lundi 31 août 2026

France Inter : le grand mix en… bouillie de chat !

C'est quoi cette grille de rentrée ? Et d'abord comptons les disparu(e)s. Adèle Van Reeth virée de son poste de Direction en mars et qui voulait revenir à l'antenne… Chou blanc. Eva Bester idem, la case du 20h refourguée à Laurent Goumarre. Pourquoi ? Qu'a donc fait Bester pour mériter un tel sort ? Nul ne sait. Nora Hamadi virée de la Revue de Presse pour laisser sa place à un débutant qui mâche (et mâchouille) ses mots, on va pas mâcher les nôtres ! Emmanuel Khérad, puis Lilia Hassaine et "La librairie francophone" refilée à Goumarre (faut assurer des fois qu'il conserverait les émoluments de sa fonction d'ex-Directeur des programmes). Par contre la deuxième heure de "Zoom zoom zen" devait disparaître. À bout de souffle, Mathieu Noël son animateur et une émission…  interminable. Quant à Thomas Legrand, journaliste qui devait revenir à la rentrée, ce ne sera pas le cas. Il n'y avait donc personne pour inventer quelque chose à cette heure fétiche de 17h ? Gâchis absolu. On racle les fonds de tiroir et la Directrice, Céline Pigalle, fait tout c'qu'il faut pour imposer l'info… tout en haut ! Et il n'y a toujours pas de Directeur/Directrice des programmes. À quoi servirait-il ? À quoi servirait-elle ?

















À commencer par les fins de semaine que Pigalle appelle les ouiken. Baddou en VSD (vendredi, samedi, dimanche) et Demorand au p'tit déj' du samedi et dimanche de quoi avoir envie d'aller écouter Fip ou sa propre playlist, voire lire Télérama (pas les pages radio encensoir de première !). Ben non on va pas écouter, ressassé, ratiociné, ergoté ça suffit de la semaine. On veut vivre autre chose que les lamento de l'info mis à toutes les sauces pour mieux faire avaler la pilule.

Ajoutez à ça les multi, pluri, redi… fusions et vous aurez le profil d'une chaîne qui ne compte plus que sur sa place de première, jusqu'à ce que le vent tourne et envoie une sacrée claque à ceux qui n'auront pas su inventer la radio d'aujourd'hui… The dream is over !

dimanche 30 août 2026

"Je vous embrasse, c'est dimanche, c'est permis"… (Kriss)

Hier, au téléphone, j'aurais bien aimé, en terminant notre causerie, dire à mon interlocutrice "je vous embrasse"… On était samedi et c'était pas permis ! Hier, comme ça m'est arrivé de nombreuses fois, depuis 15 ans avec telle ou tel, j'ai pu converser avec une productrice de radio, de France Inter précisément. Elle qui a "bercé" et accompagné de nombreuses années auditrices et auditeurs. Ce que j'ai envie de vous raconter c'est à quel point c'est troublant d'entendre dans son téléphone une voix qu'on a tellement entendue et écoutée à la radio. C'est troublant et intimidant. Eh ben oui, après tant d'années je suis toujours aussi intimidé. D'abord parce que jamais je n'aurais imaginé que ces "vedettes" pourraient m'adresser la parole. Et encore moins que je sois capable de leur dire autre chose que "vous êtes formidable" ! J'ai eu dix ans (2001-2011) pour me préparer avant le démarrage de ce blog.

Kriss














Je ne ferai pas ici la liste des productrices et producteurs, réalisatrices-réalisateurs, ingé-son, attachées de production, autres programmateurs émérites, animatrices, comme d'autres personnels de la radio publique rencontrés mais, comme je l'ai écrit ailleurs, ils sont dans ma comète et m'ont permis de nourrir ma culture et d'approfondir l'histoire de la radio. Je n'avais pas autant d'assurance il y a quinze ans pour oser raconter quelques faits et anecdotes qui font la matière de cette "fabrique" là. Avec mon interlocutrice d'hier, comme c'est le cas souvent, nous avons redoublé de souvenirs et pu croiser nos "visions". La sienne "in", la mienne "out". Et évoquer des hommes de radio comme Dhordain ou Garretto et des femmes de radio comme Kriss qui me permet de faire le titre de ce billet. On se raconte des histoires avec la même vivacité qu'une partie de ping-pong. Ça vibre, ça vit et ça se remet au présent… "comme si c'était hier" ! Quelle pirouette à accomplir !

C'est un univers la radio. C'est un média qui a accompagné son temps jusqu'à ce que des managères de moins de cinquante ans se piquent de management comme ils auraient managé une fabrique de petits pois en conserve ou une start-up du Marais à Paris.

Alors, encore une fois, merci à vous toutes et tous d'avoir accepté d'évoquer vos bons et moins bons moments, d'avoir témoigné pour l'histoire. L'histoire de la radio vous appartient et je suis heureux de l'avoir entendue de vos voix si singulières et tellement touchantes. 

Je vous embrasse, c'est dimanche, c'est permis.

samedi 29 août 2026

Samedi rime avec rugby…

Il fallait bien que je sorte de la nasse de la semaine épouvantable de rentrée de France Inter qui a tenu toutes ses promesses d'errements et de renoncements. Seul îlot de détente les Nuits de France Culture qui proposaient "Rugby, fête de l'Occident" * par le grand Jean Chouquet (aucun lien de parenté avec Yann Chouquet) et les lectures de Jean-Pierre Marielle et Michel Creton… Pour ce qui concerne ce sport, mâtiné de Sud-Ouest, j'en étais resté au documentaire de Marion Thiba "Le rugby ou le mystère de la balle ovale" (1)…

















* Pour l'instant la page de l'émission n'est pas dispo, cliquez ici puis cherchez à 00h54 dans le programme pour écouter le documentaire.

