mardi 13 octobre 2026

France Musique : Stephane Grant… pipo sans moderato !

Le 10 septembre, Stephane Grant, nouveau Directeur de France Musique, s'exprimait dans la revue numérique "Média+" : «Cette nouvelle saison, nous allons l’écrire ensemble, avec toutes les équipes de France Musique et nos fidèles auditeurs.» On se pince, Monseigneur ! Démagogie poussée aux extrêmes. Depuis quand auditeurs et auditrices pourraient être associés de près ou de loin à l'élaboration des programmes d'une chaîne de radio publique ? En tous cas jamais depuis 1921. Quelle farce alors ! Que des mots creux, une formule toute faite, de la gonflette de camelot de foire qui voudrait à tout prix vendre ses casseroles… inoxydables !














Monsieur Grant vous imaginez sans doute que "France Musique est à vous" (1) ou "Quelle musique entendez-vous ?" (2) puisse correspondre à l'élaboration des programmes par les auditrices et les auditeurs. Choisir des morceaux de musique, les proposer à une productrice … Décider que telle musique s'accorderait parfaitement à telle œuvre picturale, ces propositions, l'une comme l'autre, n'ont rien à voir avec le fait de recueillir des suggestions d'émissions et les mettre en œuvre. Mais plutôt il s'agirait :


• D'ouvrir l'antenne à des expériences radiophoniques dans les conservatoires (et pas uniquement celui de Paris !) dans les universités, les lycées, 
• Passer des commandes de créations radiophoniques sur des thématiques musicales, 
• Varier les écritures radiophoniques, 
• Donner une place à l'actualité de la recherche sur la musique, 
• Autoriser les invités à parler plus de 5 minutes, 

• Rendre publics les critères de sélection des nouveaux producteurs et 
• Ouvrir un appel à projets annuel avec un nombre substantiel d'auditeurs dans le jury de sélection,
• S'engager à répondre à tous les projets,
• Mettre à la disposition des enseignants et étudiants des émissions réutilisables en cours, 
• Garantir une place à la réflexion critique, même quand elle ne sert pas directement la promotion d’un concert ou d’un disque. 

Et… cerise sur le gâteau, renverser la table et ouvrir la chaîne à toutes les musiques et pas seulement à l'hégémonie du classique ou le pré-carré du jazz ! Oui là, Stéphane Grant, on pourrait commencer à croire à votre mantra  "Écrire ensemble"… Et, si vous avez un moment, regardez donc les programmes mijotés par Louis Dandrel (1975-1977) et vous découvrirez le gouffre qui vous sépare de cette époque-là !

Le logo 1999-2005,
avec le fameux "s" que l'on doit à P. Bouteiller
Directeur de la chaîne à cette époque,














Et puis, Monsieur Grant, quid des auditrices et des auditeurs qui, sans plus aucune fréquence hertzienne pour écouter la chaîne dans les 11 000 villes concernées, pourraient alors "écrire ensemble" ? Écrire quoi ? Leur déconvenue ? Les pirouettes de la Direction générale et celles de France Musique disent la déliquescence du service public radio et surtout la volonté des dirigeants de changer d'ère (et de chanson) pour ne plus jurer que par le numérique qui écrase tout… sur son passage au DAB+, entre autres. Revenir à la FM serait pour Sibyle Veil, Pédégère de Radio France, se déjuger et surtout constater son refus de revenir à la position antérieure comme sont en train de le faire les Suisses !


À ce jour, Stéphane Grant, vous n'êtes ni convaincant ni rassurant. Vous suivez, bon gré mal gré, un mouvement de fond porté par Laurent Frisch, Directeur du Numérique de Radio France qui, lui-même, a en ligne de mire l'injonction des tutelles depuis 2014 : "Diminuer drastiquement la masse salariale" et par extension LES MOYENS DE PRODUCTION. On rationne la création radiophonique et on entretient à grand frais une armée mexicaine de cadres inutiles et improductifs.


S'ils existent, M. Grant, donnez-nous vite des faits qui valideraient l'"écrire ensemble". Sinon vous participerez à la désinformation et au renoncement de France Musique à être accessible à l'écoute pour toutes les Françaises et tous les Français. Cette écoute libre et gratuite, un vrai choix de société auquel Radio France vient de poser les bases de son désengagement !


