vendredi 28 août 2026

France Inter : Pigalle veut polariser nos fins de semaine à l'infotainment !

Un exercice de style entre communication, convictions pour l'info (mais pas pour les programmes) et enfilage de perles ! Céline Pigalle, Directrice de France Inter, a donné à Télérama (1) une interview de très haut vol. Quelques extraits pour se préparer à être bien polarisé. Sachant que Sibyle Veil s'engage, dur comme fer, à ce que les chaînes de la radio publique dépassent la polarisation infernale de la société. Donc Veil dépolarise (vœu pieux) et Pigalle polarise (conviction). C'est ça la cohérence de Radio France. S'agit juste de naviguer à vue dans cette incohérence formelle et désespérante.

Céline Pigalle










Pigalle y croit dur comme fer ! C'est son credo : "Intuitivement, je voulais repartir à la bataille sur les week-ends, car ils seront des temps forts de la campagne présidentielle." Repartir ? Elle était déjà partie à la bataille ? Mais où ? Pas sur France Inter (elle n'est en place que depuis mars 2026) ! Sur les week-ends !!! Ben voyons Léon, Pigalle décide donc de pourrir nos fins de semaine radiophoniques avec de la campagne présidentielle à tous les étages et de l'info jusqu'à plus soif ! C'est pas de la polarisation ça ? 

Le plus lunaire est à venir. "Il m’importait que nos auditeurs ressentent une continuité d’écoute dans la grille sept jours sur sept". Là on est dans le comique-troupier. Depuis quand (et par qui ?) les auditeurs demandent une continuité d'écoute ? Continuité d'écoute c'est pas le bon mot Madame Pigalle car si on écoute autre chose que du bourrage de crâne et de la propagande c'est, de toutes façons, ne vous en déplaise, de la continuité d'écoute. On voit bien que la seule chose qui vous anime c'est l'info surdopée à l'info, quant aux programmes on verra plus tard. Tragique.

Jacques Sallebert, Journaliste et Directeur de la radio à l'ORTF, incitait auditrices et auditeurs à écouter la radio en fin de semaine, constatant que l'activité de chacun n'est plus la même les samedis et dimanches. Pigalle ne veut rien lâcher, imposer sa vision (étriquée) de la radio et renvoyer aux calendes grecques la nécessité de laisser une grande place à l'imaginaire, au rêve et à la diversion.







La Directrice poursuit : "Ensuite, ce qu’il faut à la radio, c’est du direct, du direct et du direct." Ah bon ? En quoi une émission enregistrée n'aurait pas sa place dans la grille ? Si elle nécessite une production et une réalisation pourquoi s'en priver ! Vision bien primitive de la fabrique de la radio, particulièrement à Radio France qui a tiré son excellence des émissions "élaborées" ! Mais attention le meilleur est à venir :

François Rousseaux (Télérama) : Quelles ont été vos sources d’inspiration ?
"Écouter des reportages. Notamment dans Là-bas si j’y suis, de Daniel Mermet, sur France Inter. Cette émission correspond bien au titre bouleversant du livre d’Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne. Et c’est ça, le journalisme : raconter d’autres vies que la sienne, par-delà les opinions des uns et des autres." Là on s'étouffe, on se pince grave ! Bloch vire Mermet en 2014 après 25 ans de bons et loyaux services et Pigalle voudrait refaire du "Là-bas si j'y suis" sans s'en donner les moyens puisqu'aucune case de la grille ne répondra à la "patte" de Mermet. Donc une phrase de com'. Un genre de vœu pieux pour la galerie ou les gogos qui croient au Père Noël !

Pigalle ajoute : "J’essaie d’être une bonne patronne !" (Syndrome du patronat dans les industries culturelles) Qu'on se le dise Pigalle va donc manager comme une patronne de grosse PME. Ce langage de managère de moins de cinquante ans pollue le service public radiophonique. Pigalle est Directrice d'antenne. Elle ne patronne rien du tout. Point barre.

Et pour finir, en se tapant sur les cuisses, Rousseaux demande à Pigalle où en sera France Inter dans dix ans ! "À une grande marque média, avec pour cœur de métier la radio, écoutée au Liban, au Sénégal, au Québec, partout dans le monde, sur son téléphone, avec l’appli." C'est dingue ce don de voyante extra-lucide ! Qui pourra dire ce que sera Inter même dans deux ans ? Personne. Beaucoup de facteurs politiques, économiques et culturels peuvent bouleverser la donne. On verra en juin 2027 comment une grille focalisée sur l'info aura pu ou non prospérer ou commencer une longue descente aux enfers… Wait and see !

