Drôle de semaine où les images croisent la radio et inversement, après le "Blow up" repéré par Christophe Payet (1), le film sur Marconi (Arte), où la photo de Rodrigo Gomez Rovira dans le documentaire d'Alain Devalpo, voici un "Dans les docks" qui touche au cœur de l'objet radio, boutons, lampes, antennes, transistors et autres accessoires. Cette caverne d'Ali Baba colle à la radio, objet physique, qui dans tous ses formats, ses volumes, ses design commençait par envelopper le son avant même de tourner le bouton. L'"objet qui parle" prenait une dimension affective, complice et sentimentale. Sa radio ce n'était pas celle de son voisin et, transmise de génération en génération (particulièrement quand elle datait des débuts héroïques du média), elle pouvait laisser croire qu'on pourrait, grâce peut-être à une touche invisible, réentendre, à la nuit tombée et dans le secret de sa chambre, quelques émissions d'un passé proche ou lointain…
(1) Collaborateur spécialisé à France Culture,
"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
vendredi 17 janvier 2014
jeudi 16 janvier 2014
Images et sons…
Si Marjorie Preux (1) a regardé "À bout de souffle" hier soir sur Arte, peut-être aura t-elle "sursauté" en entendant dans la bande-son un journaliste de Radio-Luxembourg (ancêtre de RTL) donner l'heure avant de présenter le journal de 7h ? La radio dans ce film n'est pas un accessoire, un objet posé sur une commode, elle participe du film au même titre que la visite du Président Eisenhower à Paris ou que du jeu des voitures (et des marques de celles-ci). Dans les années 60, la radio est reine et les voitures fascinent, particulièrement les américaines, citées en tant que telles dans le scénario. Il y aurait une belle recherche à faire sur cette présence de la radio dans le cinéma français des années 50 et 60. En ces temps-là les réalisateurs ou leurs assistants avaient des partis-pris simples pour illustrer l'écoute radio. Ils n'avaient le choix qu'entre trois radios (2), quatre s'ils descendaient sur la côte (Radio Monte Carlo). Ces choix pouvaient être de légers (ou subtils) indicateurs de tendance d'écoute. En 1959 il est assez probable que Radio-Luxembourg "tenait la corde".
De Godard à Godard il n'y a qu'un pas et il est bon ici de rappeler à nos chers auditeurs que ce cinéaste a utilisé la Maison de la radio dans "Alphaville" (1965) pour faire ouvrir successivement à Lemy Caution, sur la durée, les portes d'un de ces couloirs circulaires si typiques de l'architecture du bâtiment. Voilà quelques images, subliminales ou non, pour évoquer la radio. Et maintenant passons au son, sans les images, sans les clichés, sans les instantanés, comme on dirait de ceux d'un Polaroïd (3). Irvic d'Olivier avec "Birdless" nous propose une balade très imagée dans les parcs nationaux du Costa Rica, avec bien sûr des "bruits" d'oiseaux, mais aussi des silences, des sons lointains, des sons étouffés et je dirai même des sons "humides". En écoute au casque on est dans l'action d'écouter, d'observer sans voir, d'imaginer. Dans une plénitude de repos, de distance totale avec les bruits environnants et la "fureur du monde".
Je vous imagine ce matin, dans les transports en commun, "accros" à ce billet et savourant ce son de 18' qui vous fera rater votre station de métro, votre arrêt de bus ou de tram. Et si vous êtes à la maison ou au bureau vous aurez très envie de fermer les yeux. Sur quelle radio cette perle de son pourrait-elle avoir sa place ? C'est bien la question lancinante que je me pose à longueur de ce blog. Ces sons non formatés venus d'ailleurs, de nulle part ou d'Arte radio comment les rendre encore plus audibles ?
(1) Attachée de presse de RTL,
(2) Qu'on appelait pas encore généralistes : Radio-Luxembourg/RTL, Europe n°1, Paris-Inter/France-Inter,
(3) Appareil photographique à développement instantané (1963).
mercredi 15 janvier 2014
La récré médiamétrique…
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| Règle de mesure d'audience |
Hier matin, la directrice de la grande épicerie des médias, Madame Philomène Médiamétrie, réunissait les chefs de rayons pour leur faire part de leurs résultats individuels du dernier trimestre. Chacun, après avoir reçu son "billet de satisfaction", s'est chargé de le faire savoir aux médias passionnés par les résultats, les podiums et si peu par les contenus. Médias qui se sont empressés de s'essayer à des "analyses" creuses basées exclusivement sur les chiffres et les pipoles qui les drivent. On aura bien remarqué que Madame Médiamétrie se frottait les mains de satisfaction, elle qui gagne à tous les coups les dividendes de la vente de ses statistiques. On a longtemps moqué l'ancien leader politique communiste, Georges Marchais qui depuis les années 70 trouvait toujours le moyen de valoriser les chiffres des résultats aux élections de son parti, bien que ceux-ci d'échéances en échéances, baissaient inexorablement. Ce matin dans la cour d'école, sous le regard bienveillant et maternel de la Médiamétrie, chacun a essayé de faire croire à l'autre que ses chiffres étaient en progression.
