vendredi 28 février 2025

Yann Paranthoën… vingt ans dans les nuages !

Il y a vingt ans, jour pour jour, disparaissait celui qui, Nagra en bandoulière, se nommait lui-même "tailleur de sons" par filiation avec son père tailleur de pierres de l'Île Grande (22).Yann Paranthoën (1935-2005) sera toute la nuit de samedi à dimanche sur France Culture, un programme proposé par Albane Penaranda, productrice des "Nuits". On va retrouver des choses connues et d'autres moins. On va surtout être immergé dans des univers soniques suffisamment singuliers, suffisamment sensibles pour y prêter, à la faveur de la nuit, une oreille attentive…

Les Roches-Douvres
Entre les îles de Bréhat
et Guernesey, dans la Manche.













D'entrée il faut saluer Claude Giovannetti qui, sans relâche, l'a accompagné dans de nombreuses réalisations sonores, même si le personnage cumulait les fonctions de producteur, réalisateur, opérateur du son, monteur et j'en passe quelques autres. La nuit s'ouvre avec "La matière sonore dans l'atelier de la sculptrice Irène Zack. "Dans cette brève rencontre radiophonique captée pour "Clair de nuit", à travers un montage de sons enregistrés par un magnétophone Nagra, la sculptrice de marbre Irène Zack et le sculpteur de sons Yann Paranthoën posent des mots sur leurs manières d'aborder la matière qu'ils travaillent. Couleur, toucher, sensualité… en conclusion c'est finalement au compositeur Christian Zanési de parler du "style Paranthoën". (1)

Puis on fera escale dans "Le phare des Roches-Douvres" (Prix Paul Gilson, 1998). Là, Paranthoën est à son affaire. Le vent, la mer, les gardiens (et leurs femmes aussi) et j'aurais pu ajouter le granit du bâtiment… Et je crois bien entendre Giovannetti qui en ouverture traduit par la parole les initiales R.D. (Roches-Douvres)en morse. Point trait point/Trait point point… Ce jour-là, tous les deux-cent-cinquante gardiens de phare en France sont en grève (contre l'automatisation). Alors quand comme moi, on habite tout près du Phare du Four (29) on n'a pas oublié la corne de brume nuit et jour pendant le conflit. Comme souvent chez Paranthoën une humanité sensible suinte entre les mots et les sons…

On le retrouvera chez Eliane Contini pour une "Mise au point". Et puis, grand compagnon des chasseurs de son, le Nagra, donnera à Paranthoën l'occasion d'un long documentaire "On Nagra" avec, entre autres, le témoignage de Stefan Kudelski, l'inventeur du magnétophone. En 2013, j'avais chroniqué ce doc. Puis, on se promènera le long des voies de chemin de fer entre la gare d'Austerlitz et la gare RER d'Yvry-sur-Seine, "Z comme Zéphir".

Stefan Kudelski

Et un double coup d'émotion avec la rediffusion de "La mémoire en chantant" de Yann, l'émission du samedi matin sur France Culture de François Régis Barbry. Sur les deux taiseux il y en a bien un qui a fini par parler et Patachou par… chanter ! Et pour un final en apothéose le Paris-Roubaix 1981, qui vit la victoire de Bernard Hinault et le jour même la naissance de son fils Alexandre. Un ACR (Atelier de Création Radiophonique) comme un hommage à la petite reine et sans doute au… "petit roi de la bicyclette".

Quelle nuit, mais quelle nuit ! Il y avait bien trop longtemps que Paranthoën avait déserté les ondes de la nuit (ou du jour) pour les rediffusions de son travail. Et ce qu'il est agréable de lire sur la page de l'émission : "Une Nuit d'hommage à Yann Paranthoën qui aura son prolongement dans la programmation des Nuits des semaines et des mois à venir où seront proposées plusieurs de ses productions." Alors là ça fait vraiment plaisir. Merci à Albane Penaranda de remettre sur le métier le fabuleux travail de "l'inseigneur du son" et de sa compagne Claude Giovannetti.

© AFP








(1) Sur la page de la Nuit Paranthoën,

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