samedi 26 septembre 2026

Raymond Queneau… si tu t'imagines ! (France IV- Haute Fidélité)

Si tu t'imagines Raymond… Si j'ai pris la peine de préciser "France IV-Haute Fidélité" (1) c'est bien pour t'assurer que ce n'est pas sur France Musique qu'en 2026 tu pourrais entendre du Queneau. Pas plus sur France Culture et encore moins sur France Inter. Pourtant c'est bien grâce aux "Nuits de France Culture" et à Albane Penaranda sa productrice que, dès cette nuit prochaine, on pourra écouter en six épisodes "Raymond Queneau en chansons" (2) produits par le grand Jean Chouquet. La chanson sur France Musique aujourd'hui, c'est portion très congrue ! Un peu le samedi matin ("Tour de chant", Martin Pénet), le samedi midi ("Retour de plage", Thierry Jousse, Laurent Valero) et point final. Honte à cette chaîne de programmer presqu'exclusivement de la musique classique et du jazz. Marc Voinchet, son ex-Directeur, ni même Stéphane Grant, ex-Directeur des programmes n'ont rien fait pour proposer de la chanson en quotidienne … des fois que ça ne serait pas de la musique !!!!!

Raymond Queneau (1903-1976)

















Pour écouter ce programme vous pouvez rester éveillés cette nuit et croiser les chansons du poète. Auditrice, auditeur "Si tu t'imagines" que le "couple" Queneau/Gréco fonctionne au petit poil, tu es dans le vrai et tu pourras constater la modernité définitive de cette chanson. Mais, quand c'est Queneau qui lui-même se raconte, on sourit à cette voix typée, à sa scansion et à son ton (inimitable). Les chansons s'enchaînent sans verbiage (inutile), on en découvre beaucoup et on se demande pourquoi on les a si peu entendues ou même pas du tout. Queneau explique ses créations littéraires et poétiques, je devrai dire chansonnières, avec simplicité et légèreté.

Et si vous ne résistez pas au sommeil vous pourrez demain dimanche démarrer d'un bon pied et d'une bonne oreille, changer de siècle, changer d'humeur, changer de tempo.

"Les beaux jours s'en vont les beaux jours de fête
soleils et planètes tournent tous en rond
mais toi ma petite tu marches tout droit…"
"Si tu t'imagines". Raymond Queneau

(1) Fondée en 1954, sur la RTF, c'est d'abord un programme musical expérimental en FM à l'initiative du poète Jean Tardieu. Aussi créateur du Club d'Essai (1946). Cette chaîne devient RTF Haute-Fidélité en octobre 1963, puis est rebaptisée France Musique le 8 décembre 1963 par Roland Dhordain,
(2) "Chansons d'écrivains".

















Le programme : 
1/Raymond Queneau chanté par Juliette Gréco, 2/Raymond Queneau : "Proust serait le lauréat idéal du Goncourt, pour le style et la construction du roman", 3/Raymond Queneau, du Havre à Paris, en chansons, 4/Raymond Queneau : "Je crois qu'il est difficile d'écrire après le cinéma", 5/La banlieue de Raymond Queneau en chansons, 6/Raymond Queneau, la langue écrite et la langue parlée, 7/Les chansons burlesques de Raymond Queneau, 8/Raymond Queneau à propos de "Battre la campagne", 9/Quand la poésie devient chanson, 10/L'archipel Queneau : un voyage à travers dix romans de l'écrivain, 11/Quand Raymond Queneau évoquait son "Voyage en Grèce", 12/"En chanson et en poésie, on écrit ce qu'on peut et ce qu'on doit"

vendredi 25 septembre 2026

Nuits magnétiques : Lozère désert… vivant !

C'était l'hiver 89… (1989) ! Dire "l'hiver 89", me fait penser à Giono qui, quelques années auparavant, contait avec son Hussard (sur le toit) l'épidémie de choléra en 1832 qui, en France, fit des ravages. Donc mi-décembre 1989, les "Nuits magnétiques" nous emmènent en Lozère avec Joël Vernet (Producteur) et Christine Robert (Réalisatrice). J'ai déjà un peu écrit sur le sujet, mais là nous disposons à la réécoute d'un épisode (sur 4). "Le jardin où contempler la neige" (1). Et déjà ce titre si évocateur nous invite à faire un saut de puce, sauter une saison pour se mettre dans l'ambiance d'un hiver loin de chez nous, comme dans un autre monde (2).


 


















La rediffusion c'est bien, mais on y perd la temporalité de la présentation par Alain Veinstein des quatre nuits lozériennes. Plus de quatre minutes où, le producteur des "Nuits magnétiques", s'engage dans le sujet et tisse déjà une histoire pour mettre en valeur les équipes qui ont réalisé le doc (3). "La Lozère on en fait presque une personne, on n'en parle pas comme d'un pays, et quand on dit "En Lozère ça va pas marcher" j'ai l'impression qu'on attaque une personne et pas un lieu" dit Jeanine Brager. Je rêve de m'asseoir devant la porte et de regarder que le soir tombe…" Ça vous parle ça, non ? Cette sagesse, cette simplicité, cette douceur de vivre dans un pays rude !

Et puis ça parle de l'hiver, mais pas de l'hiver de carte postale "Mon beau sapin…". L'hiver rigoureux, l'isolement provoqué par la neige, des froids glacials et, de comment femmes et hommes se fondent dans ce climat-là, sans jamais que l'on entende parler d'elles et d'eux (4). Repliés sur leur vie par nécessité et obligation. 

Les carillons des cloches des brebis et des moutons ne sont pas là pour "faire bien dans le décor" elles sont le quotidien de celles et ceux qui veulent bien entendre et mieux encore écouter la vie qui passe. C'est le lot des habitants de ce pays. Un repère. Une présence et sûrement une forte complicité avec la nature. "Ça parle simple et vrai" comme aurait pu dire Giono, même s'il n'était pas de ce pays-là ! "Il y a un côté assez terrible de la nature ici" précise Jeanine Brager. L'eau des ruisseaux qui coulent à bon débit et les cloches du village n'ont pas besoin de commentaires. Et les silences juste entrecoupés des bruits ou des bestioles de la nuit nous imposent d'entrer dans ce pays. À pas lent et sans bruit. Tous les sens en éveil. Contre le vent sonore et persistant.

Ce vent, ces cloches, ces animaux sont en pleine vie comme l'étaient les "Nuits magnétiques". Aujourd'hui, aux heures initiales de diffusion du programme, France Culture a fait le choix de rediffuser une partie du programme du jour. Soit casser la continuité temporelle et bien se moquer qu'auditrices et auditeurs aillent VOIR ailleurs, quand il n'y a rien de frais à écouter à la radio. Le redire encore une fois, s'il existait "Radio Archives" nous pourrions avoir plus facilement accès à ces quatre épisodes, sans qu'il soit nécessaire d'en ajouter d'autres en "collection". Plutôt que d'empiler, il s'agirait d'éditorialiser. Mais ça ni l'Ina, ni Radio France ne veulent en entendre parler, des fois qu'on serait tentés d'écouter la différence…

(1) Épisode 2 : Une vallée noyée, Naussac / 3 : Au fil du temps / 4 : Du mont Lozère on aperçoit le monde, 
(2) Il y a trois semaines Antoine Dhulster consacrait sur France Culture, une nuit à Martin de la Soudière, ethnologue, 
(3) Un gouffre avec le désastre des micros d'intro de Perrine Kervran, coordinatrice pour LSD qui se contentait chaque jour d'un inventaire sans âme qui n'apportait rien au doc, mais qui souvent déflorait le sujet. N'est pas Veinstein qui veut !

