lundi 9 décembre 2013

Ceux de France Inter… Ombres et lumières


La Gaité…  Lyrique francintérisée




Tôt ce matin les lampions de France Inter se sont éteints et les matinaliers, vaille que vaille, ont repris aux aurores les chemins des studios… J’aimerai commencer par écrire ce qui depuis quelques jours a été touché par la grâce. La grâce de bien plus que l’auto-célébration facile. Un de ses moments magiques on le doit à Kathleen Evin qui jeudi soir dans son «Humeur vagabonde» recevait Adèle (réalisatrice à France Inter, aujourd’hui en retraite) et Patrick Henry (technicien). Beau geste, belle passe, de reconnaître et de mettre en avant ceux, sans qui, la radio aurait bien du mal à exister. Avec simplicité et tendresse, Evin a dit les mots justes, ceux qu’il faisait bon ENFIN entendre prononcer. Pour ceux qui, "derrière la vitre", ont tout vu, tout entendu et tout partagé. Il fallait bien plus qu’une désannonce pour (re)mettre les choses à leur place, Kathleen Evin l’a fait sans flagornerie et a de fait ajouté ce supplément d’âme qui, par ailleurs a pu faire défaut.

Puis ce fût au tour de Zoé Varier (1) et Alexandre Heraud (2) de célébrer le documentaire (3), jusqu’à prendre le temps de remonter le fil rouge des débuts radio de ladite Zoé. Sans dithyrambe Heraud a joué le jeu de mettre en avant la démarche et l’histoire de sa consœur, et de «donner corps» à un parcours et une passion. On attendrait bien l’épisode ou Varier ferait se raconter Heraud. Plus inattendu Philippe Meyer a rendu un très bel hommage à Jean-Louis Foulquier (4) en allant jusqu’à changer le titre de son émission «La prochaine fois il vous la chantera». Chapeau Meyer ! Foulquier a dû apprécier, même si sa place aurait été d’être dans le studio et à la fête surtout. Patrice Blanc-Francard, vendredi dernier à Nantes rendait un hommage appuyé à Pierre Wiehn (5).

Paula Jacques… dans toute sa verve !




Et puis il y avait tous ces petits bouts de sons qui venaient égrener des souvenirs, des émissions, des voix, des époques… Et puis Stéphanie Duncan a réuni dimanche matin des femmes de radio (et de presse) pour parler « des femmes à la radio », des femmes dans les médias. Laure Adler (6) y a vu un recul. Pas en nombre de femmes, mais en terme d’influence et de présence aux postes de responsabilité à tous les échelons de la hiérarchie. Paula Jacques (7) a été dans le même sens reconnaissant qu’à «L’Oreille en coin» il y avait, à l’époque (68-90) de nombreuses femmes productrices. Eve Ruggieri (8) a eu beau vouloir entonner le même couplet, ça sonnait très faux si l’on veut bien se souvenir qu’une fois directrice elle a ignoré et non reconduit l’émission de Claude Dominique (9).

Et au grand show final à la Gaité Lyrique, il a bien fallu un Souchon et un Higelin pour "par-dessus" les Maîtres de Cérémonie, Varrod et Valli, rendre hommage et saluer Foulquier, lui qui pendant plus de 40 ans défendit, promu, et resta fidèle à la chanson française sur les ondes de France Inter. Mais où était-il donc ? Avait-il seulement été invité ? Avait-il seulement envie de venir ? Les artistes ne l’avaient pas oublié. Mais pour cette fête de la radio et de la chanson il manquait dans le décor. 

Ce billet sera abondé au fur et à mesure de la journée. Il est le premier d’une série de trois. 

