mercredi 8 juillet 2020

P.C. et M.G. sont dans un bateau (une galère en fait)…

Donc, une ancienne animatrice de radio publique et un ancien Pdg d'un groupe public de radio se retrouvent ce matin dans une ancienne station généraliste. L'une tiendra le micro, l'autre tentera de répondre à des questions. La première Pascale Clark qui a publié "Mute" en février n'est pas restée muette très longtemps. Le second révoqué par le CSA en février 2018 a écrit un livre sur la… sur la… sur la voix pardi. ! Les deux étaient donc faits pour se rencontrer n'est-il pas ? 



Après avoir invité Patrick Cohen (journaliste à Europe 1, ex anchorman d'Inter) lundi, Clark n'a pas ce jour hésité à inviter son ex-employeur au micro d'Europe 1, sans aucune arrière pensée, juste pour être dans l'actu koa ! Mathieu Gallet qui fait la tournée des plages pour inciter le chaland à tourner les pages d'un livre qu'il aurait écrit sur la voix, n'a pas hésité à venir causer à son ancienne employée. L'intéressé était lui-même en représentation chez Léa Salamé (Inter, lundi matin). La tambouille de l'entre-soi médiatique continue sa sarabande et s'en donne à cœur joie ! On va s'gêner !

On a presque pleuré quand on a appris que "C'est en entendant Pascale [Clark] dire que la radio lui manquait qu'on s'est dit qu'elle manquait aussi à la radio», explique au Parisien Nadia Milosevic, directrice adjointe aux programmes d'Europe 1, le 8 juin dernier. Je me demande si je ne vais pas envoyer à Mme Milosevic, un livre avec la liste de tous les ex-animatrices ou animateurs auxquels la radio manque et qui manquent à la radio. Qu'est-ce qu'on s'marre ! Clark qui hurle aux loups depuis trois ans a fini par être entendue à Europe 1. C'est un vrai conte de fée ! 

On a presque pas pleuré quand on a appris que le bonimenteur était sur la voie du camelot qu'essaye tant bien que mal (mal surtout) de fourguer sa camelote aux crédules de tous poils.

Gageons que dans les jours à venir Clark recevra le gotha de ses "amis" :
- Laurent Guimier, ex-patron d'Europe 1,
- Jean-Luc Hees, ex-Pdg de Radio France,
- Candice Marchal, co-créatrice (avec Clark) de feu "BoxSons, un média de reportages sonores",
- Philippe Vandel, le détenteur de la case qu'elle occupe pour l'été !

On verra très vite, à la rentrée si Clark manquait tant que ça à la radio et si Gallet manquait tant que ça à la roucoule de foire médiatique !

* L'audition de Sibyle Veil à l'Assemblée Nationale pour faire le point du Contrat d'Objectifs et de Moyens, est reportée du fait du remaniement, (donc je peux écouter en live E1)

lundi 6 juillet 2020

¡ Ya basta, Radio France !

C'est un florilège que Radio France nous assène au carrefour des grilles d'été… Là j'en peux plus ! Je suis pas payé pour me lancer dans des analyses qui plombent l'entendement. La radio publique est devenue une grosse comédie et les dindons de la farce ce sont nous les auditeurs. À force de nous vendre de la pommade on va finir par attraper des boutons.

Publicité parue dans Le Monde
daté 3 juillet 2020























Petit flirt entre amis
Mercredi dernier, Léa Salamé, recevait sur France Inter, un ancien Pdg de Radio France, révoqué par le CSA en février 2018. Mais que venait donc faire cette personne dans la matinale ? Facile, vendre chaussettes et caleçons de son développement personnel. Pourquoi lui ? Pourquoi pas Alexandre Heraud (ancien de Culture et d'Inter) qui a créé le studio Écran Sonore ? Carine Fillot (ex-Inter) qui a créé Elson ? Julien Cernobori (ex Inter et Musique), Juliette Volcler/Pi-node, David Christoffel (Espace 2, France Culture, et ex- Musique), Métaclassique, Nicolas Horber/Radioïde, Sarah Lefevre/Transmissions, Anthony Gouraud/Des Ondes Vocast… ? Et cette interview complaisante on appelle ça de l'info quand c'est juste de la propagande !

Ben tiens puisqu'on en parle !

