'a non seulement aimée mais il lui a donné quelques jolis indicatifs qui devraient s'accrocher à la mémoire. Si l'on en croit l'enquête de Matthieu Conquet : "entre 2002 et 2014 rien que sur France Culture, on a utilisé ses musiques dans 41 émissions différentes". Mazette on "connaissait" donc la patte et le style Le Bars "sans le savoir". Lacune, je l'ai déjà dit. Bon les deux players ci-dessus vont vous remettre au parfum.

Poum tchak/Tchak poum
Mais y'a un truc invraisemblable dans la radio moderne. Comme il faut à tout prix parler de tout sur une chaîne de radio généraliste comme France Culture, on profite de la matinale pour caser l'hommage qui s'impose. Enfin que s'imposent la rédaction et Marc Voinchet, l'anchorman de la matinale. Et en 5', montre en main, Conquet doit faire de son mieux pour faire entrer au chausse-pied l'histoire de Le Bars dans le temps imparti. Pourquoi ne pas choisir un autre moment de la journée pour lui rendre hommage ou attendre vendredi pour que Baumgartner dans l'"Atelier du son" rediffuse son émission de 2011 ? Le saura-t-on jamais ?




Voilà, mes chers auditeurs, comment à cause de sa mort le 1er novembre, j'ai enfin "découvert" Le Bars et regretté de ne pas m'y être intéressé avant. Je vais essayer de rattraper "le son perdu" et fureter chez le disquaire ou sites d'occas'. Et aussi tendre l'oreille vers France Musique qui devrait prochainement apporter sa pierre à la (re)découverte de l'œuvre d'Hugues Le Bars.

(1) "un musicien qui a exercé à la radio, un homme de sons qu'on a entendu à la télé, un multi-instrumentiste qui connaît les scènes de danse et de théâtre, un amoureux de la voix qui fait résonner les cordes.. " (in la page des "Passagers de la nuit"),
(2) France Inter, avec Janine Marc-Pezet, 1991-1994,

La plus belle boucle… générique (voir player Inter) ci-dessus
• (Je m' voyais déjà), La javanaise, Ne me quitte pas, L'auvergnat, Laisse béton, Si tu t'imagines, Laisse béton, Je m' voyais déjà, La vie en rose, La mer, Ne me quitte pas, À Paris, La vie en rose, Ma cabane au canada, Avec le temps, Nathalie, Je m' voyais déjà, Les feuilles mortes… La javanaise.