| © AFP |
Qui est dupe ? RTL première radio de France en PDA, Inter meilleure matinale, Europe 1 plus forte progression, RMC doublant France Info, France Culture stabilisée, et caetera et caeteri. Fastidieux, pénible, et franchement dérisoire cette grosse tambouille chiffrée avec des gromelots indigestes dedans. Les gromelots ce sont les analyses superfétatoires des médias qui n'écoutant pas la radio sont bien contents de trouver les chiffres qui leur permettent de masquer l'incompétence dont ils font preuve pour gloser sur un média qu'ils ignorent où dont ils n'écoutent souvent que les sessions d'info. La course à l'échalote de cette 126 000 (1) est navrante, affligeante et désespérante pour les contenus radio, les résultats étant principalement utiles aux annonceurs des radios privées qui, à l'appui de ceux-ci, peuvent renégocier les coûts de leurs spots publicitaires ou s'attendre à ce que les radios les majorent.
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| C. Colonna |
Le même jour, Renaud Revel de l'Express nous informait de l'autre course à l'échalote qui sollicite l'intelligentsia médiatique. Démarrée en novembre 2013 elle concerne la Présidence de Radio France (2). Auraient ou ont postulé Louis Dreyfus (Le Monde), Laurent Joffrin (Le Nouvel Observateur), Nicolas Demorand (Libération). Christopher Baldelli (Pdg de RTL) et Mathieu Gallet (Pdg de l'Ina) pourraient être sollicités par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), ainsi que Martin Ajdari et Bruno Patino (France TV). Et dans cette joli brochette masculine il convient d'ajouter Catherine Colonna (Ex-ministre de de Villepin). Dans les couloirs, les coursives, les ascenseurs de la maison de la radio circulent des noms de femmes au prestige journalistique reconnu. Ils circulent. Dans cette liste Demorand a "tenu le micro" quelques années à France Culture et à France Inter. Hormis sa fonction de journaliste que connaît-il de la radio ? Patino a dirigé France Culture moins de deux ans et est spécialiste du numérique dans les médias (LeMonde, télérama, France TV). Baldelli manage RTL. Question : comment peut-on passer du privé au public ? De la gestion d'une chaîne qui n'invente plus rien (3) et qui est un formidable réservoir financier lié à la publicité à celle d'un groupe qui propose une offre radiophonique large dans le cadre du service public ? Attendons et souhaitons que des femmes se présentent.
(1) Dénomination de la vague de sondage disponible en Pdf ici,
(2) Voir l'article de Grégoire Poussielgue publié aujourd'hui dans Les Échos,
(3) Ah si le "second écran" (sic) et la radio filmée (farce pas drôle),
mardi 14 janvier 2014
Radiola et Radiolo sont dans la radio (TSF)…
Vous savez quoi ? Il y a une chose très rare dans le PAF (Paysage Audiovisuel Français, acronyme à la cote en baisse) : qu'une télévision s'intéresse à la radio. Pas n'importe quelle TV bien sûr. C'est arte qui nous proposait en fin de semaine dernière un reportage sur Marconi et son invention de la Téléphonie Sans Fil (TSF). Arte, on doit pouvoir le dire sans crainte de se tromper, a une haute idée de la radio tant elle a permis l'éclosion d'arte radio. Petite météore inventive dirigée par Silvain Gire et dont souvent je relaie les sons ici. Qu'il ne vienne pas à cette web-radio la très mauvaise idée de nous raconter l'histoire de la TV. On s'en fout.
Une autre "TV" avait l'intelligence de parler de radio à la TV, c'était l'Office de Radio et Télévision Française (ORTF) qui dans son magazine hebdomadaire, "Micros et Caméras", mettait en avant le média qui était partie prenante de son entité. C'est là que vous ferez connaissance avec Radiola (la station de radio) et Radiolo (le speaker de cette même radio). Les premiers acteurs de ce média bouleversant témoignent. En ce sens la TV jouait son rôle vis à vis de l'histoire des médias et de la société. Aujourd'hui aucune TV ne s'intéresse plus à la radio et il faut se contenter d'un film de cinéma qui est loin, très loin de décrire, l'histoire et la diversité de la radio publique. À moins que ne revienne, à court terme, cette proposition pathétique du président de la République (un soir de commémoration des 50 ans de la maison ronde en décembre 2013) de refonder l'ORTF, soit de créer un grand service de l'audiovisuel public associant Radio France et France Télévisions. Qui lui posera la question à la conférence de presse de cet après-midi ? J'ai bien peur que des sujets plus graves et plus futiles n'absorbent la totalité du temps imparti.
15 avril 1967
À l'été 1996, France Inter avait diffusé une série de huit émissions présentées par Bernard HALLER (réalisation Jean Chouquet), consacrées à l'invention de la TSF par Guglielmo Marconi avec des documents de la Radio Suisse Romande, Radio France et Radio Canada. Huit albums d'images sonores des meilleurs moments des programmes de ces trois radios de 1922 à 1982.
Une autre "TV" avait l'intelligence de parler de radio à la TV, c'était l'Office de Radio et Télévision Française (ORTF) qui dans son magazine hebdomadaire, "Micros et Caméras", mettait en avant le média qui était partie prenante de son entité. C'est là que vous ferez connaissance avec Radiola (la station de radio) et Radiolo (le speaker de cette même radio). Les premiers acteurs de ce média bouleversant témoignent. En ce sens la TV jouait son rôle vis à vis de l'histoire des médias et de la société. Aujourd'hui aucune TV ne s'intéresse plus à la radio et il faut se contenter d'un film de cinéma qui est loin, très loin de décrire, l'histoire et la diversité de la radio publique. À moins que ne revienne, à court terme, cette proposition pathétique du président de la République (un soir de commémoration des 50 ans de la maison ronde en décembre 2013) de refonder l'ORTF, soit de créer un grand service de l'audiovisuel public associant Radio France et France Télévisions. Qui lui posera la question à la conférence de presse de cet après-midi ? J'ai bien peur que des sujets plus graves et plus futiles n'absorbent la totalité du temps imparti.
15 avril 1967
À l'été 1996, France Inter avait diffusé une série de huit émissions présentées par Bernard HALLER (réalisation Jean Chouquet), consacrées à l'invention de la TSF par Guglielmo Marconi avec des documents de la Radio Suisse Romande, Radio France et Radio Canada. Huit albums d'images sonores des meilleurs moments des programmes de ces trois radios de 1922 à 1982.
lundi 13 janvier 2014
Et celle-là du Président tu l'as vue ?…
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| Photo de famille avec Salvador Allende en 1972 à Santiago du Chili © Rodrigo Gomez Rovira |
Les images aujourd'hui se superposent, s'accumulent, fuient, font des gorges chaudes, du buzz, révoltent, indignent, ou désespèrent. Quel média a, en son temps, le 11 septembre 2013, remis en avant la photo de Rodrigo Gomez Rovira ? Qui a pris la peine d'interroger cette photo, de lui donner la dimension humaine qu'elle mérite, de montrer le "temps suspendu" qu'Allende a accepté de partager avec une famille ordinaire ? De pointer l'attention d'un homme simple aux gens simples. Ça n'a pas échappé à Devalpo pas plus qu'à Hamon et sûrement pas à quelques milliers d'auditeurs qui ont joué le jeu de la mémoire et de l'histoire.
On est à des années lumière de l'indignité, de la soupe médiatique, des images pathétiques et autres fadaises qui, depuis vendredi matin, se déclinent en scooter, en casque, en normalité, en vaudeville et autres "scènes de la vie ordinaire". En pipoleries aggravées et sirènes désenchantées. La farce ferait pleurer… Alors avec ce souvenir d'Allende on voudrait serrer les poings, vomir, hurler, s'indigner, s'insurger et conspuer cette très mauvaise "comedia dell'arte", closée et glosée jusqu'à satiété.
Ce n'est pas comme cela que je voulais parler du "choix de Guillaume". Mais il a bien sa place ici, comme cela, comme une occasion de destituer la médiocrité, la banalité et autres fatalités boulevardières. Sur le mur je colle cette photo à côté de celle de "la" lunette brisée d'Allende (2) qui gisait à terre après son suicide le 11 septembre 1973…
(1) France Culture, Sur les Docks, du 9 au 11 septembre 2013,
(2) In Libération, "Chili, une mémoire élective", 16 et 17 novembre 2013,
dimanche 12 janvier 2014
Un conteur sauvage…
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| Robert Arnaut |
Toute sa vie il l'a passée avec la radio, courant l'Afrique ou le reportage sensible. Robert Arnaut pourrait être en réécoute permanente sur "Radio-Archives" la web radio dédiée au patrimoine radiophonique. Mais qui en veut de cette radio-là ? Le Pdg de Radio France ? La Ministre de la Culture (et de la communication) ? Le président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) ? L'Institut National de l'Audiovisuel (Ina) ? Et vous vous l'écouteriez cette "Radio-Archives" ? Parlons-en.
vendredi 10 janvier 2014
Tout vient d'augmenter… même la radio ?
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| Ça donne envie, non ? |
Ah que la formule est belle, on dirait du Séguéla ! Vous savez le gars qui, à 150 ans, continue de faire du Solex. Bien entendu les communicants de tout poil (et particulièrement ceux qui n'écoutent à la radio que les infos) n'ont plus que ce "slogan" à la bouche. Pour le sens vous pourrez toujours repasser. On tient le concept, si besoin on le fera entrer au chausse-pied, pour le vendre aux radios qui depuis quelques années se désolent surtout de composer avec la "radio diminuée"…
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