"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
jeudi 8 septembre 2016
Anne de Jongh : la parole enchantée... Par Sylvie Gasteau
Sylvie Gasteau est une fureteuse des ondes. Plus qu'une documentariste dont elle ne revendique pas le titre. Elle court la campagne, la ville, le monde. Elle court et prend au vol l'humanité. Á l'écoute du monde qui l'entoure, Gasteau prend le pouls d'un monde qui diffère du monde que les médias crachent seconde par seconde. "La rebelle à la licorne" son nouveau documentaire (1) est empreint de son humanité et de son attachement á ce mode-là, invisible et/ou inaudible, inouï même.
Anne de Jongh est née lourdement handicapée. Sylvie Gasteau :"J’appréhendais d’enregistrer Anne tant parler lui coûtait d’efforts. Et j’ai très vite su qu’il fallait non pas retranscrire le récit d’Anne, mais s’en saisir comme d’une matière sonore précieuse, inédite, musicale, tout en maintenant le récit de sa vie car Anne a beaucoiup de choses à dire et a grandi dans la musique." (2)
Et Gasteau d'évoquer l'histoire de "Vivre debout", l'association (parrainée dès l'origine par Jacques Brel). Formidable mouvement de sensibilisation au(x) handicap(s) en prise direct avec les institutions et les autorités qui ne pourront longtemps "fermer les yeux" et surtout qui mettront en place les moyens et structures utiles aux handicapés.
Gasteau est une "tisseuse/métisseuse" de genres, de styles, de vibrations. S'effaçant toujours derrière ses sujets, mettant au premier plan ceux dont elle évoque les parcours. Écouter Gasteau c'est changer de monde à défaut de changer le monde. C'est sur le fil se déciller, c'est écouter plus que d'entendre. C'est aussi changer de cap, changer d'angle, et surtout de regard. Gasteau est une petite fourmi qui a définitivement toute sa place á la radio publique. Par la porte ou par la fenêtre.
(1) Diffusé ce 8 septembre á 23h sur France Culture "Creation on air",
(2) Extrait de la présentation que Gasteau donne sur la page de l'émission.
mardi 6 septembre 2016
Documentaire vs info : la bonne parole de Tënk...
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Jeune public conquis par le documentaire |
Je réagis à chaud car c'est vraiment un p'tit bonheur que d'avoir entendu ce matin Jean-Marie Barbe, responsable du Festival du film documentaire à Lussas (Ardèche) dans l'Instant M sur France Inter. Vous pourrez ricaner si ça vous chante et dire "Encore L'Instant M !" n'empêche que la mise en valeur du documentaire à la radio qu'il soit audio ou visuel est si rare que je suis bien obligé de le constater. Et ici l'interpellation de Sonia Devillers, pointue sur la TV, a permis de mettre en lumière la façon dont le documentaire a fini par fuir le petit écran. "Dès les années 91/92 tous les directeurs de chaînes y compris ceux des chaînes publiques n'ont plus eu que le souci de l'Audimat !" dit Jean-Marie Barbe à qui le phénomène impérialiste n'a pas échappé.
Dans la même veine Barbe défend :"Un vrai projet culturel et politique pour développer partout dans le monde des documentaristes". Cette ambition doit être accompagnée et soutenue et surtout être une alternative à l'info, ce que j'appelais dans mon billet d'hier le tout-info ! Barbe dit aussi : "Documenter voilà l'enjeu différent d'informer".
Et il ajoute : "Il y a un monde de la TV, un entre-soi" qui a fini par écarter la forme documentaire des formats TV très stéréotypés. Barbe est venu ce matin sur France Inter secouer l'arbre à palabres pour y faire entendre quelques vérités bonnes à dire. Vous vous plongerez sûrement sur leur plateforme "Tenk" qui en Wolof (langue de Casamance, Sénégal,..) veut dire " énoncer une pensée de façon claire et concise".
