vendredi 14 août 2026

Sous le pont des arts : les mariniers…

Il m'est arrivé de vous dire que des mots titillent la mémoire et qu'à partir d'un mot, d'un pays, d'un objet, notre mémoire nous donne envie de réécouter une ou des émissions de radio. Mais hier c'est un dessin posté sur Bluesky qui m'a touché. Dans une aquarelle de Ronald Searle sur le Pont des Arts à Paris, sur un banc un homme agé semble résigné, un couple de jeunes se fait un câlin, et quelques péniches passent sous le Pont Neuf. Alors tout de suite m'est venu en tête le poignant documentaire de Josette Colin "Les mariniers". Mariniers qui eux passaient sous le Pont des Arts…

Ronald Searle, 1976


Josette Colin, réalisatrice à France Culture, a pour une fois accepté d'être productrice d'une série de quatre épisodes de "Nuits magnétiques" avec comme équipe de réalisation Medhi El Hadj et Michel Creïs. Josette racontera sa propre enfance à travers la vie des mariniers qui était le lot de ses parents.

Mehdi partage avec moi une anecdote savoureuse «Josette enfant dans la cale de la péniche, promenait sa poule sur le guidon de son vélo». La réalisatrice a conscience d’avoir vécu une enfance privilégiée comme aussi d’avoir été souvent montrée du doigt par les enfants d’à terre, moqueurs et jaloux d’une forme de liberté dont les enfants de mariniers bénéficiaient. Mehdi reconnaît surtout les qualités de sa collègue qui transpirent ici dans son documentaire. Sincérité, humilité, humanité. Elle dit «La lenteur et la douceur du milieu aquatique retentit sur la personnalité des mariniers… » et sur celle de Josette Colin assurément. Et sans doute aussi sur celle des aquarellistes de passage…

jeudi 13 août 2026

Des ronds dans l'onde… de la Maison (de la radio)

Mes anciennes lectrices et anciens lecteurs me pardonneront s'ils ont déjà lu ce qui va suivre. Je regrette en son temps de ne pas avoir interviewé Roland Dhordain (1924-2010) pour qu'il me décrive l'effet que ça lui a fait de débarquer "Quai de Passy" dans le XVIè arrondissement de Paris, en août 1963, quelques mois avant l'inauguration officielle de la Maison de la radio (14 décembre 1963), par le Président de la République, Charles de Gaulle. Ce sont trente-deux studios vieillots (et riquiqui) disséminés dans Paris qui allaient intégrer un bâtiment digne de la radio publique.


















De quoi s'y perdre
Y avait-il déjà des huissiers ou des hôtesses qui guidaient tout ce beau petit monde dans les arcanes, pour ne pas dire les antres de la Maison de la radio. Mille bureaux. Trois antennes publiques (avec de nouveaux noms depuis novembre 1963) : France  Inter, France Culture,  France Musique). pendant longtemps tant et tant de personnels ont "erré" dans les couloirs jusqu'à se perdre. Pendant qu'ils tournaient en rond ils pouvaient laisser aller leurs pensées quitte à croiser Lulu

Aujourd'hui aucun risque de se perdre, la circulation est verrouillée et badgée à tous les étages. L'affaire remonte au management tendance de M. Mathieu Gallet qui voulait que dans sa "boîte" (1) ça ne circule pas trop entre les chaînes, entre les personnels et surtout en garantir la "sécurité". Dès 2001, j'ai beaucoup circulé dans la Maison, discrètement et ai rencontré pendant dix ans, productrices et  producteurs, réalisatrices et réalisateurs, ingé-sons et celles et ceux qui avaient la mémoire de la radio ! Fort de ce bagage j'ai ouvert mon blog dix ans après !

