"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
samedi 10 novembre 2012
Il était une fois… Aurélie
Aurélie Charon est productrice à France Culture (1) et chargée chaque soir de présenter, en pré-générique, un des "Ateliers de la nuit" qui émaille la semaine. J'avais envie d'interviewer Aurélie pour parler de cette expérience-là, suffisamment particulière pour connaître son point de vue et sa façon d'y travailler.
Radio Fañch : Cette présentation des Ateliers que vous réalisez chaque soir à 23h vous la définiriez comment ?
Aurélie Charon : (Silence)… C'est de donner une promesse… Faire entrer la nuit dans les programmes et précipiter vers l'écoute d'après. C'est un exercice acrobatique d'équilibriste pour ne pas déflorer le sujet tout en en disant suffisamment pour donner envie de rester. C'est un passage… entre un mot et un autre. J'ai, pour préparer ce chapeau, cette introduction, une écoute d'auditrice. Je cherche ce qui va m'inspirer. Quelquefois quelques secondes après le démarrage du documentaire trois mots peuvent m'inspirer, d'autres fois après cinquante-cinq minutes d'écoute je dois trouver les mots justes pour dire sans dévoiler.
Radio Fañch : Est-ce que depuis toujours vous aimez raconter des histoires ?
Aurélie Charon : Oui. Le récit j'aime beaucoup ça. J'ai fait des études de théâtre et j'ai appris la façon, pas linéaire, de raconter des histoires. Au lycée j'ai découvert comment on fait de la radio et la puissance de la voix, de ce que je pouvais raconter. Et puis j'aime écrire. et quand j'écris (pour la radio) je parle. Cette parole me donne le rythme. Et en même temps ce n'est pas une parole quotidienne (habituelle, ordinaire, ndlr). C'est différent. C'est une autre forme de parole. C'est une adresse. Une tentative.
Radio Fañch : Dans votre enfance ou votre adolescence des voix de radio vous ont-elles marquée ?
Aurélie Charon : (Silence)… Bien que je ne l'ai jamais écouté lors de ses émissions quotidiennes c'est Chancel et ses Radioscopies. C'est pour moi comme un territoire connu. Plus tardivement Rebecca Manzonni et Pascale Clark (2).
Radio Fañch : Avez-vous besoin en studio de créer une ambiance de nuit pour enregistrer vos présentations ?
Aurélie Charon : Tout au début oui avec une lumière et une ambiance intimiste. Mais plus aujourd'hui. C'est plus naturel. La nuit c'est ce que les gens projettent et l'imaginaire qu'ils y collent. La nuit je m'autorise plus de choses, des silences, j'ai plus de liberté.
Au cours de notre entretien Aurélie Charon m'a fait remarquer que dans ses annonces/désannonces les deux mots qu'elle prononce le plus sont : Atelier et Alain Veinstein (3). Une façon de "reconnaître" son grand devancier qui a créé sur France Culture : "Les nuits magnétiques" "Surpris par la nuit" et "Du jour au lendemain".
Merci à Aurélie Charon d'avoir répondu à cet interview par téléphone vendredi 9 novembre 2012.
(1) L'atelier intérieur, France Culture, le lundi à 23h, (et aussi sur France Inter, été 2011 et 2012),
(2) Productrices à France Inter,
(3) Producteur à France Culture, "Du jour au lendemain", du lundi au vendredi, minuit, juste après "Les Ateliers de la nuit".
vendredi 9 novembre 2012
Tentative d'inventaire… Perec
![]() |
| Georges Perec |
Ah la bonne ponctuation ! Ah le bon moment ! C'est au soir venant ! Comme ce pourrait être entre chien et loup. Mais quelquefois, à cette heure-là il fait grand jour et quelquefois nuit noire. C'est selon la saison. France Culture a eu la bonne idée à la rentrée 2011 d'inventer "Lectures du soir" (1). En mai il fallait attraper "L'infra-ordinaire " de Perec. Savoureux et succulent. Il convient d'écouter ça avant de passer à table ou quand on s'y prépare et, en cinq minutes on a accumulé suffisamment d'odeurs, de saveurs et autres petits bonheurs qu'on est mûr pour retourner l'écouter… à satiété.
