Radio Fañch
"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
lundi 1 juin 2026
France Télévisions : une bergerie, un loup et pas le moindre raton-laveur en vue !
samedi 30 mai 2026
Patachou, Brassens et Pierre-Arnaud de Chassy-Poulay… c'est peut-être un détail pour vous !
Jeudi dernier, dans la nuit, Albane Penaranda, rediffusait dans "Les nuits de France Culture" un épisode de l'émission "Panoramiques" (qui en comptera vingt-trois sur Patachou) au cours duquel Patachou dira toute l'histoire qui l'a amenée à propulser Brassens sur scène, mais à la lecture du générique je constate que le réalisateur est Pierre Arnaud. Au risque de l'homonymie il doit bien s'agir de Pierre-Arnaud de Chassy-Poulay, le facétieux réalisateur de "Signé Furax", feuilleton radiophonique diffusé sur la chaîne parisienne de la RTF (1951- 1952), puis sur Europe 1 (1956-1960).
| Pierre Arnaud, metteur en ondes |
Voilà un personnage, une figure exceptionnelle de la radio. Pierre Arnaud (1921-2013) doit sa particule à une farce avec son ami et compère Francis Blanche. Ce dernier retiendra ce patronyme qu’Arnaud avait inscrit, par moquerie pour les patronymes de ses voisins de bureau, sur la porte du Studio 38 de la rue de l’université (VIIè), pendant la deuxième guerre mondiale. Un des nombreux studios de la Radiodiffusion (RDF) disséminés dans Paris.
Alors oui c'est peut-être un détail pour vous quand c'est surtout une histoire de lien. Ce lien qui est l'histoire même de la radio…
mercredi 27 mai 2026
Radio France : l'arroseur arrosé ! Qu'est-ce-qu'on se marre… (à bout)
Radio France n'en finit jamais de se vautrer dans la com', à défaut de plonger dans le flux radiophonique et de supprimer les incessantes (re)diffusions de rediffusions. Chaque semaine ils produisent "une feuille de chou" (comprendre, une niouselaiteure en français) qui boursoufflée de suffisance s'appelle "Hyper Radio". L'honnêteté aurait voulu qu'ils l'appellent "Hyperpodcast". Gaffe, il faut continuer à donner le change aux auditrices et aux auditeurs qui auraient du temps à perdre à lire cette feuille de pissenlit. Cette semaine la feuille de blette nous parle de (attention vous allez vous esclaffer) d'un fléau à venir "Le podcast est-il en train de disparaître ?" Ah ah ah ! Quels clowns ! Forcément le chantre du podcast (l'humble Radio France) peut commencer à s'inquiéter des fois que les hypothèses de la disparition seraient actées. Revue de détail…
L'évolution de la consommation de podcasts semble mener à une mutation profonde, voire une disparition progressive des modes d'écoute traditionnels : un virage qui devient de plus en plus explicite. On assiste ici à l'avènement du prêt à écouter, où le simple prompt se transforme en émission. Les radios privées sont parmi les premiers à proposer ces nouveaux contenus générés par IA.
Faudrait savoir Radio France quand c'est vous qui produisez la mutation, vous montez sur la table et incitez auditrices et auditeurs à "faire table rase du passé". Et, tant qu'à faire de pleurer sur votre sort, dénoncez les radios privées qui ne reculent devant rien pour générer du podcast natif-IA natif ! Qu'est-ce qu'on se marre !
Cette tendance s'illustre par les nouvelles ambitions des géants de la tech : Spotify présente désormais la création de podcasts personnalisés via l'IA avec l’application Studio by Spotify Labs. L’utilisateur soumet un sujet et l'intelligence artificielle génère un contenu audio prêt à être intégré à sa bibliothèque.
Oh ben mince alors, tous les "je" boursoufflés qui déjà envahissaient les podcasts vont se surmultiplier, quel boxson (2) ! Les ingénu-e-s qui rédigent cette niouselaiteure découvrent l'eau tiède et le mouvement infernal du consumérisme débridé. L'argent mis dans ces gribouillis serait plus utile à la création de documentaires.
Que Radio France prenne une baffe, on va pas pleurer. Guettons le moment où la radio publique va sortir de son chapeau un nouveau "machin" qui continuera à tuer la radio tout en communiquant sur l'immense créativité dont font preuve les petites mains de l'industrie du divertissement… public ! Ils seraient capables d'appeler ça "HyperTSF" !!!!!!
(1) Les citations de la niouselaiteure sont reprises ici en gras et en italique…
(2) BoxSon : je vous parle d'un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître.
mardi 26 mai 2026
Radio France : la radio est sortie du jeu… Renoncement définitif !
Depuis les années 70, on pouvait, volontairement et farouchement, se démarquer de la télévision galopante, ne pas acheter de récepteur d'images et profiter de chaque soirée pour laisser voguer son imaginaire en écoutant la radio, qu'elle soit publique, privée ou "libre". On avait l'impression de résister, d'être plus intelligent et de cultiver la singularité. D'être aussi montré du doigt et très vite d'être accusé de marginal. Ben oui aux marges médiatiques il y avait ce fleuve sauvage et encore indompté qu'on appelait la radio publique…
| La fréquence des coups de foudre |
Comment résister, entre autres, le soir (chaque soir) après une longue journée de travail, de moments essentiels en famille, à ne pas faire une pause et se laisser porter par des voix d'ailleurs, mais aussi des voix tellement proches, qu'on avait quelquefois l'impression d'être avec elles "dans la radio", hors du temps et dans le temps. Dans le tempo du flux radiophonique.
