lundi 6 août 2012

Le blog-note de l'été (5)… suite

Avec Zappy Max!





Mon RTL à moi
Je ne suis pas auditeur de cette chaîne mais mais mais… ma passion de l'histoire (de la radio) m'a amené dès l'été dernier à écouter les émissions de Philippe Labro (4) où celui-ci convoque ceux qui ont fait l'"image" de RTL. Les trois derniers numéros ont concerné : Philippe Gildas, André Torrent, et Zappy Max. 

• Gildas ne vient pas au micro de Labro pour faire le coq et en rajouter. Avec simplicité il raconte ses débuts "Je suis né à la radio le jour de Noël 1962" (5) poussé par Jean Yanne (à l'époque journaliste), sans savoir qu'un jour il deviendrait journaliste. Le succulent d'un témoin comme Gildas c'est qu'à égrainer sa mémoire il fait "revivre" l'époque ou quelques hommes l'ont accompagné et/ou devancé dans l'aventure radio : Patrick Pénot, Pierre Lescure, Jean-Michel Desjeunes, Jean-Pierre Farkas, Jean Bardin, Jacques Alba, Philippe Alfonsi… Et aussi comment grâce au CESP (Centre d'Étude des Supports de Publicité qui deviendra Médiamétrie) Gildas adapte la grande session d'info du matin en fonction de ceux qui sont censés être prêts de leur poste à cette heure-là. 

À sa simplicité bon-enfant s'ajoute l'humour et la bonne humeur qui tranchent avec la gloriole pipole qui entoure aujourd'hui le moindre animateur ou journaliste. Gildas sait témoigner du passage de Radio-Luxembourg à RTL avec Jean Prouvost (à l'époque directeur de Paris-Match) qui en prend la direction et comme directeur d'antenne Jean Farran (avec Raymond Castans). Labro parle de révolution mais c'est bien de ça dont il s'agit. On passe de la "radio de papa" (6) à une radio qui ne rêve que de mordre sur le succès d'Europe n°1. C'est l'époque de la création du "Journal inattendu" qui n'a absolument rien à voir avec l'insipide émission d'aujourd'hui présentée par Marie Drucker (7). Et Gildas obtiendra de Farran sur une idée de Lescure de créer le "journal continu" dans les matinales d'RTL. Je reste persuadé que pour comprendre la radio d'aujourd'hui on ne peut faire l'impasse sur son passé et son histoire… Pourtant il ne semble pas que ce postulat soit partagé par les rédactions médias qui "couvrent" la radio !

• Torrent
Je n'ai jamais entendu cet André Torrent à la radio. Les souvenirs (il n'a que 45 ans de micro !) qu'il évoque au micro de Labro sont intéressants pour comprendre l'époque dans laquelle il évoluait même si c'est par le prisme des "variétés". J'ai apprécié ses points de vue et sa lucidité. Malgré le vedettariat (des autres) il a su resté à sa place et faire son bonhomme de chemin. Grâce à la musique il est aussi un témoin privilégié de l'évolution des mentalités, des mœurs et de la …radio !

Zappy Max
Il y a déjà six ans que Jean Lebrun recevait "l'animateur de Radio Luxembourg" en décembre 2006 pour ses Travaux Publics (8) à Brest à l'occasion du festival Longueur d'Ondes. Au micro de Labro, émerveillé, Zappy Max a brossé avec une précision de géomètre l'histoire de la radio de la fin de la guerre (1939-1945) au passage à RTL (1966). Rien à jeter dans cette émission où le toujours jeune "Max Doucet" (né en 1921) raconte avec brio sa propre épopée au sein de la radio la plus populaire à l'époque. Louis Merlin (directeur des programmes) lui dira à ses tout débuts "C'est encore plein de défauts, mais c'est avec les défauts qu'on fait les personnalités". O tempora, o maures.

Zappy n'a pas bien digéré le mépris dont ont fait preuve les nouveaux responsables d'RTL en le snobant et pire au moment opportun en ne mettant pas en avant ses mémoires publiées. Labro réparait ainsi une faute et nous donnait l'occasion d'entendre aujourd'hui le passé bouillonant et fertile d'un animateur de radio. 

"Mon RTL à moi" est podcastable pour les n° de cette saison comme pour ceux de la saison précédente. Le prochain invité (12 août) sera "Christophe Bourseiller" actuel animateur de la matinale de… France Musique !

