lundi 12 janvier 2026

L'affaire Dominici/Giono/Welles…

Je suis assez étonné d'avoir "loupé" en 2017 le documentaire de Stéphane Bonnefoi et Jean-Philippe Navarre (30 avril 2017) "Giono et Welles dans l'affaire Dominici". Rediffusé en flux hier dimanche sur France Culture et quelques heures après dans "Les nuits" comme il est de coutume qu'"Une histoire particulière" soit rediffusée dans les nuits du dimanche au lundi !!!!!!!!  Ou le charme des rediffusions de rediffusions.

Gaston Dominici lors de son procès en 1954 ©AFP












Bonnefoi est à son affaire. Je veux dire qu'il traite toujours avec humanité ses sujets (1). Et là si je puis m'exprimer ainsi "c'est du billard !" tant les personnalités de Gaston Dominici, de Jean Giono et d'orson Welles peuvent épouser la tension romanesque de l'assassinat en août 1952 de la famille Drummond sur les terres de Haute-Provence. Je n'ai pas vu le "film" de Welles mais Bonnefoi qui fait raconter les conditions du tournage nous incite à aller y voir de plus près.
Welles touché par un "fait divers" comme Truman Capote avait pu être touché par le meurtre d'une famille de fermier au Kansas dont il avait tiré son roman de non-fiction "De sang froid".

Giono quant à lui est à son affaire, lui le chantre de la fiction dans sa Provence inventée. Se colleter avec la réalité des secrets de la campagne incitera Giono à suivre le procès de bout en bout et à écrire "L'affaire Dominici" (2). Bonnefoi sait en un peu moins d'une heure mettre à plat tous les éléments du drame et donne envie de relire Giono, de revoir Gabin dans son interprétation de Dominici et surtout de courir après Welles pour en savoir "encore plus".

(1) Dans la colonne de droite de ce blog, dans la case "Vous cherchez quoi ?" en indiquant le prénom et nom du producteur, vous trouverez plusieurs articles le concernant.
(2) "Notes sur l'affaire Dominici", Jean Giono, Gallimard,

lundi 5 janvier 2026

Archives, juste les archives…

Comment faire autrement ? Jean-Marie Borzeix, directeur de France Culture (1984-1997), en créant en janvier 1985 les Nuits de France Culture, imaginait un Himalaya de mémoire radiophonique à explorer (ou à gravir), tant chaque jour grossirait un stock inépuisable. Ce patrimoine inestimable est passionnant pour les années avant 2010. Après ce n'est plus tout à fait la même chose. Dans le ton, dans la voix, dans sa palette d'ouverture au monde. Le documentaire est riche et plusieurs émissions s'y adonnent. Alors c'est plutôt de ce côté-là que j'ai envie de vous parler radio.

©Getty - Chris Ware/Keystone/Hulton Archive












George Martin, ce héros !
Déjà prendre le nom de cinquième Beatles c'est la gloire. Méritée cette gloire tant le producteur a fait ou accompagné les quatre légendaires de Liverpool. Dans "Indigo" (1995), nos beaux dimanches, sur France Culture, Jean-Luc Leray et Patricia Prigent (Réalisation) tissent la toile du "réalisateur artistique", discret, efficace et surtout doté d'une oreille et de doigts en or.

"Free as a bird" ouvre l'émission, comme un clin d'œil aux cinq petits génies plus libres que l'air. Fais comme l'oiseau… Ce que fit George depuis le 6 juin 62 et pendant sept ans et demi. Et l'injonction qu'il s'imposa "Pensez symphonique" fut sans doute une des clefs du succès des ritournelles des quatre garçons dans le vent. Ne retenons que le quatuor à cordes de "Yesterday" pour comprendre l'alchimie du musicien classique Martin et les fous de chansons mélodiques qui - formule éculée - ont fini par créer des airs intemporels.

Avait t-on les oreilles bouchées dans les années 60 pour ne retenir des Beatles que des tubes pop et rock ? L'art de l'arrangeur qui arrange au point de "passer inaperçu"… Réécoutez Eleonor Rigby… pour voir ! Et retenons cette formule de George, placée au coin du bons sens, "Aujourd'hui on écoute avec les yeux !" CQFD.

Et pour faire un petit pas de côté, écoutez "Tin man" d'America produite par… George Martin. 

vendredi 2 janvier 2026

Écrire pour le Nouvel an ou écrire pour la radio (du Nouvel An) ?

