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vendredi 12 janvier 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… La femme et le monde moderne (19/42)

En partenariat avec

Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.


Dès le 12 janvier 1968, France Culture propose à ses auditeurs une longue série de trente-trois émissions hebdomadaires dont le seul titre nous interroge "La femme et le monde moderne". Pour cette première émission, Yvonne Pellé-Douël (1), maître-assistant de philosophie, intervient sur le titre de l'émission "Une approche ambiguë". D'entrée Pellé-Douël évoque la répartition des tâches domestiques au sein d'un foyer et précise "combien nous sommes tous, et concernés et conditionnés, dès que nous parlons de la situation de la femme… et chaque fois que nous rencontrerons l'étiquette "nature féminine" nous nous demanderons s'il ne s'agit pas plutôt d'un effet de culture et, entre autre, de l'éducation que nous avons reçue. Et nous verrons que derrière les comportements traditionnels se profilent souvent des privilèges

En l'interrogeant Pellé-Drouël affirme "En 1968, la femme est l'égale de l'homme. En voilà une question !" En nous révélant que cette série d'émissions est en préparation depuis un an, on voit mieux que le mouvement de société autour de la femme est engagé depuis le milieu des années 60 et, quelques mois avant la création du Mouvement de Libération des Femmes (MLF, 1970), va imposer aux hommes et aux femmes de reconsidérer leurs pensées, leurs attitudes vis à vis du "deuxième sexe" (2). 

La deuxième émission pose en préambule un principe déterminant "Je souhaiterai parvenir à tordre le cou à certaines évidences. C'est toujours, ou presque toujours, à partir d'évidences savamment exploitées et déformées, qu'ont été constituées au cours du temps ces images de la femme qui nous imprègnent aujourd'hui encore. Entendons par images ces pensées largement répandues qui concernent le rôle de la femme, sa vocation et sa personnalité profonde…" affirme Pellé-Drouël.

Voilà une excellente occasion de prendre le pouls de la société -machiste- de 1968 et de remettre en perspective les attentes et les espoirs des femmes à "changer la vie" (et le regard des hommes). Et de se poser ensuite la question "en 50 ans qu'est-ce qui a changé ?"… J'essayerai d'ici fin juin de publier d'autres épisodes de ctte longue série.

(1) "Ëtre femme", 1967, Le Seuil,
(2) "Le deuxième sexe", Simone de Beauvoir, Gallimard, 1949,

En exclusivité et intégralité jusque fin janvier

1ère émission : la femme et le monde moderne"



2ème émission : "Images de la femme : des mythes et des hommes"


lundi 5 mars 2018

68 : et si tout avait commencé avant… La femme et le monde moderne… suite (27/43)

En partenariat avec
Chaque lundi, jusque fin juin 2018, je vous raconte, ici, les prémices de ce qui a pu présider aux "événements" de mai 1968. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, les témoignages de quelques témoins précieux et… mes propres souvenirs.


27. La femme et le monde moderne : suite
En l'absence de l'épisode n°3 (introuvable) voici l'épisode 4 "Le miroir de la presse féminine". De la presse du cœur à la presse spécialisée cet épisode analyse un "phénomène" de presse. Ce segment a fait et continue à faire les beaux jours de la presse. Evelyne Sullerot, sociologue intervient au cours de l'émission. Plus surprenant et invraisemblable un homme évoque la fragilité des femmes sur leurs hauts talons ! Et "mieux" : "Pour conserver cette élégance [en talons hauts] la femme doit conserver cette fragilité". On est en février 68, dans moins de deux mois cet homme se décillera sans doute quand il verra de nombreuses femmes (et hommes) "battre le pavé".

Sullerot analyse bien les "conseils" que la presse féminine donne aux femmes. La somme de ces conseils irréalisables dans une journée de 24h donne plutôt des complexes aux femmes. Avec une analyse un peu plus pointue cette longue série de France Culture remet en question les évidences sociétales, sexistes que les émissions de Ménie Grégoire sur RTL et d'Annick Beauchamp sur France Inter dénoncent aussi. La présentatrice (Marie-Hélène Lacoste ?) conclu son émission en insistant sur l'objectif de la presse féminine qui est d'abord de faire consommer.

L'épisode 5 s'intéresse aux aspects biologiques et physiologiques de la femme.

