Le mot était facile mais je n'y ai pas résisté… Ces phares au loin, ces phares au près. C'est la Nuit que nous a proposé Antoine Dhulster samedi dernier en début de nuit. Il me sera difficile de ne pas être ravi quand les émissions proposées évoquent et mon pays et la mer. Entendre des voix connues, bien reconnaître les lieux et surtout bien savoir qu'ici on parle de la mer et ni de l'Océan et encore moins de l'Atlantique. Et comme le dira Scarlett Le Corre (du Guilvinec) "la mer c'est féminin" et c'est sûrement aussi ce qui me porte depuis l'enfance en ayant bien conscience qu'en écrivant cela je dis un peu de ma vie. (Là, je vous écrit la mer pleine face !).
| Le phare de l'île vierge, Plouguerneau. |
Ça commence bien avec "Le pays d'ici" qu'Yves Aumont (journaliste à Ouest-France, Nantes) évoque d'emblée avec "le port de Lilia" (Plouguerneau, 29) et son phare en pierre le plus haut d'Europe. En 1991, l'État français arrête de former des électromécaniciens de phare, et l'on s'approche de façon inexorable de leur automatisation. C'est assez terrible d'entendre les témoignages des gardiens et d'imaginer que ces tours de feu ("tour tan" en breton) vivront bientôt sans vie humaine pour les garder.
Puis on file sur "Les noctambules" en 1974 (à quelques mois de la fin de l'ORTF) dans une courte émission de Simone Matil (productrice) et Michel Abgrall (réalisateur). L'illustration sonore n'échappe pas à la harpe celtique d'Alan Stivell, en plein revival de culture bretonne. Toutes les productrices et producteurs d'émissions autour de la mer se sont-ils donnés le mot pour ouvrir leur documentaire sur les prévisions météo de Radio-Conquet et/ou de la coordination des points météo des phares de la pointe bretonne ? Ritournelle et rituel obligé de l'attention extrême portée aux conditions météorologiques.
Autre ritournelle, il fallait bien un peu d'accordéon pour accompagner Ludovic Sellier au Guilvinec, le 1er août 1996. Escale, d'une longue traversée d'été du Pays d'Ici, pendant cinq semaines, intitulée "L'été Atlantique". On entendra avec sa légendaire discrétion, Jean-Pierre Abraham, maître es-phares qui sait dire tout en douceur les histoires épiques que tant de gardiens de phares ont pu vivre en mer, en Manche et en Atlantique.
C'est avec "À Saint-Malo beau port de mer", chansonnette de marin, que Jean Lebrun, en son pays, ouvre cet épisode de "Pot au feu" au Festival "Étonnants voyageurs" inventé par Michel Le Bris(2). Pour son documentaire dans la cité corsaire. Lebrun égal à lui-même mais avec un ton beaucoup plus calme qu'à la fin de ses émissions sur France Inter. En pays de connaissance dans un festival du livre face à la mer de quoi calmer toutes les ardeurs. Où l'on apprendra que la coordination de tous les phares et balises de France se faisait depuis la colline du Trocadéro à… Paris. Merveille du centralisme jacobin ! Et, disons-le comme ça, il est savoureux d'entendre l'ingénieur-historien Vincent Guigueno qui a su s'affranchir du poids de l'administration maritime, je devrai dire des administrations maritimes. Et Jean-Pierre gestin, fondateur du Musée des Phares et balises d'Ouessant d'annoncer que "les phares sont devenus un objet pour les terriens" ! (1). Et puis Lebrun de citer Yann Paranthoën (2).
Le "seigneur des lieux", Jean Malgorn, gardien au phare de l'Île Vierge, ouvre une série des Nuits magnétiques de septembre 1996. L'épisode choisi "Ar mor, ar men : au sommet du phare de l'île vierge" par Anice Clément et Isabelle Jeanneret. La nuit se conclura avec un Pays d'Ici à Soulac-sur-mer du 16 août 1996 (3) et une Nuit magnétique de "Rêve de mer" de juillet 1986. Autant de façons de tourner autour et, par tous les pores de la peau y plonger. Aussi par tous les sens quand on y est indéfectiblement lié.
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