dimanche 9 mars 2014

Triste sire…

Jean-Charles Aschero


En juillet 2012, Radio Campus Paris avait reçu en direct du Cnam (Conservatoire national des Arts et Métiers), Jean-Charles Aschero, un des animateurs des Nuits de France Inter, à l'occasion de l'exposition "Radio,ouvrez grand vos oreilles". Si l'idée de Campus était intéressante pour un feedback sur ce qui a fait la "patte" de France Inter, ses nuits, Marine Beccarelli, qui interviewait l'animateur, a dû plus d'une fois être déstabilisée par le ton et l'attitude de quelqu'un qui - n'étant plus à l'antenne - apparaît désabusé, condescendant, voir pédant. Et autosatisfait jusqu'à la caricature "voyez les p'tits jeunes qui aimez la radio, moi j'ai été le pape des Nuits et j'ai fait ce que j'ai voulu pendant vingt et un ans…". J'ai très peu écouté l'émission d'Aschero et quand ce fût le cas, ce fût d'une façon "lointaine" sans que rien ne m'accroche vraiment. 

Être à ce point bouffi d'orgueil pour balayer d'un revers de main tout ce qui existait avant soi, voilà une façon bien désagréable d'exister : "La nuit on y met des tocards, des mecs en fin de parcours ou ceux en début de parcours" dit sans vergogne Aschero. Une telle affirmation laisse pantois. Les Dhordhain, Foulquier, Priollet, Béranger et autres "veilleurs de nuit" apprécieront ou auraient apprécié (pour ceux qui sont morts).…   

Si la nuit Aschero jouait sur la séduction pour ses interviews de femmes, sa façon d'en parler est machiste et quelquefois à la limite du trivial quand avec une belle assurance il déclare "dans la vie les mecs ne m'intéressent pas" et ajoute "et puis franchement je draguais pour voir jusqu'où je pouvais aller…". Si son ego démesuré n'était pas perpétuellement en avant on aurait sans doute pu entendre ce qu'il avait à dire de ses "collègues" privés d'antenne, et de la détresse d'abandonner le micro. Mais ça ne passe pas ou plutôt ça ne peut pas passer par celui dont le ton est beaucoup trop désagréable pour donner envie de l'entendre.

Toutefois l'émission est à écouter pour ses archives et pour découvrir la facette d'un homme qui derrière l'aura et le prestige du micro se dévoile et donne l'image bien triste d'un Aschero prétentieux et pathétique. 
 
© Radio Campus Paris "La radio de nuit"



15 commentaires:

  1. Pas d'accord avec toi sur ce coup-là, Fanch
    ouais bon, le côté un peu aigri, un peu bouffon, certes
    mais il ne dégomme absolument pas ses collègues
    et puis oui, y'a parfois quelques tocards à la radio, hein Fanch, on en connait…
    Moi je l'aimais bien l'émission d'Aschéro.

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    1. Dois-je repréciser que c'est cet interview au ton douteux qui m'a beaucoup déçu sur le personnage. En clair "il se la pète" et c'est très désagréable… Quant à l'absence totale de fair play vis à vis de Foulquier c'est indélicat et minable. Je persiste et je signe.

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    2. Hélas, j'ai beau être d'un naturel assez conciliant et avoir en son temps écouté et apprécié l'émission de Jean-Charles Aschéro. Certes, j'aimais son ton, sa voix qui accompagnèrent bon nombre de mes nuits de somnambule post adolescent, j'aimais son talent de conteur, certains de ses choix musicaux -on était avant les playlists pré-établies. Au surplus, j'ai conservé un bon souvenir de ma rencontre avec l'homme des choses de la nuit (il travaillait à cette époque avec Gilles Davidas, ce qui m'a donné l'occasion de m'entretenir un peu avec celui-ci, grand réalisateur de radio). Mais tous ces bons souvenirs ne m'empêchent pas d'avoir été choqué à bien des reprises par certaines phrases qui font mal et qui correspondent plus à un homme aigri qui a très mal vécu d'être évincé de l'antenne -même s'il prétend avoir tout fait pour se faire éjecter. Non, Monsieur Aschéro, les nuits de France Inter n'étaient pas le domaine "des tocards, des mecs en fin de parcours ou ceux en début de parcours". Je ne reviendrai pas sur les noms des animateurs concernés, Fañch l'a fait très bien. Ce que je ressens ? De la peine car je pense à tous, celles et ceux qui -comme J.-C. A.- firent des nuits d'Inter -que ce fut de zéro à trois, de trois à cinq ou de une heure trente à cinq heures du matin- de réels moments de complité, de distraction, d'émotion, de tendresse... J'ai toujours su qui j'aimais et qui je n'aimais pas à l'antenne mais tous avaient leur place sur la grille nocturne à cette époque où la nuit n'était pas encore un temps d'antenne dédié à la "redif" ...comme ils disent. Et tous méritaient le respect pour ce qu'ils faisaient, pour ce qu'ils étaient.

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  2. Bonjour.
    Une amie me fait suivre ça, en marquant sa surprise. Pas question pour moi de me formaliser quant à votre opinion sur ma petite personne. Par bonheur dans ce pays, chacun a le droit de s’exprimer librement, et à voir la multiplication des réseaux sociaux, nul ne s’en prive! C’est vrai que là-dessus, il n’y a pas de sélection, tout le monde peut. « Le talent est de surcroît », dirait un analyste. Lorsque j’écris « tout le monde », je pense en fait : « n’importe qui ». En tout cas moi, je ne m’y exprime pas. Sinon pour rectifier, si il y a lieu, des choses non seulement déplaisantes, mais fallacieuses, à mon propos. Passe que je sois « pathétique » à vos yeux, je m’en bats les… flancs. Et puis « l’aigreur », que signale un autre gazier inspiré dans les commentaires. Dès qu’un type, qui a été victime d’une injustice le dit, on le déclare « aigri ». C’est faire la part belle aux salauds, que dédouane alors le moindre benêt, facilement démago. Quant au reste… Peu importe. Peu inspiré pour parler de mon passé radiophonique, détestant le faire mais ayant accepté néanmoins parce que ça rendait service à la gentille Marine, j’ai probablement été tellement mal à l’aise, que mon « humour » au deuxième degré a fait pschitt ! Je m’en suis excusé dès le lendemain auprès de Melle Becarelli, conscient d’avoir saboté son émission. Mais peu importe, à nouveau. Par contre, je ne vous réponds que parce que je n’accepte pas l’idée selon laquelle je pourrais mépriser mes camarades qui ont œuvré la nuit. Lorsque j’ai dit : " la nuit on y met des tocards, des mecs en fin de parcours ou ceux en début de parcours", c’était sous-entendu : « aux yeux de nos petits directeurs ». L’idée selon laquelle je tiendrais mon cher Frantz et mon très cher Jean Louis, pour rien du tout, m’est insupportable. Il s’agissait là de deux bonhommes profondément humains ; des types qui non seulement étaient des grands de la radio, mais également des bonhommes épatants. Qui entre parenthèses, ont été virés comme des malpropres, par des salopards. Je vous serais donc gré de bien vouloir rectifier puisque tous les sites ont la même valeur… Qu’un Brel, un Giono, un Renard, un Gary, occupent la même place que n’importe quel fumiste. Pathétiquement. J. CH. ASCHERO.

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  3. Bonjour,
    Désolé, de la part d'un professionnel aguerri de la radio, vous auriez pu imaginer que "le" plus mal à l'aise ñ' était pas vous mais l'intervieweuse. Quant aux "tocards" votre message était bien ambigüe si vous lui donnez le sens écrit ci-dessus !! Qui pouvait comprendre ? Pas moi toujours. Votre réponse n'est en rien convaincante du malaise que j'ai eu à vous écouter. Tristement. Si vous le voulez bien nous en resterons là.

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  4. Ce n’est pas que je cherche à avoir absolument le dernier mot… Mais comprendre que je considère qu’à la radio, " la nuit on y met des tocards, des mecs en fin de parcours ou ceux en début de parcours", alors que j’ai œuvré la nuit, (et heureux d’y être), durant plus de vingt ans, est d’autant plus incohérent que vous me dites par ailleurs « autosatisfait… et …bouffi d’orgueil » ! Cependant je concède que j’ai été durant cette entrevue, nul, réellement nul, tant je m’y sentais mal : détestant parler du passé en général, surtout celui-là : radiophonique, qui m’a donné tant de bonheur, que j’ai tenté de partager avec ceux qui m’écoutaient, mais qui n’est plus, comme n’est plus, hélas, ma jeunesse. Voilà ma vraie aigreur : « je voudrais être hier » ! Ce qui est banal, je vous l’accorde. De même, je vous accorde bien volontiers le fait que je m’en veux encore aujourd’hui d’avoir été désinvolte avec l’adorable Marine Becarelli, qui elle avait super bien préparé son sujet ; lui sabotant de façon très égoïste, son émission. J’aurais dû ne pas y aller… Mais elle a insisté, et je suis un gentil ; mais oui ! C’est comme lorsque je veux faire un sourire par souci de ne pas froisser quelqu’un que pourtant je n’aime pas : j’affiche sans le vouloir une horrible grimace ! En tout cas, Marine (quel prénom redoutable par les vilains temps qui courent) ! vous et moi, partageons une passion qui n’est pas commune : nous aimons passionnément la radio. J. Ch. A.

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    1. Bonjour, je ne sais pas si vous me lirez, Monsieur Aschero. Je m'adresse ici aussi un peu à tous ceux qui ont posté des commentaires sur vous et votre émission "Les choses de la nuit". Je tiens à vous dire que dans les années 90, alors que j'étais un étudiant d'une vingtaine d'années en Suisse où l'on s'intéresse de très près aux médias et à la culture française, votre émission m'a donné le goût de la radio, en particulier les quelques émissions du paravent ("Quel est votre prénom?") dont je garde un merveilleux souvenirs et quelques enregistrements qui sont pour moi très précieux. Il y avait dans ces entretiens, ces fantastiques dialogues une magie incroyable. J'ai été ému, touché au plus profond de moi-même par ces destins de femmes qui venaient avec courage, sincérité, générosité parler d'elles-mêmes sans faire la promotion d'un produit (comme dans presque toutes les émissions télévisées actuelles),. Elle se livraient et vous saviez si bien les faire parler, non pas pour être impudique, dérangeant, mais pour les comprendre et les aimez dans le caractère particulier de leur parcours. Il y avait de part et d'autre (interviewer et interviewée - ces mots sont peu adéquats, d'ailleurs) une vraie générosité ou plutôt une belle communication d'âmes. Bref, deux êtres humains se rencontraient provisoirement, mais avec profondeur et nous, auditeurs, pouvions profiter de la magie de ce moment. Un tout grand MERCI pour ces merveilleux moments de vie. Je garde un souvenir ébloui de ces moments incomparables de radio. C'était de magnifiques "parenthèses inattendues" pour reprendre le titre de la superbe émission de Frédéric Lopez, qui allait, me semble-t-il, un peu dans la même direction que vous, M. Aschero : faire ressortir l'essentiel du parcours et de la personnalité d'un être humains avec parfois de la beauté en prime. Je ne vous ai jamais senti prétentieux ou égocentrique, bien au contraire, et ne je ne peux imaginer que vous l'êtes devenu malgré toutes ces années qui ont passé et qui nous font à tous parfois regretter que la vie passe si vite. Elle est en tout cas fort belle quand on a le privilège d'avoir la qualité de ces émissions passées et je l'espère d'autres moments de vie à venir, que ce soit par l'intermédiaire d'une belle émission de radio ou de TV où l'intime nous élève. Encore merci à vous et à toutes ces femmes venues se confesser de façon anonyme, faussement passagère, durable pour ceux qui ont écouté avec passion et empathie. Continuons à aimer passionnément la radio... ensemble! Sachez enfin que j'ai partagé votre colère, votre frustration, votre déception quand tout cela a dû s'arrêter en 1996 pour les raisons que vous connaissez bien mieux que moi, mais que j'ai pu mesurer dans mon petit coin de l'arc lémanique. Jacques / Vevey (Suisse)

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    2. Chers contributeurs,
      Je continue à publier les commentaires quand ceux-ci respectent les règles de la bienséance et de la courtoisie. C'est le cas de celui de Jacques ci-dessus.

