mercredi 10 mai 2017

radiofrance & france.tv : un certain rapprochement graphique mais… pas que

Hier matin, nous échangions avec Hervé Marchais. On faisait notre gazette audio au cours de laquelle nous gazouillons toujours sur la comète radio. Potins, couloirs, chausse-trappes, coups tordus, avancements, reculades, percato, boxons, ropin, et autres chicayas du petit monde radiophonique. Quand Hervé me signala que France Télévisions, gna gna gna…



Bon il semble bien que la marque (1) France Télévisions ait vécu, Lulu ! Et qu'elle soit remplacée par france.tv ! Là on s'pince, c'est l'innovation du sièc', hein ? Pas moins. Sur le blog lenodal.com (actualité des identités télévisuelles. Si ! si ça existe en vrai) on apprend, rantanplan, que france.tv est "Une marque ayant vocation à unifier tous les services web et sites du groupe. Ainsi, tous les sites des chaînes du groupe ont disparu, au profit du site france.tv. Sur les mobiles et tablettes, l'application Pluzz a été mise à jour pour cette nouvelle marque." (2) Diantre ! Comme d'hab' en France on fabrique des usines à gaz pour finir par se rendre compte qu'on peut faire simple, fonctionnel et efficace.

On apprend aussi, sapristi, que "Le logo, par sa typographie et par la présence du point, se rapproche ainsi de l'identité de franceinfo : également créée par l'agence Movement." Et c'est là que j'ai décidé de faire fonctionner mon cerveau et de vous livrer quelques supputations, pas hasardeuses pour deux sous, Loulou ! 

Rappel : 1er étage de la fusée. France Info (radio) devient le 1er septembre dernier franceinfo. La radio et la TV créent ensemble la première chaîne d'info en continu. Le nom choisi est le nom initial de la radio. Ça tousse, ça crachouille, ça éructe, mais c'est en place. Avec la nouvelle identité visuelle de france.tv on vient sans doute d'assister au deuxième étage de la fusée. Or, il y a quelques semaines Radio france changeait d'identité visuelle pour se démarquer (sic) des logos des chaînes du service public.



La belle unité (graphique) partait à vau-l'eau. Premier dissident Mouv', puis franceinfo, puis radiofrance. Incohérence visuelle… a minima. Mais là encore les gourous (bidons) de la com' pourraient justifier l'injustifiable. "On" passe des années à créer un ensemble graphique cohérent et "le premier venu" bousille tout, genre coup de pied dans la fourmilière. Mais, et c'est là que les atteignants s'atteignirent, quelque chose me dit que ce rapprochement franceinfo/france.tv pourrait bien être l'étape ultime avant le rapprochement france.tv/radiofrance. Vous me suivez ?

Et là ce serait une première mondiale ! "On" crée une unité graphique de deux sociétés distinctes et, un matin, de bonne heure, constatant que les logos se ressemblent "on" décide de marier les deux sociétés en question (3). On en reparle dans quelques mois. Ok ?

(Et le logo de l'ORTF réalisé en "physique" !)

(1) On cause manageur ou on cause pas !
(2) Les chaînes seraient renommées france.2, france.3, france.4, france.5 et france.Ô. 
[et on dirait "ce soir je regarde france point deux ?" bigre, ndlr],
(3) La prophétie du mage Hollande le 1er décembre 2013 serait alors réalisée.

mardi 9 mai 2017

J' me souviens… d'Europe 1, n°1

En ce 8 mai, plaisant de soleil en Mor-bihan, je n'ai pas encore vraiment pris conscience qu'on ait pu changer d'air. Et encore moins de chanson. Ce jour intermédiaire est bienvenu. Demain il f'ra jour, même si j'aurais préféré chanter "Le jour se lève" avec Marcel Carné. Ou, soyons fou, "La vie est à nous" avec Renoir. Ben on a la nostalg' qu'on peut. Mais là c'est pas de la nostalg' ! C'est juste me faire un film de jour férié. Tant qu'il y en a encore des jours fériés. Et des cerises au printemps. Hein, Jean Baptiste ? Clément.

