mercredi 20 mai 2026

M. Charles Alloncle, n'oubliez pas les paroles…

Effet boomerang garanti ! Il fallait bien vous attendre, M. le Député, à recevoir, "quelques" retours sur ces milliers de mots que vous avez prononcés en tant que Rapporteur de la Commission… Vos paroles ne s'envoleront pas. Elles resteront pour l'histoire et vous poursuivront bien au-delà de votre vie parlementaire. Vous avez rapporté à charge - et exclusivement à charge - votre vision très personnelle de l'audiovisuel public. Vos marottes, vos obsessions, vos stigmatisations peuvent-elles être fixées dans le marbre et rayer d'un trait telle chaîne de télévision publique, telle formation musicale de Radio France, tels et telles journalistes qui obscurcissent votre PAF ?









Plus surprenant c'est le Président de cette Commission, M. Jérémie Patrier-Leitus qui, en introduction du rapport, établit un véritable "réquisitoire" (à l'envers) presque à décharge pour tempérer vos ardeurs dont on a pu les rapprocher de celles d'un funeste sénateur des États-Unis, M. Joseph McCarthy (1908-1957) lui-même, qui fit des ravages dans l'industrie du cinéma dans les années 50. Nous n'oublierons pas vos paroles - sans modération - quand nous aurions pu attendre de votre part de solides arguments pour engager l'évolution de l'audiovisuel public dans le sens du développement et pas dans celui de la destruction sans appel.

Nous n'oublierons pas les paroles, celles qui ont jeté en pâture, des femmes, des hommes attachés à défendre une idée du service public, la démocratie et la création artistique au-delà de ses formes mercantiles. Nous n'oublierons pas non plus qu'à aucun moment votre rapport n'a pu faire état de propositions constructives concertées non seulement avec les professionnels de la profession mais aussi avec les auditrices et les auditeurs, les téléspectateurs et téléspectatrices au premier chef concernés par ce qu'ils sont en droit d'entendre et de voir. Vous sauriez donc ce qu'il est bon d'offrir aux citoyennes et aux citoyens qui devraient sans doute, pour vous, se contenter de consommer et de subir. C'est une vision très autocratique de la chose publique, presque aussi monolithique que la défunte ORTF (1964-1974).

Nous n'oublierons pas les paroles et votre responsabilité dans ce qui demain pourrait imploser. Alors si vous vous oubliez les paroles sachez qu'elles resteront comme un tragique moment de l'histoire médiatique de ce pays. Un genre de catastrophe industrielle dont vous aurez été l'instigateur. Pas sûr que vous ayez les épaules assez larges pour en supporter la charge.

À bon entendeur, salut !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire