vendredi 24 avril 2026

Peut-on se passer du "Pays d'ici" ? Non…

J'ai du écrire sur ce blog la nécessité de refaire le voyage, le tour de la France et des chemins de traverse qu'a parcouru le Pays d'ici (1984-1997), émission quotidienne de France Culture, irremplaçable et irremplacée. Et qu'on ne vienne pas me citer tel gazouillis ou telle ronflette qui occupe indûment les ondes. Sur la longue durée (13 ans) France Culture nous avait habitué à faire un pas de côté, à sortir des sentiers battus et surtout à quitter les "pavés parisiens". Et s'il existe des missions photographiques pour regarder et voir l'évolution des pays (de France) et des paysages, une mission radiophonique devrait être dévolue à France Culture pour mesurer ce qui en quarante ou trente ans à changé en France… en retournant sur tous les lieux visités pendant treize ans.

Alain Cheiroux (Tech) - Françoise Seloron (Prod)-
Monique Veilletet (Réal) - Alain Claudel (Tech) -
Pays d'ici, Calvados, Sept 92, 
devant "la baraque à frites"




















J'imagine déjà Mme Emelie de Jong, Directrice de France Culture depuis 2023, agiter le drapeau rouge à cette idée farfelue et aux coûts prohibitifs. Et puis pourquoi donc passer de la situation (confortable) d'être "assis-e en studio" à celle beaucoup plus risquée d'être "debout sur le terrain" ? Il faudrait pour cela avoir des convictions solides, accepter d'aller plaider sa cause au Ministère de la Culture et surtout faire une priorité d'aller à la rencontre des auditrices et des auditeurs. Autant qu'aujourd'hui rien à Radio France ne va dans ce sens. Les Directrices-Directeurs de chaîne ne s'expriment plus (seraient-ils muselés par la force suprême du numérique ?). On coupe les vivres de Mouv' et on invente Mon Petit France Inter (et on plateformise à outrance).

On peut donc dire, sans se tromper que Jean-Marie Borzeix (1) en inventant le Pays d'Ici était visionnaire. «C'est une approche sensible de la France. C'est l’arpenter en direct et en public. Être à l'écoute de tous les bruissements qui sont là. Redonner à entendre. Trente productrices et producteurs se sont relayés pour dépeindre les coins de la France. Je crois qu'il n'y a aucune émission qui ait fait l'objet de si peu de débat. Qui rende compte de ce qui se passe en dehors de Paris… On est toujours menacé à France Culture par le parisianisme. C'est une émission qui a coûté très cher. Nous avions l'ambition de nous faire connaître en France.» (2)


En février 2022 j'ai pu, lors d'un entretien téléphonique avec lui, l'interroger sur le sujet. "D’où vient cette idée de faire sillonner les ondes de France(s) en France(s)? Borzeix «C’était mon affaire. J’étais concerné plus que d’autres. À la fois provincial et parisien. Je voulais que la France et ses pays aient toute leur place à France Culture. Je voulais que cette émission soit un repère qui, sur place, rassemble tous les terrains, sociaux, culturels, politiques. Une émission compliquée qui nécessitait beaucoup de moyens financiers et techniques. Elle imposait des repérages. Elle a pu s’appuyer sur les meilleurs producteurs de la chaîne qui, sans barguigner - ils étaient tous jeunes - ont passé beaucoup de temps pour réaliser leurs documentaires, en dépassant les contraintes d’un service public.» (3)


J’insiste sur son inspiration pour de telles déambulations. «À l’origine, le travail et la recherche exceptionnelle d’Ardouin-Dumazé. Pour écrire les 55 volumes du «Voyage en France». Seul, à pied ou en train, il a arpenté lui aussi tous les pays». Borzeix conclut «Le Pays d’ici a été une grande école de la radio culturelle. Tous les jours de la semaine, sur le terrain, elle a permis de mêler les angles : archives, témoignages, actualité de la Recherche. Une émission d’actualité. Curieuse de la modernité pour mettre en perspective et bien mesurer notre temps.» (3)


















Marion Thiba, productrice et documentariste : «Le Pays d’ici, c’est sortir des studios. faire de la radio, là où on en fait pas. Aller à la rencontre des gens qui n'ont pas la parole. Trouver les gens avec qui on va pouvoir faire une traversée sensible, poétique. Pour arriver à sortir des clichés. Faire une architecture qui tienne la route. Des approches farfelues, poétiques, sociales, politiques. Le Pays d'ici n'est pas une émission de journalistes, c'est une émission de documentaristes.» (4)


Je rends destinataire par mail, Emelie de Jong, de ce billet. Sans illusion. Pourtant cette mission radiophonique serait absolument du ressort de France Culture et surtout ce serait l'occasion d'une (re)création radiophonique car, jusqu'à preuve du contraire, dans cette esprit patrimonial, cela n'a jamais été fait en radio (5) !!!!!


