jeudi 26 janvier 2023

Le sol s’effondre à Radio France, Sandrine Treiner quitte le navire…

J'étais assez tenté par "Treiner s'effondre à Radio France, le sol quitte le navire". Les deux événement sont concomitants mais pas liés(1). Alors que Treiner revendique d'avoir recruté de nombreuses femmes à différents postes de la chaîne de production, ce sont aussi des femmes (et des hommes) qui ont pu souffrir de son management. Quelques sirènes évoquent (et Treiner elle-même) qu'il est difficile de "gérer une chaîne quand on est une femme". C'te blague ! Je rappellerai ci-dessous les femmes qui ont géré des chaînes de radios publiques depuis le milieu des années 50. Madame Treiner elle-même a dirigé France Culture de 2015 à début 2023. Huit ans donc. Difficile de gérer une chaîne quand on est une femme ? 













Agathe Mella                         Paris-Inter et France Inter, 1955-1968, 
                                              France Culture 1971-1974,

Dominique Pensec               Fip (1994-2010),

Laure Adler                           France Culture, 1999-2005,

Christiane Chadal                 France Bleu, 2008 à 2010

Anne Brucy                           France Bleu, 2010-2012,

Anne Sérode                        Fip, 2014-2017,

M.Pierre de Surville              France Musique, 2014-2015, 

Laurence Bloch                    France Inter, 2014-2022,

Sandrine Treiner                  France Culture, 2015-2023

Bérénice Ravache               Fip, 2017-2021,

Adèle Van Reeth                 France Inter, 2022-

Soit onze femmes qui, depuis les années 50, ont dirigé une chaîne publique. Toutes, plus de trois ans, sauf Anne Brucy ! L'argument - léger - tombe donc. Trois femmes et six hommes ont dirigé France Culture. Depuis 1971, ces trois femmes ont dirigé 18 ans. Les hommes 34 ans, dont 13 ans pour Jean-Marie Borzeix.

Sur 11 Pédégés et Pédégères, trois femmes, Jacqueline Baudrier (1975-1981), Michèle Cotta (1981-1982), Sibyle Veil (2018-). Ni Jacqueline Baudrier, ni Michèle Cotta ne nommeront des femmes directrices de chaine.

Bien sûr à part les ténors, la mémoire collective est fragile et oublieuse ! Que ce soit Treiner qui évoque la difficulté des femmes à gérer une chaîne publique de radio tient donc de la farce quand, elle même a géré huit ans France Culture. Une fois de plus la communication utilisant des ressorts dans l'air du temps est pitoyable et mensongère.

(1) Samedi au cours de l'Hyper Festival, des dalles de sol se sont effondrées et ont fait 12 blessés

Agathe Mella

















J'aime à rappeler qu'après avoir quitté la radio, Agathe Mella, Vice-Présidente du Comité d’Histoire de la Radiodiffusion, mènera en 1987 dix entretiens sur la recherche radiophonique, diffusée dans Les Chemins de la connaissance sur France Culture (24 août/4 septembre 1987). À son micro Schaeffer, Henry, Billetdoux, Trutat, Farabet et Paranthoën… Mella avait pour elle la discrétion et la passion du média. Une femme de radio, absolument.

mercredi 25 janvier 2023

Que Sandrine Treiner démissionne, "ça raconte quelque chose de la société française"…

… Et de la radio publique. Les fanfaronnades ont leur limite. Les postures de l'auto-congratulation aussi. À quelques jours des résultats de l'enquête sur le management de Sandrine Treiner, directrice de France Culture, déclenché après les révélations de Libération au mois de septembre, la directrice a choisi de démissionner. Supputons que les charges retenues pourraient être lourdes. En tous les cas, cette "pirouette" porte le risque que l'intéressée et la direction se soustraient aux conclusions de l'enquête ! On veut savoir. Et débarrassés des chiffres mesurer comment, pied à pied, insidieusement une directrice de chaîne publique a pu, sans contrôle, désespérer France Culture au point de laminer le personnel en exerçant un contrôle éditorial indigne d'un lieu de création et de production artistique.










Madame Veil, Présidente de Radio France a, de fait, sa part de responsabilités. Aux affaires depuis 2017, on imagine assez mal comment elle a pu ne pas entendre ou déceler le malaise, les malaises qui affectaient les personnels de la chaîne et sûrement encore plus particulièrement producteurs-trices, réalisateurs-trices, créateurs et créatrices sonores. L'Arcom, elle-même, dans ses attendus sur la gestion de Radio France et sur son choix de reconduire Madame Veil à la tête de Radio France, à partir d'avril prochain, ne semble jamais avoir été émue par la situation révélée par Libération.

Aux effets permanents d'auto satisfaction et d'affichage de chiffres, plus mirobolants les uns que les autres, par la Présidence et les directrices et directeurs de chaîne, apparaît enfin derrière cet arbre magnifique une forêt en lente décomposition/dépression. L'auditeur et l'auditrice qui se contentent d'écouter la radio (c'est leur fonction) risquent à leur tour d'être désespérés qu'au XXIè siècle de tels comportements existent comme dans n'importe quelle société privée. 

