jeudi 9 janvier 2014

L'actualité par l'Histoire : Jeanneney au firmament…

Jean-Noël Jeanneney





Avec grâce, subtilité et érudition Jean-Noël Jeanneney nous fait aimer l'actualité avec les regards croisés de ses invités, toujours en "Concordance des temps". Vous aurez remarqué qu'aucun directeur de rédaction des septs chaînes de radio publique n'a eu l'idée de proposer à cet historien un programme court qui chaque jour donnerait à l'actualité un autre angle d'approche. Mais non, c'est vrai faut pas tout mélanger l'info et… les programmes.

mercredi 8 janvier 2014

Tintin… bientôt de nouvelles aventures…

Aziz Rahman en reportage









Le Raphaël Krafft, vélocipédiste globe-trotter, nous prépare pour l'été une aventure extraordinaire. Pour découvrir ce Tintin fou de radio au point d'intégrer la… Légion étrangère en Afghanistan, retour sur son épopée à Surobi

mardi 7 janvier 2014

La République des auditeurs (2)…

Julie Clarini-Antoine Spire  ©S. Durand







Dans un peu plus d'un mois il fera bon s'orienter vers Brest pour le 11ème Festival Longueur d'Ondes, à cette occasion les auditeurs devraient "remettre le couvert" et nous faire partager leurs émois radiophoniques. Pour avoir un aperçu de la session 2013 c'est ici que ça se passe, avec un "mixage fou" d'Hervé le blogueur du Transistor… Et dix ans plus tôt un certain Yann Paranthoën

lundi 6 janvier 2014

La mue…

Studio 102 © RF/Irène Pujol






N'est-ce pas quelque chose qui s'opère lentement ? Un passage ? Une transformation qui essaye de se fondre lentement dans l'existant ? Un bouleversement radical qui ne dit pas son nom ? Aujourd'hui et depuis presque dix ans Radio France a entamé sa mue, presque en douceur mais pas que ! D'abord le numérique, sans alternative, qui a entraîné la refonte des métiers, celle des pratiques et surtout "l'abandon" des savoirs-faire analogiques. Il y a bien eu des mouvements d'humeur, des mouvements sociaux mais rien n'y a fait. Le numérique est à tous les étages de Radio France. Ce qui change radicalement la marque de fabrique de la radio publique et qui renvoie d'un coup les aficionados du son analogique "à l'âge de pierre". Cette "perte" de son a du même coup généralisé la diffusion à l'antenne de voix passées par le "filtre" des téléphones portables, le summum du mépris pour l'auditeur et l'absence totale de professionnalisme de la part de ceux qui, comme Alexandre Adler se foutaient de la gueule du monde, mais n'oubliaient jamais de débiter leurs sornettes.(1) Toutefois la qualité sonore de réception via les téléphones portables et internet est loin d'égaler (c'est un euphémisme) la qualité de réception hertzienne.
 

© Front de Seine












Le deuxième événement qui est aussi en œuvre depuis dix ans ce sont les travaux. Et quels travaux ! J'oserai pour sourire les qualifier de pharaoniques, mais absolument indispensables à la sécurité, aux normes et aux nouvelles techniques d'isolation qui vont permettre, entre autres, de faire bénéficier les studios d'ouvertures sur la Seine sans que cela n'altère la qualité sonique. Outre cette "ouverture" sur le monde, le monde pourra voir du quai Kennedy les studios de France Inter, puis ceux de France Info en attendant sans doute que les autres chaînes en fassent autant. La façade en aluminium à été rénovée, fidèle à l'esprit de son concepteur Henry Bernard. Mais derrière l'aluminium, le verre, les bois du futur auditorium, derrière les portes des "mille" bureaux, des femmes, des hommes accompagnent cette mue, la craignent, la repoussent ou s'y engagent sans état d'âme.
 

Démolition des studios 103 et 104 ©RF



Pour finir de brosser ce tableau il faut ajouter le retour d'Inter dans la ronde prévu en mars. L'adieu à "Mangin" (2) ce lieu improbable où il a bien fallu quand même "faire de la radio" et où France Bleu viendra se loger bientôt, en attendant que de nouveaux locaux lui soient dévolus. On parle d'un nouveau déménagement pour Culture... Cette chaîne était installée, au 6ème depuis les origines, au 9ème et 10ème depuis deux ans. Ça tourne à la Maison de la radio, ça n'en finit pas même de tourner... Le Mouv-ement permanent. Et au plus tard le 7 mars 2014, un nouveau PDG/Pédégère (3) sera nommé-e, et dans la foulée de nouveaux responsables de chaînes. Sûrement pas tous, mais peut-être les plus "exposés" : Inter, Culture, Info, Le Mouv´(4). Alors derrière le bel ordonnancement architectural la mue pose des problèmes humains, qui même s'ils ne s'entendent pas à l'antenne, bruissent dans les couloirs, l'agora ou la tour, là où tout un chacun est en droit de se demander "à quelle sauce vais-je être mangé, promu, déchu, viré, ou porté au pinacle pour quelques, semaines, mois ou années" ?
 

