vendredi 4 septembre 2026

Changement climatique : Radio France vire période glaciaire…

Pour illustrer l'interview de Sibyle Veil, Pédégère de Radio France par Le Monde (1) la photo choisie en dit long sur ce que représente la posture de cette femme. Figée, rigide, glaciale. La solitude du pouvoir, son enfermement. La photo est hyper raccord avec le vide, la solitude, l'absence de vis à vis, de contradicteurs, depuis sa tour d'ivoire sans longue vue, sans horizon, sans relief, du lisse et du concluant sans qu'il y ait eu le moindre débat...

Sibyle Veil, Pdgère de Radio France,
dans la salle du Conseil d'administration,
de la Maison de la radio,
Paris, le 1er septembre 2026,
Ed Alcock/MYOP pour Le Monde (2)



























Comme à son habitude Veil roucoule. Toujours la même chanson constituée d’éléments de langage pour être dans la ligne des tutelles, pour se montrer bonne élève (genre major de promo), inflexible sur des partis-pris qui - à l’insue de son plein gré - stigmatisent, focalisent et polarisent. Garder Erner à la matinale de France Culture malgré sa lourde faute professionnelle, débarquer Adèle Van Reeth, la Directrice d’Inter, en pleine saison, laisser s’infiltrer un journaliste de Valeurs actuelles pour l’édito politique de la matinale du dimanche matin.


C’est depuis 2018 la même posture, raide, sans la moindre faconde à la Arthur Conte, sans la délicatesse de Jacqueline Baudrier, sans la subtilité de Jean-Noël Jeanneney, Veil est seule bien qu’entourée d’une armée mexicaine de cadres et dirige comme si elle dirigeait n’importe quelle entreprise du Cac 40 ou de l'agroalimentaire. Françoise Giroud, journaliste et ex-ministre sous Giscard, disait en 1983 : «La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente."


Si Sibylle Veil n’est pas incompétente, elle n’est pas à sa place. La bascule de la radio vers l’audio, de Mouv’ sur le web, de France Musique sur le Dab+, de France Inter en mode infotainment, et de tant d’autres renoncements auront participé à la fin de la radio de programmes. Audio définitivement noyé dans le magma globuleux de productions sonores de tous poils, propulsées sur les réseaux, sur les plateformes et… dans les ascenseurs.


C’est acté on entre dans une période glaciaire, Veil, sa figure glaciale du commandeur… !


(1) "Radio France : pour Sibyle Veil, « c’est la grandeur du service public que d’être pluraliste», par Aude Dassonville et Michaël Moreau, Le Monde, 3 septembre 2026,

(2) La photo pourrait faire penser à "Nightawks" le célèbre tableau d'Edward Hopper (1942) pour les couleurs, la solitude et une part de vide dans le plein…

jeudi 3 septembre 2026

CEPMA : késaco ? C'était pas mieux avant…

C'était pas mieux avant quand y'avait pas de canicules ! C'était pas mieux avant quand y'avait pas d'inondations ! C'était pas mieux avant quand le gasoil était à 1€ et… c'était mieux avant quand la retraite à 60 ans donnait plus de temps au temps ! Ce truc fastoche du CEPMA permet à chacun de se réfugier derrière une position qui positiverait le quotidien, au-delà du réel quitte, avec fatalisme, à accepter les incendies ! Y'a le feu à France Inter mais c'était pas mieux avant (voir ci-dessous). On trouvera toujours à redire même quand c'était bien. N'en déplaise aux ergoteurs du CEPMA, je pense disposer de suffisamment de recul pour séparer le bon grain de l'ivraie. Toute l'histoire de la radio est jonchée de petites catastrophes, d'accidents industriels, de licenciements abusifs, de passe-droits inadmissibles, de promotions du fait du prince et tutti et quanti. 

Pour autant le "tout info" assumé par Céline Pigalle, Directrice de France Inter est une très grave erreur de stratégie éditoriale, sachant que la chaîne dévolue au tout info est… France Info. Plomber les VSD (Vendredis, Samedis, Dimanches) de la messe de Demorand et des incantations d'Ali Baddou ce n'est plus de la radio ! C'est polariser autour de la présidentielle et surjouer l'actu par-dessus tout avec, comme faux-nez, toute une batterie de chronicroquettes, histoire de bien noyer le poisson et faire semblant d'élargir le champ. Le champ de Demorand et Baddou est miné, étroit et fermé, pour ne pas dire claquemuré dans l'actu bouillante d'une cocotte-minute sous pression. Gaffe quand il s'agira de soulever la soupape. Ça va faire mal.  Quitte à passer par pertes et profits le rêve, l'imaginaire, des horizons inconnus, des voix singulières, des silences reposants, des rires sans qu'il soit besoin de convoquer le ban et l'arrière-ban des humoristes patentés, Pigalle se fout des programmes. 

