lundi 10 août 2026

Le bon plaisir… des Beatles et d'ABBEY ROAD en particulier !

Si… Si j'avais été producteur pendant l'âge d'or de France Culture (1975-1997), j'aurais aimé tenter "Le bon plaisir", le long programme inventé par François Maspero et Jean-Marie Borzeix (directeur de la chaîne) et, j'aurais eu envie de convoquer les quatre de Liverpool et de faire avec eux le voyage dans leur discographie. Sans les lasser. Sans les désespérer. Avec plutôt… mais avec quoi ? Mon anglais (défaillant), ma culture musicale (celle d'un fan), mon admiration (sans borne)… mais ça ne suffit pas ! Alors pour essayer d'être à la hauteur j'aurais tout inventé. Un boulot de dingue, mais j'aurais pris le temps qu'il faut. J'aurais choisi d'être prêt pour le 26 septembre 2019 (date de sortie en Angleterre), soit les cinquante ans d'Abbey road. 












Même si j'étais bien à Londres en août 70 (si jeune et innocent, la preuve j'avais raté le festival de l'île de Wight), j'aurais quand même situé l'affaire un an plus tôt. Le 8 août 69 au matin, au 3 Abbey road (face aux studios du même nom) je suis calé contre la coccinelle jaune. J'ai tout mon temps. Je n'attends rien. Mais j'ai une intuition, les Beatles pourraient surgir… par hasard. Une confidence la veille dans une boîte de night. Improbable. Fumeuse, voire délirante. Y'a pas un pékin dans la rue. Uniquement quelques passants qui passent. 

11h, ça s'agite un peu. Un photographe, des assistants, du matos léger. Ça se positionne. Quelques figurants, quatre par quatre traversent sur le passage piéton, l'un derrière l'autre. ¿ Que pasa ? Un tournage ou un shooting pour la prévention routière ? Je ne moufte pas, quand un assistant vient me demander de sortir du champ. Je remonte un peu plus haut la rue, bien décidé à comprendre ce qui se passe. 11h20, quatre personnages descendent d'un combi VW noir. Je bégaye intérieurement. Je toussote compulsivement. Je n'ai plus d'yeux que pour John (costume blanc), Ringo (en noir), Paul, pieds nus (costume gris anthracite), George (en hippie jean).

Et puis les voilà qui traversent tranquilles, l'un derrière l'autre. En deux, trois prises (photographe Ian Macmillan) l'affaire est faite. J'eus été grossier d'aller chercher des autographes. Les quatre entrent dans le studio. Finita la comedia ! Je retourne me caler derrière la volkswagen jaune. Je me refais le film un bon moment. Qui croira que j'ai été "a place to be". Personne. Je souris et finis par retourner au camping (en plein Londres) rejoindre mon pote Bruno. Je serai muet comme une carpe.
















12 septembre 1969

[Re]"traverser le passage piétons d’Abbey road. Derrière Georges, Paul, Ringo et John. Trois jours avant de s’enfermer au lycée, impossible d’échapper à la sortie du nouveau 33 tours des Beatles. Rentrée repoussée (refoulée) le plus loin possible. Tailler la route. Abbey road. Continuer tout droit. Suivre sa bonne étoile. Accrochée à nos ciels d’été. 


Come together ouvre l’album. Leit motiv magnifique. Rejoins-moi. Un souffle. Un élan. Un idéal. Ce 12 septembre 69, ma tante achète le 30cm. On reste collé autour du pick-up. Plus rien d’autre n’a d’intérêt. Abbey road traverse samedi et dimanche. L’oreille en coin sur la musique. Pas sur la radio ce week-end-là.


La rumeur de la séparation des Beatles nous échappe. Elle enfle. Je fais le sourd. Come together. Avec eux, for ever. Abbey road, comme un fétiche, toujours racheté en premier quand, au fil des événements, il me faudra plusieurs fois reconstituer ma discothèque.