Alors maintenant si vous avez toujours envie de ricaner... Á bon entendeur, salut !
lundi 5 septembre 2016
À Radio France : une conférence de presse... sans âme ou si peu
On se demande bien pourquoi Radio France propose une Conférence de Presse pour présenter les programmes de ses sept chaînes puisque la plupart des directeurs se sont appliqués fin juin à informer qui Télérama, Le Figaro, ou Le Monde des nouveautés de la rentrée ? Ce mercredi 31 août au studio 104 pouvait alors commencer un show dont on se demande qui avait bien pu avoir l'idée saugrenue de choisir comme M.C. féminine S.A. une chroniqueuse humoristique de la matinale d'Inter ? C'est le mot "humoristique" qui ne va pas. Cette personne rame beaucoup et ne fait rire qu'elle (1) ! Mauvaise pioche donc ! Heureusement que Jean-Mathieu Pernin était là pour relever le niveau.
Avant d'y revenir notons que le Pdg, Mathieu Gallet, dans son propos liminaire notait "...la saison électorale qui est déjá en marche" En marche ? Mais ces deux mots ne sont-ils pas le titre d'une nouvelle formation politique portée par l'ex-ministre des finances Emmanuel Macron ? Message subliminal peut-être ?
France Musique ouvrait le bal ! L'expression est à-propos puisque le directeur de la chaîne, Marc Voinchet avait choisi rien moins qu'un danseur de claquettes et quelques musiciens pour ponctuer ses propos et ceux des productrices (Saskia Deville, Nathalie Piolé et Elsa Boulbil). Productrices "jeunes et dynamiques" bien décidées à prendre toute leur place sur la chaîne. Le "scoop" étant que dans trois mois France Musique proposera 7 web-radio qui complèteront l'offre musicale de France Musique.
Il faudra attendre la présentation de Fip pour retrouver un peu de sensibilité et de légereté. Cette chaîne choisit de lire par sa directrice Anne Sérode et quelques acolytes auditeurs (belle initiative) les lettres d'auditeurs qui vouent un culte d'amour à leur chaîne bien aimée. Belle performance et souci d'interpeller la presse d'une façon originale quand (excepté Mouv') les autres chaînes se contentent d'un exercice fastidieux, sans peps et sans humour.
Á franceinfo avec lucidité (et humour) les journalistes s'appellent les "métronomes". L'info est devenue de fait là métronomie de Radio France. Mais n'est-il pas invraisemblable que le Pdg, Mathieu Gallet n'ait pas jugé, dans son discours introductif, d'informer la presse sur le recrutement non finalisé d'une directrice ou d'un directeur pour France Bleu (nomination de la personne retenue début octobre) ? On vit donc sur scène cinq personnes motivées (par leur propos) mais sûrement assez désemparées que personne n'ait pu à ce jour "faire l'affaire".
Cette conférence de presse ressemblait plutôt à une séance d'auto-promotion pour laquelle on a bien entendu et compris que de tous les programmes c'était l'info la reine et que France Inter, France Info et France Culture en feraient des tonnes au risque d'être redondantes ! S'enfermer dans cette posture finira par lasser la "représentation nationale" qui n'aura pas de scrupule à couper les cordons de la bourse de Radio France tant, excepté France inter et France Info, la course à l'info de France Culture dépasse largement le cadre de sa thématique culturelle.
Pour la première fois depuis six ans j'ai suivi en direct sur mon ordinateur cette conférence de presse qui n'en valait pas le déplacement tant le show d'auto-satisfaction cachait les enjeux managériaux et ceux qui concernent la rénovation de la maison ronde qui, "en creux", pourraient très vite revenir sur le devant de la scéne et remettre sur le tapis ce qui, après le long conflit de 2015, n'a toujours pas été "réglé". La baisse drastique des moyens financiers à entre autres fait faire des choix sélectifs â la direction générale et à la direction de l'éditorial. Celui d'un "tout info" ou d'un "sur-info" pour 5 dès 7 chaînes risque vite de se révéler, passée la présidentielle, luxueux et redondant. La chute n'en sera que plus brutale.
