Radio Fañch
"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
lundi 8 juin 2026
Le podcast : objet de toutes les recherches… (ou presque)
jeudi 4 juin 2026
Il y a 90 ans, le 4 juin 1936 : Léon Blum s'installe comme Président du Conseil…
"Les Nuits de France Culture" et particulièrement celles de samedi dernier ont donné l'occasion à Antoine Dhulster de revenir sur le Front Populaire. Deux moments ont retenu mon attention. Les deux épisodes du "Grand débat" animés par Jacques Julliard…
| Léon Blum |
La mise en perspective qu'aborde Julliard dans le premier épisode permet de focaliser sur le "6 février 1934" qui lentement fera advenir le "Front populaire". Daniel Mayer (ancien Président du Conseil constitutionnel) revient sur le 12 février, la grève générale dans tout le pays, le cortège socialiste rejoint par le cortège communiste. C'est ce qui sera à l'origine du mouvement d'unité imposé par les manifestants. Pour le 6 février, Jean-Pierre Rioux (historien) détaille les morts de la manifestation (1). "Un ouvrier de chez Renault, un commerçant, un musicien, un cuisinier, un interne en médecine, deux industriels, un employé, un garagiste, un hôtelier… Tous issus des classes moyennes et un ouvrier de chez Renault ! Le 7 février au matin ceux qui lisent le journal découvrent qu'il y a eu 15 ou 16 morts !".
Ce numéro (et le suivant) du "Grand débat" est assez exceptionnel pour avoir réuni, cinquante ans après, Jean-Marcel Jeanneney (ancien ministre) et Daniel Mayer, qui ont vécu les événements. Et les trois historiens Pascal Ory, Antoine Prost et Jean-Pierre Rioux. Julliard considèrera 1936 comme "Une société ouvrière. La révolution sociale s'approprie la révolution de 1789".
Le second épisode évoquera les difficultés financières du gouvernement de Front Populaire.
Autour de la table les intervenants ne sont pas très précis sur le nombre de jours séparant l'élection du Front Populaire et l'investiture de Léon Blum comme Président du Conseil. Ils n'avaient pas lu (et pour cause) le très bon travail de Jean-Michel Gaillard !
mardi 2 juin 2026
Radio Fañch : 15 ans, 2700 billets et une autre histoire de la radio…
C'est donc hier que le 2700è est tombé. Avec un mois et demi d'avance (sur mon pronostic de publication) pour le quinzième anniversaire, qui aura lieu le 17 juillet. 2700 petites bafouilles ça veut dire 180 par an, soit un billet tous les deux jours. Mon idée c'était d'arriver à 3000, mais vu le délitement de la radio, j'ai beaucoup moins de choses à raconter. Et les renoncements du staff de Radio France pèsent lourd sur l'avenir de la radio publique. D'une gazelle venue de nulle part, à la rebaptisation de la maison de la radio en passant par les postures de la Pédégère, Sibyle Veil, il faut supporter à marche forcée le "tout numérique", une plate forme (sans pétrole), la fin des programmes, et beaucoup plus si dés-affinités…
On peut être inquiet d'écouter "Radio-Rediff'" sur toutes les chaînes cet été et, plus encore pour les "grilles" de rentrée qui vont s'aplatir sur la Présidentielle et renvoyé au fond des buts des émissions qui pourtant devraient tenir les programmes plutôt que de les combler.
Allez, un p'tit indicatif sympatoche pour entamer la seizième année… (Création Hugues Le Bars)
lundi 1 juin 2026
France Télévisions : une bergerie, un loup et pas le moindre raton-laveur en vue !
samedi 30 mai 2026
Patachou, Brassens et Pierre-Arnaud de Chassy-Poulay… c'est peut-être un détail pour vous !
Jeudi dernier, dans la nuit, Albane Penaranda, rediffusait dans "Les nuits de France Culture" un épisode de l'émission "Panoramiques" (qui en comptera vingt-trois sur Patachou) au cours duquel Patachou dira toute l'histoire qui l'a amenée à propulser Brassens sur scène, mais à la lecture du générique je constate que le réalisateur est Pierre Arnaud. Au risque de l'homonymie il doit bien s'agir de Pierre-Arnaud de Chassy-Poulay, le facétieux réalisateur de "Signé Furax", feuilleton radiophonique diffusé sur la chaîne parisienne de la RTF (1951- 1952), puis sur Europe 1 (1956-1960).
| Pierre Arnaud, metteur en ondes |
Voilà un personnage, une figure exceptionnelle de la radio. Pierre Arnaud (1921-2013) doit sa particule à une farce avec son ami et compère Francis Blanche. Ce dernier retiendra ce patronyme qu’Arnaud avait inscrit, par moquerie pour les patronymes de ses voisins de bureau, sur la porte du Studio 38 de la rue de l’université (VIIè), pendant la deuxième guerre mondiale. Un des nombreux studios de la Radiodiffusion (RDF) disséminés dans Paris.