Little darling, the smiles returning to the faces

Little darling, it seems like years since it's been here

Here comes the sun, here comes the sun

And I say it's all right (1)


15 septembre 1969

Fleur entre les dents, cheveux longs aux vents, on sourit en passant la grille du lycée. Little darling. La prof de français (impatiente) nous demande dapporter un livre de poésie. Ne pas céder à la facilité. Ne pas entrer dans le moule. Choisir Serge Gainsbourg. Collection Poètes d’Aujourd’hui chez Seghers. Neuf francs avec les dix dargent de poche mensuels. On s’fait des langu’s en Ford Mustang. Les mots. Aucun bateau sur mon transat, aucun Boeing sur mon transit. Le jeu infini des mots. À défaut de savoir bien en jouer, je persiste à les dessiner. Je les enroule. Les détourne. Les mets à ma petite musique de rimes. Façon Prévert, j’écris. Tu t’en souviens du Café de la Mayenne… 


Dilemme tous les soirs, Pop-Club (France Inter) ou Campus (Europe n°1). Campus à 20h15. Si on ne s’endort pas, on prolonge avec le Pop. Sans jamais arriver à la fin. Lendemain devant le lycée, on mesure ce qu’on a loupé. Ou ce que les copains ont loupé. Les nouveautés musicales s’accumulent. De France, d’Angleterre ou des États-Unis. Wight is Wight de Delpech plus pop que le Noir c’est noir de Johnny. Festival de l’île de Wight évoqué dans la chanson de Delpech. Impossible rêve comme celui de Brel dans L’homme de la Mancha.


On rêve. Je rêve. Les études glissent sur moi comme la pluie sur les plumes d’un canard. Un vrai supplice de bachoter quand flotte autant d’injonctions à refaire le monde. Lancelot s’y essaye tous les soirs avec ses invités dans "Campus". Refaire le monde ? On en parle. Finissant tous nos après-midi à la cafétéria du centre commercial. Café gratuit ! Lieu moche et triste. Orange des années 70. On y passe des heures. Insouciants et idéalistes. Rêveurs obstinés.


J’écoute encore un peu la radio. Le soir ou la nuit pour ne pas me sentir trop seul. Ma vie familiale a changé. J’habite chez Bruno G., mon pote du collège [Et de virée à Londres]. Il a suggéré à ses parents de m’héberger. Au risque d’être obligé de changer de ville et de vie. Perdre mes copains et copines d’enfance. Mon réseau d’éduc’ pop à la MJC. Quelques racines déjà trop malmenées. Suis très bien chez eux. Manque l’affection d’une vraie famille. Même si celle d’adoption est formidable. Une vraie famille je n’en ai jamais eue. Pas malheureux. Mélancolique". (2)


De tout ça aurai-je su faire une émission de trois heures ? Pas sûr. J'en ai rêvé et déjà ça me comble de joie. Oh yeah… Autant dire que pour écrire ce billet j'ai réécouté "Abbey road" en long, en large et en travers et revu tant et tant de souvenirs d'écoute sur toute une vie.


Le "Rootop concert" du 30 janvier 1969,
ultime performance publique des Beatles.
©Getty - Photo by Evening Standard/Hulton Archive























1969 : le chant du cygne des Beatles…


(1) Petite chérie, les sourires refont leur apparition sur les visages/Petite chérie, cela semble faire des années qu'ils avaient disparu/Voici le soleil, voici le soleil/Et je dis que tout est bien…

(2) De "12 septembre 1969" à "mélancolique", extrait de "60 ans au poste. Journal de bord d'un auditeur", Fañch Langoët, L'Harmattan, Février 2023.

dimanche 9 août 2026

Fip un dimanche d'août… dès potron-minet, il faut que l'animatrice assure !

Et qui, surtout, ne débite pas au km des annonces auto-promotionnelles, partenariales ou très décalées dans le temps pour un concert ou un spectacle dans deux ou trois mois. Alors, quand un dimanche matin d'été (ce matin),  à 7h pétantes c'est Audrey Stupovski qui ouvre son micro on peut s'attendre à ce qu'elle convoque son Renard préféré, son Jules qu'elle affectionne particulièrement, pour nous souhaiter bon réveil. Jules Renard c'est son emblème, son fétiche et un peu son raton-laveur. En clair sa marque de fabrique ! 


