Le Cercle des Entrepreneurs a signé avec Radio France pour pouvoir organiser cette année ses rencontres annuelles, sises 116, avenue du Président Kennedy (Paris, XVIè), siège de Radio France. Placard dans Le Monde et retransmissions hier sur franceinfo.fr, pour entendre propositions et conclusions ! Le voilà le "futur" Studio Radio France : moyens techniques, studios (6 de mobilisés pendant 3 jours) et promotion sur une chaîne publique. Le tour est joué. Le sale tour est joué ! À qui le tour demain ? Le congrès du Medef, la convention Hermes, un meeting Mac Donald ou Deliveroo…



De Gaulle oui, De Gaule non…

Le 28 juin, Laurence Bloch, directrice d'Inter poste sur son compte Twitter "Formidable premier épisode. Suivi de 13 claps de mains qui applaudissent ?" Elle répond à l'annonce De Thomas Legrand, éditorialiste d'Inter, et son podcast "De Gaulle 2020 : le mythe !" diffusé d'abord à l'antenne, le dimanche à 13h30 tout l'été. On notera avec l'illustration ci-dessus comment il faut dès le 3 juillet ne pas oublier le partenaire : La Croix !

Pourtant, je me rappelle que la longue série de "La marche de l'histoire" de Jean Lebrun, en 17 épisodes en juin dernier, "La tragédie de juin 40" n'a pas eu les honneurs de la directrice sur Twitter ! Bloch ferait donc un choix "stratégique" sponsorisé par un quotidien national et pas sur son producteur qu'elle fréquente (et apprécie) depuis le début des années 80 à France Culture et depuis 2011 à Inter ?


Mais voilà qu'hier dimanche, Benoît Daragon, journaliste "médias" au Parisien évoque une interview par Carine Didier de Laurence Bloch dans son journal et, l'arrêt de "La marche de l'histoire" (1). Ceci pouvant alors expliquer cela ! Lebrun dans sa dernière, le vendredi 26 juin évoque, sans rien citer, "d'autres aventures à d'autres horaires" ! (2) On pourra dire qu'à cet horaire de 14h30, la saison 19/20 a été "La marche" de trop. Quelle mauvaise idée de faire se succéder Lebrun et Drouelle pour l'un évoquer l'histoire, l'autre des histoires ! Rappelons à ceux qui sont persuadés que tout a été inventé hier matin que c'est Jean Garretto, formidable producteur et directeur d'Inter de 1983 à 1988, qui a inventé la case de 13h30 pour "Le passé singulier" de Michel Winock et Claude Dominique. Et que "2000 ans d'histoire" (Patrice Gélinet) et "La marche" ont fait les belles heures de cette case !


¡ Ya basta !
J'écouterai un peu la radio cet été, particulièrement Retour de plage, du lundi au vendredi 18h/20h sur France Musique, avec Thierry Jousse et Laurent Valero *. Je boucle ce mois-ci ma neuvième année de blog, pas sûr que j'entame la dixième. On verra ! Bon été à toutes-tous…

* et Sibyle Veil le 8 juillet à l'Assemblée Nationale,



(1) Quant au retour du pitre pitoyable Beigbeder c'est juste se foutre de la gueule des auditeurs ! Grave !
(2) Il semblerait que Lebrun tente un genre de "Concordance des temps" (cf Jean-Noël Jeanneney sur France Culture), dans le 13/14 d'Inter, comme quoi la case 13h30 était bonne pour l'Histoire !!!!!!

lundi 29 juin 2020

Baudrier vs Veil : l'éthique et le toc…

Fallait pas ! Fallait pas que j'aille réécouter sur Madelen la Radioscopie de Jacqueline Baudrier (1), journaliste et première Pédégère de Radio France (1975-1981). Fallait pas car je savais que ça ferait très mal. Comment oser comparer Baudrier qui vient du sérail (ex-directrice de la rédaction de France Inter) et un produit de l'énarchie dépourvu de la moindre sensibilité pour la question radiophonique ? La communication superfétatoire de l'actuelle Pédégère cache mal ce qui attend le personnel des sept chaînes de Radio France à la rentrée. Pour l'instant "Faisons comme si" pensent ensemble direction et directeurs de chaîne, les grilles d'été masquant mal une catastrophe annoncée.


À cette agression caractérisée d'un lieu médiatique
(jeudi 25 juin 2020)
Madame Veil n'a pas jugé utile de manifester
sa plus haute réprobation !