Je dédie ce billet à Aude Dassonville, 
souvenir de Longueur d'Ondes et de Radio… Nostalgie.











J' me souviens d'Europe n°1. De "Salut les copains" en rentrant de l'école à 17h. Et des goûters enchantés avec la palanquée de vedettes invitées par Daniel Filipacchi. De "Campus" début avril 68, démarrée par François Jouffa qui, au bout de trois semaines, se verra remplacé par Michel Lancelot. Le lendemain, au lycée, on confrontait les pros "Pop Club", de José Artur sur France Inter, et les pros "Lancelot". On était fun, un peu beatnick et Katmandou. Amoureux, avec ou sans Marie-Jeanne et surtout sans Joe (Dassin) ! La radio c'était notre tisane. La TV ignorée, sauf les Shadoks quand on pouvait.



C'est parce qu'on va nous en faire des tartines sur Europe 1, dans les jours et les semaines à venir, que je pose ça là ! Et pis y'avait Pierre Bonte "Bonjour M. le Maire". Bellemare et ses histoires. Toutes ses histoires et sa voix. Et ses complices le midi, les frères Rouland. Harold Kay et puis Coluche "On n'est pas là pour se faire engueuler". François Jouffa et son "Vinyl fraise" Et les "animatrices" Agnès, Viviane, Julie, Maryse. Yann Hegann M. Musique. Philippe Gildas, grand timonier de l'info. André Arnaud et Jacques Paoli. Et Philippe Alfonsi "Histoire d'un jour". Et le "Club de la presse" le dimanche soir.

Et puis un jour j'ai décroché. Morandini, Ruquier, Hondelate. Vraiment pas ma tasse de thé. Alors je vais forcément guetter ce que va (re)faire Schlesinger, le nouveau vice-Pdg d'Europe 1 (1). Retrouver la pêche. À la manière d'un ancien slogan. Bétonner les matinées et les aprem, sans les pitres. Envoyer autre chose que du foot soirée après soirées. Remettre de la musique et des musiciens. Faire une généraliste pop. Ne serait-ce que pour se démarquer de la généraliste punk d'Inter ! Wait and see. Tout est ouvert et c'est ça qui devrait être grisant pour Schlesinger. Tout peut changer, tout va changer (2). Enfin presque tout, car avec une matinale coordonnée par Cohen on se demande bien ce qui pourrait changer ? Wait and listen.




(1) Et Emmanuel Perreau, directeur des programmes. Ex Europe 1, ex- France Inter (depuis 2014),
(2) Pas à la façon Treiner, directrice de France Culture qui, à la rentrée 2016, avait voulu nous faire accroire qu'elle avait tout changé de la grille, quand strictement rien n'avait changé.

lundi 8 mai 2017

Dans la famille Mercato je voudrai… (3)

Je voudrai changer de président. Nan, j'rigole. Nan, j'rigole pas ! Jeudi dernier l'excellente Aude Dassonville, toujours à la pointe de l'info, nous apprenait en début d'après-midi que Fréderic Schlesinger avait tiré le bon numéro. Numéro 2 (de Radio France) il intégrait Europe 1. Un, deux, un deux,… Voilà un pas bien cadencé pour mener l'homme de radio au zénith de sa carrière. Adieu le service public. Vive le privé (1).


Laurence Bloch, directrice de France Inter












Quelques jours plus tôt, Christopher Baldelli, Pdg de RTL s'exprimait au micro d'Enguerrand Renault (2) et essayait de nous faire oublier qu'il avait du lui-même sortir le carnet de chèque pour, il y a trois ans, débaucher Laurent Ruquier d'Europe 1 et l'accueillir à RTL pour animer "Les Grosses têtes". Dans le mercato radio (et TV) ce qui compte ce sont les embuscades et surtout avoir un coup d'avance. Cette fois-ci c'est Lagardère, Pdg d'Europe 1 qui, débarrassé du fossoyeur de la station, Denis Olivennes, a lancé les "offensives". Et qui dit offensive dit guerre, voire guéguerre. 