Au bénéfice de l'âge nous gardons présent à notre mémoire les époques, 1975-1999, où des directeurs de chaîne avaient soif d'insuffler de la culture, des cultures dans une chaîne dont c'était la fonction cardinale. Yves Jaigu et Jean-Marie Borzeix se préoccupaient de culture et d'animer des équipes auxquelles ils laissaient leur autonomie, en confiance et en dialogues constructifs.

Nous ne manquerons pas, à notre modeste place, de tout faire pour que les résultats de l'enquête soient rapidement connus des auditeurs et des auditrices, eux aussi concernés (et consternés) par les dérives d'un management incontrôlé. 

mardi 24 janvier 2023

Le chat de Geppetto (Chat GPT)…

Sans doute quelques oreilles portées par la poésie, le rêve et quelques mots évocateurs de belles histoires ont pu se les boucher quand un nouvel acronyme barbare - GPT, Chat GPT - a commencé à envahir les médias et plus particulièrement en ce début d'année la radio publique. Geppetto et son chat pouvaient faire rêver. Chat GPT, donne des cauchemars.

Figaro, Geppetto in Pinocchio, Disney










Dans des chroniques roucoulantes (Serrell/Un monde nouveau/France Inter), dans (Le 9h10/Devillers/France Inter) une émission, ce jour-là, aux vertus pédagogiques et, le même jour, sentencieux, forcément sentencieux (Les matins/Erner/France Culture) on découvre avec Chat GPT, une nouvelle facette de l'intelligence artificielle (IA). (1)

Craignons que tant d'intelligences (artificielles) remplacent bientôt Serrell, Devillers, Erner et, tant qu'à faire, tout ceux qui œuvrent et fabriquent la radio publique. Ça n'arrivera pas, aucun risque. Madame Veil, Pédégère de Radio France est tout à fait d'ac pour muter la radio en audio et en faire un média social… forcément social. Et veillera à ce que l'IA n'aille pas jusque là ! Jusqu'à ce qu'un petit génie propose à l'occasion d'un podcastinge raout (2), de réaliser en IA un documentaire, une émission encore "jamais vue" comme le sollicite Radio France pour recruter de nouveaux talents.

Quant à Figaro et Geppetto soyez patients, leurs clones développés par une intelligence artificielle ne devraient plus tarder, pas plus que celui de Pinocchio. Après le chat, Mickey GPT serait du meilleur effet !

(1) Pour essayer de comprendre j'en ai quand même appris un peu plus en lisant "Intelligence artificielle : dans la tête des créateurs de ChatGPT", Alexandre Piquard, Le Monde, 22-23 janvier 2023, 
(2) Gilbert Denoyan, journaliste à France Inter, a longtemps présenté le journal de 13h et, a créé en 1991, l'émission Zappinge (en pleine euphorie du zapping TV). Avec Annick Cojean, du journal Le Monde, du lundi au vendredi de 9h à 10h elle se consacre à l'actualité de la télévision et à la critique des programmes.

lundi 23 janvier 2023

Beau geste : Pierre Lescure fait son cinéma…

Vendredi dernier, Sonia Devillers, recevait sur France Inter, Pierre Lescure pour parler cinéma (1), et comme souvent c'est, autant sa passion qu'il ne manquera pas d'évoquer que, les autours de sa vie qui font - et feraient - matière  à conversation. Sauf qu'ici, on subit l'exercice formaté de l'interview, ajouté à une intervieweuse qui aimerait en dire encore plus que celui qu'elle interviewe. Lescure répond et j'ai voulu creuser quelques uns de ces "autours".

Film de Douglas Heyes (1966)










Évoquer le cinéma avec Lescure, c'est forcément évoquer Canal +. Dont le premier directeur général peut avec gourmandise préciser l'excitation d'être face à la page blanche au tout début des années 80. Années 80 qui, pour préparer la fin du siècle, ont bien besoin d'une onde de choc pour réveiller la belle endormie télévision. La page blanche qui n'a pas, sur la durée, si bien profité aux créateurs radiophoniques à quelques exceptions près (2).

Évoquer les débuts de Canal, c'est évoquer Alain de Greef, le directeur des programmes qui, après avoir fait ses armes à l'ORTF, travaille à quelques émissions d'Antenne 2 et à la mythique Les enfants du rock où avec Lescure ils cisèlent les empreintes de plusieurs émissions à venir sur la chaîne payante. De Greef peut "En toute liberté, [il peut] enfin donner libre cours à sa conception de la télévision, où les émissions ne sont pas formatées et soumises à la sanction de l’audience." (3) 

"Pas formatées", "Soumises à la sanction de l'audience", ah ah ah ! On pleure. Aucun risque que la superformateuse Sibyle Veil, Pédégère de Radio France, ait le début du commencement d'un soupçon d'imagination pour visualiser l'exacte contraire du haut formatage qu'elle encourage et promeut sur les sept chaînes du service public. Quant à la sanction de l'audience ce n'est plus une soumission (ici librement consentie) mais une adoration absolue, une génuflexion permanente devant ce qui est devenu le seul indicateur-ligne-de-conduite de Radio France (4).

