lundi 9 juillet 2018

Vous êtes formidables…

Tiens avec ce titre ça me permet de donner un coup de chapeau à Pierrot-les-bretelles (1), dit aussi Pierre Bellemare. Bon, alors voilà que décidé à mettre les bouts je vous fais un p'tit billet d'amour pour vous dire combien nous nous sommes tant aimés. Cool, relax, micheteau. Et badaboum vous me renvoyez plein de gentillesses, d'encouragements (à poursuivre) et de témoignages touchants. La palme revient à Bertrand qui lyrique me balance "Je t'interdis d'arrêter". Fichtre ! Alors voilà je vais tout vous dire… ;-)


à Jean Morzadec,

Le Conquet-radio en 1966





















Biberonné à la radio depuis la mort de John Kennedy, je n'aurais jamais imaginé qu'un jour je puisse en être. En fus-je ? En suis-je ? Je sais pas. Mais j'ai été dedans. À fond, sans compter. Tout en contant. Franchement le 17 juillet 2011 je n'imaginais pas m'engager si loin, si longtemps dans l'aventure. Je me suis pris à mon propre jeu. Et j'ai voulu attraper la globalité de la chose comme souvent je l'ai fait dans ma vie professionnelle. Alors forcément à l'écoute j'ai ajouté, les rencontres in situ à la Maison de la radio (Paris), les entretiens avec les productrices et producteurs, une écoute frénétique des archives, des lectures comme s'il en pleuvait et pas que les mémoires de Dhordain ou d'Artur. À partir de là pendant sept ans j'ai mis mon pas dans celui de la radio. Radioactif aurait dit Pierre Bouteiller.

Et j'ai eu de grandes satisfactions. Grâce à la confiance de Laurent Le Gall et Anne-Claire Lainé j'ai pu, à l'occasion de plusieurs éditions du Festival Longueurs d'Ondes de Brest, faire partager aux festivaliers mes passions radiophoniques. Je l'ai écrit plusieurs fois sur ce blog, toutes ces années j'étais dans la radio par la porte ou la fenêtre et d'une certaine façon je faisais partie de la famille. C'est pour ça que Guy Senaux n'hésita pas à m'inviter à l'hommage à Jean Garretto en octobre 2012 quelques semaines après la mort de ce génialissime producteur, inventeur avec Pierre Codou de "L'Oreille en coin" et de Fip. Ma mémoire et mes recherches permanentes autour de la radio m'ont permis d'écouter les histoires aux professionnels de la profession, de leur en raconter et ainsi de constituer un petit univers en perpétuelle révolution autour des ondes.

À cela il faut ajouter ce qu'Etienne Noiseau (Syntone) a appelé mes indignations. Et elles n'ont pas manqué depuis qu'un certain Mathieu Gallet, ex Pdg de Radio France révoqué par le Csa le 1er mars 2018 (qui se déjuge face à l'unanimité avec laquelle l'officine avait nommé le Pdg en février 2014), qui a voulu avec arrogance, inexpérience et morgue bousculer violemment la radio publique. Sans aucune autre vision qu'un mantra : "Numérique is good for youen sautoir, l'ingénu a mis sur les rails la mue de ce média avec autant de subtilité et de diplomatie qu'un éléphant du PS dans un magasin de porcelaine socialiste (époque Ming). Avec des techniques de management sans aucun rapport ni avec la chose publique ni avec l'audiovisuel. Parachuté à l'Ina par un certain Mitterrand (Frédéric) le jeune loup, pour couverture de magazine people, a réussi à mettre en grève 28 jours la Maison ronde en 2015 au début de son mandat. À l'époque ayant assisté à neuf A.G. de grève, je compris assez vite que le mouvement était lancé et que la création radiophonique était derrière nous. Pour la casse de la radio deux noms resteront dans l'histoire : Giscard fossoyeur de l'ORTF, Gallet fossoyeur de Radio France.