André Boniface (1934-2024) "La foi je l'ai eue à travers le rugby…, ce sport dans le même mouvement que la vague qui finit par venir s'allonger sur le sable. Quand on vit un match c'est comme un morceau de musique." Avant ces mots de l'international de rugby, ce sont Jacques Sallebert, Directeur de la radio à l'ORTF (2) qui exprime sa ferveur d'un sport qu'il appelle une "religion", puis Jean-Pierre Marielle, le comédien qui lira quelques pages d'un auteur sur ce phénomène sportif : le rugby. Et pour Raymond Abelio "Le stade c'était le moment le dimanche où l'on allait communier avec quelque chose d'autre que la vie quotidienne". (3)

Et voilà qu'Antoine Blondin (1922-1991) entre en scène : "Il propose un art subtil de la réussite dans l’abnégation et l’amitié ou l’homme réputé inachevé par essence se complète enfin, à travers les autres. Un semblable culte de la personnalité suppose une juste distribution des tâches et qu’à chacune des évocations physiques correspondent des dispositions morales. On se plaira à considérer que celle-ci affecte les formes des trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité." Amen ! 

Il poursuit "La foi appartient aux avants dans leur conquête du ballon. On les voit têtus, obtus, battre l'air à la touche, afin de s'emboutir dans le paquet de la mêlée où ils tordent de la viande, comme on essore du linge, en roulant inlassablement des bras de lavandière en béton armé. La charité vient des demis qui transmettent la balle par un rapide calcul où l'esprit de finesse s'introduit dans l'esprit de géométrie. Eux on les voit par le sortilège d'un coup de rein, déployé l'éventail de leur partenaire comme une gitane qui s'évente et cette opération par le fait même peut ouvrir un trou d'air vertigineux. L'espérance enfin s'attache à la course des trois-quarts avec l'aubaine éventuelle d'un arrière intercalé, en l'honneur de qui leurs adversaires directs sonnent des halali car le plus pathétique et le plus succulent apparaissent à l'instant où le rugby démasque ce beau visage ouvert, en même temps viril et frivole qu'il a parfois. Cette allégresse concertée où les éclairs de l'improvisation zèbrent le stade par une illumination qui annonce l'aube." Ite misa est.

Le lyrisme de Blondin et sa capacité phénoménale à décrire les postures sportives, comme il a su si bien le faire dans l'Équipe pour tant et tant de Tours de France. Tout ça devrait vous donner envie de rester dans le match et d'écouter les 100' de ce documentaire vibrant.

En 1974 (et avant) pour les après-midi de France Culture, les auditeurs et les auditrices pouvaient téléphoner à la chaîne au 525 42 42 et en PCV s'ils habitaient la Province… O tempora o mores…

(1) Disponible en VOD. à l'Ina,
(2) ORTF (1964-1975) qui vit ses derniers mois avant la création de Radio France,
(3) Il nous en faudrait aujourd'hui des matchs de rugby pour sortir de la vie quotidienne !

vendredi 28 août 2026

France Inter : Pigalle veut polariser nos fins de semaine à l'infotainment !

Un exercice de style entre communication, convictions pour l'info (mais pas pour les programmes) et enfilage de perles ! Céline Pigalle, Directrice de France Inter, a donné à Télérama (1) une interview de très haut vol. Quelques extraits pour se préparer à être bien polarisé. Sachant que Sibyle Veil s'engage, dur comme fer, à ce que les chaînes de la radio publique dépassent la polarisation infernale de la société. Donc Veil dépolarise (vœu pieux) et Pigalle polarise (conviction). C'est ça la cohérence de Radio France. S'agit juste de naviguer à vue dans cette incohérence formelle et désespérante.

Céline Pigalle










Pigalle y croit dur comme fer ! C'est son credo : "Intuitivement, je voulais repartir à la bataille sur les week-ends, car ils seront des temps forts de la campagne présidentielle." Repartir ? Elle était déjà partie à la bataille ? Mais où ? Pas sur France Inter (elle n'est en place que depuis mars 2026) ! Sur les week-ends !!! Ben voyons Léon, Pigalle décide donc de pourrir nos fins de semaine radiophoniques avec de la campagne présidentielle à tous les étages et de l'info jusqu'à plus soif ! C'est pas de la polarisation ça ? 

Le plus lunaire est à venir. "Il m’importait que nos auditeurs ressentent une continuité d’écoute dans la grille sept jours sur sept". Là on est dans le comique-troupier. Depuis quand (et par qui ?) les auditeurs demandent une continuité d'écoute ? Continuité d'écoute c'est pas le bon mot Madame Pigalle car si on écoute autre chose que du bourrage de crâne et de la propagande c'est, de toutes façons, ne vous en déplaise, de la continuité d'écoute. On voit bien que la seule chose qui vous anime c'est l'info surdopée à l'info, quant aux programmes on verra plus tard. Tragique.

Jacques Sallebert, Journaliste et Directeur de la radio à l'ORTF, incitait auditrices et auditeurs à écouter la radio en fin de semaine, constatant que l'activité de chacun n'est plus la même les samedis et dimanches. Pigalle ne veut rien lâcher, imposer sa vision (étriquée) de la radio et renvoyer aux calendes grecques la nécessité de laisser une grande place à l'imaginaire, au rêve et à la diversion.