Je ne me suis pas encore remis de l'absolue médiocrité de sa prestation dans le talk de Yann Barthès sur Quotidien la semaine dernière. Journalistes médusés et hagards, débatteur flagorneur, éléments de langage estampillés "langue de bois/méthode Coué", zéro info, mépris pour les auditeurs du service public, prospective inexistante soit l'équivalent de cette photo pipole qui ne montre que le vide sidéral de la pensée et de l'incarnation pourtant indispensables à un tel niveau de responsabilités !

Juillet et août vont être différents mais, pas un seul média n'a eu envie d'interpeller Veil pour lui demander autre chose que les miyons et les miyards, les podcasts natifs et les quelques vedettes (toujours les mêmes) qu'elle met en avant ! Qu'advient-il de sa façon d'avoir "syndiqué" d'autorité les France Bleu pendant le Covid ? Combien de temps va durer la comédie du double langage pour la fermeture des locales de Fip et des sessions d'info sur la chaine ? Quid de la plateforme Frisch (2) qui devait bouleverser la façon d'écouter la radio publique ? Quid encore de l'ouverture de France Bleu Lyon, serpent de mer inventé par Hees, cajolé par Gallet et poursuivi par Veil ?

Jusqu'à quand les médias vont se satisfaire du "on produit tout nous-même" quand les studios de production privés sont à l'affût derrière les grandes baies vitrées de la maison de la radio prêts comme jamais à coproduire ? Pourquoi la fin de Sophia n'intéresse-t-elle aucun média ? Il y a pourtant du pluralisme et du service public avec cette entité. Pourquoi a-t-elle mis tant de zèle avec Delphine Ernotte à "marier" France Bleu et France 3, sans qu'aucune autorité ne l'ait imposé ? Pourquoi le silence est total sur l'alerte orange qui concerne France Bleu ? Pourquoi cette pantomime autour de la musique et cet affichage sur la tour de Radio France quand France Musique, Fip et Mouv' sont menacées d'une mutation inexorable vers le web ?


Écran du talk "Quotidien" repris sur le fil Twitter
de Sibyle Veil














À la rentrée Madame Veil s'appuiera sur la crise de la presse, celle des médias audiovisuels privés (Altice, RTL,…) et sur l'injonction gouvernementale à redistribuer ses aides financières en fonction des priorités sanitaires et économiques vitales et disposera alors d'un boulevard pour faire passer la pilule de son projet de réorganisation : départs volontaires, transformation des directions et des hiérarchies managériales, nouvelles méthodes de travail (télé-travail), etc, etc. 

Pendant ce temps le rouleau-compresseur Spotify, que dis-je les cinquante ou cent rouleaux-compresseurs en ligne (en ligne comme les moissonneuses-batteuses du middle-west ou d'Ukraine) écrasent tout sur leur passage et captent un public de plus en plus en phase avec ses offres ! Laurent Frisch peut toujours nous annoncer (pour demain, après-demain, après-après demain) l'évolution radiophonique, la révolution c'est Spotify qui la mène. Frish et consorts n'auront bientôt plus que Lisieux pour pleurer !

Puisqu'on parle de Lisieux, j'oubliais, pourquoi personne ne demande à Sibyle Veil à quoi va jouer le directeur de franceinfoTV, Laurent Guimier ? Là encore les gros sabots de l'intéressé, la maladie du zèle d'acter la holding avant même sa création (et quand bien même son abandon) laissent présager une… fusion. Pour aller où ? À la radio ou à la TV ? Devinez ? Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer une OPA cousue de fil blanc !

Alors si avec tout ça la radio d'État vous tente encore, faites-vous plaisir. Je suis non seulement très pessimiste mais encore bien plus, désabusé ! Une machine infernale a été lancée et on ne voit pas qui ou quoi pourrait stopper sa course folle ? Nous serons en septembre ou en octobre mis devant le fait accompli (3) ! Alea jacta est

Plutôt que de twitter de façon conventionnelle les 40 ans des premières locales : Fréquence Lille, Radio Mayenne, Melun FM, Madame Veil aurait été inspiré de nommer Jacqueline Baudrier qui, avec ses équipes, avaient "inventé" en 1980, les radios locales de Radio France. Communication de circonstance, une fois de plus désincarnée et glaciale ! Rideau !