Paranthoën et tant d'autres pouvaient faire des ronds dans l'onde, sortir de leur bureau, sortir du cadre et tenter "L'aventure au coin de l'oreille" (2). Ah ah ah ! Comme quoi les titres des émissions marquent auditrices et auditeurs, puisqu'en voulant écrire "l'aventure au coin de l'oreille" je me suis souvenu que c'était une émission de France Inter. J'ai réécouté un épisode, Arnaut est juste captivant et nous entraine immédiatement dans le sillage de ses mots…

Écoutez "des ronds dans l'onde"…  (ACR du 1er juin 1980, France Culture),

(1) Lors de son "intronisation" en mai 2014, devant le personnel, Gallet, nouveau Pdg, pour parler de Radio France dit "la boîte", dans sa bouche ce devait être du langage de managère de moins de cinquante ans,
(2) Dans les années 70, une des "séquences" de "L'oreille en coin" (France Inter) animée par Robert Arnaut ou Claude Dominique et quelquefois les deux ensemble !

mercredi 12 août 2026

Éclipse totale de voix… à Radio France !

C'est le propre de la radio publique depuis ses origines (1921), les cases dans un programme ne sont pas des attributions à vie. Elles sont mêmes remises en question chaque année à l'approche d'une nouvelle année radiophonique (septembre/juin). Certaines et certains ont pu faire carrière à la radio, mais d'autres beaucoup plus nombreux se sont éclipsés de leur plein gré mais bien plus souvent parce qu'ils n'avaient plus l'heur de plaire…

La légende est ici

















Il serait fastidieux et pénible d'établir ici la liste des "disparues/disparus"… pour autant il nous reste dans l'oreille des voix, véritables marqueurs de temporalité et, en même temps, d'intemporalité. Si je vous demandais au débotté la voix dont vous vous souvenez ? Vous me diriez-quoi : Pierre Bellemare et ses histoires extraordinaires, Ménie Grégoire à l'écoute des femmes au plein milieu des années 60, Zappy Max, trublion/fantaisiste qui a fait les riches heures de la radio populaire (Radio Luxembourg), Eve Ruggieri qui a pris son envol radio en racontant des histoires dès la fin de ce qui ne s'appelait pas encore une matinale sur France Inter, Robert Arnaut un autre conteur parmi les conteurs…

Il y a celles et ceux partis de leur plein gré et puis celles et ceux qu'"on" a renvoyé pour incompatibilité d'humeur, divergences politiques ou pire, jalousie de notoriété. Mais, enfant, ses "subtilités" m'échappent. La première voix caractéristique de mon enfance est celle de Daniel Filipacchi (98 ans) et son "Salut les copains" quotidien sur Europe n°1. Synchronicité absolue avec mon temps des copains de l'école, d'un moment de détente après une journée scolaire, des chansons friandises qui volent avec l'air du temps. la voix plus que le contenu de la logghorée sympathique de José Artur. Puis celle de "Madame Inter" (Annick Beauchamp) auprès de qui je serai photographié à Saint-Malo (années 60) pour les jeux de plage de la station (sourire entendu).

Et puis ce qui correspondait à mon temps de loisir, les fins de semaine avec la bande, toute la bande de l'"Oreille en coin" (France Inter) avec plein de femmes plus subtiles les unes que les autres. Kriss, Dominique, Monchicourt, Jacques, David, Gribes. Après c'est sur France Culture que j'aurai dans l'oreille Françoise Séloron, Marion Thiba, Laurence Bloch, Francesca Isidori, Geneviève Ladoues, Arlette Farge, Michèle Perrot, Francesca Piolot, Colette Fellous, Marie-Paul Vettes, Irène Omélianenko, Jeanne-Martine Vacher… (1).

Pour les cent ans de la radio j'avais écrit une petite ode aux femmes de radio. Parmi celles-ci plusieurs ont été éclipsées sans autre forme de procès. Du jour au lendemain, créant des chagrins et quelques descentes aux enfers. Alors qu'on en fait des tonnes pour les vedettes du micro qui partent à la retraite il est rare que les éclipsées-éclipsés puissent seulement saluer à l'antenne leurs auditrices et auditeurs. Ne nous reste plus qu'à les inscrire à notre panthéon personnel.

