mercredi 22 juillet 2026

Le droit de rêver… (ni à la radio, ni nulle part !)

Grâce au Diplo on apprend qu'en 1946, la guerre (1939-1945) à peine refermée, une très grande consultation nationale a permis une expression populaire significative et de nombreux cahiers de doléance (1). Dans le viseur de ces cahiers "La radio et ses émissions "d'une très grande pauvreté" ! Aie ! Ça a le mérite d'être clair ! Mais bon vous lirez l'article en entier qui permet de rêver à un gouvernement qui, aujourd'hui, oserait se lancer dans une telle procédure sans immédiatement la ranger au placard une fois produite. 

"Le rêve" Matisse

















Mais l'idée défendue par Bréville c'est "le rêve". Un truc qui a définitivement disparue des antennes de Radio France. La tambouille de France Inter pour laborieusement établir les programmes de la rentrée et d'un Directeur des programmes qui est susceptible de redevenir producteur (Goumarre à la place d'Eva Bester ?). Le méli-mélo de France Musique qui jette ses fréquences avec l'eau du bain. Le soutien indéfectible d'Erner par France Culture et plus si affinités. Mouv' disparue sur le web. Ici, pas là (derniers sondages en berne). Fip en toupie sur elle-même. 

En septembre 2016, la Scam réunissait le gotha de la radio publique pour penser et confronter le sujet "La radio est un objet oublié des politiques publiques…", à cette occasion, Pierre Wiehn, ancien Directeur de France Inter (1973-1981) surprenait l'assid-satance avec sa question, frappée au coin du bon sens "Je me suis un peu occupé d'Inter à une certaine période, donc si mon propos a un côté moisi, je m'en excuse tout de suite. Il y a aussi un domaine dont on n'a pas parlé faute de temps, c'est le rêve. C'est toujours un peu bêta, mais il se trouve que l'auditeur est un créateur à sa manière. Il suffit de lui donner le cadre, la musique, le fond, le décor, appuyer sur un bouton ou deux et, à ce moment-là, il devient co-auteur. En attendant d'être l'auteur principal [applaudissements chaleureux]". Bigre ! Les participants (et la Directrice de France Inter, Laurence Bloch) en sont restés babas. Mais le "rêve" fut oublié une fois chacun rentré at home !

Bréville, Wiehn ont beau enfoncer le clou, le rêve n'intéresse plus personne. Surtout pas la Pédégère, Sibyle Veil, très préoccupée à polariser l'info. Pas plus le grand manitou de l'éditorial Laurent Frisch, ni aucune Directrice ou Directeur de chaînes. L'info, toutes chaînes confondues, est devenue une obésité démesurée (et sans la mesure médiamètrique). Aucune de ces sommités ne trouveraient leur place dans "Marche où rêve" (2) du si beau rêveur, enchanteur Claude Villers.

The dream is over…

(1) Le Monde diplomatique, "Le droit de rêver", Benoît Bréville, juillet 2026,
(2) "Marche ou rêve", France Inter, (1976-1978), 20h/22h, réalisation Monique Desbarbat,

mardi 21 juillet 2026

Le clipping : l'avenir de Radio France, de Laurent Frisch et de Marie Richeux…

"Née dans les franges du Web, la pratique consistant à découper des contenus en petites vidéos pour inonder les réseaux sociaux est devenue une industrie très lucrative. Labels de musique, studios de cinéma et personnalités politiques s’intéressent de près à ce moyen discret et peu coûteux d’exister en ligne (1)." Comment ce phénomène n'a-t-il pas encore rencontré le petit génie de la "geek connection" Laurent Frisch soi-même (2), Directeur du numérique et de la stratégie de l'innovation à Radio France ? Ben pourquoi c'est pas de l'innovation le "clipping" ? Il y aurait tant de choses à faire pour qu'enfin la radio soit TikTok(ée) et qu'on oublie définitivement tous ces titres ronflants "La grande matinale", "Le grand entretien", "Le grand n'importe nawak" et autres "XXL" (2).

Le chef du Bouc Club

















Une idée d'émission d'un podcast clippé
On commence par la plus emblématique des émissions de France Culture, la plus culturelle, la plus top of the top, la plus rediffusable à l'infini, tous les jours, deux fois par jour (minimum) : "Le bouque club" que sa productrice, Marie Richeux, - tendance forcément tendance (mais sans Marguerite Duras) - appelle dans un angliche parfait "Le book club". Respect pour son bilinguisme ! Donc si «Une vidéo de trente minutes, tu peux en produire 500 clips »(1), imaginez Richeux découpée en mille morceaux, de quoi tenir 24/24, faire retourner dans sa tombe Roland Dhordain (3) et surtout attraper "les étudiants", cette confrérie que France Culture honore après chaque coup de médiamétrique. Et pi' en plus Richeux serait vidéotée ! La consécration presque du niveau de l'Académie française ! Pas moins. Clip clip hourra !

