jeudi 10 septembre 2026

France Musique : auditrices et auditeurs en détresse…

On peut facilement imaginer que le 3 août dernier ni M. Voinchet (Directeur de France Musique), ni M. Grant (futur Directeur de la chaîne) ne prenaient le temps de lire le "20 Minutes" suisse (1). Et pourtant ça aurait pu ébranler leurs certitudes quant à la fin programmée de la FM en France et le test grandeur nature de la bascule que venait d'opérer la chaîne depuis le 22 juillet, incitant auditrices et auditeurs à s'équiper en DAB+ chez Darty (sic). Grant devenu Directeur proclame dans Télérama (07/09) : "Là où la FM a été supprimée, elle ne reviendra pas ». Quel oracle !  On y croit trop.

Le logo c'est un pouce vers le bas, non ?

















"La SSR [Société Suisse de Radiodiffusion et télévision est le groupe audiovisuel public de la Suisse] se prépare à revenir sur la FM dès cet automnePrès d'un an après l'avoir quittée, la SSR va de nouveau émettre sur la bande FM. Des tests sont en cours et les premières radios pourraient rediffuser dès l'automne." (2) Qu'est-ce qu'on se marre ! La France Championne du Monde de ses certitudes veut d'abord vivre son propre "crash test" avant de revenir sur sa position. Voilà une posture (ir)raisonnable que Madame Veil, Pédégère de Radio France, n'en doutons pas, saura défendre, avec son brio habituel, devant les tutelles.

"Pour rappel, la SSR avait cessé de diffuser ses programmes en FM en janvier 2025 pour passer entièrement au DAB+. Mais après le premier semestre 2025, elle a en effet perdu le quart de ses auditeurs sur l'ensemble du pays." précise Christine Talos. C'est ballot ! France Musique devrait donc perdre des auditeurs même si, magnanime, Radio France "a mis un budget à la disposition de la station, qui permet depuis le 22 juillet d’offrir, «chaque jour», des postes DAB+ à certains auditeurs ayant fait part de leur désarroi à la station (3). Auditrices et auditeurs en désarroi vous savez ce qu'il vous reste à faire ! 

Parade misérabiliste qui ne dédouane en rien le staff de Radio France (qui est une société et non pas un Groupe) qui n'aura pas réussi à faire avaler la pilule aux auditeurs et à masquer son intention réelle de basculer, à terme, France Musique exclusivement sur le Net ou en DAB+.

Dans Media + du 10 septembre, Grant annonce : "Nous avons accompagné nos auditeurs sur l’ensemble de l’été, et nous continuons à les guider, notamment en prenant soin de répondre à l’ensemble des mails que nous recevons." Voilà, contentons-nous de recevoir des mails… Grant tente de se voiler la farce, sans jamais y parvenir !

Le Groupe Facebook de défense de la FM !

(1) Pas sûr non plus que s'il avait déjà été responsable de la Revue de Presse, Voinchet ait attiré notre attention sur cette publication, 
(2) Christine Talos, 20 Minutes,
(3) Stéphane Grant, Télérama, 7 septembre 2026,

mardi 8 septembre 2026

Lieu de mémoire : Le certificat d'études…

Renée Elkaïm-Bollinger, productrice à France Culture, en 1996, nous plonge dans les souvenirs scolaires du Certificat d'études, point de repère définitif pour celles et ceux qui allaient poursuivre leurs études et celles et ceux qui allaient les arrêter. Ça sent l'encre violette mais comme pour tous les autres "Lieux de mémoire" ça vaut la peine de s'y retrouver ! Là, pour cet examen, certaines y allaient avec "les habits du dimanche" autant dire la sacralisation absolue d'un diplôme qui a borné l'enfance pendant plus d'un siècle (1866-1989). Un rite de passage tombé en désuétude.












"Le Certif' ce n'est pas toujours le lieu des nostalgies douces et niaises comme celles de Bourvil dans "Le trou normand"… Tout ça pour former ce héros de la laïque ou de l'école chrétienne !" Michel Ragon (1924-2020) témoigne "Il y avait [dans l'enfance] le jour de la 1ère communion et le jour du Certificat d'études… qui était la porte à des emplois aux mains blanches comme disait ma mère." La productrice suggère à juste titre que "la gloire du Certificat rejaillit sur l'instituteur". Et souvent "les parents récompensent l'instituteur" précise Antoine Prost. Renée Elkaïm-Bollinger "Est-ce que le Certif', le CEP a été un lieu de mémoire de l'enseignement laïque ?" Pour autant, "c'est une création de "la Monarchie de juillet…" 

Sujet : "Le cochon s'est échappé, il met toute la basse-cour en émoi. la poursuite est mouvementée. Enfin on ramène le fugitif. Racontez". Eh bien pour ce sujet-là j'aimerais bien passer mon Certif' demain. Je me régalerai ;-) Claude Duneton "Le Certificat d'études c'était l'accomplissement d'une vie… Dans les campagnes c'était le Bac de maintenant."

Ce documentaire en profite pour placer l'examen dans l'histoire sociale du pays. La fierté des élèves reçus, la fierté des parents. L'aura au sein même de la famille particulièrement quand c'est l'enfant qui est chargé de lire ce que les grands-parents voire les parents ont du mal à faire. Cela montre la place de l'école dans la vie quotidienne, la place "sacrée" de l'instituteur ou de la maîtresse et la valeur institutionnelle de l'institution scolaire.

Jean-François Chanet. "L'école laïque avait besoin de rituels festifs pour combattre, avec une certaine efficacité, d'autres rituels festifs, soit les rituels de l'église catholique, soit les rituels de la superstition populaire. Le Certificat d'étude est le saint-patron de l'école laïque".  

L'épisode 2 disponible en écoute ici. (Avec le témoignage sur l'école en Finistère par Pierre Chapalain & Louis Ellegoët… mais pas n'importe quelle école : Skol an diaoul/L'école du diable … la laïque)

dimanche 6 septembre 2026

Tex Avery : ça passe même à la radio…

J'ai écouté ce documentaire hier. Pour sortir de la nasse. Pour changer d'air tellement ce que nous propose Radio France est vicié. La revue de presse bâclé de France Inter. L'empilement des chroniques de "Franche Culture". La posture de la Pédégère. Le tout-info, alpha et omega, de Céline Pigalle, Directrice de la 1ère radio de France. ¡ Ya basta ! Alors, croiser Tex Avery c'est, avant même de l'écouter, l'occasion d'un franc sourire qui n'attend plus que d'éclater en un bon rire qui fait du bien aux zygomatiques. Il y a cinq ans sur France Culture, Serge Corso, nous proposait le "Toute une vie" d'un ouragan loufoque, Tex Avery (Réalisation François Teste).


















Les cinquante-sept minutes du documentaire passeront aussi vite qu'une salve de dessins animés, qu'autrefois à Noël, Patrick Brion nous proposait dans son "Cinéma de Minuit" (FR3). Corso a réuni le gratin du cinéma et plus spécifiquement du cinéma d'animation. Serge Bromberg, Pierre Lambert, Philippe Dana (1). Ces invités redoubleront d'anecdotes et surtout décriront par le menu l'histoire d'Avery qui a dynamité le dessin animé et permis à des générations de spectatrices et de spectateurs de dépasser l'institution Disney. Avery et ses équipes ont tout osé, tout détourné, tout sublimé, sans jamais laisser le temps au spectateur de reprendre son souffle. On en redemande et franchement Corso et Teste ont réussi leur coup. On est dans le train et on n'a vraiment pas envie d'en descendre.

Imaginer que Gotlib et Goscinny étaient fans n'est pas étonnant. Gotlib était absolument dans la veine du gag de répétition qu'Avery magnait de main de maître. Pour qui connait bien les dessins animés de Tex, en entendre ici des extraits en français, avec entre autre la voix de Gérard Surugue (2), est réjouissant. Difficile ensuite de résister et de ne pas foncer dans sa collec' de DVD du Maître et de s'en faire quelques toiles.

On passe un très très bon moment. Bravo Corso ! 

















(1) Tex Avery : l’art de Tex Avery au studio MGM, de Pierre Lambert (Démons et Merveilles, 1993). Tex Avery de Patrick Brion (Chêne, 1984). Au pays des toons ! de Philippe Dana (Kero, 2020),
(2) Acteur, spécialisé dans le doublage, voix française de Bugs Bunny et Droopy. 

Gotlib


vendredi 4 septembre 2026

Changement climatique : Radio France vire période glaciaire…

Pour illustrer l'interview de Sibyle Veil, Pédégère de Radio France par Le Monde (1) la photo choisie en dit long sur ce que représente la posture de cette femme. Figée, rigide, glaciale. La solitude du pouvoir, son enfermement. La photo est hyper raccord avec le vide, la solitude, l'absence de vis à vis, de contradicteurs, depuis sa tour d'ivoire sans longue vue, sans horizon, sans relief, du lisse et du concluant sans qu'il y ait eu le moindre débat...

