vendredi 16 octobre 2020

Désincarner la radio…

Les séances d'audition à la Commission Culture de l'Assemblée Nationale ne sont pas faites pour les citoyens et encore moins pour les citoyens auditeurs de radio…  Des fois que ces derniers n'aient pas les bonnes dispositions pour ce faire rouler dans la farine ou, c'est selon, avaler les couleuvres. Ce 13 octobre, Madame Sibyle Veil, Pédégère de Radio France venait rendre compte du Contrat d'Objectifs et de Moyens (Com, 2015-2019) "feuille de route" qui lie Radio France à l'État. À la fois pour la dernière année d'exécution et pour l'ensemble des cinq années.

C'est faire trop d'honneur à 
Madame Veil cette illus des Shadoks












Il faut être député-e et avoir l'habitude des palabres interminables pour ici supporter d'entendre une Présidente qui lit (mal) ses notes, bafouille, hésite, bute sur les mots et donne l'impression d'avoir intégré l'entreprise publique en début de semaine. Elle aligne des phrases toutes faites mal faites sans aucune résonance ni empathie pour son sujet. Incapable de donner du rythme à son propos ni de permettre à l'auditeur de suivre le fil de sa pensée, a minima éparpillée a maxima incohérente. Madame Veil n'incarne rien et pire elle désincarne la radio publique en moins de temps qu'il lui aura fallu pour très fastidieusement enfoncer des portes ouvertes, débiter des chiffres, évoquer des émissions sans en laisser transparaître le moindre souffle ou l'inventivité, s'auto-féliciter de tous les miyons et les miyards (d'écoutes, de podcasts, d'audience) et n'avoir aucun mot pour sa gestion qui a entraîné la bagatelle de soixante-deux jours de grève à la fin de l'année dernière jusqu'au début de cette année.

De cette pantomime insupportable la représentation nationale s'est satisfaite sans que la moindre critique (ou à la marge) n'ait été formulée. je l'ai écrit de nombreuses fois ici, les député-es n'écoutent pas la radio. Ils écoutent France Bleu et France Info, la matinale d'Inter et basta ! Leurs avis et points de vue ne concernent jamais les contenus dans le fond mais juste dans les principes dont ils se satisfont ayant sans doute autre chose à faire pour exécuter leur propre mandat électoral que d'écouter les programmes des sept chaînes de Radio France !

De ce fait cette audition est une posture qui confère à l'imposture car, il y a lurette que le CSA se moque du tiers comme du quart de nommer une figure charismatique pour incarner et défendre la radio publique. Son plus grand désaveu : nommer Mathieu Gallet en février 2014 et le révoquer quatre ans plus tard. La nomination de Madame Veil n'est pas un choix pour prolonger l'histoire créative du média radio mais celui imposé par Bercy et l'Élysée d'un management de fer pour, de façon drastique , diminuer les budgets au point à terme de constater la nécessité de diminuer le nombre de chaînes, diminuer les formations musicales et diminuer tous les moyens de productions (studios, techniciens, réalisateurs,…).

J'ai perdu deux heures à écouter/voir une farce tragique qui donne une idée du désengagement de l'État pour développer ce service public audiovisuel. Le budget est respecté, la communication a saturé l'information, l'auto-satisfaction permanente a imposé de ne rien contredire ou contrarié et la nave va… Et derrière la façade majestueuse de la maison de la radio le bateau coule ou plutôt la radio de flux coule au bénéfice du Dieu-Podcast qui, activement après s'être superposé au flux, le dépassera pour un jour définitivement le remplacer.

Madame Veil peut fanfaronner et monter sur la table pour vendre la stratégie numérique de Radio France avec comme maître de ballet, Laurent Frisch, le directeur du Numérique. La mue est presque achevée. Les dinosaures vont bientôt quitter la piste et les auditeurs has been continuer à refuser le progrès. Alea jacta est !

Si vous avez, pendant le couvre-feu, deux heures à perdre, essayer ça !

lundi 12 octobre 2020

"Salut les copains"… et les copines

Eh oui, pour ce "Salut les copains" y'avait deux solutions : soit c'était pour vous saluer de retour, soit pour claquer la porte (à défaut de claquer la bise !). Eh ben ce sera les deux. Et moi d'entendre, à 650 km de là, le rire profond de Gilles Davidas, - ex-Radio France, réalisateur et producteur - amusé de cette intro toute en nuances. Les deux ? Je vous explique…

"Après l'Apocalypse à la maison de la radio"























Aux abords de l'été virus, tout donnait envie de claquer la porte. Après neuf ans de fidélité à ce blog et à la radio publique, j'en avais ma claque de la roucoule permanente du ban, de l'arrière-ban et du sous-ban (sic). L'emphase des dirigeants, des "autorités", des soutiens des dirigeants, des soutiens des autorités (les mêmes) et des flatteurs patentés ont fini par me désespérer, au point d'avoir déserté la radio en flux (1) m'en tenir à une écoute parcimonieuse en streaming. Car, en toile de fond, insidieuse, perverse et glauque, la crise de la radio publique est devenue invisible pour tout ceux (dirigeants, pouvoirs publics, auditeurs) qui préfèrent mettre la tête dans le sable et refusent de la relever pour constater "La fin de l'histoire…" (de la radio).

Acte I (en fait acte MMXXXII depuis l'arrivée de Gallet aux manettes en 2014).

Madame Veil, Pédégère de Radio France, dont on nous dit qu'elle a fait l'Ena, devait avoir piscine le jour qui consacrait le chapitre des institutions de la Vème République et, plus particulièrement celui concernant la création de la Maison de la Radio (inaugurée le 14 décembre 1963 par le Général de Gaulle). Elle aurait entendue, proche de l'incantation "À la radio fallait-il une maison ? " par le grand Charles, lyrique, forcément lyrique. À son lyrisme il ajoutait et déclinait les fonctions que devait remplir une radio moderne.

Le gadget de début d'été qu'a promu Madame Veil, à savoir la "déco" de la tour de la Maison de la radio avec ce slogan (bidon, forcément bidon) "Maison de la radio et de la musique" ressemblait a minima à un pléonasme a maxima à un foutage de gueule. Comment ne pas voir de façon grossière et superfétatoire un message lourdingue aux tutelles, aux sociétés d'artistes, aux gogos qui n'ayant rien à faire dans le XVIème (arrondissement de Paris) auront levé le nez en l'air et se seront pincés de lire une telle "vérité".

Je suggère à Madame Veil de tenter cet automne et cet hiver : "Maison de la radio et du sport", puis "…et de la culture", puis "…et du débat", "…et de l'information", "…et du rire" et, cerise sur le gâteau, "… et du podcast natif". À ce rythme elle pourra tenir jusqu'à l'été prochain ! C'est dire si la communication a envahi, investi, perverti la radio. L'important c'est de communiquer. Les programmes, les émissions, les productrices, les animateurs c'est le vernis qui rassure les tutelles et qui leur donne envie de continuer à raquer.

Pourtant un jour, député-e, ministre ou membre du Cabinet de Matignon ou de l'Élysée annonceront sans rire "Madame Veil vous faites si bien les podcasts en tout genre que vous ne devriez plus faire que ça et fermer les antennes !" Ce n'est pas une fiction, c'est juste de l'anticipation. On en reparlera !  (2)

Fip, à Lyon… autrefois !







Acte II honorer Fip à Paris et la déshabiller en Région…

Madame Ravache, directrice de Fip, s'apprête à souffler les 50 bougies de Fip, antenne géniale inventée par deux producteurs géniaux, Jean Garretto et Pierre Codou (et validée par Roland Dhordain, directeur de la radio à l'ORTF).  Quand, dans le même temps, elle soufflera un froid glacial sur les stations de Bordeaux, Nantes et Strasbourg pour suivre l'oracle de Frédéric Schlesinger (ex n°2, période Gallet) qui avait décidé de façon unilatérale et arbitraire de fermer ces radios qui portaient l'identité de leur région. Jack, son pote à Ravache, Pdg de Twitter, en fera aussi sûrement des caisses. Et l'on peut s'attendre à des témoignages ronflants comme celui du directeur du numérique de Radio France, Laurent Frisch, qui dernièrement sur Twitter se souvenait d'un titre entendu sur Fip en 1997 ! Ben voyons Léon ! Ça mange pas d'pain. Et ça fait "in", même si l'expression "in" est has been ! (3)

Acte III, la roucoule d'un canard dont c'est pas le genre !

En août, en plein désastre touristique, "Le Monde diplomatique" fait sa une sur France Inter. Neuf mois plus tôt, le journaliste David Garcia, m'a interviewé (lire : m'a fait parler) pour que je lui raconte comment j'avais vécu l'évolution de cette chaîne. Et nous avons encore échangé plusieurs fois après. Fort de mon expérience désastreuse avec Laurent Tello (journaliste au Monde), qui m'avait lui aussi soutiré la substantifique moelle de ma connaissance du sujet radio et, n'avait pas cru bon de me citer une seule fois dans son papier du Monde Magazine (Février 2017), j'avais prévenu Garcia. Ce dernier m'assurant de toujours citer ses sources !!

La bonne blague, non seulement le plumitif m'a ignoré mais nous a trompé sur la marchandise. Inter est survolé, la matinale surévaluée et ses deux journalistes Demorand/Salamé surexposés ! Depuis quand un journaliste écouterait-il la grille une journée entière de semaine, plus le samedi et le dimanche pour raconter l'Inter d'aujourd'hui sans omettre de décrire (un peu) l'Inter d'hier.

La chose sera réparée ce jour avec la parution de l'ouvrage de Denis Maréchal, historien, déjà auteur d'une somme sur RTL , "France Inter, une histoire de pouvoirs" (Ina Editions). Je vous en parle dès que je l'ai lu !

Acte IV, la boucle est bouclée

Et voilà que Radio France va décerner un prix au prochain Paris Podcast Festival. "Ce prix hors catégorie récompensera le podcast d’un créateur indépendant. "Il est une nouvelle illustration du fort engagement de Radio France pour la création et l’émergence de nouveaux talents dans l’univers du son en général et du podcast en particulier" (source : le Pod.fr). En effet comment ne pas alors se donner l'occasion de faire le paon, la roue et la figure tutélaire de l'inventeur du podcast que l'on revendique haut et fort partout ? Radio France sera bientôt à lui tout seul un Festival permanent de podcasts ! 

Acte V, centenaire !

Une des raisons qui me feront laisser en veille ce blog sera de guetter comment la Terre entière médiatique et audiovisuelle va se rouler en 2021 dans les commémos du centenaire de la radio. Chaque people nous jurera ses grands dieux que s'il n'est pas l'inventeur de la radio, l'inventeur du crochet, l'inventeur du journal parlé il s'en est fallu de très peu pour qu'il n'en soit pas. Les marchands de guimauve vont faire fortune, ceux des paillettes vont crouler sous l'or. Quant à Madame Veil dont il est légendaire qu'elle n'y connaît rien en radio, elle nous assurera certainement qu'il y a cent ans elle écoutait déjà Didier Varrod s'auto-promouvoir dans le poste !

(À suivre, peut-être !)

Et sur Arte Radio, "Transmissions"… une série prometteuse…

(1) Excepté l'excellent "Retour de plage" de Thierry Jousse et Laurent Valero, en quotidienne, juillet et août sur France Musique,

(2) Demain 17h15, Madame Veil sera entendu par la Commission Culture de l'Assemblée Nationale pour l'exécution du Contrat d'Objectiff et de Moyen (Com). Roucoule assurée, emphase et poudre aux yeux ! The show must go on…

(3) Les flashs info ont disparu de l'antenne, les chefs antenne devraient eux disparaitre en mars et fin décembre les animatrices en région s'éparpilleront dans la nature comme si de rien n'était… Du moment que le flux deviendra "chaîne nationale" en 2021… Sans l'âme ni l'esprit de leurs créateurs !

mercredi 8 juillet 2020

P.C. et M.G. sont dans un bateau (une galère en fait)…

Donc, une ancienne animatrice de radio publique et un ancien Pdg d'un groupe public de radio se retrouvent ce matin dans une ancienne station généraliste. L'une tiendra le micro, l'autre tentera de répondre à des questions. La première Pascale Clark qui a publié "Mute" en février n'est pas restée muette très longtemps. Le second révoqué par le CSA en février 2018 a écrit un livre sur la… sur la… sur la voix pardi. ! Les deux étaient donc faits pour se rencontrer n'est-il pas ? 