Ajout de 20:30

Dans son édition de demain, Télérama en dernière page du courrier des lecteurs annonce : "Dans nos articles [sur telerama.fr], nous avons vivement regretté ce choix qui nous semble affaiblir la station. Nous en préparons d'autres, qui relateront les conséquences pour les auditeurs de ce qui s'apparente à une réelle fracture culturelle. Concernant la carte des zones dont les fréquences ont disparu, Radio France nous indique ne pas être en mesure de l'établir." 


(1) Le vendredi 6h30/9h et le samedi matin 7h/9h,

(2) Le vendredi 10h30/12h, 

lundi 12 octobre 2026

Claude Giovannetti : hommage par Francesca Isidori…

C'était vendredi soir dernier à la Scam (Société Civile des Auteurs Multimédia) à Paris un hommage à la réalisatrice radio Claude Giovannetti, décédée au mois de mars 2025. Francesca Isidori, documentariste et productrice à France Culture, a écrit et dit son amitié pour Claude…

Claude Giovannetti















"Plus qu’un  témoignage c’est un «bout à bout» qui n’a été précédé d’aucun enregistrement et, ne sera suivi d’aucun mixage. Le premier que je fais toute seule. Des souvenirs épars des photogrammes, des  phonogrammes. Des sons, des mots:  entendus - reçus - écrits - envoyés.  Ou pas. Des fragments de rêves. Des moments de vie, avec Claude. Notre amitié est née à la radio, a grandi à la radio, s’est perdue à la radio et est renée par le biais de la radio, trois ans avant sa disparition.


Je suis perdue dans ce temps qui a été le nôtre, une durée si longue avec lacunes et absence, silences, disparitions,… Retrouvailles à distance et perte. Malgré l’évidence des coupures, un sentiment obstiné de continuité m’habite. Pourquoi alors, pour attester cette continuité, il ne me reste que quelques flashs et échos chaotiques ? Mais très précis le bruit d’un avion dans le ciel de Montfort l’Amaury, griffant, se superposant à la voix de J. L. S. C’était une amitié au travail, la nôtre, c’est ce qui m’importe de vous dire : une forme particulière d’amitié, différente des amitiés d’enfance ou de jeunesse, différente de l’amitié sentimentale.


Maison de la Radio : le studio d'enregistrement, le studio de mixage, et entre les deux la cellule de montage. L'intimité de l’écoute naissait dans le huis clos de la cellule, où la vie  par ailleurs  entrait à flots : au gré des bandes enregistrées qui défilaient sur le magnéto, au gré de ce qui  nous arrivait, de la joie de nous retrouver le matin, des rires et des confidences.


En 2024 elle écrivait : «Notre attachement commun au son qui a irrigué et irrigue encore notre vie.» On aimait les sons, on aimait les voix, passionnément on aimait les écouter. Écouter à deux dans ces cas-là ne double pas le plaisir, Le rend ….  au centuple. Accents - souffle - grain de voix. Voix et, ce que la voix dit au-delà des mots, ce qu’on y entend et qui n’est pas dit. Ce que la voix dit à l’insu de celle - ou celui - qui parle. La tension et l’attention de l’écoute était une expérience partagée. Nous sommes devenues amies dans ce partage.


« J’ai grandi avec toi à la radio »


Nous étions concentrées au même moment sur la voix enregistrée, les yeux baissés, seule l’ouïe était mobilisée, parfois on levait la tête au même moment, on échangeait un regard, on esquissait un sourire. Pour éviter tout malentendu je tiens à préciser que cet attachement 

au son, à la voix, que j’évoque, relève davantage d’un plaisir sensuel, intellectuel, d’une attitude ou aptitude humaine, que d’une quelconque mystique acoustique. Ensemble nous n’avons jamais travaillé autrement qu’avec des bandes magnétiques. 


J’avais dit à Claude - sur le ton « allegro ma non troppo », que avec le numérique la radio faisait le chemin inverse de celui de la révolution freudienne qui avait marqué le passage du regard (l’hypnose) à l’écoute (la cure par la parole). Avec le montage numérique la vue, et d’un seul, prime sur l’écoute. On n’entend pas de la même façon quand on a les yeux fixés sur l’écran. L’écoute partagée est affaiblie, et souvent n’a plus raison d’être.


Claude et Yann Paranthoën

















Photo N/B que je vois pour la première fois en janvier 2024 : Yann [Paranthoën] au 1er plan   olympien, 3/4 profil, image nette, son couple de micros Shoeps à la main, Nagra à l’épaule.Très loin, en arrière plan, Claude, les traits estompés, presque effacés, deux taches sombres, les yeux. Malgré le flou je reconnais cette expression que j’ai vue tant de fois sur son visage, une question muette qui reste sans réponse, dans ses yeux agrandis d’inquiétude, un pli entre les sourcils que l’objectif ne distingue pas.


J’étais fascinée par la maitrise des gestes du montage, par la précision avec laquelle elle coupait la bande après l’avoir effleurée  n faisant des infimes aller/retours sur le magnéto, 

palpation sonore d’où sortait une voyelle étirée jusqu’à se muer en une plainte animale 

ou un son rauque - distendu -  cri de créature préhistorique.Trouver  le point où il fallait inciser.

Couper le son avec des ciseaux. Est-ce que c’était tailler/sculpter le son ? Je ne sais pas, je crois pas : je dirais que c’étaient plutôt les sons, les voix, les sons/sens qui nous façonnaient, 

qui nous travaillaient en même temps que nous les travaillions.


La nuit qui a suivi la découverte de la photo en N/B j’ai rêvé que j’étais dans une rue étroite,

je levais les yeux et je voyais Claude accoudée à une fenêtre tout en haut, elle me faisait signe qu’elle allait me rejoindre / joie immense de ce dialogue en langue des signes / sans voix. Ellipse : j’entre dans un café et je la vois / déjà là, téléportée du dernier étage à cette salle de bistrot déserte, m’attendant, assise tout au fond - mais image nette cette-fois : posé sur la table devant elle le Nagra. Prête. L’enregistrement peut commencer."


© Francesca Isidori, octobre 2026

vendredi 9 octobre 2026

Dim Dam Dom : Les lycéens ont la parole… à la télévision en 68 (mars) !

Pour une fois (ou deux) je vous parle de télévision. Et pas n'importe laquelle le magazine pop de Daisy de Galard "Dim Dam Dom" (1). En mars 68, le 10, douze jours avant le "Mouvement du 22 mars", Marguerite, forcément Duras, interroge Romain Goupil (lui-même) lycéen de 16 ans. Incroyable ! "Pourquoi fait-on de la politique à 16 ans, est-ce que la politique vous empêche de bien travailler, qu'est-ce que la politique ?" (Vous avez trois heures). 

Marguerite Duras













(1) Je téléscope son générique avec la musique de Lalo Schifrin pour le film "The fox" arrangé par Hugo Montenegro pour la pub des bas "Dim". Ça va bien pour donner du pep's aux lycéens !! ;-)

jeudi 8 octobre 2026

France Culture : Francesca Isidori, Didier Daeninckx et tous les ingrédients pour être en bonne compagnie…

Ça commence très bien : l'indicatif - Minellos par Rubin Steiner - puis, après le premier micro de Francesca Isidori, productrice à France Culture, l'indicatif des "Maîtres du Mystère" émission mythique des mardis soirs sur France Inter (1) que Daeninckx écoutait sous la couette dans sa prime jeunesse. C'est important ces repères. La voix, accentuée d'Italien, de Francesca, les indicatifs d'émissions, marqueurs de mémoire. Et puis le saut dans le temps, pour (re)prendre le temps. Et si on l'a lu et qu'on connaît un peu, beaucoup Daeninckx, on est assuré de passer un bon moment…

Didier Daeninckx 















 

Bon, déjà Daeninckx en 69 bosse à l'usine, met de l'argent de côté et part trois mois au Moyen-Orient essayer de comprendre le conflit israélo-palestinien… Alors que tous les hippies et autres frères de la côte qu'ils soient de France ou de Navarre nous incitent à partir pour Katmandou. C'est pas le même rêve ni la même réalité. Touchant d'entendre son souvenir de Saint-Denis, où il est né, et du cinéma "Le Chabrol" photographié par Doisneau. Où les souvenirs de sa mère portant les valises pour soutenir la "Révolution espagnole" face à Franco.

Daeninckx : "Si j'ai commencé à écrire des polars c'est à cause de la proximité des abattoirs [de la Villette]". Il évoque aussi le livre Léon et Maurice Bonneff "La vie tragique des travailleurs" qui décrit, les mines, les filatures, les boulangers avec le langage propre à chacun, l'argot des métiers et leurs centaines de mots disparus. Puis Daeninckx raconte ses affinités littéraires dans lesquelles s'immisce du beau monde (Aragon, Echenoz, Perec).

Gros coup de blues assuré si Francesca nous donne à entendre "Andaluces de Jaen" que nous écoutions en… 1969 ! Les trois ans que Didier Daeninckx a passé à observer la vie d'une région au quotidien quand il est devenu journaliste pour "voir ce qu'il y avait de remarquable dans ce que Pierre Michon appelle "Les vies minuscules", pour moi ça a été une éducation du regard…," cherchant le biais bien plus que la surface des choses. 