Qui mieux que Kriss pour conclure ce billet ? Celle-ci dit à un ami physicien «Les gens de radio sont comme des éphémères qui ne volent quun jour et disparaissent». «Cest faux, lui a-t-il répondu. Tout ce qui existe est détruit par le temps. Les monuments les plus beaux, les livres, la planète elle-même disparaîtra. Mais vous, les voix de radio, vous êtes éternelles. Vos paroles emportées par les ondes hertziennes voyageront dans lunivers aussi longtemps quil existera". (2) 

(1) Tous ces noms peuvent mener à des liens, les inscrire dans la petite case à droite de cette page 'Vous cherchez quoi ?"
(2) (2) Kriss, La sagesse d’une femme de radio, L’œil neuf, 2005,

mardi 11 août 2026

Ferré : 100 ans + 10 !!!!!

À l'été 1916 Léo Ferré naît à Monte Carlo. Cent dix ans ! P… En 2016, j'écrivais plusieurs billets sur Léo. C'est l'été. Mais Ferré l'a chanté "L'été s'en fout"… Notre été sinistré. Et comme l'écrivait Serge Joncour dans le Monde le 3 août : "L'été n'a plus rien de léger. Quelque chose a changé. L'été nous a été volé." Y'a dix ans, c'était l'été et on fêtait les 100 ans de Léo.











France Musique en août 2016 n'avait rien loupé… Et Louis-Jean Calvet de témoigner. Le même Calvet qui avec Marc Legras avait passé toute la nuit de fin de l'an 1988 avec un Ferré en verve auprès de ses amis. Et puis Léo qui psalmodiait sur l'été 68…

 

J'aime quand Léo chante la radio

"Monsieur Barclay m´a demandé :

Léo Ferré, j´veux un succès

Afin qu' je puisse promotionner

A Europe1 et chez Fontaine

Et chez Lourier et chez Dufresne

Et moi, pas con

J´ai répondu :

Voilà patron

Ce que j'ai pondu !


Mais c'est Gaby que j'aime par-dessus tout.

Dans les draps que l'amour
Referme sur la nuit,


Et tu notais
Et je chantais
Pour... heu...
Pour quoi ?
Pour trois fois rien
Ha, Gaby, Gaby !
Ce Saint-Germain-des-Prés
Défait, soumis

lundi 10 août 2026

Le bon plaisir… des Beatles et d'ABBEY ROAD en particulier !

Si… Si j'avais été producteur pendant l'âge d'or de France Culture (1975-1997), j'aurais aimé tenter "Le bon plaisir", le long programme inventé par François Maspero et Jean-Marie Borzeix (directeur de la chaîne) et, j'aurais eu envie de convoquer les quatre de Liverpool et de faire avec eux le voyage dans leur discographie. Sans les lasser. Sans les désespérer. Avec plutôt… mais avec quoi ? Mon anglais (défaillant), ma culture musicale (celle d'un fan), mon admiration (sans borne)… mais ça ne suffit pas ! Alors pour essayer d'être à la hauteur j'aurais tout inventé. Un boulot de dingue, mais j'aurais pris le temps qu'il faut. J'aurais choisi d'être prêt pour le 26 septembre 2019 (date de sortie en Angleterre), soit les cinquante ans d'Abbey road. 












Même si j'étais bien à Londres en août 70 (si jeune et innocent, la preuve j'avais raté le festival de l'île de Wight), j'aurais quand même situé l'affaire un an plus tôt. Le 8 août 69 au matin, au 3 Abbey road (face aux studios du même nom) je suis calé contre la coccinelle jaune. J'ai tout mon temps. Je n'attends rien. Mais j'ai une intuition, les Beatles pourraient surgir… par hasard. Une confidence la veille dans une boîte de night. Improbable. Fumeuse, voire délirante. Y'a pas un pékin dans la rue. Uniquement quelques passants qui passent. 

11h, ça s'agite un peu. Un photographe, des assistants, du matos léger. Ça se positionne. Quelques figurants, quatre par quatre traversent sur le passage piéton, l'un derrière l'autre. ¿ Que pasa ? Un tournage ou un shooting pour la prévention routière ? Je ne moufte pas, quand un assistant vient me demander de sortir du champ. Je remonte un peu plus haut la rue, bien décidé à comprendre ce qui se passe. 11h20, quatre personnages descendent d'un combi VW noir. Je bégaye intérieurement. Je toussote compulsivement. Je n'ai plus d'yeux que pour John (costume blanc), Ringo (en noir), Paul, pieds nus (costume gris anthracite), George (en hippie jean).