La Directrice poursuit : "Ensuite, ce qu’il faut à la radio, c’est du direct, du direct et du direct." Ah bon ? En quoi une émission enregistrée n'aurait pas sa place dans la grille ? Si elle nécessite une production et une réalisation pourquoi s'en priver ! Vision bien primitive de la fabrique de la radio, particulièrement à Radio France qui a tiré son excellence des émissions "élaborées" ! Mais attention le meilleur est à venir :

François Rousseaux (Télérama) : Quelles ont été vos sources d’inspiration ?
"Écouter des reportages. Notamment dans Là-bas si j’y suis, de Daniel Mermet, sur France Inter. Cette émission correspond bien au titre bouleversant du livre d’Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne. Et c’est ça, le journalisme : raconter d’autres vies que la sienne, par-delà les opinions des uns et des autres." Là on s'étouffe, on se pince grave ! Bloch vire Mermet en 2014 après 25 ans de bons et loyaux services et Pigalle voudrait refaire du "Là-bas si j'y suis" sans s'en donner les moyens puisqu'aucune case de la grille ne répondra à la "patte" de Mermet. Donc une phrase de com'. Un genre de vœu pieux pour la galerie ou les gogos qui croient au Père Noël !

Pigalle ajoute : "J’essaie d’être une bonne patronne !" (Syndrome du patronat dans les industries culturelles) Qu'on se le dise Pigalle va donc manager comme une patronne de grosse PME. Ce langage de managère de moins de cinquante ans pollue le service public radiophonique. Pigalle est Directrice d'antenne. Elle ne patronne rien du tout. Point barre.

Et pour finir, en se tapant sur les cuisses, Rousseaux demande à Pigalle où en sera France Inter dans dix ans ! "À une grande marque média, avec pour cœur de métier la radio, écoutée au Liban, au Sénégal, au Québec, partout dans le monde, sur son téléphone, avec l’appli." C'est dingue ce don de voyante extra-lucide ! Qui pourra dire ce que sera Inter même dans deux ans ? Personne. Beaucoup de facteurs politiques, économiques et culturels peuvent bouleverser la donne. On verra en juin 2027 comment une grille focalisée sur l'info aura pu ou non prospérer ou commencer une longue descente aux enfers… Wait and see !

Question subsidiaire : à quoi peut bien servir un Directeur/Directrice des programmes quand la Directrice décide de tout et particulièrement quand le poste est vacant ?

Et ceci pour mieux polariser !



jeudi 27 août 2026

Voinchet : revue de presse… pressée comme un citron !

Comment après un tel battage auto-centré à Radio France, ne pas aller écouter Marc Voinchet, l'ancien présentateur de la Revue de presse de France Culture (1995-1999)? Après l'écoute de ses six premières R.P. (2 par matinales) ces trois derniers jours, on ne peut pas dire que la chose ait beaucoup produit d'effets sur nos neurones et surtout pas du tout donné envie de courir au kiosque. Las, ces "pastilles" manquent de souffle (qu'il semble avoir bien court) ! Encore faudrait-il que Voinchet ne bafouille pas et ne "savonne la planche" à chaque exercice. On tombe de haut. On en appelle à ses illustres devanciers et on se demande qu'elle est la plus-value apportée par l'ex-matinalier qui, c'est le moins que l'on puisse dire, est out. En dehors du jeu et pas du tout convaincant.









Le risible tragique c'est que la matinalière du 5/7, Bernadette Bonnemoy, annonce mardi à l'issue de sa première RP de 6h15 que la prochaine "XXL"  est à venir à 8h46. De qui se moque-t-on ? C'est quoi cette manie d'appeler les choses par une abréviation de taille ! Et surtout quand la taille en question de la dite R.P. est de… 5 minutes. Alors si 5 minutes c'est XXL, la matinale d'Inter devient en 180' un immense tunnel sans fin, non ? Les journalistes usent et abusent de mots ou d'abréviations qui ne veulent plus rien dire, mis à tous les sens possibles et inimaginables, dans tous les sens et surtout dans n'importe quel sens. Madame Pigalle, Directrice de France Inter, pourriez-vous dire à vos journalistes en mal de vocabulaire que la mesure "XXL" a du sens : c'est déjà un grand format ? 

Quant à Voinchet il bafouille et bafouille très bien, trop souvent interrompu par Florence Paracuelos, l'anchorwoman de la matinale appelée "grande matinale", car à France Inter, même 5' c'est grand ! Alors les 180' un assommoir et les ricanements perpétuels de Devillers n'y feront rien. Elle glousse, elle pouffe, elle ricane et galvaude son "grand portrait", le pipolise comme jamais, le RTL-ise à souhait et n'en laisse rien d'autre pour la mémoire que des "pia-pia" et autres "bla-bla" de comptoir. Même Jean-Marie Gourio avec ses blagues de comptoir faisait mieux.

Tout ça pour dire que Voinchet n'apporte rien à sa Revue de Presse, il ânonne quelques titres de presse, court, un œil sur la pendule électronique, tente de ne pas se laisser détourner par les intempestives incises de Paracuelos, fait du gribouillis sur la 1ère radio de France, dont on n'accepterait même pas l'exercice sur une radio associative privée. C'est brouillon, c'est mal dit, c'est sans âme et surtout sans aucune incarnation.