Bon bien sûr faudrait ajouter un p'tit insert à chaque début de clip. Florilège pour attraper les mouches ! "Vous avez déjà offert un livre que vous n'avez pas lu ?", "De quelle couleur est votre marque-page préféré ?", "Vous avez déjà pas lu un livre qu’on vous avait offert ?" "Dans quelle pièce la plus intime lisez-vous Spirou ?", "Vous avez déjà lu un livre qu’on vous avait pas offert ?", "Préférez-vous les livres avec des images ?", "Quelle place peut-on faire à la Mère Castor ?", "Tous vos livres, les uns sur les autres, ça mesure combien ?"…

Tout ça colle bien avec le désastre annoncé de la fin de la radio, inéluctable. D'ailleurs l'eau dio c'est un peu comme l'eau tiède. Et la pseudo culture de France Culture c'est comme l'eau glacée, c'est pas près de nous réchauffer les méninges !

(1) Quentin Le Van, Le Monde, 10 juillet 2026,
(2) Soit le degré zéro de l'invention radiophonique ! (Et pourtant ce serait un Directeur de programmes qui aurait inventé ça, on pouffe et on surpouffe !), 
(3) Qui lui inventait des programmes 24/24, dès les années 60, sur France Inter.

lundi 20 juillet 2026

Où est Charlie… Laurent ? Pas Ici, pas là-bas (si j'y suis pas)…

Plus facile de trouver Charlie que de trouver Guimier. Nommé en mars 2026 dans le jeu de chaises musicales orchestré par Sibyle Veil, Pédégère de  Radio France, Laurent Guimier, Directeur du réseau Ici (ex-France Bleu) est là pour la fusion Ici/ France 3 mais pour quelle société roule-t-il ? Radio France ? France Télévisions ? Les deux ça serait trop simple, quoiqu'il adorerait intriguer. Dans tous les cas il est aux ordres et s’imaginant sans doute en Cardinal (de Richelieu) il prépare sa grande œuvre qui le verra affublé d'un bâton (de maréchal) à moins qu’il ne serve à se faire battre (la coulpe).


 








Depuis 2014 et son arrivée, pour le moins inattendue, à la Direction de France Info, on s’est très vite demandé si dès 1986, ce n'était pas lui qui avait soufflé à l'oreille du Pdg de Radio France, Roland Faure, le projet France Info, tellement habile pour s'approprier l'invention de l'eau chaude à chaque fois qu'il ouvre un nouveau robinet (1) ? Le personnage médiatique nous a ensuite beaucoup habitué à de multiples circonvolutions dans le petit monde des médias (Europe 1, Le Figaro et retour à Europe 1, puis France TV, puis CGA CGM,…). Un coup par ci, un coup par là, un coup au micro, un coup pas. Avec un art du rebond exceptionnel. Il aurait fait un malheur sur le trampoline du Cirque Pinder. 

Et quand j’écris un coup par ci, c’est que les coups il les multiplie sans jamais vraiment devenir une vedette. Un second couteau, un laquais bien disposé à plaire, un intrigant qui n’intrigue que lui-même. Sauf que là il (nous) m’intrigue grave. C'est quoi ce silence total. C’est quoi son futur coup de Jarnac ? Passons en revue les hypothèses. 

1) À Ici il est pas juste là pour réfléchir à la playlist dont Yann Chouquet avait fait son meilleur credo. (Bidon le credo ! Bidon la playlist !) 


2) Il doit préparer la fusion pardi ! Qui fera du bruit Ici, là, et même là-bas tant l’affaire est hautement politique et dépasse une fusion de circonstance. Bien avant les élucubrations de M. Alloncle. Dès la création de France Info TV (2016), à laquelle pour Radio France Guimier était associé, une hypothèse de fusion France Bleu/France 3 était déjà sur les rails. 


3) Si la fusion des deux entités doit s’opérer il va falloir des numéros d’équilibriste de très haut vol pour que Madame Veil fasse avaler la couleuvre au personnel et surtout renie un pan de l’histoire de Radio France (2). N’est-ce pas, en attendant la holding et/ou la fusion, l’occasion de donner des gages aux tutelles quant à la volonté farouche de rapprochement des deux sociétés de l’audiovisuel public (3) ? 


4) Grâce à son ancien job à FTV Guimier peut donc prétendre faciliter la mécanique pour être le «bon émissaire» à défaut d’être le bon samaritain. Mais pour qui ? Pour Radio France qui compte sur lui pour casser le moins d’œufs possible ? Ou pour FTV qui compte bien récupérer un joli lot dans la corbeille de mariée ? À moins qu’à terme les deux sociétés, qui n’en feraient plus qu’une, indépendante et autonome, quittent leur navire respectif ? 

5) Donc Guimier au-delà de l’affichage de Directeur, serait un Chargé de Mission, agent double, ou triple (si jamais il brigue ensuite la Présidence de la nouvelle entité). 


6) Et puis il y a une hypothèse énorme, l'affaire du siècle, Guimier pourrait prétendre devenir calife à la place du calife… Mais lequel ? Au risque de tout perdre et d'aller diriger l'Office de tourisme de Lisieux… 

Dans tous les cas il y a un loup et un loup de taille. Le journaliste habitué à pérorer est plus mutique que le dernier des agents secrets à la solde de Sa Majesté ! Ça ne présage rien de bon pour le réseau. Mc Luhan (1911-1980), chantre et théoricien de la communication disait "Le médium est le message". On peut donc en conclure que "La rupture de signaux de Guimier est bien un message de l'intéressé."

Mais, en même temps, c’est devenu une réalité tangible, Directrices et Directeurs de chaines à Radio France ne s’expriment pratiquement plus pour parler de leur chaîne. Le staff de Direction générale et la Direction de la Communication font ce qu’ils savent faire, communiquer, noyer le poisson ! Très loin du vécu et des réalités. Ils prennent auditrices et auditeurs pour des billes ce qu’à quelques uns nous refusons d’être assimilés.

Si quelqu'un aperçoit Guimier vite qu'il me donne de ses nouvelles, Ici ou Là-bas (même si j'y suis pas). Le 16 juillet, il poste sur Instagram "I will survive" extrait de la playlist Ici, pas pour remuer le couteau dans la plaie." Quelle plaie (liste) ? Il a perdu le réseau ? Il a perdu au baby-foot ? Cet homme est pathétique, Ici… et maintenant !


(1) Juin 1987, sous l'impulsion de Jérôme Bellay,

(2) La création sous la présidence de Jacqueline Baudrier des trois locales (Radio Mayenne, Melun FM, Fréquence Nord) et plus tard (1986) l’intégration à Radio France des radios de FR3,

(3) Radio France est une société, France Télévisions un groupe,

vendredi 17 juillet 2026

15 ans de Radio Fañch : un inventaire à la Prévert…

Allez je vais être raisonnable, je ne mettrai pas plus de quinze liens dans ce billet anniversaire…











Tiens exprès je commence par la musica (mouzica) et le talent de Jeanne-Martine Vacher… Bon puis l'année suivante (2012) comment passer à côté de Chancel… Et comment en 2013, ignorer Allende (1908-1973), ignorer l'ignominie, ignorer le coup d'État au Chili… ? Comment oublier Kriss (Graffiti)… ?

Les femmes qui ont fait Radio France… Quand le managère de moins de cinquante ans, Mathieu Gallet, commence à détruire la radio publique avec son complice Frédéric Schlesinger… Radio debout, nuit debout, nous sommes enragés. On ne le dira jamais assez "La radio objet oublié des politiques publiques"…

Et comme un retour à l'utopie, aux utopies, à l'Ardèche… Et notre inseigneur du son Yann Paranthoën… Et puis la/les luttes à Radio France quand la mue détruit tout sur son passage… Metteur en ondes/Metteuse en ondes un métier sublimé par Pierre Arnaud de Chassis-Poulet… Et Pierre Perrault le meilleur pour un conte de Noël… Et le hochet "podcast" de troubler la radio de flux…

Et puis le "Tour de la France de Vincent Lavenu" (en vingt-cinq épisodes)… Et sans que ce soit une conclusion "Comment peut-on aimer la radio ?"…

Si ça ne suffisait pas, il reste à lire pour les passionnés deux-mille-sept-cent-trente billets aux petits oignons ! 

À bon écouteur, salut !

jeudi 16 juillet 2026

France Culture, la série musicale : la scierie logolatre…

Vous me pardonnerez le barbarisme de "logolatre", invention toute personnelle entre logolatrie (logorrhée parsemée d'idolatrie) et logotomie (logorrhée passée par la lobotomie). Quant à scierie il s'agit bien d'enfoncer le clou, des scies que propose cette émission et du bruit produit qui arrive à peine à surpasser la musique supposée être entendue à défaut d'être écoutée. Zoé Sfez, productrice de "La série musicale", sur France Culture, nous épuise par ses bavardages sentencieux et ses enthousiasmes de fan pour ne pas dire ses envolées en spirales qui n'en finissent jamais de nous perdre au plus profond du néant.
















Je ne vais pas moi-même disserter sur une impossible dissertation. Que Franco Battiato ait été un grand musicien, sûrement, un maestro pourquoi pas ? De là à éclipser Mina, Milva, Ornella Vanoni, Gino Paoli, Lucio Dalla, je reste dubitatif. Mais surtout les tunnels qu'enfile consciencieusement Sfez sont interminables (Un premier à 2'53”, un deuxième à 3'41”,…) Désolé Sfez mais vous m'avez totalement perdu ! Peut-être pourriez-vous écouter Thierry Jousse sur France Musique qui sait parler des artistes sans en faire des tartines, ou Jeanne-Martine Vacher qui avait vraiment l'art de parler musique pour ne pas dire "l'art d'être musique". Et pitié, épargnez-nous le désespoir, ne vous attaquez jamais au monument "Janis Joplin" le meilleur a été dit et écrit.

Voilà, je suis sorti dépité de l'écoute et aucune envie d'aller découvrir Franco Battiato… l'"euclidien" (sic).

mercredi 15 juillet 2026

Grilles de programme (out), saisons (in)…

Mercredi 8 juillet, France Télévisions a dévoilé les grands axes de sa «nouvelle saison»… et non pas de sa nouvelle grille, a insisté sa présidente Delphine Ernotte-Cunci. Si je relève les propos de la Présidente de France Télévisions, c'est bien parce qu'on peut imaginer que, dans quelques quarts-d'heures, Radio France s'engagera dans la même sémantique. Il faut gommer tout de ce qui faisait la TV linéaire et de fait la radio de programmes de flux. Tout sur les plateformes et la détempolarisation. Pour autant aucune chance que l'une ou l'autre, France Télévision et Radio France nous rejouent du Vivaldi. Moderato cantabile… Dans le monde moderne une saison audiovisuelle dure dix mois.

Les quatre saisons - Vivaldi
















Bon pour l'instant en ce qui concerne les grilles de Radio France c'est plutôt l'hiver (rediffusions XXL) (1). Et à la suite de Delphine Ernotte, Stephane Sitbon-Gomez, numéro 2 de FTV, enfonce le clou : "Le numérique n’est plus un prolongement de l’antenne linéaire, il est devenu notre métier. C’est désormais à partir de lui que nous concevons notre stratégie éditoriale", (Media + 9 juillet 2026). Suivez mon regard. À quelques jours du basculement en numérique de nombreuses antennes de France Musique, la mécanique, sans le dire aussi explicitement, est enclenchée.

(1) Après les grandes matinales, les grands entretiens, les très grandes matinales (sur Inter) sur France Culture une émission va être affublée du titre XXL ! "Le point culture XXL". Quelle pertinence d'utiliser un système de taille humaine pour nommer une émission. Naufrage absolu de l'inventivité, du sens à donner à une émission. On attend avec impatience le titre d'une émission auquel s'ajoutera la côte "S" ou "M". J'ai bien une petite idée…

mardi 14 juillet 2026

La joie de vivre de… Damia !

La joie de vivre a vieilli, l'émission pas tant que ça. Il faut la resituer en 1956, il y a soixante-dix ans quand même. L'ambiance "titi parisien" est d'époque. La chanson réaliste de Damia (1889-1978)) aussi. Et l'accordéon est à sa place. Henri Spade, Henri Speed comme dit Albane Penaranda, productrice des "Nuits", mène bon train son émission. Mais la chanteuse sans micro a bien du s'y plier sinon pas d'émission de radio ni de TV. Damia est discrète. Elle n'est pas une parleuse. Elle se réalise dans la chanson et les images très fortes qu'elle véhicule.

Damia









À l'écoute de l'émission on peut constater que Spade a tout inventé pour ce qui est de réunir les amis et les invités d'une vedette. À la radio il ne manque pas les images. Preuve que le "script" avait été pensé dans ce sens. Mais les chansons de Damia sont des successions d'images plus vivantes les unes que les autres. Elle se prête au jeu du "conducteur" d'Henri Spade mais on sent bien que sa meilleure affaire est d'être sur scène pour vivre ses chansons. Avec leur part de tragédie et de désespoir. À l'image de sa propre vie. Ce qui n'empêchait pas "La joie de vivre…"