jeudi 17 septembre 2026

Bertrand Jérôme : de l'humour de très haut vol à France Culture…

Si vous vous pâmez ou vous extasiez aux mots d'Aram, de Morin, de Vanhoenacker, de Poitevin, de Saint-Sernin plus toute la clique qui ricane dans "Franche Culture" surtout, mais surtout n'allez pas tendre l'oreille vers l'émission hommage à Bertrand Jérôme, ses "Papous" et ses "Décraqués". Du très haut vol d'humour, de jeux de langue (française), de complicité intellectuelle d'une vraie "bande originale" et avant les ratons-laveurs de Prévert, une palanquée de mots d'esprit et de gourmandises de paroles qui ne lassaient jamais de nous faire rire… Six-cent-dix neuf épisodes disponibles sur le site de l'émission !












Autant dire que je me suis régalé ! Le petit bonheur quotidien des "Décraqués" qui, à l'heure du café faisait un bien fou. Et le dimanche c'était l'extase. D'ailleurs il valait mieux ne pas être à table si on voulait s'en payer une tranche !

"Le sens de l'humour ça devient aussi bête qu'un costume trois pièces" disait Jérôme et, pourtant, l'humour sur Inter ou sur d'autres chaînes est devenu un formalisme, un passage tellement obligé que l'humour n'a plus d'humour du tout… et surtout ne fait plus rire ! Un comble ! Bertrand Jérôme explique, à partir d'un texte : "Qu'est ce qui passe par l'oreille ? C'est pas évident." C'est pour ça qu'écrire pour la radio, parler à la radio c'est bien plus que d'être dans la conversation badine du quotidien. "L'oreille a besoin des répétitions du langage". Une évidence pour qui a compris comment on fait de la radio !

À la rentrée 2018, Françoise Treussard : "Le manque de reconnaissance et de bienveillance de Sandrine Treiner [Directrice de France Culture] m’a acculée à faire ce choix difficile [d'arrêter l'émission plutôt que d'accepter un ersatz, ndlr], notamment par rapport aux vrais Papous et surtout aux auditeurs." Lundi 27 août 2018, sur la page Facebook de l’émission, elle annonçait : «Nous avons du chagrin mais Les Papous ne sont pas une petite entreprise que l’on reprend comme ça en claquant des doigts ! On se reverra peut-être pour un dernier tour de manège.» (Télérama 28 août 2018, Carole Lefrançois).

Les Décraqués ici,  et encore ici. La présentation du livre "Des papous dans la tête"… Et l'article de Libération qui rend compte de la fin des "Décraqués" à la rentrée 2004. 

Et petite cerise sur le gâteau un extrait de "La nuit rêvée de Gotlib" ami et ex-compère des Papous.

mercredi 16 septembre 2026

Radio France : perte de sens, le fond et la forme !

De plus en plus les émissions de radio tiennent l'antenne avec des subterfuges. Des subterfuges de fond et des subterfuges de formes. La communication s'arrangeant pour envelopper tout ça dans un boulgi-goulba phénoménal. Avant d'évoquer le fond j'aimerai m'attarder sur la forme. La première forme en radio c'est la voix qui longtemps a été sanctifiée avec ce constat "elle/il a une voix de radio" (1). Critère d'excellence aujourd'hui disparu aux oubliettes de l'Ina. "On" recrute des têtes de gondole et la voix n'est jamais une condition d'embauche. Jamais plus. Et même si la radio n'est pas encore totalement saturée d'images, ce qui compte c'est justement l'image que donne telle ou tel à la radio. Les recrutements médiatiques ont pris le pas sur les recrutements en phase avec l'essence même de la radio : les voix. Et mieux les voix multiples, singulières, typées. Depuis vingt-cinq ans (et peut-être même un peu plus) les recruteurs, lire les dirigeants, ont passé par pertes et profits cette valeur cardinale. Eux-mêmes arrivés là on ne sait pas comment ou plutôt si, on sait que ce sont surtout les effets de mode, de tendance qui ont fait se plier les décideurs à l'air du temps. Et principe universel "les temps changent" comme le chantait Bob Dylan. 

Le Titanic…










Les temps changent au point de changer jusqu'au fond de ce qui constitue la radio du XXIè siècle. Pour ce qui concerne la radio publique, le fond est d'abord subverti par les titres donnés aux émissions. Comme en TV ou au cinéma il faut capter l'attention de l'auditrice et de l'auditeur et donc le plus souvent possible raccourcir le temps d'antenne sur un même sujet et/ou sur une même séquence. Les matinales de France Inter ou de France Culture en sont des exemples criants. Pour garder les auditeurs … "en ligne" on a parsemé ces longues sessions de chronicroquettes à foison. Sautant - sans transition et quelquefois sans jingle - d'un conseil conso à un édito péremptoire, d'une Revue de Presse bâclée (sur Inter) à un avis tendancieux sur une tendance (futile forcément futile) du moment. Moment raccourci au quart d'heure et moins si affinités.

Mais pour pousser encore plus loin l'art du subterfuge, la farce a consisté à raccourcir toutes les séquences et, pour donner le change, les intituler avec un adjectif qui exprime le contraire du raccourci. Le champion du monde de ce raccourci est l'adjectif grand/grande qui inonde tellement de séquences de la matinale d'Inter qu'on se demande bien jusqu'où ira cette croissance en taille (2). On frisera peut-être alors les géantes/géants, les super géantes/géants ou les maxi géantes/géants qui pourront très vite être rassemblées sous le vocable XXL, déjà en usage sur France Culture (euh France, pas Franche) (3). Heureusement, quelque part, ailleurs, il reste "Mon petit France Inter" pour les petites auditrices et les petits auditeurs.

Autre subterfuge de saison, le mot Revue (de presse) qui sert d'écran de fumée quand, la dite revue, est un tout petit échantillonnage de la presse qui paraît en France chaque jour, chaque semaine, chaque mois ou chaque trimestre. Une revue… de presse se doit d'être large, de différencier le quotidien régional du quotidien national, de l'hebdo pipole de l'hebdo engagé politiquement. D'un passé radiophonique glorieux qui sanctifiait la R.P. faisons table rase. Et sombrons dans le pire que la radio ait pu produire : la revue de Presse de Marc Voinchet sur France Inter (4). Qui gâche le fond comme la forme. Un accident industriel digne de celui qui a vu, autrefois, remplacer Bouvard aux "Grosses têtes" (RTL) par Christophe Dechavane. Ce dernier finissant KO debout, seulement quatre mois après ses débuts fin 2000.

Ce fond et cette forme se télescopent mal sur Fip si les animatrices se contentent de dire l'heure ou de chercher autre chose à dire que l'auto-promo, les partenariats et annonces désincarnées. Celles qui se creusent, sortent des sentiers battus, rejouent l'école buissonnière, nous font changer d'ère (quand les airs du programme musical sont si variés), font de la forme un fond solide, écoutable et stimulant pour nos neurones. Ici sur Fip, la voix est peut-être encore un peu plus importante que sur les autres chaînes. Pourtant quelques recrutements récents ne vont pas dans ce sens.

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Si à ce tableau catastrophique on ajoute le recrutement "hasardeux" de Charles Sapin, Directeur adjoint de "Valeurs actuelles", pour l'édito politique du dimanche matin sur France Inter, on entend bien que Radio France et France Inter, en torpillant la forme vont finir par toucher le fond ! Iceberg droit devant !

(1) Jacques Santamaria, ex-Directeur des programmes de France Inter  (1996-1999) me précise : "J'ai construis la grille en tenant compte aussi du caractère des voix. Une «voix de radio», c’était bien, mais pour quel emploi ? Les voix du matin ne sont pas celles du soir, et le «grain» du conteur n’est pas celui du reporter."

(2) Dans la Grande matinale il y a "le grand entretien" (24'), "le grand reportage" (4'), " le grand portrait" (22')… Pour France Inter 4' valent 24' ou 22'… c'est mathématique ! La chroniqueuse du mardi a échappé à l'adjectif pour sa chronique "Dans la [grande] bouche de Sophia Aram". Dès la fin de la Revue de Presse de 6h15, celle de 8H45 (6') est distinguée comme "Grand format".

(3) Si l'on a pris soin d'ajouter XXL ce n'est pas par hasard. C'est, en creux, affirmer que c'est tout petit, que ce n'est qu'une fois/semaine, le vendredi midi quand, autrefois à cette heure-là, le "Panorama" c'était tous les jours. La supercherie est cousue de fil blanc. Mais ça passe crème. Crème comme l'indigence des titres en anglais le "Book club" ou "Soft power" de Richeux et Martel (les Roux et Combaluzier de la radio)

(4) Hier matin dans celle de 6h 15, il traduit l'acronyme AOP par "Appellation d'Origine Contrôlée" !!!! On aurait tendance à dire qu'il ferait mieux, lui-même, de se contrôler !

lundi 14 septembre 2026

Libé caresse Fip puis cogne…

Jean-Baptiste Chabran, journaliste à Libération, visiblement chébran, semble connaître la musique et un tout petit peu Fip. Dans son article du 12 septembre (1), Chabran fait état des bons résultats de la chaîne : "FIP a réuni en moyenne chaque jour 766 000 auditeurs, soit 134 000 de plus en un an, selon les chiffres de Médiamétrie. Et ça, c’est sans compter les gens qui écoutent les douze webradios thématiques et dérivées en ligne. Parmi elles, FIP Cultes, lancée en décembre 2025, est devenue la première webradio de France quelques semaines seulement après son lancement." Puis le journaliste reprend les propos de Ruddy Aboab, le Directeur de la chaîne : "notre anti-format est devenu notre format», dit-il joliment, revendiquant une «immense modernité» et une «réelle alternative aux plateformes de streaming"…

J'allais quand même pas choisir
parmi les animatrices actuelles !!!!

























Donc tout va bien pour Fip mais, au coin du bois, le journaliste pour clore son papier décoche un genre de skud qui fait mal. "Un seul conservatisme un peu suranné demeure : la présence à l’antenne de voix exclusivement féminines et doucereuses, les fameuses «Fipettes»". Conservatisme ? Suranné ? Oups ! Déjà d'une, M. Chabran, "Fipettes" est absolument daté et has been. Mais passer par pertes et profits les animatrices, c'est grossier et insultant. Savez-vous pourquoi, Jean-Baptiste Chabran, il y a des animatrices sur Fip ? Vous trouverez la réponse sur ce blog ou sur votre IA préférée. Faudrait savoir, si l'ADN de Fip c'est un "programme musical fait main" l'animation c'est aussi son ADN, particulièrement dans un esprit de service à l'auditrice et à l'auditeur (2).

Les animatrices (pas toutes) savent jouer avec les mots, nous faire sourire, nous faire sortir de la nasse de l'info. Mettre du soleil, du charme et de la tendresse. Aucune I.A. ne les remplacera, comme aucune I.A. ne remplacera les programmateurs. Elles sont une réelle alternative aux plateformes de streaming… 

À bon entendeur, salut !

(1) "Face aux plateformes de streaming, «l’anti-format» de FIP fait recette", Libération, 12 septembre 2026,
(2) On se passerait de l'auto-promo envahissante, des partenariats et autres événements culturels souvent très loin de la période où ils sont évoqués à l'antenne.

dimanche 13 septembre 2026

Radio France : grève à tous les étages… (de France Inter)

Il y a ceux - chagrin - qui se désolent et ragent, ceux qui se réjouissent et ceux qui ont autre chose à faire (ou à défaire). L'absence de programme sur l'une ou l'autre des sept (six ?) chaînes de Radio France montre à quel point auditrices et auditeurs fidèles peuvent être désemparés tout en étant souvent solidaires du mouvement de grève. Particulièrement si ça heurte leurs convictions. La décision de Céline Pigalle, Directrice de France Inter, de recruter Charles Sapin, directeur-adjoint de "Valeurs actuelles", hebdo d'extrême droite, pour assurer l'édito politique de la matinale dominicale est le baril qui a fait déborder le vase. Tant qu'il n'y avait que les auditrices et les auditeurs qui se plaignaient via la page de la médiatrice, tant qu'il n'y avait que les salarié-es de Radio France, Pigalle comme Veil, Pédégère de Radio France, pouvaient continuer à s'enfermer, droits dans leurs bottes (ou leurs escarpins, c'est selon) et leur choix politique qui a mis le feu aux poudres. Inter est en état avancé de poudrière et, c'est très mauvais pour son image de marque, pour les tutelles qui ne roucoulent qu'à la médiamétrique. Très bon pour tous ceux qui, à la suite de la Commission Alloncle, se sont réjouis de mettre au pas cadencé Radio France et son fragile esquif France Inter.

Quelle galère !








