jeudi 15 octobre 2026

Ettore Scola : Nous nous sommes tant aimés… (nous et le cinéma italien)

Pur hasard ! Revoilà le binôme Isidori/Giovannetti (Mai 1995) pour tourner autour du cinéma italien. Celui-là même qui me bouleverse et me bouleversera sûrement à vie ! On embarque avec le maître Ettore Scola. Si l'on ne connaît pas la langue italienne on est Grosjean comme devant mais, même si on ne la comprend pas et qu'on aime l'entendre, ça change tout. Sa musique nous réjouit. En intro plus de trois minutes de cette langue italienne qui nous ferait aller à pied à Naples, à Milan, à Rome, à Castellina in Chianti chez Ferré en Toscane, à Palerme, à Turin, à Gênes ou à Florence et partout dans les villages et sûrement à Montezemolo chez le grand-père de Giono. Si un jour j'y vais en Italie je ne pourrais plus rentrer chez moi…












Torniamo al punto. Revenons à nos moutons ! On entre dans le dialogue de Sophia Loren et de Marcello Mastroiani dans "Una giornata particolare/Une journée particulière". On peut revoir les images bouleversantes du huit-clos, les regards appuyés de Sophia, les regards dérobés de Marcello et s'imaginer la scène que Luciana Berini va vite nous remettre en mémoire. C'était parfait de commencer par ce film-là. Car il n'y a pas que la journée qui est particulière. Tout est particulier. Chaque plan, chaque scène, chaque personnage. Et quand on retrouve la langue italienne, on est "dans le film", près des acteurs et ça pourrait durer et durer qu'on ne s'en lasserait pas !

"Les scènes en sépia sont magnifiques" dit Berini et Isidori d'ajouter "[Scola] a choisi des couleurs passées, délavées et il a même choisi de ne pas utiliser les techniques comme le zoom parce que ce n'était pas une technique utilisée dans les années trente. Cette couleur passée c'est aussi le caractère de ces deux personnages". Puis Christian Depuyper, historien du cinéma italien, donne les clefs de ce cinéma-là. Le parcours de Scola mais aussi les parcours de ceux qui à côté de lui ont participé à la marque de fabrique d'un cinéma singulier.

Et Depuyper sur la base de "Nous nous sommes tant aimés" (1976) d'évoquer le grand "désenchantement historique qu'a vécu toute une génération, celle qui avait fait la guerre dans la Résistance et celle qui attendait la démocratie et qui voit arriver la démocratie chrétienne et on sait bien qu'aujourd'hui que ça n'a pas été du tout la même chose… Et puis, cette sorte de maladie d'Alzheimer qui s'est emparée de l'Italie après la guerre". Bam ! La très grande force du cinéma italien qui sait porter un regard lucide sur la société en mouvement. Ça ne fait pas de mal et même du bien quand, en France, on tournait des bluettes machistes (1). 

À l'issue e son documentaire, Francesca Isidori nous donne envie de revoir tous les films évoqués "La terrasse", "Une journée particulière", "Splendor", "Nous nous sommes tant aimés" et "Le bal" d'Ettore Scola.

On notera que les "Mardis du cinéma" duraient 1h30, ce qui serait impossible aujourd'hui quand les émissions sont enfermées entre les heures justes.

(1) Et du sirop de guimauve : "Vincent, François, Paul et les autres" ("les autres" ? Les femmes sans doute innommables !) de Claude Sautet, 1974,

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