Évoquer le laborieux (du dépliant), un jour férié c'est raccord avec une certaine idée de la détente, d'une oisiveté sublimée, de la pêche au goujon ou à la truite, d'un farniente bien mérité. Merci Jo Privat et, ça rime, Albane Penaranda (productrice des Nuits de France Culture) d'avoir remis dans nos oreilles cette série des "Jeux de l'ouïe" (1). Jolies virgules, d'un temps où il y avait des programmes, libres d'informer et de distraire dans leurs grilles ciselées au cordeau d'arpenteurs magiciens du rythme (et de la raison)
Donc Jo Privat, avec quelques collègues femmes et hommes, de Belleville à Ménilmontant nous entraîne à faire une pause dans la cacophonie ambiante de l'information à laquelle France Culture ne renonce pas à participer, quitte à ce que la culture en prenne un sacré coup dans les esgourdes ! L'accent et la gouaille de Privat fixe les clichés de Willy Ronis et de Robert Doisneau, les rimes de Prévert et de Boris Vian. Qu'il est bon d'entendre Privat conter qu'à ses débuts il était "un peu chétif du gousset" et que ses passages avec son accordéon dans un bordel de sa tante arrangeaient l'ordinaire.
Il appartiendra à chacun avec son promis ou sa promise de danser dans sa cuisine, dans sa cour ou son jardin. Et vu que le soleil va cogner il vaut mieux s'agiter à la fraîche. Tous ces airs d'accordéon me rappellent que l'antenne de France Culture s'ouvrait le matin avec "Valverde" de Marc Perrone pour "Culture Matin" le set de Jean Lebrun (1987-1999). Ce côté désuet de l'accordéon, avec une touche de prolétaire et de bal pop' et un clin d'œil à la France qui se lève pour aller au turbin. (2).
Savourez donc pour ce Pâques beau cinquante minutes de piano à bretelles et de gouaille attendrissante de Jo Privat.
Morceau ayant servi d'indicatif de "Culture matin" choisi par le réalisateur Georges Kiosseff
(1) France Culture, "Jeu de l'ouïe - Les dancings de la Libération : Jo Privat " 1ère diffusion, 16 au 20 septembre1996,
(2) On ne peut plus avoir le même plaisir aujourd'hui à ouvrir, matin, le poste. Particulièrement quand le producteur de la session, Guillaume Erner, s'affiche dans la der de Libération, le 4 avril dernier, pour roucouler "Que je travaille dans le Sentier a été une sorte d’anomalie» quand on aimerait voir écrit "Que je travaille à France Culture a été une sorte d’anomalie" !
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