mercredi 23 novembre 2016

L'image de marque de France Inter (suite)...

Sylvain Ernault, journaliste, m'interpelle hier sur Twitter avec ces 140 signes : "Finalement tu t'intéresses de plus en plus aux audiences ;) Mais tu ne dis pas que Vanhoenacker progresse face à Ruquier !". Je vais, ici, préciser mon "intérêt" pour les dits-sondages. Peu me chaut cette tarte à la crème médiamétrique dans laquelle s'est engouffré Radio France et qui permet aux dirigeants de plastronner devant la tutelle ou la représentation nationale, expression favorite de Mathieu Gallet, Pdg du groupe public audiovisuel. 
















Heureusement que France Culture de 1963 à 2003 (1) ne courait pas après les 2%, les clics, les clacs, les podcasts et autres ersatz de radio. Heureusement que de 1984 à 1997, Jean-Marie Borzeix, directeur de France Culture, faisait courir les producteurs après la France et inventait le "Pays d'ici" pour que la chaîne soit au cœur des villes et des villages, au plus près des habitants et des citoyens. Et pour que les émetteurs se multiplient. De vrais clics et de vraies rencontres "live" pour que sa chaîne sorte des murs de Paris, et que France Culture sorte de l'entre-soi culturel. Alors, la carotte après laquelle d'Arvor et Treiner (2) courent ne ressemble à rien de culturel, rien de radiophonique et sert uniquement leur satisfaction pour roucouler devant le Pdg, le directeur éditorial (Frédéric Schlesinger), la tutelle et... la représentation nationale.

Heureusement que de 1973 à 1981, Pierre Wiehn (3) l'inventeur de la radio moderne faisait de France Inter une radio d'excellence et installait sur la durée des talents, des tempi et des rythmes toujours en vigueur aujourd'hui (le 11h/12h30, par exemple). Quant à Charline vs Ruquier, rappelons-nous qu'un certain Schlesinger, directeur d'Inter de 2006 à 2009, installa sur la grille, à la rentrée 2006, "La bande à Bonnaud" (4). Une émission intelligente, cultivée, punchy, drôle et pertinente. Tout à fait dans la ligne et dans l'histoire d'Inter. Schlesinger avait demandé à Bonnaud de relever le défi face à Ruquier sur Europe 1 ("On va s'géner") et à Bouvard sur RTL ("Les grosses têtes"), genre mission impossible. Bonnaud n'était pas un amuseur public, juste un formidable animateur de petite bande. Et Inter n'avait pas décidé, à cette époque-là, de notre rire au claquement de doigt.

Bonnaud sera remercié la saison suivante. De mauvaises langues disent qu'un certain Sarkozy.... Si le bilan de Gallet et Schlesinger ce sont des chiffres et des diagrammes, la représentation nationale pourra les distinguer de l'ordre du mérite. Pour ce qui concerne "Écoutez la différence", le bon slogan de la chaîne, ne comptons pas sur Médiamétrie pour la mesurer. Et, à trop se battre dans la cour des radios privées, la radio publique risque très vite de ne plus faire la différence.  

(1) À mi-temps de la direction de Laure Adler 1999-2005,
(2) Successivement, directeur et directrice de France Culture, 
(3) Applaudi dans une récente rencontre des auteurs à la Scam,

(4) Animée par Frédéric Bonnaud, aujourd'hui directeur de la Cinémathèque (Paris). Avec Sandra Freeman, Arnaud Viviant, Philippe Colin. 16h30-18h, du lundi au jeudi.

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