"7h passées de une minute et déjà Paris se lève, Los Angeles se couche, Fip traverse l'océan à travers les nuages". "Nuages comme si on avait sur la tête une mer furieuse. Je monte, je m'élève mais j'éprouve chaque échelon. Des petits poulets autour de leur mère c'est joli à voir comme une branche chargée de fruits. Nuages pâles, presque blancs, qui se détachent du noir et semblent être la fumée des coups de tonnerre." "Jules Renard qui ne voyageait pas traversait le paysage qui l'entourait…"  (Audrey & Jules).

À l'écoute : "Los Angeles" (Teddy Lasry), on le dirait monté sur ressort mais en en faisant fi Audrey a rebondi sur la Cité des Anges et trouvé prétexte à enrouler du Renard. Quel talent ! C'est ça le métier des animatrices, être dans le jeu, rebondir, glisser et même quelque fois roucouler. Et ça depuis la nuit des temps (5 janvier 1971, à 17h)… Trois morceaux chantés s'en suivent. Comme c'est tôt matin on laisse l'auditrice et l'auditeur se réveiller doucement. Pas besoin de nous agresser avec l'expo de Chaumont, le festival de Garges-les-Gonesses… où le concours du plus long tire-fesses dans ces Alpes en liesse. Sur "20200324" (Mac Demarco) Audrey susurera "la la la", c'est bien comme ça !

Mais pendant que le ruban défile, seule dans le studio, que fait la p'tite souris ? Ben tiens "Dreamer"… elle rêve. Pas forcément de Supertramp, de Los Angeles ou de pataquès. Ceux-là on les laisse à la maison et on continue assidûment à tisser de micros histoires, des pastilles (pour l'atout), des flashs comme s'il en crépitait en plein jour. Audrey guette-t-elle le crépitement de la pluie tellement convoitée quand, magie de la programmation, Gabrielle Cavassa vient à son secours "Raindrops keep falling on my head" (feat. Joshua Redman)"… Version cool de l'original de B.J. Thomas de 1969. 

Mais, pour parler au micro, il faut penser, puis écrire sans bafouiller, sans barguigner, sans pérorer. Mais rêver c'est permis. Alors se propulser dans la maison de Gilles Clément, fastoche, c'est tout près, c'est à fleur d'écoute et fleur… ça colle pour le jardinier de la Creuse et du monde entier. J'écris, j'écris (moi ausi sans relâche depuis 7h) et le ruban défile. Ça, ça ne peut pas m'échapper. C'est ma came la musique zique. À la suite Czesare avec "Czesare", Gary Burton "Just like a woman" du Zim soi-même et THE Neil Young et son "Old man". C'est une bonne matinée, un bon programme, des paroles affutées.

Audrey nous fait une toile avec le "Cinema Pardiso" de Giuseppe Tornatore, et pour une fois elle ne l'a pas enchanté avec ses mots qu'elle sait si bien, en italien, troussés. Unione Musicisti De Rome "Cinema paradiso : First Youth" (Ennio Morricone). Elle n'est pas seule Audrey Stupovski (et Michael (Jackson) non plus). Je pense et je suis sûr qu'à l'écoute, Garretto (Jean) et Codou (Pierre), les inventeurs de France Inter Paris (Fip), 514 OM, auraient été ravis. Stupovski est dans l'esprit et dans la lettre. Impec ! Ça fait une heure que je gribouille, je vais aller déjeuner et rester en ondes… au moins jusqu'à 11h. À la bonne heure ! 

Merci Audrey !

samedi 8 août 2026

Radio France : la Corse, Marie-Dominique Arrighi et Stéphane Pizella…

Quelquefois une idée, une image vous rattrape et ne vous lâche plus. Ce matin, très vite j'ai pensé à Marie Susini et son "Plein soleil" qui, jeune adulte m'a bouleversé, poursuivant mon rêve de Corse depuis l'adolescence. Et puis, d'escalier en escalier, est venue Marie-Dominique Arrighi (1951-2010), réalisatrice à France Culture puis journaliste à Libération. Mais aussi comment ne pas évoquer Stéphane Pizella, producteur de radio qui, avec ses "Nuits du bout du monde" a enchanté une génération d'hommes de radio (Pierre Wiehn, Pierre Lescure, Daniel Mermet, Jacques Santamaria). Alors ces "petits morceaux" de Corse je vous propose d'en partager quelques-uns ici.













