mercredi 21 octobre 2026

La Revue de Presse d'Inter : presse que pas… du tout !

Pourquoi lui, pourrait-on ajouter ? Après avoir été débarqué en 2015 de son poste de matinalier à France Culture, Marc Voinchet, le Directeur de France Musique (2015-2026) tombe du ciel à la rentrée sur Inter pour (tenter) d'animer la Revue de Presse. Pourquoi cette case ? Pourquoi pas pour tenir une chronique d'humour dans Zoom Zoom Zen (l'émission trop hilarante) ou dans Franche Culture, le machin poussif de 11h ou dans le Masque et la Plume ? Voinchet avait fait savoir en haut lieux que depuis plusieurs années il souhaitait reprendre le micro. Visiblement la réponse se fit attendre. Il avait le "choix" (façon de parler), sept chaînes (dont Mouv') pouvaient l'accueillir et l'impétrant avait sans doute jeté son dévolu sur Inter plus que sur ICI Occitanie (ex France Bleu Toulouse) où pourtant il aurait pu retrouver son accent d'origine. Avant cet atterrissage (on n'ose dire parachutage) Céline Pigalle, Directrice d'Inter, avait débarqué Nora Hamadi de la revue de Presse, en poste depuis une seule saison. Pourquoi ? On ne le saura jamais. C'est, quand on découvre que l'ex-Directeur va prendre sa place, qu'on peut imaginer qu'Hamadi a fait les frais de l'opération "Voinchet, le retour"…














C'est a minima pathétique, a maxima scandaleux. Sachant qu'Eva Bester, elle même virée du 20h10, ne sait toujours pas pourquoi elle n'est plus à l'antenne. Il se dit dans les couloirs circulaires de la Maison de la Radio, où la parole circule beaucoup, que c'était pour faire une place à Adèle Van Reeth (ex-Directrice d'Inter jusqu'à son débarquement en février 2026) qui n'en a pas voulu, préférant se tourner vers les prud'hommes. Ce serait devenue une manie que d'ex-Directrices/Directeurs aient une frénésie du micro. Un peu à part Laure Adler qui, après sa Direction de France Culture et après un break, est revenue à l'antenne sur… Inter. Inter : la maison de tous les secours.

Tout ça pour dire que Voinchet à la revue de presse c'est un peu comme si on n'avait rien trouvé de mieux que d'y installer Colombe Schneck, bien connue pour ses difficultés de langage ou Maïté (de la TV) pour cuisiner la presse aux petits oignons. Si j'écris à nouveau sur cette case c'est qu'au bout de deux mois je me demande pourquoi ni la Presse (toujours bienveillante pour la radio comme Télérama ou Le Monde) ni personne en interne n'ait remis en question le choix invraisemblable de Marc Voinchet. Je l'ai dit il bafouille, il torpille les mots, il savonne la planche et, plutôt que de parler de revue de presse, il faudrait titrer "Presse que pas… du tout !". 

Quand, en 2010, la revue de Presse passe de 8h30 à 8h45 c'est un sacré bouleversement qu'on pourrait qualifier d'institutionnel (plutôt que celui ronflant de patrimonial) tant ce "carrefour radiophonique" avait trouvé sa place depuis des lustres à cette heure-là et fidélisé le public (1).
La déporter à 45' c'est un peu la noyer avec toute la série de "chronicroquettes" jetables comme des Kleenex. C'est bien pire aujourd'hui puisqu'après la R.P. au lance-flammes il faut supporter Serrell et l'"humoriste de circonstance", tout ça en moins d'un quart-d'heure. Au chausse-pied la fin de la matinale, alors qu'autrefois Eve Ruggieri ou Claude Villers démarrait leur émission vers 8h45. Seulement voilà le bastion matinalier installé, pas question de perdre un quart d'heure fusse t-il être un quart-d'heure de bla bla. 

Et Voinchet est dans le bla-bla. Il lessive tous ses mots et ne trouve aucune accroche, aucun silence, aucune inflexion pour nous dire "Lisez-le". C'est un exercice parmi d'autres qui non seulement ne valorise pas la presse mais qui par son absence de prosodie la dessert. Les mots se mélangent, les titres se mélangent, autrices et auteurs sont brouillés. Enlevé c'est pesé ! Et, très mal pesé. Qui l'écoute, Céline Pigalle ? Et elle valide une telle médiocrité ? Sibyle Veil, Pédégère de Radio France ? La matinalière (anchorwoman) Florence Paracuelos qui peut-être avale des couleuvres ? Qui peut supporter ça, un tel manque de professionnalisme ? Pourquoi un journaliste pourrait diriger une chaîne de radio, pourquoi une Directrice/Directeur de chaîne pourrait être au micro ? Et puis pourquoi bafouille-t-il ? Aurait-il un sentiment d'imposture ? Conscient de ne pas être à sa place ? 

Par son choix hasardeux Céline Pigalle dévalorise la presse. Le manque d'incarnation (c'est un euphémisme) par Voinchet range la RP au titre des chroniques en amalgame pendant les deux heures de la matinale. On a casé Voinchet et Voinchet lui-même s'est casé dans quelque chose qu'il n'aura pas inventé, qu'il n'aura pas habillé de son propre costume, qu'il n'aura pas sublimé en y mettant un supplément d'âme quand, il se contente de mal lire ses feuillets, à toute vitesse comme s'il était pressé… par la presse. Presse qui nécessite de prendre le temps de lire pas de courir après les mots.

Voilà donc le ratage absolu. Je me suis imposé au moins trois fois/semaine pour la R.P. de 6h15 et celle de 8h45 d'écouter cette bouillie de chat. Stop ¡ Ya basta ! Je vais continuer à lire le journal (les journaux) calmement. Pas besoin d'un passeur avec qui ça ne passe vraiment pas !

(1) Par ordre d'ancienneté : Ivan Levaï (1990-1996, Nicolas Poincaré (1996-1999), Pascale Clark (1999-2001), Yves Decaens (2001-2005), Fabrice Drouelle (2005-2006), Michel Dumoret (2006-2008), Frédéric Pommier (2008-2009), Bruno Duvic (2009-2010). À 8h45 : Bruno Duvic (2010-2017), Claude Askolovitch (2017-2025), Nora Hamadi (2025-2026). Et plus ancien encore Jean-Claude Bourret, Dominique Souchier. Sachant que Levaï avait animé la R.P. sur Europe 1 de 1973 à 1984. En terme de durée de l'exercice il serait donc le "Champion du monde" ;-)

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