mercredi 7 septembre 2011

La grâce mystérieuse et complexe…



que nous inspire Jeanne-Martine Vacher pour son nouveau Movimento. Mafalda (voir commentaire des messages précédents) ne me demandera pas de présenter cette émission musicale tant JMV a ciselé sa présentation en ouverture de ce premier numéro. C'est bien du Jeanne-Martine Vacher, précise, documentée, compétente … passionnée de la chose musicale et absolument passionnante. Sa voix, si elle nous accompagne depuis de nombreuses années (1), est le premier plaisir de son rendez-vous hebdomadaire. Jeanne-Martine Vacher s'insère entre les lignes des portées musicales, ouvre tous les champs de la musique et folâtre dans les marges. Écouter, au cours de ce premier numéro de Movimento, le Docteur Michel Toupet ORL, spécialisé dans l’exploration des vertiges et des troubles de l’équilibre de l’adulte et de l’enfant est absolument réjouissant. Cette façon de croiser les disciplines (musicales et médicales) pour comprendre les phénomènes d'audition et d'écoute est plutôt devenu rare pour que je n'hésite pas à la distinguer du "magma du blabla" (2) !

Jeanne-Martine Vacher a "usé" plusieurs jours de la semaine (sauf peut-être le dimanche et le lundi) et autant d'horaires différents. La retrouver le samedi après-midi nous réconciliera avec l'écoute radio de ce jour de la semaine que quelques producteurs factices avaient fini par sinistrer.

(1) Décibels, Les vendredis de la musique, sur France Culture
(2) Maladie honteuse qui a envahi l'espace public

mardi 6 septembre 2011

Paranthoën (2)… peinture radio

Madame Ginoux à Arles - Paul Gauguin




Le grand Yann et le grand Paul, rencontre improbable et pourtant ! Et une longue interview dans l'Oeil Électrique.

Hourrah… OuRaPo !


Sur Arte Radio outre les 1493 sons disponibles on peut y trouver les recherches et les sons d'un Ouvroir de Radiophonie Potentielle (OuRaPo) où un certain Thomas Baumgartner joue du langage, de la diction, et de Blaise Cendras… Ça donne envie de déclamer ce/ces textes sur une caisse à savons au milieu de… nulle part. Juste pour le jeu des mots… dits.

Les Ateliers de la nuit…





Les Passagers (de la nuit) sont partis sur la pointe des pieds, au début de l'été. Ils étaient nombreux, variés, singuliers et pluriels. Discrets ils n'ont rien dit de leurs destinations nocturnes… et tel les poétiques personnages volants de Folon, qui fermaient les écrans télé d'Antenne 2, ils planeront longtemps dans nos nuits imaginaires. Aux passagers se sont substitués des artisans, des orfèvres qui se sont installés dans Les Ateliers de la nuit de la nouvelle grille de France Culture. (1)

Ils se déclinent de la façon suivante :
• L'atelier intérieur (lundi)
• L'atelier de la création (mardi et jeudi)
• L'atelier de la fiction (le mercredi)
• L'atelier du son (le vendredi)

Chaque soir, une voix propice à la nuit (2), un indicatif commun et l' accroche d'une voix enfantine "je veux que tout change", présente l'Atelier qui, en une heure nous transporte au delà d'une actualité culturelle, que d'aucuns se sont évertués à scier quelques heures plus tôt(3). Je suggèrerai bien à la responsable de la création radiophonique à France Culture, Irène Omélianenko, de faire du lien entre les Ateliers qui, cloisonnés par les jours et les heures, pourraient profiter d'un message de passage de l'un à l'autre, de passage de la nuit…

Jean-Michel Folon

(1) Du lundi au vendredi, 23h/minuit,
(2) Aurelie Charron, productrice, avec des intonations à la Marion Thiba, ex-productrice à France Culture,
(3) C'est définitif je me refuse à évoquer sur ce blog la médiocrité.

lundi 5 septembre 2011

D'autres matins… avec supplément d'âme

Je viens de finir "Longtemps je me suis levé de bonne heure" (1) de Philippe Caloni. Une très belle écriture, une grande honnêteté morale, des passions (la musique, la radio, la culture) et sa voix dans l'oreille pendant cent quatre vingt dix sept pages. Je reviendrai prochainement sur plusieurs histoires de ce livre qui, bien plus qu'un livre de souvenirs  permet de mettre en lumière le parcours intellectuel et moral d'une grande voix de radio.

