Radio Fañch
"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
jeudi 10 septembre 2026
France Musique : auditrices et auditeurs en détresse…
mardi 8 septembre 2026
Lieu de mémoire : Le certificat d'études…
Renée Elkaïm-Bollinger, productrice à France Culture, en 1996, nous plonge dans les souvenirs scolaires du Certificat d'études, point de repère définitif pour celles et ceux qui allaient poursuivre leurs études et celles et ceux qui allaient les arrêter. Ça sent l'encre violette mais comme pour tous les autres "Lieux de mémoire" ça vaut la peine de s'y retrouver ! Là, pour cet examen, certaines y allaient avec "les habits du dimanche" autant dire la sacralisation absolue d'un diplôme qui a borné l'enfance pendant plus d'un siècle (1866-1989). Un rite de passage tombé en désuétude.
"Le Certif' ce n'est pas toujours le lieu des nostalgies douces et niaises comme celles de Bourvil dans "Le trou normand"… Tout ça pour former ce héros de la laïque ou de l'école chrétienne !" Michel Ragon (1924-2020) témoigne "Il y avait [dans l'enfance] le jour de la 1ère communion et le jour du Certificat d'études… qui était la porte à des emplois aux mains blanches comme disait ma mère." La productrice suggère à juste titre que "la gloire du Certificat rejaillit sur l'instituteur". Et souvent "les parents récompensent l'instituteur" précise Antoine Prost. Renée Elkaïm-Bollinger "Est-ce que le Certif', le CEP a été un lieu de mémoire de l'enseignement laïque ?" Pour autant, "c'est une création de "la Monarchie de juillet…"
Sujet : "Le cochon s'est échappé, il met toute la basse-cour en émoi. la poursuite est mouvementée. Enfin on ramène le fugitif. Racontez". Eh bien pour ce sujet-là j'aimerais bien passer mon Certif' demain. Je me régalerai ;-) Claude Duneton "Le Certificat d'études c'était l'accomplissement d'une vie… Dans les campagnes c'était le Bac de maintenant."
Ce documentaire en profite pour placer l'examen dans l'histoire sociale du pays. La fierté des élèves reçus, la fierté des parents. L'aura au sein même de la famille particulièrement quand c'est l'enfant qui est chargé de lire ce que les grands-parents voire les parents ont du mal à faire. Cela montre la place de l'école dans la vie quotidienne, la place "sacrée" de l'instituteur ou de la maîtresse et la valeur institutionnelle de l'institution scolaire.
Jean-François Chanet. "L'école laïque avait besoin de rituels festifs pour combattre, avec une certaine efficacité, d'autres rituels festifs, soit les rituels de l'église catholique, soit les rituels de la superstition populaire. Le Certificat d'étude est le saint-patron de l'école laïque".
L'épisode 2 disponible en écoute ici. (Avec le témoignage sur l'école en Finistère par Pierre Chapalain & Louis Ellegoët… mais pas n'importe quelle école : Skol an diaoul/L'école du diable … la laïque)
dimanche 6 septembre 2026
Tex Avery : ça passe même à la radio…
J'ai écouté ce documentaire hier. Pour sortir de la nasse. Pour changer d'air tellement ce que nous propose Radio France est vicié. La revue de presse bâclé de France Inter. L'empilement des chroniques de "Franche Culture". La posture de la Pédégère. Le tout-info, alpha et omega, de Céline Pigalle, Directrice de la 1ère radio de France. ¡ Ya basta ! Alors, croiser Tex Avery c'est, avant même de l'écouter, l'occasion d'un franc sourire qui n'attend plus que d'éclater en un bon rire qui fait du bien aux zygomatiques. Il y a cinq ans sur France Culture, Serge Corso, nous proposait le "Toute une vie" d'un ouragan loufoque, Tex Avery (Réalisation François Teste).
vendredi 4 septembre 2026
Changement climatique : Radio France vire période glaciaire…
| Sibyle Veil, Pdgère de Radio France, dans la salle du Conseil d'administration, de la Maison de la radio, Paris, le 1er septembre 2026, Ed Alcock/MYOP pour Le Monde (2) |
Comme à son habitude Veil roucoule. Toujours la même chanson constituée d’éléments de langage pour être dans la ligne des tutelles, pour se montrer bonne élève (genre major de promo), inflexible sur des partis-pris qui - à l’insu de son plein gré - stigmatisent, focalisent et polarisent. Garder Erner à la matinale de France Culture malgré sa lourde faute professionnelle, débarquer Adèle Van Reeth, la Directrice d’Inter, en pleine saison, laisser s’infiltrer un journaliste de Valeurs actuelles pour l’édito politique de la matinale du dimanche matin.