Comme quoi à bien écouter la radio, autour des questions "formatées" on en apprend beaucoup en parlant d'autre chose et de la télé, sur les effets boomerang que la radio ne manque pas de se prendre en s'inféodant, sans aucune soumission, à la tyrannie de l'audience en cultivant sa frilosité absolue pour ne pas oser la page blanche.

(1) France 2, le dimanche , 23h05,

(2) Je ne peux pas ici tenter une note de bas de page plus longue que le billet lui-même. Vous vous reporterez à l'onglet recherche sur ce blog et vous trouverez quelques billets sur “L'oreille en coin”, “Fip”, - deux absolues pages blanches -, Le Mouv' (page grise), et peu ou pas sur la folie "Carbone 14", Pacific FM (la radio créée par Claude Villers, explosée en plein vol), ou Nova (période Jean-François Bizot)…

(3) Le Monde, Daniel Psenny, 30 juin 2015,
(4) Avec la glorification des idoles au fronton de la Maison de la radio,

vendredi 20 janvier 2023

Mille milliards de mille (sabords)…

On imagine aisément que Laurent Frisch et Sibyle Veil, dirigeants de Radio France (1) font tout pour dupliquer la sentence du Capitaine Haddock (Hergé) et l'appliquer à leur course sans fin aux résultats d'audience des sept chaînes de Radio France. Ce jour il nous faudra nous contenter de "3 milliards", une poussière tombée dans le verre de whisky du fameux capitaine.

Sur Twitter ce jour, un peu avant midi








Mille milliards, un objectif de capitaines d'industries, Gafam et autres LVMH. Mais jusqu'à preuve du contraire la radiodiffusion, la création radiophonique et leurs diffusions par tous procédés - connus ou inconnus - ne sont pas des industries. Pas sous la bannière du service public en tout cas. Ou pas encore. Quelques gourous-béats, en quête de reconnaissance, cachés dans quelques bureaux de la rue de Valois (Ministère de la Culture) ont inventé le terme d'industries culturelles. Fort de ce paravent sémantique, les dirigeants de l'audiovisuel peuvent se réhausser du col et glousser (ou faire le paon) et, étaler comme la confiture, des méga tonnes de chiffres en constante progression.

À défaut de culture radiophonique, La culture, c'est comme la confiture : moins on en a, plus on l'étale, tout est fait pour nous rendre, nous auditeurs, complices de ces chiffres monstrueux à défaut de nous plonger dans les Lettres !

Quand, quelques clowns agitent les milliards de l'audiovisuel public, quelques cols blancs, eux, mieux que les crieurs de presse ou les bateleurs de foire vocifèrent ad nauseam des ribambelles de chiffres industriels, en vue sans doute, de l'entrée prochaine de Radio France en Bourse !

(1) Respectivement Directeur du Numérique et de la Production et Pédègère.

jeudi 19 janvier 2023

Janis Joplin forever…

Personne n'aurait sûrement eu l'idée de l'appeler J.J.  La petite comète blues a largué les amarres le 4 octobre 1970. C'était un dimanche. Sûr qu'au lycée le lendemain matin on est resté ahuris. On entre à peine dans l'histoire qu'elle en sort. Quinze jours après Jimi Hendrix, ça commence à faire beaucoup. On est mûrs pour le changement (de civilisation). On arbore le signe de la paix et on le dessine sur les murs. Peace and Love remplace Liberté, Égalité, Fraternité. On flotte au-dessus de tout. “Cours camarade le vieux monde est derrière toi" dessinaient nos jeunes aînés des Beaux-Arts de Paris, il y a deux ans, lors des “événements”. On ne veut pas croire que c'est fini. L'utopie, le commun, la liberté. La liberté de ne pas s'engouffrer dans une société qui dégueule en continu de produits de consommation dont beaucoup s'avèreront absolument inutiles. On se penche, éblouis, sur une petite bible de Jacques Massacrier "Savoir revivre" qui risque d'être bien utile dans les mois et les années à venir…

"Je suis une femme mauvaise et aucun homme ne trouve grâce à mes yeux. 
Je suis comme une tortue qui se cache sous sa rugueuse carapace."
(
Turtle bluesJanis Joplin)











Ce jour, Janis aurait eu 80 ans. Je crois que j'aurais été capable d'aller la rejoindre au Texas ou en Californie pour l'entendre jouer avec quelques uns et quelques unes de ses potes. Vous pouvez, vous, pendant et après avoir défilé, jeter un œil sur mon billet du 14 août 2011 et vous mettre dans les esgourdes les cinq épisodes d'une belle série de Jeanne-Martine Vacher "Sur la route de Janis Joplin", un road-movie que la productrice de France Culture avait réalisé à l'été 1995 et diffusé dès le 28 août de la même année. On y entend parler musique, contexte humain et sociologique et tisser l'histoire de celle qui n'avait pas manqué au cours de son passage sur terre d'écorcher l'humanité toute entière…




mardi 17 janvier 2023

La maison de…(la radio)

