dimanche 15 juillet 2012

Chroniques sauvages…

Robert Arnaut


Mais qu'est-ce que je pouvais bien faire le 16 avril 2012 ? (1) J'enfilais des perles sûrement ou bien j'écoutais… la radio ? Mais quelle radio ? Aujourd'hui on ne peut plus se contenter d'écouter la radio, il faut aussi la lire. Ce 16 avril j'aurais plutôt été inspiré de me rendre sur le site de France Musique à la page de l'émission "les Traverses du temps" de Marcel Quillévéré ! Car ce jour-là Marcel recevait… sonnez tambour résonnez musette… Robert Arnaut. Eh oui le Robert Arnaut, enchanteur de conte, celui qui a fait les beaux jours des samedis après-midi de France Inter. Et d'ailleurs, pour évoquer ce souvenir, Quillévéré n'hésita pas une seconde à envoyer les trompettes (de la renommée) de Jim Wild Carson et son "Big Fat Man" qui pendant 22 ans (2), samedi et dimanche, ouvrait et fermait l'"Oreille en coin". Si cet indicatif me fait dresser les poils et me touche profondément, il en fut de même ce soir-là pour Robert Arnaut qui, en bon conteur, a eu immédiatement une bonne histoire à raconter ! (3)

Avec Quillévéré il reviendra sur ses reportages en Afrique et surtout "sa" collecte des traditions orales en Afrique dès les débuts de la décolonisation. Et Arnaut de citer Gide : "Qu'on s'imagine toutes ces voix qui s'entrechoquent, se superposent, tout ça s'entrefoisonne comme les lianes d'un ficus…" Gide parlait de "la polyphonie des pygmées qui sont des musiciens extraordinaires" précise Robert Arnaut. Et puis il enchaîne avec "Le cabaret de l'absurde, une émission de fous que l'on m'avait confiée, dont la prétention était de rassembler tous les textes absurdes, de toutes les époques, de tous les auteurs… Nous n'en sommes pas arrivés là mais nous avions quand même une récolte qui nous permettaient de faire une série d'émissions absolument délirantes." (4)

Arnaut évoque aussi, sous l'impulsion de Pierre Schaeffer "une sorte de génie", la création du studio-école de l'Ocora (5), dont il n'y avait pas d'équivalent en France. Et pour enfoncer le clou de la puissance d'évocation que procure la radio, Arnaut dit "J'ai toujours estimé que le son était supérieur à l'image. Au cinéma et à la télévision on vous impose une image. Fermez les yeux et vous êtes perdu ! La radio vous suggère une image et par la-même la prolonge, vous demande un effort. L'auditeur fait un effort que le spectateur ne fait pas." Et de raconter qu'au début des années 90 arrivait ce qui ressemblait à une révolution technologique (6). Et là Arnaut va enchainer ses souvenirs de Dolby Surround, comme des recherches menées avec des ingénieurs du son "qui ont pour nom Guy Senaux, Georges Kiosseff, Gilles Pézerat, Yves Baudry, pour mettre cette nouvelle technique au service de la radio. Nous nous sommes alors mis en tête de créer une émission expérimentale pour utiliser le Dolby Surround, pour aussi utiliser le numérique qui arrivait en même temps. On sentait qu'il fallait qu'il se passe quelque chose." (7)

Puis Quillévéré d'évoquer Toulouse où Robert Arnaut vit le jour, et sur laquelle il vient d'écrire quelques Chroniques toulousaines (8) qui, entre autres, mettent en scène sa propre famille. Quelle bonne idée la chaîne a eue de reprogrammer ce 10 juillet cette émission qui nous a permis de retrouver Robert Arnaut, d'écouter ses souvenirs, de les confronter aux nôtres et d'accrocher à notre étoile sa voix superbe de conteur

Demain 9h, le blog-notes de la semaine radio…

(1) Glen appréciera…
(2) 1968-1990,
(3) Au début de sa carrière il présente son "emploi" comme "écrivain de la Maison" (lire Maison de la radio, mais qui n'était pas encore celle d'aujourd'hui Avenue du Président Kennedy, Paris XVIème)
(4) Avec un joli fou invité "Bobby Lapointe" (Ta Katie t'a quitté),
(5) Office de Coopération de la radio Africaine,
(6) "Déjà en 1962-63 cette Maison a inventé la stéréophonie. Merci M. Albert Laracine qui a inventé le micro-couple" a plaisir à se souvenir Robert Arnaut,
(7) Création d'un "Boléro de Ravel" sans instrument (une bassine pleine d'eau, un déclencheur d'appareil photographique, …) , voilà qui serait digne de passer dans "l'Atelier du son", France Culture, le vendredi à 23h,
(8) Les violettes sauvages, Chroniques toulousaines 1892-1939, Éditions Loubatières,

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