lundi 30 novembre 2015

La zikmu d'Inter ou un flirt avec l'excellence…

Mina




















Mes chers auditeurs, je publie ce billet avec un peu de retard car j'avais besoin de vérifier certaines infos et mon correspondant ne répondant pas à l'appel j'ai du chercher "ailleurs". J'ai fini par trouver et bien trouver…

Je voulais ici rendre hommage aux programmateurs de France Inter qui, dans l'ombre de la mécanique radiophonique, excitent nos oreilles, nous surprennent souvent et nous donnent envie de réécouter. J'ai eu envie d'écrire ce billet quand la semaine dernière Augustin Trapenard recevant Nanni Moretti dans Boomerang nous a donné à entendre Mina (Un anno d'amore). Et là je fonds ! Qui à part les duettistes Jousse/Valero (Easy tempo, France Musique) passent Mina à la radio ?

"Le bon titre au bon moment" pourrait être le bon slogan pour France Inter qui depuis plus de 40 ans fait la différence sur la musique. "Au début" Gérard Klein (1) avec son réalisateur choisissait les musiques qui composeraient ces émissions. Puis au tournant des années 80, petit à petit les programmateurs ont été cité à l'antenne. Dans mon plus "vieux" souvenir je me souviens de Jean-Michel Montu qui programmait pour Kriss (?), pour Villers (Claude), pour Blanc-Francard (Patrice) et sans doute pour tant d'autres. Petit à petit on comprenait que la programmation était chose sérieuse et qu'il fallait que la couleur musicale s'harmonise à la couleur éditoriale.

De fait, fini le temps où un producteur pouvait "courir" à la discothèque de Radio France (ou avant de l'ORTF) pour passer un morceau qui lui tenait à cœur. Et puis de ce temps des programmateurs désannoncés nommément à l'antenne est venu celui d'une annonce globale "les programmateurs" (2)… La musique y a perdu un peu de son âme et France Inter de son identité plurielle faite de singularités musicales. Les désannonces d'émission m'ont toujours passionné (comme les génériques des films). Elles font la radio de ceux qui la font et chacun doit y trouver sa place.

Aujourd'hui quelques producteurs (Trapenard, Adler, …) citent nommément les programmateurs mais ce qui pourrait ressembler à une exception devrait être une règle. Frédéric Schlesinger (3), si attaché  au passage d'antenne entre producteurs, devrait l'être au moins autant pour que le travail de programmation musicale soit bien identifié.

Pour avoir réussi, à la volée, à échanger ce matin avec Jean-Baptiste Audibert j'ai pu lui dire le plaisir d'avoir entendu la semaine dernière Blondino (Oslo) et L'Impératrice (La lune). De ces deux "ovni" qu'il a programmés on comprend bien, qu'hors des sentiers battus et rebattus, il ait envie de les défendre et de les "imposer" dans la palette musicale d'Inter (4). Son travail, leur travail à ces cinq programmateurs est subtil et délicat. Il mériterait d'être beaucoup plus mis en avant (5).

Dans quelques semaines nous en reparlerons dans un futur billet.


(1) Un grand bonhomme de radio passé par toutes les généralistes mais que Dhordhain (Roland, ex-directeur d'Inter, ex-patron de la radio à l'ORTF) a mis à l'antenne quand le jeune homme qui à tout juste 20 ans avait de l'amitié, de l'insolence et de la fantaisie à revendre,
(2) Muriel Perez, Jean-Baptiste Audibert, Jean Michel Montu, Thierry Dupin et Djubaka,
(3) Directeur éditorial des 7 chaînes de Radio France,

(4) Je ne sais pas si c'est dans la "Playlist" d'Inter mais "À tes côtés" Baden Baden tourne en boucle dans ma playlist…
(5) Beaucoup plus que celui d'un individu qui, sur la chaîne, tout le temps sur le devant de la scène, fait tout pour prendre la lumière à lui tout seul…

8 commentaires:

  1. Contrairement à toi, je trouve particulièrement imbitable cette litanie de noms à la fin des émissions. Réalisateurs, techniciens, programmateurs, standardistes etc... Que cela soit précisé sur le Net, pour ceux qui sont vraiment intéressés, pourquoi pas, mais à l'antenne, à part faire plaisir à la famille (j’exagère à peine), je n'en vois pas l'utilité pour l'auditeur.

    Ceci dit, lire un billet de blog où l'on loue le travail des programmateurs de RF ne peut que me faire plaisir ^^

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    1. Ola ! Je vais mûrir ma réponse mais je ne partage pas du tout ton point de vue ;-)
      (À suivre)

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    2. Alors s'il n'y avait pas de désannonce nominative ce serait la dénégation absolue de ceux qui, dans l'ombre, font AUSSI les émissions. Comment passer sous silence une réalisatrice, un ingé-son, un "collaborateur" qui se démènent pour qu'une émission existe de façon solide. La productrice, le producteur prennent la lumière et les autres seraient "oubliés". Ce serait infâme !
      Voir le mépris sur les chaînes privées où nous ne savons rien des collaborateurs.