Grâce à Libération, dans son édition datée du samedi 14 janvier, on "apprend" page 33 qui est à l'initiative de l'ajout au nom "Maison de la radio…" Quel pouvoir ! Et tout de go, on se demande aussitôt pourquoi Jean-Pierre Elkabbach, Jean-Luc Hees, Ivan Levaï, Fabienne Sintes et Lætitia Gayet n'ont pas eux-mêmes proposé "La Maison de la radio et de l'information" ? D'ailleurs on se demande aussi comment à la base, le Général de Gaulle, en inaugurant le bâtiment en décembre 1963 a pu se contenter d'un lapidaire "Maison de la radio" ?










Il était tout à fait prédisposé à la nommer "Maison de la radio et de la communication". Roland Dhordain, à sa suite, directeur de la radio, aurait du insister pour "Maison de la radio, de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et de la Musique", les productrices et producteurs qui prennent plus de place à l'antenne que leurs invités "Maison de la radio et de la Conversation". Les ingénieur-e-s du son "Maison de la radio et de la création sonore", les documentaristes "Maison de la radio et du documentaire", les plus humanistes "Maison de la radio et des civilisations". Les artistes "Maison de la radio et des arts".

Les humoristes "Maison de la radio, de l'humour, des farces et attrapes, de la satyre et des pieds nickelés". Les historiens et les géographes "Maison de la radio, de l'histoire et de la géographie". Les scientifiques " Maison de la radio, des sciences et des techniques". Les fans de Gotlib "Maison de la radio et du bric-à-brac", ceux de la bande dessinée "Maison de la radio et des p'tits miquets". Sans oublier les littéraires, "Maison de la radio, de la poésie, des livres et des écrits". Et les plus humanistes "Maison de la radio, des femmes et des enfants d'abord, des hommes aussi", sans oublier les bêtes " Maison de la radio et des animaux"… Les plus œcuméniques "Maison de la radio et du monde entier"… 

Ce qui au fronton de l'édifice inscrit
 
"Maison de la Radio, de l'Information, de la Communication, de la Culture, 
de la Jeunesse, des Sports, de la Musique, de la Conversation, 
de la Création sonore, du Documentaire, des Civilisations, des Arts, 
de l'Humour, des Farces et Attrapes, de la Satyre 
et des Pieds nickelés 
de l'Histoire et de la Géographie, 
des Sciences et des Techniques, du Bric-à-brac, des P'tits Miquets, 
de la Poésie, des Livres et des Écritsdes Femmes et des Enfants d'abord, 
des Hommes aussi, des Animaux et du Monde entier…
et plus si affinités "

… tournant sans fin autour du bâtiment circulaire. Qu'une femme ou un homme avisé résume, clair et net, par : 
Maison de la radio

CQFD !

lundi 16 janvier 2023

La Culture Treiner… ça raconte quoi !

Madame Treiner, directrice de France Culture, après chaque grelot Médiamétrie, enfile les perles et les chiffres, des perles de chiffres, exercice insupportable pour l'auditeur et, pour le lecteur quand la presse se pâme pour les résultats d'audience, sans si peu s'intéresser aux contenus et encore moins à la "forme" que l'antenne a prise. Mais pour ça encore eut-il fallu que la dite-presse s'intéressât il y a quinze ou vingt ans à la chaîne culturelle. Excepté Télérama qui pouvait régulièrement parler de France Culture ? Aujourd'hui il semble que les chiffres stimulent les journalistes médias et désespèrent (le) Billancourt des auditeurs biberonnés depuis les années 80 à une chaîne de création radiophonique. Décontenancés depuis 10 ans par sa mue en média d'actualité. Sans avoir le talent de Pablo Neruda j'entame ma chanson désespérée car les dernières assertions de Treiner m'ont plongé dans une perplexité absolue. "Que France Culture passe devant Europe 1, ça raconte quelque chose de la société française" (1).
















Le journaliste qui l'interviewe s'en tient là et laisse filer la sentence. Si c'est ça diriger France Culture ? Enfoncer les portes ouvertes et s'affaler au comptoir du Café du Commerce en psalmodiant des avis à deux balles. Si c'est ça, s'attendre à prendre en retour et en pleine poire:

  • Que France Culture passe devant Europe 1, ça raconte quelque chose
de ce qu'est devenue… France Culture !"
• Que France Culture passe devant Europe 1, ça raconte quelque chose
de ce qu'est devenu Radio France !"
• Que France Culture passe devant Europe1, et que sa directrice s'appuie sur la dégringolade de la généraliste privée pour suggérer, sans rien démontrer, une évolution sociétale
a, à peu près, autant de valeur que d'affirmer qu'un podcast parle à l'oreille de l'auditeur !

Ajoutons à cela le contexte particulier d'une enquête externe en cours sur le management de la chaîne et d'une tribune des documentaristes, créatrices et créateurs sonores, publiée par Libération le 6 janvier. Une fois de plus les dirigeants de la radio publique sont hors sol dès que des événements dépassent leur com' bien rodée et des éléments de langage surréalistes.