(4) Sauf dans Radio Solitude,

mercredi 23 septembre 2026

FIP : CQFD… (Ce Qu'il Fallait Dire)…

Les animatrices de Fip ont la parole et la voix pour dire, trois cent soixante cinq jours par an, des choses simples, des mots doux, des pirouettes, des rimes cacahuetes, des annonces et quelques désannonces… Tout ça à la bonne heure et dès l'après-midi à la façon d'autrefois. Il est trois heures, il est cinq heures Fip s'égaye. Mais voilà que quelques jours après le scud envoyé par Jean-Baptiste Chabran dans Libération le 12 septembre, à l'antenne (le 14) Émlie Blon-Metzinger, animatrice, va évoquer avec tact et subtilité la couardise du journaliste sans qu'il soit utile de le citer. On pourrait dire avec grand art. C'est surtout une très jolie façon de renvoyer Chabran dans les cordes. C'est mérité. Dit et bien dit !

Émilie Blon-Metzinger










Alors justement les mots doux des animatrices ne sont pas doucereux (1). Ils sont dans le tumulte de nos vies, un peu d'apaisement, quelques pas de côté et surtout une légèreté qui manque beaucoup à Radio France. Radio France qui confond légèreté et humour, particulièrement quand l'humour est de plus en plus lourdingue et pas drôle. Donc voilà les quelques mots d'Émilie : "… dans mon dictionnaire, j'ai trouvé doucereux, doucereuse, j’ai senti que derrière la douceur apparente il y avait quelque chose de plus, quelque chose de pas joli, quelque chose de péjoratif… Eh ben, j'ai pas été déçue, ni contredite. Je cite la définition du dictionnaire "adjectif qui qualifie ce qui a une douceur fade, excessive ou déplaisante, synonyme douçâtre, mielleux, sucré, enjôleur…" La réponse de la bergère au berger !

Et pour que le tableau soit complet Émilie, s'adressant à son fils, ajoute,  : "… Si un jour une quelconque personne dit de toi que tu es doucereux, je t’en conjure sois l’inverse, sois caustique, sois ferme, sois rude, sois sec, sans jamais perdre ton humour. Dans le dictionnaire, que j’ai toujours avec moi, il y a d’autres mots, il y en a plein… J’ai trouvé respect, précaution, connaissance et, pour ceux qui t’embêteraient vraiment, tu pourras leur dire que la couardise et la poltronnerie s’opposent à la bravoure…". Voilà donc Chabran habillé pour l'hiver. Avec tact et finesse, Émilie a su renvoyer la balle d'un coup droit bien lifté. C'était le moins qu'il fallait faire. Le moins qu'il fallait dire. CQFD !

(1) "Un seul conservatisme un peu suranné demeure : la présence à l’antenne de voix exclusivement féminines et doucereuses, les fameuses «Fipettes»". Les mots de Chabran dans Libé, cité.

mardi 22 septembre 2026

France Inter : le train de 7h58 a déraillé !

La mécanique au cordeau de la matinale de France Inter (à la minute près) peut avoir, comme à la SNCF, des ratés. Ici, en radio, il ne peut-être question d'aiguillage, de panne de circuit électrique ou d'absence de contrôleur. Ce lundi matin 21 septembre tout est en place (la grève a été levée) mais, à 7h58, pas d'interruption intempestive de la conversation en cours (1) par un quelconque olibrius censé venir détendre l'atmosphère. Détendre l'atmosphère volontairement tendue par l'équipe des matinalières et des matinaliers ? Et puis pourquoi cette incise furtive dans un programme d'informations ? Pour faire diversion ? Pour dire  "aller, on est cool, on va vous faire rire" ? Non rien de tout ça il y a lurette qu'Inter s'est calée sur la concurrence des privées pour garder auditrices et auditeurs à l'écoute, coûte que coûte. Quitte à ce que ça disperse l'attention, quitte à ce qu'une matinale ne soit plus qu'une opération de gavage des oies (blanches, forcément blanches) quitte à ce que, sans transition, tout se confonde sur le même plan.

















