vendredi 10 avril 2015

Sorti(e) de sa boîte…

Merci à Brigitte pour cette image qui a inspiré mon billet du jour…
©Quino








































Voilà à peu près l'état dans lequel je me trouve après 23 jours de grève à Radio France et de rupture… de son. Mais ce ne fût pas, loin s'en faut, la seule rupture au sein de la Maison ronde. Rupture du silence après 15 ans d'une lente et insidieuse dégradation des relations humaines. Toutes les relations humaines. Rupture brutale d'une culture d'entreprise où la Maison de la radio est devenue en mai 2014 "la boîte". Rupture de sens où les travaux de réhabilitation se sont transformés en travaux de déstructuration. Déstructuration des esprits, des métiers, des studios. Rupture d'ADN pour faire commerce de clinquant (1), d'irréel (2) et de factice.

Rupture avec l'Histoire de la radio et avec la transmission. La radio serait devenue un média, un produit comme les autres. Qui se gèrerait comme une entreprise agro-alimentaire ou de pneumatiques. Avec la même brutalité. Avec la même morgue. Jamais aucun Pdg n'avait été si peu en phase avec la radio. Celui-ci particulièrement tout préoccupé qu'il est de management. Et quand il le dit ce mot on dirait qu'il le mastique au point d'écraser entre ses dents toute la culture du média. Méthodiquement. Froidement. Implacablement.

Rupture avec le mépris. Trop c'est trop. Ça suffit. ¡ Ya basta ! La Maison de la radio était devenue une cocotte-minute prête à exploser. La grève a été la bonne soupape. Et remis à plat les bosses et les cratères. Elle a aussi remis les pendules à l'heure. À l'heure radio. À l'heure radio publique. Pas à l'heure radio privée/publicité. Les bosses vont quand même rester un moment, les brèches dans les murs aussi. Quant aux fêlures il faudra du temps pour les cicatriser. D'individuelles elles sont (re)devenues collectives. Et sans doute guériront-elles mieux ensemble. 

Il y a des trous à la Maison de la radio mais il n'y aura pas de trous de mémoire. Il n'y aura pas trop de mémoire. Il faudra encore dire et redire. N'en déplaise aux technocrates du management et du mépris. La Ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin a mis un coin dans la porte du Contrat d'Objectifs et de Moyens (COM). La mission 2 du médiateur Dominique-Jean Chertier "doit accompagner sur la durée de négociation du COM, un dialogue social effectif et respectueux sur le projet stratégique de Radio France permettant notamment un partage du diagnostic et un travail sur la méthode" (3).

On a donc sorti le médiateur de sa boîte. Gageons qu'il soit plus frais et moins hagard que Mafalda qui, quoi qu'il arrive, écoute la radio jusque même dans ses moindres parasites.

(1) La rue "commerciale" créée pour le public traversant la Maison de la porte A à la porte D, 
(2) La radio a besoin d'intimité pour se faire,
(1) Extrait de la lettre de Fleur Pellerin à D.J. Chertier le 9 avril 2015,

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