mardi 22 septembre 2015

COM' tu l'imagines pas… 2/2

©  Agathe Azzis / L'Internaute Magazine
Le COM c'est un peu comme cette maquette, c'est parfait "sur le papier" mais… juste un peu glacial
Le billet d'hier tentait de montrer comment Mathieu Gallet, Pdg de Radio France, utilise une communication simpliste pour tenter de masquer pour l'entreprise qu'il dirige un projet stratégique dont on ignore toujours le contenu. La question lancinante qui se pose et à laquelle Olivier Schrameck, Président du Csa, devra bien répondre un jour est "Sur quels critères Mathieu Gallet a pu être désigné Pdg de Radio France ?" S'il faut 9 mois à un Pdg pour écrire un C.O.M. (Contrat d'Objectifs et de Moyens) qui recycle les attendus, empile les évidences, accumule les vœux pieux, on voit mal comment tout cela pourrait présider à l'élaboration d'un plan de développement pour les cinq ans à venir de Radio France. Suite de la revue de détail.

5. Pas du tout de pétrole mais des idées
 Radio France dispose par ailleurs de collections et de fonds patrimoniaux (archives sonores, discothèque et partitions notamment) extrêmement riches. L’usage de ce fonds sera étendu afin d’enrichir l’offre numérique des antennes, tant sur le plan documentaire que sonore. En particulier, FranceCulture.fr s’appuiera fortement sur la patrimoine radiophonique afin de démultiplier les possibilités d’écoute pour amener l’auditeur connecté à découvrir, redécouvrir, retrouver les trésors de la production radiophonique de Radio France.. 
ndlc : d'Arvor (ex-dir. de France Culture) tout à sa mégalomanie du "monde" n'a jamais rien fait pour valoriser le patrimoine archivistique et encore moins revoir les modalités de son "exploitation" avec l'Ina. La (re)diffusion des archives a un coût. Un projet ambitieux pour leur valorisation peut-il exister "dans un contexte économique contraint"?

[L]es évolutions concerneront les processus de production, adaptés en fonction des types de programmes, l’évolution des compétences et des métiers de la production et l’organisation de la production au sein des directions transverses et des chaînes,
ndlc : ça c'est clairement accompagner la mue, les mutations sur une durée longue. Écrire de façon aussi lapidaire l'enjeu d'un bouleversement de la culture d'entreprise reste une intention. On aimerait en connaître les modalités, à court, moyen et long terme !

• La mise en place de services transverses sera recherchée dès lors qu’elle permettra de renforcer la puissance journalistique des rédactions sans entamer leur identité propre, notamment dans le domaine du sport, de l’investigation ou des flashs de nuit 
ndlc : doit-on comprendre que les chaînes qui diffusent des flashs de nuit diffuseront les mêmes flash sur leurs antennes respectives ? (1)

6. On aimerait y croire
Dans le domaine des documentaires, Radio France a acquis une expertise qu'elle est la seule à porter, et qui se déclinera dans tous les champs, notamment sur France Culture : documentaires de société, historiques, de création visant à documenter les mondes contemporains et patrimoniaux.
ndlc : ce petit serpent de mer évoqué un temps par d'Arvor semblait avoir atteint des profondeurs abyssales… Wait and see 

• Face aux défis qu’elle doit relever, Radio France peut compter sur la force que constituent ses collaborateurs, leur professionnalisme et leur engagement. Les savoir-faire, l’intelligence collective et créatrice des équipes, le sens de l’excellence et de l’innovation, l’attachement au service public de la radio et à la place de la musique sont autant de valeurs qui soudent les collaborateurs de Radio France et constituent des fondements essentiels pour construire l’avenir de l’entreprise. La modernisation de l’entreprise et de son modèle social sera menée en concertation avec les collaborateurs dans le respect d’un dialogue social soucieux de l’expression de tous. Cette évolution s’appuiera sur un renforcement du rôle de l’encadrement et de la responsabilisation de chacun et un accompagnement au plus près des collaborateurs. 
ndlc : qui pourrait contester ça ? Ce sont des évidences, des préalables minimum pour gérer les rapports sociaux dans une entreprise, non ? Pourquoi faut-il l'écrire ? Y'aurait des risques qui pourraient déboucher sur des mouvements sociaux ?

7.Reconstitution de ligue dissoute ?
À la suite de la remise du rapport du groupe de travail interministériel sur l’avenir de France Télévisions, l’État a exprimé son souhait d’instaurer un comité de pilotage stratégique pour renforcer les coopérations au sein de l’audiovisuel public. Par la constitution de ce comité, l’État souhaite fixer une orientation et proposer une méthode pour accompagner les organismes de l’audiovisuel public dans la mise en oeuvre de ces évolutions indispensables. Dans ce cadre, Radio France sera pleinement mobilisée et s’efforcera de rechercher toutes les synergies possibles dans tous les domaines, en particulier dans le domaine du numérique mais également dans le domaine de l’information, du développement de contenus destinés aux jeunes adultes ou de la distribution d’offres à l’international. 
ndlc : ça fait longtemps que je propose que le fossoyeur de l'ORTF, Giscard lui-même anime le groupe de pilotage qui devra "créer" l'usine à gaz ?

Il y a d'autres perles dans ce projet de COM, mais dans l'ensemble ça ressemble beaucoup à un "catalogue des possibles". Nous guetterons l'avancée de ce dossier qui devrait aboutir en novembre et pourrons comparer avec le COM final. Puis il ne restera "plus" qu'à suivre le mouvement que va engendrer ce COM et ses effets sur le personnel, les locaux et surtout l'"ambiance" générale qui est encore très loin d'avoir retrouvé celle d'avant la grève, pour ne pas dire celle d'il y a quelques années déjà. Ce ne sont pas des vœux exprimés dans un projet qui font le projet ! Encore faut-il savoir les mettre en œuvre pour ne pas dire en musique. Ce n'est pas sûr que le chef d'orchestre connaisse bien la partition. Et ça ne s'apprend en claquant des doigts, comme si on voulait faire croire qu'on sait.

(1) Nous reviendrons dans quelque temps sur l'idée initiale qui a été de créer des chaînes autonomes et éditorialement identifiées en tant que telles et cette idée récente de "rationaliser" et de "transversaliser" ce qui pourrait être des "troncs communs" comme le sport, la culture et pourquoi pas la musique. Euh comme on dit au Café du Commerce "ça mange du pain" !

lundi 21 septembre 2015

COM' tu l'imagines (pas)… 1/2

La "playlist" soit l'alpha et l'oméga de la radio moderne
©La lettre pro de la radio






















Sous forme de "projet" et de "document provisoire" le prochain Contrat d'Objectifs et de Moyens (COM) de Radio France que "nous avons pu nous procurer" (1) énonce sur vingt-huit pages ce que pourraient être les orientations stratégiques du groupe public audiovisuel pour la période 2015-2019 (2). Après le rapport Schwartz qui m'avait empêché de poursuivre ma lecture de Truman Capote, j'ai du renoncer à quelques plaisirs terrestres pour entrer dans ce COM, polar fascinant sans aucune intrigue et dans lequel le méchant ou le bon, c'est selon, ressemble fort à l'État qui aurait en mains toutes les cartes (finances) pour accompagner le développement de Radio France, mais qui n'a pas encore dit s'il allait se les couper (les mains).

Toutefois les vingt-cinq premières pages qui ressemblent plus à des attendus, (trois pages auraient suffit) m'ont évoqué le catalogue Lapeyre, tant toutes les portes ouvertes (et il y en a beaucoup à la Maison de la radio) semblent enfoncées dans une dialectique de bonnes intentions, d'évidences bibliques et autres concepts tendance. Revue de détail. (3)












1. Les poncifs à deux balles
 Plus que jamais, Radio France a un rôle à jouer dans la cohésion nationale, en faisant communiquer les imaginaires entre eux, en déjouant les certitudes qui isolent au profit des rencontres qui rassemblent, 
ndlc : euh les rencontres ça rassemble toujours un peu, non ?  

 Radio France est une exception française, 
ndlc : comme la RTBF est une exception belge, la RTS une exception suisse,              
Radio Canada une exception canadienne et la BBC une exception anglaise,

Une attention toute particulière portée à ce qui fait l’essence de la radio et de la musique, autrement dit au son… Ce savoir-faire unique est un bien précieux,
ndlc : en quoi cette "évidence" doit être inscrite au COM ? Un peu comme si le boulanger labelisé annonçait qu'il allait fabriquer du pain avec de la farine de qualité…

Radio France invente aujourd’hui la culture de demain, renouant plus fort le lien social et la texture de la vie collective, au son de ses découvertes, de ses voix, de ses reportages, de ses divertissements, de ses musiques, et de ses échos imaginaires, 
ndlc : si Radio France inventait la culture d'hier ça se saurait ! Tiens le documentaire n'est pas cité, un hasard ? Non ! Je n'ai jamais entendu ce mot ni dans la bouche de Gallet, Pdg, ni dans celle de Schlesinger, directeur éditorial des sept chaînes du Groupe public,














2. La séance de voyance extra-lucide
Pour continuer à exercer ses missions dans un monde qui change, Radio France doit se transformer tout en restant elle-même, 
ndlc : Comme si Radio France n'avait pas fait ça depuis 1975 ? Une telle assertion mériterait une conférence au sommet dans laquelle les auditeurs auraient AUSSi la parole,

Radio France s’affirmera dans la conduite des ressources humaines, de sa gestion et du programme de réhabilitation comme une entreprise responsable et engagée,
ndlc : Vœu pieux ? Ces trois objectifs ont été bien malmenés depuis la prise de fonction de Gallet en mai 2014 !

Mais bien au-delà, Radio France doit construire, avec l’ensemble de ses collaborateurs, son avenir dans le monde de demain, 
ndlc : Car son avenir dans le monde d'hier… c'est pas gagné ! Formule creuse ou cathéchisme de communication… On a envie d'ajouter "mais encore ?"

Radio France déploiera une stratégie éditoriale lui permettant de cultiver sa singularité et de s’adresser à tous les publics 
ndlc : ah donc la singularité ce n'est pas qu'une idée de Treiner, on se disait aussi pour pondre un concept aussi creux il avait sûrement fallut s'y mettre à plusieurs…
















3. L'enfumage sans dispositif d'alerte
Le réseau France Bleu joue également un rôle fondamental dans l’offre locale de programmes et d’information…  Préserver les fondamentaux de la politique éditoriale de France Bleu : la proximité (géographique et affective), 
ndlc : C'te blague et la syndication qui gomme sur un très grand territoire le particularisme et le local, c'est quoi de la géographie-géométrie variable ? Quant à "affective" c'est juste à pleurer. Quel foutage de gueule !

France Culture continuera à proposer des contenus durables et éclairants,
ndlc : Un peu comme la pile Wonder ? C'est quoi des contenus durables ? C'est le contraire des contenus jetables des six autres chaînes ? Le jargon "managérial-comptable-tendancial" s'auto-détruit à la vitesse du çon…

• Un bilan sera réalisé fin 2016 sur l’atteinte de ses objectifs par Mouv’ à la suite de son nouveau positionnement éditorial en février 2015. 
ndlc : Jésus multipliait les pains, Galet multiplie les mois : en décembre 2014 il donne 18 mois à Mouv' pour sortir du bois. 18 mois = juin 2016. Et Laforestrie, directeur de la chaîne, vient encore de gagner 6 mois. Entre le prophète Gallet et l'apôtre Laforestrie, qui croit aux miracles ? Les auditeurs ?

• Prescriptrice reconnue en matière musicale, l’antenne [de Fip] sera complétée par une offre de webradios complémentaires, 
ndlc : Avec quels financements fait-on des web-radios ? C'est gratuit ? À moins qu'à budget constant Gallet et Sérode, la directrice de la chaîne, fassent du "redéploiement" interne ? Et/ou la fermeture des locales de Fip (Bordeaux, Nantes, Strasbourg) serviraient une fois de plus de variable d'ajustement ?





















4. Des vessies pour des lanternes
Mouv’ et FIP ne disposent aujourd’hui que d’un réseau multi-villes limité de 35 émetteurs pour la première et 10 émetteurs pour la seconde. Les possibilités d’extension de la couverture hertzienne de ces deux chaînes seront examinées sur la période du COM, dans le respect de l’objectif de retour à l’équilibre des comptes de l’entreprise,
ndlc : traduire par : "comme ce n'est quand même pas une priorité et que la bande FM est sur-saturée on ne fera rien mais vous aurez apprécié notre volonté exceptionnelle de le faire tout en sachant …". CQFD 

• Face à l’"hyper-concurrence" d’une offre pléthorique de contenus accessibles sur toujours plus de supports, la radio doit devenir une "hyper-radio", qui touche le public de la bonne façon, au bon moment, au bon endroit ; une radio qui s’écoute de façon linéaire sur tous les écrans ; une radio qui s’écoute à la demande ; une radio qui donne à tout instant les informations pertinentes sur ce qu’on écoute ; une radio avec laquelle interagir. 
ndlc : Hyper-radio ? C'est pas du jargon ça ? Hyper-radio pour y faire son hyper marché ?On remarquera que la radio filmée n'est pas encore venu perturber l'adn de la radio parlée…

• Au-delà de l’écoute d’une radio à tout moment, en tout lieu et dans tous les formats, Radio France développera l’enrichissement de son offre radiophonique, notamment dans trois champs d’usages : l’information en ligne, l’écoute de la musique en ligne et la découverte des trésors radiophoniques. 
ndlc : Combien de pépites (4) parmi les trésors radiophoniques ? L'ambition aurait été de proposer une "Radio-Archives" en co-production avec l'Ina ! Mais ce doit être trop futuriste ou les relations Radio France-Ina seraient-elles gelées!

• Si Radio France offre une gamme de radios hertziennes sans pareil en Europe, elle est en revanche le seul média public européen sans webradios. Or, les webradios constituent, notamment pour les chaînes musicales, une possibilité de prolonger et de personnaliser l’écoute des chaînes en offrant une programmation thématique complémentaire. Elles offrent aussi, pour Radio France, la possibilité de valoriser la puissance de prescription et la qualité de programmation de ses antennes et de ses producteurs. Aussi, la gamme de chaînes hertziennes sera ainsi enrichie de webradios adossées aux chaînes France Musique, Mouv’ et FIP à horizon 2016,
ndlc : Allo… Jean-Pierre Pernault ? Combien ça coûte ?

Vous avez réussi à avaler la pilule ? La suite demain…

(1) Formule de presse tip-top qui vous pose tout de suite la crédibilité ;-)
(2) Il est bon de rappeler que le précédent COM est arrivé à échéance en décembre 2014. Depuis Mathieu Gallet, Pdg de Radio France, fait des ronds de jambe pour différer la présentation du prochain aux tutelles et aux parlementaires,  
(3) Avec l'acronyme "ndlc" (note de la claviste) je viendrai ajouter mon grain de sel ou de poivre,
(4) Mesure subjective inventée par Gallet, non répertoriée par Médiamétrie,

dimanche 20 septembre 2015

Brunch #3





(Ça ne saute pas aux yeux mais je rédige les deux articles suivants ce lundi 14 septembre. Vous comprendrez par là que mon brunch mijote toute la semaine pour vous être servi très frais (c'est possible) ce dimanche…)

• Jus de citron acide
Hey Guillon ! Sacré loup te revoilà dans la bergerie ! Franchement la bergère est accorte et la chaîne fair-play, non ? Sonia Devillers fait ce que ne fera jamais Morandini, inviter des "exclus" et prendre le risque qu'ils frappent encore. Ce que t'as fait Guillon avec "délicatesse" mais reconnais (et t'aurais du le dire à l'antenne) que ce "jeu" est assez rare dans les médias pour être souligné. Devillers montre son indépendance et sa liberté éditoriale. Avec un lascar comme toi faut s'attendre à tout et faut te Canaliser si tu vois c' que j'veux dire… 

Pas complètement faux ce que tu as dit sur Charline et juste ce que t'a répondu Sonia. Charline a depuis mars placé quelques banderilles, elle a pas complètement ton humour vache et n'est peut-être pas tout à fait sûr que "Passées les bornes y'a plus de limite…" (1) au licenciement ! Sinon question promo t'as bien exploité la fenêtre qui t'était ouverte jusqu'à citer le vendeur de billet. Pas folle la guêpe ! Tu cognes mais pas n'importe où, hein ? Allez, envoie-moi un tickson pour deux et j'irai t'écouter dans ton show… bizness.


