mercredi 12 août 2026

Éclipse totale de voix… à Radio France !

C'est le propre de la radio publique depuis ses origines (1921), les cases dans un programme ne sont pas des attributions à vie. Elles sont mêmes remises en question chaque année à l'approche d'une nouvelle année radiophonique (septembre/juin). Certaines et certains ont pu faire carrière à la radio, mais d'autres beaucoup plus nombreux se sont éclipsés de leur plein gré mais bien plus souvent parce qu'ils n'avaient plus l'heur de plaire…

La légende est ici

















Il serait fastidieux et pénible d'établir ici la liste des "disparues/disparus"… pour autant il nous reste dans l'oreille des voix, véritables marqueurs de temporalité et, en même temps, d'intemporalité. Si je vous demandais au débotté la voix dont vous vous souvenez ? Vous me diriez-quoi : Pierre Bellemare et ses histoires extraordinaires, Ménie Grégoire à l'écoute des femmes au plein milieu des années 60, Zappy Max, trublion/fantaisiste qui a fait les riches heures de la radio populaire (Radio Luxembourg), Eve Ruggieri qui a pris son envol radio en racontant des histoires dès la fin de ce qui ne s'appelait pas encore une matinale sur France Inter, Robert Arnaut un autre conteur parmi les conteurs…

Il y a celles et ceux partis de leur plein gré et puis celles et ceux qu'"on" a renvoyé pour incompatibilité d'humeur, divergences politiques ou pire, jalousie de notoriété. Mais, enfant, ses "subtilités" m'échappent. La première voix caractéristique de mon enfance est celle de Daniel Filipacchi (98 ans) et son "Salut les copains" quotidien sur Europe n°1. Synchronicité absolue avec mon temps des copains de l'école, d'un moment de détente après une journée scolaire, des chansons friandises qui volent avec l'air du temps. la voix plus que le contenu de la logghorée sympathique de José Artur. Puis celle de "Madame Inter" (Annick Beauchamp) auprès de qui je serai photographié à Saint-Malo (années 60) pour les jeux de plage de la station (sourire entendu).

Et puis ce qui correspondait à mon temps de loisir, les fins de semaine avec la bande, toute la bande de l'"Oreille en coin" (France Inter) avec plein de femmes plus subtiles les unes que les autres. Kriss, Dominique, Monchicourt, Jacques, David, Gribes. Après c'est sur France Culture que j'aurai dans l'oreille Françoise Séloron, Marion Thiba, Laurence Bloch, Francesca Isidori, Geneviève Ladoues, Arlette Farge, Michèle Perrot, Francesca Piolot, Colette Fellous, Marie-Paul Vettes, Irène Omélianenko, Jeanne-Martine Vacher… (1).

Pour les cent ans de la radio j'avais écrit une petite ode aux femmes de radio. Parmi celles-ci plusieurs ont été éclipsées sans autre forme de procès. Du jour au lendemain, créant des chagrins et quelques descentes aux enfers. Alors qu'on en fait des tonnes pour les vedettes du micro qui partent à la retraite il est rare que les éclipsées-éclipsés puissent seulement saluer à l'antenne leurs auditrices et auditeurs. Ne nous reste plus qu'à les inscrire à notre panthéon personnel.

Qui mieux que Kriss pour conclure ce billet ? Celle-ci dit à un ami physicien «Les gens de radio sont comme des éphémères qui ne volent qu’un jour et disparaissent». «C’est faux, lui a-t-il répondu. Tout ce qui existe est détruit par le temps. Les monuments les plus beaux, les livres, la planète elle-même disparaîtra. Mais vous, les voix de radio, vous êtes éternelles. Vos paroles emportées par les ondes hertziennes voyageront dans l’univers aussi longtemps qu’il existera". (2) 

(1) Tous ces noms peuvent mener à des liens, les inscrire dans la petite case à droite de cette page 'Vous cherchez quoi ?"
(2) (2) Kriss, La sagesse d’une femme de radio, L’œil neuf, 2005,

2 commentaires:

  1. Toujours émue d’apercevoir ma chère Clara Candiani qui m’a donné le virus de la radio

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