Le 31 décembre 1987 (oh Mathusalem !) Louis-Jean Calvet et Marc Legras consacraient une nuit à Léo Ferré. Et quelle nuit (1), Léo accueillant ses amis à la Maison de la radio (2). Joie, malgré mes enregistrements de l'émission sur Mini Disc (Sony) de pouvoir la réécouter en intégrale (3). Albane Penaranda, productrice des "Nuits de France Culture", pour cette nuit du passage de l'An, nous a proposé de réécouter "Un nouvel an en compagnie de Paolo Conte", une émission du 31 décembre 1998.

Paolo Conte en concert en 1994









En dix ans, cette nuit musicale a pris un sérieux coup de rabot (4). Jacques Erwan, cisèle ces deux heures (5) et à son micro, le créateur d'Azzuro est "comme à la maison". Ça parle d'abord de repas du Nouvel an, de vins de la région d'Asti) et sa chanson "Un gelato al limon" est dans le ton. "Une glace au citron, glace au citron, glace au citron, Couler au fond d'une ville Une glace au citron est du vrai citron, Aimez-vous?"

Paolo Conte est entrainant et nous donne envie de chanter, comme si c'était du français sauf que c'est du plus bel italien. "Diavolo rosso, dimentica la strada Vieni qui con noi a bere un'aranciata Contro luce tutto il tempo se ne va" (Diable rouge, oublie la route Viens ici avec nous boire une orangeade À contre-jour, tout le temps s'en va).

"L'italien que j'évoque dans mes chansons c'est un italien qui évoque la gêne de parler italien…" (vis à vis entre autres du dialecte piémontais)… Comme toujours cette langue nous (me) plonge dans une belle empathie et une proximité pour "être avec". On comprend bien comment Léo (Ferré) a pu "finir ses jours" en Italie. Et puis la langue et ses accents manquent sur France Culture… Je pense particulièrement à Francesca Isidori et ses très belles "Affinités électives" (6)

Allez, j'avais envie de vous faire partager ma passion pour l'Italie et pour Paolo Conte…

(1) Réalisation Claude Guerre
(2) Jean-Michel Boris, Jean-Claude Casadesus, Jean-Pierre Chabrol, Jacques Attali, Francis Claude, Maxime Le Forestier, Anne-Marie Houdebine, Paco Ibanez, Sapho, Catherine Sauvage et Jean Vasca,
(3) Enfin presque, aux six heures, il manque 20' (perdues ou quelque part à l'Ina),

(4) Directeur de la chaîne, Patrice Gélinet (1997-1999), 
(5) Réalisation Patricia Prigent

mardi 30 décembre 2025

Michel Winock : un passé singulier…

Du 22 au 26 décembre, France Culture a proposé à Michel Winock, historien, cinq "pastilles" (4', plus court tu meurs !) pour revenir sur "150 ans de fièvre hexagonale" (1). Winock, un nom qui sonne radio et qui nous rappelle les belles heures du "Passé singulier" qu'il a animé sur les ondes de France Inter avec Claude Dominique pour la saison 83/84…











En ces temps-là, si, si, pour la petite histoire, Jean Garretto (2), directeur de France Inter; mettait sur orbite "Les pleins et les déliés",un groupe de programmes pour des après-midi décoiffants sur la grille. Décoiffants quand il avait commencé par proposer aux barons (Chancel, Bouteiller, Villers) de sortir de leur "zone de confort" et de ne plus s'appuyer sur l'heure entre deux heures justes. Révolution de palais, crise d'urticaire et plus si affinités.

Garretto, à l'appui de ses innovations communes avec Pierre Codou pour "L'oreille en coin" (1968-1990) tentait de proposer des après-midi innovantes où des programmes courts (environ 10/15') alternaient avec des émissions plus longues, sans jamais être conditionnées par l'heure. Deux animateurs ou animatrices passaient avec subtilité (de 13:30 à 18:00), pertinence et tendresse les plats. Noëlle Breham et Yves Derisbourg, entre autres.

Tout le charme du "Passé singulier" (2) tenait dans le joli duo avec Claude Dominique qui, après ses "Lettres de famille" sur France Culture, racontait d'autres histoires épistolaires. Garretto avait le génie des associations sonnantes et dissonantes et, comme dans L'oreille en coin, Claude Dominique savait donner le meilleur de ses atouts de conteuse hors pair et surtout de nous tenir en haleine de ses récits ciselés.

Un temps où l'histoire à la radio ne se résumait pas à des miettes !!!

