lundi 7 décembre 2015

COM ci… COM ça…


Quelques jours avant que la Commission culture du Sénat publie ses avis sur le Contrat d'Objectifs et de Moyens (COM) de Radio France, le CSA publiait les siens. Tu lis ça un vendredi soir ça te tombe des mains et ça t'endort jusqu'au lendemain. J'y suis venu, j'ai lu, j'ai pas été déçu !

Cohésion sociale
S’agissant des problématiques liées à la cohésion sociale et des valeurs portant sur le vivre ensemble, le Conseil regrette la faible place accordée à ces sujets dans le projet de COM.

Mouv'
La situation de Mouv’ reste toutefois préoccupante, bien que sa ligne éditoriale semble stabilisée [ah bon ? vous vous appuyez sur quoi pour affirmer ça ? ndlr]. A la suite de la mise en place d’un nouveau positionnement éditorial en février 2015, le Conseil constate que l’évaluation de la rencontre avec son public est repoussée à la fin 2016. Les critères d’évaluation, les objectifs à atteindre et les conséquences qui pourraient être tirées de cette évaluation ne sont pas pour autant précisés. Il serait nécessaire que le projet soit complété sur ce point.

Tranches (de cake)
France Inter devra ainsi se renforcer sur la tranche des "35-49 ans" sur laquelle elle s’est affaiblie, France Info sur les "25-49 ans", France Culture et France Musique sur les "50-64 ans". L’âge médian des auditeurs de Radio France s’établit à 57 ans pour l’ensemble du groupe et culmine à 68 ans pour France Musique… 
[Bon, Marc Voinchet va vraiment falloir mettre de la pop et de la chanson tous les jours dans la grille, sinon on va finir par s'enterrer ! ndlr]

Information/Actualité
Cette offre d’information de référence devra s’adapter davantage encore aux spécificités de chaque antenne : la proximité pour France Bleu, l’actualité culturelle pour France Culture et le point de vue généraliste pour France Inter. 
[Non ? Elle l'a lu ça Treiner ? De l'actualité culturelle sur Culture, on se pince ! Culture c'est 100% politique et société aux Matins, l'entonnoir copié/collé de France Inter et France Info réunis, ndlr]












Sophia
S’agissant de la banque de programme Sophia destinée aux radios associatives, le Conseil rappelle toute l’importance qu’il attache au rôle de ces radios en matière de lien social et de pluralisme. Il souhaite que cette question soit abordée dans le projet de COM afin de ne pas fragiliser le secteur radiophonique associatif.

Grandes ondes et Ondes moyennes
Le Conseil relève par ailleurs que le projet de COM ne fixe pas d’objectif à Radio France en matière de communication auprès du public relative à l’arrêt de ces diffusions, ni ne semble anticiper un budget spécifique pour ces opérations d’accompagnement des auditeurs .
[C'est ça qu'on vous a appris dans vos écoles de management M. Gallet ? ndlr] 

RNT (Radio Numérique Terrestre)
Enfin, le projet de COM envisage la diffusion de Mouv’ et FIP en RNT dans le but de compléter leur diffusion FM et de réétudier la possibilité pour Radio France de diffuser au moins partiellement ses programmes en RNT dans le respect du plan d’affaires de l’entreprise. Le Conseil souligne l’intérêt pour certains services de Radio France de l’apport de la diffusion numérique terrestre pour pallier éventuellement l’arrêt de la diffusion des ondes longues et moyennes. 

Recommandation n°4 : en plus de FIP et Mouv’, étudier l’opportunité d’assurer une diffusion en RNT des autres antennes de Radio France dans les zones où elles ne sont pas présentes en FM et son impact sur le plan d’affaires prévisionnel de Radio France.