Question subsidiaire : à quoi peut bien servir un Directeur/Directrice des programmes quand la Directrice décide de tout et particulièrement quand le poste est vacant ?

Et ceci pour mieux polariser !



jeudi 27 août 2026

Voinchet : revue de presse… pressée comme un citron !

Comment après un tel battage auto-centré à Radio France, ne pas aller écouter Marc Voinchet, l'ancien présentateur de la Revue de presse de France Culture (1995-1999)? Après l'écoute de ses six premières R.P. (2 par matinales) ces trois derniers jours, on ne peut pas dire que la chose ait beaucoup produit d'effets sur nos neurones et surtout pas du tout donné envie de courir au kiosque. Las, ces "pastilles" manquent de souffle (qu'il semble avoir bien court) ! Encore faudrait-il que Voinchet ne bafouille pas et ne "savonne la planche" à chaque exercice. On tombe de haut. On en appelle à ses illustres devanciers et on se demande qu'elle est la plus-value apportée par l'ex-matinalier qui, c'est le moins que l'on puisse dire, est out. En dehors du jeu et pas du tout convaincant.









Le risible tragique c'est que la matinalière du 5/7, Bernadette Bonnemoy, annonce mardi à l'issue de sa première RP de 6h15 que la prochaine "XXL"  est à venir à 8h46. De qui se moque-t-on ? C'est quoi cette manie d'appeler les choses par une abréviation de taille ! Et surtout quand la taille en question de la dite R.P. est de… 5 minutes. Alors si 5 minutes c'est XXL, la matinale d'Inter devient en 180' un immense tunnel sans fin, non ? Les journalistes usent et abusent de mots ou d'abréviations qui ne veulent plus rien dire, mis à tous les sens possibles et inimaginables, dans tous les sens et surtout dans n'importe quel sens. Madame Pigalle, Directrice de France Inter, pourriez-vous dire à vos journalistes en mal de vocabulaire que la mesure "XXL" a du sens : c'est déjà un grand format ? 

Quant à Voinchet il bafouille et bafouille très bien, trop souvent interrompu par Florence Paracuelos, l'anchorwoman de la matinale appelée "grande matinale", car à France Inter, même 5' c'est grand ! Alors les 180' un assommoir et les ricanements perpétuels de Devillers n'y feront rien. Elle glousse, elle pouffe, elle ricane et galvaude son "grand portrait", le pipolise comme jamais, le RTL-ise à souhait et n'en laisse rien d'autre pour la mémoire que des "pia-pia" et autres "bla-bla" de comptoir. Même Jean-Marie Gourio avec ses blagues de comptoir faisait mieux.

Tout ça pour dire que Voinchet n'apporte rien à sa Revue de Presse, il ânonne quelques titres de presse, court, un œil sur la pendule électronique, tente de ne pas se laisser détourner par les intempestives incises de Paracuelos, fait du gribouillis sur la 1ère radio de France, dont on n'accepterait même pas l'exercice sur une radio associative privée. C'est brouillon, c'est mal dit, c'est sans âme et surtout sans aucune incarnation.

Voinchet qui, dans une autre vie (qu'à France Inter), flatte plus vite que son ombre, aurait encensé Ivan Levaï osant même insinuer qu'il s'engage dans sa continuité comme il l'avait dit du France Musique qu'il dirigeait, dans la continuité de celle de Louis Dandrel, génial Directeur de France Musique (1975-1977) ! Quelle suffisance, quelle absence d'humilité, quelle bouffonnerie. Voinchet qui, de renoncements en renoncements, a réduit France Musique à une antenne de pousse-disques où tant de genres musicaux sont passés à la trappe ne conservant que le classique et, à la marge le jazz et, à la sous-marge, la chanson.

