mercredi 19 août 2026

Alain Trutat : une écriture radiophonique…

David Christoffel a, pour la musique, le verbe haut ou tient en haute estime le verbe qui lui permet d'épisode en épisode, de verbe en verbe, d'évoquer sur "Métaclassique" une autre approche de la musique classique et,… au-delà. Et voilà qu'à quelques jours des vingts ans de la disparition d'Alain Trutat, Christoffel tente "Radiophoner". On peut comprendre le producteur qui, attaché à la radio, n'allait quand même pas télé… phoner ! Et sans plus attendre Christoffel d'évoquer l'écriture radiophonique qui, tout à coup, nous fait l'effet d'évoquer un monde disparu !

Alain Trutat

















Si Schaeffer considérait la radio comme le 8è art, Trutat  voulait, lui, faire vivre la radio "comme un des beaux-arts et crée, à partir de 1969 sur France Culture, "un créneau radiophonique" de trois heures l'Atelier de Création Radiophonique (ACR). On pourrait dire "une radio dans la radio" (1). Pas étonnant que Jean-Marie Borzeix, Directeur de France Culture (1984-1997) savait parfaitement camper le personnage "une vie à fuir les honneurs et les premiers rangs et un homme par nature peu enclin à faire des concessions. Le tableau est bien brossé. Trutat s'est imposé comme un inventeur-découvreur-passeur de quelque chose qui dépassait la "bonne conversation de salon dans un studio" et l'enfilage de perles au kilomètre. (2)

Trutat, "l'éminence grise de la radio", à travers quatre de ses complices (3) va se révéler être un homme de radio hors-normes, un esprit libre et un visionnaire. Il est bon d'entendre dire par Christine Rey "sans moyens techniques il n'y a pas de création radiophonique". Une équation qui fait écho aux orientations mortifères de Radio France qui, aujourd'hui, coupe moyens techniques sur moyens techniques et tente de nous faire croire que la création radiophonique continue d'exister (4). Au titre de cette création Christoffel fait raconter à Michel Creïs, un documentaire produit par Andrew Orr (5) où les cris s'immiscent dans la narration? 

Jacqueline Trutat, Paul Eluard et Alain Trutat















Alain Trutat était le spécialiste des "hors-cadres" et pour rencontrer "les gens" il marchait avec eux dans les couloirs de la Maison de la radio ! Un genre de labyrinthe apparent explique Christine Rey. En évoquant Paranthoën, Rey explique le soutien de Trutat (presque inconditionnel pour l'inseigneur du son) qui était dans "l'amour du son. C'était quelqu'un d'indépendant, avec une ouverture (aux autres) et à la liberté". Il vous faudra entendre et écouter comment Michèle Cohen tisse l'histoire de l'ACR et celle mêlée d'Alain Trutat. "On faisait du "bricolage", d'une, écriture à la main, des pleins et des déliés, tout était fait main". Ce qu'un pédagogue comme Célestin Freinet aurait appelé le "tâtonnement expérimental". Et Cohen ajoute "Le son c'était sacré".

En un mot comme en cent, Alain Trutat était un génie. Pas moins !

(1) Expression communément de mise pour "L'oreille en coin", France Inter, (Garretto et Codou) comme pour "Nuits magnétiques" (Veinstein),
(2) Telle que la pratique, sans aucune conviction, Marie Richeux sur France Culture et de nombreux producteurs et productrices (Inter et Culture) en panne absolu d'imaginaire,
(3) Kaye Mortley, documentariste et productrice, Michel Creïs, ingénieur du son, Christine Rey assistante et Michèle Cohen (assistante), 
(4) Exclusivement pour les privilégiés tels Philippe Collin qui peut aligner, de série en séries, des moyens humains (10 personnes) et techniques exceptionnels,
(5) "À chaque porc vient la Saint-Martin", d’Andrew Orr. Atelier de Création Radiophonique, diffusé le 15 avril 1979, France Culture. Réalisation Marie-Dominique Arrighi, Michel Creïs, Bernard Dassieu, 

Surprenant Johnny Halliday et son parrain Alain Trutat et sa "Mythologie de poche de la radio" par Thomas Baumgartner.



mardi 18 août 2026

Radio France : les chaises musicales continuent… qu'est-ce qu'on se marre !