Voinchet qui, dans une autre vie (qu'à France Inter), flatte plus vite que son ombre, aurait encensé Ivan Levaï osant même insinuer qu'il s'engage dans sa continuité comme il l'avait dit du France Musique qu'il dirigeait, dans la continuité de celle de Louis Dandrel, génial Directeur de France Musique (1975-1977) ! Quelle suffisance, quelle absence d'humilité, quelle bouffonnerie. Voinchet qui, de renoncements en renoncements, a réduit France Musique à une antenne de pousse-disques où tant de genres musicaux sont passés à la trappe ne conservant que le classique et, à la marge le jazz et, à la sous-marge, la chanson.

Ivan Levaï










Pourquoi Paracuelos se sent-elle autorisée à court-circuiter en permanence Voinchet ? Quelle autorité à la chroniqueur ? Son statut d'ex-Directeur n'a pas l'air d'émouvoir la communauté de la matinale ? Quelle légitimité a-t-il à faire la Revue de Presse et pas une chronique chez Ali Rebehi, chez Mathieu Vidard ou chez Mathieu Noël ? Il est là parce que la Revue de Presse est prestigieuse et est un exercice d'écriture et de "de mise en scène" ? Pardon, mais l'écriture je ne l'ai pas entendue. Pas plus que je n'ai entendu une tournure, l'incarnation d'une vraie revue et non pas une sélection de trois, quatre titres ! "Revue", une fois de plus ça a du sens ! Ça n'en a plus à France Inter. Il reste en France tant de quotidiens nationaux et régionaux, tant d'hebdos et de mensuels. On garde la case comme une chronicroquette de plus, jetable comme un Kleenex ! Et on donne à l'ancien dirlo une place de choix qu'il ne sait pas occuper ! Sans distinction, sans chaleur, sans vécu. Donc rien. Voinchet n'avait-il pas mieux à faire à la radio que cet exercice de haute voltige pour lequel il est absolument dépassé ?

Souchier, Levaï, Clark, Pommier, Askolovitch, Hamadi racontaient la presse et la défendaient. Voinchet gazouille. En janvier 1978 c'est Jean-Claude Bourret, qui menait la R.P. à France Inter. Ce jour-là il présente un nouveau mensuel de Bandes Dessinées, "A suivre". À la fin de sa chronique je cours chez le kiosquier du coin découvrir et acheter cette fabuleuse revue de bandes dessinées. Et combien de fois j'ai acheté des journaux, suite à la présentation faite par telle ou tel.  

Pour conclure, Voinchet, articule mal, enfile les titres comme on enfile les perles et ce ne sont pas ces perles-là qui feront la Revue de Presse. Mauvais choix, mauvaise pioche de Céline Pigalle. Voinchet n'a ni l'air ni la chanson ! Rideau…

Et le vendredi 28 août, Voinchet branché rediff, nous ressert à 8h47  la moitié de sa revue de presse de 6h16, alors qu'il y avait sûrement de quoi trouver d'autres articles de presse à mettre en avant. Quel naufrage !

mercredi 26 août 2026

Franche Culture : franchement mauvais, éculé, has been !

Maïtena Biraben qui anime la nouvelle tranche d'Inter de 11h à 12h30 n'a pas pu choisir le titre de son émission avec un titre si affligeant. Si ? Dans les années 80 on aurait pu sourire - une fois, pas deux - avec qui aurait trouvé ces deux mots pour détourner et/ou moquer le titre de la chaîne voisine, France Culture ! Titrer ça, un titre aussi balourd pendant un an minimum ça peut faire rire ? Qui ? La Directrice de la chaîne Céline Pigalle ? Le Directeur des programmes ou l'ex-Directeur des programmes Laurent Goumarre ? Le Directeur éditorial de Radio France Vincent Meslet ? Et peut-être même la Pédégère Sibyle Veil dont on connaît l'humour corrosif ? Sur ces quatre "personnalités", deux d'entre elles ne viennent pas de la radio et ne connaissent rien à la radio et à son histoire ! Cherchez l'erreur. Sans culture radio ce staff est juste à côté de la plaque. Alors que pendant longtemps France inter a su avec pertinence et impertinence titrer ses émissions. Qu'on en juge ! 







Embouteillages (Pierre Bouteiller) (1), Radioscopie (Jacques Chancel), Qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de vous, une anti-émission de France Inter présentée par personne (José Artur), À cœur et à Kriss (Kriss), Les pages rousses du Petit Larose (Claude Dominique), L'Oreille en coin (Jean Garretto et Pierre Codou), Dans la ville de Paramaribo il y a une rue qui monte et ne descend jamais (Daniel Mermet), Pentimento (Paula Jacques), Zinzin (Philippe Bertrand), Le tribunal des flagrants délires (Claude Villers), Marche ou rêve (Claude Villers), Y'a d'la chanson dans l'air (Jean-Louis Foulquier), Adrénaline (Jacques Pradel), Comme on fait sa nuit on se couche (Claude Villers), Rien à cirer (Laurent Ruquier), Les bleus de la nuit (Michel Bichebois), On efface tout et on recommence (Brigitte Vincent), Mémoire de poche (Claude Dominique),… Liste non-exhaustive ! 

Franche…ment, je n'ai même pas envie d'écouter ! Un titre c'est une accroche, une invite, un stimuli. Utiliser une "vanne" datée au minimum de quarante ans c'est recyclé l'inrecyclable. C'est une façon de se moquer des auditrices et des auditeurs et de les inciter à moquer la chaîne voisine. Pas très corporate tout ça. 

Gageons que France Culture n'aura pas le mauvais goût de titrer une de ses nouvelles émissions "Rance Inter" des fois que ça pourrait ne pas du tout faire rire !

