Après Giono, hier, je pouvais bien faire la passe à Pagnol.
| Marcel Pagnol |
Lundi 29 juillet 1991. 8h30. France Culture. Entendre hurler Raimu « Marius, Marius ! Où il est ce petit, Bon Dieu ! » me scotche au fond de mon siège. Je souris. Je suis à Marseille. Sur le port au Café de la Marine. Sans savoir ce qui m’attend. «Mariusssse !» Et, sur L’Arlésienne, la voix de Pagnol. Claire Chancel au micro : « Marcel Pagnol. Pages souvenirs enregistrées en 1958 et 1959, La gloire de mon père ». (1)
Tourbillon. Tourbillon de la langue. De l’accent. De pages souvenirs où bruissent le vent et les cigales dans les oliviers. De paysages de garrigues. D’un temps ralenti. À la mesure d’un soleil qui écrase tout disait Giono. Pagnol, 62 ans, enregistre au micro de Pierre L’Hoste ses souvenirs qu’il vient de publier.
« Je suis né à Aubagne… ». Pendant cinq semaines, chaque matin, je commence mes journées avec le soleil de Pagnol. Une façon de revenir en enfance. Celle du petit Marcel. La mienne. La fidélité à une antenne crée de belles surprises. Des moments sensibles d’écoute. Une musique de la vie. Simple. Paisible et, d’une certaine façon enchantée. Ou enchanteresse.
Je passe L’été avec Pagnol. Chaque matin, une demi-heure de belle langue. D’une voix de rocaille qui lézarde sur les ondes. Ça change la vie. Ça change la joie. Ça atténue les rancunes entre Giono et Pagnol. Ça fixe une autre Provence. Ça ajoute à mon bagage de poètes (2).
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