Chacun ensuite de se mettre en embuscade et de détricoter la grille de l'un, d'affaiblir celle de l'autre en essayant de "prendre", au passage, celle(s), celui (ceux) qui vont tout réenchanter et redonner du lustre à des programmes en perte de vitesse. Dans cette ambiance "conviviale et confraternelle" le service public n'a pas les moyens financiers de lutter et doit se résoudre, penaud, à laisser filer les vedettes qui ont tant contribué à l'image de marque d'une station, France Inter. À celle du Pdg de Radio France, Mathieu Gallet. À celle du directeur éditorial, Frédéric Schlesinger !

Patatras, tout est par terre. Tout est à refaire. À réinventer. Et bien que le journaliste, Patrick Cohen, anchorman de la matinale d'Inter, devait annoncer sa décision de suivre ou non Schlesinger à Europe 1 après les résultats de la Présidentielle, nous apprenions jeudi dernier via "Radio Services" que ledit journaliste prendrait la tangente à la prochaine rentrée pour animer la matinale d'Europe 1. Ça c'est fait ! Thomas Sotto (3), partira-t-il en vacances prolongées ? Et surtout, où Laurence Bloch, directrice d'Inter, va t-elle bien pouvoir trouver la femme ou l'homme providentiel-le pour reprendre la matinale d'Inter ? Puisque, c'est bien connu, il faut maintenant une vedette avec une tronche pour animer la tranche vedette des radios.

Pas d'état de grâce là non plus ! On pourrait dire qu'entre la fin de la matinale (9h) et 18h, les programmes servent de "bouche-trous". Sachant que, vers 16h30/17h, il convient d'attraper le chaland pour que dans sa voiture il ingurgite, dès 18h, de l'info, de l'info, et rien que de l'info ! Dans cette configuration qui ne laisse aucune place au "risque" ou à l'innovation, Charline Vanhoenacker (France Inter) ira-t-elle aussi sur Europe pour affronter le leader Ruquier sur RTL ? Voilà ce qui va agiter la comète radio pendant encore deux mois. Le seul enjeu ? Les audiences ? Le seul gourou ? Médiamétrie ? Le seul objectif ? Les vedettes.

Autant dire que dans ces parties de billard à trois, quatre ou cinq bandes l'auditeur n'a aucune place et, doit se résoudre à regarder passer les trains ou les charrettes. C'est selon !

(1) Toute ressemblance…
(2) Pour le "Buzz-Le Figaro", en vidéo ci-dessous,
(3) Actuel anchorman de la matinale d'Europe 1


Buzz Média : Christopher Baldelli par lefigaro

vendredi 5 mai 2017

Quelles sont les voix qui sont entrées dans l'histoire… ?

Je ne m'y ferai jamais. La radio sublime la TV, quand la TV ignore la radio. Même si la TV (1) reprend quelques "instantanés" (sic) des matinales radio. Parce qu'elles sont filmées, parce qu'elles accrochent petites phrases, buzz et punchline à la pelle. Ce n'est pas la radio qui intéresse la TV, ce sont ses images. Quand la radio n'en finit pas de promouvoir, disséquer, inviter ceux qui font cette télévision veau d'or, icône des icônes, graal parmi le graal. Ce n'est plus un tapis rouge. C'est open bar. 24/24. 7/7. Hier matin, Sonia Devillers, dans L'Instant M à France Inter, recevait Tristan Carné, le réalisateur de la grand-messe cathodique d'entre deux tours. Quand la TV a-t-elle reçu un réalisateur radio pour qu'il décrive son travail ? 


Capture d'écran, Pierre Codou & Jean Garretto, France Inter




Alors, pour passer "ma hargne et mon courroux, coucou" (Desproges) j'ai voulu donner de la voix. En piochant dans mon Soundcloud, je vous propose ces voix qui ont fait la radio, avec quelquefois leurs réalisatrices-réalisateurs qui, sur le long terme, entreront elles aussi dans l'histoire. Bien plus que les images désastreuses d'un débat misérabiliste.