Et puis les voilà qui traversent tranquilles, l'un derrière l'autre. En deux, trois prises (photographe Ian Macmillan) l'affaire est faite. J'eus été grossier d'aller chercher des autographes. Les quatre entrent dans le studio. Finita la comedia ! Je retourne me caler derrière la volkswagen jaune. Je me refais le film un bon moment. Qui croira que j'ai été "a place to be". Personne. Je souris et finis par retourner au camping (en plein Londres) rejoindre mon pote Bruno. Je serai muet comme une carpe.
















12 septembre 1969

[Re]"traverser le passage piétons d’Abbey road. Derrière Georges, Paul, Ringo et John. Trois jours avant de s’enfermer au lycée, impossible d’échapper à la sortie du nouveau 33 tours des Beatles. Rentrée repoussée (refoulée) le plus loin possible. Tailler la route. Abbey road. Continuer tout droit. Suivre sa bonne étoile. Accrochée à nos ciels d’été. 


Come together ouvre l’album. Leit motiv magnifique. Rejoins-moi. Un souffle. Un élan. Un idéal. Ce 12 septembre 69, ma tante achète le 30cm. On reste collé autour du pick-up. Plus rien d’autre n’a d’intérêt. Abbey road traverse samedi et dimanche. L’oreille en coin sur la musique. Pas sur la radio ce week-end-là.


La rumeur de la séparation des Beatles nous échappe. Elle enfle. Je fais le sourd. Come together. Avec eux, for ever. Abbey road, comme un fétiche, toujours racheté en premier quand, au fil des événements, il me faudra plusieurs fois reconstituer ma discothèque.


Little darling, the smiles returning to the faces

Little darling, it seems like years since it's been here

Here comes the sun, here comes the sun

And I say it's all right (1)


15 septembre 1969

Fleur entre les dents, cheveux longs aux vents, on sourit en passant la grille du lycée. Little darling. La prof de français (impatiente) nous demande dapporter un livre de poésie. Ne pas céder à la facilité. Ne pas entrer dans le moule. Choisir Serge Gainsbourg. Collection Poètes d’Aujourd’hui chez Seghers. Neuf francs avec les dix dargent de poche mensuels. On s’fait des langu’s en Ford Mustang. Les mots. Aucun bateau sur mon transat, aucun Boeing sur mon transit. Le jeu infini des mots. À défaut de savoir bien en jouer, je persiste à les dessiner. Je les enroule. Les détourne. Les mets à ma petite musique de rimes. Façon Prévert, j’écris. Tu t’en souviens du Café de la Mayenne… 


Dilemme tous les soirs, Pop-Club (France Inter) ou Campus (Europe n°1). Campus à 20h15. Si on ne s’endort pas, on prolonge avec le Pop. Sans jamais arriver à la fin. Lendemain devant le lycée, on mesure ce qu’on a loupé. Ou ce que les copains ont loupé. Les nouveautés musicales s’accumulent. De France, d’Angleterre ou des États-Unis. Wight is Wight de Delpech plus pop que le Noir c’est noir de Johnny. Festival de l’île de Wight évoqué dans la chanson de Delpech. Impossible rêve comme celui de Brel dans L’homme de la Mancha.


On rêve. Je rêve. Les études glissent sur moi comme la pluie sur les plumes d’un canard. Un vrai supplice de bachoter quand flotte autant d’injonctions à refaire le monde. Lancelot s’y essaye tous les soirs avec ses invités dans "Campus". Refaire le monde ? On en parle. Finissant tous nos après-midi à la cafétéria du centre commercial. Café gratuit ! Lieu moche et triste. Orange des années 70. On y passe des heures. Insouciants et idéalistes. Rêveurs obstinés.