(4) Directeur des programmes, 1985-2000,
(5) À l'époque Radio-Luxembourg,
(6) Et Zappy Max en fera les frais,
(7) Dont Télérama n'a pas manqué de tresser les lauriers, on se demande bien pourquoi. Pour avoir écouté le journal inattendu" d'Alain Finkielkraut, j'ai eu pitié de lui et reconnu sa très grande gentillesse à l'égard de la journaliste qui n'a su qu'enfiler les perles de la banalité et c'est peu dire ! 
(8) France Culture, du lundi au vendredi, 18h20-19h30,

dimanche 5 août 2012

Like a Rolling Stone…

 

Le 27 avril dernier était le jour d'une réorganisation partielle de mon quotidien. Sans doute occupé à quelques menues choses j'écoutais d'une oreille distraite le Plan B de Bonnaud (1), sans avoir même prêté attention à l'annonce de ses invités. Distrait ? Jamais tout à fait quand j'écoute la radio. Il a juste suffit que j'entende "Altamont" et "Rolling Stones" pour que je tende l'oreille. Je ne suis vraiment pas un fan des Stones, j'écoute mais n'ai jamais acheté aucun de leur disque. Par contre vous le savez j'aime les histoires. Alors heureusement que mes oreilles restent toujours en "éveil". Je crois l'avoir déjà écrit, c'est Pierre Lescure, dans son livre "In the baba" (2), qui m'a suggéré que la radio a ce pouvoir de surpasser les bruits ambiants, particulièrement quand on est écouteur. Autrefois j'étais en rage d'avoir loupé une phrase de Kriss (3), de Claude Dominique, de Mermet, de Bouteiller et même de Jean Lebrun. Comme je n'enregistrais rien il fallait bien que je sois très attentif. C'était ma façon.

Ce 27 avril, une fois que j'ai compris ce dont il s'agissait à propos des Stones, j'ai cessé d'écouter, me contentant de noter les références du livre dont l'auteur était venu s'entretenir avec Bonnaud (4). Pas question de connaître l'histoire avant de la lire ! Je l'ai dit, je ne suis ni fan ni amateur des Stones mais l'histoire qui se passait autour à la fin des années 60 me concernait, ne serait-ce que pour mettre en parallèle celle que je vivais en Bretagne, si peu informé des séismes musicaux qui secouaient l'Amérique ?

Quelques jours après l'émission je commençais la lecture d'un livre décrivant une tournée des Stones aux U.S.A en 1969, publié en 1984 et disponible en français… quarante-trois ans après les faits. C'est aujourd'hui (seulement) que j'ai fini le livre. Je ne suis pas critique littéraire, je lis pour le plaisir (et quelquefois trois livres à la fois) (5). Et cette distance, ce laps de temps énorme entre la promotion de quelque chose, son achat et sa "consommation" relativise de fait l'empilement quotidien de tout ce qu'il y aurait à écouter, lire, voir et… plus si affinités. Et pourtant Bonnaud (et d'autres) donne envie de lire, d'aller au ciné, d'acheter un magazine, de regarder une émission de TV, d'écouter de la musique. L'écume qui reste de cette prescription de tsunami est absolument ridicule et me (nous) laisse tout le temps sur ma faim. "Je n'aurais jamais le temps…" Mais comment font donc les gens qui regardent la TV 3h45 par jour ? J'arrive déjà pas à réécouter tous mes podcasts !

C'est seulement maintenant que je vais réécouter le Plan B de Stanley Booth. C'est un peu comme les bandes-annonces de cinéma, si les films m'intéressent ou m'attirent je ne regarde jamais les B.A. Voilà la bonne affaire, réécouter la radio à la demande. Si je savais un peu mieux l'anglais, j'appellerais immédiatement Booth et lui proposerais une rencontre dans son sud. J'aimerais écouter du blues avec lui, qu'il me fasse découvrir des Rolling Stones en phase avec cette musique.

Booth n'a pas écrit un livre pour les fans, et encore moins pour la gloire des Rolling Stones. Juste un livre générationnel qui situe parfaitement le point ultime d'un mouvement de "réaction" et d'idéal qui va entamer son déclin au tout début des années 70, juste après le meurtre d'un spectateur noir à Altamont en Georgie au cours du concert gratuit que les Stones avaient donné, le 6 décembre 1969, devant 500 000 spectateurs absolument "stoned". Ce morceau d'Amérique là, avec en trame de fond la mort de Brian Jones, est à découvrir par le prisme de groupes de musique qui voulaient tout balayer sur leur passage et se libérer du carcan de la morale, des interdits et de la routine.

