"Un média de service public n’est pas fait pour l’audience mais pour remplir des missions qui sont de faire vivre des valeurs de démocratie, de culture et de création." Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone)
mardi 18 août 2026
Radio France : les chaises musicales continuent… qu'est-ce qu'on se marre !
lundi 17 août 2026
France Inter : Pagnol vs Ascaride… Ariane vs Marcel !
C'est une bonne affaire que nous a proposé France Inter pour ce mois d'août. Un feuilleton - je fais exprès d'écrire feuilleton pour celles et ceux qui l'ont pensé en "série" - chaque jour à la fin du journal de 13h. Qu'est-ce qu'une série vient faire là ? Et pourquoi ce minutage d'environ 12' par épisode et pas 15 ou 20 ? Je comprends pas. C'est pas très grave, mais à l'heure de la sieste ç'eut été magnifique. Magnifique pour se laisser bercer, magnifique pour s'endormir, magnifique pour se réveiller des cigales plein les rêves. Mais bon je ne suis pas Directeur des programmes hein ! Sachez toutefois que je n'écoute jamais le journal de 13h ni aucun autre journal d'Inter. Alors j'ai été sur la page dédiée de "L'odyssée de Marcel Pagnol" et écouté en replay chacun des épisodes. J'écris ce billet dimanche, treize épisodes ont été publiés, j'écouterai les deux qui manquent à parution.
| Ariane Ascaride sur le tournage de "Marius et Jeannette" de Robert Guédiguian (1997) Suzanne Rault Ballet, Sygma via Getty Images |
vendredi 14 août 2026
Sous le pont des arts : les mariniers…
Il m'est arrivé de vous dire que des mots titillent la mémoire et qu'à partir d'un mot, d'un pays, d'un objet, notre mémoire nous donne envie de réécouter une ou des émissions de radio. Mais hier c'est un dessin posté sur Bluesky qui m'a touché. Dans une aquarelle de Ronald Searle sur le Pont des Arts à Paris, sur un banc un homme agé semble résigné, un couple de jeunes se fait un câlin, et quelques péniches passent sous le Pont Neuf. Alors tout de suite m'est venu en tête le poignant documentaire de Josette Colin "Les mariniers". Mariniers qui eux passaient sous le Pont des Arts…
Ronald Searle, 1976 |
jeudi 13 août 2026
Des ronds dans l'onde… de la Maison (de la radio)
mercredi 12 août 2026
Éclipse totale de voix… à Radio France !
C'est le propre de la radio publique depuis ses origines (1921), les cases dans un programme ne sont pas des attributions à vie. Elles sont mêmes remises en question chaque année à l'approche d'une nouvelle année radiophonique (septembre/juin). Certaines et certains ont pu faire carrière à la radio, mais d'autres beaucoup plus nombreux se sont éclipsés de leur plein gré mais bien plus souvent parce qu'ils n'avaient plus l'heur de plaire…
| La légende est ici |
mardi 11 août 2026
Ferré : 100 ans + 10 !!!!!
À l'été 1916 Léo Ferré naît à Monte Carlo. Cent dix ans ! P… En 2016, j'écrivais plusieurs billets sur Léo. C'est l'été. Mais Ferré l'a chanté "L'été s'en fout"… Notre été sinistré. Et comme l'écrivait Serge Joncour dans le Monde le 3 août : "L'été n'a plus rien de léger. Quelque chose a changé. L'été nous a été volé." Y'a dix ans, c'était l'été et on fêtait les 100 ans de Léo.
France Musique en août 2016 n'avait rien loupé… Et Louis-Jean Calvet de témoigner. Le même Calvet qui avec Marc Legras avait passé toute la nuit de fin de l'an 1988 avec un Ferré en verve auprès de ses amis. Et puis Léo qui psalmodiait sur l'été 68…
"Monsieur Barclay m´a demandé :
Léo Ferré, j´veux un succès
Afin qu' je puisse promotionner
A Europe1 et chez Fontaine
Et chez Lourier et chez Dufresne
Et moi, pas con
J´ai répondu :
Voilà patron
Ce que j'ai pondu ! "
Referme sur la nuit,
lundi 10 août 2026
Le bon plaisir… des Beatles et d'ABBEY ROAD en particulier !