Puis Daeninckx évoquera son séduisant parcours d'écrivain…

(1) 1957-1965, sur Paris Inter puis France Inter depuis novembre 1963, par 

Pierre Billard et Germaine Beaumont. Puis d’octobre 1965 à septembre 1974. Suite à un différend entre Billard et Beaumont, alternance entre "Mystère mystère", produit et réalisé par Pierre Billard et "L’heure du mystère", produite par Germaine Beaumont. Chose assez rare en radio qu’un «conflit» se solde par une alternance au micro !

mercredi 7 octobre 2026

Du jour au lendemain : Arlette Farge, historienne…

On aimait ce passage du jour …au lendemain. Rester éveillé pour en douceur entrer dans la "caverne" d'Alain Veinstein, producteur de l'émission (1985-2014) sur France Culture (1), avant que, perfide, Olivier Poivre d'Arvor, Directeur de l'antenne, ne la jette brutalement aux oubliettes en fin de saison 2013-2014 ! Ce mercredi 27 février 1992, Veinstein reçoit l'historienne Arlette Farge pour "Dire et mal dire : l'opinion publique au XVIIIè siécle" (Seuil). Et comme toujours avec Arlette Farge (Directeur de recherches au CNRS) on peut être sûr d'être captivé. (Rediffusion la nuit dernière).


























Farge, de sa voix douce, nous donne envie d'entrer dans son sujet, comme d'ailleurs à chaque fois qu'elle intervient dans "Les lundis de l'histoire" (1966-2014). Veinstein s'interroge sur l'exergue du livre de Farge "J'ai embelli ma vie de jours que je n'ai pas vécus", Pascal Quignard. Et Farge d'expliquer qu'elle a "l'impression grâce aux archives d'avoir eu du temps en plus, des jours en plus…"


"Au XVIIIè siècle, l'opinion publique c'est totalement anachronique, parce qu'au fond on peut se demander s'il y a une opinion publique au XVIIIè siècle, alors que l'opinion publique c'est quelque chose de lié à la démocratie [après 1789]". Quant aux sources de l'époque, Farge les détaille : "les mémorialistes qui racontent à la plume, l'air du temps, les archives de la Bastille et "les nouvelles à la main", des gazettes manuscrites qui viennent de l'étranger ou bien de l'intérieur de la France et qui sont recopiées en plusieurs exemplaires par des copistes et qui sont distribuées dans Paris…"


Et Farge d'ajouter à propos des nouvelles "Que ce soit vrai ou que ce soit faux, peu importe il s'agit de savoir et, c'est savoir qui excite l'esprit public." Elle poursuit "Les faits divers disent beaucoup de choses de la vie sociale de l'époque. La lecture des faits divers est utile pour voir qu'elles sont les préoccupations d'une société sur ce qu'elle ne comprend pas bien."


Au XXè siècle on pouvait donc, sur France Culture, s'endormir en découvrant l'histoire mais aussi de multiples histoires. Ces découvertes excitent plus l'esprit que les rediffusions, même quand celles-ci peuvent aussi être des découvertes. Les rediffusions pourront toujours attendre d'être réécoutées quand, à l'époque (au risque d'enregistrer le programme), on était sûr tous les soirs d'écouter "quelque chose de nouveau" et qui, pour "Du jour au lendemain", nous donnerait envie de lire et de… savoir.


(1) de 00h05 à 00h45, du lundi au vendredi,

mardi 6 octobre 2026

L'humour partout, tout le temps (et aussi à France Inter) on n'en peut plus… ¡ Ya basta !

Il y a maintenant une marque de fabrique autour de l'humour radiophonique qui, en son temps, a permis à Adèle Van Reeth Directrice de France Inter (2022-2026), de compter, comme on compte les moutons, le troupeau d'humoristes qui s'exprimaient sur la chaîne, une quarantaine environ en 2024. Tout ça !!!! S'il semble qu'il n'y en ait plus "que vingt-sept" depuis la rentrée, c'est déjà énorme. L'exercice de l'humour étant devenu obligé, cadré, enfermé dans des cases à des heures précises (et totalement débridé de 11h à 12h30, du lundi au vendredi) on guette les (rares) émissions où il ne serait pas tenu de rire. Plus le monde va mal plus il faudrait s'esclaffer. Cette injonction insupportable pousse même l'anchorwoman de la matinale d'Inter, Florence Paracuelos, à inciter Marc Voinchet à trouver de bonnes nouvelles dans sa Revue de Presse qu'il machouille. Ce qui fut le cas hier matin quand Voinchet imitant l'accent toulousain a fait rire la tablée assise autour de Paracuelos.