(1) Animateur-producteur "historique" de France Inter et créateur des Francofolies, 
(2) Productrice de, "L'heure des rêveurs", le vendredi 15h,
(3) Producteur de  "Il est un endroit", dimanche 16h,
(4) N'en déplaise à certains, à France Inter, il y a une frontière entre documentaires réalisés par documentaristes-saltimbanques et reportages réalisés par des journalistes. Preuve le témoignage d'Alain Le Gougec, Interception,  
(5) Directeur de la chaîne 1973-1981, 
(6) Productrice à France Inter et France Culture,
(7) Pas sûr que Paula ait voulu décocher le coup de pied de l’âne à Ruggieri, mais en rappelant que l’époque fin 80’ était plus libre que celle d’aujourd’hui quand elle et Mermet animaient une émission érotique (La coulée douce, deux étés consécutifs, 86 et 87), il fallait se souvenir que la même Ruggieri, à peine nommée directrice d’Inter (juin 87), rayait des programmes d’un revers de main «une émission dépassée » (sic),
(8) Productrice "historique" d'Inter et éphémère directrice de la chaîne (1987-1988),
(9) Productrice à "l'Oreille en Coin" puis co-animatrice d'une émission d'histoire avec Michel Winock, et productrice pour les Ateliers de création décentralisés.

9 commentaires:

  1. Je pense que Jean-Louis a été invité mais qu'il a décliné l'invitation, ne souhaitant pas venir célébrer les 50 ans de France Inter avec ceux qui l'ont viré comme un malpropre ... il en a eu le coeur brisé et je pense qu'il ne s'en remettra jamais ... je le comprends tellement bien ...

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  2. Réécoutez bien Philippe Meyer au début de son émission de samedi, il parle de l'invitation lancée à Foulquier, que le grand animateur de Pollen n'a pu honorer du fait de son état de santé.

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    1. Le player est justement en bas de billet pour pouvoir être écouté. Adèle sait de quoi elle parle. Le chagrin de Jean-Louis d'avoir été viré a forcément participé à le rendre malade…

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  3. Je ne pense pas qu'il faille faire ce genre de lien de cause à effet sur la maladie de Jean-Louis. Il a surtout toujours extrêmement bien vécu, il ne s'est jamais rien refusé, c'était sa gloire, c'était son boulet et celui de tous ceux qui comme moi, ont eu l'immense plaisir de travailler avec lui et de faire exister la chanson française dans toute sa beauté ... je suis triste ce matin, mais je m'en vais aller écouter des chansons, histoire de mettre du soleil et du swing dans tout ça, je suis sûre que c'est ce qu'il souhaite de notre part : chanter à sa santé et s'envoler sur un pas de danse ;-)

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  4. Merci, mille fois...
    Comment , moi qui suis un fou de radio depuis...65 ans, ai-je pu passer si longtemps à côté de votre site?
    Que de souvenirs faites vous revivre!

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    1. Cher anonyme, merci de signer votre commentaire, c'est plus convivial non ?

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  5. Bonjour !
    Je m'adresse à vous car j'ai tenté vainement d'adresser des messages de remerciements et de sympathie à Stéphane Paoli et Paula Jacques par le site franceinter.fr. Paula Jacques étant purement et simplement virée, j'ai les plus vives inquiétudes pour Zoe Varier dont l'émission "D'ici et d'ailleurs" ne figure nulle part dans la nouvelle grille de programmes.
    D'autre part, depuis la semaine dernière il n'est plus possible de contacter Inter par mail. On est baladé sur une messagerie qui n'aboutit nulle part. Excellente façon de couper court aux critiques des auditeurs un peu trop vigilants...
    Merci de ma rassurer sur le sort de Zoe dont j'ai toujours tellement apprécié les émissions depuis l'époque de "Là_bas si j'y suis".

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  6. Bonjour, merci pour votre commentaire mais, à part vous, personne ne pourra lire ma réponse car vous intervenez sur un billet qui date de 2 ans et demi !
    Si Inter a bousillé sa messagerie ça je ne peux rien en dire ! Quant à Zoé Varier il faudra sans doute attendre la conf' de presse de rentrée de Radio France pour en savoir plus. Paula Jacques avait 40 ans de maison… Et Inter/radioFrance ne savent pas faire dans la délicatesse.

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    1. Merci pour votre réponse. J'avais déjà remarqué qu'Inter passait "à la trappe" des gens de grand talent du jour au lendemain et cela particulièrement sous le règne de Philippe Val. Je passe d'ailleurs de plus en plus de temps sur Culture et Musique, mais les chroniques de Charline Vanhoenecker, Sofia Aram, Nicole Ferroni etc me ramènent toujours à la matinale.
      Bien cordialement.

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