mardi 26 mai 2026

Radio France : la radio est sortie du jeu… Renoncement définitif !

Depuis les années 70, on pouvait, volontairement et farouchement, se démarquer de la télévision galopante, ne pas acheter de récepteur d'images et profiter de chaque soirée pour laisser voguer son imaginaire en écoutant la radio, qu'elle soit publique, privée ou "libre". On avait l'impression de résister, d'être plus intelligent et de cultiver la singularité. D'être aussi montré du doigt et très vite d'être accusé de marginal. Ben oui aux marges médiatiques il y avait ce fleuve sauvage et encore indompté qu'on appelait la radio publique…

La fréquence des coups de foudre










Comment résister, entre autres, le soir (chaque soir) après une longue journée de travail, de moments essentiels en famille, à ne pas faire une pause et se laisser porter par des voix d'ailleurs, mais aussi des voix tellement proches, qu'on avait quelquefois l'impression d'être avec elles "dans la radio", hors du temps et dans le temps. Dans le tempo du flux radiophonique.

Je repense aux "Nuits magnétiques" d'Alain Veinstein. Comment la télévision pouvait-elle rivaliser ? Comment se passer d'autant de découvertes, d'autant de variété(s), d'autant d'horizons à 360° ? Albane Penaranda nous donne l'occasion de réécouter un "épisode" singulier du continent "Nuits magnétiques". "Maurice Arnoult, portrait d'un bottier à Belleville", du 19 janvier 1983, avec à la réalisation Josette Colin (1). On pourra aussi écouter "Belleville village", une "Matinée des autres" de 1993, (Productrice, Cécile Hamsy, Réalisation, Jean Couturier).

Alors oui, la radio est sortie du jeu de l'imaginaire en flux. Elle a surtout abandonné sur Culture les programmes dès 21h et sur Inter à 23h… De quoi laisser un autoroute sans fin aux plateformes vidéos et autres chaînes de la TNT. Un renoncement tragique !

(1) Profitons-en pour préciser que l'émission ne provient pas d'un podcast mais d'une émission…

lundi 25 mai 2026

France Culture retrouve la mémoire… Eureka !

Choix délibéré de la chaîne… d'information culturelle de ne pas célébrer, le 11 mai 2026, "les 90 ans du Front populaire". Avec, entre autres, ce 11 mai sur France Culture, "Mao et la révolution culturelle, une décennie de chaos". Quelle synchro ! Mao pouvait attendre. Visiblement pas. Donc huit jours après, çayé, Mauduit (Xavier), producteur du "Cours de l'histoire", sort de son chapeau "Front populaire, une histoire de luttes". L'était temps ! Mais comme si ça ne suffisait pas voilà, - qu'entre deux -,  "le Point culture", avec un P majuscule s'il vous plaît, évoque ledit Front populaire (en 10' hein, point trop n'en faut, Toto). Si une semaine de décalage est largement supportable elle serait encore mieux supportée si la chaîne ne passait pas son temps à avoir un œil, voire les deux sur l'éphéméride. Oui mais cette sauce d' "Effet Méride" on s'en tamponne un peu quand ça ressemble à un dispositif intrusif qui pourrait bien cacher la misère de la création radiophonique. Quoi qu'il en pique ! 










J'ai donc accepté d'écouter le trublion qui tous les soirs sur 28' (Arte) sort de sa boîte, gesticule, des bras, des mains, des jambes, du corps et de la bouche pour narrer en quelques minutes effrénées un événement historique. C'est court, c'est clair, c'est parfait pour faire diversion divertissement et rasséréner les foules avant le film ou le documentaire de la chaîne culturelle. Je veux parler de Xavier Mauduit qui semble bien se réaliser en TV. Que France Culture n'ait pas eu l'idée d'en faire autant, c'est surprenant. Particulièrement quand Madame de Jong, Directrice de la chaîne vient elle-même d'Arte (1).

Alors Mauduit, dans cet exercice-là, a au moins l'humilité de ne pas s'imposer et de faire appel à des chercheurs. Ça calme un peu ses ardeurs. En reprenant un extrait de "La vie est à nous" (1936) de Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois, Mauduit n'innove pas et ne va pas très loin chercher ses "illustrations" (2). Pour ce premier épisode les deux chercheurs Sylvain Boulouque et François Prigent sont passionnants et "rafraîchissent" l'histoire du Front populaire et ses origines historiques. L'histoire de ses influences sur le milieu paysan méritent d'être entendues et approfondies.