C'est à partir de là que mon écoute radio quotidienne a sérieusement baissé. À Radio France les programmes sont devenus un prétexte pour qu'en arrière-cuisine une armée mexicaine de manageurs et autres apprentis-sorciers numérisent à tout va, se prosternent devant l'IA (1) et n'aient plus que deux mots en bouche "média global", soit l'alpha et l'oméga de la tarte à la crème de la start-up Nation. Ajoutez à ça le rouleau compresseur de la loi audiovisuelle à venir et vous aurez tous les ingrédients d'un big bang dont la radio - média audio - ne se remettra jamais. Nous l'avons écrit avec Francine Leduc dans Libération "Ils vont tuer la radio" (2). Mais la com' étant devenue le 4ème pouvoir la radio roucoule nuit et jour pour nous faire accroire que rien n'a changé. Les programmes sont annoncés en tête de gondole particulièrement s'ils sont animés par des têtes d'affiche bankable et mutantes sur tous les supports… Têtes d'affiches qui, reconnues en TV, prolifèrent à la radio de façon virale et endémique.

Alors toutes ces conditions "réunies" il me fallait bien tirer l'échelle, constater la faillite du système, mon désintérêt exponentiel et une pointe de lucidité pour dire STOP. J'écrirai sur la rentrée radio. Sur la "réforme" de Fip et sur la loi audiovisuelle. Hormis ça, je devrai tout l'été écouter "Retour de plage" de Thierry Jousse (juillet) et Laurent Valero (août) sur France Musique (18h/20h, du lundi au vendredi)… Eux ils font vraiment la radio que j'aime !

À bon entendeur, salut !

(1) Et pas à la façon flagorneuse du nouveau directeur d'Europe 1 venu roucouler au micro de Quotidien (TMC) en essayant de nous faire accroire qu'il avait passé sa vie à fréquenter Pierre Bellemare… T'as raison Léon, mais j'aime pas trop l'usurpation et la flagornerie…

(2) Le summum du ridicule restera la prestation de Gallet à la conférence de presse 2017 qui faisant le beau sur scène roucoule "Ok Google…". À côté "Au théâtre ce soir" pouvait faire sourire, là on est proche de la tragi-comédie grecque. Quant aux directeurs de chaîne qui s'esbaudissent d'une telle pantomime c'est juste pitoyable et navrant…
(3) et son rectificatif,

lundi 2 juillet 2018

Nous nous sommes tant aimés… (la radio)

Bon, avec ce titre emprunté à Ettore Scola et son merveilleux film je pose l'affaire. Le 17 juillet il y aura sept ans que, sans relâche, j'ai commencé à écrire sur la radio. Deux mille-treize billets plus tard (925 000 visites cumulées) je vais tenter un p'tit bilan…
Je dédie ce billet à Kriss, Claude Dominique, Geneviève Ladoues, 
Françoise Seloron, Marie-Christine Thomas, Irène Omélianenko, Michèle Bedos, 
Maryse Friboulet, Jeanne-Martine Vacher, Agnès Gribes, Claude Giovannetti,
Simone Depoux, Aude Dassonville, Céline Loriou, Céline Autin…
L'avatar Radio Fañch surTwitter 
avec l'oiseau bleu ajouté par Ewen
















Pour écrire sur la radio il fallait l'avoir écouté et l'écouter toujours. En 2011 j'écoutais la radio plus de douze heures par jour. France Culture, France Musique et un peu d'Inter. Je naviguais sur les ondes. Par gros temps, par mer calme, par soleil étouffant, par pluie fine ou par brume épaisse. Mon navire radio tenait son cap et son enchantement. J'avais pris la mer le 22 novembre 1963 et j'avais dès lors appris à écouter le monde plus loin que le bout de ma rue. Puis à écouter entre les lignes, les silences et les voix. En écrivant chaque jour j'avais envie de faire partager ma passion, mes petites histoires de radio, mes rencontres, mes vibrations pour l'art radiophonique sur le tempo du jour au lendemain.

