mardi 10 mai 2016

L'An 02 : mardi 71 mars 2016… 49-3

71 mars, Paris © S.J.















71 mars, Paris © S.J.
Thomas Guénolé


























Radio Debout, 20h  
Thomas Guénolé, politologue, "Le 49.3 c'est la démonstration d'une situation désespérée par excellence et un chantage au suicide (politique). Ce gouvernement s'est engagé sur une ligne programmatique qui ne correspond pas à celle pour laquelle plusieurs députés ont été élus. Manuel Valls, parle toujours avec 3 mots en boucle "Autorité, audace, fermeté" et pareil quand il va chez le boulanger, il prononce ces trois mots puis passe sa commande."



71 mars, Paris © S.J.



























Bon, j'informe Davidas du lieu d'où Radio-Debout émet ce soir, "Le petit tonneau". Gilles en bon reporter, file sur place et m'envoie les photos du lieu. Jean-Pierre Farkas (1), journaliste, quand il était directeur d'Inter, a eu comme adjoint Gilles Davidas. J'ose écrire : Farkas serait fier de "nous", enfin surtout de toi Gilles, même si depuis le bout du monde je fais, consentant, le grouillot ! ;-)
© Gilles Davidas














Max, lycéen calme, très calme témoigne de ce qui se passe à l'Assemblée, et aux alentours, avant (d'essayer) de rejoindre Radio-Debout. Et cette oueb-radio n'en finit pas de raconter des histoires de vies, de luttes, singulières et plurielles.

(1) qui s'était fait remonter les bretelles en 68, par le préfet Grimaud qui accusait Radio-Luxembourg (RTL) où Farkas était rédacteur en chef de la rédaction et Europe n°1 d'être "Radio Barricades"…

Radio-Archives : Michel Serres (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016.


117/117
Michel Serres (5 mars 1980)
"La philosophie c'est l'anticipation du savoir et des pratiques à venir" Ça va tout de suite mieux qu'avec l'invité de vendredi dernier. On sent non seulement la maturité mais l'intelligence, et ça fait du bien ! Et "l'âge venu" Serres précise : "Dans philosophie il y a deux mots science et amour". Et "La politique c'est la haine entre les hommes" (1). 

"Le changement c'est la définition de l'intelligence, si les choses doivent rester les mêmes c'est ça la définition de la sottise, si les choses doivent se répéter, c'est ça la définition de l'instinct de mort. Je crois que dès que quelqu'un se répète, dès qu'une institution dit la même chose, dès qu'une société recommence dans le même sillon les mêmes habitudes, alors elle est morte."

(1) Il n'a pas dit ça le 4 mai 2016 à la web-radio "Radio Debout" mais a semblé déceler une certaine fraternité sur la Place de la République (Paris) du mouvement "Nuit debout"

Michel Serres, 1930



Demain, la "synthése" de 117 Radioscopie !

Sainte Mère Cato…

Léon Zitrone et Roger Couderc virés de l'ORTF en 68 (1)





















Hier matin alors que les matinales des radios allaient s'achever et qu'une nouvelle désastreuse concernant un élu (ex-écologiste), vice-président de l'Assemblée nationale, donnait des hauts-le-cœur, au point de désespérer bien plus la Vème République que Billancourt, un animateur de télévision d'une émission de divertissement annonce à l'Agence France Presse (AFP) qu'il quitte la chaîne qui l'emploie. 

Patatrac, l'info prit le chemin de la comète, commença à tourner en boucle et lança la glose qui immédiatement atteignit, sur l'échelle de Richter médiatique, le niveau 10 d'une graduation qui en compte 12. Cette échelle médiatique, inventée par un communiquant bidon, auteur de la formule définitive "Si à 50 ans tu roules pas en Solex t'as raté ta vie" (1), ne servant à rien d'autre qu'à mesurer une valeur relative et tout aussi bidon, celle des impétrants dans le tourbillon médiatique.

Las ! Dès l'après-midi, Renaud Revel de l'Express de nous détailler les chaînes TV qui, déjà, s'arrachaient à prix d'or la star. Que dis-je ? L'icône d'un esprit qui, avec lui, quittait définitivement une crèmerie, inventée au début des années 80 pour divertir la femme et l'homme moderne. Chacun pouvant se vautrer sans remord devant son récepteur et y voir à gogo, moyennant finance, du cinéma et de la fouteballe (sic).


Philippe Bouvard


















Le Père Cato étant parti depuis longtemps sans laisser d'adresse il ne restait plus à la Mére Cato qu'à mettre en œuvre le bal des faux-culs qui allaient entrer dans la danse et jouer, peu ou prou, aux chaises musicales pour les plus vernis, les autres étant promis définitivement ou presque aux oubliettes de l'histoire médiatique.

Pourtant, il semble bien me souvenir qu'il y a quelques jours (2), l'excellent Télérama, sous la plume d'Aude Dassonville avait titré "Mercato radio : Vincent Josse et Vincent Théval absents de France Musique en septembre". Par contre, je ne me rappelle pas que le ban et l'arrière ban des chroniqueurs médiatiques aient repris l'info au point d'affoler l'échelle médiatique sus-citée. Qui, comme de bien entendu, ne s'affola pas plus loin que vers quelques aficionados biberonnés au transistor, mutés depuis en smartphone. 

Marie-Hélène Fauquet, Nathalie Le Breton, Brigitte Vincent, 
Philippe Castetbon, Gilles Davidas © Radio France




















Que Bouvard soit débarqué de RTL (en 2000) et on titre "accident industriel". Que Ruquier taille sur RTL (pour définitivement remplacer Bouvard) et le gotha se perd en conjectures. Que Gérard Klein, Claude Dominique, Claude Villers, Brigitte Vincent, Jean-Louis Foulquier, Frédéric Bonnaud, Daniel Mermet, quittent Radio France et ça fait quelques lignes dans les gazettes. La radio ça se voit pas ! Ça doit être ça ! Et puis la TV managée par un industriel c'est tout de suite plus excitant que la radio managée par un gringalet.

(1) Un vieux briscard de la radio me rappelle que le Roger disait en commentant les matchs de rugby sur Europe n°1 "à gauche de votre transistor", ça c'est fort !
(2) Les plus jeunes de mes lecteurs se rendront sur le oueb pour découvrir cet objet qui avait l'heur d'offrir des gamelles à ses utilisateurs distraits par temps de pluie,
(3) Le 3 mai 2016. 

lundi 9 mai 2016

Radio-Archives : Gustave Thibon (Radioscopie)

J'ai voulu jouer le jeu de la collection et, jour après jour, chroniquer une des cent-dix-sept Radioscopie proposées dans le coffret de l'Ina. J'écoute à 17h dans les conditions du flux et vais ainsi vous tenir en haleine jusqu'au mois de mai 2016.

116/117
Gustave Thibon (9 avril 1974)
"Le seul rôle de la philosophie c'est de modifier l'homme intérieur, de rendre l'homme meilleur." Le "paysan" d'Ardèche, très certainement de sa génération, malgré son bel accent reste sentencieux et difficile à suivre 47'. 

Et ses emportements sur plusieurs sujets, sont pesants : "Le prêt-à-porter métaphysique" dont on n'apprendra rien puisque Chancel le lance sur… la mode (sic). Prêt à porter/mode voilà bien un raccourci qui n'a rien de philosophique, si ?

Gustave Thibon, 1903-2001

La radio parfaite… debout

Dr MeloMnemo ©David Christoffel 

















Bon, David Christoffel (1) m'avait prévenu. Il me faudrait tendre l'oreille pour écouter, du 19 mars au 10 avril, la web-radio du festival "Printemps des arts" de Monte-Carlo. Ah ! Une web radio qui a choisi un nom sans aucune ambiguité ça donne envie. Qui d'autre oserait tenter "La radio parfaite" si ce n'est Marc Monnet, le directeur du Festival et Christoffel soi-même ? Personne. Raison de plus pour le tenter.

Pour le vieux briscard de la radio en flux que je suis, attraper une web-radio relève d'un "effort incommensurable" qui ne correspond en rien à mes "habitudes" de vie et d'environnement sonore. Je suis curieux mais j'ai besoin, pour la radio, de comprendre "d'où ça parle". La radio hertzienne fait partie de mon univers vital. Et je n'ai que deux oreilles. Si, si ! Pendant le festival, occupé sur différents fronts (populaires), je n'ai pas réussi à partir sur "Le rocher".  Puis les soundcloud publiés je commençais l'écoute.



Et tout de suite il me manque vraiment quelque chose. Un lieu, des gens, le studio, l'ambiance, le temps qu'il fait, l'horizon. J'écoute des choses très originales avec une idée éditoriale osée et curieuse de l'écouteur de musique. L'écouteur festivalier. L'écouteur musicien intervenant au festival. L'écouteur qui s'insère dans une programmation inattendue. On sent cette communauté d'intérêts : les artistes, les élèves des lycées, les auditeurs "spécialisés". Christoffel a réussi son affaire en "mixant" l'ensemble. Mais justement pour "être dedans" ne fallait-il pas être sur place ? Et surtout ne fallait-il pas une écoute en continu ? Ou le plus longtemps possible… de suite ?


