mercredi 13 mai 2026

Fip : Patrick Derlon, programmateur, un vrai métier (sic)…

Donc, grâce à l'activité exponentielle de ce blog - modeste et génial - j'ai pu faire la connaissance du programmateur de Fip, Patrick Derlon. Ses longues années au four (et peut-être au moulin) méritaient une interview (1). C'est long mais… c'est très bon ! Savourez !!















Radio Fañch : Bonjour Patrick Derlon, vous avez passé presque toute votre vie professionnelle à FIP, pouvez-vous succinctement en résumer les étapes ?


Patrick Derlon : Bonjour Fañch. Avant tout chose, je propose de répondre à vos questions le plus simplement du monde... et situer mes réponses avant la numérisation de la station. Un temps que la Gen Z ne saurait connaître, un temps où les programmatrices et les programmateurs de Fip travaillaient avec leur propre discothèque personnelle, celle constituée au fil des années et qui leur ressemblait.


Je suis arrivé à la Maison de la Radio en août 1977 en tant que "collaborateur artistique" (standardiste) pour les émissions sur Inter, Culture, Musique et Fip. De 1977 à 1983 j'ai été "collaborateur technico-artistique", (homme à tout-apprendre-faire : secrétariat, montage, mixage, standards...). En 1983, j'ai été intégré au standard de Fip et en 1990 programmateur en remplacement de Brigitte Bolomètre, programmatrice historique comme Tandin (Patrick), DelliFiori (Julien) ou Pantalacci (Jacques).


R.F. : De ce fait, vous avez du croiser Jean Garretto (le co-créateur de Fip), que diriez-vous de lui ?


P.D. : Jeune programmateur, en 92 ou 93, je l'ai croisé dans un couloir dans la Maison, il m'a arrêté pour me rappeler à mes «devoirs»: "Pense bien que celui qui écoute est assis dans un fauteuil, un casque sur la tête et qu'il scrute tes enchaînements. À aucun moment il ne doit se demander : qu'est-ce que ce titre vient faire là ?".


Jean Garretto et Pierre Codou ont créé l’"Esprit Fip", tout comme Pierre Lescure et Alain De Greef ont créé l'esprit Canal : et pour créer un état d'esprit il ne faut rien avoir à vendre qu'une certaine façon d'aborder l'existence… et penser que l'autre n'est qu'un autre soi-même qui mérite le meilleur. Je dirais que Jean Garretto incarnait une idée du service public et que ce sont des gens comme lui qui ont forgé ma façon d'envisager l'auditeur en tant qu'ami plutôt que cible. Jean était un type qui «habitait son costume» dans un univers où l'on croise beaucoup de clowns en caleçon ou avec des manches trop longues !


En 1970, j'ai cru l'entendre dire à mon père : "Tu sais Pierrot, on a entre 10 et 15 ans devant nous pour éduquer la masse malgré elle"… ça m'a marqué, même à 10 ans ! En fait il parlait du monopole de la Radiodiffusion (ORTF), un monopole que François Mitterrand a supprimé en 1981. Roland Dhordain venait de lui demander avec Pierre Codou de créer la première «émission» entièrement musicale. 
En 1971 diffuser de la musique était considéré comme anti-radiophonique, il faut l'avoir en tête !! 


[NDLR : Garretto et Codou, à la demande formelle de Dhordain de créer une radio de services (guidage, météo, info, culture) ont eu le génie de l’enrober d’un programme musical animé, dès le premier jour de diffusion le 5 janvier 1971, France Inter Paris est née sur les ondes moyennes 514m…














Il existait soit des émissions consacrées au classique ou au jazz, soit à la «variété». Il fallait parler, informer, divertir ou éduquer. Garretto/Codou inventaient donc une radio musicale dont les titres enchaînés les uns aux autres racontaient d'eux-mêmes une histoire : une histoire pensée par une personne s'adressant à une autre personne. 


Une programmation essentiellement instrumentale et, qui plus est, savamment dosée, dont étaient bannies les variétés… À l'époque du hit-parade des radios privées, il fallait oser ! Donc, si chez soi ou en voiture on avait envie d'écouter de la musique sortie du poste, pour Garretto cela devait être de la «bonne» musique ou rien ! Sûr que lorsque je suis arrivé au standard de Fip en 77, j'ai eu beau chercher Mike Brant, Johnny, Carlos ou Dalida, je n'ai découvert qu'Higelin, Lavilliers, Thiéphaine et Mama Béa ! Imaginez en 2010 un monde sans Garou, Pagny, Jennifer, Céline Dion ou Maître Gims... inconcevable ? Non : ce monde s’appelait Fip, et ses auditeurs étaient à l'abri des produits de l'industrie, haha!


R.F. : Est-ce que votre programmation tient compte de l’heure de diffusion ?


P.D. : C'est ce qu'on m'a inculqué et qui semble évident quand on y pense… Une émission, un programme, que ce soit sur Fip ou ailleurs doit respecter des rythmes biologiques [NDLR, Ce qui n'est plus du tout le cas sur les radios publiques des émissions rediffusées et détemporalisées]. Il est certain que le matin, on n'est pas dans le même état d'esprit à midi, en soirée ou au milieu de la nuit. A Fip, on m'a appris à respecter le rythme de vie de l'auditeur qui ressemble fortement au mien. 


Pour moi, un programme du matin était un peu plus rapide et «tonique» avec plus de repères ou de titres courts (55 ou 56 enchaînements environ pour 3 heures). Pour Sylvain Sigre, c'était plutôt le contraire ! Il faisait partie des gens qui traînent le matin, faut pas les secouer, donc programmes cools ! L'après midi, je devais tourner aux alentours de 45 titres pour 3 heures… quant aux programmes du soir, après le Jazz à Fip, je pouvais avoir une programmation un peu plus aventureuse, des titres plus pointus et des plages plus longues. Il n'était pas rare qu'avec un seul enchaînement je fasse une demi-heure de programme ! En tous cas, mes programmes du dimanche ne ressemblaient pas à ceux de la semaine, c'est sûr!


R.F. : Qui décide que tel programme sera diffusé à telle heure ?


P.D. : «Celui» qui décide prend la forme d'un planning créé il y a je ne sais combien d'années ! Je l'ai toujours connu ! 6 programmateurs/trices pour les 7 jours de la semaine. Un programme par jour, tous les jours, toute l'année. Ce n'est donc jamais le même programmateur qui fait le lundi matin à 7 heures... Cette rotation est découpée en 6 plages horaires ; le 7/10, le 10/13, le 13/16 et le 16/19h30... ensuite le Jazz à Fip à tour de rôle (tous les 6 jours donc) de 19h30 à 21h00 et celui qui fait le jazz assure aussi le programme du soir, le 21/23.












R.F. : De fait le temps diurne ou nocturne influence-t-il votre programmation ?


P.D. : Tout influence un programme ! Un 7/10 du lundi n'a rien à voir avec un 7/10 du samedi ou du dimanche ! Un 21/23 du vendredi ou du samedi n'a rien à voir avec un 21/23 du mardi... Et quand j'arrivais le matin vers 10h00/11h00 je me mettais en condition. Imaginer qu'il fera beau dans cinq jours alors qu'il pleut aujourd'hui, imaginer un programme du soir que je vais attaquer vers midi…


Tout compte : le jour, l'heure, la date, la saison, la météo, l'ambiance générale, l’événement du moment, l'actualité, un film qui passe sur Arte la semaine prochaine, les gilets jaunes, un jour férié ou une date historique, Noël, un homme politique en prison, la journée de la femme… Tout inspire et influence celui ou celle qui raconte une histoire de trois heures à des amis et qui imagine les faire rire, réagir, les faire se souvenir, les étonner, leur faire découvrir un artiste, leur rappeler un autre, et puis... qui sera à l'antenne ce jour-là, quelle animatrice (celle qui aime le Brésil ou celle qui aime Brigitte Bardot ?), quel réalisateur (celui qui aime le cinéma ou celui qui n'aime pas le foot ?) ?

R.F. : Parmi les nombreuses et nombreux directeurs que vous avez côtoyés quelle est celle ou celui qui à vos yeux - et vos oreilles - incarne le mieux FIP ?


P.D. : Je pense au fond de moi qu'il n'y en a eu qu'un seul... et ils étaient deux (Garretto/Codou). Tels une sorte d'autorité symbolique au-dessus de nous, c'est pour eux que les équipes travaillaient, peut-être même inconsciemment, dans cet «esprit Fip» que ces deux-là avaient su créer : pertinence de la programmation, impertinence de l'animation. Il m'est souvent arrivé de programmer une séquence en pensant «écoute moi ça !» et de m'imaginer Garretto dans son fauteuil avec un casque sur la tête !


Le concept Fip fait qu'une fois les équipes constituées (programmation, animation, réalisation, administration) ça peut rouler tout seul ad vitam æternam… Dès lors qu'on ne touche pas au fond du concept. La direction se devait d'être bicéphale : une direction administrative pour protéger le concept et une direction des programmes pour protéger les équipes. Fip repose sur un équilibre humain fragile en réalité et qui exige des personnes incarnant leurs fonctions… et il y a une certaine différence entre «avoir» le pouvoir et «être» le pouvoir… Vouloir être programmateur et être programmateur. Mais ça, c'est l'auditeur qui le ressent.


Je peux nommer Guy Breton, un directeur arrivé chez nous en fin de carrière (et quelle carrière !) un «homme de radio», un de ceux qui habite leur costume ! Et également à Bernard Chérèze qui fut, je le pense sincèrement, un vrai responsable des programmes après Pierre Codou.












R.F. : Pensez-vous que l’invention des émissions du soir soit dans l’esprit des fondateurs ?

P.D. : Non, ça c'est sûr ! Ces émissions sont les résidus d'une directrice de passage [NDLR, Anne Sérode], la première qui se soit attaquée au fond du concept Fip. Elle semblait convaincue que ce qui génère la fidélité de l'auditeur n'est pas la programmation mais la reconnaissance de la voix qu'il associe à une émission ! Quatre émissions thématiques ont été créées, confiées à une animatrice différente chaque soir. Deux animatrices ont hérité du Jazz à Fip (JAF). Dès l'instant où l'on a besoin d'expliciter ce qui se passe à l'antenne, c'est que le programme ne parle plus de lui même et qu'il y a un souci à la programmation ! Mais les temps changent et il faut admettre cette réalité. Les choses évoluent, elles bougent de façon plus ou moins perceptibles et lentement le fond, plus seulement la forme du concept est «attaqué». Du collectif, on passe à l’individuel, des noms sortent de l'anonymat, des égos pointent leur gros nez rouge… On n'est plus dans les années 70', cher Fañch !


R.F. : Pourquoi JAF est-il une institution indéboulonnable à FIP ?

P.D. : Qui dit ça ? J'ai connu une direction qui aurait bien aimé supprimer cette émission !

Allez, je raconte l'anecdote : un sondage montre qu'à 19h30 il y a un pic d'écoute sur l'antenne, pic qui s’estompe aux environs de 20h00. La direction du moment décide donc de déplacer Jazz à Fip de 19h30 à 20h00. Six mois plus tard, nouveau sondage : le pic à disparu, à 20h00 l'écoute a chuté. On en tire la conclusion que les auditeurs en ont marre du jazz et on va donc supprimer la SEULE émission de l'antenne. Pourquoi ? Il faut faire des économies et une émission en direct qui coupe un fil musical qui se voudrait continu de 7h00 à 23h00 est une "gène". Si ce fil continu peut être proposé par bloc de trois heures gérés par un logiciel de programmation automatisée, cela génère des économies considérables (c'est l’époque où certains tentent d'installer ce genre de logiciel à Radio France et où la Direction Générale envisage de se passer des services des techniciens qui enchaînaient nos programmes en direct...).


JAF a été sauvé par l'arrivée de Jean-Luc Hess à la tête de Radio France et celle de Julien Delli Fiori à la tête de Fip. Avec Julien, JAF a été déplacé à 19h00 et prolongé jusqu'à 21h00… Rien n'empêche un directeur de passage de supprimer cette émission avant de basculer dans le néant... heu le web.














En régie, à gauche le chef d’antenne Ph. Raynal. 

À sa droite le technicien Guy Testa. 

En studio, un journaliste et deux animatrices. 

(Sans doute celle qui termine et celle qui va commencer ?)

R.F. : Pourquoi les programmateurs sont cités pour JAF et pas pour leurs autres sets à l’antenne ?


P.D. : Fip n'a pas été créée pour fabriquer des individualités, même les titres diffusés n'étaient pas annoncés ou désannoncés. Il semblait cohérent aux pères fondateurs de faire ressentir aux auditeurs la proposition radiophonique comme un tout homogène, un travail d'équipe. Durant longtemps, on a dit «l'animatrice de Fip», bien avant les «Fipettes» ou LE programmateur. De toute façon, avec le temps, nos vrais auditeurs savaient reconnaître l'animatrice à ses clins d’œils et le programmateur à ses enchaînements ! Il en est aussi qui ne voyaient aucun inconvénient à ce que l'antenne soit animée par une seule et même personne de 7h00 à 23h00, 7 jours sur 7 ! C'est peut-être pour ceux-là qu'un directeur avisé a proposé un jour de distinguer les gens d'antenne, pourquoi pas ?


R.F. : Pourquoi depuis plusieurs années une telle « Japonisation » de l’antenne ? Et pourquoi Japon + que Breton ?


P.D. : Hahaha ! Ça me rappelle le temps où j'étais standardiste et où des auditeurs râlaient en disant qu'on passait trop de musiques arabes ! Ou d'autres qui disaient que l’animatrice parlait toujours et tout le temps sur le jazz ! [NDLRJe persiste la musique bretonne et/ou celtique n'a jamais trop eu droit de cité à Fip…]


R.F. : Les web-radios sont-elles juste une «réponse» aux plate-formes ou 
définitivement les prémices du basculement de Fip sur le web ?


P.D. : Que dire… ? Serait-ce encore une question d’économies ? De celles préconisées par le récent rapport de la Commission d’enquête sur le service public ? Je ne sais pas combien il y a de web-radios à Fip [NDLR, 12], mais je ne pense pas qu'il y ait besoin d’être programmateur pour nourrir un logiciel qui gère des thématiques.


R.F. : Vos dix titres essentiels pour une prog. du siècle ?


P.D. : Le jour où un programmateur de Fip vous les donnera ces fameux dix titres, soyez certain que ce ne sera pas un programmateur Fip ! Mon pauvre ami, j'ai quitté Radio France en 2018 avec ma discothèque et ses quarante-deux-mille albums… J'ai dû en donner une bonne partie autour de moi, céder certains à des bibliothèques, j'en ai vendu d'autres et «on» m'a autorisé à en garder quinze-mille répartis entre Paris et l’Ardèche ? Comment imaginer ne serait-ce qu'en extraire 200 (albums, pas titres !!) ?


Kriss


















R.F. : Pourquoi si peu de programmatrices ?


P.D. : Faut reconnaître, c'est plutôt un métier d'hommes… ha ha ! Non, je plaisante. Je n'en sais rien, il faudrait voir l'actuel responsable des programmes. Ce que je peux en dire c'est que ça manque. Combien même, comme en cuisine, il peut sembler y avoir plus d'hommes à s’exprimer que de femmes, il devrait y avoir à Fip au minimum deux, voire trois programmatrices. Mais pour cela il faut savoir les dénicher, écouter leur travail et reconnaître leur talent. 


J'ai connu Brigitte Bolomey et Chantal Pichot et aussi Muriel Le Friant qui s'occupait des titres classiques que nous devions diffuser (un par heure). Il y a eu Miléna Rousseau qui était remplaçante et qui était une vraie «voix» dans la programmation mais quand il a fallu embaucher, la direction du moment a choisi quelqu'un d'autre... qui devait coûter moins cher qu'une programmatrice formée au métier à mon avis. Il y a également une donnée qu'il ne faut pas négliger. Amener une "singularité” dans une équipe constituée de leaders est risqué. J'ai vécu un temps où les programmateurs/trices étaient cooptés. Ce temps là n'existe plus. Je ne connais pas les critères d'embauche des programmateurs actuels.


R.F. :  Vous devez bien avoir deux, trois marottes ? Lesquelles ?

P.D. : On ne peut pas dire que j'ai eu des habitudes ou des routines... ni que j'ai eu l’impression de travailler avec des horaires ou des contraintes. C'était un métier de création, un métier lié à l’émotionnel où quand on n'a pas envie de venir, on reste chez soi ! Donc, pas de marottes si ce n'est une sorte «d'obligation» d'écouter en arrivant les vingt disques sortis du bac des nouveautés classées par ordre d'arrivée. Et puis, quelque chose m'inspirait et… en avant la musique ! Les histoires que nous racontions s'appuyaient sur nos ressentis personnels, nos intérieurs et ce que nous avions envie de partager avec nos auditeurs... et il est rare de vouloir raconter tous les jours la même histoire...


Un exemple : l'attentat de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015... Comment continuer à construire le Jazz à Fip de ce soir là ? Quelle émotion transmettre lorsque tout titre choisi prend un sens qui dépasse l'intention première. Que vouloir partager, comment rester joyeux quand on a juste envie de pleurer ou d'être rassuré ? J'ai animé l'émission ce soir-là avec Frédérique Labussière, l'animatrice avec laquelle nous avions reçu Cabu quelques années plus tôt... et show must go on comme ils disent... 


Après le jazz, je suis resté dans mon bureau et j'ai entièrement modifié la programmation des 8, 9 et 10 janvier en déstructurant tous les programmes pour en retirer les chansons qui auraient pu accentuer l'absurdité, faire s’enchaîner des instrumentaux sans sombrer dans le pathos, juste accompagner les auditeurs, être avec, être ensemble et essayer de traverser ce qui, tous, nous tombait dessus... Je pense que ce «être avec» est ce qui définissait le mieux ce qu'on aurait pu appeler mon «travail» et ce travail n'appelait pas les routines ou les marottes !














R.F. : Qu’est-ce qui vous caractérise des autres programmateurs ? C’est quoi la patte Derlon ?


P.D. : C'était quoi ma «singularité», vous voulez certainement dire ? Imaginez donc Fip en tant qu'album… et cet album serait «Kind of blue» un album composé uniquement de leaders : Miles Davis, John Coltrane, Julian Cannonball Adderley, Bill Evans, Winton Kellyn, Jimmy Cobb et Paul Chambers. Chacun avec sa personnalité, sa voix, son expression et tous produisent un album qui traverse le temps. Voilà ce que j'ai vécu. Moi, j'étais plutôt musiques du monde et jazz manouche, Julien plutôt Cuba, Chantal, Brésil et comédies musicales américaines, Armand plutôt blues, Sylvain plutôt rock... et quand Bernard Chérèze nous demandait de venir dans son bureau une fois par mois pour faire un semblant de réunion, il n'était pas rare de nous voir arriver avec quasi les mêmes disques sous le bras !


Je pense que c'est ça ce qui définissait une équipe où chacun exprimait sa propre "voix" sur une ligne de basse proposée en 1971 par deux producteurs de France Inter [NDLR, Pour l’Oreille en coin, 1968-1990) : et même si nous arrivions avec les mêmes disques dans nos poches, on ne jouait pas forcement les même titres !


Une dernière pour la route… Je sors de mon bureau en sifflotant un thème de jazz, Julien sort du sien en sifflotant le même… il me demande «C'est quelle version ?". Ça, c'est une question de programmateur Fip et impossible de lui demander de sortir les dix titres du programme du siècle à envoyer sur le web ! [NDLR : Pas à envoyer sur le web… à mettre dans sa musette… M. Derlon !]


(1) Réalisée par mail, sinon il aurait fallu 20 pages, tellement l'homme ne manque pas d'à-propos !!!