J'ai tourné autour et dans la Maison de la radio (Paris), frappé à quelques portes, passé une tête ici ou là, vu se faire tant d'émissions en studio, causé avec les vigiles, les hôtesses d'accueil, regardé toutes ces petites fourmis se concentrer, s'agiter, se déployer au micro. J'ai refait (un peu) l'histoire présente et passée. J'ai dépensé une fortune aux Ondes. J'ai mal Zoomé mes sons d'amateur très débutant. J'ai été deux fois à Biarritz écouter LeBlack, rencontrer Sophie Berger à Quiberon, Chantal Pelletier à Avignon, Jean Lebrun à Saint-Malo, Claude Villers en Gironde, Maryse Friboulet à La Rochelle et Alexandre Heraud à Molène. Et tellement d'autres à Paris by night ou by day

La radio change au point, demain, de se renier pour en faire des tartines de numérique et d'assistants vocaux. Jusqu'à présent entre elle et moi il y avait un fil ténu. Le fil est rompu. Je n'écoute même plus la radio une heure par jour. Demain j'écrirai encore un peu. Quand ça me démangera. N'importe quand. Sans rendez-vous, sans lecteur peut-être ? Voilà, restera sur la toile une p'tite collec' de billets d'un auditeur fou de radio. E la nave va… 

Merci à toutes-tous lecteurs, auditeurs, professionnels de la profession, collègues blogueurs et autres ratons-laveurs de passage…


Merci à David Christoffel
de m'avoir imaginé ainsi






















Je dédie aussi ce billet à Pierre Wiehn, Patrice Blanc-Francard, Bernard Lenoir, François
Jouffa, Yann Paranthoën,  Emmanuel Laurentin, Claude Villers, Laurent Le Gall, Thierry Jousse, LaurentValero, Gilles Davidas, Thierry-Paul Benizeau, Jacques Santamaria, Guy Senaux, Guillaume Baldy, Alain Veinstein, Jacques Pradel, Alexandre Heraud, Julien Delli-Fiori, Jean Lebrun, Jean Garretto, Pierre Codou, 

Et un coucou particulier
à Hervé Marchais et Etienne Noiseau, 
aux girls de Longueur d'Ondes et aux pikez de Radio Pikez…

vendredi 29 juin 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… La femme seule (42/42)

En partenariat avec

Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.

Paris, 1er mai 68


















Dès le 12 janvier 1968, France Culture propose à ses auditeurs une longue série de trente-trois émissions hebdomadaires dont le seul titre nous interroge "La femme et le monde moderne" (1). Aujourd'hui le quatorzième épisode évoque "la femme seule" (célibataire sans enfant) avec entre autres, Yvette Roudy, ancienne Ministre des Droits de la femme (1981-1986). Le quinzième épisode "la femme seule, célibataire avec enfant". Vous retrouverez  les épisodes précédents ici et encore ici et . Puis .

La femme seule (20 avril 1968)



La femme seule (27 avril 1968)



Avec ce quarante-deuzième épisode prend fin la série du vendredi commencée en septembre dernier. Lundi prochain je tenterai une forme de conclusion et vous donnerai quelques nouvelles sur la suite de ce blog… " Modeste et génial"

lundi 25 juin 2018

68 : et si tout avait commencé APRÈS… 29 juin : c'est la chute finale (43/43)

"Le mois dernier tout s'en allait…" ainsi parle de Gaulle le 29 juin 1968, la veille du second tour des législatives après la dissolution de l'Assemblée. Aussi lucide, espérons qu'il ne s'oubliait pas avec cette affirmation : "Le mois dernier tout s'en allait", moi-même, Président de la République je m'offris un petit tour en hélico pour me rendre à Baden-Baden tester l'avis du Général Massu sur une stratégie offensive à mener contre la chienlit. Massu conseilla à de Gaulle l'apaisement. Il faudra attendre 1971 pour que Ferré chante "Avec le temps" ("va tout s'en va"). De Gaulle lui-même dix mois plus tard tire sa révérence le 28 avril 1969 après l'échec de son référendum sur la régionalisation et la dissolution du Sénat.