Jeudi 18 août aux alentours de 18h alors qu'on est (pour certaines et certains) censé être encore en vacances les "nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent", même si venant de Radio France ça ressemble plutôt, depuis mai, au feuilleton continu pour annoncer arrivées et départs.  Cette façon de faire "émiettée", dispersée, ne ressemble plus du tout à ce qui se faisait autrefois, à savoir, toutes les annonces à l'occasion de la Conférence de presse de rentrée de Radio France. Maintenant chacun donne au compte-gouttes sa petite info, laisse planer un peu de suspens ou se mure dans un silence de cathédrale comme le Directeur d'Ici, Laurent Guimier. Toute cette façon de faire pour tenir en haleine auditrices et auditeurs qui attendent de "voir", d'entendre, loin de s'intéresser à la "cuisine interne" et aux effets de manche !.

Nora Hamadi n'aura tenu la R.P qu'un an sur France Inter,
remplacé à la rentrée par Marc Voichet…














Donc, le Directeur de France Musique quitte la chaîne, laisse la place au directeur des programmes Stéphane Grant. Autant dire, qu'éventuellement à la marge en janvier, rien ne changera pour la grille élaborée par Voinchet et Grant. Qui voudra croire que la décision a été prise hier ou ce matin ? Personne. Sans doute qu'il fallait laisser couler un peu d'eau sous les ponts (alors qu'on est en pleine sécheresse) pour ne pas faire coïncider le départ de Voinchet avec le basculement de nombreuses fréquences de Musique vers Ici ou France Info, le 22 juillet. Le Directeur annonçait depuis plusieurs mois qu'il voulait retrouver le micro, son vœu a été exaucé !

Le voilà donc qui arrivera le 24 août à la "Revue de Presse" (1) de France Inter. Il a eu beau côtoyer l'exercice sur France Culture (dans la matinale de Jean Lebrun) de 1995 à 1999, il va lui falloir faire montre d'une capacité à enrouler subtilement les titres de presse et surtout imposer que les journalistes rédacteurs des articles cités soient nommés (y tient-il ? On n'en sait rien). On est quasiment assuré qu'il citera "Diapason" et n'hésitera pas à montrer que le mensuel est perplexe sur l'avenir de France musique en FM.

Assez amusant que Télérama, ce soir, emploie pour désigner Voinchet le terme de "patron", mot plus en vogue dans les sphères managériales. Yves Jaigu, Jean-Marie Borzeix, Patrice Gélinet (2), Pierre Wiehn, Jean Garretto, Pierre Bouteiller, Jacques Santamaria, (3) n'ont jamais été nommés comme "patrons". Quant au terme de "taulier" pour désigner Claude Askolovitch, toujours dans Télérama, qui a tenu la "Revue de Presse" d'Inter pendant huit ans, l'hebdomadaire fait carrément dans le trivial. On aimerait savoir ce qu'en pense la taulière de Télérama ?

Voinchet sera-t-il un jour "taulier" ? Il a eu bien avant lui un très illustre devancier et conteur en la personne d'Ivan Levaï sur France Inter (4). L'accent de Toulouse pourra servir, il faudra juste que Voinchet donne envie de lire la presse et non pas juste en faire la promotion. Wait and see.

(1) À 6h15 et 8h45,
(2) Directeurs de France Musique, 
(3) Directeurs de France Inter,
(4) Aussi Dominique Souchier, Pascale Clark…

lundi 17 août 2026

France Inter : Pagnol vs Ascaride… Ariane vs Marcel !

C'est une bonne affaire que nous a proposé France Inter pour ce mois d'août. Un feuilleton - je fais exprès d'écrire feuilleton pour celles et ceux qui l'ont pensé en "série" - chaque jour à la fin du journal de 13h. Qu'est-ce qu'une série vient faire là ? Et pourquoi ce minutage d'environ 12' par épisode et pas 15 ou 20 ? Je comprends pas. C'est pas très grave, mais à l'heure de la sieste ç'eut été magnifique. Magnifique pour se laisser bercer, magnifique pour s'endormir, magnifique pour se réveiller des cigales plein les rêves. Mais bon je suis pas Directeur des programmes hein ! Sachez toutefois que je n'écoute jamais le journal de 13h ni aucun autre journal d'Inter. Alors j'ai été sur la page dédiée de "L'odyssée de Marcel Pagnol" et écouté en replay chacun des épisodes. J'écris ce billet dimanche, treize épisodes ont été publiés, j'écouterai les deux qui manquent à parution.