(1) Émission de Gérard Lefort et Marie Colmant, France Inter, 1990-1996, le samedi matin (réalisation Adéle),

• Caviar d'aubergine sur pain de seigle toasté
Le CSA au sommé (de la gloire)… Renaud Revel dans l'Express titre son billet "Le CSA sommé de communiquer l’ensemble des documents liés au processus de désignation de Delphine Ernotte", je tweete immédiatement : "Est-ce qu'il pourrait être sommé de communiquer les documents liés au processus de désignation de Mathieu Gallet ?" (2). Si j'avais le trait de Gotlib je représenterai Schrameck (3), en haut de la tour Mirabeau (Paris XVème) drapé dans sa toge d'une blancheur virginale, un soleil jaune impérial l'éblouissant par l'arrière, tenant contre sa poitrine les tables de la loi (légèrement écornées) et écrasant du pied droit la transparence (4). La "représentation nationale" a le pouvoir de l'y contraindre. Elle est encore dans la phase "atermoiements". Quand le dossier Ernotte sera sur la table, Schrameck pourra avaler son chapeau et préparer son chemin de croix (5) à moins qu'impérial il ne se jette dans l'arène avec les lions ou dans la Seine avec les drôles de poissons qui y grenouillent encore …

(2) @radiofanch (twitter)
(3) Président du CSA, ligue opaque proche du pouvoir hollandais,
(4) Bon courage Marcel, représenter la transparence pas fastoche ! Plantu (Le Monde), lui, aurait écrit direct le mot sur la boîte, histoire d'être pesamment didactique et lourdingue…
(5) Vas-y Gotlib, croque, croque !

•Œufs brouillés à la basquaise
Le Grand Déballage. Depuis le 7 septembre, y a t-il quelque chose de médiatiquement plus important que le "nouveau" Grand Journal présenté par Maïtena Biraben, sur Canal+ en clair, du lundi au vendredi ? Non ! Il existe des centaines de chaînes de TV, des milliers d'émissions et le gotha médiatique se concentre sur cette émission qui cristallise les nouveaux choix éditoriaux du nouveau directeur des programmes Vincent Bolloré (par ailleurs actionnaire majoritaire de la chaîne cryptée) (6). Qu'est-ce qui pourrait faire autant le buzz en radio ? Le "départ" de Bouvard des Grosses têtes en 2000 sur RTL ? Après avoir créé le désordre, la décision brutale de Mathieu Gallet (Pdg de Radio France), de rentrer dans les ordres ? Le choix de Pascale Clark d'arrêter la radio et de faire en aparté (mais avec une équipe permanente d'Envoyé spécial) le tour du monde à la nage papillon ? De confier à un des pompiers de la maison de la radio l'animation de la matinale d'Inter 76) ? Les commentateurs de ce séisme #LGJ ont tous été biberonnés au Canal de Lescure, De Greef et Gildas. La télé de papa (total has been) a encore de beaux jours devant elle.

(6) Et la une de "M, le magazine", daté 19 septembre,
(7) Daniel Hamelin, pompier, repéré par Roland Dhordain, le directeur de la radio à l'ORTF, propose à Hamelin de prendre le micro. Il animera, entre autres, le 5/7 au début des années 70 sur France Inter…

• Pudding sauce gribiche avec des morceaux dedans (durs à avaler)
T'as passé ta vie à guetter les nouvelles émissions de radio. À plonger dedans. À y rester ou à en sortir. Mais là pour les soirées de Fip et ses quatre nouvelles émissions thématiques, tu freines des quatre fers. T'y crois pas. T'as pas le goût d'y aller. Sceptique. Méfiant. De la radio on attend des émissions. De Fip on attend un programme musical ! Je vais m'y mettre mais sans joie ni désir.

• Roudoudou (dans son coquillage)
Et voilà que le sémillant Emmanuel Laurentin, producteur "historique" à France Culture se fend d'un petit clip pour détourner la jeunesse (moins de trente ans) de You Tube et autres supports "anti-radio" et les inciter à se lancer à… "La fabrique de la radio"…




Electric Light Orchestra



















Le feuilleton Michka (#3)
Bon, Michka nous prévient d'entrée "Burning in rhapsody" de Queen est une pièce montée, sucrée, dégoulinante et quelquefois indigeste. Mais bon se la remettre en oreilles est une œuvre de salut public pour qui veut ne pas louper un pan de la pop pré-punk (1975). Et Michka, virevoltant, nous pousse cash vers Electric Light Orchestra et pas vers un standard mais vers une combinazione assez pop et surprenante "The diary of Horace Wimp". Pour ce troisième épisode on est dans du velours ou dans un écrin. On a peine à croire qu'il est juste passé 10h quand on se verrait bien à la playa le transistor à fond avec l'aréopage de minettes qui bourdonnent autour (flash back). Et là, après Pink Floyd, l'enchaînement le plus inattendu du monde "Pépin la bulle". On se pince. Et on pardonne tout au Michka retombé en enfance ! Puis on file à l'improbable Strawberry Alarm Clock (c'est le nom du groupe) et on découvre 200 ans plus tard "Incense and the peppermint(1967). Le cocktail du Michka est absolument rafraîchissant et tonique. Remettez le couvert !