À bon entendeur, salut !


(1) Directeur de France Culture, 1984-1997,

(2) Le Débat, juin 1997,

(3) Fañch Langoët, "60 ans au poste. Journal de bord d'un auditeur", L'Harmattan, février 2023,

(4)«Le pays d’ici.1984-1997. Une aventure radiophonique», Sur les docs, France Culture, 4 septembre 2013. Émission spéciale pour les 50 ans de la chaîne.


(5) Alors qu'il ya quelques jours j'évoquais une rediffusion dans les Nuits de "Soulac-sur-mer", hier matin Le Monde publiait "Ici, le sable est le seul maître" : à Soulac-sur-Mer, des travaux titanesques pour reconstruire la plage avalée par la mer. Par Maryline Baumard, Le Monde, 23 avril 2026. Comme quoi il est temps de retourner à Soulac !

jeudi 23 avril 2026

"Mon petit France Musique"… On ne va quand même pas l'inventer ?

L'histoire se répète… En ce qui concerne la radio ce n'est pas souvent, pour ne pas dire jamais que cette expression est utilisée. En novembre 1963, à quelques jours de la création de l'ORTF, Roland Dhordain, entre autres chargé de la réforme de la radio, prend la décision de renommer les chaînes de la radio publique qui étaient jusqu'alors affublées de noms barbares ! Il écarte France Bleu, France Blanc, France Rouge et inscrit dans le marbre France Inter, France Culture, France Musique… Visionnaire l'ancien scout et instituteur ! Mais maintenant que France Inter vient de créer "Mon petit France Inter" (PFI) et dans la foulée "Mon tout petit France Inter" rien n'empêcherait de développer ces concepts pour Culture et Musique ! Sauf que…
















Sauf que les programmes qui composent PFI proviennent de six chaînes du service public, Inter, Culture, Musique, Info, Ici, Fip, (1). Ben alors pourquoi ça s'appelle "Mon p'tit France Inter" alors que les programmes viennent de tout Radio France (excepté Mouv') ? Imaginez une "radio" qui s'appellerait "Mon petit Radio France" ça manquerait un peu de charme non ? Tandis que "Mon Petit France Inter" c'est porteur de "marque". Ça claque ! Idem pour Mon Tout Petit France Inter. Mais à force de se diminuer France Inter va finir… minuscule ! Gaffe au retour d'image. 

Paradoxe, alors que les chaînes sont plateformisées et vont bientôt apparaître sous leur seul logo, on remet en avant l'identité très forte d'une chaine de radio : France Inter. M. Frisch, directeur du Numérique n'est pas à un paradoxe près ! Agitons le hochet pour les enfants et changeons d'ère pour les adultes. Quelle comédie !

En 1971, Garretto et Codou en créant France Inter Paris (diffusée au départ à Paris qu'en O.M.) va vite devenir Fip 514, devenue une marque à part entière qui n'aura strictement rien à voir avec France InterMais les inventeurs de "Mon petit France Inter" sont futés, plutôt que trouver un nom qui aurait du mettre des années à s'imposer, il valait mieux s'appuyer sur une marque solide, quitte à ce qu'il n'y ait pas que du France Inter dedans ! Donc, faudra vous y faire il n'y aura jamais de "Petit France Musique" (2) !

(1) Entre autres depuis, France Inter :  Les P’tits Bateaux,  Le jeu des 1000 euros, France Culture : Les Aventures de Tintin, France Musique : Les contes de la Maison Ronde, France Info : La boîte à blagues, Ici : Voyage dans le temps, Fip : La Discomobile,
(2) On regrettera "L'oreille en colimaçon", France Musique, 1978-1990,



mercredi 22 avril 2026

Midi magnétique : Catherine Soullard jour et nuit…

Donc "Les nuits de France Culture" nous donne l'occasion grâce à Albane Penaranda, productrice de réécouter les quatre midis de Catherine Soullard (1). Déjà se remettre dans "Les nuits magnétiques" c'est embarquer pour le temps long, aller au bout d'un sujet sans jamais l'épuiser. Quatre Nuits pour quatre midis. Autant dire que Soullard va pouvoir tisser sa toile à l'aplomb du soleil. On peut pour être en phase créer un dispositif  : caler chaque réécoute à 22h40. Je voulais entendre parler du midi, la nuit.