Après avoir invité Patrick Cohen (journaliste à Europe 1, ex anchorman d'Inter) lundi, Clark n'a pas ce jour hésité à inviter son ex-employeur au micro d'Europe 1, sans aucune arrière pensée, juste pour être dans l'actu koa ! Mathieu Gallet qui fait la tournée des plages pour inciter le chaland à tourner les pages d'un livre qu'il aurait écrit sur la voix, n'a pas hésité à venir causer à son ancienne employée. L'intéressé était lui-même en représentation chez Léa Salamé (Inter, lundi matin). La tambouille de l'entre-soi médiatique continue sa sarabande et s'en donne à cœur joie ! On va s'gêner !

On a presque pleuré quand on a appris que "C'est en entendant Pascale [Clark] dire que la radio lui manquait qu'on s'est dit qu'elle manquait aussi à la radio», explique au Parisien Nadia Milosevic, directrice adjointe aux programmes d'Europe 1, le 8 juin dernier. Je me demande si je ne vais pas envoyer à Mme Milosevic, un livre avec la liste de tous les ex-animatrices ou animateurs auxquels la radio manque et qui manquent à la radio. Qu'est-ce qu'on s'marre ! Clark qui hurle aux loups depuis trois ans a fini par être entendue à Europe 1. C'est un vrai conte de fée ! 

On a presque pas pleuré quand on a appris que le bonimenteur était sur la voie du camelot qu'essaye tant bien que mal (mal surtout) de fourguer sa camelote aux crédules de tous poils.

Gageons que dans les jours à venir Clark recevra le gotha de ses "amis" :
- Laurent Guimier, ex-patron d'Europe 1,
- Jean-Luc Hees, ex-Pdg de Radio France,
- Candice Marchal, co-créatrice (avec Clark) de feu "BoxSons, un média de reportages sonores",
- Philippe Vandel, le détenteur de la case qu'elle occupe pour l'été !

On verra très vite, à la rentrée si Clark manquait tant que ça à la radio et si Gallet manquait tant que ça à la roucoule de foire médiatique !

* L'audition de Sibyle Veil à l'Assemblée Nationale pour faire le point du Contrat d'Objectifs et de Moyens, est reportée du fait du remaniement, (donc je peux écouter en live E1)

lundi 6 juillet 2020

¡ Ya basta, Radio France !

C'est un florilège que Radio France nous assène au carrefour des grilles d'été… Là j'en peux plus ! Je suis pas payé pour me lancer dans des analyses qui plombent l'entendement. La radio publique est devenue une grosse comédie et les dindons de la farce ce sont nous les auditeurs. À force de nous vendre de la pommade on va finir par attraper des boutons.

Publicité parue dans Le Monde
daté 3 juillet 2020























Petit flirt entre amis
Mercredi dernier, Léa Salamé, recevait sur France Inter, un ancien Pdg de Radio France, révoqué par le CSA en février 2018. Mais que venait donc faire cette personne dans la matinale ? Facile, vendre chaussettes et caleçons de son développement personnel. Pourquoi lui ? Pourquoi pas Alexandre Heraud (ancien de Culture et d'Inter) qui a créé le studio Écran Sonore ? Carine Fillot (ex-Inter) qui a créé Elson ? Julien Cernobori (ex Inter et Musique), Juliette Volcler/Pi-node, David Christoffel (Espace 2, France Culture, et ex- Musique), Métaclassique, Nicolas Horber/Radioïde, Sarah Lefevre/Transmissions, Anthony Gouraud/Des Ondes Vocast… ? Et cette interview complaisante on appelle ça de l'info quand c'est juste de la propagande !