Ivan Levaï










Pourquoi Paracuelos se sent-elle autorisée à court-circuiter en permanence Voinchet ? Quelle autorité à la chroniqueur ? Son statut d'ex-Directeur n'a pas l'air d'émouvoir la communauté de la matinale ? Quelle légitimité a-t-il à faire la Revue de Presse et pas une chronique chez Ali Rebehi, chez Mathieu Vidard ou chez Mathieu Noël ? Il est là parce que la Revue de Presse est prestigieuse et est un exercice d'écriture et de "de mise en scène" ? Pardon, mais l'écriture je ne l'ai pas entendue. Pas plus que je n'ai entendu une tournure, l'incarnation d'une vraie revue et non pas une sélection de trois, quatre titres ! "Revue", une fois de plus ça a du sens ! Ça n'en a plus à France Inter. Il reste en France tant de quotidiens nationaux et régionaux, tant d'hebdos et de mensuels. On garde la case comme une chronicroquette de plus, jetable comme un Kleenex ! Et on donne à l'ancien dirlo une place de choix qu'il ne sait pas occuper ! Sans distinction, sans chaleur, sans vécu. Donc rien. Voinchet n'avait-il pas mieux à faire à la radio que cet exercice de haute voltige pour lequel il est absolument dépassé ?

Souchier, Levaï, Clark, Pommier, Askolovitch, Hamadi racontaient la presse et la défendaient. Voinchet gazouille. En janvier 1978 c'est Jean-Claude Bourret, qui menait la R.P. à France Inter. Ce jour-là il présente un nouveau mensuel de Bandes Dessinées, "A suivre". À la fin de sa chronique je cours chez le kiosquier du coin découvrir et acheter cette fabuleuse revue de bandes dessinées. Et combien de fois j'ai acheté des journaux, suite à la présentation faite par telle ou tel.  

Pour conclure, Voinchet, articule mal, enfile les titres comme on enfile les perles et ce ne sont pas ces perles-là qui feront la Revue de Presse. Mauvais choix, mauvaise pioche de Céline Pigalle. Voinchet n'a ni l'air ni la chanson ! Rideau…

Et le vendredi 28 août, Voinchet branché rediff, nous ressert à 8h47  la moitié de sa revue de presse de 6h16, alors qu'il y avait sûrement de quoi trouver d'autres articles de presse à mettre en avant. Quel naufrage !

mercredi 26 août 2026

Franche Culture : franchement mauvais, éculé, has been !

Maïtena Biraben qui anime la nouvelle tranche d'Inter de 11h à 12h30 n'a pas pu choisir le titre de son émission avec un titre si affligeant. Si ? Dans les années 80 on aurait pu sourire - une fois, pas deux - avec qui aurait trouvé ces deux mots pour détourner et/ou moquer le titre de la chaîne voisine, France Culture ! Titrer ça, un titre aussi balourd pendant un an minimum ça peut faire rire ? Qui ? La Directrice de la chaîne Céline Pigalle ? Le Directeur des programmes ou l'ex-Directeur des programmes Laurent Goumarre ? Le Directeur éditorial de Radio France Vincent Meslet ? Et peut-être même la Pédégère Sibyle Veil dont on connaît l'humour corrosif ? Sur ces quatre "personnalités", deux d'entre elles ne viennent pas de la radio et ne connaissent rien à la radio et à son histoire ! Cherchez l'erreur. Sans culture radio ce staff est juste à côté de la plaque. Alors que pendant longtemps France inter a su avec pertinence et impertinence titrer ses émissions. Qu'on en juge ! 







Embouteillages (Pierre Bouteiller) (1), Radioscopie (Jacques Chancel), Qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de vous, une anti-émission de France Inter présentée par personne (José Artur), À cœur et à Kriss (Kriss), Les pages rousses du Petit Larose (Claude Dominique), L'Oreille en coin (Jean Garretto et Pierre Codou), Dans la ville de Paramaribo il y a une rue qui monte et ne descend jamais (Daniel Mermet), Pentimento (Paula Jacques), Zinzin (Philippe Bertrand), Le tribunal des flagrants délires (Claude Villers), Marche ou rêve (Claude Villers), Y'a d'la chanson dans l'air (Jean-Louis Foulquier), Adrénaline (Jacques Pradel), Comme on fait sa nuit on se couche (Claude Villers), Rien à cirer (Laurent Ruquier), Les bleus de la nuit (Michel Bichebois), On efface tout et on recommence (Brigitte Vincent), Mémoire de poche (Claude Dominique),… Liste non-exhaustive ! 

Franche…ment, je n'ai même pas envie d'écouter ! Un titre c'est une accroche, une invite, un stimuli. Utiliser une "vanne" datée au minimum de quarante ans c'est recyclé l'inrecyclable. C'est une façon de se moquer des auditrices et des auditeurs et de les inciter à moquer la chaîne voisine. Pas très corporate tout ça. 

Gageons que France Culture n'aura pas le mauvais goût de titrer une de ses nouvelles émissions "Rance Inter" des fois que ça pourrait ne pas du tout faire rire !

(1) Même si l'émission s'annonçait comme le "Magazine de Pierre Bouteiller" c'est le titre apparaissant sur les programmes radio de l'ORTF et même de Télérama… Ceci étant Jacques Santamaria, ex-Directeur d'Inter me précise : "si «Embouteillages» est bien le titre, c'est le sous-titre «Le magazine de Pierre Bouteiller» qui s’est peu à peu substitué au titre, en même temps que changeait l’indicatif. On quittait le thème spécialement composé par Claude Bolling, et qui s’appelait «Paris en bouteilles», pour le «Girl talk» de Neal Hefti." CQFD.

Encore un billet écrit sans le recours à l'I.A. juste à l'aide de ma petite mémoire pas tellement artificielle,

mardi 25 août 2026

Salamé : "Bouvard m'a tuer"… ou la diagonale du vide !

Pas de bol ! Alors qu'hier matin toute la presse s'apitoie (et pleure) sur le retrait volontaire de Léa Salamé de la présentation du 20h de France 2, Bouvard casse sa pipe au petit matin. Philippe Bouvard, animateur de radio et de télévision, journaliste, patron de presse, tenait la bonne recette pour fidéliser à la radio un public populaire, fidèle aux calembours (pas toujours de très haut niveau, pour ne pas dire en dessous de la ceinture), à l'humour caustique de l'animateur et à son impertinence. Il a fait les très beaux jours de Radio-Luxembourg puis de  RTL. "Les grosses têtes" (1) une émission à la longévité exceptionnelle : de 1977 à ce jour, reprise par Laurent Ruquier en 2014…

Philippe Bouvard le 22 mars 2017

Crédit : Camille Kaelblen / RTLnet



















Les médias et la presse attendaient depuis des mois de savoir si Léa Salamé poursuivrait ou pas sa présentation du 20h, événement plus important que la venue du Pape ou de C.D. ! C'est juste pitoyable et grave pour une société à ce point focalisée sur… un vide existentiel pathétique ! On s'inquiète d'imaginer qu'il n'y a qu'une seule personne pouvant officier au 20h. C'est plus la grand messe c'est carrément un concile chaque soir ! Rideau.

Quant à Bouvard il aura été en phase avec son siècle (le vingtième), dans l'air du temps, bien au chaud dans ses malices et ces certitudes, assez souvent réactionnaire. C'était un "littéraire cultivé" (2) mais qui a surtout voulu jouer avec la culture ou l'inculture des "académiciens" qu'il invitait chaque jour dans son émission, pour tenter d'être un peu au-dessus des potins et de la culture des faits divers dont son remplaçant use et abuse.

(1) Inventée par Jean Farran, directeur de la station depuis 1966 et sûrement par Roger Kreicher, directeur des programmes…
(2) Il a eu les honneurs d'"À voix nue" sur France Culture. Chaîne qui ne sait pas honorer les siens comme Alain Trutat quand, RTL, a consacré toute sa journée d'hier à son animateur vedette…

lundi 24 août 2026

Si ça vous chante… David Jisse

C'est dimanche. je laisse quelques instants la lecture de la longue série d'Annick Cojean dans le Monde "Paroles d'Afghanes". Juste insoutenable. Car il ya quelques jours j'ai commencé la réécoute de l'émission du samedi "Si ça vous chante" de David Jisse (France Culture, 1996-1997). L'idée m'en est venue après la réécoute de son documentaire sur le "Balajo, mémoire vivante des bals-musette"… Il a fallu que j'aille fouiller très loin ma mémoire pour me souvenir de ces samedis-soirs en famille. Dix minutes arrachées à la routine ou à l'affalement sur le canapé-télé (sauf qu'on avait pas la télé, ça aide). Dix minutes de poésie chantée, dix minutes sensibles, dix minutes intemporelles à vous donner des frissons tant Jisse y mettait tout son cœur pour s'insérer avec tact entre les trois ou quatre morceaux choisis pour cette virgule magique et somme toute inoubliable… Trois p'tites chansons et puis s'en vont !

David Jisse









Jisse, de tout son être, cultive nostalg', mélancolie et amour de la chanson. Sans jouer ni surjouer. Juste, passant par là samedi soir, donner à entendre et réentendre des airs connus ou inconnus. Pour le plaisir. Il s'engage à partager ses émotions. J'ai eu la bonne idée ces années-là d'enregistrer sur "Mini-Cd-Sony" toutes ces émissions. Elles étaient au grenier et je ne pensais pas y remettre l'oreille, ou pas tout de suite ou jamais. Il a fallu un déclic et la voix de David Jisse (1946-2020), producteur… particulier. Auteur-compositeur-interprète. J'en parlais déjà un peu ici.