Mathieu Gallet et Fleur Pellerin













La musique
Le Conseil a souligné à plusieurs reprises la diminution significative de la part des chansons françaises sur certaines antennes de Radio France, voire un déficit important concernant France Inter, Mouv’ et FIP. Sur France Inter, le taux de titres francophones représentait, en 2014, 41,7 % (contre 45,4 % en 2012 et 43,6 % en 2013), sur Mouv’, la part de ceux-ci représentait en 2014, 25,5 % (contre 30,3 % en 2012 et 28,1 % en 2013), enfin sur FIP, le taux était de 17,2 % en 2014 (contre 19,7 % en 2012 et 20,2 % en 2013) alors que dans le même temps, un effort supplémentaire est demandé aux radios privées. [Ben il sert à quoi Varrod, le directeur de la musique de France Inter ? À monter sur scène pour se faire v(al)oir ? ndlr]

Le numérique
Afin de valoriser son offre de musique classique, Radio France indique qu’elle mettra en place une plate-forme, Francemusique.fr, consacrée à l’écoute en haute définition et en diffusion multicanal. Le projet de COM ne précise pas quel sera son financement. 
[Gallet, manager donneur de leçons sur la gestion, n'est pas foutu de budgétiser un projet stratégique pour France Musique ? Les sages et la représentation nationale peuvent avoir confiance en quelqu'un d'aussi léger ? ndlr]

Webradios
Le CSA souhaite que les objectifs poursuivis en matière de webradios soient précisés ainsi que les moyens attribués à ces développements.

Situation financière
L’objectif d’augmentation des ressources propres à l’entreprise devrait être atteint par le développement des activités grand public à la suite de la réouverture au public de la Maison de la Radio, la publicité sur Internet et la location des espaces. Le compte de résultat prévisionnel prévoit une augmentation modérée (+3%) de ces ressources. Cette croissance semble crédible mais est difficile à analyser tant les informations financières communiquées en annexes du projet de COM sont parcellaires. 
[Bis repetita, il n'y a pas assez de cadres financiers pour faire les budgets à Radio France ? Quel désastre et quel aveu de faiblesse de management ! ndlr]












On résume 
Si douze mois ont été nécessaires pour élaborer ce COM, le CSA et les deux assemblées ont eux eu environ 6 semaines pour se prononcer. Elles viennent de le faire (1). Le CSA et le Sénat constatent que le document devrait être amendé. Le sera-t-il quand il ne reste plus que 10 jours avant le Conseil d'Administration de Radio France ? Sachant que la Ministre de la Culture aurait aussi son "mot à dire" ! Le très légaliste juriste Schrameck (Olivier) Président du CSA trouvera-t-il que le calendrier des étapes de finalisation d'un COM est ubuesque et pathétique, pour ne pas dire léger et irréaliste ? 

Pourvu alors que dans quelques jours on ne lise pas "Malgré les recommandations du CSA, du Sénat et de l'Assemblée nationale, le COM a été signé en l'état de celui présenté à ces assemblées fin octobre.Une question subsidiaire et essentielle s'imposera alors : "À quoi servent donc ces recommandations si elles ne sont pas suivies d'effet dans la rédaction du COM de Radio France ?" Réponse le 17 décembre ou avant si Gallet et Pellerin prennent la mesure des enjeux incontournables révélés par les avis circonstanciés émis par les assemblées compétentes.

Par ordre d'apparition à l'écran : Voinchet (Marc) directeur de France Musique, Treiner (Sandrine) directrice de France Culture, Varrod (Didier) inventeur autoproclamé de "L'esprit Inter", Gallet (Mathieu) Pdg de Radio France depuis mai 2014, Schrameck (Olivier) Président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel,


(1) La Commission Culture se prononce le mercredi 9 décembre à 9h30 (la séance devrait être retransmise en vidéo),

dimanche 6 décembre 2015

Brunch #14





















Bon, Coco (une autre, et elle n'est pas de Paimpol) m'a envoyé ce mug en photo ! Voilà il trône et j'suis pas prêt de boire mon thé dedans !



Toujours aussi pertinente la p'tiote Mafalda, merci Quino et les filles de Twitter qui ont twitté ça ce matin !

• Rien à voir…
Avec la radio, mais si vous avez vu et entendu Bill (Muray) au karaoké de Tokyo chantant "More than this" de Roxy Music dans le film de Sofia Coppola "Lost in translation", ben ça vous fera sourire.



• Salvador Allende
Pour Salvador, pour l'émotion que ça me procure à chaque fois, j'ai été trainer vers "La grande table".



