mardi 9 décembre 2014

À titre (d') indicatif…






















Il a suffit à Séverine Bastin de poster sur son compte Twitter la pochette de l'indicatif de TSF 68-69 pour que ça me donne l'envie et l'occasion de "remettre le couvert" et refaire un petit voyage dans les prémices de ce qui deviendra en 1971 "L'oreille en coin" (1). Après trois saisons de "tâtonnement expérimental" les TSF 68, 69, 70 et 71 (jusqu'à la rentrée d'octobre) prendront le nom qui est resté au firmament des fins de semaine de France Inter jusqu'en 1990.

Vous chercherez sur ce blog avec les mots-clefs : Jean Garetto, Studio 125, Guy Sono, TSF 71, Patrice Burgel, et vous trouverez de quoi aborder la petite et la grande histoire du laboratoire "Garretto & Codou" et de ce qui s'appelait entre professionnels "la radio dans la radio" (2). Avec un peu de chance Leïla Djitli, productrice à France Culture et ex-Oreille mettra un petit commentaire au bas de ce billet…

(1) France-Inter 1968-1990, 13h d'émissions du samedi 14h au dimanche 19h,
(2) Voir le billet Biblio radio,

TSF 71, 1er février 1971, Intro : Gérard Sire et l'indicatif de M. Colombier

lundi 8 décembre 2014

Où est passée la Recherche…

Pierre Schaeffer


















Dans un très long et très documenté article, Thomas Ferenczi, dresse le tableau de ce qui a procédé à la création de l'Institut national de l'audiovisuel (Ina), mais surtout de ce qui a disparu dans l'éclatement de l'Ortf (Office de radio et télévision française). En effet le "service des archives, de la recherche et de la formation" créé par Pierre Schaeffer a non seulement été ignoré par ceux qui ont voté la fin de la dite Ortf, mais pour ce qui concerne "la formation et la recherche" ces deux entités auront disparu corps et âme dans la logique ultralibérale de Giscard d'Estaing et de son premier ministre Chirac.

Pour les archives est créé l'Ina septième organisme issu de l'ex-l'Ortf. Dans le vent libéral qui suit l'élection présidentielle de mai 1974, un sénateur centriste, André Diligent, veille au grain du service public et défend ce que Pierre Schaeffer a créée au sein de l'Office. Diligent est convaincu "À l’ORTF, il existe un trésor absolument inestimable [les archives, ndlr], unique au monde. Quant au Service de la Recherche, il est tout à fait particulier et jouit d’une réputation mondiale. Il est absolument nécessaire de préserver l’unité de ces services".

Pierre Schaeffer a du mal à "avaler la couleuvre" de ce qui risque de ruiner son travail au sein de l'Office : "L’Office est mort de n’avoir pas su à temps réfléchir sur lui-même ». Et François Billetdoux d'enfoncer le clou « Il est urgent de penser quelque part la radiodiffusion dans son devenir », écrit-il dans Le Monde, à la veille du débat parlementaire. Membre du Haut Conseil de l’Audiovisuel, [il appelle] à la création d’un organisme national « capable d’étudier une politique des technologies nouvelles de communication ». Ce sera l’une des tâches du futur Institut national de l’audiovisuel."

L'état de la situation de 1974 est bien analysée par Ferenczi : "La deuxième raison pour laquelle les activités de recherche sont l’un des enjeux du débat suscité par le projet de loi est la crainte que celui-ci n’ouvre la voie, via la concurrence entre les chaînes, à la course à l’audience, à la tyrannie de la publicité et à la médiocrité des programmes. Face à cette menace, derrière laquelle se profile le spectre de la privatisation, l’ambition culturelle, symbolisée, entre autres, par le Service de la Recherche, est perçue comme un indispensable rempart." Tout est dit, mais pour autant, le "Service de la Recherche" ne reverra jamais le jour. Trop indépendant, trop visionnaire, trop "antilébéral".