Sibyle Veil, Pdgère de Radio France,
dans la salle du Conseil d'administration,
de la Maison de la radio,
Paris, le 1er septembre 2026,
Ed Alcock/MYOP pour Le Monde (2
)



























Comme à son habitude Veil roucoule. Toujours la même chanson constituée d’éléments de langage pour être dans la ligne des tutelles, pour se montrer bonne élève (genre major de promo), inflexible sur des partis-pris qui - à l’insu de son plein gré - stigmatisent, focalisent et polarisent. Garder Erner à la matinale de France Culture malgré sa lourde faute professionnelle, débarquer Adèle Van Reeth, la Directrice d’Inter, en pleine saison, laisser s’infiltrer un journaliste de Valeurs actuelles pour l’édito politique de la matinale du dimanche matin.


C’est depuis 2018 la même posture, raide, sans la moindre faconde à la Arthur Conte, sans la délicatesse de Jacqueline Baudrier, sans la subtilité de Jean-Noël Jeanneney, Veil est seule bien qu’entourée d’une armée mexicaine de cadres et dirige comme si elle dirigeait n’importe quelle entreprise du Cac 40 ou de l'agroalimentaire. Françoise Giroud, journaliste et ex-ministre sous Giscard, disait en 1983 : «La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente."


Si Sibyle Veil n’est pas incompétente, elle n’est pas à sa place. La bascule de la radio vers l’audio, de Mouv’ sur le web, de France Musique sur le Dab+, de France Inter en mode infotainment, et de tant d’autres renoncements auront participé à la fin de la radio de programmes. Audio définitivement noyé dans le magma globuleux de productions sonores de tous poils, propulsées sur les réseaux, sur les plateformes et… dans les ascenseurs.


C’est acté on entre dans une période glaciaire, Veil, sa figure glaciale du commandeur… !


(1) "Radio France : pour Sibyle Veil, « c’est la grandeur du service public que d’être pluraliste», par Aude Dassonville et Michaël Moreau, Le Monde, 3 septembre 2026,

(2) La photo pourrait faire penser à "Nightawks" le célèbre tableau d'Edward Hopper (1942) pour les couleurs, la solitude et une part de vide dans le plein…


"Nightawks" E. Hopper




jeudi 3 septembre 2026

CEPMA : késaco ? C'était pas mieux avant…

C'était pas mieux avant quand y'avait pas de canicules ! C'était pas mieux avant quand y'avait pas d'inondations ! C'était pas mieux avant quand le gasoil était à 1€ et… c'était mieux avant quand la retraite à 60 ans donnait plus de temps au temps ! Ce truc fastoche du CEPMA permet à chacun de se réfugier derrière une position qui positiverait le quotidien, au-delà du réel quitte, avec fatalisme, à accepter les incendies ! Y'a le feu à France Inter mais c'était pas mieux avant (voir ci-dessous). On trouvera toujours à redire même quand c'était bien. N'en déplaise aux ergoteurs du CEPMA, je pense disposer de suffisamment de recul pour séparer le bon grain de l'ivraie. Toute l'histoire de la radio est jonchée de petites catastrophes, d'accidents industriels, de licenciements abusifs, de passe-droits inadmissibles, de promotions du fait du prince et tutti et quanti. 

Pour autant le "tout info" assumé par Céline Pigalle, Directrice de France Inter est une très grave erreur de stratégie éditoriale, sachant que la chaîne dévolue au tout info est… France Info. Plomber les VSD (Vendredis, Samedis, Dimanches) de la messe de Demorand et des incantations d'Ali Baddou ce n'est plus de la radio ! C'est polariser autour de la présidentielle et surjouer l'actu par-dessus tout avec, comme faux-nez, toute une batterie de chronicroquettes, histoire de bien noyer le poisson et faire semblant d'élargir le champ. Le champ de Demorand et Baddou est miné, étroit et fermé, pour ne pas dire claquemuré dans l'actu bouillante d'une cocotte-minute sous pression. Gaffe quand il s'agira de soulever la soupape. Ça va faire mal.  Quitte à passer par pertes et profits le rêve, l'imaginaire, des horizons inconnus, des voix singulières, des silences reposants, des rires sans qu'il soit besoin de convoquer le ban et l'arrière-ban des humoristes patentés, Pigalle se fout des programmes. 