(1) "La fièvre hexagonale", Michel Winock, Points Seuil, 1999, 
(2) Prix SCAM du meilleur documentaire 1985,

lundi 29 décembre 2025

Trève des confiseurs… quelle trève ?

J'aurais pu écrire con-fiseurs de cette façon, tant la chape de plomb qui s'abat sur l'audiovisuel public et sur la radio est de bien mauvais présage. Que reste-t-il de nos amours chantait Trenet ? Que restera-t-il de cette radio publique qui - en flux- pendant des décennies a accompagné auditrices et auditeurs au quotidien. À Pâques ou à la Trinité, à Noël ou au premier de l'An. "Accompagner : Se joindre à (qqn) pour aller où il va en même temps que lui", nous dit Le Robert. La radio publique, et plus particulièrement France Inter, tout au long des programmes, était dans le ton de la trève et ne donnait pas envie de lâcher sa radio.











Alors les député-e-s qui mettent en coupe réglée la radio et ceux qui veulent bien encore y croire et la défendre où sont-ils pendant ces fêtes ? Eux qui savent donner de la voix imaginent-ils "les voix de noël" ? Fut un temps où la radio ne se perdait pas dans les rediffusions de rediffusions et ne détemporalisait pas ses émissions au point de n'être plus dans le tempo. La radio avait toute sa place à la cuisine ou au salon. Sa place pour ceux trop seuls qui s'y accrochaient, sa place pour les accros qui ne pouvaient s'en passer.

Jetez vos oreilles sur la première œuvre de Yann Paranthoën "Un petit charriot pour la Grande Ourse" sur France Culture… et faites-vous crooner (sic) avec les deux très bons numéros de "Retour de plage" de Jousse et Valero sur France Musique, des 20 et 27 décembre. Et si vous croisez votre député-e dites-lui à quel point la radio publique est essentielle à notre quotidien. Car de la trève à la grève (des auditeurs) il n'y aurait qu'un pas qu'il serait temps de franchir ! CQFD !

À bon entendeur salut !

P.S. : Le 31 décembre, MTV (Music Television) fermera toutes ses chaînes. Son hymne inaugural, dès août 1981, fut "Video kill the radio star" des Buggles. La video allait donc tuer la radio. La fermeture d'MTV n'est-elle pas le signe supplémentaire de "la fin de la radio" ? 

jeudi 18 décembre 2025

France Inter : le Grand Tragic Circus…

Que Jérôme Savary me pardonne d'usurper le titre de son formidable spectacle des années 70. Puisqu'après avoir fait "mes adieux au music-hall" mes chers lecteurs comprennent que je reviens pour quelques tours de piste, tant la situation de la radio - désespérée - m'impose d'en dire encore quelques mots, non pas en imaginant que ça puisse servir sa cause, mais en voulant croire que le petit staff de dirigeants puisse encore ouvrir les yeux et plus encore les oreilles. Même si j'ai la ferme conviction de me battre contre des moulins à vent. Madame Van Reeth, directrice de France Inter, s'enfonce dans le déni et un aveuglement acharné pour "dé-faire la radio" sans aucun espoir qu'un jour elle puisse la re-faire.

Affiche des Beaux-Arts
de Paris, mai 1968












Après avoir, fin août 2025, inventé l'eau tiède, Van Reeth a, très vite, pris une bonne douche froide en constatant que sa partition de la "Graaaaaande Mâaaaaaatinale" risquait de finir en Titanic parmi les glaces médiamétriques. Quelle rigolade, quelle bouffonnerie, quel désastre ! Il suffirait donc pour Van Reeth d'étirer - indéfiniment - la matinale pour scotcher les auditeurs-auditrices au poste. Rien dans la tradition d'Inter (depuis 1963) n'a jamais été de se protéger derrière les succès d'audience de l'info pour donner à picorer des "programmes émiettés". Madame Van Reeth a beau avoir été productrice sur France Culture, elle n'a aucune connaissance de la radio en général, de la radio publique en particulier et encore moins de France Inter.

Sait-elle que Bouteiller, Ruggieri, Villers, Clark, Manzoni et tant d'autres ont dès 9h (voire 8h45) animer les matinées d'Inter avec pertinence, succès et quelques soupçons d'impertinence bien sentis ? Au diable le passé, soyons modernes semble s'être fixée comme ligne de conduite la philosophe. Reconnaissons que Laurence Bloch (1) a su faire fructifier sa longue expérience pour mettre en œuvre un France Inter qui a plu (et déplu quand le documentaire est passé à la trappe, comme plusieurs autres émissions qui prenaient le pouls de la société, sans concession avec le pouvoir en place).

Etirer cette matinale c'était juste un fou… de gue… ! Rien moins. Qui écoute en continu de 5h à 11h ou de 7h à 11h ? Et pourquoi cette frilosité à ne pas virer le bénévole Nagui et faire de la "Mâaaatinale" une "Matimidinale". Restait plus qu'à inventer la "Vespérâaale" de 14h à 20 h et le tour était joué. C'est Libération qui, le 11 décembre, a annoncé les changements à venir pour janvier et le retour à "la normale" (7h-10h) sans d'ailleurs évoquer le cas de Sonia Devillers dont on peut imaginer qu'elle retrouvera sa case de 9h08 ou 9h10, c'est selon.

On a très envie de citer Roland Dhordain, Pierre Wiehn, Jean Garretto, Pierre Bouteiller Jacques Santamaria et Jean-Luc Hees qui à eux six ont inventé le style Inter et l'ont fait fructifier. L'exact contraire du copié-collé de Van Reeth. pas mieux pour Laurent Goumarre, producteur de radio, bombardé à la hâte, directeur des programmes d'Inter ! L'ombre tutélaire de Laurence Bloch risque de planer encore longtemps sur la première radio de France. Particulièrement quand cette dernière assassine la direction de Van Reeth (2).

Inter, dans la tourmente de l'affaire Legrand-Cohen, des attaques incessantes de la galaxie Bolloré, et des auditions de plusieurs responsables de Radio France (les 17 et 18 décembre) à l'Assemblée Nationale de la Commission "Neutralité et financement de l'audiovisuel public" risque de payer très cher les errements et autres renoncements (à l'innovation et à l'audace) qui jalonnent le parcours d'Adèle Van Reeth. Les auditrices-auditeurs ne sont pas des moutons, ils savent picorer et folâtrer d'une chaine à l'autre, du public au privé et surtout, ils se sont habitués à détemporaliser la radio. Surtout à détempolariser les émissions.

De ce fait, en flux, une "Grande matinale" sur la durée n'a plus aucun sens, pas plus que n'a de sens la grille Van Reeth. Ses jours sont sûrement comptés. La Pdgère Sibyle Veil saura t'-elle nommer une femme ou un homme de radio "maison" (3) pour tenter de redonner à Inter l'esprit qui l'a porté pendant six décennies ? On a du mal à y croire tant même le mot "radio" est en train de partir dans les limbes du néant. Van Reeth n'aura jamais le talent de Savary, Inter-Magic a définitivement viré à l' Inter-Tragic. Et ce n'est vraiment pas drôle !

(À suivre, sans doute !)

(1) la liste des "ex- directrice adjointe" est trop longue, retenons sa Direction d'Inter de 2015 à 2022,
(2) Le point de vue d'Europe 1 à prendre avec des pincettes,
(3) Et non pas quelqu'un ou quelqu'une qui vient de la TV !!!!!!!!!

mercredi 26 novembre 2025

C'est la fin… (de la radio)

Bonjour à tous (toutes) et à chacun" (1). J'avais le gros lait sur le feu depuis début août. Et le gros chagrin sur la patate car ,ce qui annoncé depuis longtemps pour la radio, devient une réalité inéluctable. De ce fait, comment poursuivre ma petite entreprise (sans aucune trace de Lia), si c'est pour billet après billet constater la fin des haricots. À quoi peut bien servir une radio sans vibration, pulsation ou juste simple satisfaction ? À rien. Ça tombe bien puisque les grands manitous de la révolution numérique (au premier chef Laurent Frisch, Directeur du Numérique à Radio France) ont tout fait pour que la mue opère radicalement vers l'émiettement d'un média global vers un média de miettes justement (podcasts à tout va). Et l'ensemble des acteurs médias d'applaudir à tout rompre (2) et le public d'avaler les couleuvres et de se prosterner vers le dit-émiettement. Alea jacta est. Un auditeur de radio, bloggeur de surcroît, n'a plus rien à dire quand la radio a disparu. Le chant du cygne… du signal radio même ! Pour ce final un genre de blog-notes doux-amère.
















