Radio Fañch
"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
mercredi 21 octobre 2026
La Revue de Presse d'Inter : presse que pas… du tout !
lundi 19 octobre 2026
France Culture : la disparition (de la routine) !
Vous avez peur hein ? Il n'y a pas lieu. La parution vendredi dernier dans Libération d'un "Spécial Perec" m'a inspiré ce billet. En effet si Perec a fait disparaître la lettre E dans son roman "La disparition", France Culture pourrait au cours d'une "Journée spéciale Perec" (24h) faire disparaître les scories qui brouillent l'écoute et qui tendent à faire imaginer qu'on pourrait quelquefois être sur France Inter. Alors attention, là, il ne s'agirait pas de faire dans la faribole versus d'Arvor (Olivier Poivre) qui, en juillet 2014, avait proposé à Marie Richeux de jouer à la marelle et aux autres productrices et producteurs d'interchanger leur émission. Misère éditoriale poussée à son paroxysme. Coup d'épée dans l'O ! Et, malheureusement, ce jour-là, le renvoi, sine die, d'Alain Veinstein de l'antenne. Quand, depuis, d'autres n'ont malheureusement pas disparu !!!!!!!
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| Libération, 16 oct 2026 |
dimanche 18 octobre 2026
Les dimanches à l'oreille tendue… en coin !
samedi 17 octobre 2026
Camarade… affiche-toi !
Je ne lis jamais les gazouillis écrits sur les pages web de France Culture, sauf pour les pages associées aux émissions en rediffusion dans "les Nuits". Exception ce matin puisque sur Bluesky, France Culture remet en avant l'"affichage" de mai 68. Je reste passionné par les créations graphiques et particulièrement celles issues de mouvements spontanés et populaires. Depuis un mois lycéennes et lycéens nous ont donné l'occasion (fautes d'orthographe comprises) de sourire, d'avoir la rage, d'être solidaires et souvent désespérés par l'ampleur et la brutalité des forces de l'ordre. Alors qu'aujourd'hui "Gilets jeunes" et "Gilets jaunes" se rejoignent c'est l'occasion de regarder la formidable créativité individuelle de la jeunesse à laquelle s'oppose la créativité de 68 "réservée" à l'"Atelier populaire" des Beaux-Arts de Paris. J'écris "réservée" car peu d'autres créations graphiques sont restées dans les mémoires ou dans les musées.
Chloé Leprince fait bien de rappeler en intro de son papier, l'exploitation éhontée de centres commerciaux (innommables) pour avoir détourné en 2005 trois affiches de mai 1968. Puis elle détaille l'histoire : " On dit “affiches de l’Ecole des Beaux-arts” parce que c’est là, au 13 quai Malaquais, à Paris, que se trouvait l’Atelier populaire. Mais c'est impropre et au moment même de mai 68, il était d’usage d’évoquer les affiches “de l’Atelier populaire de l’ex-Ecole des Beaux-arts”. En 1968, l’Ecole des beaux arts, qui formait encore alors l'intelligentsia de l’architecture en France, avait été occupée dès le 15 mai. Certains artistes en rupture ou d'anciens élèves reviennent sur place, investissent les lieux ; des assemblées générales font le plein. C’est à la faveur de cette occupation qu'émergera l’Atelier populaire, où est né, par exemple, le fameux poing levé."
Aujourd'hui la créativité de milliers de pancartes en carton dans toute la France est le fait spontané d'individus ou de petits groupes qui pensent leur mots, détournent les slogans habituels, enfoncent le clou des évidences, cassent les "belles paroles" des politiques ou des dirigeants de l'Éducation nationale, se moquent des institutions enkystées, fustigent le mépris des autorités. Ceci avec beaucoup d'humour et de pertinence. Moins de dessins plus de desseins.