À la même heure sur une autre chaîne du service public, je n'aurai jamais été écouté Stanley Booth. Bonnaud a cette qualité de mettre en valeur son invité en restant à sa place. Mieux il n'enfile ni les perles ni les questions évidentes, il bosse son sujet et permet à l'invité d'aller plus loin que de redire ce qu'il, dans le cas présent, a écrit. Le juste contraire des bateleurs qui brouillent les ondes… Yeah, rock&roll.

(1) Du lundi au vendredi, Le Mouv', 17h 
(2) In the baba, Grasset, 2012,
(3) Unjour de septembre ou octobre 1989, sur Inter, vers 18h 10, Kriss annonce qu'elle a roté à l'antenne et qu"on" le lui a reproché… Je n'ai pas entendu le début de sa phrase au début de son émission quotidienne,
(4) Stanley Booth, Dance with the devil, L'histoire extraordinaire des Rolling Stones, Flammarion, 2012,
(5) Le transistor d'Elvina Fesneau, Le Pierre Bellemare (souvenirs), Anquetil tout seul de Paul Fournel (lu à la vitesse du Paris-Roubaix) et Mapuche de Caryl Férey pour me détendre avant la reprise…


lundi 30 juillet 2012

Le blog-note de l'été (4)

© Radio France




Cette semaine un blog-note de brèves qui en disent long sur la radio ! Je garde au chaud deux articles sur Martel et Adler qui devraient s'ajouter à ce blog-note en milieu de semaine…


Chacun son tour… de vinyles
Libération ausculte la numérisation de la discothèque de Radio France ! Ça tourne rond.

Ce soir
Sur le canapé de Fip la Britpop à l'honneur !

Parlez-vous d'jeuns ?
Un danger pour la langue française ?

Solange(ça)TeParle ?
Pourtant elle te parle sur France Inter. Son portrait ici.

Les français parlent au Françaix
Avec lui on va pouvoir causer radio et pourvu qu'on soit sur la même longueur d'onde !

Basse Normandie
Un pic d'audience dans cette région ! P'tête qu'ils boudent la TV ?

Marche sonore
Là tout peut tomber à l'eau !

DavidTeParle
La lettre d'aveu est tombée ! Dépêchez-vous si vous voulez (ré)écouter les 20 épisodes de Meurtre au Conservatoire

Le mouv'
Tous les podcasts du Mouv' en seul coup d'œil !

Radio France International (suite)
Jean-Pierre Boris, journaliste à RFI publie un point de vue dans Le Monde

Le Tube
On ne pourra plus dire que je ne fais qu'à critiquer Télérama.

Le pouvoir des ondes
La radio, arme de communication massive ?

Brucy c'est fini
La directrice de France Bleu a quitté la chaîne, sans tambour ni trompette. Les sept chaînes du groupe Radio France sont exclusivement dirigées par des hommes !

De curiosité, de passion et de plaisir
Pivot n'en finissait donc pas de se gratter la tête. Bigre !

Le fond de l'air est noir
Chris Marker est mort. Je ne sais s'il s'est beaucoup exprimé à la radio mais il était évoqué ici. Vous pouvez aussi y regarder .

Rendez-vous le 6 août pour le prochain-blog-note de l'été…

dimanche 29 juillet 2012

Marilyn for ever…

© Eve Arnold




Marilyn est présente, au delà de l'icône, de sa plastique, ou de son sex-appeal. Marilyn est présente comme une petite étoile qui continue à briller malgré tout. Malgré tout le charabia, la presse trash, les paparazzi, les ragots, la pression médiatique, le show-business et le mythe poli à longueur de phantasmes. "On avait de la tendresse pour elle plus que du désir" dit Claude-Jean Philippe (1). Comme elle aurait voulu entendre cette phrase plus souvent ou même peut-être l'entendre au moins une fois de la part d'un homme et sans doute d'une femme aussi.