On prend à bras le corps les petits bouts de soleil, les éclats, les mots en rayons, on les pend dans sa chambre pour les relire avant de s'endormir… sous la lune. Soullard met toujours de la poésie dans ses documentaires, pas une poésie de la rime, une poésie de l’humanité et de la délicatesse. Elle aborde ses sujets avec son petit bagage, ses notes et son écoute fine. De tout ça elle tisse une histoire qui s’enroule de la meilleure façon. Avec Soullard on sait qu’on aura «une belle histoire» bien plus qu’un documentaire. Et ici, à la pointe de Bretagne il est succulent de l’entendre dire "midi est l’instant de la journée où il y a le moins de vent, Aristote». Je n’en suis pas très sûr pour nos côtes mais c’est intéressant d’y croire… en coup de vent.

Une recette d'écoute : prenez quatre de vos prochaines soirées (dès 22:40) et enfilez le midi à vos pensées nocturnes…

4 : il est midi : éblouissements et fantômes

mardi 21 avril 2026

Sibyle Veil : un port très… austère !

Et il n'y a pas que le port de tête ! On cherchera vainement à travers le portrait tiré par Libé jeudi dernier 16 avril, quelque chose d'autre que la face people de la Pédégère de Radio France (2018-). Facile et déconcertant. Pour ne pas dire pathétique ! "Sibyle Veil s’avance sur ses bottines moutarde. Musculature sylphide, pantalon large, chemisier boutonné, tout coordonné vert sapin, brushing nickel, sa communicante à côté." (1). Retenir : "sa communicante à côté" en dit long sur le personnage de Veil. Un portrait complaisant qui surtout n'effleure jamais sa relation avec les professionnels de "la fabrique de la radio" et pour cause Madame Veil doit surtout gérer l'armée mexicaine de cadres qui eux n'ont ni les mains dans le camboui ni ne sont des femmes ou des hommes de radio. Des managères de moins de cinquante ans. Point barre.

© AFP - Joel Saget
















«Cette haut fonctionnaire, débarquée sans expérience, est devenue une vraie PDG, qui n’intervient jamais et nous protège» dixit Matthieu Darriet, journaliste à ICI. Pas de pot, quand il faut elle s'invite sur France Culture ou sur France Inter. Les auditeurs sont pas des billes ils ont un peu de mémoire ! Autre perle gratuite : "Ainsi a-t-elle retourné la commission d’enquête sur l’audiovisuel public du député ciottiste Charles Alloncle, initialement déchaîné contre Radio France. Au fil des auditions, la critique s’est focalisée sur les dérives de la télévision publique." On pourra le lire dans quelques jours dans le rapport de la Commission (27 avril), Radio France risque de se voir opposer les mêmes critiques mais, dans tous les cas, sa surface médiatique n'a rien à voir avec celle de France Télévisions. De ce fait la Commission a passé beaucoup plus de temps avec cette dernière.

Pour être dans le ton Gala, Des Déserts s'est cru obligée d'évoquer le mariage de Veil, son mari et "son somptueux appartement". Cela renforce t-il une certaine distance avec la radio dont Veil a le secret ? En effet écoute t-on la radio aux Invalides (quartier de Paris) ? That is the question ! Pour Veil l'avenir c'est l'audio, le numérique. L'histoire de la radio, ses propres écoutes, le patrimoine radiophonique Veil n'en a jamais rien dit. On n'apprend pas à écouter la radio à l'Ena ! L'article évoque aussi "les rouleaux de papier toilette dans son bureau" sauf qu'ils ont été projetés depuis le toit de la Maison de la radio, pas dans son bureau ! Et aussi le "Chœur des esclaves de Verdi chanté depuis l'Auditorium", faux. C'était depuis le 104 (j'y étais). Mais que fait la communicante ????

Des Déserts ne reprendra pas la grève de 66 jours de 2019/2020, alors que c'est le conflit le plus long de toute l'histoire de la radio publique. Quant au couplet final sur Simone Veil, inopérant et superfétatoire. Sibyle est née Petitjean. CQFD !