L'écoute en morceaux a ses charmes si ce qu'on entend vous colle à l'oreille. Mais l'absence de lien entre deux soundcloud rend l'affaire un peu froide, un peu mécanique, et même un peu aléatoire. Pourtant, une web-radio de festival qui prend le pari de la création radiophonique, pour ne pas être que la chambre d'écho du dit-festival, c'est une expérience fantastique. Et l'on peut bien sûr écouter des morceaux "disparates" comme on écoute des "archives" ou des "émissions" en streaming hors-flux. Il n'empêche je ne suis sans doute pas le "bon cheval" pour juger penmn de cela. Et je n'ai, de fait, pas la culture musicale classique pour apprécier à leur juste valeur les créations musicales offertes au cours de ce festival.




© Gilles Davidas

Radio-Debout
Justement mon expérience d'écoute de cette web-radio de la République (Place de, Paris) peut être mise en regard de l'écoute de "La radio parfaite". Dès le départ le sujet m'intéresse. C'est quoi #NuitDebout ? Et puis par la "bande" (magnétique) je suis à l'écoute le premier jour de diffusion. Et, très adepte du tâtonnement expérimental (2), je me prends au jeu de l'écoute, du live de l'AG, des premiers invités. Et… de la façon de faire que je trouve très pro (3)



Dans un mouvement en germe, l'écoute est grisante, vitale ou indispensable. C'est selon chacun. Mais comme un moment de l'histoire comment ne pas être dans l'histoire. c'est l'urgence. C'est le feu au lac. C'est le changement. C'est la vie. Alors à défaut d'y être. On rentre dans son smartphone, ou son ordinateur. On s'y love, love, love (sic). Et pendant les quatre heures de diffusion on ne fait presque plus rien d'autre que d'écouter (et quelquefois même d'écrire un billet à chaud).



Et, si on a pu venir in situ, l'addiction est totale pour ne pas en perdre une miette. C'est comme un feuilleton, Un work in progress emballant. Et "on voit" la radio se faire. La bâche qui flotte, les fils qui se touchent, les badauds qui badent et, le générateur dégénéré. Je ne saurais pas dire mieux ! C'est aussi une histoire, une équipe. La belle équipe. Voilà. Ce n'est qu'un début continuons l'écoute !



(2) Méthode du pédagogue Célestin Freinet,
(3) À tel point qu'Aline P. passant devant le studio félicite, ce 37 mars, ceux qu'elle sait (re)connaître être des professionnels de la profession,

dimanche 8 mai 2016

L'an 02 : dimanche 69 mars 2016, vous avez dit post-marxiste…




Bon Siné a fini par péter sa durite ! Pourtant qu'est ce j'aurais aimé qu'il puisse titrer "Val tragique à vie : 1 mort". Couché sur son lit d'hosto il a réussi à faire cette couv'. Yapuka ! Donc vous l'aurez noté de plus en plus d'intellectuels viennent sur place apporter leur soutien à #NuitDebout. Et Edgar Morin de joindre sa pierre (et j'ai pas dit son pavé) au mouvement…


Edgar Morin




















Et voilà que Gaël Brustier publie aux Editions du Cerf "#Nuit debout. Que penser ?". Il est bon qu'en plein mouvement un chercheur ait pu prendre, sur ces nuits, le temps nécessaire pour envoyer un premier pavé (décidément) dans la mare du marigot politico-médiatique qui n'en peut plus de conspuer la parole libérée.

Sauf que la faille de la République (Place de, Paris) ces "puissants-impuissants" ne l'ont pas vu… venir. Ils s'engouffrent dedans sans imaginer qu'ils atteindront très vite le point de non-retour. Il y aura un avant et un après. Et l'avant paraît déjà avoir atteint sa date d'obsolescence programmée. De Gaulle, Pompidou et consorts n'avaient rien vu venir de 68. Ils ne s'en sont jamais remis et un pas énorme a alors été franchi. La nouvelle société (mais pas celle de l'ex-premier ministre Chaban-Delmas) faisait table rase d'un passé dépassé (1)

(1) Politique préconisée par Jacques Chaban-Delmas, premier ministre de Georges Pompidou, dès son discours d’investiture en 1969

Radio-Debout ©Gilles Davidas















La radio en langue des signes ! Y'a que Radio-Debout pour faire ça !