En exclusivité et intégralité jusque fin mars
France Culture 10 février 1968


France Culture 17 février 1968

lundi 12 mai 2014

Par la porte ou par la fenêtre…

Oui je sais vous pourriez trouver ce "bloc-notes" un peu long, mais voilà un hebdo c'est plus épais qu'un quotidien. Et "faut qu'ça vous dure" la semaine ! Donnez-moi votre avis sur le sujet…
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Ajout du 15 mai
Nominations
Disons qu'en temps qu'auditeur ou "veilleur de radio" on est un peu surpris des annonces concernant les directions des chaînes de Radio France qui, après celles de Marie-Pierre de Surville, directrice de France Musique et de Laurent Guimier, directeur de France Info, restent en stand by. Pourquoi ? Les deux mois de "tuilage" entre les deux Pdg auraient dû permettre d'annoncer le même jour les directeurs des sept chaînes du groupe. Qu'est ce qui bloque ? Qui négocie quoi ? Quels enjeux de programmes, de personnalités, de voix, de budgets, de prérogatives ? Pourquoi ceux potentiellement annoncés pour garder leur poste n'y sont-ils pas confirmés ? À France Culture, à France Bleu ?

Mardi 13 mai à 11h30, Mathieu Gallet à accueilli au 1er étage de la Maison de la radio plus de deux mille personnes qui pendues à ses lèvres pensaient que des noms sortiraient du chapeau que le Pdg ne porte pas… encore. Hier c'était au tour du directeur de la Musique, Jean-Pierre Rousseau, d'être nommé. Il semble que les autres nominations interviendraient en début de semaine prochaine. Un peu difficile à vivre pour le personnel qui n'en finit plus de ronger son frein. "À quelle sauce va t-on être mangé ?", pour quels programmes, pour quelle ligne éditoriale ? L'effet de "traine" amorcé en novembre 2013 qui lançait la procédure de nomination du Pdg de Radio France par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) n'a que trop duré. Cet attentisme est déstabilisant et laisse déjà une impression de "tergiversation" un tout petit peu déroutante quand on pouvait attendre de la visibilité et la direction d'un cap à suivre stimulant pour l'ensemble de la chaîne de production de la radio publique. Le "wait" est passé, il serait temps de "see"…

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• Global
Avant de quitter l'Institut national de l'audiovisuel (Ina), son Pdg, Mathieu Gallet (1), nous avait, en mars, livré son journal. Enfin pas son journal personnel, mais la revue trimestrielle que l'Institut avait décidé d'éditer pour porter "un autre regard sur les médias" comme l'annonce la couverture du n°1. Sur la couv' (recto et verso) de ce nouveau mook (2) nous reconnaissons Françoise Giroud et Roland Barthes, deux icônes intellectuelles des trente glorieuses. "Avec une revue papier, nous voulons provoquer des débats et confronter les points de vue des chercheurs, des journalistes et des acteurs de l'audiovisuel", annonce le Pdg. Ben, je suggèrerais immédiatement à son-sa remplaçant-e de provoquer un débat sur…  la radio. Car je n'ai rien trouvé dans cette première livraison concernant le média audio.

Mais, présentée pleine page à la verticale, une pensée flamboyante de Jean-Luc Godard "Notre époque est à la recherche d'une question perdue, comme fatiguée par toutes les bonnes réponses", qui peut nous tenir une bonne semaine au moins, tant la société du spectacle en produit au kilomètre… des bonnes réponses. Et celle-ci de Françoise Giroud qui, à quelques heures de la nomination d'au moins deux femmes pour les chaînes de Radio France, prend une saveur toute particulière : "La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente". Au titre des "archives" la revue se termine par "la transcription d'une émission célèbre ou inconnue de la télévision française" (3).
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• "Reconstitution de ligue dissoute"


C'est le titre -espiègle- qu'a choisi Patrick Boyer, le journaliste du 13h d'Inter pour présenter l'invité de Jean Lebrun dans sa "Marche de l'histoire" (4) du mercredi 7 mai, Patrice Gélinet qui, pendant douze ans, a animé sur France Inter "2000 ans d'histoire" précisément à cette heure-là. Le télescopage est sympathique et Lebrun n'a pas loupé d'inviter Gélinet qui publie "Indochine, 1945-1954, chronique d'une guerre oubliée" (5). Écouter sur le player ci-dessous.