Schaeffer écarté c'est vraiment un acte manqué. "Reste à désigner le président du nouvel organisme. Chacun s’attend à la nomination de Pierre Schaeffer. Ce sera Pierre Emmanuel, membre de l’Académie française, écrivain couvert d’honneurs, bon connaisseur de l’audiovisuel.… Les proches de Pierre Schaeffer ne cachent pas leur déception. « Je me suis imaginé deux minutes – mais pas davantage – à la tête de cet institut, dont j’ai tant soutenu la création », dira lui-même Pierre Schaeffer avec un peu d’amertume."

Pourtant, 40 ans après, la recherche en radio c'est "Waterloo morne plaine".  Ou, peut-on considérer comme recherche ce que tente d'impulser les "Nouveaux médias" de Radio France initiés par Joël Ronez qui a quitté le navire en juillet 2014 ? Au-delà de ces nouveaux médias toutes les questions qui se posent : radio filmée, RNT, radio de nuit, archives, radio jeunes n'ont que des réponses ponctuelles et/ou conjoncturelles. 

La vision globale d'un Schaeffer n'est plus portée par personne au sein de Radio France, et la radio publique n'assure plus ses fonctions de recherche. Fonctions qui semblent bien loin des orientations affichées du nouveau Pdg Mathieu Gallet.

Toutes les citations sont extraites de l'article de Ferenczi en lien ci-dessus.


Radioscopie, Pierre Schaeffer, 10 mai 1978


Le Prix Pierre Schaeffer "découvertes" que remet Phonurgia nova le 25 janvier 2015 à la Gaîté Lyrique s'inscrit dans ce sillage, ou ce microsillon.
phonurgia nova awards

vendredi 5 décembre 2014

RTL sur France Culture… (sans les Grosses têtes)

Christopher Baldelli















Christopher Baldelli, président du directoire de RTL, était dimanche dernier l'invité de Soft Power sur France Culture (1). Frédéric Martel l'animateur de l'émission est toujours aussi suffisant et auto-satisfait, que ce soit de ce qui voudrait être de l'humour ou de son impertinence à être hermétique et clivant (2). Cette posture insupportable, à la limite de l'audible, n'a en rien empêché Baldelli de défendre ses convictions pour diriger la "première" radio de France. Les guillemets s'imposant pour ne pas se perdre dans les calculs et les critères établis par Médiamétrie.

Au mot "populaire" Baldelli aime toujours associer "grand public". Il défend "une grande radio, accessible et pédagogique". Lui même très pédagogique pour affirmer ses orientations que cela concerne la RNT (Radio Numérique Terrestre) pour laquelle il résiste à doubler les coûts de production FM/RNT, pour la radio filmée qui est un capteur d'attention et d'incitation à l'écoute via les supports numériques (smartphone, tablettes,…), pour le podcast, technologie de transition au streaming qui serait l'avenir de l'écoute radio.

Le ton de Baldelli est plus soft que celui de sa chaîne sur laquelle les bateleurs sont à leur affaire. Le président du directoire de RTL ne fanfaronne pas plus pour reconnaître que remplacer Bouvard était à faire maintenant et que le choix de Ruquier s'avère être le bon, pour ne pas dire le très bon. Appréciable son fair-play à reconnaître sans barguigner que la matinale de RTL fait jeu égal avec celle de France Inter.

Un bon moment de radio si l'on veut bien sélectivement occulter les interventions intempestives et prétentieuses du "meneur de jeu". Pour être dans la ligne RTL je vous propose avant la (ré)écoute de Christopher Baldelli une interruption "Publipapoucité". 


Les 30 ans des Papous : Publipapoucité par franceculture

Baldelli à 17'25"


(1) Le dimanche à 19h,
(2) Il avait plein la bouche du "schumpétérien" et du "creative destruction"

jeudi 4 décembre 2014

Radio France : … mue dedans

L'agora centrale de la Maison de la Radio - C Abramowitz / Radio France

























Part ouane "… la mue dehors"

Part tou : la guerre des mondes (radiophoniques) n'aura pas lieu

À la Maison de la radio, à Radio France, on pourrait dire maintenant qu'il y a deux mondes. Le monde du visible et le monde de l'invisible. Celui du visible c'est celui accessible à tous "tout le temps", dans des lieux ouverts et circonscrits avec ce qu'il faut d'animation et d'émissions publiques pour se sentir à la radio. Le monde de l'invisible c'est celui des 4600 personnes qui, dans "la ronde", travaillent à la mise en œuvre et à la production d'émissions de radio pour 24h/24 diffuser du son, un peu d'image, du texte (sur les sites web). Sans oublier l'administration de l'ensemble.

Alors à la mue de la peau du bâtiment qui retrouve lustre et brillance d'une première jeunesse quelle mue opère donc à l'intérieur, hors les espaces publics ? Une mue invisible pour le public mais qui ne sera pas sans incidence sur l'évolution des pratiques et des métiers de radio. On a beau demander au nouveau Pdg Mathieu Gallet de reconnaître des voix de radio (9), celui-ci a toujours fait savoir, depuis sa nomination en mars 2014, que son projet était d'ordre managérial et que la fonction éditoriale était dévolue à son "numéro 2 " en la personne de Frédéric Schlesinger.

Les conditions budgétaires continueront à se restreindre pour la radio en 2015. Malgré cela il faudra continuer à développer sa diffusion sur tous les supports numériques, impulser le rajeunissement de ses publics, diminuer les coûts de production et trouver des recettes supplémentaires. Ce qui grossièrement ressemblerait à "faire plus avec moins". Formule à la mode qui ne sera pas sans incidence sur "la fabrique de la radio" et ses effets induits sur ceux qui en sont chargés.

L'auditorium © Architecture studio

















L'audiovisuel dans une boule de cristal : fiction ou réalité augmentée (sic)
Le Pdg de Radio France annonce que France Info pourrait très vite muter en "FranceInfoTV" (10), quand il y a presque un an, dans un moment d'égarement sans doute, le Président de la République suggérait de rapprocher les entreprises de l'audiovisuel public (11). Proposition par sa ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filipetti, ramenée dès le lendemain à "fondre" les sites web de Radio France et de France Télévisions. Et que dire de l'idée très récente du président de l'Assemblée Nationale, Claude Bartolone, de rapprocher les deux chaines parlementaires "Public Sénat" et "LCP - Assemblée nationale" ? Pourquoi surtout avoir créé deux chaînes, et pourquoi, pour pousser le bouchon encore plus loin, ne pas les intégrer à France TV ?  

Pendant ce temps à la télévision publique un petit génie appelé Mosart va très vite mettre "sur la touche" plusieurs métiers de réalisation. Mosart pilote la console son, la console lumière, les caméras, le mélangeur, gère les fonds du décor, envoie les sous-titres... Bref un vrai "homme orchestre" à lui tout seul. Dans le même temps plusieurs audits sont en cours à Radio France pour ce qui concerne les moyens de production (12). Car si un Mosart peut annoncer un prochain requiem on imagine bien un Schoubert massacrer une symphonie (radiophonique) inachevée… Ajoutons à cela la radio filmée et soyons sûr que quelques esprits affûtés ont déjà imaginé faire filmer la radio… par ceux de la TV (13). Last but not least, et voilà un retour annoncé à la case ORTF (14). 

Serait-elle alors si fictionnelle que ça la volonté de la tutelle et du CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) de rationnaliser en mutualisant tous les moyens de production de l'audiovisuel public ? Ce serait alors quarante ans d'errements politique et culturel qu'il conviendrait d'inscrire au patrimoine audiovisuel de la France. Pour en arriver là, on pourrait dire sans se tromper que feu ORTF n'aurait, sans doute, jamais du être dissoute (15).