(1) "... Celle qu'on surnomme France Cul, pour les intimes [blanc] la radio pas Sandrine Treiner"
Désolé, mais mon interruption involontaire d'ordi, ne me permet pas pour l'instant d'ajouter des images !
Avant d'y revenir notons que le Pdg, Mathieu Gallet, dans son propos liminaire notait "...la saison électorale qui est déjá en marche" En marche ? Mais ces deux mots ne sont-ils pas le titre d'une nouvelle formation politique portée par l'ex-ministre des finances Emmanuel Macron ? Message subliminal peut-être ?
France Musique ouvrait le bal ! L'expression est à-propos puisque le directeur de la chaîne, Marc Voinchet avait choisi rien moins qu'un danseur de claquettes et quelques musiciens pour ponctuer ses propos et ceux des productrices (Saskia Deville, Nathalie Piolé et Elsa Boulbil). Productrices "jeunes et dynamiques" bien décidées à prendre toute leur place sur la chaîne. Le "scoop" étant que dans trois mois France Musique proposera 7 web-radio qui complèteront l'offre musicale de France Musique.
Il faudra attendre la présentation de Fip pour retrouver un peu de sensibilité et de légereté. Cette chaîne choisit de lire par sa directrice Anne Sérode et quelques acolytes auditeurs (belle initiative) les lettres d'auditeurs qui vouent un culte d'amour à leur chaîne bien aimée. Belle performance et souci d'interpeller la presse d'une façon originale quand (excepté Mouv') les autres chaînes se contentent d'un exercice fastidieux, sans peps et sans humour.
Á franceinfo avec lucidité (et humour) les journalistes s'appellent les "métronomes". L'info est devenue de fait là métronomie de Radio France. Mais n'est-il pas invraisemblable que le Pdg, Mathieu Gallet n'ait pas jugé, dans son discours introductif, d'informer la presse sur le recrutement non finalisé d'une directrice ou d'un directeur pour France Bleu (nomination de la personne retenue début octobre) ? On vit donc sur scène cinq personnes motivées (par leur propos) mais sûrement assez désemparées que personne n'ait pu à ce jour "faire l'affaire".
Cette conférence de presse ressemblait plutôt à une séance d'auto-promotion pour laquelle on a bien entendu et compris que de tous les programmes c'était l'info la reine et que France Inter, France Info et France Culture en feraient des tonnes au risque d'être redondantes ! S'enfermer dans cette posture finira par lasser la "représentation nationale" qui n'aura pas de scrupule à couper les cordons de la bourse de Radio France tant, excepté France inter et France Info, la course à l'info de France Culture dépasse largement le cadre de sa thématique culturelle.
Pour la première fois depuis six ans j'ai suivi en direct sur mon ordinateur cette conférence de presse qui n'en valait pas le déplacement tant le show d'auto-satisfaction cachait les enjeux managériaux et ceux qui concernent la rénovation de la maison ronde qui, "en creux", pourraient très vite revenir sur le devant de la scéne et remettre sur le tapis ce qui, après le long conflit de 2015, n'a toujours pas été "réglé". La baisse drastique des moyens financiers à entre autres fait faire des choix sélectifs â la direction générale et à la direction de l'éditorial. Celui d'un "tout info" ou d'un "sur-info" pour 5 dès 7 chaînes risque vite de se révéler, passée la présidentielle, luxueux et redondant. La chute n'en sera que plus brutale.