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• Le système BdC
Laurent Voulzy avait inventé "Le paradoxal système", Télérama celui de la "Boule de Cristal". En manque d'information, quelques jours avant la prise de fonction du nouveau Pdg de Radio France, le service radio de l' hebdomadaire publie sur son site "Les dix qui devraient faire Radio France" (6). Et là, je vous le donne Émile, en tête de liste nous retrouvons Mathieu Gallet. Non, serait-ce possible, le Pdg va compter pour Radio France ? Voilà une prophétie digne du journalisme d'investigation. S'en suivent neuf noms, dont six tournent chez tous les bookmakers (7) et trois autres dont l'un, -Laurence Bloch-, serait la "surprise" des nominations à venir (8). À l'heure où vous lirez ces lignes le résultat sera peut-être connu et si la prophétie "Bloch" s'avère juste, Télérama ne manquera pas de souligner "comme nous l'annoncions dès le 2 mai". La méthode Coué appliquée aux "bla-bla".

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• Cause commune… cause toujours
"A l’invitation de France Culture, les six grands quotidiens nationaux - Aujourd’hui en France/ Le Parisien, la Croix, le Figaro, l’Humanité, Libération, le Monde - ont accepté de faire cause commune avec la chaîne. La crise que traverse actuellement la presse écrite est à l’origine de cette démarche inédite, qui, à six reprises, associera pendant une journée, les forces complémentaires de la radio et de la presse quotidienne." Voilà ce que l'on trouve sur le site de France Culture pour une opération commencée en avril 2013. Depuis Libération sombre, Le Monde explose et L'Huma a une nouvelle maquette. Y a-t-il eu depuis des débats de fond dans la matinale, dans les émissions d'infotainment ? J'en doute mais elles m'ont peut-être échappé ! Alors qu'il y avait lieu pour faire suite à cette opération de prestige et de communication de proposer aux auditeurs des "lieux" de débat et d'analyse.

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• Où il est question de Roland Barthes… et de Colette Fellous

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• Final cut
Vendredi dernier, fin de journée, les derniers pronos' pour le prix de l'Arc de Triomphe de Radio France : Inter : Bloch, Culture : d'Arvor, Info : Guimier, Bleu : Perrier, Musique : de Surville, Le Mouv' : Laforestrie, Fip : ?

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• Mathieu Gallet, un moderne
Samedi dernier, à la Une du Monde (9), Mathieu Gallet s'affiche dans un article où Raphaëlle Bacqué, grand reporter et spécialiste politique, dresse son portrait à travers son parcours dans les arcanes du pouvoir. On constatera immédiatement que l'homme trouve sa place en Une du quotidien et pas dans les "petites pages" radio qui ne conviendraient sûrement pas à sa stature. Qu'on se le dise donc, Mathieu Gallet est un moderne. De là à s'imaginer qu'il remplacerait un "ancien" il n'y a qu'un pas que Bacqué ne franchira jamais mais que des lecteurs au fait de la radio… "Mathieu Gallet est un cas intéressant d'ascension contemporaine" écrit Bacqué. Quant à la radio en elle-même c'est Frédéric Schlessinger qui s'en chargera. Avec le nouveau souffle stratégique que le Pdg veut impulser à la maison ronde il risque d'y avoir du vent dans les voiles. Et Raphaëlle Bacqué de conclure : "Lundi 12 mai, il sera là à 7 heures pour saluer son nouveau monde. C'est maintenant que les choses sérieuses commencent."

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• Transistor… mon amour
Il est un fondu de la bande FM, capable de vous dire en quelques secondes le nom de l'animateur qui sur le Mouv' a ouvert l'antenne à Toulouse en 1997, mais aussi le nom de celle qui, au pied levé, a remplacé en 1999, le 14 juillet, l'animateur de la matinale de la radio locale de Perpignan. Il a des fiches mais il a surtout de la mémoire et une solide pratique adolescente et adulte de la radio. Et ce gaillard aime surprendre. Par exemple le 8 mai sur Twitter il met en avant la recherche de T. VIgnaud qui publie le programme d'une journée d'Inter du 8 mai 1974. L'occasion de retrouver des noms de producteurs, d'émissions, des voix (extraits), des sons et, ce qui faisait la patte d'Inter, une grille subtile et solide. Merci Hervé de nous faire partager les trouvailles de ta petite entreprise.