Ce matin depuis 8h (désolé avant je rêvassais devant le soleil et la mer) c'est donc un programme musical (pas une playlist comme voudraient nous le vendre quelques personnes zélées) qui défile sur la chaîne rouge. Rouge pour la couleur de son logo. Faudrait quand même pas rêver ! Oh yeah. 

Il y a treize ans deux ex-journalistes de Télérama, Anne-Marie Gustave et Valérie Péronnet, se pensant très drôles et très fines avaient titré leur saga, censée célébrer le cinquantenaire de la chaîne : "France Inter : amour, grèves et beauté". Après les avoir rencontrées, je n'avais pas manqué d'en faire un p'tit billet pour l'histoire. Pour l'histoire de 2026, pour ce qui ressemble à un coup-fourré il faudra retenir que samedi 12 septembre 300 personnalités (1) de la culture ont signé une pétition dans le Parisien. Personnalités qui souvent sont invitées sur France Inter. Mmes Veil et Pigalle peuvent commencer à manger leur chapeau (avec ou sans plume). Car l'une ou l'autre de ces personnalités pourraient très vite à l'antenne faire part de leur désapprobation et ça, la roucoule enchanteresse et habituelle de Devillers et consorts ne pourra rien y faire.

Donc ce matin sur Inter pas de Sapin (Pigalle a les boules), pas de Demorand et sans doute pas de Baddou à 18h. La polarisation battue en brèche. On a pu penser à autre chose et sortir de la nasse insupportable du "tout info".

Bertrand Durand, CGT
devant la Maison de la Radio
1" septembre 2026
Lionel Thomson SNJ-CGT
Renaud Dalmar, Cfdt


Ajout du 14 septembre
Ce matin l'antenne de France Inter est blanche. Silence radio. Est-ce que ça ne ressemblerait pas à une clause de conscience de la part des personnels de la chaîne ? N'est-ce pas insupportable d'imaginer travailler auprès de quelqu'un, Charles Sapin, journaliste qui à l'antenne représente l'hebdo "Valeurs actuelles" publication d'extrême droite ? N'est-ce pas invraisemblable que traîne dans la Maison commune ce poison politique qui se répand comme une trainée de poudre ? Pas là ! Jamais et surtout pas au prétexte d'un "pluralisme" qui étouffe, enferme, bâillonne la démocratie. Ça leur coupe la chique aux journalistes, productrices-producteurs, réalisatrices-réalisateurs, animatrices et toute la ruche qui tourne autour de la "fabrique de la radio". Veil et Pigalle laissent la radio sans voix. Un non-sens absolu. Le dernier renoncement avant fermeture. Une défaite au goût très amer. Le programme musical continu ne fera pas passer la pilule. La défaite de la pensée est totale. Va t-on encore longtemps laisser faire à n'importe quelle prix ? Et surtout au prix suprême de la liberté…

Pour la pétition c'est ici, pour écrire à la médiatrice c'est . Pour réécouter le plaidoyer de Pigalle, face à la médiatrice le 10 septembre sur France inter, c'est .

L'annonce sur France Inter, environ toutes les heures. "En raison d’un appel à la grève déposé par l’ensemble des organi­sations syndicales représentatives de Radio France demandant le retrait de l’antenne de France Inter d’un édito politique assuré par le directeur ­adjoint de la rédaction de Valeurs ­actuelles, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’intégralité de nos programmes habituels."

(1) La tribune signée par les personnalités dans le Parisien. Les premiers signataires : Ariane Ascaride, Romane Bohringer, Patrice Leconte, Audrey Diwan, Fanny Herrero, Jacques Gamblin, Dominique Blanc, Josiane Balasko, Denis Podalydès, Aïssa Maïga, Gérard Hernandez, Yolande Moreau, Anna Mouglalis, Stanislas Nordey, Corinne Masiero, Judith Henry, Laure Calamy, Valérie Donzelli, Judith Chemla, Julie Gayet, Céline Sallette, Valérie Karsenti, Sophie Fontanel, Nina Meurisse, Claire Denis, Bruno Solo, Laetitia Dosch, Robert Guédiguian, Arthur Harari, William Karel, Florence Loiret Caille, Serge Moati, Yuval Rozman, Gilles Perret, Véronique Timsit, Nicolas Bouchaud, Jean-François Sivadier, Martin Jauvat, Anne-Sophie Bailly, Emilie Noblet, Hubert Colas, Raphaëlle Rousseau, Enya Baroux, Antoine de Baecque, Camille, Lio, Aldebert, Emily Loizeau, Piche, Jeanne Added, Barbara Carlotti, Mathias Malzieu, Florent Marchet, Ali Cherri, Viktor Lazlo, Miossec, Katia et Marielle Labèque, Yann Tiersen, Cabadzi, Bonne nuit, Annie Ernaux, Anne Berest, Leïla Slimani, Eric Vuillard, Marc Dugain, Pierre Lemaitre, Hervé Le Tellier, Gilles Clément, Geneviève Brisac, Virginie Despentes, Atiq Rahimi, Yann Arthus-Bertrand, Sorj Chalandon, Laurent Gaudé, Cédric Sapin Defour, Jean Baptiste Del Amo, Nadia Daam, Vinciane Despret, Patrick Chamoiseau, Caryl Ferey, David Le Breton, Agnès Ledig, Marie Monique Robin, Lydie Salvayre, Murielle Szac, Bruno Doucey, Georges Salines, Véronique Ovaldé, Karim Kattan, Gaëlle Nohant, Laure Limongi, Vanessa Springora, Sophie Bancquart, Julien Delmaire, Vincent Edin, Laurence Nobécourt, Laura Sibony, Virginie Roels, Dalie Farah, Catherine Dufour, Hélène Coutard, Maren Sell, Rachid Benzine, Titiou Lecoq, Marie Desplechin, Pénélope Bagieu, Catherine Meurisse, Etienne Davodeau, Jul, Nonna Mayer, Denis Charbit, Manon Pignot, Michel Agier, Didier Fassin, Jean Robert Viallet, François Héran, Roger Chartier, Etienne Balibar, Cécile Alduy, Albert Moukheiber, Hanna Assouline, Myriam Revault D’allonnes, Laure Murat, Vincent Lemire, Marwan Mohammed, Suzette Bloch, Cynthia Fleury, Clotilde Leguil, Laurie Laufer, Véronique Nahoum-Grappe, Laurence de Cock, Guillaume Mazeau, Emmanuelle Tixier Du Mesnil, Claire Blandin, Marie-Rose Moro, Julia Cagé, Eric Lagadec, Sandra Laugier, Sylvain Bourmeau, Camille Froidevaux-Metterie, Dominique Meda, Johann Chapoutot, Patrick de Saint-Exupéry, Benjamin Stora, Laurent Douzou, Olivier Wieviorka, Manon Loizeau, Maboula Soumahoro, Malcom Ferdinand, Hélène Bacqué, Stéphane Beaud, Dominique Boullier, Loic Blondiaux, Jean-Louis Briquet, Marion Carrel, Philippe Corcuff, Philippe Coulangeon, Isabelle Autissier, Anne-Laure Delatte, François Dubet, Brigitte Gaiti, Michel Koebel, Michel Kokoreff, Bernard Lahire, Frédéric Lebaron, Rémi Lefebvre, Allain Bougrain-Dubourg, Michel Lussault, Philippe Marlière, Frédérique Matonti, Héloïse Nez, Nicolas Offenstadt, Réjane Sénac, Yves Saintomer, Federico Tarragoni, Julien Talpin, Vincent Tbierj, Jean Vigreux, Nicolas Rey, Gérard Noiriel, Mathilde Larrère, Ludivine Bantigny, Nicolas Legendre, Julie Neveux, Michael Zemmour, Marie Peltier, Serge Slama, Lilian Thuram, Agnès Levallois, Anne Cordier, Jean Baptiste Fressoz, Arié Alimi, Jérôme Karsenti, Magali Lafourcade, Laure Heinich, Laurent Sebag, Hiba Rizkallah, Dominique Mari, Sam Sauvage, Jérôme Giusti, Benjamin Mairesse, Claire Nouvian, Jennifer Aulombard, Kristel Le Peu, Jacques Thoizet, Cécile Jousselin, Nadine Prod’homme, Romain Ruiz, Samuel Thomas, Lara Wissaad, Cédric Villani, Amelle Gassa, Idea Moutsinga, Elise Brand, Lucy Dillenschneider, Arnaud Gossement, Jérôme Pauzat, Sylvie Torcol, Gilles Riou, Aurélie Fouilley, Vincent Houplon, Isabelle Pinto, Romuald Di Noto, Caroline Berger, Patrick Baudouin, Philippe Descola, Karine Lacombe, Valérie Masson Delmotte, Jean Jouzel, Irène Frachon, Baptiste Morizot, Servane Mouton, Eric Fassin, Amine Benyamina, Anne-Claude Crémieux, Pierre Sujobert, Jean-David Zeitoun, Kevin Jean, Yamina Saheb, Bruno David, Jean Paul Demoule, Raphael Pitti, Heidi Sevestre, Marguerite Cazeneuve, Olivier Milleron, Christophe Cassou, Philippe Grandcolas, Gilles Boeuf, Michel Broué, Bruno Andreotti, Camille Etienne, Marine Calmet, Pierre Rigaux, Eric Lenoir, Thomas Brail, Ines Léraud, Mathilde Caillard, Cyril Dion, Hervé Kempf, Lucie Pinson, Pablo Servigne, Karine Jacquemart, Xavier Thévenard, Daniel Herrero, Vincent Munier, Simonetta Greggio, Alice Barbe, Magyd Cherfi, Mustapha Amokrane, Hakim Amokrane, Lo’Jo musiciens, Dominique A, Solann...

Auditrices et auditeurs devant
la Maison de la radio, 13 septembre 26,


vendredi 11 septembre 2026

11 septembre 1973… Allende for ever !

Inoubliable le 11 septembre 1973, même si je l'ai pris en pleine poire le 20 ou le 21 (ce mois-là je n'écoute pas du tout la radio). Abonné au Nouvel Obs je venais de déménager et mon journal m'arrivait avec un certain retard. En rentrant du taf' le soir je prends la couv' en plein cœur. Quelque chose s'écroule (durablement). Les illusions, l'espoir, le changement d'ère. Et vraiment personne avec qui en parler autour de moi… C'est la façon la plus brutale de passer de l'adolescence à l'âge adulte. Cinquante-trois ans après, l'émotion et la peine sont intactes et Salvador Allende inoubliable…

Du 17 au 23 sept. 1973
















Pour le cinquantenaire, Alain Devalpo et Jean-Philippe Navarre pour "Sur les docks" sur France Culture faisaient une "Mise en perspective du programme politique et économique du président Salvador Allende, arrivé au pouvoir au Chili en 1970, à travers des témoignages de Chiliens engagés." (1). J'en veux terriblement à la presse qui sans aucun discernement évoque depuis 2001 le "11 septembre" ! C'est une injure à l'histoire et un très grand mépris pour l'Amérique latine ! CQFD.

Ajout du 16 septembre

Patricio Guzman, cinéaste et documentariste du Chili d’Allende à Pinochet, est mort à l'âge de 85 ans, auteur de nombreux films et documentaires…


(1) Sur le site de l'émission,

Film de Patricio Guzmàn
2004






La chronique de Mathilde Larrère, historienne, dans "La dernière" sur Radio Nova, 13 septembre

jeudi 10 septembre 2026

France Musique : auditrices et auditeurs en détresse…

On peut facilement imaginer que le 3 août dernier ni M. Voinchet (Directeur de France Musique), ni M. Grant (futur Directeur de la chaîne) ne prenaient le temps de lire le "20 Minutes" suisse (1). Et pourtant ça aurait pu ébranler leurs certitudes quant à la fin programmée de la FM en France et le test grandeur nature de la bascule que venait d'opérer la chaîne depuis le 22 juillet, incitant auditrices et auditeurs à s'équiper en DAB+ chez Darty (sic). Grant devenu Directeur proclame dans Télérama (07/09) : "Là où la FM a été supprimée, elle ne reviendra pas ». Quel oracle !  On y croit trop.

Le logo c'est un pouce vers le bas, non ?

















"La SSR [Société Suisse de Radiodiffusion et télévision est le groupe audiovisuel public de la Suisse] se prépare à revenir sur la FM dès cet automnePrès d'un an après l'avoir quittée, la SSR va de nouveau émettre sur la bande FM. Des tests sont en cours et les premières radios pourraient rediffuser dès l'automne." (2) Qu'est-ce qu'on se marre ! La France Championne du Monde de ses certitudes veut d'abord vivre son propre "crash test" avant de revenir sur sa position. Voilà une posture (ir)raisonnable que Madame Veil, Pédégère de Radio France, n'en doutons pas, saura défendre, avec son brio habituel, devant les tutelles.