Radio-Debout ©Gilles Davidas

samedi 7 mai 2016

Lazareff : sa vie, son œuvre… ou l'épopée France-Soir

Pierre Lazareff © Dalmas/Sipa - Sipa


























Quelle bouffée d'oxygène ! "Sur les docks" sort des sentiers battus et rebattus du "social permanent" dont il me semble, de loin en loin, représenter plus de 80% des documentaires. Je dis "me semble" car mon écoute fidèle et quotidienne s'est transformée en picorage très sélectif. D'un rendez-vous qui a ponctué mes journées à 17h depuis "Le pays d'ici" (1985) j'en suis arrivé à louper les rendez-vous et pire (mieux) à ne plus considérer cette "case" comme indispensable à mon fonction vitale d'auditeur accro. Amen !

Ce doc me parle car Lazareff, le boss de France Soir est, au delà du mythe, le symbole d'un journalisme de conquête. Conquête des lecteurs, conquête de la reconnaissance d'un métier sublimé, conquête des médias. Une des illustrations de ce qui se définira être "Le quatrième pouvoir". France Soir ça me parle même si, ni dans mon adolescence, ni comme jeune adulte, je n'ai été attiré par cette presse populaire, tapageuse en titres et en "coups". 

France-Soir : l'info en continu
Il n'empêche ce canard, et pas que pour ces tirages exceptionnels, était une référence. Même si aucun de mes profs de lycée ne m'a incité à le lire quand on devait chaque semaine, le mardi, se fader "Le Monde, Économie". Trop fun les images dans Le Monde. Y'en avait pas ! Il faudra les attendre encore longtemps. Pour créer le buzz et donner envie de voir, France-Soir pouvait caracoler en tête (1). Et Labro a raison de dire que le journal avec sa rapidité de réaction, particulièrement pour les photos, traitait l'"information en continu". Il n'y avait pas encore la concurrence et le monopole de l'image TV. Les "Actualités Gaumont" ou "Les actualités Pathé", que l'on pouvait voir au cinéma, sentaient déjà un peu la naphtaline.

En écoutant ce doc me revenaient des images : celle de la rue Réaumur (Paris), la rue des journaux, celles des crieurs de rue, vues dans les films, celle de Lazareff à "Cinq colonnes à la Une" (2) Le titre rappelle une "expression technique" de la presse qu'illustre avec brio Lazareff : "Si vous voulez être connu, il vaut mieux que l'on dise de vous sur 5 colonnes à la une de France Soir : “ce type est un salopard” plutôt qu'a la page des petites annonces “ce type est formidable, il cherche du boulot” (3). 



Et puis écouter Labro-reporter c'est voir Tintin courir le monde. Labro juste à côté d'Oswald "l'assassin présumé" de Kennedy, quelques heures après l'attentat. Labro aux États-Unis, pour ne pas dire au Far-West, mi-aventurier, mi-reporter. Labro journaliste avec Henri de Turenne cité dans le doc. Toutes ces images du "passé" peuvent-elles être les images des plus jeunes ? Non assurément. Et comment un documentaire aussi passionnant, utile tant à l'histoire de la presse qu'à l'histoire sociale du XXème siècle peut-il toucher les générations nées à la fin de ce siècle-là ?

Je n'ai aucune solution. Je me demande juste s'il n'y aurait pas lieu que "Sur les docks" se produise en deux parties. Une partie documentaire (17h/18h) et une partie contextualisation/actualisation (18h/19h) (4). De quoi donner du grain à moudre aux invités qui viendraient enrichir l'histoire. En clair le documentaire enrichit l'actualité et non pas l'actualité qui produit le documentaire. Révolutionnaire non ? De ce fait cette deuxième heure de "Sur les docks" peut devenir un formidable "filet à papillons" pour la première.

Las, je ne suis pas directeur des programmes de France Culture. "Les temps changent" Puisque cette petite ritournelle récurrente s'installe un peu plus chaque jour dans les médias, ne serait-il pas temps aussi de changer à France Culture et de donner un souffle nouveau à ces documentaires qui, à leur façon, racontent  le monde en train de changer ?
(À suivre)



(1) Ç'aurait été bien de faire la photo avec Jacques Boissay qui au cours du documentaire présente celle du cercueil de Nasser, président de l'Egypte, après son décès le 28 septembre 1970,
(2) Émission de la première chaîne en N&B, dite aussi des 3 Pierre (Desgraupes, Dumayet), et d'Igor Barrère… 1959-1968 (le 3 mai, tiens tiens !),
(3) Source Wikipédia,
(4) Et hop le journal à 19h !