(1) "Sibyle Veil, ondes de choc" par Sophie des Déserts, en dernière de Libé,

lundi 20 avril 2026

Le Studio du temps : pendant trente-quatre ans des détenus ont numérisé les archives sonores de l'Ina !

Qui aurait pu imaginer ça ? L'auditrice, l'auditeur ? À moins d'avoir passé, sur France Culture, la Nuit du 1er au 2 février 2025, où Albane Penaranda mettait en lumière des archives qui, grâce aux détenus de la prison de Saint-Maur, n'auront jamais été numérisées…mécaniquement, mais avec le soin et l'attention dignes de professionnels. En octobre 2025, dans "L'expérience" Albane, productrice, a souhaité faire parler plusieurs de ces détenus pour évoquer, souvent sur de nombreuses années ce travail de numérisation. 

Place des résonances, Le Studio du Temps,
© Nicolas Frize
















Ce n'est pas très facile de rendre compte de cette action de trente-quatre ans pilotée dès l'origine par Nicolas Frize (compositeur de musique) qui a, avec et grâce aux autorités pénitentiaires, inventé le "Studio du temps". Quel nom ! À la fois, entre autres, pour "fixer", les archives de l'Ina, mais aussi pour fixer les détenus dans une tâche valorisante accompagnée d'une validation de formation au son. Tous les témoignages que vous entendrez évoquent autant la dignité que la reconnaissance. C'est exceptionnel et très émouvant. Notre attachement à l'histoire de la radio a, grâce à eux, ajouté de l'humanité à ces 0 et ces 1, si impersonnels s'ils ne contenaient pas des centaines de milliers de voix… magnétiques.

Ce "Studio du temps" a pour moi tout de suite évoqué le "Studio d'essai" du poète Jean Tardieu. Même s'il n'y a pas de création à proprement parler. La dynamique d'équipe, de fonctions tournantes a permis de dépasser ce que Frize défend "Pour que le travail ne soit pas aliénant, il faut que l'esprit soit sans cesse en éveil". Si l'on ajoute à ça que les détenus étaient rémunérés au Smic, on peut imaginer leur fierté de participer à un projet où même "la petite main" est reconnue comme un acteur essentiel. 

"On se sentait dans un esprit de liberté, de parole, on se sentait encore dans la société." Entendre des détenus parler de liberté en prison nous impose de reconnaître que leur travail était enrichissant. Car sans doute la chose la plus importante de cette numérisation consistait d'abord à écouter l'intégralité des contenus des bandes magnétiques et de repérer ce qu'il conviendrait d'effacer pendant la numérisation. Et puis intéressant aussi d'entendre "On a plus l'impression d'être en prison. On est dans un monde parallèle. On sort du contexte. C'était pas à la chaîne, on avait pas de pression de rentabilité… Avec le sentiment d'avoir servi à quelque chose et ça, ça vaut plus que de l'or !“.

"L'oreille éveillée, l'oreille en suspens". Jean-Marie Borzeix (1) qui a inventé les Nuits aurait été heureux d'imaginer que "l'Himalaya d'archives“ (ce sont ses mots) qui s'accumulait chaque jour seraient valorisées par des détenus dont les conditions de détention et d'avenir ont forcément changé leur vie carcérale.

Merci à Albane Penaranda d'avoir recueilli ces témoignages et, de fait, d'avoir donné une autre dimension aux archives radiophoniques.

(1) Directeur de France Culture, 1984-1997,

jeudi 16 avril 2026

Audiences radio : grand bluff, tarte à la crème et vague… à l'âme !

La rengaine médiamétrique qui n'intéresse que les annonceurs et les directrices/directeurs de chaîne qui n'adorent rien tant que les podiums, lasse l'auditrice et l'auditeur qui ne vont pas changer leur pratique pour sauver le soldat Courbet sur RTL ou s'imposer de supporter le sirop de Nagui sur Inter. Seulement voilà la com' a beaucoup plus d'importance que les contenus. Madame Veil qui redoute et veut protéger Radio France de la polarisation n'en finit jamais de polariser sur les audiences et de donner ses satisfecit à ceux qui s'exposent dans la lumière et à laisser dans l'ombre celles et ceux qui font le job hors des podiums du Cirque-Pinder-ORTF













Voyons voir
En avril 1998, les audiences cumulées de la radio étaient à 82%. En avril 2026 à 67,2% soit 38,4 millions d'auditeurs. Perte presque 15% (environ 8 millions d'auditeurs). Une paille ! Et pourtant chacun de faire sa sauce de pourcentage sans jamais dire que non seulement la part de gâteau a diminué mais que les dit-pourcentages font apparaitre des résultats en deça des résultats de la précédente vague puisqu'il semble bien que l'écoute de la radio, inexorablement, baisse d'année en année. Quand l'audience cumulée de la radio sera à 1 million d'auditeurs, France Inter aura beau faire 12%, cela ne représentera plus que 120 000 auditrices et auditeurs.