Studio 102



La mue, on pourrait dire "dans l'ordre des choses", annonce aussi le bouleversement de la façon de faire de la radio à l'image -c'est le cas de le dire- de ce que va inventer Le Mouv'. Produire de la matière sonore d'abord pour le web et ensuite la mettre en flux ou pas est un bouleversement absolu. La radio sera un des vecteurs de la diffusion sonore mais plus le seul et surtout plus sur la base de ses techniques propres. Cela aura des incidences sur les métiers, les savoirs-faire, les statuts et sur la matière même radiophonique qui ne sera plus exclusive radio mais multi-média... La "radio de papa" a (sur) vécu. Les anniversaires successifs de Culture, Inter, Maison de la radio (5) resteront des marqueurs du passage d'une époque à une autre...


Studio 104 © RF





Cette mutation en profondeur est très peu évoquée par les médias qui surfent sur des mots : RNT, son binaural, bi-média, radio filmée… Mais la mécanique humaine, celle qui participe de la fabrique radio, qui en parle, qui s'intéresse aux individus, autres que les vedettes permanentes ? Qui prend le temps d'écouter, voir, confronter toute la chaîne de fabrication d'une radio moderne ? Qui dépasse l'événementiel, le pipole, le buzz, l'effet d'annonce ? Les métiers changent, les techniques évoluent, l'écoute radio elle-même est démultipliée grâce à de nouveaux supports, mais qu'en sait-on du point de vue de ceux qui la pensent, la créent, la diffusent cette radio de l'ère du numérique-roi ?  Les sociétés en mutation ont toujours été analysées à chaud et à froid. Il serait temps de mettre sur le métier la mutation de la radio et d'y regarder au-delà de sa fonction initiale de diffuseur de programmes.

Les témoignages des acteurs, ceux qui ne sont pas au micro, sont assez rares. Il a fallu le "Lulu" de Yann Paranthoën pour découvrir un peu du métier des femmes de ménage de la maison de la radio. Il a fallu que Daniel Mermet évoque au cours d'une de ses émissions le travail de l'ingénieur du son Guy Senaux. Que Katleen Evin évoque celui de la réalisatrice Adèle, et que Jean Lebrun donne la parole à Maryse Friboulet. Mais encore…

(1) Sur France Culture dans la matinale de Nicolas Demorand et d'Ali Baddou,
(2) Immeuble "Rue du Général Mangin", à deux pas de la maison ronde,
(3) À moins que Jean-Luc Hees, actuel Pdg, dont on ne sait toujours pas s'il a fait acte de candidature à sa succession,
(4) Nouvelle grille à partir de ce jour,
(5) Avant celui de France Musique prochainement,


Toute cette semaine des rediffusions pour me permettre quelque repos…

dimanche 5 janvier 2014

Transsibérienne France Musique…






Fin 2013, France Musique revenait en…  musique et en reportage sur une grande sortie qu'elle s'était offerte à l'hiver 2012. Ce n'est pas courant pour cette chaîne de tenter des aventures qui la sortent aussi loin de la maison ronde, et peut-être encore moins de nous surprendre à parler autour de la musique avec des musiciens en situation de vivre une expérience bien au-delà de la musique… Et ce, pas dans n'importe quelle salle de concert mais dans le Transsibérien s'il vous plaît. "Dominique Boutel a accompagné les onze violoncellistes de la classe de Jérôme Pernoo au cours de leur voyage à bord du Transsibérien, le train qui parcourt la Russie d’ouest en est. Pendant huit jours, sur 9288 kilomètres, les jeunes musiciens ont vécu en mouvement au cœur des grands froids : l’occasion pour eux d'appréhender « l’âme russe »." (1)

Les musiciens et Boutel sont contents de partager cette "expédition" et très vite l'ambiance décontractée et conviviale tourne un peu "colonie de vacances" par un ton léger et décontracté. Mais on est sur France Musique et il faut aussi compter sur la tenue et le sérieux d'adultes qui savent se prendre au jeu. Ajoutons à cela l'image Gif ci-dessous qui vous permettra d'entendre tous les épisodes de cette épopée, et voilà France Musique dans la "modernité". Bien sûr il faut avoir quelque goût pour le violoncelle. C'est ce qui a attiré ma curiosité. Et grâce à Cendrars on est "dans le train", dans un "temps suspendu" sans jamais avoir besoin d'images qui ne laisseraient plus aucune place à l'imaginaire que véhicule ce train mythique depuis l'avènement du chemin de fer dans cette région.

(1) Extrait de la page de l'émission,

Pour accéder à tous les sons déplacer, avec votre curseur, l'image de gauche à droite,

vendredi 3 janvier 2014

Retour d'oreilles…





Ce documentaire "À fleur de peau" "vibre à la fois de douceur et de sensualité, mais aussi de complicité, pour dire quelques "secrets" ou certaines choses effleurées, suggérées flottant au-dessus des témoignages dans une atmosphère de sérénité. La tension est à l'extrême de l'écoute. Rien ne doit la perturber pour juste savourer ces paroles simples et touchantes. Ces femmes nous parlent comme à l'oreille, et l'émotion est à fleur de peau."

jeudi 2 janvier 2014

La voix de Coco…

Colette Bonnier









(Mercredi 1er janvier, 11h45) J'écris ce billet pas complètement remis de la matinale de France Culture. Dès le 31 décembre j'avais retweetté une info de Marc Voinchet (1) qui annonçait la présence de Colette Bonnier, LA voix de France Culture, qui accompagne les programmes de la chaîne depuis 1993. En retweettant j'écrivais "enfin sortir de l'actu, vive Coco" (2). Je n'ai fait aucun effort pour être disponible à l'écoute n'ayant pas eu besoin de surjouer le passage d'une année à l'autre. Invités avec "Coco", Joana Revis (3) et Michel Schneider, psychanalyste. Bon, admettons, que pour ne pas mettre trop de pression sur le départ de Coco, on puisse faire le choix, - pourquoi pas ? - d'inviter des spécialistes de la voix ou de l'analyse de cette voix ? Mais alors, pour une fois, qu'on laisse vraiment la parole à Coco ,  et que ce soit un peu plus que pour quelques très petites minutes ? Sans tomber dans le sentimentalisme, l'exercice est délicat, de la haute voltige même. Il s'agit de mettre en avant une professionnelle, plus "dans l'ombre" encore que ses collègues producteurs ou journalistes, de la faire parler d'autre chose que de son "job", de donner la possibilité à l'auditeur d'entendre un peu se dévoiler celle "dont on ne parle jamais". Pour autant on pouvait attendre autre chose de Marc Voinchet qui n'aura pas permis à Colette Bonnier de dire, à sa mesure, comment et pourquoi les voix des autres la troublent.

Alors que visiblement Coco est très émue au point de ne plus pouvoir parler de la cantatrice qui passe à l'antenne (dont elle a choisi l'extrait d'interprétation), Marc Voinchet prend une posture de recul pour essayer de désensibiliser l'atmosphère. Mais quand Coco retrouve ses esprits quand elle va nous dire comment elle est bouleversée par le chant de la diva qui, après les chœurs, reviendra au premier plan… Marc Voinchet lui annonce qu'"on n'aura pas le temps, Brice Couturier et Philippe Meyer devant intervenir". Tout s'écroule, Coco, conciliante, joue le jeu du timing et accepte "de ne plus rien dire". Je suis estomaqué, abasourdi, comment peut-on d'un revers de main interrompre son interlocuteur pour lequel il convenait, avec attention, de lui "prendre la main" et l'accompagner jusqu'au bout de ce qu'elle voulait nous faire partager. Il suffisait de faire un signe à Brice Couturier qui aurait compris qu'il fallait laisser la parole. Il aurait fallu proposer, la veille, à Philippe Meyer de "renvoyer l'ascenseur" qu'Antoine Perraud lui avait envoyé à l'occasion d'un anniversaire de son émission "L'esprit public" (3). On aurait pu, pour une fois, se passer du toutologue. Ç'aurait été un beau geste pour celle qui a marqué de sa voix tant de passages d'antenne et d'annonces culturelles. Et ce n'était que la première partie de "L'invité".

Ça ne s'est pas arrangé dans la deuxième. Et l'on apprendra rien sur son parcours de "voix" (5). En écrivant mon billet paru hier, je ne pensais pas si tôt avoir l'occasion de montrer que la machine infernale de l'horloge a définitivement bloqué l'adaptation à une situation simple qui nécessite tact, doigté et humanité. Qu'un journaliste entre en studio, s'installe au micro et annonce affolé "le président vient de mourir" et les bouleversements vont s'enchaîner "naturellement". Que quelqu'un ait besoin de retrouver ses esprits pour nous faire part avec quelques secondes supplémentaires de son émoi et de son trouble, ça ça ne peut plus ni s'apprécier, ni s'adapter au calibrage beaucoup trop serré de la matinale. Les deux intervenants ont eu, eux, beaucoup de tact pour ne pas "en rajouter". Je n'écouterai pas Coco dans l'émission du soir. La petite lumière qu'elle nous a donné ce matin s'est éteinte brutalement et elle ne se rallumera plus.

(1) Anchorman de la matinale, 6h30-9h,
(2) C'est le diminutif familier que tout le monde lui donne à France Culture,
(3) Chercheur en linguistique, orthophoniste vocologiste,
(4) Avril 2011, Perraud et "Tire ta langue" offrent une demi-heure supplémentaire à Philippe Meyer en laissant leur temps d'antenne,
(5) Voir l'article que Télérama lui consacrait en juillet 2010.