samedi 10 décembre 2011

Le roman de Dhordain…

© Courrier picard

Dans ce livre publié en 1983 (1) j'ai pu retisser la toile de l'aventure radio, particulièrement parce que Dhordain lie les hommes, les étapes et les situations comme s'il s'agissait d'une grande famille qui se disperse au fur et à mesure des années (2). Les anecdotes sont sympas mais je suis resté sur ma faim à deux occasions :
• l'absence presque totale des femmes et leur histoire au sein du média, même si à une ou deux reprises il cite Agathe Mella (directrice d'Inter et de Culture), Annick Beauchamp (Madame Inter), Jacqueline Baudrier (1er Pdg de Radio France), Ménie Grégoire, Anne Gaillard. Mais ce, sans jamais s'étendre ni mettre en avant leur parcours. Il fait l'impasse totale sur Kriss (L'oreille en coin, Fip), sur les animatrices de cette Oreille (David, Monchicourt, Djitli, Jacques,…) et autres Bréham, Vincent, Béranger etc. Dommage car non seulement il a travaillé avec elles en tant que producteur, mais a participé peu ou prou à leur embauche en tant que directeur !!!

• la très courte histoire de la création d'Inter et de ses premières années (moins de trente pages sur un livre qui en compte deux cent trente), l'impasse totale sur l'Oreille en coin et l'invention d'une "radio dans la radio", rien sur l'installation en 1963 à la Maison de la radio, très peu de choses sur Musique et Culture.

On dirait que le livre a été écrit à la hâte, avec une mémoire personnelle vive, des notes synthétiques un peu trop synthétiques, des enchaînements qui manquent de liant, et une "conclusion" qui nous fait tomber très abruptement de la montagne (3), car l'auteur ne nous propose ni conclusion, ni mise en perspective, ni fin personnelle.

Avec un parcours extraordinaire, riche et varié, ayant pu appréhender toutes les facettes de la radio, Roland Dhordain reste relativement humble. Il aura pour longtemps mis sa patte sur le "principe" France Inter. Je regrette qu'en sa qualité il n'ait pas su ou pas pu prendre le temps de nous en dire plus. À lire quand même absolument en hommage à celui, disparu il y a juste un an, qui a tant fait pour la radio "moderne". Il a su sortir "la radio officielle d'État" de sa gangue administrative, et faire rivaliser sans complexe, France Inter avec RTL, Europe1 et RMC.

(1) Le roman de la radio, La Table ronde,
(2) On appréhende bien l'Histoire jusqu'à ce que, Loi Fillioud aidant, le monopole explose entraînant l'histoire serrée dans un labyrinthe gigantesque et sans fin,
(3) En tant que directeur de "Radio Mont-Blanc".

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