Il y a ceux - chagrin - qui se désolent et ragent, ceux qui se réjouissent et ceux qui ont autre chose à faire (ou à défaire). L'absence de programme sur l'une ou l'autre des sept (six ?) chaînes de Radio France montre à quel point auditrices et auditeurs fidèles peuvent être désemparés tout en étant souvent solidaires du mouvement de grève. Particulièrement si ça heurte leurs convictions. La décision de Céline Pigalle, Directrice de France Inter, de recruter Charles Sapin, directeur-adjoint de "Valeurs actuelles", hebdo d'extrême droite, pour assurer l'édito politique de la matinale dominicale est le baril qui a fait déborder le vase. Tant qu'il n'y avait que les auditrices et les auditeurs qui se plaignaient via la page de la médiatrice, tant qu'il n'y avait que les salarié-es de Radio France, Pigalle comme Veil, Pédégère de Radio France, pouvaient continuer à s'enfermer, droits dans leurs bottes (ou leurs escarpins, c'est selon) et leur choix politique qui a mis le feu aux poudres. Inter est en état avancé de poudrière et, c'est très mauvais pour son image de marque, pour les tutelles qui ne roucoulent qu'à la médiamétrique. Très bon pour tous ceux qui, à la suite de la Commission Alloncle, se sont réjouis de mettre au pas cadencé Radio France et son fragile esquif France Inter.
| Quelle galère ! |
Ce matin depuis 8h (désolé avant je rêvassais devant le soleil et la mer) c'est donc un programme musical (pas une playlist comme voudraient nous le vendre quelques personnes zélées) qui défile sur la chaîne rouge. Rouge pour la couleur de son logo. Faudrait quand même pas rêver ! Oh yeah.
Il y a treize ans deux ex-journalistes de Télérama, Anne-Marie Gustave et Valérie Péronnet, se pensant très drôles et très fines avaient titré leur saga, censée célébrer le cinquantenaire de la chaîne : "France Inter : amour, grèves et beauté". Après les avoir rencontrées, je n'avais pas manqué d'en faire un p'tit billet pour l'histoire. Pour l'histoire de 2026, pour ce qui ressemble à un coup-fourré il faudra retenir que samedi 12 septembre 300 personnalités (1) de la culture ont signé une pétition dans le Parisien. Personnalités qui souvent sont invitées sur France Inter. Mmes Veil et Pigalle peuvent commencer à manger leur chapeau (avec ou sans plume). Car l'une ou l'autre de ces personnalités pourraient très vite à l'antenne faire part de leur désapprobation et ça, la roucoule enchanteresse et habituelle de Devillers et consorts ne pourra rien y faire.
Donc ce matin sur Inter pas de Sapin (Pigalle a les boules), pas de Demorand et sans doute pas de Baddou à 18h. La polarisation battue en brèche. On a pu penser à autre chose et sortir de la nasse insupportable du "tout info".
| Bertrand Durand, CGT devant la Maison de la Radio 1" septembre 2026 |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire