mercredi 5 août 2026

France Mutique… la tacatique du "gendarme" !

Je reprends "France Mutique", en citant, le titre du Canard (enchaîné), pour une fois assez facile mais bien vu quand même ! Facile mais qui touche au cœur de la tacatique mise en place par Radio France de déshabiller Paul pour habiller Jacques. Cette mécano de la Générale (Sibyle Veil, Pédégère de Radio France) est à peu près du même niveau que le coup de Jarnac opéré en 2001 par Jean-Marie Cavada (Pdg de Radio France, 1999-2005) pour uniformiser et mettre au garde à vous les locales de Radio France qui vireront au Bleu horizon. Mais le pire dans tout ça c'est la rhétorique du Directeur de la chaîne, Marc Voinchet, dont vous pourrez mesurer les errements à l'écoute ici de la captation qui restera un cas d'étude pour les écoles de journalisme.











M. Voinchet, tellement ému par la déflagration du basculement, a sûrement oublié la règle fondamentale de la radio publique, à savoir ne jamais citer de marques commerciales à l'antenne. Il n'était pas né que c'était déjà la règle à la RTF puis à l'ORTF. Mais, tellement chamboulé pour essayer de ramer à contre courant, le Directeur, décomplexé (forcément décomplexé !) nous donne un conseil que la Mère Denis n'aurait pas renié. Si l'on pouvait avoir confiance en (la) Vedette pas sûr qu'on puisse avoir la même pour le camelot qui nous incite à nous rendre dans une enseigne de grande distribution.

"Il y a des adaptateurs [???, ndlr], il y a des trucs comme ça (sic) qu'il faut se faire expliquer (sic) chez Darty, à la Fnac, Carrefour ou chez Boulanger" (1). Là on s'étrangle ! Avait-on besoin que Voinchet pousse le ridicule jusqu'à citer des enseignes commerciales ? L'Arcom fera-t-elle une "observation/recommandation" à l'encontre de Radio France pour "publicité abusive" ? Madame Veil se drapera-t-elle dans les atours de "la conversation spontanée" de son Directeur qui, à défaut de défendre sa chaîne, promeut les gondoles qui ne font pas du tout gondoler auditrices et auditeurs qui ont perdu l'écoute !

Mais le must de l'article du Canard (2) est à venir : "Le dirlo, fan de musique électro-ménager !" Bingo, on se tord d rire (jaune). Ça fait mouche et plus si affinités ! On connaissait la musique d'ascenseur, on va pouvoir se pencher sur l'électro-ménager. David Guetta et Jean-Michel Jarre n'ont plus qu'à bien se tenir. Quant aux auditrices et auditeurs il n'est pas annoncé que ceux-ci se sont rués dans les magasins pour acheter, en plein cagnard, un poste DAB+ (version FM-) (3).

(1) Les propos de Marc Voinchet cités par le Canard, du 4 août 2026. Les enseignes concurrentes apprécieront de ne pas avoir été citées !
(2) "Bienvenue sur France Mutique", Louise Colvert et Emmanuel Savoye,
(3) FM moins !

Dans Télérama (05/08), Hélène, par mail : "Le changement de fréquences de Radio France se traduit, entre autres, par une diminution drastique de la couverture par France Musique, qui passe de 93 % à 70 %. Quels sont les auditeurs et auditrices qui, depuis le 22 juillet, ne reçoivent plus du tout France Musique? Évidemment ceux qui résident dans des zones rurales (qui ne sont pas non plus couvertes par le DAB+…) ! On a dû considérer en haut lieu qu'offrir France Musique à cette population de ploucs, de bouseux, de culs-terreux, c'était donner de la confiture aux cochons…"

mardi 4 août 2026

Radio Archives : une chaîne dédiée au patrimoine radiophonique…

Là on entre dans le genre d'une utopie Don-Quichotesque. Personne ne veut de chaîne dédiée aux archives radiophoniques ni Radio France, ni l'Ina. Et si autrefois, sur le sujet (il y a plus de dix ans) une première rencontre entre les deux acteurs a eu lieu, elle n'a donné aucune suite et chacun de rester dans son pré-carré de diffusions aléatoires. J'ai de nombreuses fois écrit sur le sujet mais bon "Faut pas rêver"…

