(1) Du lundi au vendredi, 19h55, différents acteurs lisent des textes (Podalydès, Dussolier, Frey,), saison 2.
jeudi 8 novembre 2012
Mille-feuilles (2)…
Comment un sujet chasse l'autre ? Comment une certaine frénésie s'empare de l'actualité en général et du "nouveau" en particulier ? Comment revenir en arrière ? Comment dire stop ? Comment faire une pause ? (1) Ne croyez pas mes chers auditeurs que j'ai pris un coup de blues ! Non, j'ai juste pris la mesure qu'après avoir écouté Montana 1010, j'avais envie d'en lire un peu plus. Qu'après avoir entendu quelques blues j'avais envie de lire Lomax et d'en écouter d'autres. Et je ne dis rien de Marilyn dont je veux écouter d'une traite le feuilleton (2), rien non plus de Philippe Garnier dont je veux lire fissa "La nuit du chasseur". Stop je coule ! Et je veux, malgré tout, continuer à écouter la radio !
Ce n'est plus un mille-feuilles que j'ai devant moi mais un dix-mille, un cent-mille feuilles. Trop c'est trop. J'ai toujours eu du mal à imaginer comment les productrices et producteurs d'une quotidienne faisaient pour engloutir des données, les contextualiser, les restituer et… passer à autre chose à peine sortis du studio. Beaucoup plus modestement j'en suis là aussi ! Je voudrai encore un peu traîner mes galoches dans le Montana en n'écoutant plus que du blues, mais je ne peux en rendre compte instantanément. En "attendant" vous vous êtes habitués à me lire chaque jour. Mais de quoi vais-je vous parler si je n'écoute plus la radio ? Et je ne vais quand même pas me forcer d'écouter les "Grandes Têtes" rien que pour en faire un article ? Quadrature du cercle !
Donc il se pourrait qu'occasionellement un billet "neuf" ne soit pas là un jour ou un autre. Je ne laisserai ni page blanche ni "vieille" page en ouverture, je ferai moi aussi des "rediffusions" pour vous inciter à lire ce qui vous aurait échappé par thématique, par producteur ou par… malice. Voilà mes chers auditeurs, vous savez tout. Le billet de demain ? Je ne sais pas encore. Mais celui de samedi, si ! Là avant d'entamer "L'homme qui aimait ma femme" de Simonetta Greggio je vais piquer un p'tit roupillon (3).
(1) L'an 01, Gébé, Folio
(2) France Culture, 20h30, jusqu'au 9 novembre,
(3) Hey, je suis debout et actif depuis 4h ce matin !
mercredi 7 novembre 2012
Le blues… (tu l'as ou tu l'as pas)
![]() |
| Alan Lomax © Michael Ochs Archives/Getty Images |
J'en suis pas sorti du Montana… Fallait que je poursuive mon road-movie avec "mes" auteurs en poche. On ne s'arrête pas comme ça d'écouter. Ça serait trop facile. On accroche un voyage sur son dos et quelque chose comme une pendule viendrait tout foutre par terre. Invraisemblable ! Alors j'ai jeté la pendule et pourtant je l'aime ma pendule grand format qui m'accompagne quand je ne voyage pas. Me venait le blues, pas celui qui ronge celui qui porte à transcender un quotidien qui se délite. Et c'est pas la petite comédie américaine en train de se jouer qu'allait m'empêcher de fredonner.
Même quand ça ne passe pas sur son antenne Fip nous guide en musique. En septembre j'avais mis de côté une page dans un coin. Je savais qu'elle était là. Elle est ressortie de dessous la pile à force d'entendre vociférer "América, América" sans en entendre la chanson. "Parole, Parole" (1).
Alan Lomax a beaucoup voyagé pour collecter la musique aux U.S.A. et aussi en Europe. "En pleine Dépression et New Deal, Alan Lomax et son père John sont missionnés par la Bibliothèque du Congrès de Washington pour enregistrer le folklore du Sud des Etats-Unis. Ils transforment l’arrière de leur voiture afin d’y loger un matériel primitif de gravure et s’arrêtent dans les rues, les bouges, les exploitations agricoles, les prisons et les églises." (2) Dans son livre "Le pays où naquit le blues" Lomax, traduit en français par Jacques Vassal (3), "se fait témoin de cette zone de silence et donne, grâce à ses enregistrements, voix aux sans-voix." (2) De quoi faire un bon paquet d'émissions de radio en arpentant de long en large et de haut en bas les États-Unis. Jeanne-Martine Vacher (4) serait à son affaire, ou même Philippe Krümm.