Que Radio France et les sept chaînes de radio publiques ne soient plus que des échelles de mesures s'attachant coûte que coûte à la fin programmée de la radiodiffusion au bénéfice de l'audiodiffusion, raconte quelque chose d'une politique publique qui accompagne la casse d'un média centenaire. Se rangeant derrière mantras et autres slogans tendance de jeunes gourous, ni au fait de l'histoire de la radio, ni à celui de l'art radiophonique. La roucoule Podcasting est juste pathétique, particulièrement quand dans ses vœux, la Présidente, Sibyle Veil, annonce avoir reçu 15, 20 propositions. Quel fiasco !

Diriger une chaîne culturelle et (autrefois) la plus grande université populaire du pays et, la faire muter en média d'infos instantanées, ça raconte quelque chose d'une trahison intellectuelle et morale. La défaite totale de la pensée.

(1) OZAP, Florian Guadalupe, 12 janvier 2023,

mercredi 11 janvier 2023

Vœux de Radio France : un inventaire, des inventaires sans (aucune) invention !

C'est un exercice formel, un passage obligé impératif, une roucoulade désuète s'il en fut. Les vœux et particulièrement ceux de Radio France ont pris une tournure de communication optimum. En direction des salariés bien sûr. Mais surtout des tutelles (Finances, Culture) comme des concurrents et des alliés de l'audiovisuel public. Ce pourrait être un exercice de style exceptionnel, c'est tristement une litanie d'intentions, de formules/slogans et autres effets de manche. C'est à l'identique d'une mode à Radio France, présenter des émissions sous la forme - éculée - d'inventaires. Inventaires inaudibles à Prévert et sans la moindre poésie d'un raton-laveur. Autant dire d'un grand ennui.

@Tintinades (via Twitter)

Mardi 10 janvier 2023, Madame Sibyle Veil, Pédégère de Radio France s'est appliquée en une demi-heure à l'exercice. Reprise ici, par "petits morceaux" de ses propos (et pas forcément dans l'ordre). Mais rien sur l'enquête en cours sur le management de France Culture, pas plus sur la Tribune (lettre ouverte) des documentaristes, créatrices et créateurs sonores.

"On a bougé aussi vite que la société"
C'est un postulat. Ce sont des actes. Mais pourquoi la radio devrait-elle bouger aussi vite quand Veil ne manque jamais de dire qu'il faut du temps, de l'analyse, la confrontation des points de vue pour aider le public à comprendre les mouvements de société à l'œuvre? Comme la société bouge par saccades, par mimétisme, par urgence, par fatalisme, par dépit, pourquoi la radio publique devrait-elle être dans le même mouvement ? Contradiction flagrante !

• “L'élargissement radio vers l'audio”
La tarte à la crème des prochaines années qui verront la radio fondre comme neige au soleil. Et l'audio illuminer le monde entier (lire le monde francophone). D'après Veil la seule alternative à la diffusion massive des contenus passe par l'audio, au risque de mettre tous les œufs dans le même panier et de laisser tomber la diffusion hertzienne. Et patati et patata !

• “Devenir un média de conquête”
Bigre ! Conquérir dans le langage post-moderne, c'est passer devant l'autre, être toujours premier au risque de se désingulariser, de courir frénétiquement derrière les audiences Médiamétrie, de s'autocongratuler en permanence et surtout de donner des leçons de radiophonie quand on fait tout pour tuer cette même radiophonie (archaïque).

• Dans l'intervalle, Madame Veil met nommément en valeur un producteur de podcast qui, pas moins, serait exceptionnel. Je n'ai pas de mal à imaginer son malaise, particulièrement vis à vis de ses collègues productrices et producteurs qui ne déméritent pas mais qui elles et eux ne sont pas nommés !!!

• “La mue de Mouv'”
Là, de quoi s'esclaffer ! Le Mouv' c'est mue et remue, puis remue et mue pour prolonger ad vitam aeternam le fait du Prince (1997) en affichant des audiences minuscules, perdues dans la faune médiatique. Un luxe que les tutelles "acceptent" et sur lequel l'Arcom ne dit mot. Un état de fait, dans un triste état.

Mantra n°1 : “Radio France, un média qui rassemble” !
Ben voyons Léon ! Vous en connaissez beaucoup des médias dont l'objectif est de diviser ?

• “Une entreprise d'innovations"
Ah ça ! À partir du moment où l'objectif a été de développer "coûte que coûte" (donc d'y mettre de très importants moyens) le numérique, l'innovation a envahi l'ensemble de la production radiophonique, écartant progressivement au passage des savoirs-faire (réalisatrices-réalisateurs) et surtout en faisant table rase des modes de production en place au moins depuis l'inauguration de la Maison de la radio, en décembre 1963. Le site et la plateforme remplaçant à terme chaînes et programmes.

