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| Octobre 2026 |
Leprince précise : "Ce sont des gens non organisés, des gens qui sentent le moment. Qui sont évidemment des jeunes révoltés, mais pas des professionnels, pas des gens encartés. Parce que c'est triste à dire, mais c'est inouï ce que les marxistes-léninistes et les trotskistes ont été dépourvus de toute imagination. Tous les slogans les plus extraordinaires, les affiches les plus inventives - et vraiment, elles l'ont été, alors évidemment le capitalisme et la publicité s'en sont servis et c'est normal, c'est la règle du jeu - viennent de jeunes gens qui sentent un peu les choses mais pas embarrassés par un poids théorique handicapant. Et puis, après, une perméabilité à la rue, aux usines, et un apport de l'extérieur. "
Si les affiches de 68 ont été "Tirées sur du mauvais papier, elles n’avaient pas été conçues pour durer et beaucoup pariaient sur l’immédiateté de la mémoire révolutionnaire" (Leprince). C'est la même chose aujourd'hui. On ne sait pas où finissent toutes ces pancartes inventives et rageuses. À part certainement celles et ceux qui les documentent en les photographiant. On est aujourd'hui dans l'affichage "mobile" plus que dans l'affichage collé au mur et c'est ce qui sans doute rend encore plus éphémères les milliers de messages et de bons mots qui volent au vent mais dont certains finiront bien par s'imprimer dans la mémoire collective.
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| Affiche de mai 68. Atelier populaire à l'École des Beaux-Arts ©Getty |
vendredi 16 octobre 2026
"Opus" sur France Culture : de la musique avant toute chose !
jeudi 15 octobre 2026
Ettore Scola : Nous nous sommes tant aimés… (nous et le cinéma italien)
Pur hasard ! Revoilà le binôme Isidori/Giovannetti (Mai 1995) pour tourner autour du cinéma italien. Celui-là même qui me bouleverse et me bouleversera sûrement à vie ! On embarque avec le maître Ettore Scola. Si l'on ne connaît pas la langue italienne on est Grosjean comme devant mais, même si on ne la comprend pas et qu'on aime l'entendre, ça change tout. Sa musique nous réjouit. En intro plus de trois minutes de cette langue italienne qui nous ferait aller à pied à Naples, à Milan, à Rome, à Castellina in Chianti chez Ferré en Toscane, à Palerme, à Turin, à Gênes ou à Florence et partout dans les villages et sûrement à Montezemolo chez le grand-père de Giono. Si un jour j'y vais en Italie je ne pourrais plus rentrer chez moi…
Torniamo al punto. Revenons à nos moutons ! On entre dans le dialogue de Sophia Loren et de Marcello Mastroiani dans "Una giornata particolare/Une journée particulière". On peut revoir les images bouleversantes du huit-clos, les regards appuyés de Sophia, les regards dérobés de Marcello et s'imaginer la scène que Luciana Berini va vite nous remettre en mémoire. C'était parfait de commencer par ce film-là. Car il n'y a pas que la journée qui est particulière. Tout est particulier. Chaque plan, chaque scène, chaque personnage. Et quand on retrouve la langue italienne, on est "dans le film", près des acteurs et ça pourrait durer et durer qu'on ne s'en lasserait pas !
"Les scènes en sépia sont magnifiques" dit Berini et Isidori d'ajouter "[Scola] a choisi des couleurs passées, délavées et il a même choisi de ne pas utiliser les techniques comme le zoom parce que ce n'était pas une technique utilisée dans les années trente. Cette couleur passée c'est aussi le caractère de ces deux personnages". Puis Christian Depuyper, historien du cinéma italien, donne les clefs de ce cinéma-là. Le parcours de Scola mais aussi les parcours de ceux qui à côté de lui ont participé à la marque de fabrique d'un cinéma singulier.
Et Depuyper sur la base de "Nous nous sommes tant aimés" (1976) d'évoquer le grand "désenchantement historique qu'a vécu toute une génération, celle qui avait fait la guerre dans la Résistance et celle qui attendait la démocratie et qui voit arriver la démocratie chrétienne et on sait bien qu'aujourd'hui que ça n'a pas été du tout la même chose… Et puis, cette sorte de maladie d'Alzheimer qui s'est emparée de l'Italie après la guerre". Bam ! La très grande force du cinéma italien qui sait porter un regard lucide sur la société en mouvement. Ça ne fait pas de mal et même du bien quand, en France, on tournait des bluettes machistes (1).