(1) Même si l'émission s'annonçait comme le "Magazine de Pierre Bouteiller" c'est le titre apparaissant sur les programmes radio de l'ORTF et même de Télérama… Ceci étant Jacques Santamaria, ex-Directeur d'Inter me précise : "si «Embouteillages» est bien le titre, c'est le sous-titre «Le magazine de Pierre Bouteiller» qui s’est peu à peu substitué au titre, en même temps que changeait l’indicatif. On quittait le thème spécialement composé par Claude Bolling, et qui s’appelait «Paris en bouteilles», pour le «Girl talk» de Neal Hefti." CQFD.

Encore un billet écrit sans le recours à l'I.A. juste à l'aide de ma petite mémoire pas tellement artificielle,

mardi 25 août 2026

Salamé : "Bouvard m'a tuer"… ou la diagonale du vide !

Pas de bol ! Alors qu'hier matin toute la presse s'apitoie (et pleure) sur le retrait volontaire de Léa Salamé de la présentation du 20h de France 2, Bouvard casse sa pipe au petit matin. Philippe Bouvard, animateur de radio et de télévision, journaliste, patron de presse, tenait la bonne recette pour fidéliser à la radio un public populaire, fidèle aux calembours (pas toujours de très haut niveau, pour ne pas dire en dessous de la ceinture), à l'humour caustique de l'animateur et à son impertinence. Il a fait les très beaux jours de Radio-Luxembourg puis de  RTL. "Les grosses têtes" (1) une émission à la longévité exceptionnelle : de 1977 à ce jour, reprise par Laurent Ruquier en 2014…

Philippe Bouvard le 22 mars 2017

Crédit : Camille Kaelblen / RTLnet



















Les médias et la presse attendaient depuis des mois de savoir si Léa Salamé poursuivrait ou pas sa présentation du 20h, événement plus important que la venue du Pape ou de C.D. ! C'est juste pitoyable et grave pour une société à ce point focalisée sur… un vide existentiel pathétique ! On s'inquiète d'imaginer qu'il n'y a qu'une seule personne pouvant officier au 20h. C'est plus la grand messe c'est carrément un concile chaque soir ! Rideau.

Quant à Bouvard il aura été en phase avec son siècle (le vingtième), dans l'air du temps, bien au chaud dans ses malices et ces certitudes, assez souvent réactionnaire. C'était un "littéraire cultivé" (2) mais qui a surtout voulu jouer avec la culture ou l'inculture des "académiciens" qu'il invitait chaque jour dans son émission, pour tenter d'être un peu au-dessus des potins et de la culture des faits divers dont son remplaçant use et abuse.

(1) Inventée par Jean Farran, directeur de la station depuis 1966 et sûrement par Roger Kreicher, directeur des programmes…
(2) Il a eu les honneurs d'"À voix nue" sur France Culture. Chaîne qui ne sait pas honorer les siens comme Alain Trutat quand, RTL, a consacré toute sa journée d'hier à son animateur vedette…

lundi 24 août 2026

Si ça vous chante… David Jisse

C'est dimanche. je laisse quelques instants la lecture de la longue série d'Annick Cojean dans le Monde "Paroles d'Afghanes". Juste insoutenable. Car il ya quelques jours j'ai commencé la réécoute de l'émission du samedi "Si ça vous chante" de David Jisse (France Culture, 1996-1997). L'idée m'en est venue après la réécoute de son documentaire sur le "Balajo, mémoire vivante des bals-musette"… Il a fallu que j'aille fouiller très loin ma mémoire pour me souvenir de ces samedis-soirs en famille. Dix minutes arrachées à la routine ou à l'affalement sur le canapé-télé (sauf qu'on avait pas la télé, ça aide). Dix minutes de poésie chantée, dix minutes sensibles, dix minutes intemporelles à vous donner des frissons tant Jisse y mettait tout son cœur pour s'insérer avec tact entre les trois ou quatre morceaux choisis pour cette virgule magique et somme toute inoubliable… Trois p'tites chansons et puis s'en vont !

David Jisse









Jisse, de tout son être, cultive nostalg', mélancolie et amour de la chanson. Sans jouer ni surjouer. Juste, passant par là samedi soir, donner à entendre et réentendre des airs connus ou inconnus. Pour le plaisir. Il s'engage à partager ses émotions. J'ai eu la bonne idée ces années-là d'enregistrer sur "Mini-Cd-Sony" toutes ces émissions. Elles étaient au grenier et je ne pensais pas y remettre l'oreille, ou pas tout de suite ou jamais. Il a fallu un déclic et la voix de David Jisse (1946-2020), producteur… particulier. Auteur-compositeur-interprète. J'en parlais déjà un peu ici.

Ce billet parce qu'aujourd'hui Radio France (et d'autres radios privées) casse l'été, casse le mois d'août pour revenir dans la bonne vieille routine. Autrefois on pouvait se réjouir des grilles d'été imaginatives, inventives, festives. Aujourd'hui les rediffusions des multi-diffusions de Richeux et consorts nous font déserter la radio sans projet, sans cap, sans passion. Autrefois la rentrée radio se calait sur la rentrée scolaire. Puis les radios privées ont vite voulu "gagner du temps" et permettre aux annonceurs de nous abrutir des promos de rentrée. La radio publique, bonne moutonnière, a suivi.

Franchement Voinchet à la Revue de presse (Inter) et Goumarre à 20h (Inter) qui saute de joie pour ça ? Un ancien Directeur de programmes (Goumarre) qui revient au micro c'est du jamais vu ! La misère des programmes et les renoncements accumulés feront plastronner Sibyle Veil, la Pédégère de Radio France, bramant qu'il convient de dépolariser quand toutes les chaînes (excepté Fip) plient sous les injonctions de l'information, elle bien polarisée et surjouée.