Si… Si j'avais été producteur pendant l'âge d'or de France Culture (1975-1997), j'aurais aimé tenter "Le bon plaisir", le long programme inventé par François Maspero et Jean-Marie Borzeix (directeur de la chaîne) et, j'aurais eu envie de convoquer les quatre de Liverpool et de faire avec eux le voyage dans leur discographie. Sans les lasser. Sans les désespérer. Avec plutôt… mais avec quoi ? Mon anglais (défaillant), ma culture musicale (celle d'un fan), mon admiration (sans borne)… mais ça ne suffit pas ! Alors pour essayer d'être à la hauteur j'aurais tout inventé. Un boulot de dingue, mais j'aurais pris le temps qu'il faut. J'aurais choisi d'être prêt pour le 26 septembre 2019 (date de sortie en Angleterre), soit les cinquante ans d'Abbey road.
Même si j'étais bien à Londres en août 70 (si jeune et innocent, la preuve j'avais raté le festival de l'île de Wight), j'aurais quand même situé l'affaire un an plus tôt. Le 8 août 69 au matin, au 3 Abbey road (face aux studios du même nom) je suis calé contre la coccinelle jaune. J'ai tout mon temps. Je n'attends rien. Mais j'ai une intuition, les Beatles pourraient surgir… par hasard. Une confidence la veille dans une boîte de night. Improbable. Fumeuse, voire délirante. Y'a pas un pékin dans la rue. Uniquement quelques passants qui passent.
11h, ça s'agite un peu. Un photographe, des assistants, du matos léger. Ça se positionne. Quelques figurants, quatre par quatre traversent sur le passage piéton, l'un derrière l'autre. ¿ Que pasa ? Un tournage ou un shooting pour la prévention routière ? Je ne moufte pas, quand un assistant vient me demander de sortir du champ. Je remonte un peu plus haut la rue, bien décidé à comprendre ce qui se passe. 11h20, quatre personnages descendent d'un combi VW noir. Je bégaye intérieurement. Je toussote compulsivement. Je n'ai plus d'yeux que pour John (costume blanc), Ringo (en noir), Paul, pieds nus (costume gris anthracite), George (en hippie jean).
Et puis les voilà qui traversent tranquilles, l'un derrière l'autre. En deux, trois prises (photographe Ian Macmillan) l'affaire est faite. J'eus été grossier d'aller chercher des autographes. Les quatre entrent dans le studio. Finita la comedia ! Je retourne me caler derrière la volkswagen jaune. Je me refais le film un bon moment. Qui croira que j'ai été "a place to be". Personne. Je souris et finis par retourner au camping (en plein Londres) rejoindre mon pote Bruno. Je serai muet comme une carpe.
[Re]"traverser le passage piétons d’Abbey road. Derrière Georges, Paul, Ringo et John. Trois jours avant de s’enfermer au lycée, impossible d’échapper à la sortie du nouveau 33 tours des Beatles. Rentrée repoussée (refoulée) le plus loin possible. Tailler la route. Abbey road. Continuer tout droit. Suivre sa bonne étoile. Accrochée à nos ciels d’été.
Come together ouvre l’album. Leit motiv magnifique. Rejoins-moi. Un souffle. Un élan. Un idéal. Ce 12 septembre 69, ma tante achète le 30cm. On reste collé autour du pick-up. Plus rien d’autre n’a d’intérêt. Abbey road traverse samedi et dimanche. L’oreille en coin sur la musique. Pas sur la radio ce week-end-là.