Le cirque commence en juin
Avant d'entreprendre mon long feuilleton d'été Paranthoën-Giovannetti, j'avais pu lire les roucoules que la Directrice d'Inter, Adèle Van Reeth, offrait au personnel de sa chaîne, en ne sachant plus comment dire toute sa satisfaction et sa reconnaissance aux équipes pour une année FOR-MI-DA-BLE. Deux jours plus tard Céline Pigalle, Directrice de ICI (ou là), tout en remerciant ses équipes constatait, amère, la lente dégradation de l'audience de l'ex France Bleu. J'imaginais alors un couple : l'un travaille à Inter, l'autre à ICI. Le lundi c'est champagne, le mercredi c'est soupe à la grimace. C'est ce qu'on appelle la diversité du service public !

Rentrée 25-26
Aux très belles années de la radio populaire, Inter, où les titres des émissions étaient autant de pirouettes au jeu de la langue (L'Oreille en coin, pour ne citer qu'elle) l'inventivité a rendu les armes. Les mots grand et grande ont remplacé les bons mots et les tournures d'esprit. Van Reeth, si inventive a trouvé sûrement punchy d'appeler le tunnel de l'info (7-11) La grande matinale dans lequel il y a le Grand entretien et forcément les Grand-e-s journalistes pour animer cette parade… imparable. Libé (25/08), affûté, ne manquait pas dès la rentrée de s'interroger "Maintenant qu’elle s’étire de 7 heures à 11 heures, où s’arrête la matinale et où commence France Inter ?". Le comble c'est quand Van Reeth annonce que cela permet de prendre plus de temps pour développer les sujets !!!!!!! Parce qu'avant les émissions à partir de 9h étaient totalement creuses ? Cela relève de la bouffonnerie la plus caricaturale pour maquiller une totale incapacité à gérer la radio publique.

La holdingue… valdingue !
Dans le feuilleton (plus soap tu meurs !) du mécano imaginé par Rachida Dati pour fusionner l'audiovisuel public la progression semble bloquée après moults essais à rebondissements politiques et parlementaires. L'affaire est-elle entendue ? Que nenni ! Par d'autres circonvolutions dont la représentation nationale a le secret, voilà que s'annoncent quatre mois d'enquête parlementaire autour de l'audiovisuel public. Si l'on ajoute les attaques cumulées de la sphère médiatique Bolloré, on peut dire qu'on épargne rien au service public audiovisuel dont tant d'acteurs privés attendent la chute. La mue à marche forcée depuis 2014 n'y aurait pas suffi !

Mal-être profond
Le 12 novembre, toutes les sociétés des personnels de France Inter (3) ont alerté Adèle Van Reeth et la Présidente de Radio France, Sibyle Veil, d’un mal-être profond au sein de leur station, d’une radio qui perd son âme. Tiens donc ! Je ne serai donc pas le seul à constater les dégâts amorcés, sans état d'âme, dès 2014 par l'ex-Président de Radio France, Mathieu Gallet. La poudre aux yeux, aux oreilles du numérique serait donc un leurre. A big leurre, of course. La communication remplaçant définitivement le réel des contenus et la belle image du contenant.

Petit France Inter
Tiens tiens, on change de registre et d'adjectif ? Gaffe que ce Petit France Inter n'incite à moyen terme à faire muer le Grand France Inter avec une Petite matinale un Petit entretien avec de Petites émissions et forcément de Petites mains pour sa fabrique. Et attention, dans quelques jours le Tout petit France Inter débarque. De quoi donner des idées aux fossoyeurs du service public radiophonique !

This is the end (avec les hélicos de Coppola et Robert Duval)
Je peux pas tirer l'échelle sans remercier sincèrement et très amicalement Corinne, Pierre, Claude, Jacques, Maryse, Bernard, Janine, Bertrand, Caroline, Alex, Marion, Guy, Michèle, David, Josette, Thierry, Claude, Yann, Geneviève, Jean, Françoise et Gilles et une bonne palanquée de ratons-laveurs. Un salut particulier jusqu'aux étoiles à Jean-Marie Borzeix  (dir. France Culture, 1984-1997). Elles et ils m'ont donné le goût de la radio pendant soixante ans (et 2656 billets de blog). C'est une merveilleuse histoire dont je n'avais pourtant jamais imaginé la fin.

FINE

ENTR'ACTE


(1) Clara Candiani, "Les Français donnent aux Français", Paris-Inter puis France-Inter, 1947-1981
(2) Emilie Grangeray, journaliste au Monde, chargée de la bénédiction permanente de France Culture et de Philippe Colin dans les colonnes du journal,
(3) Journalistes, producteurs-productrices, techniciens-techniciennes, réalisateurs-réalisatrices, attaché-e-s de production,