François Maspero, le libraire, éditeur, traducteur, romancier, très complice avec Marie-Dominique Arrighi, réalisatrice, ont pour France Culture, fait un voyage d'hiver en Chine, pour une série d'été (1986), dont un épisode est disponible ici. Arrighi que j'évoque aussi dans la tentative de description de Perec.

Quant à Pizella, l'homme à la voix d'or, on l'entendra dans une émission de télévision de 1959 "Plein feux" , décrire et "illustrer" comment installer une ambiance radiophonique. Reportage dans lequel Albert Riera s'explique à propos de la mise en scène radiophonique ; ce dernier insiste sur "la mise à disposition du texte au service de l'imaginaire de chacun des auditeurs [et des auditrices, ndlr]". Ce dernier témoignage est exceptionnel car on n'a pas souvent l'occasion d'entendre le "décryptage" de son métier par un "metteur en ondes" (réalisateur). Il dit tellement d'"évidences" qu'on se demande pourquoi autant de productrices et de producteurs actuels ne s'en sont pas inspirés. O tempora o mores.

Et pour "conclure" en beauté, Pizella et toute sa verve pour évoquer… la Corse dans "Paysages", une émission de la "Chaîne parisienne" de 1951. Alors chères auditrices/lectrices, chers auditeurs/lecteurs si vous avez en souvenir des émissions sur la Corse (avec des liens ce serait encore mieux), n'hésitez pas à vous fendre d'un ou plusieurs commentaires (en signant de votre prénom ou d'un pseudo, mais plise pas d'un "anonyme", qui manque un peu de chaleur humaine ;-)… Merci !

vendredi 7 août 2026

France Culture : Été 1991, l'été avec Pagnol

Après Giono, hier, je pouvais bien faire la passe à Pagnol. 

Marcel Pagnol










Lundi 29 juillet 1991. 8h30. France Culture. Entendre hurler Raimu « Marius, Marius ! Où il est ce petit, Bon Dieu ! » me scotche au fond de mon siège. Je souris. Je suis à Marseille. Sur le port au Café de la Marine. Sans savoir ce qui m’attend. «Mariusssse !» Et, sur L’Arlésienne, la voix de Pagnol. Claire Chancel au micro : « Marcel Pagnol. Pages souvenirs enregistrées en 1958 et 1959, La gloire de mon père ». (1) 

Tourbillon. Tourbillon de la langue. De l’accent. De pages souvenirs où bruissent le vent et les cigales dans les oliviers. De paysages de garrigues. D’un temps ralenti. À la mesure d’un soleil qui écrase tout disait Giono. Pagnol, 62 ans, enregistre au micro de Pierre L’Hoste ses souvenirs qu’il vient de publier.


« Je suis né à Aubagne… ». Pendant cinq semaines, chaque matin, je commence mes journées avec le soleil de Pagnol. Une façon de revenir en enfance. Celle du petit Marcel. La mienne. La fidélité à une antenne crée de belles surprises. Des moments sensibles d’écoute. Une musique de la vie. Simple. Paisible et, d’une certaine façon enchantée. Ou enchanteresse.


Je passe L’été avec Pagnol. Chaque matin, une demi-heure de belle langue. D’une voix de rocaille qui lézarde sur les ondes. Ça change la vie. Ça change la joie. Ça atténue les rancunes entre Giono et Pagnol. Ça fixe une autre Provence. Ça ajoute à mon bagage de poètes (2).


