jeudi 6 octobre 2011

Le plein de voix… primaires

illustration sur la page de TUM















Chacun guette, à quelques jours des primaires, les voix mais qui les écoute dans leurs singularités plurielles ? Pour Tout un monde (1) Marie-Hélène Fraïssé a eu la bonne idée d'inviter, de vive voix, David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg. Et ses démonstrations, illustrations sont séduisantes. Je lui pardonne de n'avoir pas précisé que le baragoin vient de l'état de souffrance dans lequel les soldats bretons étaient laissés pendant la guerre de 1870 réclamant bara (pain) et gwin (gwine, vin) dans la seule langue qu'ils maîtrisaient… Quand au charabia d'origine il ne concerne plus les migrants auvergnats mais a su faire florès sur tellement d'ondes qu'on en regretterait les sabirs de Provence.

Tout un monde c'était bien le dimanche mais d'autres mondes ont pris sa place. Pourtant année après année Marie-Hélène Fraïssé creuse le sillon du monde et nous fait découvrir des humanités dont très peu de médias nous parlent

(1) France Culture, le mardi à 15h

mercredi 5 octobre 2011

Jongler avec les… plateaux



L'excellent "Les Inrockuptibles" (1) nous apprend que LAurEnt GouMArre anime dorénavant une émission de TV sur la 5 à 20h à la suite de sa quotidienne sur France Culture (2). L'homme aime jongler avec les plateaux (sic) qu'il installe pour son émission et "jargonne" télévisuel. Il n'est donc pas étonnant que Bruno Patino (3) lui ait proposé de continuer à… jongler (4). Pourvu que cela ne donne pas la mauvaise idée de filmer illico l'émission de France Culture qui serait alors retransmise live sur la 5 ? Par contre aucun risque qu'il ne fasse de la radio à la télé puisqu'il n' a jamais fait de radio… à la radio. "J'ai fait de la radio en lisant la presse et en regardant la télé." annonce sans rire aux Inrocks le nouveau producteur télé. "J'ai fait de la radio" est une expression usurpée, GoUmarRe devrait dire "J'ai parlé dans un micro de radio…".

Donc si son émission de télé (que je ne regarderai pas) est la même que son émission radio c'est que ce n'était pas de la radio car, la radio filmée ne fonctionne pas à la télé. Donc si ce n'est pas de la radio pourquoi l'émission continue t-elle sur France Culture ? On sait depuis Baddou que France Culture est un tremplin pour la télé, GoUMarre a sauté dessus en jonglant du plateau. Les vrais jongleurs exercent leur talent au cirque, les faux font semblant à la télé. Mais ni les vrais ni les faux n'ont leur place à la radio !

(1) du mercredi 28 septembre 2011,
(2) du lundi au vendredi à 19h,
(3) ex-directeur "on the comet" de France Culture et actuel directeur de la 5,
(4) d'un "plateau RF (Radio France)" à un autre FT (France Télévision).

mardi 4 octobre 2011

Des chiffres et des mots… faux

Horloge tendance ORTF
France Inter a succombé à l'effet d'annonce pour accrocher l'auditeur ! Sur la page d'accueil de l'émission Éclectik, (… et tant pis mes chers auditeurs si je me répète) on nous annonce " Une heure dans la loge du Studio des Champs Elysées avec Guy Carlier" (1) ! Bigre peut-être que dans l'écoute en direct l'auditeur ne fait pas de différence entre le flash (on ne dit plus comme ça) d'infos et l'émission elle-même, et ce serait là une faute de goût à l'égard de la création radiophonique ? Pourtant si l'auditeur d'Inter est attentif - et il l'est - Rébecca Manzoni ne démarre son émission et son indicatif qu'à 10h15. Soit la bagatelle de quinze minutes de "flash" qui représentent quand même le quart… d'une heure (sic). Et un flash de 15 mn c'est du lourd et il n'y a -bien sûr - aucune trêve dominicale pour la tyrannique info, les journalistes ayant toujours besoin 7/7 d' y assouvir leur soif cadencée. Quant à la page du programme d'Inter du dimanche, Rébecca est annoncée à 10h. Pourquoi alors sur le podcast le temps d'écoute disponible (sic) n'est-il que de 45 mn ?

Idem en ce qui concerne Le grand entretien (2) ! C'est quoi grand en radio ? Pour la saison 2010-2011, "grand" ça voulait dire 35mn ! Autant dire que Radioscopie de Chancel en 58mn (3) c'était un tunnel du Mont-Blanc ? Pour la saison 2011-2012 l'émission a été prolongée de 17mn mais c'est toujours le Grand entretien. Je demande un étalon car à trop jouer de l'adjectif on risque de se faire attraper par l'effet… trompeur ! 

Remarquez le maître-étalon existe c'est le podcast ! La "vérité" est à la seconde près. Quand à Mermet producteur de l'émission "Là-bas s'y j'y suis" qui elle tient 55 bonnes minutes, il nous égare dans ses temps de reportages annoncés. Car, passée l'annonce de l'émission du jour, souvent conséquente et digressive, il faut s'"appuyer" le télérépondeur qui peut durer 15 à 20 bonnes minutes entrecoupées de… commentaires de Mermet soi-même. C'est pas grave mais ce n'est pas une heure juste de reportage que nous écouterons mais plutôt 30mn. Et jusqu'à preuve du contraire trente c'est bien la moitié de soixante. 

Voilà donc comment au fil du temps, le temps (d'antenne) se dégrade. Il était autrefois un producteur, Jean Garretto, sensible aux mots et à leur sens et, quand il annonça à la création de Fip (4) "… se sera 59 mn de musique par heure" tout un chacun était en mesure de le mesurer. Sauf si, quelquefois, le "bouchon" du périphérique prenant des proportions considérables, il était utile de décrisper les nerfs de l'automobiliste avec la suavité des voix des Fipettes ! Autant de musique en moins pour autant de "frissons" en plus !

(1) du 2 octobre 2011
(2) France Inter, lundi à vendredi après le "flash" de 17h,
(3) dès sa création en 1968 
(4) à l'origine France Inter Paris, 514 O.M.

Radio shaker : Fip, glace et tango…



FIP tente le pari que la musique va faire lire et… pour ce dernier jeudi de septembre secoue en son shaker magique Carlos Gardel et Bjork, Rachmaninov et Bashung, Astor Piazzola et…  nous fait saliver en attendant de déguster, frappée de feu et la glace, Une nuit à Reykjavik… Point trop n'en dire mais en faire entendre suffisamment pour ne pas résister au voyage sensuel d'effleurements, de frissons et d'étreintes d'un tango fougueux sur la glace. Ici c'est la musique qui porte le texte, en petites touches glissées et subtiles et, il n'y avait sans doute que Fip pour le faire de cette façon-là !

lundi 3 octobre 2011

La radio filmée…

 

" Dès qu’on est à la télévision on est dans de la radio filmée" disait Orson Welles qui a "joué" de la radio, du cinéma et de la télévision. C'est ce point de vue que Vincent Colonna nous fait partager en introduction d'une série de quatre vidéos que propose Telerama.fr sur la fabrication des séries américaines. Ce n'est pas tant le sujet qui m'intéresse que la reprise de l'analyse de Welles et je me demande pourquoi Vincent Colonna, sémiologue ne s'est pas intéressé à la radio ou pourquoi Télérama ne la pas sollicité pour analyser ce média ?

Les séries télé c'est absolument tendance. La radio beaucoup moins ? Ce qui serait passionnant ce serait que Télérama nous aide à défricher (et à déchiffrer) la radio d'aujourd'hui : le hochet des Matinales, le "bouillon" de 11h, les "silences" des après midi, les embouteillages de 18h, et les "talk" des soirées… En faisant appel au sémiologue Colonna et non pas en décrivant sommairement les concurrences ou les différences de toutes les chaînes de la bande FM et surtout en ne s'arrêtant pas aux seules "vedettes" du micro. J'écris à Colonna…

dimanche 2 octobre 2011

C'est pas pour se venter (sic)



Il vous est sûrement arrivé comme à moi de vous trouver dans une petite assemblée où votre avis tout d'un coup se trouve lapidé en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire ! C'était en avril, je ne voulais pas perdre le fil d'une petite critique d'un vantard de première. Un qui sous des allures de minauder comme un matou se gonfle le poitrail, le dimanche particulièrement, tel un coq gaulois au fait de son tas de fumier ! Et ce paltoquet-là le fait avec tant de gourmandise que ça finit par horripiler grave, à donf ! Hors voilà t'y pas qu'au milieu de ma démonstration étayée de la cuistrerie du vantard, un quarteron de généraux en retraite ou presque (1), s'apprête à me faire rendre gorge si je ne fais pas fissa des excuses au Collège de France… Culture. "Damned" m'écriai-je en langage gaulois mâtiné d'une inflexion d'outre channel "Mais que me reproche t-on quarteron ?".

Je le compris, mais un peu tard, qu'on ne peut critiquer un gazier qui a décidé, pour faire le malin, de s'autocélèbrer l'émission, quand celle-ci loin d'un chiffre rond, tire le diable par la queue pour l'enjoindre à tourner six cent soixante six fois fois sa langue dans la congratulation, quand d'autres disent "33" en buvant une bière d'export. Las, me voilà tout chamboulé, je range ma plume et mes crayons, me rengorge et finit par me claquemurer à l'abri de ce tribunal d'exception.

Vous me pardonnerez mes chers auditeurs d'être un peu abscons, mais voulant m'en tenir à la règle que je me suis fixé pour mener ce blog à bon port, il n'est pas question de parler des émissions qui m'escagassent les tympans ! Si je n'avais craint d'être grivois j'aurais même déclaré qui m'escagassent les rognons point d'exclamation.

Voilà, le beau parleur lui, que dis-je le fanfaron, continue sa petite liturgie, c'est à l'heure de la messe et ça souffre de sermon.

(1) tel de la sémantique, l'autre de la linguistique, celui-là de la sociologique et le dernier de l'enfilage de perle au km.

samedi 1 octobre 2011

Saudade radio…









Alors que dans Le Monde du 24 septembre 2011, Véronique Mortaigne nous apprend que Césaria Evora, 70 ans, met fin à sa carrière artistique, il est bon de faire le voyage à l'envers et profiter du reportage de Jérémi Nureni Banafunzi, en novembre 2008, à la recherche de la maison de Cesaria (en écoute ci-dessous).
  
Voir aussi mon billet du 18 décembre, Radio Mindelo (featuring Cesaria Evora)