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    3. Merci beaucoup pour la diffusion de ce long message qui me tenait à coeur et désolé pour les nombreuses coquilles! J'aurais dû me relire avant de poster ces lignes malgré l'heure tardive. C'est d'ailleurs fort courtois de votre part de ne pas avoir censuré mes propos, car je me suis exprimé d'une façon sensiblement différente de la vôtre.

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    4. Si je valide le texte il est publié dans son intégralité. Il serait invraisemblable que je puisse intervenir dans le texte d'un commentaire ! Par contre les messages injurieux, partisans et mensongers n'ont pas été publiés.

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  5. Monsieur Aschéro, vous nous manquez terriblement! Il me fait du bien d'entendre votre voix à noveau après tant d'années de silence et d'en déduire que vous allez bien, aigri ou pas. Les jeunes gens ne peuvent pas estimer ni apprécier ce que vous avez apporté à tant d'auditeurs pendant tout votre temps à la radio. N'importe si on vous à viré ou vous vous avez fait viré, la situation à Radio France à dû être insupportable à l’époque (Chirac?) et je comprends très bien vos sentiments à cet égard. Un petit «come back» de votre voix à la radio - une ou deux heures par semaine - voudrait réjour beaucoup de fans (un autre mot anglais) anciens et nouveaux. Pardonnez-moi mon français (une langue que j'adore mais je ne parle pas très bien). Salutations cordiales de Bâle/Suisse. Peter

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  6. Bonjour,
    J'ai été l'invité cinéma en 1984-1985 et j'avais été très déçu par la prétention et l'égo démesuré de M. ASCHERO qui n'était pas conforme à l'image que donnait cet animateur. J'avais été très choqué des termes réellement insultants utilisés en 'micro fermé' à l'encontre d'une auditrice venant de répondre à une 'question cinéma'.
    Lors de la séquence 'du paravent', l'ambiance dans la cabine extérieure n'était pas mieux. Un piètre assistant au nom de Dany BOURDIN faisant 'son show' en dénigrant à foison l'invitée et en se demandant si son problème d'inceste n'était pas de nature à faire baisser l'audience...
    Ayant subitement pris conscience qu'il convient parfois de rester de l'autre côté du miroir, je n'ai pas gardé un très bon souvenir de cette expérience et j'avoue ne plus jamais avoir écouté M. ASCHERO avec la même attention.
    Cordialement
    Gilles (Un autre gazier inspiré)

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    1. - C'est intéressant et en même temps pas très étonnant. L'image des gens renvoyée à travers les ondes sonores ou visuelles, est souvent très différente de leur réelle personnalité.
      Que ce soit des chanteurs, des philosophes, des acteurs, des présentateurs et surtout les politiciens, ils peuvent être très différents de qu'ils laissent paraitre. Dans le paysage audiovisuel français tout le monde se "tient par la barbichette". Gare à celui qui dira du mal de son voisin. Il ce verra mettre au banc du système par ces anciens amis.
      Henry Salvador n'était pas la personne charmante qu'il paraissait.
      Jean-Paul Sartre n'était pas une personne respectable et honnête.
      Jacques Brel était un tyran pour sa famille.

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  7. J'ai eu a la chance de revoir recemment JC Aschero dans un autre milieu que celui de la radio. Celui qui a animé nos nuits le dimanche soir est un homme formidable, reconverti avec bonheur dans une autre activité et surtout, il a gardé sa voix si particulière et tellement reconnaissable. Merci a vous pour tout le plaisir transmis et bonne continuation a vous.

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    1. Merciiiii à vous de cette indication-rectificative de toutes les horreurs que je viens de lire en cascade et qui risquaient de dégrader gravement mes si beaux souvenirs des CHOSES DE LA NUIT fantastiques. Si vous avez le temps, donnez-moi qq précisions sur cette rencontre évoquée : c'était quoi, c'était où, quelle est son autre activité actuelle... etc... Merci encore pour votre rayon de soleil inespéré. Et Joyeux Noêl. Edwige Jacquemin. edwige.jacquemin@noos.fr

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