Alors, plonger cinq jours durant dans l'univers haché, désaxé, déstructuré mais aussi sublimé de Norma Jean Baker, c'est revoir en Cinémascope ce qui a fini par faire une légende moderne et classique. Car quoi qu'il arrive les images affluent et se bousculent, qu'on écoute des extraits de films, des interviews, ou même que tel ou telle évoque son souvenir. L'image est plus forte que tout et pourtant ici pas besoin d'image. La radio joue ici pleinement son jeu d'évocation, de rêves et de réalités. On entre à pas de loup dans l'histoire et c'est bien difficile d'en sortir. On voudrait qu'elle n'en finisse jamais. Marylin évoquée c'est aussi fort que Marilyn vue. Présente for ever

Pour cette belle traversée j'ai préféré écouter à suivre les cinq documentaires, puis les cinq débats pour finir par les cinq épisodes de "Marilyn, dernière séance". Ce que vous pouvez faire une fois l'ensemble podcasté. Voilà la magie de la nouvelle radio, (re)composer le programme. Et pendant cette époque de vacances vous pourrez même écouter les quinze heures en continu.

Au fur et à mesure de l'écoute, j'ai pris des notes, décider de lire ou de relire tel livre (Fragments, Seuil) eu envie de revoir tel film tout de suite (et je l'ai fait d'ailleurs) mais jamais de faire tout en même temps. Comme si c'était possible ou pas, peu importe. Il y a une graduation d'étapes dans le temps, j'écoute une histoire, je la complète par la lecture, j'en cherche les images pour ensuite en recomposer une nouvelle. Comme j'aime qu'on me raconte des histoires, j'aime à mon tour en raconter. Il me semble que le multimédia disperse (ou décentre) l'écoute alors que ce que je recherche en radio c'est d'être captivé par la voix. Si je fais ici ces quelques constats c'est aussi pour affirmer que la radio ne doit pas transmuter au point d'y perdre son âme, tant elle remplit si bien avec ses moyens d'origine sa fonction de médium.

Revenons à Marilyn…  "La voix c'est un parfum très puissant de la personnalité de quelqu'un" dit Catherine Deneuve. Sa voix est absolument captivante. Elle rend Marilyn attendrissante, touchante, troublante, bouleversante et son rire nous renvoie à l'enfance éternelle. En écrivant cela j'ai l'impression d'énoncer quelques poncifs éculés et pourtant ce sont ces images-là qui se fixent sur la pellicule de notre soul à fleur de peau. À partir de demain je vais (ré)écouter au moment de sa diffusion cette belle traversée qui n'en finira sans doute jamais de nous troubler. Un merveilleux moment d'été commence…(2)

(1) En introduction de la Grande Traversée que France Culture lui consacre la semaine prochaine, lundi à vendredi, 9h-12h, par Michel Schneider. Et pour clore cette Grande traversée, chaque matin, 10 minutes d'extraits de la grande interview de Marilyn Monroe réalisée en 1960 avec Georges Belmont,
(2) "Monroerama" de Françoise-Marie Santucci, Stock, 2012.

Voir aussi ici.

lundi 23 juillet 2012

Le blog-notes de l'été (3)…

© D.R.
17 juillet
•Il est assez rare de voir Laurence Bloch en photo dans la presse ! De son plus beau sourire la directrice des programmes de France Inter, adjointe de Philippe Val, annonce que "France Inter gagne des auditeurs pour de bonnes raisons." Vous lirez.

• Sur son blog d'Inter, Laurence Peuron, a entendu Bob feuler. Bob c'est le Zim dit aussi Robert Zimmerman, dit encore Bob Dylan qui, une fois de plus a surpris ! On pouvait s'attendre au pire quand Laurence Peuron nous fait part du plaisir qu'elle a eu à écouter le dinosaure feuler (1).

19 juillet
• Fip la plus "secrète" des radios nous montre pour la première fois ses coulisses et les commente. Sans prétention ni ostentation. Plutôt sympa donc.

Mea culpa, j'ai laissé passer le 11 juilet un très bon numéro de La grande table, sur France Culture, où trois amoureux de la "petite reine" : Gérard Mordillat, Étienne Klein, Sébastien Balibar ont devisé du Tour de France, de Jacques Anquetil, du livre de Paul Fournel (2), de quelques plumes disparues, Antoine Blondin, Pierre Chauny, tous les deux à l'Équipe avec des commentaires d'un autre niveau que ceux qu'on écoute dans les "flashs" sportifs…

Une caravane sonore passe… et les chiens aboient (mais pas que). Découvrez ce projet participatif d'écoute collective autour de Brest…

• Roland Dhordain, inventif directeur de France Inter, a voulu un jour (alors qu'il ne dirigeait plus la station) repérer les talents potentiels d'animateurs/trices de radio, en créant "Les enfants d'Inter"… Le Transistor (autre blog dédié à la radio) nous rappelle cette courte aventure radiophonique (3) avec quelques sons sympathiques. Le mérite de Dhordain était d'interroger les impétrants sur leur connaissance de l'histoire de la radio. Rares sont les jeunes animateurs aujourd'hui à posséder cette culture radio, dont on peut dire, sans se tromper, qu'elle leur manque cruellement au point de nous heurter régulièrement les oreilles !

Meurtre au Conservatoire
À 8h45, chaque matin, du lundi au vendredi, sur France Musique l'énigmatique David Christoffel nous a concocté un polar musical tout à fait original qui mêle érudition musicale, clins d'œil instrumentaux (sic) et participation des auditeurs par l'intermédiaire de courriels et autres mails pour tenter de résoudre l'énigme et/ou donner quelques avis éclairés sur les situations mises à jour quotidiennement. Christoffel est facétieux et a l'air d'avoir pris un vrai plaisir à écrire cette fiction. À suivre jusque fin juillet sur la chaîne ! Sur le site de l'émission vous lirez la bio de Christoffel et constaterez qu'il avait déjà un sérieux bagage pour tenter cette petite fantaisie tout à fait sympathique.

Easy tempo, où la plus belle madeleine à l'heure du thé
J'insiste, il faut savoir tout arrêter pour savourer trente minutes de standards réinterprétés et sortis de leurs pochettes de vinyle, que les compères Valero et Jousse distillent comme la meilleure eau de vie… Pas une fausse note, une harmonie de rêve et des instants délicieux qui me renvoient à une immense ignorance de tant de pépites enfouies… Malheureusement c'est la dernière semaine de diffusion.

• Mon RTL à moi
Philippe Labro (ex-directeur de la chaîne) remet le couvert cet été en invitant des animateurs et/ou des journalistes qui ont fait RTl ou que RTL a fait. Sur le site de l'émission vous trouverez les podcasts des émissions diffusées depuis le 15 juillet mais aussi ceux de l'été passé. Nagui était dimanche 15 juillet le premier invité de Labro. Je n'ai jamais écouté Nagui. ni à RTl, ni à Europe 1. Le personnage est sympathique et trublion. Ses souvenirs à RTL (il y a passé dix-neuf ans) permettent de comprendre les "mécanismes" de la station et ce que d'aucuns dans les années 60 et 70 appelaient "la famille". Le deuxième invité, ce dimanche, était Philippe Gildas. Je vous en parle dans le prochain blog-notes…

Bonne semaine radio, picorez sur ce blog et à dimanche prochain 18h…

(1) Sur Twitter Thierry Fremeaux, délégué général du Festival de Cannes, a aussi fait part de sa satisfaction suite au concert de Lyon du 18 juillet,
(2) "Anquetil tout seul", de Paul Fournel (éd. du Seuil). Lu hier sur la plage, voir aussi billet d'hier,
(3) Qui pourrait continuer à exister aujourd'hui, ce qui éviterait à certains de passer le mur du çon sans même s'en rendre compte…

dimanche 22 juillet 2012

Le Normand de Quincampoix…

En 1963







Quand on faisait nos "Tours de France" sur nos plages de Bretagne, et que nous mettions presque plus de temps à construire notre circuit qu'à "pousser" nos billes accompagnées de nos coureurs, je n'ai jamais choisi Anquetil pour gagner l'un ou l'autre de nos Tours de sable émouvants. Je n'avais ni envie d'écraser mes copains, ni même de porter ce nom-là qui m'aurait obligé à faire des prouesses que je n'aurais pas su entreprendre. Je ne choisissais pas plus Poulidor. Je ne me rappelle pas non plus s'il m'est arrivé de gagner ! Avec mes enfants oui, mais je n'avais alors aucun mérite. Nous jouions sans donner de nom à nos coureurs ou alors j'ai oublié !

