vendredi 11 septembre 2026

11 septembre 1973… Allende for ever !

Inoubliable le 11 septembre 1973, même si je l'ai pris en pleine poire le 20 ou le 21 (ce mois-là je n'écoute pas du tout la radio). Abonné au Nouvel Obs je venais de déménager et mon journal m'arrivait avec un certain retard. En rentrant du taf' le soir je prends la couv' en plein cœur. Quelque chose s'écroule (durablement). Les illusions, l'espoir, le changement d'ère. Et vraiment personne avec qui en parler autour de moi… C'est la façon la plus brutale de passer de l'adolescence à l'âge adulte. Cinquante-trois ans après, l'émotion et la peine sont intactes et Salvador Allende inoubliable…

Du 17 au 23 sept. 1973
















Pour le cinquantenaire, Alain Devalpo et Jean-Philippe Navarre pour "Sur les docks" sur France Culture faisaient une "Mise en perspective du programme politique et économique du président Salvador Allende, arrivé au pouvoir au Chili en 1970, à travers des témoignages de Chiliens engagés." (1). J'en veux terriblement à la presse qui sans aucun discernement évoque depuis 2001 le "11 septembre" ! C'est une injure à l'histoire et un très grand mépris pour l'Amérique latine ! CQFD.

(1) Sur le site de l'émission,

Film de Patricio Guzmàn
2004





jeudi 10 septembre 2026

France Musique : auditrices et auditeurs en détresse…

On peut facilement imaginer que le 3 août dernier ni M. Voinchet (Directeur de France Musique), ni M. Grant (futur Directeur de la chaîne) ne prenaient le temps de lire le "20 Minutes" suisse (1). Et pourtant ça aurait pu ébranler leurs certitudes quant à la fin programmée de la FM en France et le test grandeur nature de la bascule que venait d'opérer la chaîne depuis le 22 juillet, incitant auditrices et auditeurs à s'équiper en DAB+ chez Darty (sic). Grant devenu Directeur proclame dans Télérama (07/09) : "Là où la FM a été supprimée, elle ne reviendra pas ». Quel oracle !  On y croit trop.

Le logo c'est un pouce vers le bas, non ?

















"La SSR [Société Suisse de Radiodiffusion et télévision est le groupe audiovisuel public de la Suisse] se prépare à revenir sur la FM dès cet automnePrès d'un an après l'avoir quittée, la SSR va de nouveau émettre sur la bande FM. Des tests sont en cours et les premières radios pourraient rediffuser dès l'automne." (2) Qu'est-ce qu'on se marre ! La France Championne du Monde de ses certitudes veut d'abord vivre son propre "crash test" avant de revenir sur sa position. Voilà une posture (ir)raisonnable que Madame Veil, Pédégère de Radio France, n'en doutons pas, saura défendre, avec son brio habituel, devant les tutelles.

"Pour rappel, la SSR avait cessé de diffuser ses programmes en FM en janvier 2025 pour passer entièrement au DAB+. Mais après le premier semestre 2025, elle a en effet perdu le quart de ses auditeurs sur l'ensemble du pays." précise Christine Talos. C'est ballot ! France Musique devrait donc perdre des auditeurs même si, magnanime, Radio France "a mis un budget à la disposition de la station, qui permet depuis le 22 juillet d’offrir, «chaque jour», des postes DAB+ à certains auditeurs ayant fait part de leur désarroi à la station (3). Auditrices et auditeurs en désarroi vous savez ce qu'il vous reste à faire ! 

Parade misérabiliste qui ne dédouane en rien le staff de Radio France (qui est une société et non pas un Groupe) qui n'aura pas réussi à faire avaler la pilule aux auditeurs et à masquer son intention réelle de basculer, à terme, France Musique exclusivement sur le Net ou en DAB+.

Dans Media + du 10 septembre, Grant annonce : "Nous avons accompagné nos auditeurs sur l’ensemble de l’été, et nous continuons à les guider, notamment en prenant soin de répondre à l’ensemble des mails que nous recevons." Voilà, contentons-nous de recevoir des mails… Grant tente de se voiler la farce, sans jamais y parvenir !

Le Groupe Facebook de défense de la FM !