Vous écouterez "Prison blues of the south" d'Alan Lomax (5). Je retourne au Montana ou en Combrailles. Sans avoir oublié de faire un crochet par le blues de Marylin. Il déchire tout autant que ceux que Lomax a collecté. Pour Marylin, je pense qu' "Une chanson désespérée" de Pablo Neruda lui aurait parfaitement été…
J'ai remis le voyage sur mon dos, et mes auteurs en poche, je pars vers le pays du blues. Marie-Hélène Fraïssé (6) et Jacques Vassal me servent de guide. La force d'attraction est puissante et ces bonnes ondes passent avant tout. Ce n'est plus une question d'émissions, plus seulement. C'est le bon moment pour approfondir le sujet et se préparer à une "Grande traversée"…
(1) Mina et Adriano Celentano,
(2) in le site de Fip cité,
(3) Édition "Les fondeurs de briques", Octobre 2012
(4) Productrice à France Culture, Movimento, le samedi à 14h,
(5) Sur la page de Fip ou de France Musique, en liens dans ce billet,
(6) Productrice à France Culture, Tout un monde, le mardi 15h,
mardi 6 novembre 2012
Montana 1910/1948…
![]() |
| En tout petit en bas à droite Miles City… |
Montana. Tout de suite ça me parle ! À cause de Larry Watson et son "Montana 1948" (1) que j'ai lu toute une nuit à voix haute en alternant avec une autre voix que j'écoutais… Pour le plaisir d'une histoire à entendre même si celle-ci était tragique ! À cause aussi de Jim Harrison et de Philippe Garnier… Ces Amériques-là me vont bien et c'est plutôt des histoires réelles ou de fiction que j'ai envie d'écouter plutôt que les envoyés spéciaux pour Romney-Obama. 17h hier, Sur les Docks (2). Right, j'ai l'esprit ouvert, large comme le Montana (États-Unis d'Amérique), prêt à prendre la mesure de cet espace grandiose…
En 1990, Fred Pirat entreprend de faire raconter à Marie Delos (1897-2002) son émigration. Quittant la France et Paris à l'âge de 12 ans avec sa mère pour rejoindre son cousin dans le Montana. Vue l'époque on imagine immédiatement le riche témoignage de cette femme qui presque quatre-vingt ans plus tard, bien que rentrée il y a fort longtemps, a toujours belle mémoire pour évoquer leur périple. La belle voix de Marie Delos, ses façons distinguées et bourgeoises tranchent avec l'idée qu'on peut se faire d'une très jeune fille qui ayant vécu au rythme des pionniers, aurait pu perdre sa distinction et l'adapter aux mœurs en vigueur à cette époque-là. Il n'en fût rien. D'une riche famille d'industriels de la laine à Tourcoing, elle a gardé la mesure des propos, une pondération dans l'enthousiasme et un certain quant à soi de classe. C'est surprenant voir même inattendu, mais tout a fait dans l'esprit du personnage. On l'imagine, digne, réservée, pudique, intelligente et… charmante. Et cet "hors cliché" aurait mérité sûrement d'être développé sur la grande distance…
Car un des intervenants du documentaire explique que ce qui frappe en arrivant aux États-Unis c'est le changement d'échelle d'avec la France ou l'Europe. Le documentaire de Pirat ammorce juste le bas de l'échelle. À la dimension des 12 ans de Marie Delos, de celle ses quatre-vingt-treize ans, comme à la dimension démesurée de l'espace du Montana, on pouvait attendre de ce documentaire qu'il ouvre la porte d'un feuilleton à la mesure de cette histoire. J'ai du mal à ne me satisfaire que de cette presqu' heure au cours de laquelle Pirat pose des jalons, installe l'épopée pour, tout juste l'histoire esquissée, refermer le livre. Je suis sans doute influencé par le "mythe" de l'Ouest, par John Ford, par les récits évoqués plus haut. Mais cette "vieille dame" aurait pu sûrement nous en raconter un peu plus (3).