(1) 6 janvier 1976, un an après sa prise de fonction Baudrier répond à un intervieweur lourdingue et sexiste, quand elle est subtile, délicate et convaincue !
(2) Laurent Frisch, directeur du numérique et de la production,
(3) Le 8 juillet à 9h30, Veil sera reçue par la Commission Culture de l'Assemblée nationale, en audition pour le point annuel du Contrat d'Objectif et de Moyens, 

mercredi 24 juin 2020

Pendant la crise la Pédégère de Radio France parade à la TV…

Comment le spectateur du talk "Quotidien" (TMC, 19h30-21h15) n'a pas, lundi dernier 22 juin, fui l'antenne en voyant apparaître Sibyle Veil, Pédégère de Radio France ? Lisse comme à son habitude, "ailleurs" qu'à la radio, en représentation sans incarnation, Veil est venue répondre à la flatterie d'un Barthès (visiblement fasciné et ayant perdu son mordant habituel) et débiter des phrases toutes faites, une roucoule rodée et sans saveur, une com' pour vendre la dernière station balnéaire ou les p'tits gateaux bio de l'apéro. Julien Bellver, le journaliste média de l'émission, n'a pas communiqué comme à son habitude, hier mardi, les chiffres de l'audience.



Veil est donc venue confirmer qu'on venait d'installer quelques ampoules de couleur sur la tour de Radio France inscrivant "Maison de la radio et de la musique". Soit affirmer le temps d'un été, ce que d'aucuns pourraient réfuter (elle n'est pas la seule), Radio France s'engage pour la musique… Plus didactique y'a pas ! Et depuis quand la radio a besoin d'écrire sur les murs ce qu'on peut entendre sur ses antennes ? L'idée est simple il faut partout dire "on est là, on est avec vous (les Français, les artistes, les chanteuses,…), on est les meilleurs". C'est bon pour les tutelles, la Sacem et la gloriole. Méthode Coué au sommet.

Le mutisme de Bellver face à autant d'auto-satisfecit est pathétique ! Pourtant le journaliste média avait de nombreux sujets sur lesquels Veil aurait pu disserter ! Mais le principe de l'émission veut que la castagne soit toujours mise en scène sans que les protagonistes soient présents (1). Bellver aurait pu l'interroger sur l'Alerte Orange que vient de rendre publique la C.G.T., sur la façon dont l'ensemble du personnel allait pouvoir réintégrer la Maison à la rentrée, sur la détresse de toutes celles et ceux qui, crise sanitaire oblige, ont été isolés et démunis. Sur la fin totale de Sophia, sur la fin des locales de Fip, sur le serpent de mer de France Bleu Lyon, etc.

Comme Saint-Louis sous son chêne…
Sibyle Veil, magnanime et habile, a décidé de façon unilatérale, à défaut de rendre la justice, de renvoyer à la rentrée les négociations concernant la réorganisation de Radio France. C'était le 26 mai dans les colonnes du Figaro. À cette date, cinq semaines avant les congés d'été, on voit mal comment il put en être autrement. Coup de com' qui pourrait laisser croire aux benêts que Veil a voulu donner du temps à un projet qu'elle n'a de cesse de vouloir imposer contre leur gré à un personnel, inquiet et désemparé devant les perspectives présentées depuis un an, bouleversant les fondements même de la radio. Com' d'hab' Veil hors-sol, hors-radio, est au garde à vous des décisions politiques qui, suite à la crise sanitaire ne manqueront pas, d'ici la prochaine rentrée, d'impacter très lourdement la radio publique.

Les exemples de la presse (papier et web), des radios et télés du Groupe Altice, en déconfiture absolue donneront des ailes à Veil pour inciter les personnels de Radio France à la "(dé)raison". Les injonctions du gouvernement envers les services publics risquent d'être imparables et Veil aura alors un boulevard de soutien pour engager son plan de réorganisation et plus si affinités. La visite de la Pédégère à Quotidien était juste une opération de com'. Minable, pathétique et superfétatoire !