(1) "... Celle qu'on surnomme France Cul, pour les intimes [blanc] la radio pas Sandrine Treiner"
Désolé, mais mon interruption involontaire d'ordi, ne me permet pas pour l'instant d'ajouter des images !
dimanche 4 septembre 2016
Manège d'été… à France Musique (1/33)

Pendant deux mois, cet été 2016, Laurent Valero et Thierry Jousse, séparément, nous ont offert deux heures quotidiennes de petits bijoux musicaux. Deux heures, de dix-huit à vingt heures, qui passent, fuient et puis le vingt-six août c'est fini. Mais c'est quand même pas possible de laisser s'envoler une telle richesse dans l'éphémère. Alors, comme je l'ai fait moi-même (souvent l'émission à peine finie) je vous propose de réécouter chaque dimanche (idéal) un épisode de leur saga d'été. Juste avant de les retrouver ensemble à 18h, sur France Musique pour le nouvel "Easy tempo"…

1. Autour de "West (Jazz) Side Story"
Le voilà. il approche à pas de loup. Y'a pas quatre jours que le maître des lieux, le titulaire, que dis-je le tutélaire, Alex, (Dutilh de son nom) a quitté les lieux. A refermé l'Open, a souri de prendre congé et hop " youp la boum Prospère" a pris la poudre d'escampette comme d'autres prennent les eaux à Amélie (les Bains). Le voilà donc ce Laurent Valero qui, il y a quelques heures encore faisait dans le tempo, l'Easy Tempo même, avec son alter et son égo Thierry Jousse lui-même !
18h ont sonné, ce 4 juillet, au beffroi de Romorantin (y a-t-il un beffroi à Romorantin, Dieu seul le sait ?) et Valero solo s'installe pour deux heures au micro de ce que quelques malins ont appelé "Retour de plage". Il en va des Retours de plage comme des Retours de noce, ça chante et ça prend les chemins de traverse. Ça zigzague, ça swingue, ça chuinte et quelques fois même ça roucoule. Les malins savent qu'entre les sillons d'une galette (33 ou 45 tours) s'étalent des plages qui ne demandent qu'à tourbillonner au manège d'un été.
Ça démarre. À la cool en douceur. Faut garder la clientèle de l'Open. Pas brusquer le chaland. Moderato cantabile aurait dit Marguerite (Duras). De sa voix la plus douce Valero souffle "Something coming"… On a tiré le transat (rayé bleu), sorti le Panama de derrière les chapeaux et les glaçons du frigo. Tout baigne ! "Le ciel est bleu, la mer est verte". Valero est le roi du tissage/métissage. Il nous emporte sur ses rives. Si on ferme les yeux pas moyen de dormir. Ce serait un crime… De lèse majesté ! On savoure. On est bercé. Et on se demande inévitablement "Mais où va-t-il chercher tout ça ?"
(À suivre)

samedi 3 septembre 2016
Soudain l'été dernier… 5/7
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Brice Couturier |
Mercredi 7 septembre
J'ai "gommé" quelques lignes qui pouvaient faire polémique quand je voulais surtout dénoncer la morgue de ce journaliste qui use et abuse de ce 4ème pouvoir.
Couturier : fiel ton mari… (1)
Au soleil de l'été, vous étiez peinards à siroter votre caipirinha, et personne pour vous déranger avec des infos improbables (bis repetita). Pourtant ce 19 août, votre voisine de villégiature se fait un plaisir de vous porter son Figaro quotidien qui finit inexorablement par emballer les épluchures. Et parmi les fanes de carottes, et autres peaux de courge, vous découvrez, horrifié, la diarrhée que l'affligé dégueule plus vite qu'un bouchon met de temps à se former sur l'A7 un jour de grand départ !
Vous écartez d'un revers de main les épluchures et vous apprêtez à lire l'entretien fleuve (2) que le faraud a accordé au Figaro (rime riche). C'est parti pour une logorrhée qui a macéré des mois avant de se répandre auprès d'un journaliste bienveillant, qui fait le job, mais se gardera bien d'émettre un avis parmi les incohérences, affirmations sentencieuses et autres cathéchismes du laquais de la gôche gouvernementale.
Revue de détail
• Moi Brice : "J'apparaissais ainsi comme un trublion qu'on sort de sa boîte [Dans la matinale de France Culture, ndlr], afin de provoquer un peu, mais qu'on s'empresse de faire taire lorsqu'il a joué son rôle afin que tout rentre dans l'ordre. Dommage, car j'ai travaillé sérieusement chaque sujet de manière à pouvoir poursuivre la discussion en m'appuyant sur des faits."
• Moi malhonnête : "Car les plus importants [Débats] d'entre eux portent précisément sur les sujets dont le «Parti des médias» - pour reprendre l'expression créée par Marcel Gauchet - tente d'empêcher l'évocation…" J'émarge grassement dans ce Parti des médias que je fustige, soit une posture intellectuelle digne de Patrick Sébastien (le philosophe proche de Philippe Val !)
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Marronnier |
• Moi oracle (ô désespoir) : "Mais comment ne pas voir que le rassemblement de quelques milliers de bobos place de la République, prétendant proposer une réalité radicalement alternative, a été monté en mayonnaise afin de gommer les 4 millions de Français, descendus spontanément dans les rues pour protester contre les attentats islamistes de janvier ?" Crédibilité morale proche de zéro. Le gougnafier a-t-il seulement été ouïr la République (Place de) ?
• Moi cracher dans la soupe : "Aujourd'hui, nos chers confrères [journalistes, ndlr] passent leur temps à guetter le fil de l'AFP, afin d'être «les premiers sur une info». Ils sont concurrencés par internet qui met tout ce fatras de pseudo-news, de «stories», à la disposition de chacun. Ils misent sur l'antériorité pour légitimer leur profession ; ou encore sur leur connaissance personnelle des acteurs politiques pour rapporter leurs propos à des stratégies individuelles de conquête du pouvoir. Ce faisant, ils rabaissent la politique et contribuent au développement du populisme ambiant."
• Moi lucide quand ça m'arrange : "Mon problème tient à ce que j'étais censé être un spécialiste universel: parler économie avec Attali un jour, histoire avec Pierre Nora, le lendemain, politique internationale avec Védrine, le surlendemain et conclure la semaine sur la littérature américaine avec Richard Ford…. Sans oublier de me faire traiter de crétin par Montebourg, de journaliste partisan par Copé, ou d'agent de l'Allemagne par Marine Le Pen!" Fumeux et crapuleux ! Un matin Marc Voinchet (le matinalier de l'époque) reçoit Léo Scheer pour son bouquin sur Canal +, sa seigneurie de Couturier n'ayant reçu l'opuscule se lance dans une "analyse" de Netflix, bide assuré !
• Moi censeur (pour l'échafaud) : [Sur "Nuit debout"] "Écoutez, on venait d'entendre trois invités et un journaliste ayant fait un reportage sur place, à République, s'extasier, dire combien tout cela était nouveau, prometteur, bouleversant… A les entendre, on était à la veille d'une nouvelle prise de la Bastille, d'une réinvention de la démocratie. Ces affligeantes «assemblées générales» allaient accoucher d'une réalité alternative… On voit ce qu'il en est advenu: beaucoup de bruit pour rien." (3)
Sur le compte Twitter de B.C. |
• Moi Filochard, expert : "Je ne suis pas «parti en claquant la porte» [du débat sur Nuit debout], contrairement à ce qu'ont écrit les médias gauchistes à l'époque. Trop de «débats», dans nos médias, sont ainsi «montés», de manière à en truquer le déroulement, empêcher la libre confrontation des idées. Il y a des experts…"
Sans doute pour promouvoir ce fat, la direction de France Culture a-t-elle décidé de lui confier chaque jour (du lundi au vendredi, reste deux jours pour souffler) à 11h55 "Le tour du monde des idées". Las, on imagine pas du tout ce "gobe-torpeur", œillères vissées sur la tête, pas foutu de voyager à Répu, être capable de s'ouvrir aux autres et au monde. Mais de débiter ses sornettes, telles des mantras indépassables, oui.