Dimanche prochain on démarrera avec "La manager de moins de 50 ans"…

lundi 14 septembre 2015

Saint Gulier priez pour nous…

Robin Williams dans "Good morning Vietnam"

















Si toutes les chaînes de Radio France se singularisent de la même façon il n'est pas sûr que ce soit si singulier que ça. En ouvrant le bal de la singularité Sandrine Treiner, directrice de France Culture, nous a cruellement rappelé que le credo de Mathieu Gallet de vouloir des chaînes qui se différencient l'une de l'autre est en train de prendre l'eau. Qu'on en juge.

Singulière était Fip qui pouvait diffuser 24/24 un programme musical élaboré avec longtemps la seule "coupure" thématique de "Jazz à Fip" (1). Or voilà que depuis la rentrée Anne Sérode, directrice de la chaîne, propose 4 soirées consécutives d'émissions thématiques animées par des animatrices et/ou des programmateurs. Singularité ? Que nenni, la singularité de Fip c'était de "ne pas faire de la radio" ou plutôt de "faire de la radio autrement". Quels auditeurs nouveaux Anne Sérode compte-t-elle atteindre ? Les anciens n'avaient pas besoin de ça pour prolonger leur écoute diurne. Dans quelques semaines, après écoute attentive, je me prononcerai sur ces "innovations"… déconcertantes.

Singulière était la "matinale culturelle" de Vincent Josse à France Musique la saison dernière (8h/10h). En rentrant dans le rang (7/9h30) elle se désingularise. Singulier était "Le bon plaisir" l'émission hebdomadaire que François Maspero avait inventé (1984 ou 1985 ?) à France Culture et que Laure Adler s'est empressée de raccourcir en prenant la direction de la chaîne en 1999 puis passer à la trappe en 2002. Singuliers étaient "Les Passagers de la nuit" (2009/2011) de Thomas Baumgartner que Bruno Patino (directeur de la chaîne) avait raccourcis de une demi-heure à la rentrée 2010 et que d'Arvor n'a pas reconduits à la rentrée 2011.

Les singuliers passés à la trappe se ramassent à la pelle année après année. Les singuliers copiés/collés se généralisent : Laurent Goumarre bien au chaud dans sa case de 19h à France Culture avec "Le Rendez-vous" est débauché par la concurrente (sic) Inter pour animer de 21h à 23h "Le nouveau rendez-vous" (re-sic). Trop singulier ! Les transferts d'une chaîne à l'autre on connaissait mais les transferts de titre d'émission c'est plutôt rare, non (2). Quant à Guillaume Erner qui quitte Inter pour la matinale de Culture pas sûr que dans une session aussi formatée l'homme de "Service public" puisse se singulariser. 

Qu'il me soit donné l'occasion de saluer la mémoire de Geneviève Ladoues, productrice à France Culture, pour "Un jour au singulier" qu'elle avait créée sur la chaîne en 1984 (3).

À lundi prochain…

(1) Fin 1981, (et plus récemment Fip livre ses musiques, Fip Classic bazar, Dites 33 sur Fip),

(2) "Les cinglés du Music-hall" de Jean-Christophe Averty s'ils ont migré d'Inter à France Culture, l'émission est restée strictement la même. Goumarre passe lui d'une heure à deux heures pour un public différent. On relira mon billet sur Michka Assayas qui sur Inter cet été a su coller au public d'Inter et dépasser son "pointu" "Subjectif 21" de France Musique,
(3) Geneviève Ladouès est décédée le 1 mars 2001 à 56 ans des suites d'un cancer.

dimanche 13 septembre 2015

Brunch #2














• Caffè (con latte)
Esprit es-tu là ? Hier pour briller en société il fallait avoir de l'esprit. Aujourd'hui pour être en surbrillance dans les médias il faut convoquer les esprits et bien sûr s'autoproclamer en avoir (de l'esprit). Depuis quelques années déjà "L'esprit Canal" avait rassemblé une communauté "à part" et-tellement-différente-de-tout-ce-qui-se-fait-nulle-part-ailleurs-amen. Mais là j'ai l'impression que l'esprit Canal vient d'être enterré par Bolloré, non ? (1) 

Maintenant dans les magasins "Esprit" on trouve aussi "L'esprit Inter". C'est quoi ? Cohen qui découpe aux ciseaux sa carte de presse ? Clark qui joue (mal) au D.J. et qui boude ? Varrod qui vend des disques pendant les grèves ? Ah l'esprit Inter c'est pas ce qui "saute aux yeux" ? C'est plus profond que ça ? Fallait le dire ! C'est en fonction du vent en fait ? L'esprit girouette quoi ! Donc les bad vibrations des personnages sus-cités sont à ranger dans le tiroir "Mauvais esprit" (le mien bien sûr). Continuez les gars, les filles on y croit trop à l'Esprit Inter… (2)

(1) Rien moins que Charline Vanhoenhacker et Charline Roux (L'instant M) ont décrypté, mardi 8 septembre dans leurs chroniques respectives le (nouveau) "Le grand journal" et l"'Esprit Canal", attendons d'entendre le décryptage de l'Esprit Inter…
(2) À l'occas' je peux vous faire une conférence d'une heure pour vous parler de l'esprit Inter, avec des noms, des émissions, des indicatifs. Envoyer vos propositions au journal qui transmettra (référence raton-laveur),


Nouveau logo











• Saumon (en)fumé à la turquoise
Je crois bien avoir avoir assisté au plus grand flop de communication de l'histoire moderne des médias. Résumé de l'épisode précédent : Esclatine directeur de France Bleu (Groupe Radio France) annonce lors de la conférence de presse de rentrée qu'une révolution copernicienne va se produire… sur le logo de la chaîne et que celui-ci va prendre la couleur turquoise (voir image ci-dessus). 