• Le feuilleton COM
Attention il ne reste plus que deux épisodes (7 et 17 décembre) celui de cette semaine est grandiose tout plein. Demain 8h le billet de la suite…

• Pink Floyd
Même le dimanche Fip donne de bonnes nouvelles, de très bonnes nouvelles…
Si, si c'est eux…















• Le feuilleton #Michka
Plus fun, plus pop, plus sincère que le précédent feuilleton ci-dessus. Avec Marc Almond Michka en profite pour redonner un peu de reconnaissance à la chanson française qui a aussi inspiré la pop anglaise. Et ça croonera comme ça pendant tout l'épisode avec dedans du très bon Prefab sprout "Devil came a calling", Léonard Cohen "Darkness" et la découverte John Southworth "Weird Woman" et la ça croone grave au point que Marc Voinchet (le dir. de France Musique) pourrait renier Sinatra pas moins. 

À propos du Frankie une journée spéciale sur France Musique samedi 12 décembre avec les duettistes Jousse et Valero !



À dimanche prochain…

vendredi 4 décembre 2015

Radio-Archives : Claude Perdriel (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

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Claude Perdriel (29 mars 1979)

Maintenant, aujourd'hui, mais aussi dans 20 ou 50 ans, l'amoureux des conversations radiophoniques découvrira, stupéfait, qu'en 1979 on peut qualifier quelqu'un de "célibataire endurci"… Eh oui, en ces temps reculés, l'ordre social était au-dessus de tout et il ne faisait pas bon être "hors-normes" quand on était un homme, un industriel, un patron de presse, de gauche et influent. Voilà résumé les "états de service" de Perdriel qui, à l'antenne, va devoir assumer son… célibat. (1)

Passé cet exercice de haute voltige dialectique, Perdriel trouvera une jolie formule pour parler de la propriété individuelle en ne prononçant pas le mot de "propriété collective", mais en s'attachant à parler d'une communauté humaine autour d'un projet : son hebdo (Le Nouvel Observateur), son quotidien (Le Matin de Paris).

Et Perdriel d'exposer ses choix politiques… de gauche quand Chancel lui demande s'"il n'y a pas de bonnes choses ailleurs ?" (sic). "Pour moi être de gauche c'est croire à la vérité, c'est croire que la vérité existe". Et pour l'instant on a échappé de la part de Chancel à :
Alors Claude Perdriel il n'y aurait que des menteurs à droite ?, ou
La droite n'aurait donc pas cette vertu ?

Mais Chancel y arrive d'une autre façon : "Une victoire de la gauche fera monter toutes vos passions et tous vos tirages." Perdriel visionnaire d'annoncer le contraire concernant la presse. Mais Chancel, qui aime bien les formules toutes faites, de déclarer "Vous êtes donc l'homme d'une moitié de la France !". Celle-là on la garde, elle est drôle ! Intéressant d'entendre le propos de Perdriel sur la crise de la sidérurgie et sa gestion gouvernementale (2).

Moment savoureux quand Chancel demande à Perdriel ce qu'il écoute comme radio le matin, ce dernier parle de la revue de presse de Levaï (Yvan), de Mougeotte (Étienne), de Boissonnat (Jean), sans que Chancel précise qu'il s'agit d'Europe 1 la station concurrente (c'est pas bien !). On remarquera que Perdriel connaît les noms des journalistes d'Europe 1 et ne cite pas ceux d'Inter, indice que Chancel ne reprendra pas !

(1) Chancel y reviendra en fin d'émission laissant entrevoir qu'après 50 ans, la solitude !!!!
(2) 4 ans avant la même crise gérée par le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy !

jeudi 3 décembre 2015

Radio- Archives : Jeanne Moreau (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

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Jeanne Moreau (23 janvier 1976)
Quelle douce voix et quel "lenteur" d'expression ! Ça fait du bien à l'heure du thé… À la phrase un peu toute faite de Chancel "C'est une belle vie que la votre", la philosophe et solaire Moreau répond "C'est une belle vie que la vie". Moreau est au-dessus du nid de coucou et s'évade avec la beauté. Chancel, trop terre à terre, rate son coup.