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Alex Dutilh, mister Jazz |
À 11h55 je vous conseille de migrer vers Fip et, mieux, depuis 11h d'écouter "Allegretto" le programme musical de Denisa Kerschova sur France Musique. Et comme le décline très bien la chaîne musicale "Ce monde a besoin de musique" pas d'histrions !
(1) Ici le "ton"a à voir avec la tonalité ! Quant à "mari" il s'agit bien de l'adjectif !
(3) Pourvu que le staff de la rédaction de Culture ait prévenu le margoulin que les "Nuit debout" sont de retour depuis le 31 août !
vendredi 2 septembre 2016
Soudain l'été dernier… 4/7
Marceau Long : sa vie, son œuvre… ou presque
Au soleil de l'été, vous étiez peinards à siroter votre caipirinha, et personne pour vous déranger avec des infos improbables. Pourtant ce 23 juillet, Marceau Long venait de casser sa pipe. Marceau Long ? Mais qui est-ce donc m'interrogez-vous d'un regard anxieux et trouble ? Marceau Long c'était comme le nomme, de façon empesée, la République, un grand serviteur de l'État. Qu'on se rassure les petits (serviteurs) y'en a pas.
Or donc ce Marceau Long-là (lonlère) avait occupé, tout au long de sa carrière (rime) de haut fonctionnaire, des tas de fonctions (c'est le propre du fonctionnaire même s'il est haut) et parmi celles-ci celle de Pdg de l'ORTF (Office de Radio et Télévision Française). Enfin un Pdg de l'ORTF très éphémère. Il remplace Arthur Conte (limogé) de l'automne 73 jusqu'au démantèlement de l'ORTF au 31 décembre 1974.
Au visionnage de la vidéo ci-dessous vous allez comprendre qu'en 1974 pour diriger une très grosse administration française il fallait être triste. Très triste ! "Ainsi l'ORTF…" avec un accent gaullien, sans la faconde ni la conviction. Préparez vos mouchoirs !
Déclaration télévisée de Marceau LONG destinée aux personnels de l'ORTF qui annonce l'éclatement de l'Office dès le 1er janvier 1975.
Long est envoyé au feu pour éteindre celui que Jacques Chirac, brutal, a allumé avec joie. Rappelons que cette réforme du statut de l'audiovisuel public a été rondement menée. Giscard, élu le 27 mai 1974, n'a pas attendu qu'il neige pour sabrer l'Office puisqu'en moins de soixante-douze jours il sera démantelé (1). Long enfile les perles et c'est absolument pathétique. C'est sûr qu'aux premiers jours des vacances d'été le personnel a dû être absolument rasséréné.
Donc, Marceau Long mort, cela nous a donné l'occasion de se rappeler les chapes de béton, les faits du Prince, l'autoritarisme pompidolien, l'impérialisme giscardien et autres réjouissances des années de plomb de la société française ! À quelques jours du retour de l'HORTF (Holding de Radio et Télévision Française) que cette "petite" histoire vous prépare aux grands chamboulements à venir.
(1) La loi du 7 août 1974 et son article 2 indique : « L’office de la radio-télévision française est supprimé »
Au soleil de l'été, vous étiez peinards à siroter votre caipirinha, et personne pour vous déranger avec des infos improbables. Pourtant ce 23 juillet, Marceau Long venait de casser sa pipe. Marceau Long ? Mais qui est-ce donc m'interrogez-vous d'un regard anxieux et trouble ? Marceau Long c'était comme le nomme, de façon empesée, la République, un grand serviteur de l'État. Qu'on se rassure les petits (serviteurs) y'en a pas.