Un peu de pub…


Brigitte Vincent et Gilles Davidas à France Inter, qu'étaient déjà là en 15-115,


Pierre Bouteiller qui ne s'est pas contenté de dire "Bonjour", toute sa vie, à France Inter,


Bernard Lenoir, le lendemain de la mort de John Lennon, le 8 décembre 1980,


La patte de Marie-Christine Thomas, réalisatrice,


Kriss, Hugues le Bars, pour l'aventure Fip (feuilleton de Gilles Davidas)


Marie-Hélène Fauquet, Nathalie Le Breton, Brigitte Vincent, 
Philippe Castetbon, Gilles Davidas © Radio France

















Un peu de pub,


Et Jean-Christophe Averty qui n'a pas fait que de la TV,


De Gaulle,


Sophie Berger sur son cargo,


Pierre Codou dans ses Cévennes,



Kriss























Un peu de pub…


Jean Lebrun qui continue de gravir les marches… de l'histoire,


Charlotte Roux et son Havre… de sons,


Michka Assayas, période France Musique,


Le festival Longueur d'ondes,


Patrice Blanc-Francard et Hendrix…


Et Lulu de Yann Paranthoën,


Alors oui, quand la TV a-t-elle reçu un réalisateur radio pour qu'il décrive son travail ? Il faut juste revenir… 50 ans en arrière, du temps de l'ORTF et l'émission "Micros et caméra" (2) dont l'extrait choisi présente une collaboration radio et TV, et deux producteurs-réalisateurs de renom à la radio, Jean Garretto et Pierre Codou.





(1) "Quotidien" sur TMC, "La nouvelle édition" sur C8, …
(2) Nombreuses émissions disponibles sur Ina.

mercredi 3 mai 2017

Chloé cause le Bulbul… bilingue

C'est ça qu'est chic. L'inattendu. Ce son qui vous arrive "par hasard" à n'importe quel moment de la journée. Pas sur une playlist. Pas sur une plate forme. Pas avec une promo énorme sur les zozios-rézo. Juste comme ça. Pour le plaisir. Le fun. La joie. Et l'oreille. En coin, bien évidemment. Chloé fait ça très bien. Comme si elle était là. Dans la cour. Sous ma fenêtre. Ou au jardin. Perchée dans l'arbre ou cachée dans la haie. Ce p'tit moment de douceur c'est tout c'qui manque dans la radio. Formatée au cordeau. Merci Chloé pour ces trois minutes trente de bonheur… Pour un joli projet !

mardi 2 mai 2017

Dans la famille Mercato je voudrai… (2)

Il fallait s'y attendre. Le séisme a été d'une rare violence. La secousse tellurique a été ressentie jusqu'au 22ème étage de la tour. 7,8 sur l'échelle de Richter. Quelques jours après que la Maison de la Radio eut fêté les bons résultats de la dernière vague médiamétrique, elle subissait, sans sommation, l'attaque ciblée de la part de l'un de ses concurrents privés. Ce dernier, sans vergogne et, ne reculant devant rien ni personne, fit une offre au n°2 de Radio France, pour diriger in petto, la maison soixantenaire, sise rue François 1er in Paris. Palsambleu ! Pdg d'Europe 1, Lagardère "viendra à toi" et proposa à Frédéric Schlesinger rien moins que de diriger la vénérable maison au pavillon bleu azur. Titanic moderne en phase terminale de sabordage. À moins de 200 miles de l'iceberg. À la proue du vaisseau amiral, Denis Olivennes, capitaine dégradé, doublé par Céline Dion, eut beau hurler, rien ne semblait pouvoir détourner le frêle esquif de son terrible destin (1).



Mathieu Gallet, Pdg de la radio publique depuis mai 2014, s'est fendu d'une lettre adressée à ce que d'aucuns appellent des salariés et que lui nomme des "collaborateurs". Une lettre pour la forme et pour sauver la face (2). On se demande bien pourquoi dans une économie de marché avec un Pdg qui se revendique manageur, une entreprise privée ne pourrait pas faire son marché dans les entreprises publiques. Les précédents existent et ils sont nombreux. Le sauvage l'a emporté depuis bien longtemps sur l'éthique, non ? 