Ariane Ascaride sur le tournage de
"Marius et Jeannette" de Robert Guédiguian (1997)
Suzanne Rault Ballet, Sygma via Getty Images






















Avant de vous en dire un peu plus, il faut que j'annonce que le 3 août dans Le Monde (1) Emilie Grangeray avait, comme à son habitude quand elle chronique la radio, été dithyrambique à n'en plus pouvoir. Comme elle l'est à chaque fois pour Colin (France Inter), pour un documentaire ou une série de LSD sur France Culture. On pourra juste regretter que la journaliste ne parle jamais de la situation (périlleuse) du documentaire, du rétrécissement de la création radiophonique ou des imparables rediffusions des multi-diffusions sur la radio publique. Ce prisme des admirations perpétuelles laisse dubitatif !

Donc, autant ne pas traîner, Ariane Ascaride est non seulement tout à fait à sa place pour cette Odyssée (2) mais elle a trouvé l'angle ad hoc pour converser avec Pagnol, Pagnol et tous ses acolytes, mais aussi Pagnol et Raimu (3). Native de Marseille la comédienne est forcément raccord avec le sujet et mieux, elle l'enchante. Se mettre en jeu était la bonne façon et de fait on se prend soi-même au jeu de la conversation dans laquelle on aimerait quelque fois intervenir. Car, quand on connaît le sujet, c'est tentant bien sûr. Alors chapeau Ariane c'est bien mené et comme aurait dit Jean d'Ormesson "C'est épatant" !

Justement ce dimanche j'ai eu envie de revoir "Toni" de Jean Renoir sur la "Cinetek" et coup de bol - y'a pas de hasard - on a le droit à un bonus où Guédiguian parle aussi de Pagnol et de la bande des acteurs attachés au cinéaste. Ariane Ascaride elle-même avait relevé toute l'importance de ces seconds rôles majeurs dans le cinéma de Pagnol. Merci à Inter, à Ariane, à Perrine, à Audrey et à Claire pour cette série d'été. Et comme vous l'entendrez "Monsieur Raimu est un génie" auquel j'ajoute… "Et Pagnol aussi" !!!!

(1) « L’Odyssée de Pagnol par Ariane Ascaride », sur France Inter : Marcel, Marseille et moi,
(2) La série a été proposée par Perrine Malinge, chargée de programme à France Inter, Réalisation : Audrey Ripoull, Claire Destacamp,
(3) Si j'ai toujours entendu parler de Raimu ou de Jules pour ses amis je n'ai jamais entendu parler de "Jules Raimu"… Jules Muraire de son patronyme d'état-civil a en verlan trouvé le pseudonyme de Raimu qui lui allait comme un gant.

vendredi 14 août 2026

Sous le pont des arts : les mariniers…

Il m'est arrivé de vous dire que des mots titillent la mémoire et qu'à partir d'un mot, d'un pays, d'un objet, notre mémoire nous donne envie de réécouter une ou des émissions de radio. Mais hier c'est un dessin posté sur Bluesky qui m'a touché. Dans une aquarelle de Ronald Searle sur le Pont des Arts à Paris, sur un banc un homme agé semble résigné, un couple de jeunes se fait un câlin, et quelques péniches passent sous le Pont Neuf. Alors tout de suite m'est venu en tête le poignant documentaire de Josette Colin "Les mariniers". Mariniers qui eux passaient sous le Pont des Arts…

Ronald Searle, 1976


Josette Colin, réalisatrice à France Culture, a pour une fois accepté d'être productrice d'une série de quatre épisodes de "Nuits magnétiques" avec comme équipe de réalisation Medhi El Hadj et Michel Creïs. Josette racontera sa propre enfance à travers la vie des mariniers qui était le lot de ses parents.