Je continuerai à regarder dans le rétro comme je continuerai à écouter le présent quand le dit-présent n'est pas obnubilé par le "je", par le superficiel et le superfétatoire, par le vide sidéral et par la médiocrité crasse. Il reste des îlots, ils sont de plus en plus rares. C'était pas mieux avant mais la liberté qui soufflait sur les ondes laissait promettre des lendemains qui chantent… pas des quotidiens qui déchantent.

À bon entendeur, salut !

Pendant ce temps-là France Inter s'enfonce inexorablement vers l'insoutenable. Motion de l'AG des personnels de Radio France réuni-e-s ce 2 septembre 2026, votée à l'unanimité par l'Assemblée Générale des personnels de Radio France.





mardi 1 septembre 2026

Les nouveaux programmes de France Inter… du miel !

N'ayant toujours pas digéré le gloubi-boulga des programmes de France Inter, je me suis fait plaisir (y'a pas de mal hein pas plus que de malin) à fouiller dans les archives d'ina.fr et d'y trouver une pépite de "Micros et caméras" de mile-neuf-cent-soixante-neuf (je fais exprès de l'écrire en toutes lettres pour ceux qui, déjà à la quatrième ligne, me jettent des pierres, n'est-ce pas M. Couturier ?)… Donc, installez-vous bien, voici 26'33" de bonheur, soit beaucoup plus que Sylvie Vartan et Carlos qui se contentaient de 2'35"…

Gérard Klein















Apparaît Roland Dhordain, Directeur de la radio à l'ORTF qui, depuis fin juin 1968, a pris les rênes de la radio publique… Tout à son aise le Directeur déroule le tapis rouge des programmes avec un sens inné pour tenir spectatrices et spectateurs en haleine. Et puisque cette année-là les programmes vont se succéder en heure pleine, l'ancien instituteur, didactique, fera défiler à l'écran chaque animatrice et animateur des différentes cases de la grille. Et de 6 à 9, Georges Lourier (1926-1985) "qui revient"… Et à 9h du matin "un nouvel animateur Pierre Bouteiller" (1934-2017) (1) qui nous parlera depuis le studio 133 de la maison de l'ORTF. Et à 11h du matin "le retour de l'enfant prodigue"… Gérard Klein qui nous propose de 6h à 7h du soir "une présence gaie"

Et à 14h (après la Bourse) le feuilleton, le feuilleton, le feuilleton… "Noëlle aux quatre vents". Et à 16h, Claude Dufresne s'intéressera aux femmes (ce que fait déjà Annick Beauchamp "Madame Inter") à 16h). À 17h "Radioscopie" de Jacques Chancel "On ne change pas une émission aussi importante" (créée à la rentrée 68). À 19h30 "Point d'interrogation" de Pierre Wiehn, "la bande dessinée culturelle de France Inter" dixit Dhordain ! Et à 21h30 un animateur qui s'est révélé dans l'expérience du mois d'août, Daniel Hamelin. Et le Pop-Club de José Artur de 22h30 à 1h30 (voilà Sonia Devillers ce qu'on peut appeler une longue émission !)

Dhordain : "Il faut des programmes beaucoup plus composés, beaucoup plus nourris en week-end" (2). Nous reprenons l'expérience de TSF 69 avec Jean Garretto et Pierre Codou, (soit treize heures de programmes du samedi 14h au dimanche 19h). Et le samedi matin dès 5h à 9h "la route en direct". À 9h du matin nous retrouvons Gérard Klein (qui bosse donc du lundi au samedi, ndlr) pour "TSF Évasion" (3). 

L'indicatif de fin de cette émission de "Micros et caméras" est "L'étrange voyage de M. Brendwood" de Michel Colombier. Indicatif de TSF 68 jusqu'à TSF 71 juste avant… "L'oreille en coin" (1971-1990).

(1) Viré d'Europe n°1, pour avoir osé une blague sur le Général de Gaulle, Dhordain s'est empressé de le récupérer pour Inter. Maurice Siegel patron d'Europe n°1 à Bouteiller : "Je n'aimais pas ce que vous faisiez, mais je vais adorer ce que vous n'allez plus faire. » Cette sentence quelque fois attribuée à Dhordain "Je n'aimais pas ce que vous faisiez, mais je vais adorer ce que vous allez faire sur France Inter."