"Pour rappel, la SSR avait cessé de diffuser ses programmes en FM en janvier 2025 pour passer entièrement au DAB+. Mais après le premier semestre 2025, elle a en effet perdu le quart de ses auditeurs sur l'ensemble du pays." précise Christine Talos. C'est ballot ! France Musique devrait donc perdre des auditeurs même si, magnanime, Radio France "a mis un budget à la disposition de la station, qui permet depuis le 22 juillet d’offrir, «chaque jour», des postes DAB+ à certains auditeurs ayant fait part de leur désarroi à la station (3). Auditrices et auditeurs en désarroi vous savez ce qu'il vous reste à faire ! 

Parade misérabiliste qui ne dédouane en rien le staff de Radio France (qui est une société et non pas un Groupe) qui n'aura pas réussi à faire avaler la pilule aux auditeurs et à masquer son intention réelle de basculer, à terme, France Musique exclusivement sur le Net ou en DAB+.

Dans Media + du 10 septembre, Grant annonce : "Nous avons accompagné nos auditeurs sur l’ensemble de l’été, et nous continuons à les guider, notamment en prenant soin de répondre à l’ensemble des mails que nous recevons." Voilà, contentons-nous de recevoir des mails… Grant tente de se voiler la farce, sans jamais y parvenir !

Le Groupe Facebook de défense de la FM !

(1) Pas sûr non plus que s'il avait déjà été responsable de la Revue de Presse, Voinchet ait attiré notre attention sur cette publication, 
(2) Christine Talos, 20 Minutes,
(3) Stéphane Grant, Télérama, 7 septembre 2026,

mardi 8 septembre 2026

Lieu de mémoire : Le certificat d'études…

Renée Elkaïm-Bollinger, productrice à France Culture, en 1996, nous plonge dans les souvenirs scolaires du Certificat d'études, point de repère définitif pour celles et ceux qui allaient poursuivre leurs études et celles et ceux qui allaient les arrêter. Ça sent l'encre violette mais comme pour tous les autres "Lieux de mémoire" ça vaut la peine de s'y retrouver ! Là, pour cet examen, certaines y allaient avec "les habits du dimanche" autant dire la sacralisation absolue d'un diplôme qui a borné l'enfance pendant plus d'un siècle (1866-1989). Un rite de passage tombé en désuétude.












"Le Certif' ce n'est pas toujours le lieu des nostalgies douces et niaises comme celles de Bourvil dans "Le trou normand"… Tout ça pour former ce héros de la laïque ou de l'école chrétienne !" Michel Ragon (1924-2020) témoigne "Il y avait [dans l'enfance] le jour de la 1ère communion et le jour du Certificat d'études… qui était la porte à des emplois aux mains blanches comme disait ma mère." La productrice suggère à juste titre que "la gloire du Certificat rejaillit sur l'instituteur". Et souvent "les parents récompensent l'instituteur" précise Antoine Prost. Renée Elkaïm-Bollinger "Est-ce que le Certif', le CEP a été un lieu de mémoire de l'enseignement laïque ?" Pour autant, "c'est une création de "la Monarchie de juillet…" 

Sujet : "Le cochon s'est échappé, il met toute la basse-cour en émoi. la poursuite est mouvementée. Enfin on ramène le fugitif. Racontez". Eh bien pour ce sujet-là j'aimerais bien passer mon Certif' demain. Je me régalerai ;-) Claude Duneton "Le Certificat d'études c'était l'accomplissement d'une vie… Dans les campagnes c'était le Bac de maintenant."

Ce documentaire en profite pour placer l'examen dans l'histoire sociale du pays. La fierté des élèves reçus, la fierté des parents. L'aura au sein même de la famille particulièrement quand c'est l'enfant qui est chargé de lire ce que les grands-parents voire les parents ont du mal à faire. Cela montre la place de l'école dans la vie quotidienne, la place "sacrée" de l'instituteur ou de la maîtresse et la valeur institutionnelle de l'institution scolaire.

Jean-François Chanet. "L'école laïque avait besoin de rituels festifs pour combattre, avec une certaine efficacité, d'autres rituels festifs, soit les rituels de l'église catholique, soit les rituels de la superstition populaire. Le Certificat d'étude est le saint-patron de l'école laïque".  

L'épisode 2 disponible en écoute ici. (Avec le témoignage sur l'école en Finistère par Pierre Chapalain & Louis Ellegoët… mais pas n'importe quelle école : Skol an diaoul/L'école du diable … la laïque)