À y regarder de près ce turquoise ressemble à du bleu… ciel, non ? Je vous mets quelques turquoises pour vous permettre de comparer. Rigolos les communicants qui vendent de l'eau pour du vin ou de la poudre aux yeux pour soirée karaoké… 



Monsieur Esclatine votre "turquoise" évoque la pâleur, l'absence totale de chaleur, et crée un effet trompeur. J'espère qu'une fois délavé l'ancien "Bleu" le nouveau ne vous aura rien coûté ? Des fois qu'avec l'argent économisé vous auriez pu mettre plus de moyens dans les locales…


Précisons que pour être à la mode de l'impérialisme de la langue anglaise à Radio France, le nouveau site de France Bleu est en "responsive design". C'est sûr que c'est grâce à ça qu'on va écouter France Bleu… nuit et jour.

• Confiture d'oranges amères
"Une vanne par semaine" pourrait être le titre du projet de Sandrine Treiner, directrice de France Culture. Cette semaine ne reculant devant rien pour surfer sur les poncifs elle dit à Télérama (3) : "Il faut marquer notre singularité". Ben voyons, en voilà un postulat qu'on attendait depuis longtemps ! Rappel des faits : en tant que directrice éditoriale de la chaîne depuis 2011 elle a participé activement à singulariser :

- la matinale, en copiant/collant celle d'Inter, en empilant les chroniques, en donnant le rythme de l'info (et pas celui de la culture),
- en "cautionnant" le départ d'Alain Veinstein alors que son émission singulière faisait la promotion des livres et des auteurs 5 nuits par semaine,
- en renforçant le découpage de la grille par heure alors que France Culture savait jouer avec des cadencements différents et singuliers,
- en "pliant" sous le joug de J.M. Four (ex-directeur) qui a imposé de créer une case factice le "5 à 7" enfermant l'heure documentaire dans le grain à moudre (image pieuse),
- en laissant s'installer le "talk-blabla" avec de fausses disputes (21h) et une émission de direct quand "Les (singuliers) ateliers de la nuit" à 23h auraient pu occuper cette case horaire,

Vous voulez d'autres exemples ? Et encore on a échappé à la trouvaille de d'Arvor qui voulait ajouter un "comique" dans la matinale. "Marquer notre singularité" c'est du verbiage et de la communication. Ça ne résiste pas une minute aux faits.

(3) du 9 septembre 2015, 

• Crêpes suzettes flambeur
Cette semaine Mathieu Gallet, Pdg de Radio France a enterré le PDV (Plan de Départ Volontaire), qui aurait pu concerner 350 salariés, en avançant la réflexion sur le non remplacement de 270 autres à l'horizon 2018. "Drôle" de façon de manager, "drôle" de façon de communiquer. Le PDV, PSM (petit serpent de mer) qui court autour de la Maison de la radio depuis décembre dernier semblait être l"affaire" même de Gallet et qui sait peut-être son seul "projet stratégique" ? Celui-là même qu'il avait présenté aux sages du CSA en février 2014 et que les dits-sages refusent toujours de communiquer (4). Que d'amateurisme de gestion, que d'atermoiements, que de morgue pour en arriver là ! Et on serait tenter de dire "Tout ça pour ça ?" Le discrédit du CSA est total, celui de son Président dans sa tour d'ivoire-Mirabeau encore plus. L'image que donne là l'audiovisuel public peut faire ricaner sous cape les Pdg des radios privées. Elle marque un peu plus (trop) s'il en était besoin le discrédit absolu de l'État.

(4) Dans l'éventualité ou le CSA contesterait mes hypothèses qu'il apporte donc les preuves nécessaires en rendant public le projet stratégique de Gallet,






Le feuilleton Michka (#2)
Pour vous écrire ce feuilleton je réécoute (au casque) et très concentré chaque épisode des 20 n° de "Very Good Trip" que Michka nous a offert cet été sur France Inter. Au neuvième titre de cet épisode vous comprenez ce que la grâce veut dire. "The Raspberries", illustres inconnus pour moi, prennent un autre relief si Michka ose (à juste titre) la comparaison avec Macca (Mc Cartney). À la réécoute on trouve le morceau indispensable à sa propre discothèque. Ça sonne bien années 60 et on se demande pourquoi Pierre Wiehn (Faisons bon ménage), Lenoir à la prog. chez Artur n'ont "jamais" passé ce titre sur Inter ? Ajoutons pour la joie les deux morceaux suivants ("I miss you" et "Waking up alone") et ce n°2 pourra faire nos belles soirées d'automne (3). 
(À suivre)


(3) Regrettons que l'éléphant très balourd alias le pas drôle du tout Morin (pov' tâche) ait cru subtil de ricaner niais comme un adolescent boutonneux sur le final de "Without you" de Nilsson.


Bonne semaine et à dimanche prochain…

lundi 7 septembre 2015

Tout info ou tout-tout info…

Rien à faire la TV sera tjrs au-dessus de la radio

























D'Arvor qui pensait avoir inventé - rien moins - que le monde à France Culture (1) n'aura pas eu le génie d'inventer le "tout culture". Et se sera engouffré dans une façon de radio généraliste avec de l'info matin (lourde), midi (bourrative) et soir (indigeste), puis un peu encore en fin de matinée (en-cas), un peu encore en fin d'après-midi (surcharge pondérale), et un peu plus le vendredi (overdose). Comme l'avait insufflé Jean-Marc Four (2) il s'agit "de rapprocher les programmes de l'info" ! La belle affaire. Four voulait dire : l'intégralité de l'antenne aux journalistes et out les saltimbanques. Méthode qu'il applique scrupuleusement à France Inter.

Donc d'Arvor n'a eu aucune vision culturelle et sa remplaçante veut que "France Culture a[it] un rôle à jouer dans la société actuelle". Un rôle d'information ? Il va être temps de dire à Treiner que Delphine Ernotte et Mathieu Gallet se préparent à créer la chaine info et qu'il va falloir grave relooker la matinale de Culture qui risque de ne pas supporter la concurrence de France Info. Ce n'est bien sûr pas Treiner, en "intérim déguisé", qui changera quoi que ce soit aux programmes qu'elle a participé à établir. Reviendra sans doute le temps des Jaigu, des Borzeix (3) qui sauront mettre derrière l'étendard de Culture, de la culture. On peut rêver !

En attendant, où l'on voit le début de la refondation de l'Ortf (Office de Radio et Télévision Française). Communiqué de Radio France : "Delphine Ernotte Cunci, PDG de France Télévisions, et Mathieu Gallet, PDG de Radio France, se sont accordés pour travailler ensemble sur le projet d’une chaîne d’information en continu, commune à France Télévisions et à Radio France. A cette fin, un comité de pilotage sera constitué sous leur présidence. Le projet sera confié à Germain Dagognet, Directeur délégué à l’information de France Télévisions, et Laurent Guimier, Directeur de France Info. Delphine Ernotte Cunci et Mathieu Gallet sont ouverts et désireux d’associer les autres acteurs de l’audiovisuel public au projet de chaîne d’information en continu."

Bon l'enjeu est de taille. Pour autant Ernotte a déclaré en préalable du communiqué : "Je n’ai besoin de l’autorisation de personne pour lancer une chaîne d’information sur le numérique." (4) Mais gaffe la radio ne doit pas être absorbée "corps et âme" par la pieuvre France Télévisions. Pour autant ce rapprochement pourrait en préfigurer d'autres. Allez on y va ! France Bleu et France 3 (5). Là on souhaite vraiment que Giscard (Président-accordéon, 1974-1981), fossoyeur de l'Ortf, soit encore de ce monde pour avaler en public son chapeau, machonner la loi de dissolution de l'Ortf (1974) et celle qui crée Radio France. Voilà pourquoi il va falloir aller regarder derrière l'écran (de fumée) de TV pour voir ce qui se trame. Et voir comment les tutelles et l'Élysée vont arbitrer la partie (fine) qui vient de démarrer. Cela dépasse et de loin la chaîne info. Pas sûr que le Grand Mamamouchi de Hollande ait le début du commencement du tracé du cap à suivre, emberlificoté qu'il est avec ses ciseaux à tailler des croupières aux Régions.

22h30 : la lettre ouverte du SNJ à Laurent Guimier, directeur de France Info,

(1) Le Pan d'Arvorisme saupoudré de Poivre à la mode Olivier. Autant dire une idée hégémonique de la culture francophone à mouliner 24/24 sur les ondes de "sa" France Culture,
(2) L'ex-directeur de la rédaction de Fc et celui d'Inter aujourd'hui,
(3) Jaigu Yves, directeur 1975-1984, Borzeix Jean-Marie 1984-1997,
(4) Laissant entendre que puisque cette chaîne serait sans pub elle n'aurait pas besoin de l'autorisation du Csa ?
(5) Genre "France 3 c'est aussi la radio",

dimanche 6 septembre 2015

Brunch #1

via le compte Twitter d'Aurélie Charron (productrice à France Culture)

Jus de pamplemousse
J'imaginais être un exercice difficile celui d'animer une émission de 18' pour parler média et donner la parole à un invité "spécialiste" ou "expert". Ce temps "court" Sonia Devillers, productrice à France Inter, s'en est affranchie pour produire "L'instant M" (1). Elle a eu beau dès la rentrée 2014 citer Morandini (2) elle a su très vite trouver le ton pour parler média sans nous rouler dans la fange pipole dans laquelle se complet le camelot d'Europe 1.

L'instant M un peu fourre-tout à ses débuts a vite trouvé ses marques et son tempo. Sonia Devillers a su doser, canaliser, cadencer l'info média. Ce avec légèreté, sourire et décontraction (à l'antenne une certaine décontraction, en vrai ça doit être un peu plus tendu que ça !). L'émission est fluide, solide et très agréable à écouter. Sonia bosse et maîtrise ses sujets et prend un véritable plaisir à en parler à l'antenne. Ça s'entend et l'auditeur entre dans sa danse ! Elle met en valeur ses invités sans se mettre en avant en y ajoutant une bonne touche d'humanité quand elle est en empathie avec eux (voir ci-dessous). C'est devenu pour moi un rendez-vous incontournable et mieux… incontourné.