Mehdi partage avec moi une anecdote savoureuse «Josette enfant dans la cale de la péniche, promenait sa poule sur le guidon de son vélo». La réalisatrice a conscience d’avoir vécu une enfance privilégiée comme aussi d’avoir été souvent montrée du doigt par les enfants d’à terre, moqueurs et jaloux d’une forme de liberté dont les enfants de mariniers bénéficiaient. Mehdi reconnaît surtout les qualités de sa collègue qui transpirent ici dans son documentaire. Sincérité, humilité, humanité. Elle dit «La lenteur et la douceur du milieu aquatique retentit sur la personnalité des mariniers… » et sur celle de Josette Colin assurément. Et sans doute aussi sur celle des aquarellistes de passage…

jeudi 13 août 2026

Des ronds dans l'onde… de la Maison (de la radio)

Mes anciennes lectrices et anciens lecteurs me pardonneront s'ils ont déjà lu ce qui va suivre. Je regrette en son temps de ne pas avoir interviewé Roland Dhordain (1924-2010) pour qu'il me décrive l'effet que ça lui a fait de débarquer "Quai de Passy" dans le XVIè arrondissement de Paris, en août 1963, quelques mois avant l'inauguration officielle de la Maison de la radio (14 décembre 1963), par le Président de la République, Charles de Gaulle. Ce sont trente-deux studios vieillots (et riquiqui) disséminés dans Paris qui allaient intégrer un bâtiment digne de la radio publique.


















De quoi s'y perdre
Y avait-il déjà des huissiers ou des hôtesses qui guidaient tout ce beau petit monde dans les arcanes, pour ne pas dire les antres de la Maison de la radio. Mille bureaux. Trois antennes publiques (avec de nouveaux noms depuis novembre 1963) : France  Inter, France Culture,  France Musique). pendant longtemps tant et tant de personnels ont "erré" dans les couloirs jusqu'à se perdre. Pendant qu'ils tournaient en rond ils pouvaient laisser aller leurs pensées quitte à croiser Lulu

Aujourd'hui aucun risque de se perdre, la circulation est verrouillée et badgée à tous les étages. L'affaire remonte au management tendance de M. Mathieu Gallet qui voulait que dans sa "boîte" (1) ça ne circule pas trop entre les chaînes, entre les personnels et surtout en garantir la "sécurité". Dès 2001, j'ai beaucoup circulé dans la Maison, discrètement et ai rencontré pendant dix ans, productrices et  producteurs, réalisatrices et réalisateurs, ingé-sons et celles et ceux qui avaient la mémoire de la radio ! Fort de ce bagage j'ai ouvert mon blog dix ans après !

Paranthoën et tant d'autres pouvaient faire des ronds dans l'onde, sortir de leur bureau, sortir du cadre et tenter "L'aventure au coin de l'oreille" (2). Ah ah ah ! Comme quoi les titres des émissions marquent auditrices et auditeurs, puisqu'en voulant écrire "l'aventure au coin de l'oreille" je me suis souvenu que c'était une émission de France Inter. J'ai réécouté un épisode, Arnaut est juste captivant et nous entraine immédiatement dans le sillage de ses mots…

Écoutez "des ronds dans l'onde"…  (ACR du 1er juin 1980, France Culture),

(1) Lors de son "intronisation" en mai 2014, devant le personnel, Gallet, nouveau Pdg, pour parler de Radio France dit "la boîte", dans sa bouche ce devait être du langage de managère de moins de cinquante ans,
(2) Dans les années 70, une des "séquences" de "L'oreille en coin" (France Inter) animée par Robert Arnaut ou Claude Dominique et quelquefois les deux ensemble !

mercredi 12 août 2026

Éclipse totale de voix… à Radio France !

C'est le propre de la radio publique depuis ses origines (1921), les cases dans un programme ne sont pas des attributions à vie. Elles sont mêmes remises en question chaque année à l'approche d'une nouvelle année radiophonique (septembre/juin). Certaines et certains ont pu faire carrière à la radio, mais d'autres beaucoup plus nombreux se sont éclipsés de leur plein gré mais bien plus souvent parce qu'ils n'avaient plus l'heur de plaire…

La légende est ici

















Il serait fastidieux et pénible d'établir ici la liste des "disparues/disparus"… pour autant il nous reste dans l'oreille des voix, véritables marqueurs de temporalité et, en même temps, d'intemporalité. Si je vous demandais au débotté la voix dont vous vous souvenez ? Vous me diriez-quoi : Pierre Bellemare et ses histoires extraordinaires, Ménie Grégoire à l'écoute des femmes au plein milieu des années 60, Zappy Max, trublion/fantaisiste qui a fait les riches heures de la radio populaire (Radio Luxembourg), Eve Ruggieri qui a pris son envol radio en racontant des histoires dès la fin de ce qui ne s'appelait pas encore une matinale sur France Inter, Robert Arnaut un autre conteur parmi les conteurs…