Je repense aux "Nuits magnétiques" d'Alain Veinstein. Comment la télévision pouvait-elle rivaliser ? Comment se passer d'autant de découvertes, d'autant de variété(s), d'autant d'horizons à 360° ? Albane Penaranda nous donne l'occasion de réécouter un "épisode" singulier du continent "Nuits magnétiques". "Maurice Arnoult, portrait d'un bottier à Belleville", du 19 janvier 1983, avec à la réalisation Josette Colin (1). On pourra aussi écouter "Belleville village", une "Matinée des autres" de 1993, (Productrice, Cécile Hamsy, Réalisation, Jean Couturier).
Alors oui, la radio est sortie du jeu de l'imaginaire en flux. Elle a surtout abandonné sur Culture les programmes dès 21h et sur Inter à 23h… De quoi laisser un autoroute sans fin aux plateformes vidéos et autres chaînes de la TNT. Un renoncement tragique !
(1) Profitons-en pour préciser que l'émission ne provient pas d'un podcast mais d'une émission…
lundi 25 mai 2026
France Culture retrouve la mémoire… Eureka !
Choix délibéré de la chaîne… d'information culturelle de ne pas célébrer, le 11 mai 2026, "les 90 ans du Front populaire". Avec, entre autres, ce 11 mai sur France Culture, "Mao et la révolution culturelle, une décennie de chaos". Quelle synchro ! Mao pouvait attendre. Visiblement pas. Donc huit jours après, çayé, Mauduit (Xavier), producteur du "Cours de l'histoire", sort de son chapeau "Front populaire, une histoire de luttes". L'était temps ! Mais comme si ça ne suffisait pas voilà, - qu'entre deux -, "le Point culture", avec un P majuscule s'il vous plaît, évoque ledit Front populaire (en 10' hein, point trop n'en faut, Toto). Si une semaine de décalage est largement supportable elle serait encore mieux supportée si la chaîne ne passait pas son temps à avoir un œil, voire les deux sur l'éphéméride. Oui mais cette sauce d' "Effet Méride" on s'en tamponne un peu quand ça ressemble à un dispositif intrusif qui pourrait bien cacher la misère de la création radiophonique. Quoi qu'il en pique !
samedi 23 mai 2026
La radio, vous l'écoutez comment ?
Bon, commençons par nous mettre d'accord, il s'agira ici d'évoquer la radio de flux, et non pas ce machin qu'on agite comme un hochet qui serait synonyme de "liberté d'écoute". Vous êtes peut-être attachés à un geste tribal, celui de tourner un bouton sur un objet séculaire ou d'appuyer sur une commande. C'est un choix. C'est un moment intime. C'est se rendre disponible à l'écoute. Mais quelle écoute, car il s'agit bien de ça ? Un fond d'ambiance ou votre attention aiguë sur ce "qui passe à la radio" ? Au risque de constater que vous n'êtes jamais aussi attentif que quand c'est vous le "sélectionneur", au risque de dissocier temporalité et contenu. Ben oui, à quoi ça sert d'écouter dans le flux si ça ne change rien aau contenu ? Ben si ça change. Je vais essayer de donner quelques exemples désuets et dérisoires qui deviennent des marqueurs de vie. Même si ces marqueurs peuvent exister pour l'écoute "en différé"…
mercredi 20 mai 2026
M. Charles Alloncle, n'oubliez pas les paroles…
Effet boomerang garanti ! Il fallait bien vous attendre, M. le Député, à recevoir, "quelques" retours sur ces milliers de mots que vous avez prononcés en tant que Rapporteur de la Commission… Vos paroles ne s'envoleront pas. Elles resteront pour l'histoire et vous poursuivront bien au-delà de votre vie parlementaire. Vous avez rapporté à charge - et exclusivement à charge - votre vision très personnelle de l'audiovisuel public. Vos marottes, vos obsessions, vos stigmatisations peuvent-elles être fixées dans le marbre et rayer d'un trait telle chaîne de télévision publique, telle formation musicale de Radio France, tels et telles journalistes qui obscurcissent votre PAF ?
Plus surprenant c'est le Président de cette Commission, M. Jérémie Patrier-Leitus qui, en introduction du rapport, établit un véritable "réquisitoire" (à l'envers) presque à décharge pour tempérer vos ardeurs dont on a pu les rapprocher de celles d'un funeste sénateur des États-Unis, M. Joseph McCarthy (1908-1957) lui-même, qui fit des ravages dans l'industrie du cinéma dans les années 50. Nous n'oublierons pas vos paroles - sans modération - quand nous aurions pu attendre de votre part de solides arguments pour engager l'évolution de l'audiovisuel public dans le sens du développement et pas dans celui de la destruction sans appel.
Nous n'oublierons pas les paroles, celles qui ont jeté en pâture, des femmes, des hommes attachés à défendre une idée du service public, la démocratie et la création artistique au-delà de ses formes mercantiles. Nous n'oublierons pas non plus qu'à aucun moment votre rapport n'a pu faire état de propositions constructives concertées non seulement avec les professionnels de la profession mais aussi avec les auditrices et les auditeurs, les téléspectateurs et téléspectatrices au premier chef concernés par ce qu'ils sont en droit d'entendre et de voir. Vous sauriez donc ce qu'il est bon d'offrir aux citoyennes et aux citoyens qui devraient sans doute, pour vous, se contenter de consommer et de subir. C'est une vision très autocratique de la chose publique, presque aussi monolithique que la défunte ORTF (1964-1974).
Nous n'oublierons pas les paroles et votre responsabilité dans ce qui demain pourrait imploser. Alors si vous vous oubliez les paroles sachez qu'elles resteront comme un tragique moment de l'histoire médiatique de ce pays. Un genre de catastrophe industrielle dont vous aurez été l'instigateur. Pas sûr que vous ayez les épaules assez larges pour en supporter la charge.
À bon entendeur, salut !