(2) Totalement incompréhensible pour Céline Pigalle, Directrice de France Inter,
(3) Je découvre que TSF a fait des petits !

lundi 31 août 2026

France Inter : le grand mix en… bouillie de chat !

C'est quoi cette grille de rentrée ? Et d'abord comptons les disparu(e)s. Adèle Van Reeth virée de son poste de Direction en mars et qui voulait revenir à l'antenne… Chou blanc. Eva Bester idem, la case du 20h refourguée à Laurent Goumarre. Pourquoi ? Qu'a donc fait Bester pour mériter un tel sort ? Nul ne sait. Nora Hamadi virée de la Revue de Presse pour laisser sa place à un débutant qui mâche (et mâchouille) ses mots, on va pas mâcher les nôtres ! Emmanuel Khérad, puis Lilia Hassaine et "La librairie francophone" refilée à Goumarre (faut assurer des fois qu'il conserverait les émoluments de sa fonction d'ex-Directeur des programmes). Par contre la deuxième heure de "Zoom zoom zen" devait disparaître. À bout de souffle, Mathieu Noël son animateur et une émission…  interminable. Quant à Thomas Legrand, journaliste qui devait revenir à la rentrée, ce ne sera pas le cas. Il n'y avait donc personne pour inventer quelque chose à cette heure fétiche de 17h ? Gâchis absolu. On racle les fonds de tiroir et la Directrice, Céline Pigalle, fait tout c'qu'il faut pour imposer l'info… tout en haut ! Et il n'y a toujours pas de Directeur/Directrice des programmes. À quoi servirait-il ? À quoi servirait-elle ?

















À commencer par les fins de semaine que Pigalle appelle les ouiken. Baddou en VSD (vendredi, samedi, dimanche) et Demorand au p'tit déj' du samedi et dimanche de quoi avoir envie d'aller écouter Fip ou sa propre playlist, voire lire Télérama (pas les pages radio encensoir de première !). Ben non on va pas écouter, ressassé, ratiociné, ergoté ça suffit de la semaine. On veut vivre autre chose que les lamento de l'info mis à toutes les sauces pour mieux faire avaler la pilule.

Ajoutez à ça les multi, pluri, redi… fusions et vous aurez le profil d'une chaîne qui ne compte plus que sur sa place de première, jusqu'à ce que le vent tourne et envoie une sacrée claque à ceux qui n'auront pas su inventer la radio d'aujourd'hui… The dream is over !

dimanche 30 août 2026

"Je vous embrasse, c'est dimanche, c'est permis"… (Kriss)

Hier, au téléphone, j'aurais bien aimé, en terminant notre causerie, dire à mon interlocutrice "je vous embrasse"… On était samedi et c'était pas permis ! Hier, comme ça m'est arrivé de nombreuses fois, depuis 15 ans avec telle ou tel, j'ai pu converser avec une productrice de radio, de France Inter précisément. Elle qui a "bercé" et accompagné de nombreuses années auditrices et auditeurs. Ce que j'ai envie de vous raconter c'est à quel point c'est troublant d'entendre dans son téléphone une voix qu'on a tellement entendue et écoutée à la radio. C'est troublant et intimidant. Eh ben oui, après tant d'années je suis toujours aussi intimidé. D'abord parce que jamais je n'aurais imaginé que ces "vedettes" pourraient m'adresser la parole. Et encore moins que je sois capable de leur dire autre chose que "vous êtes formidable" ! J'ai eu dix ans (2001-2011) pour me préparer avant le démarrage de ce blog.

Kriss














Je ne ferai pas ici la liste des productrices et producteurs, réalisatrices-réalisateurs, ingé-son, attachées de production, autres programmateurs émérites, animatrices, comme d'autres personnels de la radio publique rencontrés mais, comme je l'ai écrit ailleurs, ils sont dans ma comète et m'ont permis de nourrir ma culture et d'approfondir l'histoire de la radio. Je n'avais pas autant d'assurance il y a quinze ans pour oser raconter quelques faits et anecdotes qui font la matière de cette "fabrique" là. Avec mon interlocutrice d'hier, comme c'est le cas souvent, nous avons redoublé de souvenirs et pu croiser nos "visions". La sienne "in", la mienne "out". Et évoquer des hommes de radio comme Dhordain ou Garretto et des femmes de radio comme Kriss qui me permet de faire le titre de ce billet. On se raconte des histoires avec la même vivacité qu'une partie de ping-pong. Ça vibre, ça vit et ça se remet au présent… "comme si c'était hier" ! Quelle pirouette à accomplir !