Or donc ce Marceau Long-là (lonlère) avait occupé, tout au long de sa carrière (rime) de haut fonctionnaire, des tas de fonctions (c'est le propre du fonctionnaire même s'il est haut) et parmi celles-ci celle de Pdg de l'ORTF (Office de Radio et Télévision Française). Enfin un Pdg de l'ORTF très éphémère. Il remplace Arthur Conte (limogé) de l'automne 73 jusqu'au démantèlement de l'ORTF au 31 décembre 1974.
Au visionnage de la vidéo ci-dessous vous allez comprendre qu'en 1974 pour diriger une très grosse administration française il fallait être triste. Très triste ! "Ainsi l'ORTF…" avec un accent gaullien, sans la faconde ni la conviction. Préparez vos mouchoirs !
Déclaration télévisée de Marceau LONG destinée aux personnels de l'ORTF qui annonce l'éclatement de l'Office dès le 1er janvier 1975.
Long est envoyé au feu pour éteindre celui que Jacques Chirac, brutal, a allumé avec joie. Rappelons que cette réforme du statut de l'audiovisuel public a été rondement menée. Giscard, élu le 27 mai 1974, n'a pas attendu qu'il neige pour sabrer l'Office puisqu'en moins de soixante-douze jours il sera démantelé (1). Long enfile les perles et c'est absolument pathétique. C'est sûr qu'aux premiers jours des vacances d'été le personnel a dû être absolument rasséréné.
Donc, Marceau Long mort, cela nous a donné l'occasion de se rappeler les chapes de béton, les faits du Prince, l'autoritarisme pompidolien, l'impérialisme giscardien et autres réjouissances des années de plomb de la société française ! À quelques jours du retour de l'HORTF (Holding de Radio et Télévision Française) que cette "petite" histoire vous prépare aux grands chamboulements à venir.
(1) La loi du 7 août 1974 et son article 2 indique : « L’office de la radio-télévision française est supprimé »
jeudi 1 septembre 2016
Soudain l'été dernier… 3/7

8 août 2016 : Musique sous influence
Cette semaine de "Culture musique été" sur France Culture inaugure une série autour des drogues et de la musique. Une série de cinq épisodes (le standard en vogue à Radio France) produite par Lucile Commeaux, qui en 5 heures dressera un très vaste panorama musical. Ça commence avec Jacques Michel et Frehel et se terminera par Nouvelle Vague (le groupe, s'entend !!!)…
Mais dès les premiers morceaux j'apprécie, outre la musique, le récit de Commeaux mais je ne comprends pas le mixage de l'émission. Je n'ai pas réussi à savoir si le texte a été lu séparément de la diffusion des musiques ? Si la musique était diffusée après chaque "micro" sans blanc ? Ou si l'émission a été enregistrée dans les conditions du direct ? Je n'ai pas trouvé la façon dont le réalisateur, Olivier Bétard a procédé. J'ai souvent eu l'impression de deux récits parallèles, celui de Lucile Commeaux et celui de la musique, sans que l'ensemble ne se fonde subtilement.
Il ne manque sans doute pas grand chose pour que l'ensemble fonctionne et pour que l'auditeur "rentre dedans" comme cela avait été le cas il y a deux ans avec la série de Virginie Bloch-Lainé sur les Beatles. Émettons une hypothèse : Lucile Commeaux a bossé son sujet mais l'a sans doute raconté d'une façon trop lisse, un peu trop extérieure. Olivier Bétard a réalisé l'ensemble sans chercher la fusion. Rendre disponible sur la page de l'émission les morceaux diffusés permet une réécoute sans récit.
L'éclectisme des musiques sélectionnées et diffusées était pertinent et original. Quelques pépites, trouvailles et inédits m'ont fait passer de très bons moments. J'ai réécouté chaque émission une fois chacune. Il manquait, toutefois ce petit supplément d'âme pour que la productrice dépasse l'exercice et s'implique dans son propre récit.

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