"Une construction radiophonique" - C Abramowitz / Radio France


















La mue quelle mue ?
Alors, à la belle apparence et à l'accueil qu'offre aux auditeurs et aux spectateurs la "nouvelle" Maison de la radio, doit s'ajouter une mue intérieure qui aura plus de mal à opérer. Plus diffuse, plus incidieuse et plus structurelle et pourtant déjà à l'œuvre. Mais qui, beaucoup plus qu'une évolution technique, s'annonce comme une révolution culturelle et sociale avec des bouleversements beaucoup plus visibles, et à terme audibles, que ceux qui se jouent dans l'agora ou dans la "rue centrale" de la Maison de la Radio. Ces bouleversements-là pourtant, pas sûr qu'ils soient immédiatement audibles sur l'une ou l'autre des "huit" chaînes du groupe Radio France. Pourtant n'est-ce pas une lame de fond qui s'apprête à déferler sur la radio publique ?

Ajout du 9 décembre
«Il va y avoir des choix structurants à faire», déclare Mathieu Gallet (16)  "Il faut se poser une question, lance-t-il. Si on partait de zéro, quel groupe de radio publique composerait-on ?" Une question faisant écho à celles listées par M. Leleux [Rapporteur du Sénat] dans son rapport : "Faut-il fusionner des antennes ? Faut-il ne garder qu’un seul orchestre au lieu des deux actuellement ? Faut-il engager un plan de départs volontaires ?"
(9) Émission télévisée, "Le petit Journal", Canal + du 19 novembre 2014 et l'article de Schneiderman dans Libé. Barthès fait du Bourdin et c'est pathétique !
(10) Quand France Télévisions réfléchit à une chaine d'info sur le web, voir aussi Le Figaro,
(11) À l'occasion du cinquantenaire de la Maison de la radio le 14 décembre 2013,
(12) Ceux du documentaire, comme ceux des émissions hors studio,

(13) Voir par exemple l'épisode de "Micros et caméras" sur mon billet d'hier,
(14) Office de Radio et Télévision Française, créé en 1964 en lieu et place de la RTF (Radio Télévision Française) et dissout en 1974 pour laisser place à 7 sociétés distinctes dont Radio France et ce qui deviendra l'Institut national de l'audiovisuel (Ina),
(15) On se souviendra des zélotes conseillers de Giscard d'Estaing, Président de la République, qui dès 1974 firent tout pour casser le service public et de fait le fragiliser,

(16) in "Mathieu Gallet veut préparer Radio France à des "choix structurants", Alexis Delcambre, Lemonde.fr, 9 décembre 2014 

mercredi 3 décembre 2014

Radio France : mue dehors…





























Part ouane
Ça y est la mue de la Maison de la radio est effectuée (1). Ce très beau bâtiment qu'Henry Bernard a dessiné au début des années 50 s'est fait un lifting après un chantier interminable commencé en 2003 dans les frayeurs de l'après "11 septembre 2001". Aux considérations de sécurité s'est ajoutée celle de rendre accessible la Maison de la radio au public. Au-delà des studios habituels réservés aux concerts et aux émissions publiques, il s'agissait d'offrir des lieux ouverts pour susciter l'envie de venir voir la radio en train de se faire… ou presqueCe n'est pas la première fois que le public est sollicité. Dès 1963, les Parisiens sont inviter à venir quai de Passy (2) assister le dimanche à différentes animations (3). 

"Entrée libre à l'ORTF", 30 octobre 1965,


Si les studios 102 et 103 ont été démolis pour faire place à l'auditorium, le 104 a été rénové (4). Le grand hall, dépoussièré de ses "scories" qui s'étaient empilées depuis l'ouverture en 1963, a retrouvé de sa superbe et de sa lumière. Il est dorénavant apte à accueillir de grandes manifestations culturelles (5).




Le 104, à la place de l'orgue, le gradin des choeurs a été installé.
(© Radio France/Christophe Abramowitz)



















La particularité des modifications architecturales proposées et réalisées aujourd'hui par l'Agence "Architecture studio" tient surtout dans le pari de faire "traverser" au public la Maison, de part en part (6), en passant par un Agora spacieux et convivial. Lieu qui, comme son nom l'indique, pourra accueillir en alternance des émissions en public des 7 chaines du groupe Radio France, des animations, et un atelier radio sous forme de mini-studio.