(1) Du lundi au vendredi, 9h40, 
(2) Bateleur des bateleurs, vendeur de people, buzz, et autres fariboles médiatiques dans l'air du temps,

Thé noir (Darjeeling)
À peine nommée directrice de France Culture Sandrine Treiner a cru bon monter sur l'Olympe pour déclarer (sans rire) : "France Culture a un rôle à jouer dans la société actuelle" (3). On notera la suffisance. Doit-on considérer que depuis 52 ans France Culture est sur une autre planète ? Des filles comme de Gouges, de Beauvoir ou Duras, des gars comme Platon, Sénèque ou Lévi-Strauss quand ils venaient causer dans le poste ils y mettaient du fond. Treiner a choisi elle "d'enfoncer les portes ouvertes", c'est plus facile. Quant à sa "nomination" on peut largement penser qu'elle est intervenue par défaut 45 jours après le "limogeage" de d'Arvor l'ex-directeur de la chaîne. Ne serait-ce pas un intérim déguisé ? Guettons le moment où Treiner aura elle-même "un rôle à jouer dans la société actuelle" !

(3) lemonde.fr, 25 août 2015,










Œufs brouillés
Dès début juillet on a subi une tempête médiatique dont les experts médias sont formels : on a frôlé le tsunami. "Les guignols de l'info" (Canal +) allaient rejoindre les accessoires TV et surtout quitter la case en clair qu'ils occupaient depuis 28 ans sur la chaîne cryptée. Sonnez hautbois, résonnez musettes, c'est tout juste si le Président (de la République) n'a pas convoqué sur le champ (de mimes) un conseil de sécurité. De quoi s'agit-il ? Vincent Bolloré, Grand Timonier parmi les Grands Timoniers des médias, a décidé de faire le ménage dans la crèmerie dont il est "propriétaire" et de mettre en vitrine d'autres marionnettes. C'est son droit et il en use. Qui l'a dit ? Les ficelles des "Guignols" étaient un peu usées et les ressorts du rire un peu rouillés.

Tout le monde a oublié qu'en 1966 une autre tempête avait fait souffler le vent du boulet à Radio-Luxembourg. Jean Prouvost, Grand Timonier de la laine à Roubaix et "repreneur" de médias vient d'être nommé administrateur de la CLT (Compagnie Luxembourgeoise de Télévision) et à ce titre va diriger la radio qui depuis 33 ans émet en France depuis le Luxembourg. Tout en changeant le nom de la station qui deviendra RTL, il nomme Jean Farran, journaliste, comme directeur des programmes. Première "mesure" Farran vire tous les feuilletons de la chaîne dont le présumé indéboulonnable "La famille Duraton" (4).

En ces temps reculés pour ne pas dire préhistoriques, à 20h chaque soir, les Français cessent toute activité, s'immobilisent devant leur poste TSF et écoutent religieusement (et avec dévotion) les aventures d'une famille franco-française se démêlant gentiment avec la vie quotidienne au réel de la vie quotidienne des Français. La presse a bien du s'émouvoir, le clergé regretter cette liturgie, rien n'y a fait, Farran a tranché et RTL de caracoler depuis en tête des audiences ou presque. Las, les Duraton, les Guignols resteront au patrimoine audiovisuel comme le camembert et le kil de rouge au patrimoine alimentaire… Et vogue la galère.

(4) Créée à l'origine en 1937 sur Radio-Cité. (Tiens voilà que ça me vient, aujourd'hui on aurait appelé ce feuilleton "La famille durera-t-on"),




Marmelade
Sans doute effet immédiat des orientations de la nouvelle direction de France Culture l'émission "Les ateliers de la nuit" s'appelleront désormais "Creation on air". On pouffe d'abord. On rit jaune ensuite. C'est quoi cette marmelade à la sauce angliche ? Ce COA là serait plus tendance que la belle idée "collective" des Ateliers de la nuit, partagés, développés et produits dans un esprit de manufacture ? Allons donc, c'est une blague ou la définitive "Défaite de la pensée" comme le scandait Finkielkraut il y a déjà 28 ans (Gallimard) ? Je suggère immédiatement à Treiner de rebaptiser la matinale "Cnews" que l'on traduira par "Culture news" of course… (5) Où l'on voit immédiatement l'association possible avec l'ex-chaîne iTélé. De quoi ôter une épine du pied à Mathieu Gallet (Pdg de Radio France) ! Une chaîne en moins à Radio France et le PDV (Plan de Départ Volontaire) pourrait être évité ! Comme quoi maîtriser les langues ça peut rapporter gros !

(5) Cnews est le nouveau nom d'Itélé la chaine info de la TNT appartenant à Bolloré.
















Le feuilleton Michka (#1)
Au mois d'août à 10h du matin sur France Inter Michka Assayas a enfilé les perles du rock et de la pop (Very good trip). Pendant 20 semaines je reviendrai sur chacun des épisodes pour mettre en exergue une ou deux anecdotes et/ou une ou deux chansons. Michka ouvre le bal avec "Strawberry field forever" écrite par John Lennon et interprété par le quatuor de Liverpool. Michka, véritable Jean-Christophe Averty de la pop, raconte, détaille la fabrique d'une chanson. Le détail technique "bricolage de génie" utilisé par George Martin (le 5ème Beatles) pour cette chanson est savoureux et nous incite à ne plus jamais écouter la musique comme un ronron.
(À suivre)


Allez bon dimanche et à demain 8h30 pour le billet hebdo…