mercredi 1 juillet 2026

Jean-Marie Pelt : de la fraîcheur avant toute chose… à la radio

La fraîcheur, mais comment faire passer ça à la radio ? Avec du gingin sûrement, une très haute idée du rythme, l'absence de corset et surtout la volonté farouche de surprendre l'auditeur. Un art. Un art radiophonique même. Désigné pour une telle alchimie, Jean Garretto (Directeur des programmes d'Inter, 1983-1989) qui depuis les temps héroïques de l'ORTF (version radio) avait donné les gages nécessaires pour que Jean-Noël Jeanneney (Pdg de Radio France, 1982-1986) n'hésite pas une seconde à lui confier les rênes du fleuron de la radio publique, France Inter soi-même. Et là patatrac, Garretto bouscule tout, renverse la table et innove comme il avait su le faire avec son complice Pierre Codou, en créant en 1968, TSF (puis dès 1971, l'Oreille en coin jusqu'en juillet 1990). La grille de Garretto n'avait rien d'attendu quand tout était fait pour être bien entendu (1)…

À droite J.M. Pelt, accompagné
de Denis Cheissoux (Co2, mon amour)

















Dans ces temps où la semaine dernière le Finistère se croyait être au Sahara (le sable en moins) m'est venue dans l'oreille, comme une comète, la voix de Jean-Marie-Pelt et celle de sa meilleure complice Noëlle Breham (2). À 17h45 sur France Inter, le 1er avril 1985, Jean-Marie Pelt s'embarque dans ses "Histoires de plantes". La surprise est totale car la sacro-sainte heure de diffusion (de teure à teure) est balayée (3). Pelt en plus d'être biologiste est un formidable conteur. Cette respiration de l'après-midi est un enchantement car au-delà de nous plonger dans la nature elle nous plonge dans le rêve. Ce fameux rêve que Pierre Wiehn évoquait il y a quelques années à la Scam.

Ces notes de fraîcheur et d'humanité faisaient un bien fou. Elles donnaient souvent à réfléchir, à sourire et à se laisser porter par le flux radiophonique. Des petites pastilles de fraîcheur (avec ou sans canicule) où on était un peu plus "savant" après qu'avant. C'était ça tout le génie de Garretto, subtilement "caser" de courtes séances parmi de plus longues. Le tout en rythme. Qui a fait ça depuis ? Les directrices et directeurs de programmes se calent, au chaud, d'heure en heure, sans rien oser, sans rien inventer. Et puis fléau suprême ça pourrait augmenter la masse salariale. Solution à efficacité immédiate : qu'on vire les trois quarts de l'armée mexicaine de cadres (4). Car aujourd'hui un podcast une émission d'une heure est quelquefois beaucoup trop longue et ne parlons pas de celles de deux heures qui finissent par être inaudibles ("Zoom zoom zen").

On regrette vraiment le talent et la voix de Jean-Marie Pelt comme aussi celle de sa si tonique accompagnatrice, Noëlle Breham.  

(1) Pour la rentrée 1997 sur France Inter (Direction Jacques Santamaria), Michel Grégoire anime de 14h à 16h "Bien entendu" qui durera deux saisons,
(2) Noëlle rythmait la deuxième partie de l'après-midi de 16h30 à 19h (ou peut-être jusqu'à 18h), sur France Inter, 1983-1987,

(3) Garretto avait inventé "Les pleins et les déliés", un menu, tous les après-midi, où on pouvait picorer des émissions courtes, de émissions plus longues, le tout encadré depuis 13:30 par un ou une animatrice et dès 16:30, longtemps par Noëlle Breham,
(4) Qui n'existait pas du temps de Garretto, 

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