Donc Gallet écrit : "Aujourd'hui ces magnifiques résultats [d'audience, ndlr] laissent croire à nos concurrents qu'ils peuvent résoudre leurs problèmes en s'attachant les services de certains de nos talents. Nous devons le considérer comme un hommage à notre réussite collective. C'est évidemment la liberté de chacune et de chacun de choisir une nouvelle aventure chez nos compétiteurs. Mais le succès, comme les audiences, ne s'achètent pas." Diantre ! Quel ton. Lagardère en fut certainement ému et bouleversé. Peut-être même sur le point de faire "machine arrière-toute" ? Mais l'inertie du rafiot rendant les manœuvres difficiles, ce n'est pas la lettre d'un concurrent effarouché qui pourrait empêcher le capitaine (d'industrie) de tout mettre en œuvre pour éviter l'iceberg.

Mais ce que Gallet évite d'évoquer dans son courrier corporate c'est l'ambiance créée par les effets d'annonce dans chacune des sociétés concernées. Thomas Sotto, anchorman de la matinale d'Europe 1 doit-il s'attendre dans deux mois à laisser sa place à Patrick Cohen, anchorman de la matinale d'Inter débauché par Schlesinger ? Sympa de travailler dans ces conditions avec une telle épée de Damoclès au-dessus de la tête. Idem, pour Nathalie André, directrice des programmes d'Europe 1, qui peut commencer à imaginer qu'Emmanuel Perreau (actuel dir des programmes d'Inter) prendra sa place. Ces effets d'annonce insupportables créent de fait un climat aussi tendu à Inter. Car s'il faut en moins de deux mois avoir trouvé le-la remplaçant-e de Cohen, de Perreau et de quelques figures de proue… médiatiques, on peut présager que les journées de Laurence Bloch vont être tendues jusque fin juin.

Fréderic Schlesinger














C'est bien toute la profession, et même les professionnels de la profession qui sont entrés en mercato. Concurrence exacerbée, couteaux affûtés, calculettes chauffées à blanc. Nerfs à vif sur l'air de "ya plus qu'ça qui compte", le burn-out guette, les puzzles des tontons-flingueurs s'éparpillent sur toutes les lèvres, l'abattement est foudroyant, la déprime flotte sous les pavillons noirs pirates aux vents de tous les open-space. Le "sans foi ni loi" règne. Sans parler des résultats des présidentielles qui pourraient changer la donne avant fin mai. Lagardère a réussi le chaos… debout.

On mesurera ici l'effet dévastateur de l'effet… d'annonce qu'un ancien premier ministre, Michel Rocard honnissait et fustigeait par-dessus tout, à l'instar de son mentor Pierre Mendès-France (3). Comment les producteurs-animateurs se croisent-ils dans les couloirs de la Maison ronde, avec quelles arrières-pensées ? Les supputations les plus folles vont bon train. "T'en es ?", "Je suis sûr que Schles' lui a fait des propositions", "Tu crois qu'il va quitter la Maison après tant d'années de service public ?", "Tu verras, elle remplacera ce tocard dont Schlesinger ne s'embarrassera jamais !", "Pourvu que Nagui le suive il aura enfin le statut qu'il mérite.", "Charline et sa bande risquent aussi de prendre la tangente pour affronter Ruquier aux mêmes heures". C'est plus le chaos, c'est l'abbé Rézina (4).

Dans ce malheur, une chose est sûre, Mathieu Gallet nous a rassuré quant à son éthique personnelle. Plus aucun doute, il ira à l'issue de son mandat (mai 2019). Pas question pour lui de quitter le navire avant cette date si, par hasard, la direction de l'Opéra de Paris, du Grand Palais ou de la Villette était vacante. C'est important qu'un dirigeant s'engage et montre l'exemple.
(À suivre) 
Hardy et Jouffa (5)





















(1) Pour évoquer l'histoire de la station, France Culture a choisi d'interviewer l'historique François Jouffa. Sauf que l'intéressé n'a pas "pendant 40 ans" fait toute sa carrière à Europe 1 comme annoncé dans la matinale, mais a fait les belles heures de l'"Oreille en coin" (France Inter) dès 1968, dirigé Fip et produit bien d'autres émissions pour le service public !