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• Premier rendez-vous d’écoutes collectives à Besançon
Dimanche 18 mai à partir de 16h. Au grenier du 4B place du Jura. Une sélection d’une dizaine de sons avec pauses. Entrée libre (dans la limite des places disponibles). 06.84.19.40.73
https://www.facebook.com/events/1424135027848386/?notif_t=plan_user_joined
Radio Demain

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(1) Ci-devant, depuis ce matin Pdg de Radio France,
(2) "Mook" est la contraction de "Magazine" et de "Book", 
(3) "Lectures pour tous" du 29 mai 1957, à propos des "Mythologies" de Roland Barthes par Pierre Desgraupes,
(4) Du lundi au vendredi, 13h30,
(5) Acropole, 2014. Avec, tout au long du livre, des flashcodes qui permettent d'écouter des extraits des sept émissions réalisées par Christine Bernard-Sugy pour France Culture en 1990,
(6) Le 2 mai,
(7) Sur ces six, 4 ont déjà des responsabilités à Radio France (Jouan, Ronez, d'Arvor, Perrier), 2 sont très attendus : Frédéric Schlessinger, ex-directeur d'Inter (pour prendre la direction générale des antennes), Laurent Guimier (journaliste à Europe 1, futur directeur de France Info). Les trois autres sont : Laurence Bloch (directrice adjointe d'Inter), Emmanuel Perreau (ex-Inter, aux programmes d'Europe 1 aujourd'hui), Monique Denoix (Ina),
(8) Immédiatement opérationnelle pour le poste de directrice d'Inter et la reconnaissance d'une carrière de productrice et d'adjointe aux programmes de Culture et Inter,
(9) Daté 11-12 mai 2014.

vendredi 8 juin 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… La femme, le couple, les enfants (39/42)

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Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.















Dès le 12 janvier 1968, France Culture propose à ses auditeurs une longue série de trente-trois émissions hebdomadaires dont le seul titre nous interroge "La femme et le monde moderne" (1). Aujourd'hui voici le troisième volet sur la sexualité féminine qui aborde le mariage et le couple. Le ton de l'ensemble de la série est grave. On est sur France Culture "période austère". Autour tout bouge, tout craque et la sexualité particulièrement. La chaîne reste dans un académisme distancié du réel immédiat et, de fait, en décalage avec "le monde moderne" dont elle veut rendre compte (2).

En exclusivité et intégralité jusque fin juin
La sexualité féminine (3/3)



Avoir des enfants



(1) J'ai publié les deux premières émissions ici et les deux suivantes . Deux des trois émissions sur la sexualité féminine ici,
(2) Diffusion initiale le 9 mars 1968,

vendredi 29 juin 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… La femme seule (42/42)

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Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.

Paris, 1er mai 68


















Dès le 12 janvier 1968, France Culture propose à ses auditeurs une longue série de trente-trois émissions hebdomadaires dont le seul titre nous interroge "La femme et le monde moderne" (1). Aujourd'hui le quatorzième épisode évoque "la femme seule" (célibataire sans enfant) avec entre autres, Yvette Roudy, ancienne Ministre des Droits de la femme (1981-1986). Le quinzième épisode "la femme seule, célibataire avec enfant". Vous retrouverez  les épisodes précédents ici et encore ici et . Puis .

La femme seule (20 avril 1968)



La femme seule (27 avril 1968)



Avec ce quarante-deuzième épisode prend fin la série du vendredi commencée en septembre dernier. Lundi prochain je tenterai une forme de conclusion et vous donnerai quelques nouvelles sur la suite de ce blog… " Modeste et génial"

mercredi 25 février 2015

Le bloc-notes : Europe numéro 1 : 1er janvier 1955…















Europe 1 a donc 60 ans et les a fêtés ce mercredi 4 février toute la journée sur l'antenne. Radioscopage (1) de choses vues et entendues. Bonne idée d'avoir proposé à plusieurs animateurs et journalistes des débuts de la chaîne de revenir dans leur "fauteuil" faire ce qu'ils faisaient à leur époque. Ivan Levaï à la revue de presse qui avec un clin d'œil très appuyé à l'histoire de la chaîne commence par un chaleureux "Salut les copains" (2). Robert Marcy le créateur des Musicorama (3) au micro de Wendy Bouchard se rappelle  "On me disait : vous avez l'antenne en direct, des disques et trois heures, faites ce que vous voulez. Pour la publicité on nous donnait les arguments et on improvisait"."




