vendredi 28 août 2026

France Inter : Pigalle veut polariser nos fins de semaine à l'infotainment !

Un exercice de style entre communication, convictions pour l'info (mais pas pour les programmes) et enfilage de perles ! Céline Pigalle, Directrice de France Inter, a donné à Télérama (1) une interview de très haut vol. Quelques extraits pour se préparer à être bien polarisé. Sachant que Sibyle Veil s'engage, dur comme fer, à ce que les chaînes de la radio publique dépassent la polarisation infernale de la société. Donc Veil dépolarise (vœu pieux) et Pigalle polarise (conviction). C'est ça la cohérence de Radio France. S'agit juste de naviguer à vue dans cette incohérence formelle et désespérante.

Céline Pigalle










Pigalle y croit dur comme fer ! C'est son credo : "Intuitivement, je voulais repartir à la bataille sur les week-ends, car ils seront des temps forts de la campagne présidentielle." Repartir ? Elle était déjà partie à la bataille ? Mais où ? Pas sur France Inter (elle n'est en place que depuis mars 2026) ! Sur les week-ends !!! Ben voyons Léon, Pigalle décide donc de pourrir nos fins de semaine radiophoniques avec de la campagne présidentielle à tous les étages et de l'info jusqu'à plus soif ! C'est pas de la polarisation ça ? 

Le plus lunaire est à venir. "Il m’importait que nos auditeurs ressentent une continuité d’écoute dans la grille sept jours sur sept". Là on est dans le comique-troupier. Depuis quand (et par qui ?) les auditeurs demandent une continuité d'écoute ? Continuité d'écoute c'est pas le bon mot Madame Pigalle car si on écoute autre chose que du bourrage de crâne et de la propagande c'est, de toutes façons, ne vous en déplaise, de la continuité d'écoute. On voit bien que la seule chose qui vous anime c'est l'info surdopée à l'info, quant aux programmes on verra plus tard. Tragique.

Jacques Sallebert, Journaliste et Directeur de la radio à l'ORTF, incitait auditrices et auditeurs à écouter la radio en fin de semaine, constatant que l'activité de chacun n'est plus la même les samedis et dimanches. Pigalle ne veut rien lâcher, imposer sa vision (étriquée) de la radio et renvoyer aux calendes grecques la nécessité de laisser une grande place à l'imaginaire, au rêve et à la diversion.







La Directrice poursuit : "Ensuite, ce qu’il faut à la radio, c’est du direct, du direct et du direct." Ah bon ? En quoi une émission enregistrée n'aurait pas sa place dans la grille ? Si elle nécessite une production et une réalisation pourquoi s'en priver ! Vision bien primitive de la fabrique de la radio, particulièrement à Radio France qui a tiré son excellence des émissions "élaborées" ! Mais attention le meilleur est à venir :

François Rousseaux (Télérama) : Quelles ont été vos sources d’inspiration ?
"Écouter des reportages. Notamment dans Là-bas si j’y suis, de Daniel Mermet, sur France Inter. Cette émission correspond bien au titre bouleversant du livre d’Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne. Et c’est ça, le journalisme : raconter d’autres vies que la sienne, par-delà les opinions des uns et des autres." Là on s'étouffe, on se pince grave ! Bloch vire Mermet en 2014 après 25 ans de bons et loyaux services et Pigalle voudrait refaire du "Là-bas si j'y suis" sans s'en donner les moyens puisqu'aucune case de la grille ne répondra à la "patte" de Mermet. Donc une phrase de com'. Un genre de vœu pieux pour la galerie ou les gogos qui croient au Père Noël !

Pigalle ajoute : "J’essaie d’être une bonne patronne !" (Syndrome du patronat dans les industries culturelles) Qu'on se le dise Pigalle va donc manager comme une patronne de grosse PME. Ce langage de managère de moins de cinquante ans pollue le service public radiophonique. Pigalle est Directrice d'antenne. Elle ne patronne rien du tout. Point barre.

Et pour finir, en se tapant sur les cuisses, Rousseaux demande à Pigalle où en sera France Inter dans dix ans ! "À une grande marque média, avec pour cœur de métier la radio, écoutée au Liban, au Sénégal, au Québec, partout dans le monde, sur son téléphone, avec l’appli." C'est dingue ce don de voyante extra-lucide ! Qui pourra dire ce que sera Inter même dans deux ans ? Personne. Beaucoup de facteurs politiques, économiques et culturels peuvent bouleverser la donne. On verra en juin 2027 comment une grille focalisée sur l'info aura pu ou non prospérer ou commencer une longue descente aux enfers… Wait and see !

Question subsidiaire : à quoi peut bien servir un Directeur/Directrice des programmes quand la Directrice décide de tout et particulièrement quand le poste est vacant ?

Et ceci pour mieux polariser !



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