Alors oui c'est peut-être un détail pour vous quand c'est surtout une histoire de lien. Ce lien qui est l'histoire même de la radio…
mercredi 27 mai 2026
Radio France : l'arroseur arrosé ! Qu'est-ce-qu'on se marre… (à bout)
Radio France n'en finit jamais de se vautrer dans la com', à défaut de plonger dans le flux radiophonique et de supprimer les incessantes (re)diffusions de rediffusions. Chaque semaine ils produisent "une feuille de chou" (comprendre, une niouselaiteure en français) qui boursoufflée de suffisance s'appelle "Hyper Radio". L'honnêteté aurait voulu qu'ils l'appellent "Hyperpodcast". Gaffe, il faut continuer à donner le change aux auditrices et aux auditeurs qui auraient du temps à perdre à lire cette feuille de pissenlit. Cette semaine la feuille de blette nous parle de (attention vous allez vous esclaffer) d'un fléau à venir "Le podcast est-il en train de disparaître ?" Ah ah ah ! Quels clowns ! Forcément le chantre du podcast (l'humble Radio France) peut commencer à s'inquiéter des fois que les hypothèses de la disparition seraient actées. Revue de détail…
L'évolution de la consommation de podcasts semble mener à une mutation profonde, voire une disparition progressive des modes d'écoute traditionnels : un virage qui devient de plus en plus explicite. On assiste ici à l'avènement du prêt à écouter, où le simple prompt se transforme en émission. Les radios privées sont parmi les premiers à proposer ces nouveaux contenus générés par IA.
Faudrait savoir Radio France quand c'est vous qui produisez la mutation, vous montez sur la table et incitez auditrices et auditeurs à "faire table rase du passé". Et, tant qu'à faire de pleurer sur votre sort, dénoncez les radios privées qui ne reculent devant rien pour générer du podcast natif-IA natif ! Qu'est-ce qu'on se marre !
Cette tendance s'illustre par les nouvelles ambitions des géants de la tech : Spotify présente désormais la création de podcasts personnalisés via l'IA avec l’application Studio by Spotify Labs. L’utilisateur soumet un sujet et l'intelligence artificielle génère un contenu audio prêt à être intégré à sa bibliothèque.
Oh ben mince alors, tous les "je" boursoufflés qui déjà envahissaient les podcasts vont se surmultiplier, quel boxson (2) ! Les ingénu-e-s qui rédigent cette niouselaiteure découvrent l'eau tiède et le mouvement infernal du consumérisme débridé. L'argent mis dans ces gribouillis serait plus utile à la création de documentaires.
Que Radio France prenne une baffe, on va pas pleurer. Guettons le moment où la radio publique va sortir de son chapeau un nouveau "machin" qui continuera à tuer la radio tout en communiquant sur l'immense créativité dont font preuve les petites mains de l'industrie du divertissement… public ! Ils seraient capables d'appeler ça "HyperTSF" !!!!!!
(1) Les citations de la niouselaiteure sont reprises ici en gras et en italique…
(2) BoxSon : je vous parle d'un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître.
mardi 26 mai 2026
Radio France : la radio est sortie du jeu… Renoncement définitif !
Depuis les années 70, on pouvait, volontairement et farouchement, se démarquer de la télévision galopante, ne pas acheter de récepteur d'images et profiter de chaque soirée pour laisser voguer son imaginaire en écoutant la radio, qu'elle soit publique, privée ou "libre". On avait l'impression de résister, d'être plus intelligent et de cultiver la singularité. D'être aussi montré du doigt et très vite d'être accusé de marginal. Ben oui aux marges médiatiques il y avait ce fleuve sauvage et encore indompté qu'on appelait la radio publique…
| La fréquence des coups de foudre |
Comment résister, entre autres, le soir (chaque soir) après une longue journée de travail, de moments essentiels en famille, à ne pas faire une pause et se laisser porter par des voix d'ailleurs, mais aussi des voix tellement proches, qu'on avait quelquefois l'impression d'être avec elles "dans la radio", hors du temps et dans le temps. Dans le tempo du flux radiophonique.
Je repense aux "Nuits magnétiques" d'Alain Veinstein. Comment la télévision pouvait-elle rivaliser ? Comment se passer d'autant de découvertes, d'autant de variété(s), d'autant d'horizons à 360° ? Albane Penaranda nous donne l'occasion de réécouter un "épisode" singulier du continent "Nuits magnétiques". "Maurice Arnoult, portrait d'un bottier à Belleville", du 19 janvier 1983, avec à la réalisation Josette Colin (1). On pourra aussi écouter "Belleville village", une "Matinée des autres" de 1993, (Productrice, Cécile Hamsy, Réalisation, Jean Couturier).
Alors oui, la radio est sortie du jeu de l'imaginaire en flux. Elle a surtout abandonné sur Culture les programmes dès 21h et sur Inter à 23h… De quoi laisser un autoroute sans fin aux plateformes vidéos et autres chaînes de la TNT. Un renoncement tragique !
(1) Profitons-en pour préciser que l'émission ne provient pas d'un podcast mais d'une émission…