vendredi 6 février 2026

Radio France : Hyper Bazar Festival (et pas que le week-end)…

Ce que d'aucuns (les médias) appellent déjà le mercato radio, avant échéances électorales à Radio France, ou  d'autres un jeu  (pitoyable) de chaises musicales ressemble beaucoup plus au "Mécano de la Générale". Changer les directeurs de trois chaînes ce n'est plus un mercato mais plutôt l'effet domino suite au départ de la Directrice de France Inter, Adèle Van Reeth. Quant aux chaises musicales commençons par noter que la chaine musicale de Radio France, France Musique, ne fait pas partie du jeu, alors que…
















L'effet domino, part ouane
Ce serait le départ de Philippe Corbé (Directeur de l'information à France Inter) qui aurait provoqué celui de Van Reeth. Le staff de Radio France sait bien mal raconter les histoires. Les annonces du jeudi 5 février sont sûrement le résultat d'un processus engagé depuis le début de l'année pour ne pas dire de la fin de l'année dernière et, à priori, Corbé ne serait pas le seul déclencheur. Le malaise persistant à France Inter, la défiance du personnel vis à vis de la directrice, la valse des postes stratégiques (directeur de l'info, directeur des programmes, départ de Salamé, absence de Demorand + l'affaire Legrand-Cohen) peut s'apparenter assez facilement à l'expression "la coupe est pleine" et son corolaire "la messe est dite". On se demande toujours pourquoi la productrice d'une émission de philo sur France Culture aurait pu avoir les qualités requises pour être directrice d'une chaine généraliste de radio publique ? Hein pourquoi ? Au-delà de supputations hasardeuses, on doit dire que c'était un mauvais choix et que ce choix ayant été décidé par Madame Veil, Pédégère de Radio France, l'échec de Van Reeth est presque moins grave que l'échec patent de Veil.

L'effet domino, part tou
Les conciliabules du staff auxquelles serait associé Vincent Meslet (le-prétendu-n°2- qui- ne- dit-mot-consent) aboutissent à un jeu pathétique qui ressemble beaucoup à une fin de règne ou a la bérézina poussée à son max. Dans cette ambiance "élection d'un nouveau pape", quelqu'un d'avisé sort du chapeau Céline Pigalle (Directrice d'ICI ET Directrice de l'information à Radio France). Vendu ! Qui alors pour diriger ICI ? Monsieur Yoyo, pardi, alias Laurent Guimier ! Celui-là qui un coup joue dans le privé (Europe 1), un coup dans le public (France Info radio), un coup dans le privé (CMA Média), un coup dans le public (Direction d'ICI). Girouette donc et opportunisme de carrière de haut vol.

Qui pourrait croire qu'en plein milieu de saison il s'agirait juste de remplacer Van Reeth. Les naïfs sûrement. Derrière ce jeu de dupes de chaises musicales et ce faux-nez magistral se joue une partition beaucoup plus musclée qui ressemble à s'y méprendre à une mise au pas sévère avant le grand soir de l'élection présidentielle d'avril 2027. On ajoutera à ça la tétanie provoquée par la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public (Assemblée nationale) dont le rapporteur, M. Alloncle, semble bien décidé à mettre au pas (ou au trépas) l'audiovisuel public.

L'effet domino, part tri
Avant se jouait au théâtre "un fauteuil pour deux", à Radio France c'est "un pour deux fauteuils". Pigalle : Directrice d'Inter et de l'Information de la chaîne (puisqu'il n'y a plus de directeur, Corbé parti à France TV). Agnès Vahramian, Directrice de France Info radio va cumuler avec la direction de l'information de Radio France (1). Guimier reste comme deux ronds de flan, un seul fauteuil ou plutôt un strapontin, à moins que dans quelques temps une formidable fusion interne ne lui permette à lui aussi d'avoir "le cul entre deux chaises" ! En attendant le petit génie va peut-être inventer l'eau tiède en fusionnant France Info radio et France info TV cette dernière qu'il avait participé à créer à la demande du Prince (Hollande).

La farce que joue Veil à faire accroire qu'il s'agit de mettre en place un dispositif imparable pour la présidentielle ressemble plutôt à prévenir les effets collatéraux du bouleversement audiovisuel à venir (un tsunami qui sait ?). "Discrètement" réduire la voilure financière en commençant à effacer des postes de directeurs qui se superposent à d'autres postes de directeurs ou de responsables (effet soporifique face à l'armée mexicaine de cadres qui grenouille à Radio France).

À ce jeu des doubles fonctions, Delphine Ernotte-Cunci, Pédégère de France Télévisions pourrait se voir proposer la Direction de Radio France. Ballon d'essai avant la holding, elle-même avant la fusion, elle même juste avant … l'extinction. Les temps sont durs, très durs même. Insidieusement et ouvertement des brèches se sont ouvertes pour torpiller l'audiovisuel public. C'est un très mauvais signe pour la démocratie et plus encore un très mauvais présage pour la radio publique.

(1) Rappelons-le à tous les médias, Radio France n'est pas un groupe mais une Société.