C’est depuis 2018 la même posture, raide, sans la moindre faconde à la Arthur Conte, sans la délicatesse de Jacqueline Baudrier, sans la subtilité de Jean-Noël Jeanneney,… Veil est seule bien qu’entourée d’une armée mexicaine de cadres et dirige comme si elle dirigeait n’importe quelle entreprise du Cac 40 ou de l'agroalimentaire. Françoise Giroud, journaliste et ex-ministre sous Giscard, disait en 1983 : «La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente."
Si Sibyle Veil n’est pas incompétente, elle n’est pas à sa place. La bascule de la radio vers l’audio, de Mouv’ sur le web, de France Musique sur le Dab+, de France Inter en mode infotainment, et de tant d’autres renoncements auront participé à la fin de la radio de programmes. Audio définitivement noyé dans le magma globuleux de productions sonores de tous poils, propulsées sur les réseaux, sur les plateformes et… dans les ascenseurs.
C’est acté on entre dans une période glaciaire, Veil, sa figure glaciale du commandeur… !
(1) "Radio France : pour Sibyle Veil, « c’est la grandeur du service public que d’être pluraliste», par Aude Dassonville et Michaël Moreau, Le Monde, 3 septembre 2026,
(2) La photo pourrait faire penser à "Nightawks" le célèbre tableau d'Edward Hopper (1942) pour les couleurs, la solitude et une part de vide dans le plein…
jeudi 3 septembre 2026
CEPMA : késaco ? C'était pas mieux avant…
C'était pas mieux avant quand y'avait pas de canicules ! C'était pas mieux avant quand y'avait pas d'inondations ! C'était pas mieux avant quand le gasoil était à 1€ et… c'était mieux avant quand la retraite à 60 ans donnait plus de temps au temps ! Ce truc fastoche du CEPMA permet à chacun de se réfugier derrière une position qui positiverait le quotidien, au-delà du réel quitte, avec fatalisme, à accepter les incendies ! Y'a le feu à France Inter mais c'était pas mieux avant (voir ci-dessous). On trouvera toujours à redire même quand c'était bien. N'en déplaise aux ergoteurs du CEPMA, je pense disposer de suffisamment de recul pour séparer le bon grain de l'ivraie. Toute l'histoire de la radio est jonchée de petites catastrophes, d'accidents industriels, de licenciements abusifs, de passe-droits inadmissibles, de promotions du fait du prince et tutti et quanti.
Pour autant le "tout info" assumé par Céline Pigalle, Directrice de France Inter est une très grave erreur de stratégie éditoriale, sachant que la chaîne dévolue au tout info est… France Info. Plomber les VSD (Vendredis, Samedis, Dimanches) de la messe de Demorand et des incantations d'Ali Baddou ce n'est plus de la radio ! C'est polariser autour de la présidentielle et surjouer l'actu par-dessus tout avec, comme faux-nez, toute une batterie de chronicroquettes, histoire de bien noyer le poisson et faire semblant d'élargir le champ. Le champ de Demorand et Baddou est miné, étroit et fermé, pour ne pas dire claquemuré dans l'actu bouillante d'une cocotte-minute sous pression. Gaffe quand il s'agira de soulever la soupape. Ça va faire mal. Quitte à passer par pertes et profits le rêve, l'imaginaire, des horizons inconnus, des voix singulières, des silences reposants, des rires sans qu'il soit besoin de convoquer le ban et l'arrière-ban des humoristes patentés, Pigalle se fout des programmes.
Je continuerai à regarder dans le rétro comme je continuerai à écouter le présent quand le dit-présent n'est pas obnubilé par le "je", par le superficiel et le superfétatoire, par le vide sidéral et par la médiocrité crasse. Il reste des îlots, ils sont de plus en plus rares. C'était pas mieux avant mais la liberté qui soufflait sur les ondes laissait promettre des lendemains qui chantent… pas des quotidiens qui déchantent.
À bon entendeur, salut !
…
Pendant ce temps-là France Inter s'enfonce inexorablement vers l'insoutenable. Motion de l'AG des personnels de Radio France réuni-e-s ce 2 septembre 2026, votée à l'unanimité par l'Assemblée Générale des personnels de Radio France.