(1) Les saillies souvent drôles de Barthès en début d'émission ou pendant le "Morning-Glory". Demander à Veil si elle se voyait patronne d'une holding audiovisuelle alors que France Médias est dans les choux, c'était cocasse pour ne pas dire "à côté de la plaque" !

mardi 23 juin 2020

Casser la voie…

Au fil de l'eau, il y a trois semaines on apprend, au détour d'un détroit, que Majelan c'est fini ! Patatrac ! La façon d'agrégation (coulos), l'attrappe-tout du podcast du moment, la re-diffusion (non autorisée) de podcasts (par exemple ceux de Radio France), c'est fini ! Rideau ! On remballe la camelote. On passe à autre chose. Sans autre forme de procès. Enfin si, les deux créateurs de la start-up, Arthur Perticoz et Mathieu Gallet, se sont fendus d'une communication subtile. Ils ont produit un… podcast. Étonnant, non ?

Un autre Magellan













Après avoir annoncé sur tous les toits qu'ils allaient devenir, sans rire, "le Netflix du podcast", Filochard et Ribouldingue, les joyeux pieds nickelés de la gaudriole, se sont pris une veste magistrale. Les miyards d'abonnés ont fui sous d'autres agrégats, les actionnaires ont psalmodiés unanimes "Adieu veaux, vaches, cochons, couvées, thunes…" et le reste des Français a continué à se taper sur les cuisses. De joie.

Sans blague ! On a eu beau faire le beau au cabinet d'un ministre, présider l'Institut National de l'Audiovisuel et Radio France, avoir été révoqué par le CSA, ça ne suffit pas à s'improviser marchand de cravates dans un parapluie au carrefour des boulevards St Germain et St Michel. Gallet si. Il y croit. Dur comme fer. Mais le fer (à dix sous) c'est pas cher comme le disait sans rire, Bourvil, un vrai comique, lui. 

Le podcast de fin de partie s'appelle "Le 7 juillet, nous lançons une nouvelle application". Ça donne envie non ? Préparez-vos mouchoirs ! Avec un ton (il n'a jamais su l'avoir) de misère, les gaziers nous expliquent comment ils vont nous vendre du développement personnel. Le développement personnel de qui ? Le leur ? Le leurre. Faudrait vraiment rien avoir à foutre d'autre pour tenter (et croire) se développer juste par les effets subliminaux de la voix. Autant prendre sans compter une bonne rasade de l'élixir de l'abbé Soury, sinon c'est 20' de foutues à écouter des sornettes !

Justement la voix. Non content de chambouler Majelan dans ses fondements, Gallet publie, il y a quelques jours, quelques feuillets "Le nouveau pouvoir de la voix". On reste sans…* C'est marrant dans le titre c'est surtout le mot "pouvoir" qui retient mon attention. Car franchement on n'a pas attendu les mantras du chef d'entreprise (sic) pour, depuis les origines du monde, être convaincus des pouvoirs merveilleux ou maléfiques de la voix.

Quant à la sienne de voix elle ne compte pas. Il lui faudra trouver autre chose pour tenter d'attraper les mouches et peut-être enfin trouver sa voie !

* L'éditeur contacté affirme qu'il n'y a pas de faute d'orthographe dans le titre. C'est bien voix qu'il faut lire et non "voie" comme je l'avais entendu(e) !

lundi 22 juin 2020

Zorro est arrivé : changements à la tête de la chaîne…

Lundi dernier, 15 juin, la commémo de l'Appel du 18 juin 40 n'est pas dans les radars des médias. Brouillard total. C'est ce moment, sensible et creux, qu'a choisi Delphine Ernotte-Cunci, Pédégère de France Télévisions, à deux mois de la fin de son mandat, pour faire des nominations stratégiques. Un peu comme si, inquiète du renouvellement de son mandat fin août, elle voulait placer quelques personnes pour continuer à faire le job ! Quel job ? C'est ce que nous allons voir. Les médias participent des mêmes intrigues que les politiques. Avant un remaniement, une cohabitation, les ministres et autres secrétaires d'État placent leurs affidés à des postes où ils seront assurés de ne pas être tout de suite au chômage. Et/ou continuer l'"œuvre" entreprise.



14 juin. Sur son fil Twitter, Caroline Sallé, journaliste au Figaro poste : "Franceinfo: changement à la tête de la chaîne. Laurent Guimier remplacerait Alexandre Kara". Je relis trois fois le tweet. Alexandre Kara. Qui c'est ça ? France Info, mais laquelle, radio ou TV ? Voilà déjà une preuve, s'il en était besoin, de la confusion possible entre les deux chaînes de service public, dédiées à l'info en continu. Jamais entendu parler d'Alexandre Kara ! Faut dire que je ne regarde pas la TV, et encore moins les chaînes d'info en continu, et encore moins celle créée du seul fait du Prince (François Hollande, Président de la République, 2012-2017). À l'époque Laurent Guimier, nommé par Gallet en mai 2014, directeur de France Info, participe à l'élaboration de cette chaîne, dont les audiences quatre ans plus tard sont toujours aussi confidentielles, laissant caracoler loin devant BFMTV dans bon nombre de foyers français.