Thomas Poitevin "conducteur officiel du 7h58" a donc décidé de lui-même de sortir du jeu. Son "jeu" arrivant à ne faire rire personne - quand, en plus l'humoriste se déguisait chaque jour (2) - donc, ne faire rire personne et surtout pas ceux qui, autour de la table du studio, ne se font jamais prier pour faire la claque ! La claque c'est surtout Céline Pigalle, Directrice d'Inter, qui l'a prise quelques heures avant ou après que Charles Sapin, journaliste, Directeur adjoint de "Valeurs actuelles" avait décidé de mettre les bouts. Bout à bout ces deux départs ne peuvent donner autre impression que celle de la pagaille. Combien de temps auditrices et auditeurs vont continuer à prendre le train de la "Grrrrrraaaaande mââââââtinale" si les trains sont annulés et qu'on ne sait toujours pas s'ils seront remplacés.

Je préfère me souvenir du "3h10 pour Yuma" jamais en retard pour livrer une "belle histoire". Le "7h58" d'Inter vient de montrer ses limites, par quoi va t-il être remplacé, une "Micheline" (uh ! uh! uh!), un TER, ou un TGV ? Ne rêvons pas, avant de disposer d'un "InOui" il faudra sans doute quelques déraillements égarements, alors qu'il suffirait sans doute de remettre l'humour à sa place et non pas tout le temps et n'importe quand. Pour cela il faudrait une vrai Directrice ou Directeur de programmes et depuis la nouvelle grille il n'y en a pas. Et, sans "conducteur" (3) ça ne marche pas !

(1) Fabien Roussel, dirigeant du PCF et Benjamin Duhamel, journaliste,
(2) Se déguiser à la radio c'est un peu invisible, non ? Ce choix montre bien la nullité du staff qui n'a pas bien compris ce qu'est la radio ! Et on se fout que la matinale soit filmée !
(3) Le conducteur en radio est le document de préparation et de suivi d'une émission, l'ordre chronologique et le minutage précis de toutes les séquences qui seront diffusées à l'antenne. C'est la marche à suivre.

lundi 21 septembre 2026

Radio France : Il faut savoir arrêter…

Comme le disait Maurice Thorez (1900-1964), dirigeant du PCF (Parti Communiste Français) "Il faut savoir terminer une grève dès que la satisfaction a été obtenue" (1936). C'est fait ! L'intersyndicale de Radio France a décidé samedi dernier, après l'annonce de Charles Sapin de quitter France Inter, d'inviter les salariés à reprendre le travail ce 21 septembre. Mon titre de billet choisi "arrêter" face au verbe initial de Thorez car, à Radio France, il faudrait arrêter beaucoup de choses, à commencer par prendre auditrices et auditeurs pour des billes !

Maison de la radio, Paris XVIè,
















Arrêter de survaloriser l'info au point d'affaiblir les programmes. C'est surtout valable pour France Inter mais ça l'est aussi pour France Culture. Que la Présidente de Radio France arrête de ressasser le mot "polariser" quand elle laisse la Directrice d'Inter, Céline Pigalle, polariser les dimanches avec l'infotainment (Demorand & Baddou). Arrêter de rediffuser les rediffusions. Arrêter de nous faire avaler les couleuvres du pluralisme. Arrêter de mettre l'humour au-dessus de tout quand il finit par être au-dessous de tout. Arrêter le jeu de chaises musicales à France Inter qui donne surtout l'impression d'une grande pagaille (1).

Arrêter de tout surnommer avec les adjectifs grand/grande, les abréviations XXL,… Arrêter les recrutements extérieurs venant le plus souvent de la télé privée. Arrêter d'empiler l'armée mexicaine de cadres, improductifs et coûteux. Arrêter de nous vendre "l'arrêt programmé de la FM" quand plusieurs pays européens (dont la Norvège, et la Suisse cette année) font machine arrière. Arrêter d'imposer France Info sur les antennes de France Musique quand la couverture du territoire national par France Inter suffit à informer la population en cas de catastrophes ou de conflit. Arrêter de faire mâchouiller la revue de Presse de France Inter. Arrêter de désingulariser France Culture en lui faisant singer France Inter. Arrêter de RTL-iser France Inter. Arrêter de passer le son, les voix par pertes et profits. 