“Un nouvel âge du numérique" (déjà ?)
"Il faut qu'on accepte de se laisser changer par le numérique !" une telle assertion sent vraiment l'impérialisme et la domination des techniques au détriment de l'humain. "L'écriture radio doit évoluer avec la modernité numérique…" Comme si un documentaire, un reportage, un débat n'avaient plus de raisons d'être dans la forme “traditionnelle” qui, a minima, a fait ses preuves ! Et pour les prix européens gagnés, reçu la reconnaissance absolue d'un art radiophonique.

“Revoir les équipes”
Veut clairement dire revoir toute la chaîne de fabrication et changer toutes les méthodes ! Même celles les plus éprouvées !

“Intra entreprenariat permanent”
C'est solliciter l'inventivité du personnel mais ce n'est pas pour autant une unité dédiée à la R&D et encore moins "Le service de la Recherche" de Pierre Schaeffer, période ORTF !

Mantra 2 : Radio France Hub de découverte de musique
"Radio France doit devenir un acteur majeur de la musique. Les studios moyens reconvertis en "studios de création" un (des) temple du son (dès 2025)". Pour illustrer la mise en valeur de la jeune scène musicale française, la musique diffusée en pré-indicatif des vœux : "Daddy cool" de Boney M. (1976) dont les premières paroles "She's crazy like a fool/Elle est complètement dingue". Vous avez dit jeune scène musicale ? La démonstration par l'exemple !

Projet "Retrouvailles"
D'ici sept 23, les derniers occupants de Mangin, du Tripod  (immeubles proches de la Maison de la radio) et des Algéco (sic), tout ou partie de plusieurs chaînes, rejoindront la Maison de la radio. Veil parle d'"unité de nos équipes" quand pour circuler d'un étage à l'autre, d'un lieu à l'autre il faut être badgé avec les "pass" correspondants. La belle circulation… circulaire, imaginée par Henry Bernard, l'architecte du bâtiment, est bridée depuis longtemps !

À ces vœux il manquait juste une incarnation. Mais ça, ça ne s'apprend pas à l'Ena !

lundi 9 janvier 2023

Documentaristes, créatrices et créateurs de Radio France s'expriment par voie de presse…

Vendredi en tout début de matinée sur son site Libération publie une tribune. En chapeau "49 documentaristes et créateurs sonores de la radio publique dénoncent leur “exploitation systémique”. Ils demandent aux ministres de la Culture et du Travail que leurs métiers soient considérés comme artistiques et non simplement techniques, pour une réévaluation de leur rémunération.” En conclusion les autrices et auteurs précisent : “Cette publication collective est anonyme afin de limiter les risques d’éviction consistant à ne plus reconduire nos collaborations respectives.”

Albert Facelly/Divergence















La conclusion de cette tribune montre à quel point la situation sociale est délétère à Radio France, au point que les acteurs de la production radiophonique n'ont plus d'autre issue que de s'exprimer anonymement sur un support de presse. Ce pavé dans la mare s'ajoute aux révélations et à l'enquête que Libération avait menée sur "Les dérives d'une direction autoritaire" à France Culture et publiée le 21 septembre 2022. Une enquête externe a été diligentée, les personnels de la chaîne qui le souhaitaient ont pu être entendus, hors les murs. Les résultats de cette enquête devraient être connus avant la fin du mois.

Ceux qui font la radio ne se sentent pas reconnus de façon statutaire, ni rémunérés au réel de leur temps de création.La radio publique nous recrute sous les appellations inappropriées de «productrices-teurs délégué·e·s» ou de «collaboratrices·teurs spécialisé·e·s» et nous considère uniquement comme des technicien·ne·s alors que nos fonctions consistent avant tout à créer des expressions sonores inédites.”. Les cordonniers, ici encore, seraient les plus mal chaussés alors qu'une armée mexicaine de cadres en tout genre bénéficie de contrats à durée indéterminée et du plein emploi. Le sentiment d'être de plus en plus invisibilisés les assaille.

Ils-elles ajoutent : “Si nos œuvres viennent d’ailleurs enrichir le patrimoine radiophonique et sonore de manière permanente, nous sommes, quant à nous, des salarié·e·s «Kleenex», jetables à souhait. Que Radio France soit notre employeur unique, principal ou très occasionnel, nous sommes, en effet, toutes et tous engagé·e·s sous contrats courts intermittents (bénéficiant ou non d’indemnités chômage).”

Les tutelles, Finances et Culture, vont devoir réagir rapidement pour permettre aux personnels concernés d'obtenir une reconnaissance de leurs compétences qui doit se traduire par une redéfinition de leur statut, avec effet induit sur leur rémunération. Quant à l'Arcom ce n'est sans doute pas dans ses attributions d'intervenir. En reconduisant, dès le mois de décembre dernier, Sybile Veil à la Présidence de Radio France (2023-2028) elle semble bien avoir ignoré la situation sociale à France Culture. Cette tribune de Libération est une alerte grave sur la détérioration des conditions de production artistique.