De Gérard Klein (4), autre figure d'Europe, Robert Marcy dit : "L'inattendu fait homme". C'est la marque de fabrique de l'animateur qui se targue n'être jamais venu à la radio avec une quelconque préparation. Sa spontanéité, l'air du temps, l'échange avec les auditeurs font ses émissions avec une très grande dose de bonne humeur et de tendresse. Mais Europe n°1 s'est surtout fait connaître dès sa création pour sa réactivité à l'info. Avec de grandes signatures telles celle de Philippe Gildas.



Côté programmes, Marion Ruggieri fait témoigner les ex-"meneuses de jeu", Viviane Blassel (5), Maryse (Gildas) et Julie (Leclerc) appelées à l'antenne par leur prénom uniquement. Viviane retrouvant son nom avec l'émission "Radio Libre" de François Jouffa et Ivan Levaï en 1982. Julie (6) tenant par dessus tout à son prénom. Chacune se rappelant l'époque où, avec Hubert (7), Daniel Filipacchi et Maurice Biraud "c'était léger comme ambiance".




Évoquée la très riche époque, années 70 et 80, où les Europe-Stop mettaient sur les routes jusqu'à 14 voitures qui faisaient gagner dans des enveloppes jusqu'à 10.000 F en liquide. Christian Barbier animateur des débuts de nuits de la station se souvient lui du "Bar Martini" où jusqu'à l'arrivée de Jean-Luc Lagardère (8) la boisson alcoolisée italienne "coulait à flot".



17 octobre 1976 : premier "Club de la presse" avec comme invité le Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing. Douze journalistes sont autour de la table pour l'interroger. Le 24 avril 1978 Coluche créée l'après-midi l'émission "On est pas là pour se faire engueuler". Un mois avant c'est Pierre Lescure, journaliste, qui annoncera la mort de Claude François. Le 20 septembre 1985, le lendemain de son "mariage" avec Thierry le Luron, Coluche démarre sur Europe 1 "Y'en aura pour tout le monde".



Quelques années plus tôt, en 1974, Maurice Siegel journaliste, directeur de l'info devenu directeur de l'antenne est "débarquépour persiflage par, c'est selon, Giscard ou Chirac (1er ministre). Depuis des années Siegel avait construit avec Gorini et Lucien Morisse une radio populaire et moderne. Chacun de leurs auditeurs s'engageant pour Europe 1 comme d'autres s'engageaient pour Citroën ou pour Renault se souvient Guy Carlier qui fut chroniqueur pour la station de la rue François 1er.

De 23h à 1h du matin Franck Ferrand reviendra sur "six décennies" d'histoire de façon beaucoup trop didactique quand un Philippe Alfonsi nous aurait troussé, comme dans "Histoire d'un jour" qu'il animait sur la chaîne (9), une vraie saga. D'une façon générale si cette journée a été sympathique, le chronomètre et les conducteurs d'émission ont empêché aux ex-animateurs et aux actuels de prendre le temps, pour une fois, de se raconter au delà des anecdotes (10). 

Questions archives regrettons que celles présentées ne nomment pas assez les journalistes ou animateurs qui officiaient au micro.

Voir ici 60 ans d'habillage marquants et quelques jingles en voix dans la caverne d'Ali baba du Transistor.

(1) Pour une fois j'ai visionné E1 toute la journée sur mon ordinateur,
(2) L'émission de fin d'après-midi de Daniel Filipacchi, 1959-1969,
(3) Se déroulaient à l'Olympia jour de relâche, la première saison démarre en 1957,
(4) Entré en 1972 après ses années Inter a "fréquenté" les deux autres généralistes : RTL & RMC,
(5) Arrivée en 1966 et jusqu'en 1987,

(6) Arrivée en 1972 et toujours à l'antenne le matin,
(7) Animateur de l'émission "Dans le vent" qui sera remplacée par Campus en mars 1968,
(8) En 1974 a acheté la chaîne à Sylvain Floirat son actionnaire majoritaire. Floirat lui-même le jour de l'achat rentre chez lui et dit à sa femme "J'ai acheté une radio. 
Sa femme "Mais on en a déjà une !". Floirat : "Oui mais celle là c'est Europe n°1."

(9) 1973-1981
(10) Je reviendrai dans quelques temps sur un événement très important pour la station et qui curieusement a été laissé sous silence.



lundi 8 avril 2019

Farkas… inattendu

Comme c'est souvent le cas, une femme, un homme de radio meurt (1) et la petite galaxie radiophonique (bcp mieux que les réseaux) se met en branle. On s'informe mutuellement, on se rappelle du meilleur, on reste triste et incrédule, comme si le temps des ondes pouvait s'appliquer au temps humain. Avec Jean-Pierre Farkas j'ai eu deux belles histoires dont une assez extraordinaire.
CréditsBernard Charlon / Gamma-Rapho - Getty















Dans la "Fabrique de l'histoire" (18 avril 2011), Emmanuel Laurentin, producteur à France Culture, recevait Jean-Pierre Farkas pour évoquer la guerre d'Algérie. Son témoignage est passionnant car il permet de comprendre son propre parcours journalistique, le contexte et les "événements" d'Algérie. On entend le point de vue d'un "jeune appelé" de 25 ans, ouvert aux idées d'indépendance comprenant les positions algériennes qui rejettent définitivement la domination française. Puis son témoignage de "jeune journaliste" (sur place après son service militaire, 1961-1962) qui reconnaît et regrette d'avoir "mal fait son métier". Farkas évoque aussi les "mélopées de la propagande française" et "la langue de bois" généralisée. 

Ainsi son témoignage sur les "4 jours du putch" qu'il a "vécu 24/24 dans les studios de RTL à Paris avec son rédacteur en chef Yves Courrière", en fait il "faisait du France Info avant l'heure". "Le transistor ce jour-là (13 mai 1958) a gagné en partie la guerre d'Algérie. C'est par les transistors (créés au milieu des années 50) que les appelés du contingent ont réussi à se tenir dans leur rang face aux officiers qui auraient pu être tentés de se rallier aux putchistes".  



En février 2014, je décide de rencontrer Jean-Pierre Farkas pour lui faire évoquer son passé radio et qu'il raconte quelques anecdotes sur "Radio Barricades". En mai 68 le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, avait nommé ainsi les radios périphériques RTL et Europe n°1 à qui il reprochait de donner trop d'infos en direct à l'antenne sur les mouvements policiers ce qui informait en temps réel les manifestants… à l'écoute. À l'occasion de notre rencontre il évoquera aussi comment en tant que rédacteur-en-chef il participera à la fermeture définitive du journal "Combat" en août 1974 !

Farkas, l'homme solide, il avait déjà plus de 80 ans, me raconta chaleureusement ses souvenirs. Quand j'évoquais comment enfant j'avais été surpris par l'annonce le 22 novembre 1963 sur Radio Luxembourg (avant 20h) de l'assassinat à Dallas (E.U.) du Président John Fitzgerald Kennedy, il me rappela que ce soir-là c'est lui qui en tant que rédacteur en chef du journal avait pris la décision de supprimer la diffusion du feuilleton quotidien "La famille Duraton", tout en cherchant à joindre désespérément son "correspondant permanent" pour pouvoir recueillir en direct le reportage de l'événement à l'antenne (2).



La deuxième rencontre est intervenue à partir d'un détail. Alors que je m'apprête pour ce blog à écrire sur le conteur Jean-Pierre Chabrol, je sollicite Gille Davidas -réalisateur-producteur à Radio France- pour savoir si je peux qualifier le Cévenol de poète. Davidas qui a travaillé avec lui à France Inter confirme et me raconte une anecdote. Le 21 octobre 1966, au Pays de Galles un accident intervient à la mine d'Aberfan où vient de se produire un glissement de terrain (3). Chabrol sur place et en service pour RTL doit intervenir dans le journal de 13h. Il réalise pour la radio, le jour même plusieurs interviews. Au moment de passer à l'antenne un problème technique empêche leur diffusion. Farkas demande alors à Chabrol de raconter au téléphone ce qu'il a vu et su. Cinq minutes passent… Chabrol est captivant. Farkas interroge son patron de la rédaction en régie qui lui indique de laisser continuer Chabrol (ra)conter. Tout ceci durera sans interruption publicitaire quarante minutes ! Énorme…

À partir de là, j'appelle Farkas, lui demande s'il peut récupérer l'enregistrement. Ce qu'il arrivera à obtenir sans difficulté auprès des archives d'RTL. Là j'imagine un dispositif. J'aimerais faire écouter la "bande son" à Farkas pour qu'il réagisse avec ses souvenirs et ce qu'il entend 51 ans après !!!! On prend RV, je propose à Davidas d'assister à l'affaire (c'était bien le moins). Et l'affaire se passe très bien…