Jisse nous manque comme nous manquent ces petites "pastilles" de programmes courts qui pouvaient être autant de clins d'œil et de clins d'oreille, surprenants, réjouissants, stimulants. Je rends destinataire de ce billet Albane Penaranda, productrice des Nuits de France Culture, qui peut-être pourrait rediffuser (toute l'année, une par semaine) les quarante-huit émissions "Si ça vous chante" (1) et alors…

Ça nous enchanterait !

Dans l'émission du 30 novembre 1996, Jisse ouvre son programme avec "Je vous aime" de Jean Ferrat… "Pour ce rien cet impondérable qui fait qu'on croit à l'incroyable, au premier regard échangé, pour cet instant de trouble étrange où l'on entend rire les anges, avant même de se toucher…"

(1) Réalisation Patricia Prigent.

jeudi 20 août 2026

Radio France : quand t'as été Directrice ou Directeur d'une chaîne il y aura toujours une place pour toi au micro !

Après avoir quitté la Direction de France Culture (1999-2005) Laure Adler, Madame Laure Adler, ne pouvait pas se passer du micro. Après quelques errements dans l'édition, Philippe Val, Directeur de France Inter, l'accueille à la rentrée 2009. Elle animera le vendredi soir, "Studio  théâtre" jusqu'en 2015. Une bonne petite rente qu'il fallait développer. On passe à "Permis de penser" (sic), toujours sur France Inter et puis ce sera le Graal, l'"Heure bleue" (2016-2023), chassant au passage Kathleen Evin qui n'avait pas démérité avec son "Humeur vagabonde". La priorité des priorités c'est faire une place (case/caser) à Laure Adler. Advienne que pourra !










En 2015, sans qu'il l'ait vu venir, Marc Voinchet apprend qu'il va quitter l'animation de la matinale de France Culture. Pourquoi ? Pour qui ? Pour laisser la place à Guillaume Erner… On lui offre alors la Direction de France Musique. Pourquoi ? A-t-il un soupçon de légitimité musicale ? Que nenni ! Mais l'objectif du Directeur éditorial de Radio France, Frédéric Schlesinger, est de faire muter France Musique sur le web, alors Voinchet ou quelqu'un d'autre, aucune importance ! Voinchet va donc diriger pendant dix ans France Musique et rendra la station amorphe, sans voix ou plutôt sans parole. Et Voinchet d'agiter tous les trois mois la médiamétrique plutôt que d'agiter la zique (et la chanson en portion très congrue).

Et patatrac ! Alors que la bascule/bouscule des antennes de France Musique s'opère, la station redistribue à tout va sous l'égide de Voinchet et voilà que le 18 août la nouvelle tombe "Voinchet quitte la Direction de France Musique…" Insoutenable ! Son adjoint Stéphane Grant prend la relève. Miracle ! On ne laissera pas Voinchet errer la campagne, alors il animera la revue de Presse de France Inter dès le  24 août. Un métier qu'il avait déjà exercé sur France Culture au XXè siècle. Il aura juste suffi pour lui faire "une place en or" de dégager Nora Hamadi qui animait la R.P. depuis un an. Le bonheur des uns…

On attend Voinchet au tournant qui devra donner un ton à sa R.P. et surtout inciter auditrices et auditeurs à lire le journal ! Et ne pas se sentir confortablement assis dans un fauteuil…éjectable ! Des fois que Guillaume Erner aurait besoin d'un atterrissage d'urgence !

mercredi 19 août 2026

Alain Trutat : une écriture radiophonique…

David Christoffel a, pour la musique, le verbe haut ou tient en haute estime le verbe qui lui permet d'épisode en épisode, de verbe en verbe, d'évoquer sur "Métaclassique" une autre approche de la musique classique et,… au-delà. Et voilà qu'à quelques jours des vingts ans de la disparition d'Alain Trutat, Christoffel tente "Radiophoner". On peut comprendre le producteur qui, attaché à la radio, n'allait quand même pas télé… phoner ! Et sans plus attendre Christoffel d'évoquer l'écriture radiophonique qui, tout à coup, nous fait l'effet d'évoquer un monde disparu !

Alain Trutat

















Si Schaeffer considérait la radio comme le 8è art, Trutat  voulait, lui, faire vivre la radio "comme un des beaux-arts et crée, à partir de 1969 sur France Culture, "un créneau radiophonique" de trois heures l'Atelier de Création Radiophonique (ACR). On pourrait dire "une radio dans la radio" (1). Pas étonnant que Jean-Marie Borzeix, Directeur de France Culture (1984-1997) savait parfaitement camper le personnage "une vie à fuir les honneurs et les premiers rangs et un homme par nature peu enclin à faire des concessions. Le tableau est bien brossé. Trutat s'est imposé comme un inventeur-découvreur-passeur de quelque chose qui dépassait la "bonne conversation de salon dans un studio" et l'enfilage de perles au kilomètre. (2)

Trutat, "l'éminence grise de la radio", à travers quatre de ses complices (3) va se révéler être un homme de radio hors-normes, un esprit libre et un visionnaire. Il est bon d'entendre dire par Christine Rey "sans moyens techniques il n'y a pas de création radiophonique". Une équation qui fait écho aux orientations mortifères de Radio France qui, aujourd'hui, coupe moyens techniques sur moyens techniques et tente de nous faire croire que la création radiophonique continue d'exister (4). Au titre de cette création Christoffel fait raconter à Michel Creïs, un documentaire produit par Andrew Orr (5) où les cris s'immiscent dans la narration? 