Ce billet parce qu'aujourd'hui Radio France (et d'autres radios privées) casse l'été, casse le mois d'août pour revenir dans la bonne vieille routine. Autrefois on pouvait se réjouir des grilles d'été imaginatives, inventives, festives. Aujourd'hui les rediffusions des multi-diffusions de Richeux et consorts nous font déserter la radio sans projet, sans cap, sans passion. Autrefois la rentrée radio se calait sur la rentrée scolaire. Puis les radios privées ont vite voulu "gagner du temps" et permettre aux annonceurs de nous abrutir des promos de rentrée. La radio publique, bonne moutonnière, a suivi.

Franchement Voinchet à la Revue de presse (Inter) et Goumarre à 20h (Inter) qui saute de joie pour ça ? Un ancien Directeur de programmes (Goumarre) qui revient au micro c'est du jamais vu ! La misère des programmes et les renoncements accumulés feront plastronner Sibyle Veil, la Pédégère de Radio France, bramant qu'il convient de dépolariser quand toutes les chaînes (excepté Fip) plient sous les injonctions de l'information, elle bien polarisée et surjouée.

Jisse nous manque comme nous manquent ces petites "pastilles" de programmes courts qui pouvaient être autant de clins d'œil et de clins d'oreille, surprenants, réjouissants, stimulants. Je rends destinataire de ce billet Albane Penaranda, productrice des Nuits de France Culture, qui peut-être pourrait rediffuser (toute l'année, une par semaine) les quarante-huit émissions "Si ça vous chante" (1) et alors…

Ça nous enchanterait !

Dans l'émission du 30 novembre 1996, Jisse ouvre son programme avec "Je vous aime" de Jean Ferrat… "Pour ce rien cet impondérable qui fait qu'on croit à l'incroyable, au premier regard échangé, pour cet instant de trouble étrange où l'on entend rire les anges, avant même de se toucher…"

(1) Réalisation Patricia Prigent.

jeudi 20 août 2026

Radio France : quand t'as été Directrice ou Directeur d'une chaîne il y aura toujours une place pour toi au micro !

Après avoir quitté la Direction de France Culture (1999-2005) Laure Adler, Madame Laure Adler, ne pouvait pas se passer du micro. Après quelques errements dans l'édition, Philippe Val, Directeur de France Inter, l'accueille à la rentrée 2009. Elle animera le vendredi soir, "Studio  théâtre" jusqu'en 2015. Une bonne petite rente qu'il fallait développer. On passe à "Permis de penser" (sic), toujours sur France Inter et puis ce sera le Graal, l'"Heure bleue" (2016-2023), chassant au passage Kathleen Evin qui n'avait pas démérité avec son "Humeur vagabonde". La priorité des priorités c'est faire une place (case/caser) à Laure Adler. Advienne que pourra !










En 2015, sans qu'il l'ait vu venir, Marc Voinchet apprend qu'il va quitter l'animation de la matinale de France Culture. Pourquoi ? Pour qui ? Pour laisser la place à Guillaume Erner… On lui offre alors la Direction de France Musique. Pourquoi ? A-t-il un soupçon de légitimité musicale ? Que nenni ! Mais l'objectif du Directeur éditorial de Radio France, Frédéric Schlesinger, est de faire muter France Musique sur le web, alors Voinchet ou quelqu'un d'autre, aucune importance ! Voinchet va donc diriger pendant dix ans France Musique et rendra la station amorphe, sans voix ou plutôt sans parole. Et Voinchet d'agiter tous les trois mois la médiamétrique plutôt que d'agiter la zique (et la chanson en portion très congrue).