Ben tiens puisqu'on en parle !

Le Cercle des Entrepreneurs a signé avec Radio France pour pouvoir organiser cette année ses rencontres annuelles, sises 116, avenue du Président Kennedy (Paris, XVIè), siège de Radio France. Placard dans Le Monde et retransmissions hier sur franceinfo.fr, pour entendre propositions et conclusions ! Le voilà le "futur" Studio Radio France : moyens techniques, studios (6 de mobilisés pendant 3 jours) et promotion sur une chaîne publique. Le tour est joué. Le sale tour est joué ! À qui le tour demain ? Le congrès du Medef, la convention Hermes, un meeting Mac Donald ou Deliveroo…



De Gaulle oui, De Gaule non…

Le 28 juin, Laurence Bloch, directrice d'Inter poste sur son compte Twitter "Formidable premier épisode. Suivi de 13 claps de mains qui applaudissent ?" Elle répond à l'annonce De Thomas Legrand, éditorialiste d'Inter, et son podcast "De Gaulle 2020 : le mythe !" diffusé d'abord à l'antenne, le dimanche à 13h30 tout l'été. On notera avec l'illustration ci-dessus comment il faut dès le 3 juillet ne pas oublier le partenaire : La Croix !

Pourtant, je me rappelle que la longue série de "La marche de l'histoire" de Jean Lebrun, en 17 épisodes en juin dernier, "La tragédie de juin 40" n'a pas eu les honneurs de la directrice sur Twitter ! Bloch ferait donc un choix "stratégique" sponsorisé par un quotidien national et pas sur son producteur qu'elle fréquente (et apprécie) depuis le début des années 80 à France Culture et depuis 2011 à Inter ?


Mais voilà qu'hier dimanche, Benoît Daragon, journaliste "médias" au Parisien évoque une interview par Carine Didier de Laurence Bloch dans son journal et, l'arrêt de "La marche de l'histoire" (1). Ceci pouvant alors expliquer cela ! Lebrun dans sa dernière, le vendredi 26 juin évoque, sans rien citer, "d'autres aventures à d'autres horaires" ! (2) On pourra dire qu'à cet horaire de 14h30, la saison 19/20 a été "La marche" de trop. Quelle mauvaise idée de faire se succéder Lebrun et Drouelle pour l'un évoquer l'histoire, l'autre des histoires ! Rappelons à ceux qui sont persuadés que tout a été inventé hier matin que c'est Jean Garretto, formidable producteur et directeur d'Inter de 1983 à 1988, qui a inventé la case de 13h30 pour "Le passé singulier" de Michel Winock et Claude Dominique. Et que "2000 ans d'histoire" (Patrice Gélinet) et "La marche" ont fait les belles heures de cette case !


¡ Ya basta !
J'écouterai un peu la radio cet été, particulièrement Retour de plage, du lundi au vendredi 18h/20h sur France Musique, avec Thierry Jousse et Laurent Valero *. Je boucle ce mois-ci ma neuvième année de blog, pas sûr que j'entame la dixième. On verra ! Bon été à toutes-tous…

* et Sibyle Veil le 8 juillet à l'Assemblée Nationale,



(1) Quant au retour du pitre pitoyable Beigbeder c'est juste se foutre de la gueule des auditeurs ! Grave !
(2) Il semblerait que Lebrun tente un genre de "Concordance des temps" (cf Jean-Noël Jeanneney sur France Culture), dans le 13/14 d'Inter, comme quoi la case 13h30 était bonne pour l'Histoire !!!!!!

lundi 29 juin 2020

Baudrier vs Veil : l'éthique et le toc…

Fallait pas ! Fallait pas que j'aille réécouter sur Madelen la Radioscopie de Jacqueline Baudrier (1), journaliste et première Pédégère de Radio France (1975-1981). Fallait pas car je savais que ça ferait très mal. Comment oser comparer Baudrier qui vient du sérail (ex-directrice de la rédaction de France Inter) et un produit de l'énarchie dépourvu de la moindre sensibilité pour la question radiophonique ? La communication superfétatoire de l'actuelle Pédégère cache mal ce qui attend le personnel des sept chaînes de Radio France à la rentrée. Pour l'instant "Faisons comme si" pensent ensemble direction et directeurs de chaîne, les grilles d'été masquant mal une catastrophe annoncée.


À cette agression caractérisée d'un lieu médiatique
(jeudi 25 juin 2020)
Madame Veil n'a pas jugé utile de manifester
sa plus haute réprobation !























Je ne me suis pas encore remis de l'absolue médiocrité de sa prestation dans le talk de Yann Barthès sur Quotidien la semaine dernière. Journalistes médusés et hagards, débatteur flagorneur, éléments de langage estampillés "langue de bois/méthode Coué", zéro info, mépris pour les auditeurs du service public, prospective inexistante soit l'équivalent de cette photo pipole qui ne montre que le vide sidéral de la pensée et de l'incarnation pourtant indispensables à un tel niveau de responsabilités !

Juillet et août vont être différents mais, pas un seul média n'a eu envie d'interpeller Veil pour lui demander autre chose que les miyons et les miyards, les podcasts natifs et les quelques vedettes (toujours les mêmes) qu'elle met en avant ! Qu'advient-il de sa façon d'avoir "syndiqué" d'autorité les France Bleu pendant le Covid ? Combien de temps va durer la comédie du double langage pour la fermeture des locales de Fip et des sessions d'info sur la chaine ? Quid de la plateforme Frisch (2) qui devait bouleverser la façon d'écouter la radio publique ? Quid encore de l'ouverture de France Bleu Lyon, serpent de mer inventé par Hees, cajolé par Gallet et poursuivi par Veil ?

Jusqu'à quand les médias vont se satisfaire du "on produit tout nous-même" quand les studios de production privés sont à l'affût derrière les grandes baies vitrées de la maison de la radio prêts comme jamais à coproduire ? Pourquoi la fin de Sophia n'intéresse-t-elle aucun média ? Il y a pourtant du pluralisme et du service public avec cette entité. Pourquoi a-t-elle mis tant de zèle avec Delphine Ernotte à "marier" France Bleu et France 3, sans qu'aucune autorité ne l'ait imposé ? Pourquoi le silence est total sur l'alerte orange qui concerne France Bleu ? Pourquoi cette pantomime autour de la musique et cet affichage sur la tour de Radio France quand France Musique, Fip et Mouv' sont menacées d'une mutation inexorable vers le web ?


Écran du talk "Quotidien" repris sur le fil Twitter
de Sibyle Veil














À la rentrée Madame Veil s'appuiera sur la crise de la presse, celle des médias audiovisuels privés (Altice, RTL,…) et sur l'injonction gouvernementale à redistribuer ses aides financières en fonction des priorités sanitaires et économiques vitales et disposera alors d'un boulevard pour faire passer la pilule de son projet de réorganisation : départs volontaires, transformation des directions et des hiérarchies managériales, nouvelles méthodes de travail (télé-travail), etc, etc. 

Pendant ce temps le rouleau-compresseur Spotify, que dis-je les cinquante ou cent rouleaux-compresseurs en ligne (en ligne comme les moissonneuses-batteuses du middle-west ou d'Ukraine) écrasent tout sur leur passage et captent un public de plus en plus en phase avec ses offres ! Laurent Frisch peut toujours nous annoncer (pour demain, après-demain, après-après demain) l'évolution radiophonique, la révolution c'est Spotify qui la mène. Frish et consorts n'auront bientôt plus que Lisieux pour pleurer !

Puisqu'on parle de Lisieux, j'oubliais, pourquoi personne ne demande à Sibyle Veil à quoi va jouer le directeur de franceinfoTV, Laurent Guimier ? Là encore les gros sabots de l'intéressé, la maladie du zèle d'acter la holding avant même sa création (et quand bien même son abandon) laissent présager une… fusion. Pour aller où ? À la radio ou à la TV ? Devinez ? Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer une OPA cousue de fil blanc !