Jacqueline Trutat, Paul Eluard et Alain Trutat















Alain Trutat était le spécialiste des "hors-cadres" et pour rencontrer "les gens" il marchait avec eux dans les couloirs de la Maison de la radio ! Un genre de labyrinthe apparent explique Christine Rey. En évoquant Paranthoën, Rey explique le soutien de Trutat (presque inconditionnel pour l'inseigneur du son) qui était dans "l'amour du son. C'était quelqu'un d'indépendant, avec une ouverture (aux autres) et à la liberté". Il vous faudra entendre et écouter comment Michèle Cohen tisse l'histoire de l'ACR et celle mêlée d'Alain Trutat. "On faisait du "bricolage", d'une, écriture à la main, des pleins et des déliés, tout était fait main". Ce qu'un pédagogue comme Célestin Freinet aurait appelé le "tâtonnement expérimental". Et Cohen ajoute "Le son c'était sacré".

En un mot comme en cent, Alain Trutat était un génie. Pas moins !

(1) Expression communément de mise pour "L'oreille en coin", France Inter, (Garretto et Codou) comme pour "Nuits magnétiques" (Veinstein),
(2) Telle que la pratique, sans aucune conviction, Marie Richeux sur France Culture et de nombreux producteurs et productrices (Inter et Culture) en panne absolu d'imaginaire,
(3) Kaye Mortley, documentariste et productrice, Michel Creïs, ingénieur du son, Christine Rey assistante et Michèle Cohen (assistante), 
(4) Exclusivement pour les privilégiés tels Philippe Collin qui peut aligner, de série en séries, des moyens humains (10 personnes) et techniques exceptionnels,
(5) "À chaque porc vient la Saint-Martin", d’Andrew Orr. Atelier de Création Radiophonique, diffusé le 15 avril 1979, France Culture. Réalisation Marie-Dominique Arrighi, Michel Creïs, Bernard Dassieu, 

Surprenant Johnny Halliday et son parrain Alain Trutat et sa "Mythologie de poche de la radio" par Thomas Baumgartner.



mardi 18 août 2026

Radio France : les chaises musicales continuent… qu'est-ce qu'on se marre !

Jeudi 18 août aux alentours de 18h alors qu'on est (pour certaines et certains) censé être encore en vacances les "nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent", même si venant de Radio France ça ressemble plutôt, depuis mai, au feuilleton continu pour annoncer arrivées et départs.  Cette façon de faire "émiettée", dispersée, ne ressemble plus du tout à ce qui se faisait autrefois, à savoir, toutes les annonces à l'occasion de la Conférence de presse de rentrée de Radio France. Maintenant chacun donne au compte-gouttes sa petite info, laisse planer un peu de suspens ou se mure dans un silence de cathédrale comme le Directeur d'Ici, Laurent Guimier. Toute cette façon de faire pour tenir en haleine auditrices et auditeurs qui attendent de "voir", d'entendre, loin de s'intéresser à la "cuisine interne" et aux effets de manche !.

Nora Hamadi n'aura tenu la R.P qu'un an sur France Inter,
remplacé à la rentrée par Marc Voichet…














Donc, le Directeur de France Musique quitte la chaîne, laisse la place au directeur des programmes Stéphane Grant. Autant dire, qu'éventuellement à la marge en janvier, rien ne changera pour la grille élaborée par Voinchet et Grant. Qui voudra croire que la décision a été prise hier ou ce matin ? Personne. Sans doute qu'il fallait laisser couler un peu d'eau sous les ponts (alors qu'on est en pleine sécheresse) pour ne pas faire coïncider le départ de Voinchet avec le basculement de nombreuses fréquences de Musique vers Ici ou France Info, le 22 juillet. Le Directeur annonçait depuis plusieurs mois qu'il voulait retrouver le micro, son vœu a été exaucé !

Le voilà donc qui arrivera le 24 août à la "Revue de Presse" (1) de France Inter. Il a eu beau côtoyer l'exercice sur France Culture (dans la matinale de Jean Lebrun) de 1995 à 1999, il va lui falloir faire montre d'une capacité à enrouler subtilement les titres de presse et surtout imposer que les journalistes rédacteurs des articles cités soient nommés (y tient-il ? On n'en sait rien). On est quasiment assuré qu'il citera "Diapason" et n'hésitera pas à montrer que le mensuel est perplexe sur l'avenir de France musique en FM.

Assez amusant que Télérama, ce soir, emploie pour désigner Voinchet le terme de "patron", mot plus en vogue dans les sphères managériales. Yves Jaigu, Jean-Marie Borzeix, Patrice Gélinet (2), Pierre Wiehn, Jean Garretto, Pierre Bouteiller, Jacques Santamaria, (3) n'ont jamais été nommés comme "patrons". Quant au terme de "taulier" pour désigner Claude Askolovitch, toujours dans Télérama, qui a tenu la "Revue de Presse" d'Inter pendant huit ans, l'hebdomadaire fait carrément dans le trivial. On aimerait savoir ce qu'en pense la taulière de Télérama ?

Voinchet sera-t-il un jour "taulier" ? Il a eu bien avant lui un très illustre devancier et conteur en la personne d'Ivan Levaï sur France Inter (4). L'accent de Toulouse pourra servir, il faudra juste que Voinchet donne envie de lire la presse et non pas juste en faire la promotion. Wait and see.

(1) À 6h15 et 8h45,
(2) Directeurs de France Musique, 
(3) Directeurs de France Inter,
(4) Aussi Dominique Souchier, Pascale Clark…

lundi 17 août 2026

France Inter : Pagnol vs Ascaride… Ariane vs Marcel !

C'est une bonne affaire que nous a proposé France Inter pour ce mois d'août. Un feuilleton - je fais exprès d'écrire feuilleton pour celles et ceux qui l'ont pensé en "série" - chaque jour à la fin du journal de 13h. Qu'est-ce qu'une série vient faire là ? Et pourquoi ce minutage d'environ 12' par épisode et pas 15 ou 20 ? Je comprends pas. C'est pas très grave, mais à l'heure de la sieste ç'eut été magnifique. Magnifique pour se laisser bercer, magnifique pour s'endormir, magnifique pour se réveiller des cigales plein les rêves. Mais bon je ne suis pas Directeur des programmes hein ! Sachez toutefois que je n'écoute jamais le journal de 13h ni aucun autre journal d'Inter. Alors j'ai été sur la page dédiée de "L'odyssée de Marcel Pagnol" et écouté en replay chacun des épisodes. J'écris ce billet dimanche, treize épisodes ont été publiés, j'écouterai les deux qui manquent à parution.

Ariane Ascaride sur le tournage de
"Marius et Jeannette" de Robert Guédiguian (1997)
Suzanne Rault Ballet, Sygma via Getty Images






















Avant de vous en dire un peu plus, il faut que j'annonce que le 3 août dans Le Monde (1) Emilie Grangeray avait, comme à son habitude quand elle chronique la radio, été dithyrambique à n'en plus pouvoir. Comme elle l'est à chaque fois pour Colin (France Inter), pour un documentaire ou une série de LSD sur France Culture. On pourra juste regretter que la journaliste ne parle jamais de la situation (périlleuse) du documentaire, du rétrécissement de la création radiophonique ou des imparables rediffusions des multi-diffusions sur la radio publique. Ce prisme des admirations perpétuelles laisse dubitatif !

Donc, autant ne pas traîner, Ariane Ascaride est non seulement tout à fait à sa place pour cette Odyssée (2) mais elle a trouvé l'angle ad hoc pour converser avec Pagnol, Pagnol et tous ses acolytes, mais aussi Pagnol et Raimu (3). Native de Marseille la comédienne est forcément raccord avec le sujet et mieux, elle l'enchante. Se mettre en jeu était la bonne façon et de fait on se prend soi-même au jeu de la conversation dans laquelle on aimerait quelque fois intervenir. Car, quand on connaît le sujet, c'est tentant bien sûr. Alors chapeau Ariane c'est bien mené et comme aurait dit Jean d'Ormesson "C'est épatant" !

Justement ce dimanche j'ai eu envie de revoir "Toni" de Jean Renoir sur la "Cinetek" et coup de bol - y'a pas de hasard - on a le droit à un bonus où Guédiguian parle aussi de Pagnol et de la bande des acteurs attachés au cinéaste. Ariane Ascaride elle-même avait relevé toute l'importance de ces seconds rôles majeurs dans le cinéma de Pagnol. Merci à Inter, à Ariane, à Perrine, à Audrey et à Claire pour cette série d'été. Et comme vous l'entendrez "Monsieur Raimu est un génie" auquel j'ajoute… "Et Pagnol aussi" !!!!

(1) « L’Odyssée de Pagnol par Ariane Ascaride », sur France Inter : Marcel, Marseille et moi,
(2) La série a été proposée par Perrine Malinge, chargée de programme à France Inter, Réalisation : Audrey Ripoull, Claire Destacamp,
(3) Si j'ai toujours entendu parler de Raimu ou de Jules pour ses amis je n'ai jamais entendu parler de "Jules Raimu"… Jules Muraire de son patronyme d'état-civil a en verlan trouvé le pseudonyme de Raimu qui lui allait comme un gant.

vendredi 14 août 2026

Sous le pont des arts : les mariniers…

Il m'est arrivé de vous dire que des mots titillent la mémoire et qu'à partir d'un mot, d'un pays, d'un objet, notre mémoire nous donne envie de réécouter une ou des émissions de radio. Mais hier c'est un dessin posté sur Bluesky qui m'a touché. Dans une aquarelle de Ronald Searle sur le Pont des Arts à Paris, sur un banc un homme agé semble résigné, un couple de jeunes se fait un câlin, et quelques péniches passent sous le Pont Neuf. Alors tout de suite m'est venu en tête le poignant documentaire de Josette Colin "Les mariniers". Mariniers qui eux passaient sous le Pont des Arts…

Ronald Searle, 1976


Josette Colin, réalisatrice à France Culture, a pour une fois accepté d'être productrice d'une série de quatre épisodes de "Nuits magnétiques" avec comme équipe de réalisation Medhi El Hadj et Michel Creïs. Josette racontera sa propre enfance à travers la vie des mariniers qui était le lot de ses parents.

Mehdi partage avec moi une anecdote savoureuse «Josette enfant dans la cale de la péniche, promenait sa poule sur le guidon de son vélo». La réalisatrice a conscience d’avoir vécu une enfance privilégiée comme aussi d’avoir été souvent montrée du doigt par les enfants d’à terre, moqueurs et jaloux d’une forme de liberté dont les enfants de mariniers bénéficiaient. Mehdi reconnaît surtout les qualités de sa collègue qui transpirent ici dans son documentaire. Sincérité, humilité, humanité. Elle dit «La lenteur et la douceur du milieu aquatique retentit sur la personnalité des mariniers… » et sur celle de Josette Colin assurément. Et sans doute aussi sur celle des aquarellistes de passage…