Si je n'ai toujours pas diffusé cette ITV exceptionnelle c'est que je n'ai pas pu en réaliser le montage (c'est pas ma job ;-)). Le décès de Farkas vendredi dernier m'incite à trouver rapidement une solution. Alors, mes chers auditeurs, si l'une ou l'un d'entre vous se sent de faire ce montage-là je suis preneur. À la cinquième note de bas de page, vous trouverez une autre histoire que j'ai demandée à Davidas d'extraire de ses souvenirs du temps où Farkas directeur de France Inter (1981-1982), Gilles en était son adjoint aux programmes…


En bretelles et pipe, Farkas

















En 2011, Thomas Baumgartner dans le cadre de son émission sur France Culture, "Mythologie de poche de la radio" avait reçu Farkas pendant une heure. Bienheureux ceux qui ont eu la bonne idée de podcaster cette série de 60 émissions (4).

(1) Jean-Pierre Farkas, journaliste de presse et de radio est décédé le 5 avril (1933-2019). Il avait entre autres créé sur RTL "Le journal inattendu" en 1966,
(2) Il savait que la concurrente privée Europe n°1, était sur le coup et avait déjà pu recueillir à l'antenne le témoignage de Philippe Labro, journaliste, correspondant pour la station de la rue François 1er (Paris) qui, ce jour-là, était très proche de Dallas et avait pu s'y rendre très rapidement.

(3) Entraînant la mort de 144 personnes dont 116 enfants,
(4) "Jean-Pierre Farkas commence sa carrière à RTL au moment où cette station entre dans son âge moderne, au milieu des années 60. A l'instigation de son directeur Jean Farran, il met en place Le Journal inattendu : une personnalité devient pour un jour rédacteur/trice-en-chef de la station. Plus tard, Jean-Pierre Farkas dirige les derniers numéro du journal Combat. Puis il revient à la radio, comme directeur de France Inter, puis comme patron des locales de Radio France, au moment de l'essor de celles-ci", in notice de présentation de l'Ina,

(5) "À Noël 81, Jean-Pierre Farkas demande à Patrice Galbeau de monter la "Pastorale des Santons de Provence" d'Yvan Audouard. Dans l'histoire, à minuit, l'ange Boufaréou, interprété par Henri Tisot, dit: "Alors je suis monté dans le ciel aussi haut, aussi vite que j'ai pu, pour annoncer la bonne nouvelle au monde et j'ai soufflé dans ma trompette à m'en faire péter les veines du cou" et à ce moment-là c'est une première et une dernière jusqu'à aujourd'hui dans l'histoire de France Inter à ma connaissance, la trompette  de l'ange Boufaréou a remplacée les 4 tops. La suppression des tops ne fût pas une mince affaire... Avions-nous eu une bonne idée, la question reste posée ?"

La dernière une de Combat
30 août 1974



















La guerre d'Algérie racontée par le journaliste Jean-Pierre Farkas, qui participa à cette guerre entant que soldat, infirmier puis journaliste.



Farkas, directeur d'Inter, a proposé à Jacques Chancel, "Radioscopie" (Quotidienne, France Inter, 17h) d'être "radioscopé" par des journalistes africains (extrait et voix de Farkas),




vendredi 15 juin 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… L'accouchement (40/42)

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Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.

©Gilles Caron/Mai 68




















Dès le 12 janvier 1968, France Culture propose à ses auditeurs une longue série de trente-trois émissions hebdomadaires dont le seul titre nous interroge "La femme et le monde moderne" (1). Aujourd'hui le dixième épisode s'intéresse à l'accouchement psycho-prophylactique. Là c'est "psycho" qui m'interroge. Le onzième épisode concerne la mère au sein de la famille. Pour ces deux épisodes on ne peut que louer la réflexion qui, si elle prend volontairement le parti des femmes, n'a pas forcément atteint les auditeurs masculins le samedi matin (8h30). À moins qu'en couple cela ait pu donner lieu à discussion et remise en question de comportements hérités d'une société patriarcale qui ne tardera plus à commencer à vaciller sur son socle (2)

En exclusivité et intégralité jusque fin juin
L'accouchement



La mère au sein de la famille



(1) Épisodes précédents ici et encore ici. Et
(2) À l'instar du Women's Liberation Movement aux États-Unis, le Mouvement de Libération des Femmes (MLF) sera créé en 1970,

France Culture, 13 mai 2008,