À la mécanique-calibrée-minutée, à l'œuvre dans les matinales de la plupart des chaînes de radio aujourd'hui, il manque ce supplément d'âme que Caloni avait su faire passer de 1982 à 1986 sur France Inter (2). Ce supplément d'âme tient dans le "liant" que Caloni s'efforce chaque jour de réaliser. Le liant c'est mettre en musique, comme un chef d'orchestre, tout un tas de chroniques, de rendez-vous, d'informations pratiques, et ce d'une façon tout à fait différente de celle qui consisterait à dire "il est maintenant l'heure de…". Cette ritournelle est le lot de nombre de producteurs/productrices qui "à la mode d'aujourd'hui" n'ont rien à dire et ne savent rien dire "autour de", se contentant d'annoner la rubrique ou de présenter l'intervenant. Caloni travaillait méticuleusement ses émissions et en (p)artisan du travail bien fait tenait ses sujets, leur contexte, ses anecdotes et ses parti pris. Sans jamais faire étalage de la très solide culture qu'il possédait. Une histoire commençait chaque jour à 6h et se terminait à 9h pour mieux se renouveler le lendemain (3). Sa voix était CAP-TI-VANTE et excitait notre curiosité nous donnant souvent envie d'aller voir plus loin. Les quelques lignes sur la création d'Inter Matin valent la peine d'être lues tant elles permettent de préciser le projet d' "une autre façon de présenter l'information" avec à la base un gros travail d'équipe et une complicté sans faille des deux producteurs associés.

" Projet tout bête : celui de créer sur trois heures matinales d'antenne (6/9) un magazine "haut de gamme" (3) sous la houlette de deux journalistes, l'un, rédacteur en chef (Courchelle), responsable de l'harmonie des différentes éditions et assurant en personne celle du journal de 8h ; l'autre producteur-délégué (Caloni), liant le tout, paroles et musiques, pour abattre enfin la barrière séparant au sein d'une chaîne les rivalités ancestrales de l'information et des programmes. À quoi s'ajoutent le désir de ne pas agresser l'auditeur, celui de ne pas le prendre obligatoirement pour un parfait crétin, et de réunir une véritable équipe… Une véritable rédaction avec de vrais journalistes, et une complicité réelle entre ses deux "patrons". Apparemment simple et jamais réalisé."

(1) Philippe Caloni, Belfond, 1987
(2) Après avoir animé pendant dix ans sur France Musique "Quotidien-Musique"
(3) comme savait le faire magistralement Gérard Sire au cours des longs après-midi d'Inter (14/17), années 70
(4) pas un tunnel d'information, Caloni et Courchelle imaginent un MAGAZINE !
 

samedi 3 septembre 2011

Claude Dominique (2)

 
Comment inventer 6’23’’ de fantaisie, de burlesque, d’humour (vache) ? Comment ciseler à la radio un conte loufoque ou irrésistible, comment coller cote à cote en un temps si court Raynaud (Fernand), Bedos, la petite poule rouge, Jules Renard, Sartre, Oscar Wilde, Ionesco, Paul Léautaud ? Comme écrire une fable moderne pertinente, subtile, acerbe sans avoir l’air d’y toucher ? Comment proposer 6’23’’ d’une création radiophonique aboutie, sur un plateau d’argent avec, élégance, délicatesse et discrétion ? (1)

Comment faisait Claude Dominique pour samedis après samedis exploser les mots, les sens, les tournures, les ritournelles et les chansons en autant de perles de nacre et d’esprit, brillantes et rebelles, cliquetantes comme dans un sac de billes dont elle ne se serait jamais départie ?

Elle ne claquait ni des doigts ni de la langue pour que ça se fasse tout seul. En bon artisan, des heures durant elle peaufinait, sans relâche, sur son métier ces heures devenues d’éternité. Au premier son de sa voix on ne pouvait plus rien faire d’autre qu’écouter. Écouter sans rien faire. Sans rien faire d’autre que de décoller.

Aujourd’hui encore on reste scotché par tant d’inventivité. C’est un coup au cœur porté. C’est comme une petite boîte à musique qu’on ouvrirait régulièrement. On la porte à l’oreille, et tout en tournant la manivelle on ferme les yeux doucement. C’est alors que la magie opère et nous voilà dedans… (2)

(1) Claude Dominique, « Les petits monstres » (cet extrait est dans le Cd qui accompagne le livre de Thomas Baumgartner, L’oreille en coin, Une radio dans la radio, Nouveau Monde Éditions, 2007) et Là-bas si j’y suis, octobre 2007,
(2) et écoutable dans la Mythologie dpdlr

vendredi 2 septembre 2011

Une signature sonore… pour Culture

Dans une belle sobriété que la Marimba transporte, ce sonal interpelle l'oreille et donne envie de "tourner autour". C'est un appel subtil de l'ouie… 
Laurent Parisi, son créateur, d'expliquer :
"Ne pas trop en dire, évoquer, étirer les espaces sonores, déstructurer la métrique musicale, tout en restant simple et accessible, tel était l'esprit"