C'est un univers la radio. C'est un média qui a accompagné son temps jusqu'à ce que des managères de moins de cinquante ans se piquent de management comme ils auraient managé une fabrique de petits pois en conserve ou une start-up du Marais à Paris.

Alors, encore une fois, merci à vous toutes et tous d'avoir accepté d'évoquer vos bons et moins bons moments, d'avoir témoigné pour l'histoire. L'histoire de la radio vous appartient et je suis heureux de l'avoir entendue de vos voix si singulières et tellement touchantes. 

Je vous embrasse, c'est dimanche, c'est permis.

samedi 29 août 2026

Samedi rime avec rugby…

Il fallait bien que je sorte de la nasse de la semaine épouvantable de rentrée de France Inter qui a tenu toutes ses promesses d'errements et de renoncements. Seul îlot de détente les Nuits de France Culture qui proposaient "Rugby, fête de l'Occident" * par le grand Jean Chouquet (aucun lien de parenté avec Yann Chouquet) et les lectures de Jean-Pierre Marielle et Michel Creton… Pour ce qui concerne ce sport, mâtiné de Sud-Ouest, j'en étais resté au documentaire de Marion Thiba "Le rugby ou le mystère de la balle ovale" (1)…

















* Pour l'instant la page de l'émission n'est pas dispo, cliquez ici puis cherchez à 00h54 dans le programme pour écouter le documentaire.

André Boniface (1934-2024) "La foi je l'ai eue à travers le rugby…, ce sport dans le même mouvement que la vague qui finit par venir s'allonger sur le sable. Quand on vit un match c'est comme un morceau de musique." Avant ces mots de l'international de rugby, ce sont Jacques Sallebert, Directeur de la radio à l'ORTF (2) qui exprime sa ferveur d'un sport qu'il appelle une "religion", puis Jean-Pierre Marielle, le comédien qui lira quelques pages d'un auteur sur ce phénomène sportif : le rugby. Et pour Raymond Abelio "Le stade c'était le moment le dimanche où l'on allait communier avec quelque chose d'autre que la vie quotidienne". (3)

Et voilà qu'Antoine Blondin (1922-1991) entre en scène : "Il propose un art subtil de la réussite dans l’abnégation et l’amitié ou l’homme réputé inachevé par essence se complète enfin, à travers les autres. Un semblable culte de la personnalité suppose une juste distribution des tâches et qu’à chacune des évocations physiques correspondent des dispositions morales. On se plaira à considérer que celle-ci affecte les formes des trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité." Amen ! 

Il poursuit "La foi appartient aux avants dans leur conquête du ballon. On les voit têtus, obtus, battre l'air à la touche, afin de s'emboutir dans le paquet de la mêlée où ils tordent de la viande, comme on essore du linge, en roulant inlassablement des bras de lavandière en béton armé. La charité vient des demis qui transmettent la balle par un rapide calcul où l'esprit de finesse s'introduit dans l'esprit de géométrie. Eux on les voit par le sortilège d'un coup de rein, déployé l'éventail de leur partenaire comme une gitane qui s'évente et cette opération par le fait même peut ouvrir un trou d'air vertigineux. L'espérance enfin s'attache à la course des trois-quarts avec l'aubaine éventuelle d'un arrière intercalé, en l'honneur de qui leurs adversaires directs sonnent des halali car le plus pathétique et le plus succulent apparaissent à l'instant où le rugby démasque ce beau visage ouvert, en même temps viril et frivole qu'il a parfois. Cette allégresse concertée où les éclairs de l'improvisation zèbrent le stade par une illumination qui annonce l'aube." Ite misa est.

Le lyrisme de Blondin et sa capacité phénoménale à décrire les postures sportives, comme il a su si bien le faire dans l'Équipe pour tant et tant de Tours de France. Tout ça devrait vous donner envie de rester dans le match et d'écouter les 100' de ce documentaire vibrant.

En 1974 (et avant) pour les après-midi de France Culture, les auditeurs et les auditrices pouvaient téléphoner à la chaîne au 525 42 42 et en PCV s'ils habitaient la Province… O tempora o mores…

(1) Disponible en VOD. à l'Ina,
(2) ORTF (1964-1975) qui vit ses derniers mois avant la création de Radio France,
(3) Il nous en faudrait aujourd'hui des matchs de rugby pour sortir de la vie quotidienne !

vendredi 28 août 2026

France Inter : Pigalle veut polariser nos fins de semaine à l'infotainment !