Voilà bien le paradoxe de la grille de France Culture lors d'une journée spéciale ! Que chaque émission soit dans le mouvement des "24 heures en Amérique" et en même temps que toute la grille reste calée sur des formats, des rythmes, qui ne correspondent pas aux sujets évoqués qui mériteraient un autre découpage, un autre tempo et bien entendu une autre dimension. Une fois de plus France Culture brandit une bannière (étoilée) mais s'enferme dans un schéma contraint quand il faudrait "faire voler en éclats" les heures et INVENTER, grâce à la richesse de la diversité des approches que proposent productrices et producteurs, d'autres passages, d'autres liaisons, d'autres croisements pluridisciplinaires. Pour BOULEVERSER les habitudes et les approches des auditeurs il faudrait que la chaîne donne l'exemple et accepte de se bouleverser. La seule étiquette de "24h dans l'Amérique d'aujourd'hui" ne peut suffire à rendre compte de l'Amérique d'aujourd'hui. Alors, plutôt qu'un titre en forme de slogan très éphémère, donnons les moyens à la chaîne de traverser l'Amérique et, sur la longue durée, rendre compte de ses évolutions, de ses faiblesses et de ses atouts. Et bien sûr de ses Histoires !
C'est forcément un challenge immense que vont pondérer immédiatement les restrictions budgétaires. Mais plutôt que de faire faire à chacun un très petit bout d'Amérique ne vaudrait-il pas mieux faire faire à un, deux ou trois producteurs une longue session d'Amérique ? Que cela ne vous empêche pas, mes chers auditeurs, d'écouter ce documentaire et de profiter de la belle histoire de Marie Delos car, qui sait, Fred Pirat a peut-être encore dans sa besace quelques bobines magnétiques qui ne demanderaient qu'a parcourir les ondes ?
(1) Gallmeister Éditions,
(2) "Une petite française dans la prairie" de Fred Pirat et François Teste, France Culture,
(3) Je ne suis pas sûr que les illustrations sonores extraites de films ou de téléfilms connus ne soient pas trop en "surplomb" du documentaire. Trop imagées, trop évidentes. Il en va de même des musiques. Reprendre le thème du "Cheyenne" (Jason Robards), d'"Il était une fois dans l'Ouest" d'Ennio Morricone, induit trop d'images caractéristiques pour ne pas "étouffer" celles de Marie Delos.
lundi 5 novembre 2012
Un billet de 500…
![]() |
| Lucien Jeunesse |
Un billet de cinq cent quoi, Fañch, un billet de 500 balles ? Heu, j' voudrai pas dire, mais là les 500 balles ont disparu en même temps que Le Jeu d'Émile Franc, un gars qui, depuis sa jeunesse, distribuait de l'argent tous les jours à la radio. Ben quoi alors ? Ben plus modestement vous êtes en train de lire mon cinq centième billet depuis l'ouverture de ce blog (1). Ça fait quoi ? Cinq cent mille mots ? Non, pas tant que ça, de toutes façons j'ai pas compté, mais ça m'a bien plu d'écrire mon p'tit feuilleton quotidien. 500 c'est un cap ! Bon c'est pas le Cap Horn (ça c'est quand j'atteindrai les 5000) mais ça pourrait être le cap de Bonne Espérance…
Je dirai la bonne espérance pour une radio qui éveille et qui embarque l'imaginaire plus vite qu'il n'en faut pour trouver-un-sursaut-de-création-sur-les-périphériques-définitivement-cadencés-par-la-pub, où il nous manque un Coluche pour s'en jouer et déjouer les pièges de la sur-consommation. Car le "métier" d'écouteur de radio c'est de guetter ce que l'on peut extraire des flux incessants de parole, là où la petite musique des mots bouleverse l'entendement, où les idées agitent les neurones au point de réécouter deux ou trois fois la même émission, où le rêve prends le pas sur la réalité matraquée au coin de chaque carrefour d'infos, où il fait bon voyager avec telle productrice ou telle producteur même si le voyage est à deux pas, où il fait bon prendre la mesure des silences quand celui ou celle qui questionne sait les laisser s'installer…
Je ne sais pas si je peux dire que tant que j'écouterai la radio j'écrirai mais je sais déjà les quelques billets spéciaux que je publierai à Noël et une série pour l'été prochain. D'ici là depuis mon phare je guette. Alors à bon écouteur-lecteur, salut !