J’écoute encore un peu la radio. Le soir ou la nuit pour ne pas me sentir trop seul. Ma vie familiale a changé. J’habite chez Bruno G., mon pote du collège [Et de virée à Londres]. Il a suggéré à ses parents de m’héberger. Au risque d’être obligé de changer de ville et de vie. Perdre mes copains et copines d’enfance. Mon réseau d’éduc’ pop à la MJC. Quelques racines déjà trop malmenées. Suis très bien chez eux. Manque l’affection d’une vraie famille. Même si celle d’adoption est formidable. Une vraie famille je n’en ai jamais eue. Pas malheureux. Mélancolique". (2)


De tout ça aurai-je su faire une émission de trois heures ? Pas sûr. J'en ai rêvé et déjà ça me comble de joie. Oh yeah… Autant dire que pour écrire ce billet j'ai réécouté "Abbey road" en long, en large et en travers et revu tant et tant de souvenirs d'écoute sur toute une vie.


Le "Rootop concert" du 30 janvier 1969,
ultime performance publique des Beatles.
©Getty - Photo by Evening Standard/Hulton Archive























1969 : le chant du cygne des Beatles…


(1) Petite chérie, les sourires refont leur apparition sur les visages/Petite chérie, cela semble faire des années qu'ils avaient disparu/Voici le soleil, voici le soleil/Et je dis que tout est bien…

(2) De "12 septembre 1969" à "mélancolique", extrait de "60 ans au poste. Journal de bord d'un auditeur", Fañch Langoët, L'Harmattan, Février 2023.

dimanche 9 août 2026

Fip un dimanche d'août… dès potron-minet, il faut que l'animatrice assure !

Et qui, surtout, ne débite pas au km des annonces auto-promotionnelles, partenariales ou très décalées dans le temps pour un concert ou un spectacle dans deux ou trois mois. Alors, quand un dimanche matin d'été (ce matin),  à 7h pétantes c'est Audrey Stupovski qui ouvre son micro on peut s'attendre à ce qu'elle convoque son Renard préféré, son Jules qu'elle affectionne particulièrement, pour nous souhaiter bon réveil. Jules Renard c'est son emblème, son fétiche et un peu son raton-laveur. En clair sa marque de fabrique ! 


















"7h passées de une minute et déjà Paris se lève, Los Angeles se couche, Fip traverse l'océan à travers les nuages". "Nuages comme si on avait sur la tête une mer furieuse. Je monte, je m'élève mais j'éprouve chaque échelon. Des petits poulets autour de leur mère c'est joli à voir comme une branche chargée de fruits. Nuages pâles, presque blancs, qui se détachent du noir et semblent être la fumée des coups de tonnerre." "Jules Renard qui ne voyageait pas traversait le paysage qui l'entourait…"  (Audrey & Jules).

À l'écoute : "Los Angeles" (Teddy Lasry), on le dirait monté sur ressort mais en en faisant fi Audrey a rebondi sur la Cité des Anges et trouvé prétexte à enrouler du Renard. Quel talent ! C'est ça le métier des animatrices, être dans le jeu, rebondir, glisser et même quelque fois roucouler. Et ça depuis la nuit des temps (5 janvier 1971, à 17h)… Trois morceaux chantés s'en suivent. Comme c'est tôt matin on laisse l'auditrice et l'auditeur se réveiller doucement. Pas besoin de nous agresser avec l'expo de Chaumont, le festival de Garges-les-Gonesses… où le concours du plus long tire-fesses dans ces Alpes en liesse. Sur "20200324" (Mac Demarco) Audrey susurera "la la la", c'est bien comme ça !

Mais pendant que le ruban défile, seule dans le studio, que fait la p'tite souris ? Ben tiens "Dreamer"… elle rêve. Pas forcément de Supertramp, de Los Angeles ou de pataquès. Ceux-là on les laisse à la maison et on continue assidûment à tisser de micros histoires, des pastilles (pour l'atout), des flashs comme s'il en crépitait en plein jour. Audrey guette-t-elle le crépitement de la pluie tellement convoitée quand, magie de la programmation, Gabrielle Cavassa vient à son secours "Raindrops keep falling on my head" (feat. Joshua Redman)"… Version cool de l'original de B.J. Thomas de 1969. 

Mais, pour parler au micro, il faut penser, puis écrire sans bafouiller, sans barguigner, sans pérorer. Mais rêver c'est permis. Alors se propulser dans la maison de Gilles Clément, fastoche, c'est tout près, c'est à fleur d'écoute et fleur… ça colle pour le jardinier de la Creuse et du monde entier. J'écris, j'écris (moi ausi sans relâche depuis 7h) et le ruban défile. Ça, ça ne peut pas m'échapper. C'est ma came la musique zique. À la suite Czesare avec "Czesare", Gary Burton "Just like a woman" du Zim soi-même et THE Neil Young et son "Old man". C'est une bonne matinée, un bon programme, des paroles affutées.

Audrey nous fait une toile avec le "Cinema Pardiso" de Giuseppe Tornatore, et pour une fois elle ne l'a pas enchanté avec ses mots qu'elle sait si bien, en italien, troussés. Unione Musicisti De Rome "Cinema paradiso : First Youth" (Ennio Morricone). Elle n'est pas seule Audrey Stupovski (et Michael (Jackson) non plus). Je pense et je suis sûr qu'à l'écoute, Garretto (Jean) et Codou (Pierre), les inventeurs de France Inter Paris (Fip), 514 OM, auraient été ravis. Stupovski est dans l'esprit et dans la lettre. Impec ! Ça fait une heure que je gribouille, je vais aller déjeuner et rester en ondes… au moins jusqu'à 11h. À la bonne heure ! 

Merci Audrey !

samedi 8 août 2026

Radio France : la Corse, Marie-Dominique Arrighi et Stéphane Pizella…

Quelquefois une idée, une image vous rattrape et ne vous lâche plus. Ce matin, très vite j'ai pensé à Marie Susini et son "Plein soleil" qui, jeune adulte m'a bouleversé, poursuivant mon rêve de Corse depuis l'adolescence. Et puis, d'escalier en escalier, est venue Marie-Dominique Arrighi (1951-2010), réalisatrice à France Culture puis journaliste à Libération. Mais aussi comment ne pas évoquer Stéphane Pizella, producteur de radio qui, avec ses "Nuits du bout du monde" a enchanté une génération d'hommes de radio (Pierre Wiehn, Pierre Lescure, Daniel Mermet, Jacques Santamaria). Alors ces "petits morceaux" de Corse je vous propose d'en partager quelques-uns ici.













François Maspero, le libraire, éditeur, traducteur, romancier, très complice avec Marie-Dominique Arrighi, réalisatrice, ont pour France Culture, fait un voyage d'hiver en Chine, pour une série d'été (1986), dont un épisode est disponible ici. Arrighi que j'évoque aussi dans la tentative de description de Perec.

Quant à Pizella, l'homme à la voix d'or, on l'entendra dans une émission de télévision de 1959 "Plein feux" , décrire et "illustrer" comment installer une ambiance radiophonique. Reportage dans lequel Albert Riera s'explique à propos de la mise en scène radiophonique ; ce dernier insiste sur "la mise à disposition du texte au service de l'imaginaire de chacun des auditeurs [et des auditrices, ndlr]". Ce dernier témoignage est exceptionnel car on n'a pas souvent l'occasion d'entendre le "décryptage" de son métier par un "metteur en ondes" (réalisateur). Il dit tellement d'"évidences" qu'on se demande pourquoi autant de productrices et de producteurs actuels ne s'en sont pas inspirés. O tempora o mores.

Et pour "conclure" en beauté, Pizella et toute sa verve pour évoquer… la Corse dans "Paysages", une émission de la "Chaîne parisienne" de 1951. Alors chères auditrices/lectrices, chers auditeurs/lecteurs si vous avez en souvenir des émissions sur la Corse (avec des liens ce serait encore mieux), n'hésitez pas à vous fendre d'un ou plusieurs commentaires (en signant de votre prénom ou d'un pseudo, mais plise pas d'un "anonyme", qui manque un peu de chaleur humaine ;-)… Merci !