mercredi 15 mars 2017

Braqueurs… François (1/3)


















"Qu'est-ce qui lui arrive au Fañch ? Hier sur Phaune, aujourd'hui sur arte radio ?" Sur arte radio c'est loin d'être la première fois. Après écoute du teaser "Braqueurs", j'ai tout de suite voulu découvrir la série entière (1). Avec une urgence sensuelle d'écoute. Une urgence comme si j'avais l'intuition que je serais scotché ou désemparé. Et que, peut-être, sûrement, je n'avais jamais entendu ça. Écouter d'urgence pour vous en parler avant la mise en ligne aujourd'hui (2). Ce qui fût fait! 


On embarque avec François. On est tout suite avec lui. Pendu à ses lèvres. Il parle clair, net, calme. N'a pas l'air d'une "petite frappe". Mais d'un garçon plutôt raisonné et raisonnant. Pas raisonnable. Il évoque ses origines. Famille solide. Aisée. Les stéréotypes volent en éclat. On n'est ni dans le polar en noir et blanc cinoche des années 50, ni avec le bandit "engagé" à la Mesrine. François parle froidement de son accession au grand banditisme. Comme on entre dans les ordres étape par étape. Formé sur le terrain de… convoyeur de fonds. François raconte des coups, mais aussi des aventures avec un détachement propre au "métier".


Pascal Pascariello présente sa série : "En tant que journaliste, ce qui m’intéresse particulièrement c’est de provoquer la parole de ceux qui préfèrent l’ombre à la lumière. Faire tomber les non-dits pour interpeller l’auditeur. Originaire de Marseille, j’ai pu constater la publicité complaisante dont jouit le grand banditisme. « Nous, on a un code de l’honneur », m’expliquait un ancien du Milieu. Argument discutable… Pour cette série, j’ai souhaité explorer l’envers du décor, bousculer cet enthousiasme fantasmé, en allant questionner des auteurs de braquages, branche « noble » et admirée de la grande criminalité."

Ç'aurait pu être une fiction. Ce sont de "divers faits". Avec tous les ingrédients du genre. Et même l'ex-braqueur (le complice de François) devenu banquier. Ça ça passerait mal au ciné tellement c'est invraisemblable. Et pourtant c'est réel ! François raconte bien. Sans jouer, il est captivant. Et joue le jeu de l'interview et du récit. Il va même plus loin. Il analyse et reconnaÎt qu'un rien, "si on avait effacé l'ardoise" aurait pu le faire repartir du bon pied".

François considère son "activité" comme un travail. Décrit minutieusement les étapes et les points de blocage. On se prend à se pincer. Cette mécanique implacable appliquée avec sérieux et méthode rend perplexe. Tout juste si François n'annonce pas, bravache, vouloir créer "L'école du braquage" ! François : "Quand on dit "action" tout est au ralenti". Un film. Comme un film. Sans la pellicule. Sans trucage. One shot !

"Après le "feu" (de l'action), si tout s'est bien passé, il y a une jouissance proche de l'orgasme". La méthodologie de François est à l'œuvre, jusqu'au point de "non retour" ou au point sublime. Dépenser (sans changer de train de vie). Et mieux tenter la morale : "La cavale, c'est l'école du civisme" (sic). Une autre morale. La sienne. La leur.

J'ai beaucoup de mal à dire l'état dans lequel je me trouve après cette écoute. Fasciné par le "process" du braquage. Établi, modélisé, formalisé. Perplexe sur sa reproduction "soft". François semble particulièrement détaché. Exclusivement préoccupé d'une réussite à des fins personnelles pour laquelle il pousse très loin une progression au cordeau.

Puis il racontera sa mue… Fascinante et (in)vraisemblable. Pascal Pascariello a réussi un documentaire magistral, par son épure et sa vérité brutale.






(1) Une série documentaire de Pascale Pascariello (11 x 15 min), réalisée par Sara Monimart, qui paraîtra sur trois semaines consécutives,
(2) Si seulement on pouvait entrer dans une seule bécane tous les podcasts et/ou soundcloud pour y piocher à l'envi sa propre sélection… C'est dans l'air, patience !
Mercredi prochain : Mikki

5 commentaires:

  1. Merci pour ces belles prescriptions d'écoute.
    En fait, à propos du (2), des logiciels comme Podcast Addict sur un mobile (Android), ITunes sur Mac ou MusicBee sur Windows permettent déjà de s'abonner à des tonnes de podcasts par un catalogue tout prêt et d'y piocher... à mon envi en tout cas :)
    Et notez que la page de podcast d'Arte Radio a un petit problème technique (en gros, une page en HTTPS qui n'est pas sécurisée malgré le S de HTTPS ;)) qui fait que certains lecteurs de podcasts ne ramènent plus rien depuis le 22 février dernier (j'en ai averti l'équipe).

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    1. Salut et merci,
      Je parle d'une plateforme où nous entrerons nos sélections et only nos sélections et qu'on les programmera jour/jour ! C'est en bêta, ça va sortir ! J'en parlerai ;-)

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  2. Qu'est-ce qui lui arrive au Fañch,à peine le 15 mars et déjà plus de 10 billets ? :) Tu reprends ton rythme d'avant-2015, tes lecteurs sont ravis !
    J'attends avec impatience cette plateforme magique qui permettra de réunir tous les podcasts car l'appli Arte Radio n'est pour l'instant pas très ergonomique, et je n'ai pas le réflexe de soundcloud... Quand est-ce que tu nous en dit plus ?

    Céline

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    1. Salut Céline,
      J'suis H.S., Panam', les archives, les ITV, les sons ! Dormir ;-) Je réponds à ton point de vue pertinent d'ici dimanche !

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    2. Bonjour Céline,
      Rythme ? En début de saison (août) je pars avec une idée : j'écoute moins la radio, j'ai envie de lever un peu le pied, j'ajouterai un billet hebdo "si besoin". Ça c'est la théorie. Je vais donc publier 2 x semaine. Et puis arriva ce qui arriva. Une bonne émission à chroniquer. Une mauvaise. Un "fait divers" concernant le média. Et tout le toutim. Et puis j'aime aussi me laisser surprendre !
      Et là j'ai été surpris par la mort d'Averty et de Bouteiller. J'essaye d'apporter qq éléments aux concerts de louange. L'auditeur ça lui faisait quoi ces bonhommes typés à la radio ?
      Voilà donc qu'effectivement le compteur galope, et qu'il n'est pas question que je passe à côté de ce qui fait la radio. Et j'ai quatre livres à lire en vue d'être chroniqués.

      J'envisage sérieusement d'embaucher… ma main gauche et un autre cerveau ! Voilà Céline. Quant à la plateforme j'attends que son concepteur fasse signe !
      Merci pour ta lecture attentive et (à suivre)

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