(1) Pas sûr non plus que s'il avait déjà été responsable de la Revue de Presse, Voinchet ait attiré notre attention sur cette publication, 
(2) Christine Talos, 20 Minutes,
(3) Stéphane Grant, Télérama, 7 septembre 2026,

mardi 8 septembre 2026

Lieu de mémoire : Le certificat d'études…

Renée Elkaïm-Bollinger, productrice à France Culture, en 1996, nous plonge dans les souvenirs scolaires du Certificat d'études, point de repère définitif pour celles et ceux qui allaient poursuivre leurs études et celles et ceux qui allaient les arrêter. Ça sent l'encre violette mais comme pour tous les autres "Lieux de mémoire" ça vaut la peine de s'y retrouver ! Là, pour cet examen, certaines y allaient avec "les habits du dimanche" autant dire la sacralisation absolue d'un diplôme qui a borné l'enfance pendant plus d'un siècle (1866-1989). Un rite de passage tombé en désuétude.












"Le Certif' ce n'est pas toujours le lieu des nostalgies douces et niaises comme celles de Bourvil dans "Le trou normand"… Tout ça pour former ce héros de la laïque ou de l'école chrétienne !" Michel Ragon (1924-2020) témoigne "Il y avait [dans l'enfance] le jour de la 1ère communion et le jour du Certificat d'études… qui était la porte à des emplois aux mains blanches comme disait ma mère." La productrice suggère à juste titre que "la gloire du Certificat rejaillit sur l'instituteur". Et souvent "les parents récompensent l'instituteur" précise Antoine Prost. Renée Elkaïm-Bollinger "Est-ce que le Certif', le CEP a été un lieu de mémoire de l'enseignement laïque ?" Pour autant, "c'est une création de "la Monarchie de juillet…" 

Sujet : "Le cochon s'est échappé, il met toute la basse-cour en émoi. la poursuite est mouvementée. Enfin on ramène le fugitif. Racontez". Eh bien pour ce sujet-là j'aimerais bien passer mon Certif' demain. Je me régalerai ;-) Claude Duneton "Le Certificat d'études c'était l'accomplissement d'une vie… Dans les campagnes c'était le Bac de maintenant."

Ce documentaire en profite pour placer l'examen dans l'histoire sociale du pays. La fierté des élèves reçus, la fierté des parents. L'aura au sein même de la famille particulièrement quand c'est l'enfant qui est chargé de lire ce que les grands-parents voire les parents ont du mal à faire. Cela montre la place de l'école dans la vie quotidienne, la place "sacrée" de l'instituteur ou de la maîtresse et la valeur institutionnelle de l'institution scolaire.

Jean-François Chanet. "L'école laïque avait besoin de rituels festifs pour combattre, avec une certaine efficacité, d'autres rituels festifs, soit les rituels de l'église catholique, soit les rituels de la superstition populaire. Le Certificat d'étude est le saint-patron de l'école laïque".  

L'épisode 2 disponible en écoute ici. (Avec le témoignage sur l'école en Finistère par Pierre Chapalain & Louis Ellegoët… mais pas n'importe quelle école : Skol an diaoul/L'école du diable … la laïque)

dimanche 6 septembre 2026

Tex Avery : ça passe même à la radio…

J'ai écouté ce documentaire hier. Pour sortir de la nasse. Pour changer d'air tellement ce que nous propose Radio France est vicié. La revue de presse bâclé de France Inter. L'empilement des chroniques de "Franche Culture". La posture de la Pédégère. Le tout-info, alpha et omega, de Céline Pigalle, Directrice de la 1ère radio de France. ¡ Ya basta ! Alors, croiser Tex Avery c'est, avant même de l'écouter, l'occasion d'un franc sourire qui n'attend plus que d'éclater en un bon rire qui fait du bien aux zygomatiques. Il y a cinq ans sur France Culture, Serge Corso, nous proposait le "Toute une vie" d'un ouragan loufoque, Tex Avery (Réalisation François Teste).


