Qu’il est doux de ne rien faire…

(1) Série en 25 épisodes,
(2) L'ensemble de ce texte est extrait de "60 ans au poste. Journal d'un auditeur", Fañch Langoët, L'Harmattan, Février 2023,


jeudi 6 août 2026

Jean Giono : Le bout de la route… (ou sortir du chemin tout tracé)

"Un hameau perdu dans la montagne en Haute-Provence". Le décor est posé et comme le disait Jean Carrière (1938-2005) à propos de Giono, la première phrase d'un livre peut tout changer à la vie et de citer "Que ma joie demeure"… "C'était une nuit extraordinaire" qui aura bouleversé sa vie et provoqué de formidables entretiens avec l'auteur né à Manosque. Ici pour cette création théâtrale, adaptée pour la création radiophonique, "Le bout de la route", on plonge dans un certain mystère, celui que Giono sait instiller dans tous ses romans. Une atmosphère de personnages et de paysages très loins de ceux truculents de Pagnol, l'enfant d'Aubagne.

Jean Giono (1895-1970)

















"Vous allez loin, dit Albert le propriétaire de l'ancienne auberge ? Non je suis arrivé répond Jean le protagoniste de l'histoire". Il est arrivé au bout (de la route) et pourtant tout commence. Tout commence dans la féérie romantique de la manière Giono d'avant la deuxième guerre mondiale, en 1931 précisément. Un temps ou Giono a quitté la banque pour se consacrer à l'écriture. Ici les dialogues sont de la force de ce pays de Provence, reculé, à l'abri encore un peu de la modernité. 

"Je suis légère, je sens ta force, on dirait qu'elle boit le ciel" dit Mina, main dans la main avec Jean. "Boire le ciel" c'est sûrement ce qui a ému tant de lecteurs des premières heures, les personnes connues (Pierre Bergé, Yvan Audouard, …) et les inconnu-es qui accompagnaient Giono au Contadour. On y est, pas loin et peu importe. On voyage. On est entré dans l'histoire bien mieux que la mode qui agite les stories… sans histoire. On est entré en Provence ou même n'importe où, même si les femmes et les hommes ont un accent. L'important c'est d'y être et de s'y fondre.

Et puis avec Giono on va dans la lenteur. À son pas de marche. Au rythme de sa pensée qui pèse chaque mot qu'il écrivait de son écriture serrée à la plume Nostradamus (ça ne s'invente pas). 

Je crois que je n'ai plus besoin d'écrire pour vous laisser le plaisir d'écouter à l'ombre du ou des soleils qui tapent déjà un peu trop fort.

mercredi 5 août 2026

France Mutique… la tacatique du "gendarme" !

Je reprends "France Mutique", en citant, le titre du Canard (enchaîné), pour une fois assez facile mais bien vu quand même ! Facile mais qui touche au cœur de la tacatique mise en place par Radio France de déshabiller Paul pour habiller Jacques. Cette mécano de la Générale (Sibyle Veil, Pédégère de Radio France) est à peu près du même niveau que le coup de Jarnac opéré en 2001 par Jean-Marie Cavada (Pdg de Radio France, 1999-2005) pour uniformiser et mettre au garde à vous les locales de Radio France qui vireront au Bleu horizon. Mais le pire dans tout ça c'est la rhétorique du Directeur de la chaîne, Marc Voinchet, dont vous pourrez mesurer les errements à l'écoute ici de la captation qui restera un cas d'étude pour les écoles de journalisme.











M. Voinchet, tellement ému par la déflagration du basculement, a sûrement oublié la règle fondamentale de la radio publique, à savoir ne jamais citer de marques commerciales à l'antenne. Il n'était pas né que c'était déjà la règle à la RTF puis à l'ORTF. Mais, tellement chamboulé pour essayer de ramer à contre courant, le Directeur, décomplexé (forcément décomplexé !) nous donne un conseil que la Mère Denis n'aurait pas renié. Si l'on pouvait avoir confiance en (la) Vedette pas sûr qu'on puisse avoir la même pour le camelot qui nous incite à nous rendre dans une enseigne de grande distribution.

