mercredi 29 juin 2016

France Culture Info…




La messe, la méthode Coué et Sandrine Treiner…
Toutes les émissions média font du décryptage : d'infos, d'images, de mots ! À mon tour de me lancer dans la cavalcade ! Sandrine Treiner, ci-devant directrice de France Culture, donnait récemment une interview au Monde (1). Soit l'occasion de lire un amalgame exceptionnel de slogans, affirmations péremptoires, auto-satisfaction au degré 9 de l'échelle de Richter médiatique qui en compte 10 (2). Revue de détail.


Le Monde : Après cette première saison, quels sont vos motifs de satisfaction ?
S.T : La double identité de la station – la création et les idées – a été renforcée à travers de nouvelles écritures et de nouveaux formats comme « Raconter le monde moderne », 

Treiner, sans rire, déclare presque avoir inventé la double identité de la chaîne ! On se pince là ! C'est juste ce que France Culture a initié depuis ses origines et depuis que la chaîne a été nommée "France Culture" en novembre 1963. La modestie de Treiner est patente. L'absence de culture radiophonique de la journaliste aussi 


Le Monde : En construisant la grille de rentrée, quels sont les points que vous avez cherché à faire évoluer ?
S.T. La première chose concerne – et c’est notre richesse – les émissions centrées autour des savoirs et des connaissances, qui ont été lancées sous la direction de Laure Adler (1999-2005).

Avant cette directrice : Agathe Mella, Yves Jaigu, Jean-Marie Borzeix et Patrice Gélinet dirigeaient une chaine consacrée à la mécanique quantique et au sevrage des agneaux dans les Basses-Alpes au temps de l'occupation romaine !

Le Monde : De quelle manière avez-vous pris en compte l’événement majeur de 2017, l’élection présidentielle ? (3)
S.T. : …il a été décidé de ne plus retrouver, sur des formats où ils s’exprimaient de manière unilatérale (sic), "Le monde selon…" Caroline Fourest, Brice Couturier ou Philippe Manière dans les "Matins". Ces billets seront remplacés par des chroniques quotidiennes sur la vie des idées en France et à l’étranger.



Gros blabla de circonstance pour mettre au piquet une partie de l'armée mexicaine des chroniqueurs vendeurs de roudoudou. Notons que pour une journaliste du Monde les programmes d'une chaîne culturelle c'est d'abord l'info ! Et qu'elle a eu beau chercher il n'y a pas d'événement culturel majeur en 2017.

S.T. : … Et, bien sûr, en vue de cette échéance électorale, la rédaction prépare un vaste dispositif avec, notamment, dès la rentrée, un journal tous les jours à 8 h 15, qui couvrira les primaires puis la campagne.

CQFD !

Le Monde : Comment se manifeste cette volonté de clarification de la grille ?
S.T. : A travers la matinale, qui désormais sera découpée en deux parties avec le "6 h/7 h", produit par Emilie Chaudet, qui a pour ambition d’être une vraie vitrine de station, avec de la culture…

Si, si, vous avez bien lu "avec de la culture". Preuve, s'il en fallait, que la dite-culture avait depuis très longtemps déserté la matinale au profit du "tout-tout-info-tendance-France-Inter". 

"… Il sera suivi du "7 h/9 h" de Guillaume Erner, dans lequel les rendez-vous seront quotidiens et non plus hebdomadaires."

Là, je pense qu'on atteint un niveau de création radiophonique jamais égalé depuis Marconi ou Coluche. Remplacer des chroniques hebdo par des quotidiennes c'est juste "incroyable… mais vrai" ! La clarification de la grille concerne donc 3h d'antenne ! Le poids des mots, le choc du réel !