Le 17 juin, dans leur article du Monde (1), Sandrine Cassini et Aude Dassonville écrivent : "L’idée, cette fois, est de renforcer les liens avec Radio France. «Multiplier les coopérations, faire jouer les synergies et fluidifier les relations, c’est l’une des missions que j’ai confiées à Laurent Guimier» [dixit Delphine Ernotte, ndlr], confirme Yannick Letranchant, le directeur de l’information de France Télévisions." Bigre ! Il ne s'agirait plus d'être seulement directeur de chaîne mais en plus de devenir l'ambassadeur de FTV ? (2). En faisant jouer les missi dominici à Guimier Ernotte court deux lièvres à la fois. Donner des gages au gouvernement (et au CSA) de sa volonté de coopération serrée avec un partenaire de l'audiovisuel public. Être à l'initiative d'une préfiguration d'une "petite holding" audiovisuelle, en attendant le grand soir où France Médias sera enfin sur les fonds baptismaux d'une loi audiovisuelle (3). De ce fait le CSA serait inspiré de reconduire Mme Ernotte-Cunci dans ses fonctions, n'est-il pas ?

Dès mardi dernier, jour de sa prise de fonction, le fougueux nouveau patron de France Info (pour France Télévisions) annonce au Monde avoir «déjà pris contact avec les autres partenaires de l’audiovisuel public : Radio France, France Médias Monde et l’INA». Après quoi Guimier court-il donc si vite ? Directeur de France Info (radio, 2014-2017), vaguement n°2 de Radio France (2017-2018) se voit, à défaut d'avoir su refaire Europe 1 (2018-2019), missionner pour tenter refaire l'ORTF ! Ben si, "refaire travailler ensemble radio et TV" c'est refaire l'ORTF période avant son éparpillement façon puzzle par Giscard en août 1974 (4). Sera toujours temps avant la fin du Macronat ou sous un prochain régime, d'associer FMM et l'Ina.

Les zélées Veil (Pédégère de Radio France) et Ernotte avaient anticipé la loi (fermeture de France 4 et France Ô, rapprochement France Bleu/France3) et s'étaient préparées à la holding. Les organigrammes virevoltaient dans tous les sens pour que chacun y trouve son compte et en soit. Malgré ce qu'annonce sur son fil twitter une journaliste de France Inter, Vanessa Descouraux (5), la "petite holding" va permettre de placer amis, relations, influenceurs et bétonner l'organigramme d'un futur France Médias, genre répétition grand modèle, avec vedettes et figurants.

Pour cela Guimier sera parfait. Se croyant important et indispensable, il pourra multiplier intrigues, chausse-trappes, roucoule, du même tonneau que ses prestations, sur Europe 1, où, dans "Les pieds dans le plat" quand le journaliste répondait aux facéties de Cyril Hanouna. Sans doute la façon la plus subtile que Guimier avait trouvé de rapprocher programmes et information. Autant dire que nous allons suivre de pied ferme les tribulations de cet avatar médiatique, prêt à tout pour refaire radio et TV d'État… comme était qualifiée l'ORTF en 1968 ! Et surtout pourquoi Ernotte l'envoie, lui, au front pour formaliser rapprochements TV et radio ?
(À suivre)

(1) Nominations stratégiques à France Télévisions,
(2) En l'état, la mission dévolue à Guimier ne précise pas s'il s'agit de France Info ou si cela concerne l'ensemble du groupe !
(3) La crise sanitaire du Covid-19 a eu raison de la loi audiovisuelle qui devait (à l'automne prochain) voir la création d'une holding associant Radio France, France Télévisions, France Médias Monde et Institut National de l'Audiovisuel,

(4) Loi du 7 août 1974 qui voit la dissolution de l4ORTF en 7 sociétés distinctes : Radio France, TF1, Antenne 2, France Régions 3, Société Française de Production, Télé Diffusion de France, Ina, 
(5) Suite à l'article de Télérama (19 juin) annonçant l'abandon de la loi audiovisuelle. "Pensées émues aussi pour les cadres qui n'avaient pour objectif que de briguer une belle place dans la holding. Sorry les chatons."