Mais le meilleur est à venir : "Jeanne Moreau, nous n'allons pas employer des mots qui peuvent sonner creux (sic) comme star, vedette, comme notoriété (1) mais quand même il y a un mot qui est vrai (re-sic) et qu'il faut recevoir, c'est le mot succès. Ce succès vous l'avez eu, l'avez-vous mérité (re-re-sic) ? Mérite t-on ce que l'on a à un moment, par rapport à ceux qui n'ont rien ?". Oumpfff ! Vas-y Jeanne défends-toi, corne de bouc ! L'est féroce le bestiaux avec toi ! 

Moreau précise à Chancel que "c'est très fragile et fugace le succès. Cela permet à une comédienne ou a un comédien de continuer à exercer son art, mais ce n'est pas le but, le but c'est aller au bout des choses, atteindre un certain épanouissement…" Chancel magistral ose "La solitude entraîne la liberté ". Moreau, lucide, "Pfff, ce sont des mots tout ça. On est jamais libre !".

mercredi 2 décembre 2015

COM va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse…

Catherine Morin-Dessailly
Pr. de la Commission Culture du Sénat























La nouvelle vient juste de tomber : la commission Culture du Sénat rejette le COM (Contrat d'Objectif et de Moyens) de Radio France que Mathieu Gallet avait présenté devant les sénateurs fin octobre. Un communiqué de Catherine Morin-Dessailly, présidente de cette commission, devrait être publié d'un instant à l'autre. Je ne manquerai pas de réagir ici dès sa publication… 

Perrine Tarneaud, Rédactrice en chef de la chaîne Public- Sénat annonce sur son compte Twitter que c'est une décision "sans précédent"… D'autre part la loi audiovisuel de 1986 et son article 53 précisent que les commissions "Culture" du Sénat et de l'Assemblée émettent des avis sur les Contrats d'Objectifs et de Moyens (COM) des sociétés de l'audiovisuel public. Le gouvernement peut ou non en tenir compte pour signer ces COM.

En l'état de nos informations, la Commission a fait part de ses inquiétudes quant à la solidité du COM sur la période à venir (2015-2019). Particulièrement sur la capacité de redressement financier de Radio France dans la durée. Le pronostic d'un retour à l'équilibre en 2018 n'a pas convaincu les membres de la Commission Culture du Sénat. Ceux-ci pensent qu'en cours de COM il pourrait être nécessaire de "revenir dessus". Cette décision peut être considérée comme un droit d'alerte que se donne le Sénat. C'est pour lui une façon de prendre date.














Le communiqué du Sénat (2 décembre 2015)
"Concernant Radio FranceM. Jean-Pierre Leleux (Les Républicains R - Alpes-Maritimes), rapporteur en charge des crédits de l’audiovisuel, a rappelé "le rôle indispensable de Radio France pour développer l’accès à la culture et à l’information" et indiqué que "les valeurs et l’identité défendues dans le COM étaient partagées". Il a salué également la qualité du travail des personnels. 

La commission a néanmoins partagé son inquiétude concernant les perspectives de redressement de l’entreprise et adopté un avis défavorable au COM en considérant que ce projet :
  • ne tenait pas assez compte des recommandations formulées par la Cour des comptes dans son rapport d’avril 2015 appelant à des réformes structurelles ;
  • renvoyait à 2017 la décision sur l’arrêt de la diffusion hertzienne du Mouv et l’évolution souhaitable des formations musicales préconisée par le rapport sur la réforme des formations musicales de Radio France de M. Stephan Gehmacher, directeur général de la Philharmonie de Luxembourg ;
  • n’engageait pas le rapprochement des rédactions de France Inter, France Info, France Culture et France Bleu contrairement au projet "Info 2015" mené à France Télévisions ;
  • prévoyait l’augmentation du poids de la masse salariale (62,9 % des charges d’exploitation en 2019 contre 62,3 % en 2014) du fait notamment de l’abandon du Plan de départs volontaires (PDV) qui devait alléger à terme la masse salariale ;
  • et repoussait le retour à l’équilibre des comptes de 2017 à 2018.
C’est parce qu’elle est attachée aux missions particulières portées par le service public et Radio France en particulier que la commission a tenu à mettre en garde et alerter sur l’urgence de réformes à l’instar de ce que toutes les entreprises de l’audiovisuel public (Arte, France Médias Monde, France Télévisions) ont entamé."