L'énoncé n'est pas clos. Il faut savoir arrêter de se prendre pour les meilleurs ! La sentence médiamétrique pouvant, très vite, remettre les pendules à l'heure et donner du grain à moudre aux tutelles pour, un peu plus encore, tailler dans le lard du financement de la radio publique. Au risque qu'après Mouv' d'autres chaînes soient contraintes de quitter le navire. Alea jacta est…

(1) Hamadi, Voinchet, Goumarre,…

dimanche 20 septembre 2026

Kriss : tant de dimanches… en roue libre !

La valeur cardinale du dimanche est sans doute celle du repos, du pas de côté, de prendre l'air et de souffler. Jacques Santamaria, Directeur de France Inter (1996-1999), dans l'esprit de l'Oreille en coin (Jean Garretto & Pierre Codou, 1968-1990) veut donner aux dimanches un autre ton que celui de la semaine. Santamaria sait prendre son risque. Choisir Kriss et la laisser en roue libre c'est accepter que l'animatrice/productrice dégoupille les convenances, saute sur tout ce qui bouge, furete dans tous les coins en y ajoutant le charme de son espièglerie. Si j'écris ce dimanche c'est parce que sur Inter ce n'est pas dimanche. Céline Pigalle, Directrice de la chaîne nous gave d'info, d'actu et d'infotainment, à faire fuir. Et j'ai fui. 

Kriss















Donc "La Kriss", comme elle se nommait quelquefois, régalait nos dimanches après-midi (14h/17h) et ses invités étaient aussi éclectiques qu'elle l'était. Ses choix s'appuyaient sur une bonne dose d'humanité, d'intelligence, d'empathie et d'une certaine "rage de vivre". Trois heures comme il n'y a plus jamais eu trois heures d'émissions consécutives sur Inter. Quelques invités piochés ici ou là (1). Pas de masterclass boursoufflées de suffisance. Pas de trémolos tendance Devillers. De la finesse, de la joie et de l'empathie. Les clefs de la réussite.

J'ai dans mes propres archives, en cassette, le "Dimanche en roue libre d'Edgar Morin" (réalisatrice, Michèle Bedos). Mon appareil à cassettes est H.S. Il me reste le petit résumé que je faisais pour chacune de mes archives. Avec simplicité, sans emphase ni académisme, Morin (1921-2026) se raconte et raconte. Et Kriss de relever que le sociologue se targue aussi d'être "contrebandier". Lire naviguer entre plusieurs disciplines scientifiques. On a beau être dimanche, Kriss met à notre portée la "science" de façon simple, compréhensible et tout d'un coup facile d'accès. C'est la grande qualité de l'animatrice savoir faire transmettre ce qui pour le commun serait vraiment si compliqué.

Le temps long permet, sans stress et excitation, d'être avec un invité dans la conversation. La conversation du réel de la vie. Avec ses sauts de puce, ses retours en arrière et ses bonds en avant. Le temps long en radio nous permet de rentrer dans le sujet, d'être avec le sujet, d'être "dans la radio" et de ne pas avoir envie d'en sortir trop vite. À défaut de vous proposer la réécoute de ce dimanche-là, vous pourrez écouter ici trois épisodes des "Portraits sensibles" que Kriss avait consacrés à Noëlle Herrenschmidt, reporter-aquarelliste. L'aquarelle va bien au dimanche.