Alors si avec tout ça la radio d'État vous tente encore, faites-vous plaisir. Je suis non seulement très pessimiste mais encore bien plus, désabusé ! Une machine infernale a été lancée et on ne voit pas qui ou quoi pourrait stopper sa course folle ? Nous serons en septembre ou en octobre mis devant le fait accompli (3) ! Alea jacta est

Plutôt que de twitter de façon conventionnelle les 40 ans des premières locales : Fréquence Lille, Radio Mayenne, Melun FM, Madame Veil aurait été inspiré de nommer Jacqueline Baudrier qui, avec ses équipes, avaient "inventé" en 1980, les radios locales de Radio France. Communication de circonstance, une fois de plus désincarnée et glaciale ! Rideau !

(1) 6 janvier 1976, un an après sa prise de fonction Baudrier répond à un intervieweur lourdingue et sexiste, quand elle est subtile, délicate et convaincue !
(2) Laurent Frisch, directeur du numérique et de la production,
(3) Le 8 juillet à 9h30, Veil sera reçue par la Commission Culture de l'Assemblée nationale, en audition pour le point annuel du Contrat d'Objectif et de Moyens, 

mercredi 24 juin 2020

Pendant la crise la Pédégère de Radio France parade à la TV…

Comment le spectateur du talk "Quotidien" (TMC, 19h30-21h15) n'a pas, lundi dernier 22 juin, fui l'antenne en voyant apparaître Sibyle Veil, Pédégère de Radio France ? Lisse comme à son habitude, "ailleurs" qu'à la radio, en représentation sans incarnation, Veil est venue répondre à la flatterie d'un Barthès (visiblement fasciné et ayant perdu son mordant habituel) et débiter des phrases toutes faites, une roucoule rodée et sans saveur, une com' pour vendre la dernière station balnéaire ou les p'tits gateaux bio de l'apéro. Julien Bellver, le journaliste média de l'émission, n'a pas communiqué comme à son habitude, hier mardi, les chiffres de l'audience.



Veil est donc venue confirmer qu'on venait d'installer quelques ampoules de couleur sur la tour de Radio France inscrivant "Maison de la radio et de la musique". Soit affirmer le temps d'un été, ce que d'aucuns pourraient réfuter (elle n'est pas la seule), Radio France s'engage pour la musique… Plus didactique y'a pas ! Et depuis quand la radio a besoin d'écrire sur les murs ce qu'on peut entendre sur ses antennes ? L'idée est simple il faut partout dire "on est là, on est avec vous (les Français, les artistes, les chanteuses,…), on est les meilleurs". C'est bon pour les tutelles, la Sacem et la gloriole. Méthode Coué au sommet.

Le mutisme de Bellver face à autant d'auto-satisfecit est pathétique ! Pourtant le journaliste média avait de nombreux sujets sur lesquels Veil aurait pu disserter ! Mais le principe de l'émission veut que la castagne soit toujours mise en scène sans que les protagonistes soient présents (1). Bellver aurait pu l'interroger sur l'Alerte Orange que vient de rendre publique la C.G.T., sur la façon dont l'ensemble du personnel allait pouvoir réintégrer la Maison à la rentrée, sur la détresse de toutes celles et ceux qui, crise sanitaire oblige, ont été isolés et démunis. Sur la fin totale de Sophia, sur la fin des locales de Fip, sur le serpent de mer de France Bleu Lyon, etc.

Comme Saint-Louis sous son chêne…
Sibyle Veil, magnanime et habile, a décidé de façon unilatérale, à défaut de rendre la justice, de renvoyer à la rentrée les négociations concernant la réorganisation de Radio France. C'était le 26 mai dans les colonnes du Figaro. À cette date, cinq semaines avant les congés d'été, on voit mal comment il put en être autrement. Coup de com' qui pourrait laisser croire aux benêts que Veil a voulu donner du temps à un projet qu'elle n'a de cesse de vouloir imposer contre leur gré à un personnel, inquiet et désemparé devant les perspectives présentées depuis un an, bouleversant les fondements même de la radio. Com' d'hab' Veil hors-sol, hors-radio, est au garde à vous des décisions politiques qui, suite à la crise sanitaire ne manqueront pas, d'ici la prochaine rentrée, d'impacter très lourdement la radio publique.