Voilà donc la Maison de la Radio parée de tous les attributs propres à accueillir dignement le public et lui (re)donner une image de marque… d'ouverture au monde, à tout le monde. Pourtant, il y a peu, les mauvaises langues pouvaient encore dire que cette Maison vivait en "circuit fermé" dans les 500 mètres de sa circonférence, de ses dix étages et de sa tour de 68m.




Dès le 14 novembre le public a répondu présent et ce sont plus de 25 000 personnes qui sont venues assister à des concerts, déambuler dans l'agora, voir se faire des émissions et à profiter de l'acoustique du nouvel auditorium. Mais ces événements sont-ils (de) la radio, font-ils la radio ? Certains visiteurs plutôt satisfaits de ce qu'ils ont vu et entendu s'attendaient "à voir en vrai" productrices et producteurs (7) qu'ils ont l'habitude d'écouter dans leur récepteur radiophonique. Peut-on imaginer, en rang d'oignons ou installés autour de petites tables de l'agora, la rencontre "non stop" de ceux à qui on aimerait dire tout le bien ou le mal qu'on pense de ce qu'ils-elles produisent à la radio ?

En proposant différentes animations culturelles gratuites dans la Maison de la radio il s'agit bien de créer des habitudes de "fréquentation" pour que l'Auditorium (8) et le 104 fassent dorénavant partie des lieux qui comptent à Paris. Les concerts de ces salles de prestige étant la plupart du temps payant.

La question qu'il reste à se poser est la suivante : "Pourquoi la radio a-t-elle, en plus de ses antennes, autant besoin de s'auto-promouvoir ?" Le faire en ce lieu "culturel et médiatique" cela ne ressemblerait-il pas à ce qui pourrait s'apparenter à la 8ème chaîne de Radio France comme me le suggérait un producteur, (qui a souhaité garder l'anonymat), très fin observateur des us et coutumes du pouvoir et des médias ? 

Demain la suite "Radio France : 
mue dedans ou la guerre des mondes n'aura pas lieu"

(1) Sise 116, avenue du Président Kennedy, 75016 Paris. (Ré)ouverture au public depuis le 14 novembre 2014,
(2) L'ancienne dénomination de la voie longeant la Maison de la Radio,
(3) "Entrée libre à l'ORTF" 1965-1967, à partir de 9h le dimanche. Proposée par Roland Dhordain et imaginé par le duo Jean Garretto et Pierre Codou. Suite au succès de l'opération et à l'affluence du public la Préfecture de police ordonnera en janvier 1967, pour des raisons de sécurité, l'arrêt pur et simple de ces animations dominicales,

(4) "Le studio 104, considéré comme la salle mythique de Radio France, a accueilli de nombreux concerts prestigieux de musique classique et contemporaine mais aussi de musique actuelle: Robert Plant, Eric Clapton, Sting, Carlos Santana ou encore Norah Jones. Le studio est donc capable d'accueillir aussi bien de la musique amplifiée qu'acoustique. Les parois en "pointe de diamants"  installées sur les côtés de la scène ont été rénovées, elle permettent de "casser" le son lors des concerts de rock, par exemple." (source : le site de France Musique)

(5) Le quatrième Salon du Livre de Radio France qui vient de se tenir les 28, 29 et 30 novembre,
(6) Pour former une "rue" de la porte A (en front de Seine) jusqu'à - à terme -, la porte D (Rue Raynouard).
(7) Et d'autres professionnels dont ils entendent les noms dans les désannonces des émissions,
(8) Dans lequel se produiront en priorité les quatre formations "Maison" : l'Orchestre national de France, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, le Chœur de Radio France et la Maîtrise. 

mardi 2 décembre 2014

Archives, mémoire et émotions…

La journée d'études du 28 novembre aux Archives Nationales








Hier matin Catherine Le Hénan, documentariste, nous informait avec tact et délicatesse que sa grand-mère Bernadette fêtait ses 90 ans. En 2012 elle avait produit "Bernadette et Anaïs" un documentaire sur une Bretagne qui disparaît… Je l'ai immédiatement réécouté et ai été aussi ému qu'à ma première écoute. L'histoire simple de ces femmes de Bretagne ne doit pas non plus disparaître dans les arcanes de l'Ina ou dans les fonds abyssaux de notre podcastête (sic). 