En roue libre, sur mon vélo, je vais continuer à prendre du champ… (avec la radio entonnoir). Aujourd'hui est un autre jour ;-)

(1) De septembre à décembre 1996, quelle "équipe" ! Bernard Werber,Yves Coppens, Isabelle Autissier, Lio, Edgar Morin, Smaïn, Marie Rouanet, Ivry Gitlis, Martin Karmitz, Marcel Rosier, Jean Malaurie, Karim Didri, Yves Simon, Alex Métayer, Guy Savoy, 

vendredi 18 septembre 2026

Tiens, allez, après l'humour, des bonbons par milliers…

Pour Catherine Soulard, productrice à France Culture, on pourrait dire "De la lune jusqu'aux marchands de bonbons" . En effet Catherine sait passer d'un sujet très sérieux à une petite gourmandise dont on essaiera, le temps d'une "Nuit magnétique", d'oublier que les bonbons peuvent avoir des effets sur notre santé. On est à quelques jours de la fin de l'année 1995, avant la trêve des confiseurs. Allez, on se lèche les babines. Régalons-nous… (1)


















Philippe Garbit, producteur des Nuits d'alors, nous fait saliver quand il évoque le papier froissé qui protège le bonbon. On est en condition. C'est sûr, on va retourner en enfance. Soulard nous fait toujours voyager et, quand elle aborde les rives de l'enfance, elle nous touche au cœur et nous enveloppe de sa part d'insouciance et de fraîcheur. C'est d'ailleurs un enfant, Anne-Charlotte qui, en ouverture, énonce les noms de plusieurs bonbons. 

Puis Catherine dit "Je me souviens des bocaux de la confiserie où Colas nous emmenait ma sœur et moi. Les sachets de papier translucide remplis de pastille de menthe givrée, ni blanches ni bleues, ni blanches, ni rouges. Je me souviens du distributeur automatique du métro, des petites boîtes rouges et noir, pleines de cachous tout rouges. Je me souviens des retours d'école quand, après le pain et le chocolat, nous fourrions nos mains dans les poches de Colas, nous en revenions cargés des bêtises de Cambrai, de sucres d'orge et de bonbons en forme de tranches, orange ou citron,… Je me souviens que c'était notre enfance". Alors si les Carambar coûtaient 10 centimes, les miens n'en coûtaient que 5 et pour 1Franc on en avait vingt ! De quoi se régaler le samedi soir.

Les "marchandes de bonbons" sont formidables et on voudrait courir dans leur boutique et juste voir ce qu'elles décrivent avec passion, savoir et gourmandise. Mais quand catherine Soulard veut s'acheter des bonbons avec 4,70 Francs c'est juste adorable de roudoudou. Hein quoi, des francs ? Ben oui il faudra attendre six ans pour voir débarquer l'Euro ! Et il aura fallu que j'atteigne mes … ans pour connaître l'origine du mot "Zan". "D’où vient le mot "Zan", qui désignait un rouleau de friandise à la réglisse ? L’émission donne la réponse : en 1884, Paul Aubrespy, gendre du directeur d’une fabrique de suc de réglisse à Uzès, dîne dans un restaurant parisien avec des amis. Au dessert, il entend, à une table voisine, un jeune enfant s’écrier en zozotant : "Maman, z’en veux ! Donne-moi-z’en ! ". Le 7 juillet de la même année, il dépose la marque Zan à Uzès. Elle existe toujours, tout comme l’usine. (2) Et la recette du "tu nous gâtes" deviendra le 'nougat". O ma doue (doué), prodigieux !

Cette ode aux bonbecs est vraiment impec ! J'ai réussi à ne pas manger un seul bonbon. Merci Catherine de nous avoir tenté de retomber en enfance le temps d'une nuit magnétique sucrée. Avec en prime votre rire et sa part d'enfance qui colle bien au sujet. On vous sent complice, coquine et espiègle même ! C'est assez rare en radio d'avoir cette intimité. C'était aussi le cas avec Kriss et Noëlle Breham

(1) J'ai d'abord écouté pour le plaisir, puis une deuxième fois pour rédiger ce billet,
(2) Sur la page de l'émission.