      Si je n'avais pas pendant des années entendu en désannonce "Gilles Davidas" (Vincent, Mermet,…) je n'aurais pas tendu l'oreille en l'entendant à nouveau sur Culture. je ne l'aurais pas rencontré et fait avec lui un "tour de piste" le 31 aôut 2014 pour ses 40 ans de "maison". Il en va de même pour les réalisatrices rencontrées (Bedos, Giovanetti, Thomas, Adèle,…)
      La fabrique de la radio ce n'est pas le micro c'est une équipe qui mérite d'être RECONNUE !

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  2. J'ai moi aussi entendu cette très belle version italienne de la chanson écrite par Nino Ferrer C'est Irréparable et dont la version espagnole a été popularisée par Luz Casal dans le film de Pedro Almodovar Talons Aiguilles. j'ai également été fort émue par cette interprétation.
    Pour la suite de ton billet, je partage beaucoup moins ton enthousiasme sur le choix de la "Playlist" de France Inter
    . Matraquage : alors qu'aux premières écoutes je peux être séduite je finis par en être dégoutée (dernière en date Christine and the Queens, j'ai dû attendre quelques mois pour réussir à l'écouter à nouveau sans avoir la nausée, et pour finir par acheter son album)
    . des titres en total décalage avec le propos de l'émission, voire parfois à la limite de l'indécence
    . le gros problème de France Inter : Didier Varrod. insupportable de snobisme. Lorsqu'il nous vante tel ou tel artiste, il veut tellement en faire qu'au final on n'y comprend pas grand chose... d'autant qu'en ce qui me concerne je finis par descendre du train en cours de route ! C'est pompeux, il s'écoute parler, c'est insupportable
    . L’omniprésence des titres anglais. On n'entend rarement des titres italiens, espagnols, arabes, allemand.... le slogan "France Inter, écoutez la différence" a définitivement été jeté aux oubliettes...

    Hier j'ai écouté la première des 5 émissions que France Culture consacre à José Arthur et le Pop Culb...sans commentaire
    Bonne journée Fañch.

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    1. Bonjour Marie,
      Sur Inter j'écoute : Trap', Sonia Devillers et Jean Lebrun. Hors de question d'avaler la bouillie de Duvic, Nagui, Drouelle, Demorand et Goumarre. Donc je n'ai de référence musique que pour ces trois courts moments. Mais souvent la musique de Boomerang est "bien vue"… Et c'était déjà comme ça avec Manzoni, Clark etc…
      D'accord avec toi pour la différence "out". Il y a de moins en moins de musique et d'émissions musique sur Inter donc les différences sont de plus en plus minuscules.
      Quant au "Pop Club" mouliné par FC j'en ferai sans doute mon billet de lundi prochain…
      Bonne semaine à l'écoute des petits bouts d'îlots de résistance à l'uniformité ;-)

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  3. Bonjour Fanch,
    je suis plutôt d'accord avec vous sur la nécessité de citer tous les gens qui participent à une émission, ce ne serait que pour la reconnaissance de leur travail qui participe forcément à la qualité de l'émission. cela ne me déplaît pas moi de savoir que quelqu'un est stagiaire par ex, et puis, c'est comme pour les films, j'aime bien lire le nom des gens à la fin dans le générique. Le monde des petites mains est si souvent oublié.
    Comme je n'écoute plus du tout France Inter, à l'exception parfois de l'émission de critiques de cinéma le samedi matin, et "la prochaine fois, je vous le chanterai", je ne peux pas apporter de l'eau à votre moulin d'échanges. Ce qui n'empêche que j'aime bien lire les commentaires !
    bonne semaine à vous également.
    Nanou

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    1. Bonjour Nanou,
      De fait la "rupture" d'avec Inter est rédhibitoire pour apprécier sa programmation musicale ! Mon métier de blogueur me permet de surfer là où je vais pouvoir faire mon miel et ce matin encore j'ai découvert chez Trapenard l'excellent Rukhsana Merisse et son "So they say"… Portez vous bien ;-)

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  4. Bonsoir,
    Je me permets juste de signaler que je suis la personne qui a permis au titre de Mina (qu'une personne ci dessus très bien identifié) de passer à l'antenne. Je veux dire de l'acheter et de le mettre à disposition de l'antenne sans savoir qu'il a été programmé récemment dans l'émission d'Inter. Bref à quand un article sur la discothèque de Radio France ?

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