La rumeur de la séparation des Beatles nous échappe. Elle enfle. Je fais le sourd. Come together. Avec eux, for ever. Abbey road, comme un fétiche, toujours racheté en premier quand, au fil des événements, il me faudra plusieurs fois reconstituer ma discothèque.
Little darling, the smiles returning to the faces
Little darling, it seems like years since it's been here
Here comes the sun, here comes the sun
And I say it's all right (1)
15 septembre 1969
Fleur entre les dents, cheveux longs aux vents, on sourit en passant la grille du lycée. Little darling. La prof de français (impatiente) nous demande d’apporter un livre de poésie. Ne pas céder à la facilité. Ne pas entrer dans le moule. Choisir Serge Gainsbourg. Collection Poètes d’Aujourd’hui chez Seghers. Neuf francs avec les dix d’argent de poche mensuels. On s’fait des langu’s en Ford Mustang. Les mots. Aucun bateau sur mon transat, aucun Boeing sur mon transit. Le jeu infini des mots. À défaut de savoir bien en jouer, je persiste à les dessiner. Je les enroule. Les détourne. Les mets à ma petite musique de rimes. Façon Prévert, j’écris. Tu t’en souviens du Café de la Mayenne…
Dilemme tous les soirs, Pop-Club (France Inter) ou Campus (Europe n°1). Campus à 20h15. Si on ne s’endort pas, on prolonge avec le Pop. Sans jamais arriver à la fin. Lendemain devant le lycée, on mesure ce qu’on a loupé. Ou ce que les copains ont loupé. Les nouveautés musicales s’accumulent. De France, d’Angleterre ou des États-Unis. Wight is Wight de Delpech plus pop que le Noir c’est noir de Johnny. Festival de l’île de Wight évoqué dans la chanson de Delpech. Impossible rêve comme celui de Brel dans L’homme de la Mancha.
On rêve. Je rêve. Les études glissent sur moi comme la pluie sur les plumes d’un canard. Un vrai supplice de bachoter quand flotte autant d’injonctions à refaire le monde. Lancelot s’y essaye tous les soirs avec ses invités dans "Campus". Refaire le monde ? On en parle. Finissant tous nos après-midi à la cafétéria du centre commercial. Café gratuit ! Lieu moche et triste. Orange des années 70. On y passe des heures. Insouciants et idéalistes. Rêveurs obstinés.
J’écoute encore un peu la radio. Le soir ou la nuit pour ne pas me sentir trop seul. Ma vie familiale a changé. J’habite chez Bruno G., mon pote du collège [Et de virée à Londres]. Il a suggéré à ses parents de m’héberger. Au risque d’être obligé de changer de ville et de vie. Perdre mes copains et copines d’enfance. Mon réseau d’éduc’ pop à la MJC. Quelques racines déjà trop malmenées. Suis très bien chez eux. Manque l’affection d’une vraie famille. Même si celle d’adoption est formidable. Une vraie famille je n’en ai jamais eue. Pas malheureux. Mélancolique". (2)
De tout ça aurai-je su faire une émission de trois heures ? Pas sûr. J'en ai rêvé et déjà ça me comble de joie. Oh yeah… Autant dire que pour écrire ce billet j'ai réécouté "Abbey road" en long, en large et en travers et revu tant et tant de souvenirs d'écoute sur toute une vie.
| Le "Rootop concert" du 30 janvier 1969, ultime performance publique des Beatles. ©Getty - Photo by Evening Standard/Hulton Archive |
1969 : le chant du cygne des Beatles…
(1) Petite chérie, les sourires refont leur apparition sur les visages/Petite chérie, cela semble faire des années qu'ils avaient disparu/Voici le soleil, voici le soleil/Et je dis que tout est bien…
(2) De "12 septembre 1969" à "mélancolique", extrait de "60 ans au poste. Journal de bord d'un auditeur", Fañch Langoët, L'Harmattan, Février 2023.