L'histoire se répète… En ce qui concerne la radio ce n'est pas souvent, pour ne pas dire jamais que cette expression est utilisée. En novembre 1963, à quelques jours de la création de l'ORTF, Roland Dhordain, entre autres chargé de la réforme de la radio, prend la décision de renommer les chaînes de la radio publique qui étaient jusqu'alors affublées de noms barbares ! Il écarte France Bleu, France Blanc, France Rouge et inscrit dans le marbre France Inter, France Culture, France Musique… Visionnaire l'ancien scout et instituteur ! Mais maintenant que France Inter vient de créer "Mon petit France Inter" (PFI) et dans la foulée "Mon tout petit France Inter" rien n'empêcherait de développer ces concepts pour Culture et Musique ! Sauf que…
Radio Fañch
"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
jeudi 23 avril 2026
"Mon petit France Musique"… On ne va quand même pas l'inventer ?
mercredi 22 avril 2026
Midi magnétique : Catherine Soullard jour et nuit…
Donc "Les nuits de France Culture" nous donne l'occasion grâce à Albane Penaranda, productrice de réécouter les quatre midis de Catherine Soullard (1). Déjà se remettre dans "Les nuits magnétiques" c'est embarquer pour le temps long, aller au bout d'un sujet sans jamais l'épuiser. Quatre Nuits pour quatre midis. Autant dire que Soullard va pouvoir tisser sa toile à l'aplomb du soleil. On peut pour être en phase créer un dispositif : caler chaque réécoute à 22h40. Je voulais entendre parler du midi, la nuit.
On prend à bras le corps les petits bouts de soleil, les éclats, les mots en rayons, on les pend dans sa chambre pour les relire avant de s'endormir… sous la lune. Soullard met toujours de la poésie dans ses documentaires, pas une poésie de la rime, une poésie de l’humanité et de la délicatesse. Elle aborde ses sujets avec son petit bagage, ses notes et son écoute fine. De tout ça elle tisse une histoire qui s’enroule de la meilleure façon. Avec Soullard on sait qu’on aura «une belle histoire» bien plus qu’un documentaire. Et ici, à la pointe de Bretagne il est succulent de l’entendre dire "midi est l’instant de la journée où il y a le moins de vent, Aristote». Je n’en suis pas très sûr pour nos côtes mais c’est intéressant d’y croire… en coup de vent.
Une recette d'écoute : prenez quatre de vos prochaines soirées (dès 22:40) et enfilez le midi à vos pensées nocturnes…
mardi 21 avril 2026
Sibyle Veil : un port très… austère !
lundi 20 avril 2026
Le Studio du temps : pendant trente-quatre ans des détenus ont numérisé les archives sonores de l'Ina !
jeudi 16 avril 2026
Audiences radio : grand bluff, tarte à la crème et vague… à l'âme !
La rengaine médiamétrique qui n'intéresse que les annonceurs et les directrices/directeurs de chaîne qui n'adorent rien tant que les podiums, lasse l'auditrice et l'auditeur qui ne vont pas changer leur pratique pour sauver le soldat Courbet sur RTL ou s'imposer de supporter le sirop de Nagui sur Inter. Seulement voilà la com' a beaucoup plus d'importance que les contenus. Madame Veil qui redoute et veut protéger Radio France de la polarisation n'en finit jamais de polariser sur les audiences et de donner ses satisfecit à ceux qui s'exposent dans la lumière et à laisser dans l'ombre celles et ceux qui font le job hors des podiums du Cirque-Pinder-ORTF.
lundi 13 avril 2026
France Inter radieuse… (en 1999) !
Ce pourrait être une anecdote. Ça n'en est pas une. Un de mes contacts à Radio France m'envoie samedi un message très court : "Inter : La radieuse (la radio heureuse)" se rappelant, entre autres, de l'époque, en 1999 au festival de Cannes. À partir de ce très bref souvenir, j'ai essayé de retrouver des indices pour confirmer comment en cette fin de siècle (et de millénaire) Inter "rayonne et brille d'un grand éclat" (définition de "radieux" par Le Robert). Plus encore Inter irradie tant elle se "propage en rayonnant d'un centre" (Le Robert toujours). Quelle époque !
| logo de 1982 à 2001 |
Novembre 1998, Jean-Marie Cavada est nommé Pdg en remplacement de Michel Boyon (1995-1998). Au début du premier trimestre il nomme Jean-Luc Hees (Directeur d'Inter), Laure Adler (directrice de France Culture) (1) et Pierre Bouteiller (Directeur de France Musique) (2). Pour Inter, il mettra sa patte sur les programmes (inventés par Jacques Santamaria son prédécesseur) à la rentrée 1999.
Ceci étant posé, qu'est ce qui permet de nommer Inter "La radieuse" ? Une ambiance assurément. À l'époque Mediametrie (3) n'est pas encore "l'épée de Damoclès" qui agite l'audimat tous les trois mois. Auditrices et auditeurs écrivent sur du papier à lettre ou en cartes postales à la radio généraliste (les e-mails ne sont pas encore dans l'air du temps). Internet balbutie (4) et pas la queue d'un réseau social. Mais surtout Inter ne vise pas la RTLisation et encore moins de singer Europe 1.
Et les grilles (elles existent encore) ? Allez, je ne résiste pas à vous donner quelques noms qui ont fait l'histoire d'Inter : La revue de presse (Pascale Clark), 2000 ans d'histoire (Patrice Gélinet), Là-bas si j'y suis (Daniel Mermet), À toute allure (Gérard Lefort) (5), C'est Lenoir (Bernard Lenoir), Allo Macha (Macha Béranger), Sous les étoiles exactement (Serge Le Vaillant), du lundi au vendredi. De belles choses aussi en fin de semaine.
L'auditeur que j'étais (en alternance avec France Culture) sentait encore un "esprit de corps" et quelques beaux restes d'une famille où l'on pouvait "écouter la différence". Qui aurait pu imaginer que le "numérique" écraserait tout sur son passage, plateformiserait et relèguerait les chaînes à des logos dénaturés ?
Kriss, avec sa gouaille, son humour et sa liberté de ton aurait sans doute pu dresser un portrait sensible de la chaîne où elle avait fait toute sa carrière…
vendredi 10 avril 2026
Le transsibérien de Colette Fellous : voyage, voyage…
Le vendredi 9 janvier 2004, preniez-vous le train ? Ou vous êtes vous contenté de prendre les ondes ? Pendant soixante-dix-neuf minutes les ondes subtiles du carnet nomade de Colette Fellous. Vous avez oublié ? Mais vous n'oublierez jamais l'un ou l'autre de vos voyages sur les rails. Qu'il ait été extraordinaire ou tragique. Quant à Albane Penaranda, productrice des "Nuits" imaginait-elle que cette rediffusion de la nuit dernière puisse s'accompagner de la parution simultanée dans Le Monde (daté 10 avril 2026) d'un long reportage en deux volets "À bord du transsibérien" (1). Jean-Marie Borzeix, Directeur de France Culture (1984-1997) et inventeur des Nuits (1985) aurait aimé ce téléscopage subtil.
| De Moscou à Vladivostok |