Jean Janne & Jacques Martin
















C'est quoi cette autre injonction à vouloir entendre de bonnes nouvelles quand elles existent peu ? Pourquoi Paracuelos ne demande pas à ses équipes de faire le "Tour de France" des choses qui vont bien ? Pourquoi ce qui va bien devrait porter à rire ? Est-ce si dur à supporter pour les matinaliers l'absence d'humour du 7h37 ? Ce passage obligé par l'humour vient de trouver ses limites en se cognant au principe de réalité. Poitevin ne faisait pas rire il a de lui-même décliné ! 

Céline  Pigalle, Directrice d'Inter pourrait peut-être soulever la soupape de l'humour forcené et proposer, au choix, un billet philosophique, un billet musical, un billet culturel (et surtout pas un billet politique) ? Et par exemple trouver l'équivalent d'Albert Jacquard dont ce fut la mission sur France Culture. Mona Cholet, Claire Sécail ou Cécile Alduy pourraient y trouver leur place. Mais non, tant que l'humour restera l'alpha et l'omega de la radio publique les risques de déraillements ou de pannes pourraient perdurer et auraient pu faire dire à Jean Yanne "Quand j'entends le mot humour je coupe mon transistor" (1).

(1) Sa phrase originale "Quand j'entends le mot culture, je sors mon transistor", titre d'une de ses émissions sur RTL le dimanche matin, entre 1964 et 1969,

lundi 5 octobre 2026

France Inter : le 7h57, y'a pu, en panne… d'humour !

À trop sanctifier, vitrifier les cases de la matinale de France Inter, quand ça déraille le train (train) finit par être supprimé. Malgré ce que la presse "médiatique" et France Inter appellent "la case historique". Sur quelle échelle de Richter place-t-on l'histoire de la radio publique. On pourrait dire qu'après vingt-cinq ans d'antenne "Là-bas si j'y suis" (1989-2014) appartenait, de fait, à l'histoire de la chaîne. mais des émissions de plus de vingt-cinq ans il y en a une flopée sur les chaînes de Radio France (1). Quand ça arrange la com' des chaînes ce sont des émissions patrimoniales (sic) intouchables ou plus souvent des émissions qui ont fait leur temps. Géométrie variable. Girouette à tous les étages. Donc, après le départ de Thomas Poitevin de l'express de 7h57, aucun train n'est venu le remplacer et de fait aucun conducteur. C'est grave docteur ? Qui s'est plaint ? Qui est perturbé du passage sans transition de l'interview de 7h47 au journal de 8h ? Qui peut revendiquer que cette une case stratégique pour capter auditrices et auditeurs à s'accrocher au train journal qui suit ? 

















Case stratégique pour l'humoriste qui y trouve un surcroit de notoriété, sans doute. Case stratégique pour l'image de la chaîne, pas si sûr ! Tant que Charline Vanhoenacker faisait le job (et le faisait bien) on peut dire que c'était dans la droite ligne de son émission de 17h aux titres multiples et variés. Matthieu Noël pourquoi pas, mais faire rire sur commande dans le stress de la vie quotidienne du matin ajouté au stress de l'actualité anxyogène, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et n'est pas indispensable pour bien entamer sa matinée.

Qui voudra donc in-situ venir quatre matins sur quatre, ou un seul si les trois autres sont occupés par trois autres humoristes ? L'endroit est exposé à tous les tirs de sniper et le jeu en vaut-il la chandelle ? On pourrait alors assister à une pause pour la saison 26-27, faire des économies et pourquoi pas balancer une pub à 7h57 ? Carton et désagrément assurés. L'équation est difficile à résoudre mais, est-ce si grave si on ne se marre pas à 57'. Peut-être qu'on pourrait - franchement - attendre pour se marrer le long tunnel de 11h à 12h30 ?  Ou tout simplement sortir une bonne fois pour toutes de la tyrannie de l'humour… qui fait de moins en moins rire.

(1) Le pop-club, Le jeu des mille francs/euros, Le masque et la plume, Feedback, CO2 mon amour et quelques autres… Et sur Culture : Les lundis de l'histoire, Du jour au lendemain, le Pays d'ici, Les papous dans la tête, le Panorama, La Fabrique de l'histoire, et tant d'autres !