Dans le flux phénoménal d'images, de sons, d'actus et d'événements plus importants les uns que les autres une chaîne d'archives audio permettrait de revenir à l'essentiel, aux essentiels. Pourquoi les archives ne disposeraient-elles que d'une part de diffusion congrue à la radio ? Alors que le public apprécie de réécouter ce qu'il a quelquefois un peu vite oublié. Un documentaire en chassant un autre…

Que dire alors d'une émission de Claude Mourthé diffusée le 11 août 1990 pour les vingt ans de la mort de Jean Giono, le 8 octobre 1970 (1) ? Cinq heures d'émission un samedi après-midi d'été juste avant l'heure de la sieste (2). À l'époque, malgré ma passion pour l'écrivain, malgré ma lecture assidue des programmes radio, je n'ai ni écouté en direct, ni enregistré. Diantre ! Et me voilà avec ces cinq heures de pur plaisir à écouter.



Pour l'instant je commence par petits morceaux d'une heure minimum. Au soir. Au calme. Sans rien faire d'autre que d'écouter. Et si cette "Web-radio Archives" existait composerait-elle un programme rythmé par le jour ou par la nuit ? Par les saisons ? Par des journées thématiques ? Ou chacun piocherait-il dans un tonneau des Danaïdes ? Et comment organiser son écoute quotidienne entre les flux des "radios du jour" et cette part d'archives ?

Avec ces questions je remets une fois encore le couvert d'une utopie qui court les ondes de ce blog et qui sans doute anime les auditeurs des "Nuits" de France Culture sensibles au patrimoine radiophonique.

(1) Et rediffusée le 10 novembre 2014 dans "Les Nuits" sur France Culture,
(2) 13h30/18h30,

lundi 1 décembre 2014

Le 19 neuf de Libéradio… entre les lignes

Jean-Paul Sartre… 1968 ou 1970 (1)



























Jean-Sol Partre (2) s'il avait été dispo samedi dernier serait venu, sans doute avec un peu de happening, inaugurer Libéradio et le nouveau "set" d'infos qui va mettre en ondes les choix éditoriaux de Libération du lundi au vendredi à 19h. Décidément il y a du neuf avec les nombres en neuf (3).

J'étais devant de mon écran samedi et je commençais à rédiger le billet que vous êtes en train de lire. Après le web et la RNT à Panam', Libéradio passe à l'étape "contenu". Musique et Nouvelles (sic). "Malgré un processus peu orthodoxe" comme le constatait Thierry Voyer samedi soir sur Twitter (4) Libéradio souhaite prendre une place, sa place dans le prime-time radio. Pour la première il est en effet assez surprenant d'entendre une seule voix, Florent Chatain, le coordonateur du projet, alterner entre interviews (5) et morceaux de musique dans leur intégralité mais sans désannonce (6).

Cela ressemble encore, dans le ton, à ce qui était "testé" depuis juillet sur le web à 21h, une présentation audio du déroulé du journal du lendemain. "Quel est le pari éditorial de ce projet ?" c'est ce que nous avons voulu demander ce matin à Florent Chatain.

(1) Si c'est en 1968 c'est pendant les "événements", si c'est en 1970 c'est pendant le procès Geismar (Alain), mais là il était juché sur un baril d'huile de vidange devant les usines Renault de Billancourt. Peu de chance qu'Éric Schulthess (ex-RMC) reconnaisse le journaliste de RMC, à gauche sur la photo, mais bon peut-être qu'une lectrice ou un lecteur ?