Le Monde D’autres nouveautés sont-elles à attendre ?
S.T. : Oui, en particulier le samedi, avec l’apparition d’un "7 h/9 h" présenté par Caroline Broué, qui cesse d’animer "La Grande Table", reprise par Olivia Gesbert. Il sera très centré sur la culture [c'est une obsession, ndlr], les idées et prendra en charge le traitement de l’info dans les médias. Le journal de 8 heures sera plus long le samedi [sic, plus de temps d'écoute plus d'info, ndlr]. Toujours dans un souci de clarté et de simplification, avec Frédéric Barreyre, le directeur de l’information, nous avons repensé la présence de l’information sur l’ensemble de la grille afin qu’elle soit présente de manière régulière à l’antenne (re-sic). Tous les journaux gardent la même durée…

À la place de Laurent Guimier (France Info) et Laurence Bloch (France Inter) je déposerai plainte pour concurrence déloyale ! La "représentation nationale" nom pompeux que Mathieu Gallet, Pdg de Radio France, prononce à l'envi, se chargera bientôt de régler son sort aux doublons-triplons de l'info sur le service public. Les protagonistes du tout-info sur Culture : Four (Jean-Marc), ex-directeur de l'info et Barreyre n'auront qu'à bien se tenir.

Dans la série "Faire rimer réflexion et plaisir" Treiner spécialiste des formules à deux balles (4), nous a livré sa parole pour l'avenir via Le Monde. Au tour maintenant de Télérama (même groupe de presse) avec une journaliste, Laurence Le Saux, qui connaît la radio (5).



Télérama : Quelle ligne souhaitez-vous impulser à la rentrée ? 
S.T. : Il m’aura fallu du temps pour mettre à exécution mon leitmotiv : rendre la grille cohérente, équilibrée. Cette cohérence passe, par exemple, par le changement de la tranche quotidienne à 16 heures…

Ben voyons Léon ! Juste rappeler ici, aux esprits égarés, que c'est en tant que directrice éditoriale (nom pompeux pour dire directrice des programmes), que Treiner avait installé Marie Richeux à 16h ! Puis à 14h, pour placer la tambouille de 16h qu'elle rassemble aujourd'hui sous le vocable "La méthode scientifique".

Télérama : Quelle politique pour le documentaire ?
S.T. : "Sur les docks" devient "La série documentaire", coordonnée par Perrine Kervran. Un même sujet sera creusé du lundi au jeudi à 17 heures, par exemple la déradicalisation, l’économie sociale et solidaire, les frontières ou la psychanalyse (6). Le dimanche, Villes-mondes cède la place à un récit documentaire singulier (?) – en cinq ans, nous avions fait le tour des capitales… 


Hum ! Comment dire ? Un nom historique de la chaîne a disparu ! Serait-ce une coquille ? Où est Irène Omélianenko, coordinatrice de "Sur les docks", documentariste sur la chaîne depuis la fin des années 8O ? Surpris que Le Saux n'ait pas évoqué cette "disparition".

Télérama : Quelles sont vos ambitions pour l’avenir ?
S.T. : Maintenant que cette grille est clarifiée, très achevée, il s’agit de continuer à travailler son acuité. Concernant le Web, nous souhaitons développer des contenus en ligne, élaborer un journal des idées numériques, des modules courts imaginés à partir des émissions. Et proposer une offre de vidéos enrichie – pas question de se contenter de filmer ce qui se passe dans nos studios.

Dans ces deux journaux Treiner, avec cette façon de dire la "messe", met l'accent sur l'info, ne dit rien sur le remplacement d'Adler (ayant choisi France Inter), sur "Creation on air" (23h). À part la méthode Coué qui consiste à ajouter le mot culture dans quelques programmes stratégiques, on peut être absolument inquiet de la tournure, - définitive - info et journalistique, prise par la chaîne. Ce que visionnaire, Alain Veinstein, prédisait dans "Radio sauvage" (Le Seuil, 2010). Veinstein, producteur historique de la chaîne, débarqué en juillet 14 par Poivre d'Arvor et avec l'avis, certainement favorable, de la directrice éditoriale !

(1) Le Monde 25 juin 2016, interview par Christine Rousseau,
(2) Une côte spéciale a été créé pour l'intouchable bateleur Morandini qui a bloqué l'aiguille au chiffre 11
(3) Il aurait été bon de préciser à Christine Rousseau ont mission de rendre compte de l'info : France Inter et France Info,

(4) "Il faut marquer notre singularité", Télérama 9 sept 2015, 
(5) 28 juin 2016,
(6) On remercie par avance la directrice de nous donner les têtes de chapitre ! 

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