À l'issue de son documentaire, Francesca Isidori nous donne envie de revoir tous les films évoqués "La terrasse", "Une journée particulière", "Splendor", "Nous nous sommes tant aimés" et "Le bal" d'Ettore Scola. Et comme me le signale un follower avisé sur Bluesky, la phrase clef de "Nous nous sommes tant aimés" : "Nous voulions changer le monde, c'est le monde qui nous a changé".
On notera que les "Mardis du cinéma" duraient 1h30, ce qui serait impossible aujourd'hui quand les émissions sont enfermées entre les heures justes.
(1) Et du sirop de guimauve : "Vincent, François, Paul et les autres" ("les autres" ? Les femmes sans doute innommables !) de Claude Sautet, 1974,
mardi 13 octobre 2026
France Musique : Stephane Grant… pipo sans moderato !
Le 10 septembre, Stephane Grant, nouveau Directeur de France Musique, s'exprimait dans la revue numérique "Média+" : «Cette nouvelle saison, nous allons l’écrire ensemble, avec toutes les équipes de France Musique et nos fidèles auditeurs.» On se pince, Monseigneur ! Démagogie poussée aux extrêmes. Depuis quand auditeurs et auditrices pourraient être associés de près ou de loin à l'élaboration des programmes d'une chaîne de radio publique ? En tous cas jamais depuis 1921. Quelle farce alors ! Que des mots creux, une formule toute faite, de la gonflette de camelot de foire qui voudrait à tout prix vendre ses casseroles… inoxydables !
Monsieur Grant vous imaginez sans doute que "France Musique est à vous" (1) ou "Quelle musique entendez-vous ?" (2) puisse correspondre à l'élaboration des programmes par les auditrices et les auditeurs. Choisir des morceaux de musique, les proposer à une productrice … Décider que telle musique s'accorderait parfaitement à telle œuvre picturale, ces propositions, l'une comme l'autre, n'ont rien à voir avec le fait de recueillir des suggestions d'émissions et les mettre en œuvre. Mais plutôt il s'agirait :
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| Le logo 1999-2005, avec le fameux "s" que l'on doit à P. Bouteiller Directeur de la chaîne à cette époque, |
Et puis, Monsieur Grant, quid des auditrices et des auditeurs qui, sans plus aucune fréquence hertzienne pour écouter la chaîne dans les 11 000 villes concernées, pourraient alors "écrire ensemble" ? Écrire quoi ? Leur déconvenue ? Les pirouettes de la Direction générale et celles de France Musique disent la déliquescence du service public radio et surtout la volonté des dirigeants de changer d'ère (et de chanson) pour ne plus jurer que par le numérique qui écrase tout… sur son passage au DAB+, entre autres. Revenir à la FM serait pour Sibyle Veil, Pédégère de Radio France, se déjuger et surtout constater son refus de revenir à la position antérieure comme sont en train de le faire les Suisses !
À ce jour, Stéphane Grant, vous n'êtes ni convaincant ni rassurant. Vous suivez, bon gré mal gré, un mouvement de fond porté par Laurent Frisch, Directeur du Numérique de Radio France qui, lui-même, a en ligne de mire l'injonction des tutelles depuis 2014 : "Diminuer drastiquement la masse salariale" et par extension LES MOYENS DE PRODUCTION. On rationne la création radiophonique et on entretient à grand frais une armée mexicaine de cadres inutiles et improductifs.
S'ils existent, M. Grant, donnez-nous vite des faits qui valideraient l'"écrire ensemble". Sinon vous participerez à la désinformation et au renoncement de France Musique à être accessible à l'écoute pour toutes les Françaises et tous les Français. Cette écoute libre et gratuite, un vrai choix de société auquel Radio France vient de poser les bases de son désengagement !
Ajout de 20:30
Dans son édition de demain, Télérama en dernière page du courrier des lecteurs annonce : "Dans nos articles [sur telerama.fr], nous avons vivement regretté ce choix qui nous semble affaiblir la station. Nous en préparons d'autres, qui relateront les conséquences pour les auditeurs de ce qui s'apparente à une réelle fracture culturelle. Concernant la carte des zones dont les fréquences ont disparu, Radio France nous indique ne pas être en mesure de l'établir."
(1) Le vendredi 6h30/9h et le samedi matin 7h/9h,
(2) Le vendredi 10h30/12h,