Souhaitant que les vœux que la Présidente présentera au personnel demain ne soient pas que des vœux pieux, des slogans et autres mantras qui cachent des réalités sociales de plus en plus difficiles à vivre pour le personnel et un management qui, avec ses orientations "tout audio" met en péril l'art et la création radiophonique.

vendredi 6 janvier 2023

Du jamais vu ! À Radio-France les podcasts passent à la vidéo !

Communiquer est un art que les communiquants ont dévoyé. Donc quand Radio France s'essaye à bredouiller pour alerter les foules sur le méga-hyper-giga casting du podcasting  (quel pudding !) ils conseillent aux apprentis-sorciers de produire "du jamais vu". Il y a encore quelques mois pour parler de radio on aurait dit "du jamais entendu" mais comme les rédacteurs ne savent plus et ne pratiquent plus la radio, leur accroche, qui ressemble à une vente de matelas sur la place du marché, s'accompagne du très kitch "jamais vu"… Qu'est-ce qu'on se marre avec la com' de Radio France !







La Présidente se prend les pieds dans le tapis au Sénat (1), envoie des vœux radio et attend de la foire à neu-neu du jamais vu ! Voilà qui augure mal des cinq prochaines années de sa Présidence ! Derrière ce raout digne a minima du Hellfest que se cache-t-il ? Très certainement l'entrée en fanfare de la co-prod' puisqu'on peut imaginer que lauréates et lauréats ne seront pas toutes-tous de Radio France… Les studios indépendants qui hurlent aux loups pour que  leurs productions soient diffusées sur les chaînes publiques se frottent les mains et sont proches d'exulter.

Il est bon de rappeler que le 11 juin 2019 sur France Culture dans l'émission du Grain à moudre Laurent Frisch, Directeur du Numérique et de la Production annonçait : "Il est "dans le champ des possibles d'accueillir les contenus d'autres producteurs [que ceux de RF, ndlr]. Des coproductions pourquoi pas aussi ?"

On se demande bien à quoi d'autre peut servir un tel raout ? Radio France dispose de suffisamment de talents pour produire documentaires et reportages, alors ce méga-hyper-giga casting du podcasting pourrait être aussi une façon d'écraser un peu plus la concurrence et certifier aux tutelles que l'avenir de la radio de l'audio passe par la création de podcasts diffusés sur les antennes de Radio France (et sur sa plateforme) sans s'appuyer sur la durée annuelle d'une émission quotidienne ou hebdomadaire. One shot ! Agile, forcément agile ! Et vogue la galère.

Alors, on ne donne pas cher des contrats de grille (CDDU) qui progressivement disparaitront. Productrices et producteurs encore un peu plus précarisés produiront au coup… par coup ! Sur la base du pitch, l'alpha et l'oméga, pour obtenir le sésame permettant la diffusion des créations audios. Toutes les tentatives radiophoniques d'essai et de sélections de candidat-e-s pour intégrer la radio publique qui ont existé sur les ondes, des années 70 aux années 90, sont définitivement enterrées.

La grande foire du podcasting est prête. Tournez manèges, roulez petits bolides. The New Age has come and… "there is no alternative" comme disait, de triste souvenir, une certaine Maggy…

(1) "On est en train de construire un poste de radio (1) du futur ou plus exactement un poste audio qui ne se définit plus pas son support mais par la nature de ses contenus" !

mercredi 4 janvier 2023

Le radio de la méduse…

L’équipage est médusé, que dis-je abasourdi ! Non seulement Radio Izeniou coule mais s’approche dangereusement de la berge audio. Cet audio de la méduse dont personne n’a encore imaginé la moindre illustration, Géricault (Théodore) étant mort depuis lurette. Pourtant l’audio radote et chacun de se demander où sont passées les méduses ? Lizy Mercier Descloux est partie avec ses gazelles et Brigitte Fontaine toujours pertinente et subtile pourra bientôt chanter “Coma la radio…”

Le radeau de la méduse. T. Géricault (1819)










Je ne vais quand même pas m'arrêter en si bon chemin du titre qui décoiffe ! Alors là, sur la voile de ce radeau (sponsorisé, forcément sponsorisé) on pourrait écrire "Le Tournant" qui, c'est dommage, n'est quand même pas un terme approprié pour causer marine. (Fut-elle à cheval sur les principes). Paré à virer conviendrait mieux. Et ça vire sec depuis 2014 à la Maison de la radio ! (1). "Le vent tournant" pourrait aussi produire son effet puisque nous l'avons vu hier, la girouette Radio France tourne un coup radio, un coup audio. De quoi en perdre la tête, son latin ou son anglais même ! Radio is the new cool pourrait d'ailleurs aider à mettre les voiles !

Car, c'est sûr, la radio met les voiles, sans tambour ni trompettes (de Jéricho, un cousin à Géricault). Cela provoque à peine un vent de contestation quand il faudrait une bonne tempête pour faire rentrer l'esquif au port ou sur les quais de Seine, c'est selon ! Toutes ces allégories pour dire qu'en l'absence de mobilisation des personnels et des auditeurs, il ne nous restera bientôt plus que Lisieux pour pleurer. Et chacun sait que c'est pourtant de Lisieux que tout peut repartir, voire renaître !

(1) Une Rupture Conventionnelle Collective prévoyait 340 départs volontaires à partir de 2021,

mardi 3 janvier 2023

Radio Izeniou coule…

Radio Izeniou c'est son p'tit nom, son diminutif ! En vrai Radio Izeniou c'est Radio France, si… Ou Tartuffe si vous préférez. Le 7 décembre 2022 devant le Sénat "On est en train de construire un poste de radio du futur ou plus exactement un poste audio qui ne se définit plus pas son support mais par la nature de ses contenus" dixit Sibyle Veil, Pédégère de la société radiophonique publique. Alors faudrait savoir ? Un coup c'est audio pour pérorer devant le Sénat. Un coup c'est radio pour faire semblant d'y croire encore un peu et de flatter les médias mainstream. Ajoutez à ça le slogan en anglais, de quoi ravir le dirigeant de la BBC (1) et de prendre les auditeurs et la représentation nationale pour des billes !








Si vous imaginez un seul instant que la chronique "Média" de France Inter l'évoquera ce matin ou dans quelques jours, vous vous foutez le doigt dans… l'oreille. Une fois de plus la communication brouille les cartes, agite comme un hochet un slogan start up nation et joue les girouettes ou le je retourne ma veste façon Dutronc.

C'est juste pitoyable et mensonger. La radio sera dorénavant juste un mot (creux) et un concept paravent. À mettre en avant sans pour autant faire marche arrière !

Juste un p'tit clin d'œil à celles et ceux qui me suivent. Ce billet est le 2400 ème d'une série commencée le 17 juillet 2011. Last but not least, comme dirait Radio France 
ce ne devrait pas être le dernier…

(1) "Le patron de la BBC brise un tabou. Tim Davie, le directeur général du groupe audiovisuel britannique, a indiqué qu’il se préparait à un futur uniquement « online », sans les fréquences radio ou la télévision, au cours de la prochaine décennie. in "La BBC se projette déjà dans un futur sans radio ni petit écran" , Marina Alcaraz, Les Échos, 9 décembre 2022.

lundi 2 janvier 2023

L'évolution de la radio et ses perspectives… (en 69) !

Tu fais des dithyrambes sur la Nouvelle vague, c'est bien. Tu t'esbaudis sur la télé N&B c'est parfait. Tu roucoules sur les yé-yé, t'es pop. Tu exauces Bernard Pivot c'est magique ! Et tu ressors de derrière les fagots des films Super8 de vacances familiales à Garges-Les-Gonesses ou Pithiviers, là t'es un cador. Messie (sic) tu évoques (l'âge d'or de) la radio alors là t'es un cave, un indécrottable passéiste et mieux un nostalgique infréquentable. Chouette ! Voilà donc ci-dessous présentée, une perle qui relativise le choix - contestable et… contesté - de l'Arcom pour la Présidence de Radio France, la future panthéonisation de Laurent Frisch (1) et la transformation probable de la Maison de la radio en hôtel de luxe ou d'entreprise (kif-kif) !









En janvier 69, Roland Dhordain, nouveau directeur de la radio au sein de l'ORTF, se confie à "Micros et caméras", une émission de télé (si ! si!) pour évoquer l'avenir des radios publiques. Avec ce retour en arrière j'enfonce volontairement le clou dans la plaie d'un projet (celui de la Pédégère de Radio France) qui va passer la radio par pertes et profits et sanctifier l'audio au plus haut des cieux médiatiques… et des médias qui donnaient Veil gagnante quoiqu'il arrive !

Dhordain est revenu aux affaires en juin 68, sur proposition d'Yves Guéna, nouveau Ministre de l'Information. Pour le clin d'œil on appréciera le mobilier high-tech de l'Ortf pour asseoir les auditrices ! Idem pour le décor Second-Empire (?) pour le point de vue du spécialiste radio de Télérama, Yves Froment-Coste. Qui cite du Claudel "L'œil écoute" et qui n"hésite pas à rebondir avec "L'oreille voit" .

Dhordain se régale de citer Jean Chouquet, son collaborateur, réalisateur à France Inter et à France Culture. "Il y aura désormais à la radio, les zones libres et les zones occupées…" Libres de tout commentaire, précise Dhordain. Et des émissions de commentaires, composées et élaborées. Belle perle radiophonique (et télévisuelle) quand Annick Beauchamps interroge une petite fille de 9 ans 1/2 dont les deux parents sont psychologue et… sociologue ! On notera avec quelle délicatesse Chancel plombe sa jeune invitée Miss France en lui assénant les noms (prestigieux) de ceux qui l'ont précédée au micro de Radioscopie. De quoi s'enfoncer profond dans le fauteuil !!!!!!

Je vous laisse découvrir les autres annonces de Dhordain (2)… Et l'hypothétique "synchronisation" France-Inter/France-Culture… Et vive la radio !

(1) Directeur du numérique et de la production à Radio France,
(2) À 1!h, le couple Jean Yanne, Gérard Sire devait décoiffer !