Il y a celles et ceux partis de leur plein gré et puis celles et ceux qu'"on" a renvoyé pour incompatibilité d'humeur, divergences politiques ou pire, jalousie de notoriété. Mais, enfant, ses "subtilités" m'échappent. La première voix caractéristique de mon enfance est celle de Daniel Filipacchi (98 ans) et son "Salut les copains" quotidien sur Europe n°1. Synchronicité absolue avec mon temps des copains de l'école, d'un moment de détente après une journée scolaire, des chansons friandises qui volent avec l'air du temps. la voix plus que le contenu de la logghorée sympathique de José Artur. Puis celle de "Madame Inter" (Annick Beauchamp) auprès de qui je serai photographié à Saint-Malo (années 60) pour les jeux de plage de la station (sourire entendu).

Et puis ce qui correspondait à mon temps de loisir, les fins de semaine avec la bande, toute la bande de l'"Oreille en coin" (France Inter) avec plein de femmes plus subtiles les unes que les autres. Kriss, Dominique, Monchicourt, Jacques, David, Gribes. Après c'est sur France Culture que j'aurai dans l'oreille Françoise Séloron, Marion Thiba, Laurence Bloch, Francesca Isidori, Geneviève Ladoues, Arlette Farge, Michèle Perrot, Francesca Piolot, Colette Fellous, Marie-Paul Vettes, Irène Omélianenko, Jeanne-Martine Vacher… (1).

Pour les cent ans de la radio j'avais écrit une petite ode aux femmes de radio. Parmi celles-ci plusieurs ont été éclipsées sans autre forme de procès. Du jour au lendemain, créant des chagrins et quelques descentes aux enfers. Alors qu'on en fait des tonnes pour les vedettes du micro qui partent à la retraite il est rare que les éclipsées-éclipsés puissent seulement saluer à l'antenne leurs auditrices et auditeurs. Ne nous reste plus qu'à les inscrire à notre panthéon personnel.

Qui mieux que Kriss pour conclure ce billet ? Celle-ci dit à un ami physicien «Les gens de radio sont comme des éphémères qui ne volent quun jour et disparaissent». «Cest faux, lui a-t-il répondu. Tout ce qui existe est détruit par le temps. Les monuments les plus beaux, les livres, la planète elle-même disparaîtra. Mais vous, les voix de radio, vous êtes éternelles. Vos paroles emportées par les ondes hertziennes voyageront dans lunivers aussi longtemps quil existera". (2) 

(1) Tous ces noms peuvent mener à des liens, les inscrire dans la petite case à droite de cette page 'Vous cherchez quoi ?"
(2) (2) Kriss, La sagesse d’une femme de radio, L’œil neuf, 2005,

mardi 11 août 2026

Ferré : 100 ans + 10 !!!!!

À l'été 1916 Léo Ferré naît à Monte Carlo. Cent dix ans ! P… En 2016, j'écrivais plusieurs billets sur Léo. C'est l'été. Mais Ferré l'a chanté "L'été s'en fout"… Notre été sinistré. Et comme l'écrivait Serge Joncour dans le Monde le 3 août : "L'été n'a plus rien de léger. Quelque chose a changé. L'été nous a été volé." Y'a dix ans, c'était l'été et on fêtait les 100 ans de Léo.











France Musique en août 2016 n'avait rien loupé… Et Louis-Jean Calvet de témoigner. Le même Calvet qui avec Marc Legras avait passé toute la nuit de fin de l'an 1988 avec un Ferré en verve auprès de ses amis. Et puis Léo qui psalmodiait sur l'été 68…

 

J'aime quand Léo chante la radio

"Monsieur Barclay m´a demandé :

Léo Ferré, j´veux un succès

Afin qu' je puisse promotionner

A Europe1 et chez Fontaine

Et chez Lourier et chez Dufresne

Et moi, pas con

J´ai répondu :

Voilà patron

Ce que j'ai pondu !


Mais c'est Gaby que j'aime par-dessus tout.

Dans les draps que l'amour
Referme sur la nuit,


Et tu notais
Et je chantais
Pour... heu...
Pour quoi ?
Pour trois fois rien
Ha, Gaby, Gaby !
Ce Saint-Germain-des-Prés
Défait, soumis