En 2018, sur mon île, j'ai totalement zappé le colloque "La radio de création après le Club d'essai" (1) où l'on pourra trouver ici un compte-rendu. Les archives radiophoniques et leur conservation, l'Inathèque en fait une présentation exhaustive. Et un moment "archives" à retrouver lors du Festival Longueur d'ondes en 2025 qui évoque les "Nuits de France Culture" et la spéciale qu'Albane Penaranda, productrice des Nuits, avait consacré au patrimoine radiophonique en 12 épisodes.

Les passionnés pourront se reporter au site des Archives nationales. Ou découvrir le "speakerPaul Castan. Ou le "Club d'essai" une radio très différente et audacieuse (2). Et un exemple dans une rediffusion "magique" de Paris-Inter de 1951. Et une autre sur Arte radio.

(1) Olivier Jacquot (4 octobre 2018). [colloque] La radio de création après le Club d’Essai : la part des écrivains (5/10/18). Carnet de recherche. Consulté le 3 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/m3eq,

(2) "À la tête de cette aventure, Jean Tardieu, un homme singulier. Poète de l’absurde, dramaturge de l’avant-garde, ami des surréalistes, Tardieu n’est pas un homme de radio au sens conventionnel. C’est précisément pour cela qu’il est irremplaçable. Il conçoit le Club d’Essai non comme une chaîne parmi d’autres, mais comme un acte de pensée, une manière de pousser la radio vers ses limites, de l’obliger à inventer son propre langage." (Source : "Les radios au temps de la TSF). "Un acte de pensée" une chose totalement oubliée à la radio publique en 2026 !

lundi 3 août 2026

Radio France Rediffs : programmes d'été, programmes ratés…

Radio France Rediffs ce pourrait être la huitième chaîne de Radio France si l'on veut encore considérer que Mouv' exilée sur le web soit la septième. Une huitième chaîne c'était l'occasion de la dédier aux archives. Que nenni, la radio publique, ne doutant de rien, aimerait qu'aujourd'hui on se prosterne devant toute la créativité mise en œuvre pour nous faire vivre un été… (dés)enchanté de rediffusions multi-rediffusées ! Quelle malhonnêteté intellectuelle, quel mépris pour les auditrices et les auditeurs et une fois de plus quel renoncement. Désolé mais ma job m'impose de ne jamais oublier l'histoire et, de fait, l'histoire de la radio publique. O tempora o mores. Comment, en 1969, ne pas mettre en exergue la volonté primordiale de Roland Dhordain, directeur de la radio à l'ORTF, pour tenter "des expériences" pour Inter et Culture. Des expériences de "radio augmentée" (1) quand depuis le 22 juillet Radio France impose aux auditrices et auditeurs de France Musique une "expérience" de radio diminuée.

Logo en 1969

















Donc à l'été 69, Dhordhain décrit dans ce numéro de "Micros et caméras", l'émission mensuelle de l'ORTF pour promouvoir radio et tv, les programmes d'été des trois chaînes publiques. Dans la foulée des Radios vacances inaugurées dès 1960 (2). Cet été-là trois émetteurs temporaires sont installés en Corse avec pour "Radio Corse" dix-sept heures de programmes originaux chaque jour. La radio bouge, la radio se déplace là où Françaises et Français vont en vacances. La radio invente, ose, tente ce qu'elle refuse de mettre en jeu aujourd'hui. La routine étant sa meilleure abdication. 

Dhordain est moins prolixe pour Culture : "France Culture sortira des studios et ira au contact de la culture vivante, Avignon, Aix, Vaison-La-Romaine" quand, aujourd’hui, France Culture s’enferme dans les studios et va surtout au contact des bonnettes. Quant à France Musique, il s'en sortira par une pirouette !

Pour autant personne n'aurait osé Radio-France-Rediffs ou l'apathie généralisée. Petite anecdote pour laquelle je ne peux pas être affirmatif à 100%. J'ai dans l'oreille, pour cet été-là et au mois d'août, Kriss qui faisait ses "essais" avant d'intégrer, avec Emmanuel Den (Michel Gonzalez), TSF à la rentrée 69 (3). Dhordain, à la fin du reportage annonce : "[Nous mettons à profit], juin juillet aout pour faire de nouvelles expériences et présenter en septembre une radio «peau neuve». Oups, une radio "peau neuve" bigre de bigre ! Quand, il y en a tant qui ne la voit pas du tout comme ça la "peau" de France Inter !!!!! 

D'autres billets sur les archives, la mémoire de la radio…

(1) À partir de 32',
(2) Programmes expérimentaux qui permettent de commencer à préfigurer les radios locales du service public,
(3) TSF, 13h de programmes, les samedis et dimanches, de mars 68 à septembre 1971. Puis c'est avec le titre "L'oreille en coin" que le programme prendra son envol (1971-1990),

dimanche 2 août 2026

Feux et contre-feux… documentaires !

D'abord vous dire que chercher des archives sur le site de Radio France c'est soit "Mission impossible" soir le "Parcours du combattant". Essayer de faire une recension de plusieurs émissions sur le même sujet, c'est niet ! Personne, mais jamais personne ne s'est intéressé à créer un archivage (avec indexation) d'une façon logique, rigoureuse et scientifique. Ce qu'il faut c'est du clic, de la clicaille de foire, pour être en permanence détourné de son sujet de recherche pour mieux batifoler (batifouiller) dans le souk. C'est juste insupportable, improductif et lassant. Le magasin de Radio France n'est pas fait pour les chercheurs et il n'existe nulle part ailleurs LE centre de ressources qui permettrait de chercher (et de trouver) (1). Par contre, vous trouverez ci-dessous une tentative (d'épuisement du chercheur) de rassembler plusieurs documentaires sur les Landes et la Gironde (2).

En Gironde, juillet 2026















Des Landes à la Gironde
On commencera par Denis Cheissoux qui, dans un épisode de "CO2 mon amour", en mai 2024 proposait deux escales landaises : l'une au bord du lac d'Arjuzanx, ancien site de lignite revenu à la nature, et l'autre au bord de l’Etang noir, à Seignosse. Et puis en septembre 2022, France Culture proposait "Les landes de Gascogne, géographie d’un territoire blessé". En juin 2019, Jean Lebrun dans "La marche de l'histoire" s'intéressait à Félix Arnaudin. Ce que sa consœur Laurence Bloch avait investigué quelques années plus tôt, en s'intéressant au chasseur de mémoire de la civilisation de la forêt.

En août 2022, "Le cours de l'histoire" sur France Culture prenait la mesure du pin. Et puis pour celle qui avait les Landes chevillées au cœur un hommage. Et pour la suivre en ondes (positives) et dans sa forêt landaise. Et puis on descend vers Soulac… puis vers Cordouan, le phare au bout de l'estuaire de la Gironde…

Souhaitons qu'assez vite, France Culture (ne se réfugiant pas derrière l'argument financier) puisse produire plusieurs documentaires : "comment re-vivre dans les département sinistrés par le feu". Et (dès ce mois d'août) au plus près du retour face à la désolation et à la rage de vivre ici… malgré tout.

(1) S'il l'on s'arme d'encore plus de patience on peut tenter l'Inathèque,
(2) Avec une pensée particulière pour Marie-Paule Vettes (1952-2022), productrice à France Culture, 

samedi 1 août 2026

Robert Arnaut, un bon sauvage… comme ses chroniques !

Le 1er août 2013, Robert Arnaut décédait. Conteur et animateur de belles émissions sur France Inter, ce 1er août est l'occasion de lui rendre hommage.

