vendredi 5 août 2022

De l'écoute… à la plage, au retour et même dans le temps !

Quel titre ! À facettes… Car l'idée est de vous parler de l'écoute aigüe (pointue) d'une émission "Retour de plage" qui pour sa septième année s'installe de 18h à 20h sur France Musique. Au retour que chacun peut s'en faire et déceler ce qui fait la marque, la patte de chacun des producteurs Thierry Jousse et Laurent Valero …

Brian Wilson des Beach Boys














Quand, l'été 2016 s'installe Retour de Plage on doit s'habituer à la séparation brutale du couple Easy Tempo qui réalise depuis des années un formidable numéro de duettistes. Pour cette noouvelle émission, l'un officiera en juillet, l'autre en août. On va forcément y perdre quelque chose. Et il ne s'agit pas que d'une addition ou d'une soustraction. Animer à deux une émission c'est de la haute voltige et pour rendre le numéro attractif (et supportable) les animateurs doivent posséder un sens aigüe de la complicité et/ou de la complémentarité.

Pendant des années Easy Tempo était réglée comme du papier à musique. Un chant et contre chant sublime. Une fluidité subtile. Chacun des deux ténors une érudition magistrale. Pas moins. Un régal comme j'ai eu l'occasion de l'écrire à longueur de blog ! Leur savante alchimie ne se retrouvera, de fait, jamais. C'est la vie même des émissions…

Dans Retour de plage chacun se révèle. Et s'il est évident qu'il n'y a pas lieu de comparer les sets de chacun. On peut quand même se demander pourquoi et comment l'oreille garde le fil ou décroche ? A quoi ça tient ? C'est quoi leur alchimie individuelle ? Je vais tenter quelques hypothèses. Autant dans Easy Tempo on pouvait sentir Jousse en appui de Valero, autant Retour de plage lui aura permis de donner toute la mesure de sa très large palette musicale. Et  mieux nous fait partager son enthousiasme, ses découvertes et ses fines anecdotes. Plus encore, Jousse en prise avec l'histoire de la musique nous y fait entrer. En studio et en coulisses. On sent un gros travail de préparation et d'écoute en amont. Et du début à la fin de ses émissions il tisse un récit qui impose à l'oreille de ne pas lâcher l'affaire. Autant dire que sa septième saison a été somptueuse !

Mon tweet du 15 juillet











Tout va bien mais en ce début du mois d'août, comme je l'avais senti l'an passé, je trouve Valero en arrière-plan de son émission. À côté. Presque distant. Les morceaux choisis sont souvent intéressants et nouveaux à l'oreille, mais leur récit est moins incarné, moins vibrant. Moins dans le game. Grossièrement, Valero "traîne un peu des pieds". C'est dommage ! On peut même évoquer un certain bric-à-brac de programmation sans réelle unité, entre autre puisque le récit ne permet pas de dégager une couleur, une époque ou un genre. L'éclectisme a toute sa place dans Retour de plage, encore faudrait-il que quelque chose tienne et fédère cet éclectisme ! Comment pourrais-je avoir ces perceptions si je n'entendais pas ce qui ne saute pas aux oreilles ? Faudrait juste que les directions d'antenne considèrent que les auditeurs ne sont pas que des pièges à… podcasts. Et, quand on a pendant des décennies écouté la radio, on peut prétendre avoir acquis quelques facultés auditives, non ?

Je vais continuer à écouter le programme d'août mais avec moins d'allant. Tant ces premiers numéros manquent de ferveur et d'enthousiasme… Mais, chaque matin, en réécoutant les Retours de juillet j'en reprends une dose ! Je découvre encore des choses que je n'avais pas complètement appréciées à la première écoute (2). La cuvée Juillet 2022 restera dans les annales. En la servant dans quelques années parions qu'elle se sera encore bonifiée et fera honneur à son millésime.

(1) Le dimanche soir, 19h-20h, France Musique,
(2) L'épisode du 13 juillet et les deux qui suivront sont juste de petits bijoux du patrimoine de l'année 1972…

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