Patatrac Bismarck !
Au risque que cela m'ait échappé, c'est la première fois que je lis ce qui suit : "n’engageait pas le rapprochement des rédactions de France Inter, France Info, France Culture et France Bleu contrairement au projet "Info 2015" mené à France Télévisions". Autant dire que là c'est l'hallali et que ça va pas trop faire "la la la" dans les couloirs de la Maison ronde. Soyons prudent mais j'ai l'impression qu'un avis de tempête ne va pas tarder à être publié !

Ajout du 3 décembre, 11h
Dans, L'instant M, son émission quotidienne sur France Inter ce matin, Sonia Devillers a dit en début d'émission relatant la décision de la Commission culturelle du Sénat : "… Pour les salariés d'ici c'est ce qui s'appelle être pris entre le marteau et l'enclume… Bref!" Ce "bref" en dit long sur l'état de stress permanent qui règne à Radio France depuis le printemps.







Cheval fougueux (3 décembre, 13h)
Dans "Texto" la revue interne de Radio France, publiée le 3 décembre, sous le titre : "L’approbation définitive du texte par le Conseil d’administration devrait intervenir avant la fin de l’année, après le recueil des avis consultatifs du CSA et des commissions parlementaires" il est rappelé les étapes successives passées qui devraient permettre la signature du COM ce mois-ci.

Extrait :
A partir de la date de transmission (1), le CSA dispose d’un délai de quatre semaines pour formuler un avis. Les commissions [Sénat et Assemblée nationale, ndlr] peuvent quant à elles formuler un avis consultatif sur le COM dans un délai de six semaines.

Dans ce cadre, le Président Mathieu Gallet a été auditionné par les deux commissions aux mois d’octobre et de novembre. Les avis du CSA et de la commission du Sénat ont été rendus les 1er et 2 décembre. Celui de la commission de l’Assemblée nationale devrait être publié la semaine du 7 décembre. Ces avis seront examinés par Radio France et par l’Etat actionnaire afin de maintenir l’équilibre trouvé entre l’Etat et l’entreprise au cours des derniers mois.

Radio France réaffirme les ambitions de développement et de réformes portées par ce projet de COM, dont les avancées réalisées au cours des derniers mois de dialogue avec les personnels et leurs élus ne sauraient être remises en causeL’approbation définitive du COM est prévue lors de la séance du Conseil d’administration qui se réunira le 17 décembre 2015. La signature par la Ministre de la Culture et de la communication et le Président de Radio France interviendra à la suite de cette approbation (2)."

Fleur Pellerin






















Et maintenant… ?
L'affirmation et la détermination d'une signature imminente devrait-elle laisser penser que l'avis de la Commission culturelle du Sénat ne changerait rien au processus en cours ? Pour autant comment la Ministre de la Culture, Fleur Pellerin pourrait-elle ne pas tenir compte d'un avis motivé de la représentation nationale ? Dans tous les cas cela pourrait l'inciter, a minima, à des amendements, a maxima à des ajouts eux aussi "structurels" . 

De cette façon le Président Gallet pousse deux feux : un vers son personnel "Vous pouvez compter sur moi" et un vers sa Ministre de tutelle "Je compte sur vous". "Les bons comptes font les bons amis" dit-on, là le temps est venu pour Gallet de compter ses amis. Dedans et… dehors. Et c'est maintenant un compte à rebours implacable qui va s'engager entre Radio France et l'État. Un compte à rebours qui prendra fin le 17 décembre quand le Conseil d'Administration de Radio France aura, ou non, approuvé le COM. Celui en l'état ou celui qui pourrait, d'ici cette date, être amendé.

Wait and see. Mais à trop durer l'attente pourrait se changer en effet boomerang du printemps 2015.

(1) 28 octobre 2015,
(2) En rouge, c'est moi qui souligne, 

Radio-Archives : Christian Lacroix (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

13/117
Christian Lacroix (14 novembre 1988)
"Être à la mode c'est être démodé dans la minute qui suit" voilà comment Christian Lacroix, couturier lucide, essaye de temporiser le succès fulgurant de sa très jeune maison de couture qui a un tout petit peu plus d'un an lors de cette Radioscopie. Lacroix est à la fois dans un mouvement de dessin et dans celui de la flamboyance des arts, quand ceux-ci se mêlaient autour du théâtre ou de l'opéra dans les années 35 à 50. 

Et Lacroix de se reprocher, alors qu'il voudrait être en prise avec l'air du temps, de ne plus lire, de ne plus aller au théâtre ou au cinéma. En 88, Lacroix trouve qu'on vit dans une période d'uniformisation, que l'ambiance s'est alourdie depuis 20 ans (1), c'est une raison pour lui de faire éclater les couleurs dans la rue (2). Et puisqu'il a en face de lui un homme de racines, Chancel joue et surjoue avec Arles, qui a vu naître Lacroix, et le prestige de ses créateurs (Clergue, Nyssen,…).

"J'aime se faire entrechoquer les époques différentes, les folklores différents" dit Lacroix. On sent l'ouverture au monde, la flamboyance qu'il veut insuffler à ses créations avec en même temps une réserve, une discrétion ou une délicatesse pour le silence. Chancel ne tient plus en place, Lacroix en pleine maturité professionnelle et morale ne suffit pas à l'animateur de radio il veut à tout prix projeter Lacroix dans un avenir que ni le couturier ni personne ne peut prédire. Mais Chancel essaye de toujours aller plus loin que l'histoire présente. Comme si "ça ne suffisait jamais" d'évoquer le passé et le présent.

Et Chancel d'être vraiment incorrigible quand il demande à Lacroix "Vous aimeriez avoir votre statue ?" Le couturier a alors la meilleure réponse qui soit, il sourit et ricane… sous cape !


Cette treizième Radioscopie clôt le premier CD des "Inédits" que publie l'INA.

(1) On était en 1968 et Pierre-Viansson Ponté écrivait en mars de cette année-là, dans Le Monde, "La France s'ennuie" !
(2) Que dirait-il aujourd'hui de l'uniformité du noir qui habille tant et tant de vêtements ?

L'extrait reviendra bientôt !

mardi 1 décembre 2015

Radio-Archives : Jean-Claude Killy (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016…

12/117
Jean-Claude Killy (25 février 1974)
Le triple médaillé d'or des Jeux Olympiques d'Hiver de Grenoble en 1968 n'a pas sa langue dans sa poche et les questions d'un Chancel, quelquefois à la limite de la perfidie, n'ébranlent en rien… l'homme d'affaires qu'il est devenu ou qu'il est en train de devenir en 1974. Et, en ces temps-là, s'opposent frontalement deux postures sportives, l'"amateurisme" et le "professionnalisme". La première aurait du panache, la seconde serait vénale. Chancel titillera beaucoup le champion sur ce sujet. On prendra le recul nécessaire pour accepter l'angélisme (au mieux) ou le mensonge (au pire) d'un Killy vis à vis de l'argent.

Mais, derrière ces questions pécuniaires, il y a surtout "L'affaire de Val d'Isère" (1). Et tout le bruit autour du champion et de ses/ces "affaires". Où l'on découvre alors que c'est Killy qui a demandé à Chancel de l'interviewer pour lui permettre de se faire entendre (2). Et à trente ans voici ce que Chancel "ose" demander à Killy : "Il ne fait aucun doute que vous avez réussi votre carrière mais avez-vous réussi votre vie ?" Killy répond et Chancel ajoute "Et vous vous êtes marié ?" (3).

Et pour conclure en beauté (sic) Chancel demande : "Comment se fait-il que les champions les plus doués sont aussi les plus beaux ? Il y a une question de morphologie dans la victoire ?" (4). Celle-là on la garde Coco, on va voir ce qu'on peut faire pour la panthéoniser !

(1) Chancel en parle en creux, comme si tout le monde savait ! Merci à Alain Lazard, sur son blog, d'avoir relaté "l'affaire",
(2) Devait bicher Chancel !

(3) Sûrement une forme de réussite sociale ou un "sacre" en… 1974 ! Et l'on constatera que, quelques minutes plus tard, Chancel déterminera le sexe de l'enfant Killy à naître : un garçon !
(4) Et les deux hommes de redoubler de commentaires laudateurs sur les sportifs… masculins et les moniteurs de ski ! Zyva Killy !