Robert Arnaut










Prenez les chemins de traverse et laissez le vent vous dire comment Arnaut a transformé nos samedis après-midi. Parce que lorsqu'il ouvrait son micro on ne pouvait faire autre chose que de l'écouter. Et surtout l'écouter sans rien faire d'autre. Furetez , puis . Puis faites un pas de côté et un autre. Et vous pourrez facilement imaginer qu'il a passé toute sa vie à la radio. Sa vie avec un ingénieur du son (opérateur) du nom de Guy Senaux avec qui il a fait des prouesses. Et puis vous irez sur le site de Radio France où plusieurs chroniques sauvages sont disponibles !

vendredi 31 juillet 2026

France Musique : Thierry Jousse… 20/20 !

N'y allons pas par quatre chemins ! Vingt émissions de "Retour de plage" depuis le 6 juillet (la der ce soir avec Prince en guest). Vingt émissions et, sur ces vingts, rien à jeter. Plusieurs perles et quelques diamants. Pas moins. Jousse (Thierry), producteur, enfile les tubes, les inédits, les cachés au fond de l'armoire et même des inconnus venus de la nuit des temps. On se régale, on se pâme et on réécoute car on peut pas tout ingérer d'un coup. Vous me trouvez dithyrambique ? Sorry but nous sommes de la même génération et à quelques années d'écart nous avons été biberonnés aux mêmes tempos qui pour nos années 60 et 70 nous ont définitivement acquis à la cause de la pop, du rock, de la soul, du funk, du blues et du RnB'…"

Dusty, the best choucroute in the world










Difficile d'en dire beaucoup plus que dans mon billet du 6 juillet. Où y'avait à boire et à manger. Pour sa dix-neuvième Jousse nous fait un festival Dusty Springfield qu'il adoooooore et dont il ne manque d'aucun superlatif pour la décrire ! Il le dit pour "Spooky" et s'esbaudit quand, pour le dernier morceau diffusé, la chanteuse a donné pour titre son propre nom et prénom Avant, reprises par Dusty, il aura tissé sa toile autour des chansons de Burt Bacharach et Hal David. La crème de ce que Jousse vénère. Avec un "Alfie" d'apothéose par Cilla Black. Ben oui quand on suit le producteur depuis vingt ans on finit, un peu quand même, par connaître ses goûts. 

Bon je vais conclure. Vraiment réécoutez cette émission, une ode à l'amour et à la joie ! (Et tachez de pas louper "The look of love" de Claudine Longet, "la délicieuse Claudine Longet" précise Jousse…)

jeudi 30 juillet 2026

Radio France : à défaut de l'écouter… la lire (la radio) !

Qui osera dire (quels médias oseront) à Radio France que le  "système rediff'" matin-midi-et soir-et-plus-si-affinités c'est juste du pipeau, un faux nez magistral, une entourloupe de 1ère catégorie ? Nous faire avaler que ce serait l'occasion de réécouter ce qu'on a loupé au cours de l'année ressemble à une parade de cour d'école. Radio France feint d'ignorer que nous sommes capables avec nos petits bras de nous constituer nos propres archives et de sortir de la nasse du "bouque cleub" qui finirait par nous faire détester les boucs, les clubs et le bavardage scolaire. Radio France qui n'a plus aucune culture radio ne sait pas que pendant plusieurs décennies la radio publique faisait des "bancs d'essai" de l'été pour inventer de nouvelles formes, permettre à de nouvelles voix d'émerger et SURTOUT d'être dans le tempo de l'été, des vacances et du farniente. Comme tant d'autres choses Radio France renonce et ce renoncement-là dit tout du mépris du staff pour donner aux auditeurs des occasions de sortir de la routine, d'être surpris et de se laisser porter par des voix nouvelles (1). Madame Veil qui ne rate aucune occasion de se congratuler devra bien un jour rendre compte de ces renoncements qui finiront par tuer la radio…

















Peut-être qu'à défaut de l'écouter, vous pourriez la lire… Vous trouverez sur cette page une amorce de biblio qui mériterait une petite mise à jour j'en conviens. Bonnes lectures, chères auditrices, et chers auditeurs.

(1) Et jeter aux orties celle de Mathilde Serrell.