Un exercice de style entre communication, convictions pour l'info (mais pas pour les programmes) et enfilage de perles ! Céline Pigalle, Directrice de France Inter, a donné à Télérama (1) une interview de très haut vol. Quelques extraits pour se préparer à être bien polarisé. Sachant que Sibyle Veil s'engage, dur comme fer, à ce que les chaînes de la radio publique dépassent la polarisation infernale de la société. Donc Veil dépolarise (vœu pieux) et Pigalle polarise (conviction). C'est ça la cohérence de Radio France. S'agit juste de naviguer à vue dans cette incohérence formelle et désespérante.

Céline Pigalle










Pigalle y croit dur comme fer ! C'est son credo : "Intuitivement, je voulais repartir à la bataille sur les week-ends, car ils seront des temps forts de la campagne présidentielle." Repartir ? Elle était déjà partie à la bataille ? Mais où ? Pas sur France Inter (elle n'est en place que depuis mars 2026) ! Sur les week-ends !!! Ben voyons Léon, Pigalle décide donc de pourrir nos fins de semaine radiophoniques avec de la campagne présidentielle à tous les étages et de l'info jusqu'à plus soif ! C'est pas de la polarisation ça ? 

Le plus lunaire est à venir. "Il m’importait que nos auditeurs ressentent une continuité d’écoute dans la grille sept jours sur sept". Là on est dans le comique-troupier. Depuis quand (et par qui ?) les auditeurs demandent une continuité d'écoute ? Continuité d'écoute c'est pas le bon mot Madame Pigalle car si on écoute autre chose que du bourrage de crâne et de la propagande c'est, de toutes façons, ne vous en déplaise, de la continuité d'écoute. On voit bien que la seule chose qui vous anime c'est l'info surdopée à l'info, quant aux programmes on verra plus tard. Tragique.

Jacques Sallebert, Journaliste et Directeur de la radio à l'ORTF, incitait auditrices et auditeurs à écouter la radio en fin de semaine, constatant que l'activité de chacun n'est plus la même les samedis et dimanches. Pigalle ne veut rien lâcher, imposer sa vision (étriquée) de la radio et renvoyer aux calendes grecques la nécessité de laisser une grande place à l'imaginaire, au rêve et à la diversion.







La Directrice poursuit : "Ensuite, ce qu’il faut à la radio, c’est du direct, du direct et du direct." Ah bon ? En quoi une émission enregistrée n'aurait pas sa place dans la grille ? Si elle nécessite une production et une réalisation pourquoi s'en priver ! Vision bien primitive de la fabrique de la radio, particulièrement à Radio France qui a tiré son excellence des émissions "élaborées" ! Mais attention le meilleur est à venir :

François Rousseaux (Télérama) : Quelles ont été vos sources d’inspiration ?
"Écouter des reportages. Notamment dans Là-bas si j’y suis, de Daniel Mermet, sur France Inter. Cette émission correspond bien au titre bouleversant du livre d’Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne. Et c’est ça, le journalisme : raconter d’autres vies que la sienne, par-delà les opinions des uns et des autres." Là on s'étouffe, on se pince grave ! Bloch vire Mermet en 2014 après 25 ans de bons et loyaux services et Pigalle voudrait refaire du "Là-bas si j'y suis" sans s'en donner les moyens puisqu'aucune case de la grille ne répondra à la "patte" de Mermet. Donc une phrase de com'. Un genre de vœu pieux pour la galerie ou les gogos qui croient au Père Noël !

Pigalle ajoute : "J’essaie d’être une bonne patronne !" (Syndrome du patronat dans les industries culturelles) Qu'on se le dise Pigalle va donc manager comme une patronne de grosse PME. Ce langage de managère de moins de cinquante ans pollue le service public radiophonique. Pigalle est Directrice d'antenne. Elle ne patronne rien du tout. Point barre.

Et pour finir, en se tapant sur les cuisses, Rousseaux demande à Pigalle où en sera France Inter dans dix ans ! "À une grande marque média, avec pour cœur de métier la radio, écoutée au Liban, au Sénégal, au Québec, partout dans le monde, sur son téléphone, avec l’appli." C'est dingue ce don de voyante extra-lucide ! Qui pourra dire ce que sera Inter même dans deux ans ? Personne. Beaucoup de facteurs politiques, économiques et culturels peuvent bouleverser la donne. On verra en juin 2027 comment une grille focalisée sur l'info aura pu ou non prospérer ou commencer une longue descente aux enfers… Wait and see !

Question subsidiaire : à quoi peut bien servir un Directeur/Directrice des programmes quand la Directrice décide de tout et particulièrement quand le poste est vacant ?

Et ceci pour mieux polariser !