Et patatrac ! Alors que la bascule/bouscule des antennes de France Musique s'opère, la station redistribue à tout va sous l'égide de Voinchet et voilà que le 18 août la nouvelle tombe "Voinchet quitte la Direction de France Musique…" Insoutenable ! Son adjoint Stéphane Grant prend la relève. Miracle ! On ne laissera pas Voinchet errer la campagne, alors il animera la revue de Presse de France Inter dès le  24 août. Un métier qu'il avait déjà exercé sur France Culture au XXè siècle. Il aura juste suffi pour lui faire "une place en or" de dégager Nora Hamadi qui animait la R.P. depuis un an. Le bonheur des uns…

On attend Voinchet au tournant qui devra donner un ton à sa R.P. et surtout inciter auditrices et auditeurs à lire le journal ! Et ne pas se sentir confortablement assis dans un fauteuil…éjectable ! Des fois que Guillaume Erner aurait besoin d'un atterrissage d'urgence !

mercredi 19 août 2026

Alain Trutat : une écriture radiophonique…

David Christoffel a, pour la musique, le verbe haut ou tient en haute estime le verbe qui lui permet d'épisode en épisode, de verbe en verbe, d'évoquer sur "Métaclassique" une autre approche de la musique classique et,… au-delà. Et voilà qu'à quelques jours des vingts ans de la disparition d'Alain Trutat, Christoffel tente "Radiophoner". On peut comprendre le producteur qui, attaché à la radio, n'allait quand même pas télé… phoner ! Et sans plus attendre Christoffel d'évoquer l'écriture radiophonique qui, tout à coup, nous fait l'effet d'évoquer un monde disparu !

Alain Trutat

















Si Schaeffer considérait la radio comme le 8è art, Trutat  voulait, lui, faire vivre la radio "comme un des beaux-arts et crée, à partir de 1969 sur France Culture, "un créneau radiophonique" de trois heures l'Atelier de Création Radiophonique (ACR). On pourrait dire "une radio dans la radio" (1). Pas étonnant que Jean-Marie Borzeix, Directeur de France Culture (1984-1997) savait parfaitement camper le personnage "une vie à fuir les honneurs et les premiers rangs et un homme par nature peu enclin à faire des concessions. Le tableau est bien brossé. Trutat s'est imposé comme un inventeur-découvreur-passeur de quelque chose qui dépassait la "bonne conversation de salon dans un studio" et l'enfilage de perles au kilomètre. (2)

Trutat, "l'éminence grise de la radio", à travers quatre de ses complices (3) va se révéler être un homme de radio hors-normes, un esprit libre et un visionnaire. Il est bon d'entendre dire par Christine Rey "sans moyens techniques il n'y a pas de création radiophonique". Une équation qui fait écho aux orientations mortifères de Radio France qui, aujourd'hui, coupe moyens techniques sur moyens techniques et tente de nous faire croire que la création radiophonique continue d'exister (4). Au titre de cette création Christoffel fait raconter à Michel Creïs, un documentaire produit par Andrew Orr (5) où les cris s'immiscent dans la narration? 

Jacqueline Trutat, Paul Eluard et Alain Trutat















Alain Trutat était le spécialiste des "hors-cadres" et pour rencontrer "les gens" il marchait avec eux dans les couloirs de la Maison de la radio ! Un genre de labyrinthe apparent explique Christine Rey. En évoquant Paranthoën, Rey explique le soutien de Trutat (presque inconditionnel pour l'inseigneur du son) qui était dans "l'amour du son. C'était quelqu'un d'indépendant, avec une ouverture (aux autres) et à la liberté". Il vous faudra entendre et écouter comment Michèle Cohen tisse l'histoire de l'ACR et celle mêlée d'Alain Trutat. "On faisait du "bricolage", d'une, écriture à la main, des pleins et des déliés, tout était fait main". Ce qu'un pédagogue comme Célestin Freinet aurait appelé le "tâtonnement expérimental". Et Cohen ajoute "Le son c'était sacré".

En un mot comme en cent, Alain Trutat était un génie. Pas moins !

(1) Expression communément de mise pour "L'oreille en coin", France Inter, (Garretto et Codou) comme pour "Nuits magnétiques" (Veinstein),
(2) Telle que la pratique, sans aucune conviction, Marie Richeux sur France Culture et de nombreux producteurs et productrices (Inter et Culture) en panne absolu d'imaginaire,
(3) Kaye Mortley, documentariste et productrice, Michel Creïs, ingénieur du son, Christine Rey assistante et Michèle Cohen (assistante), 
(4) Exclusivement pour les privilégiés tels Philippe Collin qui peut aligner, de série en séries, des moyens humains (10 personnes) et techniques exceptionnels,
(5) "À chaque porc vient la Saint-Martin", d’Andrew Orr. Atelier de Création Radiophonique, diffusé le 15 avril 1979, France Culture. Réalisation Marie-Dominique Arrighi, Michel Creïs, Bernard Dassieu, 

Surprenant Johnny Halliday et son parrain Alain Trutat et sa "Mythologie de poche de la radio" par Thomas Baumgartner.