dimanche 18 octobre 2026

Les dimanches à l'oreille tendue… en coin !

Ça démarre le 30 mars 1968, un samedi, ça s'appelle TSF 68. C'est pas révolutionnaire et ça ne s'agite pas du côté de Nanterre. Ça bouge juste la radio le samedi et le dimanche en plein milieu de saison mais en ce temps-là on dit pas saison pour la radio. On fait des programmes de septembre à juillet. Alors pourquoi ça se chamboule à France Inter ? Et nous le verrons quel chamboulage (sic). À l'automne 67 (1), Guy Bégué, directeur artistique ORTF (radio), "croise dans les couloirs" (ça c'est moi qui l'invente) les duettistes producteurs Jean Garretto et Pierre Codou et leur demande de réfléchir à un programme de fin de semaine (samedi et dimanche). Les deux comparses planchent et font éclore TSF soit un programme de 13h étalé du samedi après-midi au dimanche soir ! Une chose jamais créée à la radio. Mais pourquoi je vous raconte tout ça ?

Claude Dominique au micro de L'oreille en coin,
avril1973, capture écran Ina

















D'abord le point de vue de la presse (l'émission à juste 1 mois) : "T.S.F. 68 est une suite alerte de gags, interviews, chansons, jeux, enquêtes, mis en onde en faisant une large part au montage et aux milles ressources de la technique sonore, bref un véritable retour à une radio composée, mais dans un style résolument moderne. Kaléidoscope, par exemple, fait penser à Dim Dam Dom ; certains montages de chansons rappellent les procédés d'Averty ; on peut tout aussi bien évoquer, à propos d'autres séquences les " posters " ou les collages surréalistes. (Le Monde, 3mai 1968, Marcelle Michel)

Et puis ce billet sera comme une intro à la publication d'un prochain billet sur le "rêve". Et puis parce que me téléportant à l'automne 68, je me souviens bien, à l'écoute de la radio, de ces dimanches un peu moins tristes, un peu moins glauques et absolument enrichissants. Seulement voilà j'ai beau avoir des archives je ne trouve pas le programme du dimanche après-midi. Alors je vous mets plusieurs choses savoureuses mais ni Jacques Trémolin, ni Daniel Mermet, ni Robert Arnaut, ni Claude Dominique n'étaient encore à l'antenne en 68. 

Jacques Trémolin, ancien préfet d'Ardèche, dans ses "Histoires d'animaux" raconte "Le blaireau". puis Mermet de sa belle voix grave file dans "La ville de Paramaribo", Robert Arnaut prend le temps et dans une de ses "Chroniques sauvages" nous emmène en transhumance… Quant à Claude Dominique un minuscule extrait (de 1'33 à 2'02) quand elle animait un samedi après-midi (2) de "L'oreille en coin". Et pour en savoir un peu plus, vous pourrez voir la longue vidéo de l'Ina sur TSF 71.

Alors tout ça faisait rêver, me faisait rêver. On sortait du cadre, on s'imaginait ailleurs on écoutait un peu béat tout ce qu'il y avait à entendre et à découvrir. Si je n'avais pas perdu trop de temps à chercher (sans le retrouver) mon exemplaire de "L'oreille en coin" (Thomas Baumgartner, Editions Nouveau monde, 2007) j'aurais publié ce billet en début d'aprem. J'espère que vous aurez encore envie de tendre l'oreille avant la nuit tombée. ;-)

TSF 68, 69, 70 et 71 sont le préalable à L'oreille en coin" (1971-1990)

(1) Roland Dhordain, le Directeur de la radio a quitté la boutique, à l'automne 67, pour devenir "Conseiller Culturel" du Club Med, de son ami Gilbert Trigano. Ses "vacances" ne dureront pas longtemps puisque fin juin 68 il sera rappelé par Yves Guéna, nouveau Ministre de l'Information, pour remettre en bonne marche la radio publique,
(2) Chaque animatrice à tour de rôle était le fil conducteur soit du samedi après-midi et du dimanche après-midi, tout en gardant sa propre émission, c'est ici le cas de Claude Dominique un samedi après-midi,

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