lundi 11 mai 2020

La nuit mise au jour…

Juin 2013 : avec la fin de la grille d'hiver, Philippe Val, directeur d'Inter décide brutalement de renvoyer les nuits au jour. Comprendre : les émissions en direct c'est fini ! Serge Le Vaillant est prié maintenant d'aller dormir, Sous les étoiles exactement. L'histoire même des Nuits de France Inter qui affirmaient la continuité absolue du 24h/24 est à classer par pertes sans profits. Depuis 1957 et la création de "Route de nuit" de Roland Dhordain, la radio publique avait donné aux nuits la couleur de ceux qui travaillent, des insomniaques et des artistes, des couche très tard et des lève encore plus tôt.
Moustaki, Jean-Louis Foulquier, Studio de nuit, France inter, 1975

















Que pouvait-on attendre d'un Philippe Val qui, sans scrupule, a jeté aux orties l'incarnation même de la radio publique généraliste qui vivait avec nous nuit et jour sans aucune discontinuité, avec une présence physique au micro pour être en phase avec l'air du temps ? Et malgré l'empire du numérique qui gommerait la temporalité, la nuit n'est pas le jour et inversement. Mais oui, que pouvait-on attendre d'un amuseur public déguisé en directeur de radio choisi par un Président de la République (Sarkozy) qui avait une seule idée en tête casser l'indépendance et l'ADN de France Inter (1) ?

La nuit c'est une autre dimension. Sonore, philosophique, temporelle. Et jean-Luc Hees, Val, Laurence Bloch, Mathieu Gallet (2) ont renoncé a reconnaître ses trois attributs à la radio de service public. Renoncer et même abdiquer. Abdiquer devant les tutelles qui répétaient en boucle le mot "économies". Abdiquer devant les auditeurs désemparés, trahis, floués par la promesse qu'ils croyaient s'appliquer ad vitam aeternam du 24/24. Abdiquer même devant l'histoire de la radio. de la part de Hees et Bloch, professionnels de la profession, cela s'appelle un renoncement. Et bien pire un reniement.

Ces quatre-là ont-ils seulement pensé les effets de leur décision inique ? Sur la mission de service public, sur la création sonore, sur la diversité (des écritures, des voix, des formats propres à la nuit). Que nenni ils ont en deux coups de cuillère à pot sabrer là où il n'y avait pas de sondages, pas de mesures d'écoute, là où ça pourrait passer inaperçu (sic). Quelle rigolade (jaune) ! Quelle farce (amère) ! Quel désavœu pour leur gestion. On n'oubliera pas. Et malgré toutes les roucoules (et leurs reculades) ils resteront dans l'histoire comme les fossoyeurs du "service de nuit". Cette notion de service essentielle que Roland Dhordain, papa de France Inter, avait porté au plus haut (2)

Si j'écris ça aujourd'hui c'est parce que le champ immense laissé en friche par France Inter pourrait bien être réinvesti (re-labourer) par des plateformes qui ne reproduiraient pas la grossière erreur de cette chaîne de mettre à l'antenne des rediffusions. Mais s'engouffreraient dans un créneau temporel où il conviendra d'être avec la nuit dans la nuit et d'accompagner le flot des travailleur-euses, insomniaques et autres oiseaux de nuit qui n'ont toujours pas fait le deuil de la création sonore qui a animé France Inter pendant cinquante-six ans.

L'époque d'après qui commence est propice à tous les renouveaux…

(1) Sarkozy avait proposé la direction de Radio France à Val qui avait décliné en suggérant le nom de jean-Luc Hees qui a accepté…
(2) Respectivement Pdg de Radio France (2007-2014), Adjointe de Philippe Val (jusqu'en août 2014 où elle deviendra directrice d'Inter), Pdg de 2014 à 2018, révoqué par le CSA,
(3) Jusqu'à la diffusion permanente du guidage automobile sur Fip 514 (Janvier 1971) qui durera quelques années sur Fip jusqu'à ce qu'il soit abandonné. C'est là encore un autre "fondamental" qui disparaît des programmes…

Reportage de la télévision française, 8 février 1971, sur "Route de nuit",