Lennon un peu plus tard chantera "The dream is over". Le rêve révolutionnaire de 68 est fini. Les congés annuels approchent dans quelques jours. Le Tour de France a pris les devants et les champions pédalent depuis le 27 juin… The dream is over

Avec ce quarante-troisième épisode prend fin la série du lundi commencée en septembre dernier. Lundi prochain je tenterai une forme de conclusion et vous donnerai quelques nouvelles sur la suite de ce blog… " Modeste et génial"

vendredi 22 juin 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… Le couple à la loupe (41/42)

En partenariat avec

Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.


















Dès le 12 janvier 1968, France Culture propose à ses auditeurs une longue série de trente-trois émissions hebdomadaires dont le seul titre nous interroge "La femme et le monde moderne" (1). Aujourd'hui douzième épisode et deuxième partie consacré au couple. Les situations de dialogue dans le couple, évoquées en début d'émission, valent leur pesant de carottes. La façon de l'énoncé est surprenante. Une nomenclature glaciale par trop didactique. On est très loin du ton de Ménie Grégoire sur RTL qui depuis 1966 donne chaque jour la parole aux femmes en direct à l'antenne.

En exclusivité et intégralité jusque fin juin



(1) Épisodes précédents ici et encore ici et

lundi 18 juin 2018

68 : et si tout avait commencé avant… De Gaulle essaye de reprendre la main (42/43)

En partenariat avec

Chaque lundi, jusque fin juin 2018, je vous raconte, ici, les prémices de ce qui a pu présider aux "événements" de mai 1968. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, les témoignages de quelques témoins précieux et… mes propres souvenirs.






















42. De Gaulle n'a plus de vision
Si en juin 1940 (le 18) de Gaulle a su s'inscrire dans l'histoire, en juin 68 il n'a ni anticipé ni su trouver les réponses au mouvement de société qui agite la France depuis mars. Le rassemblement des français du 30 mai, la dissolution de l'Assemblée nationale, les prochaines élections législatives du 23 et 30 juin donnent l'apparence d'une reprise en main. De Gaulle est dépassé, fatigué, usé et "l'interview" qu'il donne à Michel Droit ressemble plus à un monologue fastidieux d'autopromotion qu'à un projet de "nouvelle société" (1). Le cadre (étriqué) de cette interview (servile), le noir et blanc (le gris en fait), le ton péremptoire et lyrique du Général-Président donnent une image en absolu décalage avec ce qui se "passe dehors", avec les couleurs du printemps, la pétillance de la jeunesse et la parole libérée. À écouter pour prendre la mesure du déclin historique du libérateur de la France qui dans dix mois tirera sa révérence. 

7 juin 68



(1) En septembre 1969, Jacques Chaban-Delmas, 1er ministre de Georges Pompidou, proposera un projet de "nouvelle société" pour la France qui ne sera pas suivi par le Gouvernement et surtout par le Président lui-même,

vendredi 15 juin 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… L'accouchement (40/42)

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Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.

©Gilles Caron/Mai 68




















Dès le 12 janvier 1968, France Culture propose à ses auditeurs une longue série de trente-trois émissions hebdomadaires dont le seul titre nous interroge "La femme et le monde moderne" (1). Aujourd'hui le dixième épisode s'intéresse à l'accouchement psycho-prophylactique. Là c'est "psycho" qui m'interroge. Le onzième épisode concerne la mère au sein de la famille. Pour ces deux épisodes on ne peut que louer la réflexion qui, si elle prend volontairement le parti des femmes, n'a pas forcément atteint les auditeurs masculins le samedi matin (8h30). À moins qu'en couple cela ait pu donner lieu à discussion et remise en question de comportements hérités d'une société patriarcale qui ne tardera plus à commencer à vaciller sur son socle (2)

En exclusivité et intégralité jusque fin juin
L'accouchement



La mère au sein de la famille



(1) Épisodes précédents ici et encore ici. Et
(2) À l'instar du Women's Liberation Movement aux États-Unis, le Mouvement de Libération des Femmes (MLF) sera créé en 1970,

France Culture, 13 mai 2008,