Je continuerai à regarder dans le rétro comme je continuerai à écouter le présent quand le dit-présent n'est pas obnubilé par le "je", par le superficiel et le superfétatoire, par le vide sidéral et par la médiocrité crasse. Il reste des îlots, ils sont de plus en plus rares. C'était pas mieux avant mais la liberté qui soufflait sur les ondes laissait promettre des lendemains qui chantent… pas des quotidiens qui déchantent.

À bon entendeur, salut !

Pendant ce temps-là France Inter s'enfonce inexorablement vers l'insoutenable. Motion de l'AG des personnels de Radio France réuni-e-s ce 2 septembre 2026, votée à l'unanimité par l'Assemblée Générale des personnels de Radio France.





mardi 1 septembre 2026

Les nouveaux programmes de France Inter… du miel !

N'ayant toujours pas digéré le gloubi-boulga des programmes de France Inter, je me suis fait plaisir (y'a pas de mal hein pas plus que de malin) à fouiller dans les archives d'ina.fr et d'y trouver une pépite de "Micros et caméras" de mile-neuf-cent-soixante-neuf (je fais exprès de l'écrire en toutes lettres pour ceux qui, déjà à la quatrième ligne, me jettent des pierres, n'est-ce pas M. Couturier ?)… Donc, installez-vous bien, voici 26'33" de bonheur, soit beaucoup plus que Sylvie Vartan et Carlos qui se contentaient de 2'35"…

Gérard Klein















Apparaît Roland Dhordain, Directeur de la radio à l'ORTF qui, depuis fin juin 1968, a pris les rênes de la radio publique… Tout à son aise le Directeur déroule le tapis rouge des programmes avec un sens inné pour tenir spectatrices et spectateurs en haleine. Et puisque cette année-là les programmes vont se succéder en heure pleine, l'ancien instituteur, didactique, fera défiler à l'écran chaque animatrice et animateur des différentes cases de la grille. Et de 6 à 9, Georges Lourier (1926-1985) "qui revient"… Et à 9h du matin "un nouvel animateur Pierre Bouteiller" (1934-2017) (1) qui nous parlera depuis le studio 133 de la maison de l'ORTF. Et à 11h du matin "le retour de l'enfant prodigue"… Gérard Klein qui nous propose de 6h à 7h du soir "une présence gaie"

Et à 14h (après la Bourse) le feuilleton, le feuilleton, le feuilleton… "Noëlle aux quatre vents". Et à 16h, Claude Dufresne s'intéressera aux femmes (ce que fait déjà Annick Beauchamp "Madame Inter") à 16h). À 17h "Radioscopie" de Jacques Chancel "On ne change pas une émission aussi importante" (créée à la rentrée 68). À 19h30 "Point d'interrogation" de Pierre Wiehn, "la bande dessinée culturelle de France Inter" dixit Dhordain ! Et à 21h30 un animateur qui s'est révélé dans l'expérience du mois d'août, Daniel Hamelin. Et le Pop-Club de José Artur de 22h30 à 1h30 (voilà Sonia Devillers ce qu'on peut appeler une longue émission !)

Dhordain : "Il faut des programmes beaucoup plus composés, beaucoup plus nourris en week-end" (2). Nous reprenons l'expérience de TSF 69 avec Jean Garretto et Pierre Codou, (soit treize heures de programmes du samedi 14h au dimanche 19h). Et le samedi matin dès 5h à 9h "la route en direct". À 9h du matin nous retrouvons Gérard Klein (qui bosse donc du lundi au samedi, ndlr) pour "TSF Évasion" (3). 

L'indicatif de fin de cette émission de "Micros et caméras" est "L'étrange voyage de M. Brendwood" de Michel Colombier. Indicatif de TSF 68 jusqu'à TSF 71 juste avant… "L'oreille en coin" (1971-1990).

(1) Viré d'Europe n°1, pour avoir osé une blague sur le Général de Gaulle, Dhordain s'est empressé de le récupérer pour Inter. Maurice Siegel patron d'Europe n°1 à Bouteiller : "Je n'aimais pas ce que vous faisiez, mais je vais adorer ce que vous n'allez plus faire. » Cette sentence quelque fois attribuée à Dhordain "Je n'aimais pas ce que vous faisiez, mais je vais adorer ce que vous allez faire sur France Inter."

(2) Totalement incompréhensible pour Céline Pigalle, Directrice de France Inter,
(3) Je découvre que TSF a fait des petits !