(2) "L'écume des jours" Boris Vian. Rappel Jean-Paul Sartre a été le fondateur de "Libération" qui perdure aujourd'hui, pas du Libération de d'Astier de la Vigerie,
(3) Le 21 janvier 2015, sur le web, Daniel Mermet proposera un 7/9 neuf,
(4) Directeur de Radio Neo, 95,2 en FM à Paris et en streaming sur le web,
(5) Pour la première : Pierre Fraidenraich directeur de la holding qui contrôle Libé, l'inévitable Laurent Joffrin qui dirige le journal et Alain Souchon et Laurent Voulzy parrains de Libéradio,
(6) Il a fallu de nombreuses années à Pierre Bouteiller pour que dans ses émissions matinales de France Inter, son magazine "Embouteillages" par exemple, il consente à désannoncer les titres des musiques qu'il diffusait à l'antenne.

L'interview de Florent Chatain, ci-dessous, a eu lieu aujourd'hui par téléphone.












Radio Fañch : Pour prendre l'antenne ce soir à 19h, quel dispositif avez-vous choisi ?
Florent Chatain : Reprendre les bases de ce que nous avons fait sur le net depuis juillet et en faire une émission de radio. Sans excès de prétention j'aimerais proposer un mix de "C' dans l'air" et "28'" avec les plumes de Libé. Que l'on hésite pas à casser le conducteur de l'émission. Je veux dans cette émission de 19h à 20h prendre le temps et réfléchir aux questions du moment. J'accepte aussi le "bordel organisé" tout en étant le garant du début à l'heure et de la fin dans les mêmes conditions. Je veux m'appuyer sur les codes de la radio et en même temps les casser s'il y a lieu.

R.F. : Vous avez forcément prévu un temps de rodage ?
F.C. : Bien sûr. Les choses vont s'installer au fur et à mesure. Je souhaite que les journalistes du journal aient des envies, des réflexes et qu'au fur à mesure ils fonctionnent avec Libéradio. J'ai un fort degré d'exigence pour notre radio. Les journalistes de Libé ont une pertinence qui peut valoir celle des journalistes qui sont sur les généralistes. 

R.F. : Pourquoi ce choix du 19h alors qu'en juillet vous évoquiez une matinale ?
F.C. : J'ai milité pour une matinale mais cela n'a pas été retenu par les dirigeants du journal. Ils pensent que la consommation [de l'émission, NDLR] sera plus numérique et que pour commencer le 19h devrait être plus propice. Une fois l'émission terminée nous la découpons pour la mettre "immédiatement" en ligne sur le site de Libé.

R.F. : Comment allez-vous faire pour inciter les lecteurs et les internautes pour être au rendez-vous chaque soir ?
F.C. : La radio est un média de l'habitude. On part de rien. Je veux créer une équipe mais ça va prendre du temps. Je souhaite que les personnalités qui interviendront à l'antenne donnent envie aux auditeurs d'y revenir. Je souhaite créer cette fidélité à l'antenne par une personnalité dont on appréciera les propos et la voix qui ne manquera ni de sourire, ni de clins d'œil ni d'impertinence. 

R.F. : Quel sera le menu de votre quotidienne ?
F.C. : Sa construction va évoluer au fur et à mesure, mais bien sûr je vais m'appuyer sur les sujets traités par la rédaction de Libé. Je dispose d'une équipe de journalistes qui  sera chargée, en amont de l'émission, d'interviewer les rédacteurs des sujets traités dans le journal du lendemain. Nous essayerons aussi d'avoir un direct au téléphone avec un ou une contributrice d'une idée développée dans la page "Rebonds". Très vite j'aimerais qu'on associe "Une plume, une voix". C'est le projet de mettre en valeur le potentiel de la rédaction de Libération au service de Libéradio.

Ajout du 4 décembre 2014
À la Une, limogeage d'A. Conte Pdg de l'ORTF et… LIP
















À juste titre Klervi Le Cozic, journaliste à RCF, me fait remarquer que "Mettre en valeur le contenu papier de Libération exige que le format papier… survive". On trouvera un dossier complet sur la situation à Libé fait par Arte.