(2) Aude Dassonville, journaliste à Télérama, publiait le 27 avril sur son compte Twitter "Mail auquel "Schles'" aurait ajouté le sien, pour dire à ses anciens collaborateurs: "je sais ce que je vous dois"
(3) Qui avait tenu secrètes les négociations pour la fin de la guerre d'Indochine,
(4) Faut bien que je me fasse rire un peu,

(5) "Carré bleu", en direct et parmi des auditeurs dans le studio Pyramide d'Europe n°1, émission quotidienne en 1971-1972, dirigée par Jacques Paoli, 13h30-18h45.

lundi 1 mai 2017

Louis Aragon… un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Le 4 mai prochain, l'Ina et Radio France font paraître "Aragon", un CD qui rassemble les entretiens du poète avec Francis Crémieux (1). Dix entretiens intitulés "Il n'y a pas d'amour heureux ?" Le point d'interrogation nous sauvant du défaitisme ambiant, tant on voudrait croire encore un peu à l'amour et à la poésie.














Le ton du poète est un peu daté, sentencieux et quelque peu professoral. Les archives sont intéressantes pour ça. On ne parlerait plus comme ça aujourd'hui. Avec un phrasé et une scansion un peu métronomiques. Lors du premier entretien Aragon pontifie. Il donne un cours à des élèves de Sorbonne et oublie l'auditeur. Il répand son savoir académique et l'on cherche le poète sous tant d'emphase. Puis quittant sa chair il déclare "est-ce que l'on sait seulement que ce sont les surréalistes qui ont remis la lumière sur Hugo ?". L'anecdote qui suivra sur la critique d'Hugo est "charmante". Elle illustre les joutes des surréalistes et voudrait montrer la "grande sagesse" d'Aragon qui déjà se distinguait dans un mouvement poétique et littéraire.

"Le surréalisme était un extraordinaire élixir de jouvence pour les éléments de la poésie". Pour bien suivre la pensée d'Aragon il vaut mieux bien connaître son œuvre littéraire. Anicet, Aurélien, Le paysan de Paris, Les beaux quartiers, Les voyageurs de l'impériale, Les communistes. Pour quelques-uns de ces titres Aragon en donne quelques clefs. Le réel et l'imaginaire. Des souvenirs de son enfance. Des lieux. Des situations vécues à la guerre avec son régiment… Aragon devient conteur et commence à devenir homme quand jusqu'à présent il roucoulait de rhétorique.

Et puis Aragon explique comment derrière Elsa, sa femme, il y a dans "Elsa", "Le fou d'Elsa", "Les yeux d'Elsa" bien plus que l'amour chanté pour l'être aimé. Et l'on trouvera à l'issue du quatrième entretien, après quelques circonvolutions sur la polygamie de l'islam et quelques avis sur la place des femmes, une position (enfin) claire et tranchée : "la prééminence de la femme pour laquelle je me bats". 


















À écouter Aragon et Crémieux on voit bien qu'on a changé d'ère et de chaîne aussi. D'ère parce que la culture d'aujourd'hui a fait table rase de l'histoire (ancienne), des mythes et "tout simplement" de la poésie. De chaîne parce que non seulement la poésie n'y a plus aucune place mais parce que se succèdent à l'antenne (de France Culture) roucouleurs, enfileurs de perles et autres enfonceurs de portes ouvertes. Autant dire le commentaire permanent de la surface des choses. Aragon aurait encore sa place dans "La fabrique de l'histoire" et dans "Concordance des temps" mais c'est bien tout !

Après quelques entretiens, riches et denses, où il faut souvent mettre sur pause pour "penser Aragon", j'ai eu envie d'entendre sa poésie - chantée -. Pour l'écouter autrement. Pour tordre le cou au désespoir ambiant. Pour manifester l'espoir ou pour affirmer la liberté. J'ai chanté ce que je chante depuis mes vingt ans…

"Un jour pourtant, un jour viendra couleur d'orange, un jour de palme, un jour de feuillage au front, un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront, un jour comme un oiseau sur la plus haute branche…"



(1) Enregistrés du 5 novembre 1963 au 23 janvier 1964, diffusés du 15 novembre 1963 au 24 janvier 1964, par RTF-Promotion, chaîne qui dès novembre 1963 prendra le nom de France Culture,