"Il y a des adaptateurs [???, ndlr], il y a des trucs comme ça (sic) qu'il faut se faire expliquer (sic) chez Darty, à la Fnac, Carrefour ou chez Boulanger" (1). Là on s'étrangle ! Avait-on besoin que Voinchet pousse le ridicule jusqu'à citer des enseignes commerciales ? L'Arcom fera-t-elle une "observation/recommandation" à l'encontre de Radio France pour "publicité abusive" ? Madame Veil se drapera-t-elle dans les atours de "la conversation spontanée" de son Directeur qui, à défaut de défendre sa chaîne, promeut les gondoles qui ne font pas du tout gondoler auditrices et auditeurs qui ont perdu l'écoute !

Mais le must de l'article du Canard (2) est à venir : "Le dirlo, fan de musique électro-ménager !" Bingo, on se tord d rire (jaune). Ça fait mouche et plus si affinités ! On connaissait la musique d'ascenseur, on va pouvoir se pencher sur l'électro-ménager. David Guetta et Jean-Michel Jarre n'ont plus qu'à bien se tenir. Quant aux auditrices et auditeurs il n'est pas annoncé que ceux-ci se sont rués dans les magasins pour acheter, en plein cagnard, un poste DAB+ (version FM-) (3).

(1) Les propos de Marc Voinchet cités par le Canard, du 4 août 2026. Les enseignes concurrentes apprécieront de ne pas avoir été citées !
(2) "Bienvenue sur France Mutique", Louise Colvert et Emmanuel Savoye,
(3) FM moins !

Dans Télérama (05/08), Hélène, par mail : "Le changement de fréquences de Radio France se traduit, entre autres, par une diminution drastique de la couverture par France Musique, qui passe de 93 % à 70 %. Quels sont les auditeurs et auditrices qui, depuis le 22 juillet, ne reçoivent plus du tout France Musique? Évidemment ceux qui résident dans des zones rurales (qui ne sont pas non plus couvertes par le DAB+…) ! On a dû considérer en haut lieu qu'offrir France Musique à cette population de ploucs, de bouseux, de culs-terreux, c'était donner de la confiture aux cochons…"

mardi 4 août 2026

Radio Archives : une chaîne dédiée au patrimoine radiophonique…

Là on entre dans le genre d'une utopie Don-Quichotesque. Personne ne veut de chaîne dédiée aux archives radiophoniques ni Radio France, ni l'Ina. Et si autrefois, sur le sujet (il y a plus de dix ans) une première rencontre entre les deux acteurs a eu lieu, elle n'a donné aucune suite et chacun de rester dans son pré-carré de diffusions aléatoires. J'ai de nombreuses fois écrit sur le sujet mais bon "Faut pas rêver"…

















En 2018, sur mon île, j'ai totalement zappé le colloque "La radio de création après le Club d'essai" (1) où l'on pourra trouver ici un compte-rendu. Les archives radiophoniques et leur conservation, l'Inathèque en fait une présentation exhaustive. Et un moment "archives" à retrouver lors du Festival Longueur d'ondes en 2025 qui évoque les "Nuits de France Culture" et la spéciale qu'Albane Penaranda, productrice des Nuits, avait consacré au patrimoine radiophonique en 12 épisodes.

Les passionnés pourront se reporter au site des Archives nationales. Ou découvrir le "speakerPaul Castan. Ou le "Club d'essai" une radio très différente et audacieuse (2). Et un exemple dans une rediffusion "magique" de Paris-Inter de 1951. Et une autre sur Arte radio.

(1) Olivier Jacquot (4 octobre 2018). [colloque] La radio de création après le Club d’Essai : la part des écrivains (5/10/18). Carnet de recherche. Consulté le 3 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/m3eq,

(2) "À la tête de cette aventure, Jean Tardieu, un homme singulier. Poète de l’absurde, dramaturge de l’avant-garde, ami des surréalistes, Tardieu n’est pas un homme de radio au sens conventionnel. C’est précisément pour cela qu’il est irremplaçable. Il conçoit le Club d’Essai non comme une chaîne parmi d’autres, mais comme un acte de pensée, une manière de pousser la radio vers ses limites, de l’obliger à inventer son propre langage." (Source : "Les radios au temps de la TSF). "Un acte de pensée" une chose totalement oubliée à la radio publique en 2026 !