Il y a quinze ans l'Atelier de Création du Grand Ouest (1) a produit "Maître Jacques, La Caravelle", un très long documentaire de 2h30, et vingt épisodes, qui a été diffusé, entre autre à l'époque, sur les locales de Normandie (2). Et c'est assez émouvant. Cela tient à la fois à la qualité du récit de Manuel Quesnel et Christian Clères, comme au montage "pointu" qui, sans temps mort, nous entraîne dans le tourbillon des années Anquetil qui ont marqué le sport cycliste et divisé la France en deux camps ! Les pro-Anquetil et les pro-Poulidor. Ayant de la compassion pour les perdants je ne m'intéressais pas beaucoup au "Normand de Quincampoix" et, comme le dit si bien son directeur sportif, Raphaël Géminiani (dit aussi "Le grand fusil"), à la fin du documentaire, je découvre que le bonhomme après avoir longtemps été boudé valait vraiment la peine d'être admiré.

Voilà la magie de la radio, entendre la voix du "vieux" Georges Briquet faire la première interview d'Anquetil, réécouter Robert Chapatte à l'époque journaliste sportif de radio, mais aussi Jacques Goddet "patron" du Tour… On est dans l'Aubisque, le Galibier, Paris-Bordeaux ou le contre-la-montre de Châteaulin. Pas d'image, pas de vues magnifiques d'hélicoptère, pas de Cochonou ou d'huile Lesieur mais, bien collé à la roue du héros ou de celui qui abandonne, on est "dans" le "Tour de France". Passent en revue, à la vitesse d'un sprint, quinze des trente glorieuses et une ferveur populaire sincère, magnifique qui faisait de ces mois de juillet un vrai ciment national. Il n'y avait qu'Antoine Blondin pour traduire ça avec bon sens, lucidité et panache : "Le général de Gaulle dirige la France onze mois sur douze, en juillet c'est Jacques Goddet" (3)

Je vais tout de suite me plonger dans le livre de Paul Fournel "Anquetil, tout seul" (4). Quand vous lirez ce billet le Tour de France viendra de boucler sa quatre vingt-dix-neuvième boucle. Espérons que la centième saura faire revivre l'épopée des champions comme des anonymes qui, en leur temps, mobilisaient toutes les attentions et la ferveur populaire collective de tout un pays…

(1) Atelier de Création Radiophonique Décentralisé de Radio France,
(2) Devenues aujourd'hui France Bleu, existe en CD,
(3) Blondin qui mit son talent d'écrivain pendant 28 ans à l'Équipe au service de la petite reine, voir "Tours de France, Chroniques de "L'Équipe" 1954-1982", La table ronde, 2001,
(4) Voir aussi le blog-notes publié demain à 10h30,


Maître Jacques - La caravelle - 1ère partie 


Maître Jacques - La caravelle - 2ème partie


Duel Poulidor/Anquetil

mardi 17 juillet 2012

365 jours d'écoute…

 






Il y a juste un an, j'inaugurais ce blog avec l'idée un peu folle d'écrire au moins cinq billets par semaine… Je venais juste d'enregistrer la "Mythologie de poche d'un auditeur", à la Maison de la Radio, sous la houlette de Thomas Baumgartner (1). Et depuis cette date j'ai enfilé les perles, ou les ondes c'est selon. Avec quatre cent dix billets publiés, cinquante-deux mille visites et cinq cent-quatre-vingt-dix-sept commentaires ! Écrire m'a "obligé" à bousculer mon ronron personnel autour de mes émissions fétiches. À lire quelques opuscules majuscules du fait radio et faire la vigie du haut de mon plus beau phare.

Et puis j'ai "trouvé" quelques radiophiles aussi fous, ou aussi passionnés qui, à leur (bonne) façon, incitent à une autre "écoute" ou à un autre regard critique sur notre média préféré (2). Là aujourd'hui, je suis en roue libre. Je prends du recul, je lis, écoute et réécoute, fouine, correspond et cherche un peu l'introuvable au hasard de quelques conversations épiques où nous enchainons anecdotes sur anecdotes, faits précis, détails et contexte qui ne cessent de "refaire" l'histoire de la radio.

Alors, mes chers auditeurs, je vais continuer mon rythme quotidien (3), tisser ma toile et guetter vos avis ou recommandations… en essayant de mettre la radio à la place qu'elle mérite bien au-delà des embouteillages et des tunnels matutinaux…
(à suivre)

(1) "Mythologie de poche de la radio", France Culture, 60 épisodes, la plupart réécoutables sur le site de la chaîne,
(2) voir ci contre "La radiothèque",
(3) à partir du 20 août, et d'ici là une "madeleine " le dimanche si ça me dit, et un blog-notes le lundi.