Comment faire autrement ? Jean-Marie Borzeix, directeur de France Culture (1984-1997), en créant en janvier 1985 les Nuits de France Culture, imaginait un Himalaya de mémoire radiophonique à explorer (ou à gravir), tant chaque jour grossirait un stock inépuisable. Ce patrimoine inestimable est passionnant pour les années avant 2010. Après ce n'est plus tout à fait la même chose. Dans le ton, dans la voix, dans sa palette d'ouverture au monde. Le documentaire est riche et plusieurs émissions s'y adonnent. Alors c'est plutôt de ce côté-là que j'ai envie de vous parler radio.
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| ©Getty - Chris Ware/Keystone/Hulton Archive |
George Martin, ce héros !
Déjà prendre le nom de cinquième Beatles c'est la gloire. Méritée cette gloire tant le producteur a fait ou accompagné les quatre légendaires de Liverpool. Dans "Indigo" (1995), nos beaux dimanches, sur France Culture, Jean-Luc Leray et Patricia Prigent (Réalisation) tissent la toile du "réalisateur artistique", discret, efficace et surtout doté d'une oreille et de doigts en or.
"Free as a bird" ouvre l'émission, comme un clin d'œil aux cinq petits génies plus libres que l'air. Fais comme l'oiseau… Ce que fit George depuis le 6 juin 62 et pendant sept ans et demi. Et l'injonction qu'il s'imposa "Pensez symphonique" fut sans doute une des clefs du succès des ritournelles des quatre garçons dans le vent. Ne retenons que le quatuor à cordes de "Yesterday" pour comprendre l'alchimie du musicien classique Martin et les fous de chansons mélodiques qui - formule éculée - ont fini par créer des airs intemporels.
Avait t-on les oreilles bouchées dans les années 60 pour ne retenir des Beatles que des tubes pop et rock ? L'art de l'arrangeur qui arrange au point de "passer inaperçu"… Réécoutez Eleonor Rigby… pour voir ! Et retenons cette formule de George, placée au coin du bons sens, "Aujourd'hui on écoute avec les yeux !" CQFD.
Et pour faire un petit pas de côté, écoutez "Tin man" d'America produite par… George Martin.
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