Les exemples de la presse (papier et web), des radios et télés du Groupe Altice, en déconfiture absolue donneront des ailes à Veil pour inciter les personnels de Radio France à la "(dé)raison". Les injonctions du gouvernement envers les services publics risquent d'être imparables et Veil aura alors un boulevard de soutien pour engager son plan de réorganisation et plus si affinités. La visite de la Pédégère à Quotidien était juste une opération de com'. Minable, pathétique et superfétatoire !

(1) Les saillies souvent drôles de Barthès en début d'émission ou pendant le "Morning-Glory". Demander à Veil si elle se voyait patronne d'une holding audiovisuelle alors que France Médias est dans les choux, c'était cocasse pour ne pas dire "à côté de la plaque" !

mardi 23 juin 2020

Casser la voie…

Au fil de l'eau, il y a trois semaines on apprend, au détour d'un détroit, que Majelan c'est fini ! Patatrac ! La façon d'agrégation (coulos), l'attrappe-tout du podcast du moment, la re-diffusion (non autorisée) de podcasts (par exemple ceux de Radio France), c'est fini ! Rideau ! On remballe la camelote. On passe à autre chose. Sans autre forme de procès. Enfin si, les deux créateurs de la start-up, Arthur Perticoz et Mathieu Gallet, se sont fendus d'une communication subtile. Ils ont produit un… podcast. Étonnant, non ?

Un autre Magellan













Après avoir annoncé sur tous les toits qu'ils allaient devenir, sans rire, "le Netflix du podcast", Filochard et Ribouldingue, les joyeux pieds nickelés de la gaudriole, se sont pris une veste magistrale. Les miyards d'abonnés ont fui sous d'autres agrégats, les actionnaires ont psalmodiés unanimes "Adieu veaux, vaches, cochons, couvées, thunes…" et le reste des Français a continué à se taper sur les cuisses. De joie.

Sans blague ! On a eu beau faire le beau au cabinet d'un ministre, présider l'Institut National de l'Audiovisuel et Radio France, avoir été révoqué par le CSA, ça ne suffit pas à s'improviser marchand de cravates dans un parapluie au carrefour des boulevards St Germain et St Michel. Gallet si. Il y croit. Dur comme fer. Mais le fer (à dix sous) c'est pas cher comme le disait sans rire, Bourvil, un vrai comique, lui. 

Le podcast de fin de partie s'appelle "Le 7 juillet, nous lançons une nouvelle application". Ça donne envie non ? Préparez-vos mouchoirs ! Avec un ton (il n'a jamais su l'avoir) de misère, les gaziers nous expliquent comment ils vont nous vendre du développement personnel. Le développement personnel de qui ? Le leur ? Le leurre. Faudrait vraiment rien avoir à foutre d'autre pour tenter (et croire) se développer juste par les effets subliminaux de la voix. Autant prendre sans compter une bonne rasade de l'élixir de l'abbé Soury, sinon c'est 20' de foutues à écouter des sornettes !

Justement la voix. Non content de chambouler Majelan dans ses fondements, Gallet publie, il y a quelques jours, quelques feuillets "Le nouveau pouvoir de la voix". On reste sans…* C'est marrant dans le titre c'est surtout le mot "pouvoir" qui retient mon attention. Car franchement on n'a pas attendu les mantras du chef d'entreprise (sic) pour, depuis les origines du monde, être convaincus des pouvoirs merveilleux ou maléfiques de la voix.

Quant à la sienne de voix elle ne compte pas. Il lui faudra trouver autre chose pour tenter d'attraper les mouches et peut-être enfin trouver sa voie !

* L'éditeur contacté affirme qu'il n'y a pas de faute d'orthographe dans le titre. C'est bien voix qu'il faut lire et non "voie" comme je l'avais entendu(e) !