Alors si au lieu de communiquer sur les audiences les dirigeants de la radio publique communiquaient sur les renoncements successifs pour maintenir une radio de flux de haut niveau et reconnaître que la plateformisation va plonger la radio dans un magma audio - dans lequel une chatte ne retrouvera plus jamais ses petits - et donc "TUER LA RADIO", ce serait un grand pas d'honnêteté intellectuelle et morale. Autant dire une belle utopie. On aura beau nommer et compter les fossoyeurs, le mal irrémédiable aura été fait. Sous la vague Mediametrie la radio aura fini par se noyer. 



lundi 13 avril 2026

France Inter radieuse… (en 1999) !

Ce pourrait être une anecdote. Ça n'en est pas une. Un de mes contacts à Radio France m'envoie samedi un message très court : "Inter : La radieuse (la radio heureuse)" se rappelant, entre autres, de l'époque, en 1999 au festival de Cannes. À partir de ce très bref souvenir, j'ai essayé de retrouver des indices pour confirmer comment en cette fin de siècle (et de millénaire) Inter "rayonne et brille d'un grand éclat" (définition de "radieux" par Le Robert). Plus encore Inter irradie tant elle se "propage en rayonnant d'un centre" (Le Robert toujours). Quelle époque !

logo de 1982 à 2001





Novembre 1998, Jean-Marie Cavada est nommé Pdg en remplacement de Michel Boyon (1995-1998). Au début du premier trimestre il nomme Jean-Luc Hees (Directeur d'Inter), Laure Adler (directrice de France Culture) (1) et Pierre Bouteiller (Directeur de France Musique) (2). Pour Inter, il mettra sa patte sur les programmes (inventés par Jacques Santamaria son prédécesseur) à la rentrée 1999.

Ceci étant posé, qu'est ce qui permet de nommer Inter "La radieuse" ? Une ambiance assurément. À l'époque Mediametrie (3) n'est pas encore "l'épée de Damoclès" qui agite l'audimat tous les trois mois. Auditrices et auditeurs écrivent sur du papier à lettre ou en cartes postales à la radio généraliste (les e-mails ne sont pas encore dans l'air du temps). Internet balbutie (4) et pas la queue d'un réseau social. Mais surtout Inter ne vise pas la RTLisation et encore moins de singer Europe 1.

Et les grilles (elles existent encore) ? Allez, je ne résiste pas à vous donner quelques noms qui ont fait l'histoire d'Inter : La revue de presse (Pascale Clark), 2000 ans d'histoire (Patrice Gélinet), Là-bas si j'y suis (Daniel Mermet), À toute allure (Gérard Lefort) (5), C'est Lenoir (Bernard Lenoir), Allo Macha (Macha Béranger), Sous les étoiles exactement (Serge Le Vaillant), du lundi au vendredi. De belles choses aussi en fin de semaine.

L'auditeur que j'étais (en alternance avec France Culture) sentait encore un "esprit de corps" et quelques beaux restes d'une famille où l'on pouvait "écouter la différence". Qui aurait pu imaginer que le "numérique" écraserait tout sur son passage, plateformiserait et relèguerait les chaînes à des logos dénaturés ?

Kriss, avec sa gouaille, son humour et sa liberté de ton aurait sans doute pu dresser un portrait sensible de la chaîne où elle avait fait toute sa carrière…

(1) Laure Adler n'interviendra pas sur la grille (de Patrice Gélinet 1997-1999) dès sa nomination en février, mais constituera ses programmes dès la rentrée 99, 
(2) Bouteiller qui s'empressera d'ajouter un "s" à Musique,
(3) C'est de décembre 1986 que date l'entrée de Radio France dans l'Institut de sondages,
(4) Premier site le 1er mars 1995,
(5) Clin d'œil à Maryse Friboulet à la réalisation,