(1) 17 juillet 2011.
dimanche 4 novembre 2012
Lebrun dans le texte…
![]() |
| La Tour Solidor à Saint-Servan © Conielgian |
Bon, d'aucuns auraient dit "avoir été déboussolés par le ton, le rythme et les choix historiques" du Grand Timonier de "La (longue) marche de l'Histoire" (1). Tiens donc ! Nous les habitués d'un Lebrun matutinal ou vespéral (2) étions prêts à embarquer dans le vaisseau corsaire du plus malouin producteur de radio. E la nave va…
Cette émission, je ne l'écoute pratiquement jamais en direct. Je regarde ma liste (vertigineuse) de podcasts et pioche "au hasard" des titres. Pour "Jacques Canetti, l'homme spectacle" aucune hésitation, je clique. Canetti est pour moi une madeleine car ce qu'il donne à voir sur un disque (vinyl) et sa pochette c'est d'abord une écriture manuscrite. L'écriture de son prénom et de son nom signant l'identité graphique de son label d'éditions phonographiques. Une belle écriture comme un travail d'artisan, une humanité et un engagement pour et avec l'artiste. Une pochette de disque "Jacques Canetti" ce n'était vraiment pas pareil que celle d'un autre label. Sautait immédiatement à l'œil le visage de l'artiste (souvent en gros plan), son sourire ou une expression typique. Puis, posant le disque sur la platine, on était sûr d'entendre de la belle ouvrage et de partir vite en chanson. Je veux dire qu'on avait très vite envie de chanter ces chansons-là (3) sans jamais sans lasser.
La "patte" Lebrun est résumée dans la question qu'il pose ce jour-là à la fille de l'éditeur, Françoise Canetti, son invitée : "Vous n'aviez pas noté que c'était le quinzième anniversaire de sa mort (de votre père NDLR) ? Osé, non ? Avec à-propos et tendresse Françoise Canetti saura lui répondre. Voilà Lebrun dans toute sa façon. Goguenard, espiègle, joueur il trouve toujours l'angle pour provoquer des réponses ni attendues ni convenues. Un chat tantôt tendre, tantôt chasseur quand son coup de patte peut aller jusqu'à déstabiliser son interlocuteur (4).
Si la petite musique de Lebrun est séduisante c'est parce qu'elle peut encore nous surprendre. Adepte de la distance avec ses invités comme avec ses sujets (5) il s' approche de ceux-ci par détournements successifs, chemins de traverse, rebonds décalés sans jamais installer de connivences ostentatoires. Cultivant une réserve qui le protège d'être un courtisan. Un chat vous dis-je ! Il n'empêche, par petites ondes successives Lebrun a su installer une complicité avec ses auditeurs, distillant ça ou là quelques indications minimalistes sur ses jardins secrets. Saint-Malo ou mieux Saint-Servan, sa voisine, font partie de sa propre "cosmogonie" où s'est formé patiemment son "Univers" (6). Mais ça c'est une autre Histoire…
(à suivre)
Demain 8h30, un numéro exceptionnel…
(1) La marche de l'histoire, Jean Lebrun, France Inter, du lundi au vendredi, 13h30,
(2) De Culture matin (1986-1999) à Travaux publics (2004-2008) en passant dans l'intervalle par Pot-au-feu (1999-2004),
(3) Ce fut mon cas pour le Reggiani que j'ai usé jusqu'à la corde. Je reviendrai prochainement sur l'édition des "Introuvables" Canetti qui viennent d'être publiés.
(4) Que mes habituels lecteurs ne voient pas dans cet article le "copié-collé" d'un billet précédant. Je dois considérer le lecteur nouveau qui pourrait entrer sur ce blog par ce billet-là, et pour lequel je me dois de situer le personnage et ses références…
(5) Sa formation d'historien y est pour quelque chose,
(6) L'Univers, bar mythique de Saint-Malo intra muros.
Inscription à :
Articles (Atom)