Les cinquante-sept minutes du documentaire passeront aussi vite qu'une salve de dessins animés, qu'autrefois à Noël, Patrick Brion nous proposait dans son "Cinéma de Minuit" (FR3). Corso a réuni le gratin du cinéma et plus spécifiquement du cinéma d'animation. Serge Bromberg, Pierre Lambert, Philippe Dana (1). Ces invités redoubleront d'anecdotes et surtout décriront par le menu l'histoire d'Avery qui a dynamité le dessin animé et permis à des générations de spectatrices et de spectateurs de dépasser l'institution Disney. Avery et ses équipes ont tout osé, tout détourné, tout sublimé, sans jamais laisser le temps au spectateur de reprendre son souffle. On en redemande et franchement Corso et Teste ont réussi leur coup. On est dans le train et on n'a vraiment pas envie d'en descendre.

Imaginer que Gotlib et Goscinny étaient fans n'est pas étonnant. Gotlib était absolument dans la veine du gag de répétition qu'Avery magnait de main de maître. Pour qui connait bien les dessins animés de Tex, en entendre ici des extraits en français, avec entre autre la voix de Gérard Surugue (2), est réjouissant. Difficile ensuite de résister et de ne pas foncer dans sa collec' de DVD du Maître et de s'en faire quelques toiles.

On passe un très très bon moment. Bravo Corso ! 

















(1) Tex Avery : l’art de Tex Avery au studio MGM, de Pierre Lambert (Démons et Merveilles, 1993). Tex Avery de Patrick Brion (Chêne, 1984). Au pays des toons ! de Philippe Dana (Kero, 2020),
(2) Acteur, spécialisé dans le doublage, voix française de Bugs Bunny et Droopy. 

Gotlib


vendredi 4 septembre 2026

Changement climatique : Radio France vire période glaciaire…

Pour illustrer l'interview de Sibyle Veil, Pédégère de Radio France par Le Monde (1) la photo choisie en dit long sur ce que représente la posture de cette femme. Figée, rigide, glaciale. La solitude du pouvoir, son enfermement. La photo est hyper raccord avec le vide, la solitude, l'absence de vis à vis, de contradicteurs, depuis sa tour d'ivoire sans longue vue, sans horizon, sans relief, du lisse et du concluant sans qu'il y ait eu le moindre débat...

Sibyle Veil, Pdgère de Radio France,
dans la salle du Conseil d'administration,
de la Maison de la radio,
Paris, le 1er septembre 2026,
Ed Alcock/MYOP pour Le Monde (2
)



























Comme à son habitude Veil roucoule. Toujours la même chanson constituée d’éléments de langage pour être dans la ligne des tutelles, pour se montrer bonne élève (genre major de promo), inflexible sur des partis-pris qui - à l’insu de son plein gré - stigmatisent, focalisent et polarisent. Garder Erner à la matinale de France Culture malgré sa lourde faute professionnelle, débarquer Adèle Van Reeth, la Directrice d’Inter, en pleine saison, laisser s’infiltrer un journaliste de Valeurs actuelles pour l’édito politique de la matinale du dimanche matin.


C’est depuis 2018 la même posture, raide, sans la moindre faconde à la Arthur Conte, sans la délicatesse de Jacqueline Baudrier, sans la subtilité de Jean-Noël Jeanneney, Veil est seule bien qu’entourée d’une armée mexicaine de cadres et dirige comme si elle dirigeait n’importe quelle entreprise du Cac 40 ou de l'agroalimentaire. Françoise Giroud, journaliste et ex-ministre sous Giscard, disait en 1983 : «La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente."


Si Sibyle Veil n’est pas incompétente, elle n’est pas à sa place. La bascule de la radio vers l’audio, de Mouv’ sur le web, de France Musique sur le Dab+, de France Inter en mode infotainment, et de tant d’autres renoncements auront participé à la fin de la radio de programmes. Audio définitivement noyé dans le magma globuleux de productions sonores de tous poils, propulsées sur les réseaux, sur les plateformes et… dans les ascenseurs.


C’est acté on entre dans une période glaciaire, Veil, sa figure glaciale du commandeur… !


(1) "Radio France : pour Sibyle Veil, « c’est la grandeur du service public que d’être pluraliste», par Aude Dassonville et Michaël Moreau, Le Monde, 3 septembre 2026,

(2) La photo pourrait faire penser à "Nightawks" le célèbre tableau d'Edward Hopper (1942) pour les couleurs, la solitude et une part de vide dans le plein…


"Nightawks" E. Hopper