 














Dans le 2è épisode Ludivine Bantigny et Laure Machu vont intervenir sur le sujet du jour "Front populaire, une histoire de grèves et de joie". On (re)découvrira la rapidité avec laquelle les accords Matignon sont signés le 7 juin 1936, trois jours après l'installation de Blum comme Président du Conseil. Et comme le chante Montéhus "Vas-y Léon" (Blum). Les deux historiennes souligneront la place des femmes dans les grèves et pas seulement pour soutenir les grévistes, partie prenante, actives et actrices. (3)

Dans le 3è épisode "Adversité et désaccords, le Front populaire désenchanté", Gilles Richard et Dimitri Manessis, historiens évoquent le désenchantement du Front populaire. Et montrent bien les évolutions politiques et sociales jusqu'en 1938.

(1) Et tant qu'à faire ce serait l'occasion de passer à la moulinette le "Book club" qui en mode tik-tik ou tik-tak irait à l'essentiel avec choré à l'appui !
(2) Mais puisqu'il est annoncé que les étudiants se ruent sur l'émission, il est évident que lesdits étudiants vont découvrir Renoir,
(3) L'historien Mauduit a du mal à citer les sources audio entendues. Par exemple "Lisette, les premiers congés payés" cite Zoé Varier, cite France Inter, cite l'année 1996, mais pas la source "Là-bas si j'y suis" de Daniel Mermet, 25 avril 1996. L'agrégé d'histoire aurait quelques difficultés à citer précisément une source… "concurrente", surprenant non ?

samedi 23 mai 2026

La radio, vous l'écoutez comment ?

Bon, commençons par nous mettre d'accord, il s'agira ici d'évoquer la radio de flux, et non pas ce machin qu'on agite comme un hochet qui serait synonyme de "liberté d'écoute". Vous êtes peut-être attachés à un geste tribal, celui de tourner un bouton sur un objet séculaire ou d'appuyer sur une commande. C'est un choix. C'est un moment intime. C'est se rendre disponible à l'écoute. Mais quelle écoute, car il s'agit bien de ça ? Un fond d'ambiance ou votre attention aiguë sur ce "qui passe à la radio" ? Au risque de constater que vous n'êtes jamais aussi attentif que quand c'est vous le "sélectionneur", au risque de dissocier temporalité et contenu. Ben oui, à quoi ça sert d'écouter dans le flux si ça ne change rien aau contenu ? Ben si ça change. Je vais essayer de donner quelques exemples désuets et dérisoires qui deviennent des marqueurs de vie. Même si ces marqueurs peuvent exister pour l'écoute "en différé"…
















Comme on fait sa nuit on se couche…
France Inter. Saison 1978/1979. Claude Villers, Monique Desbarbat, 22h/Minuit,
L'inventeur d'émissions qui ne reste jamais plus de deux ans dans le même fauteuil est entré dans la nuit depuis la rentrée de septembre 1978. Le titre de son émission dit tout de sa poésie, de sa fantaisie et de sa façon de se mettre justement dans la temporalité de son heure de diffusion. Ce soir là, après la fin de mon service (23h) je file écouter France Inter. Par la fenêtre du 3è étage, je regarde la ville bretonne illuminée et bien calme…

À l'antenne j'entends Lavilliers, puis encore Lavilliers. Ça dure plus de 3', mon attention est donc accrue. Villers désannonce "Le nouveau 33 tours de Bernard Lavilliers, "Pouvoirs"". Je ne sais plus si Villers a donné le titre du morceau. "Morceau" (1) qui dure 17'26" ! Jamais à la radio je n'ai entendu un morceau aussi long. On est au mois d'avril, époque où est sorti ce nouvel album du Stéphanois. J'ai dès le lendemain couru acheter le disque. La face A aura toujours la couleur de la nuit. La couleur de Rennes. La couleur (encore) des années 70.

Feedback…
France Inter. Saison 1979/1980. Bernard Lenoir, Michèle Soulier, 21h/22h,
Lundi 21 janvier (ou peut-être le 14 ?), Montbelliard. En formation pro, visite des usines Peugeot. La neige épaisse n'a pas fondu. Il fait froid et sec.  20h55. Dispositif transistor en place pour pas louper l'indicatif. "Eruption", Van Halen. 21h03. Fin du flash. Pas d'indicatif, pas d'annonce du Black. Un morceau démarre. Lenoir désannonce. "In the air tonight", Phil Collins. Oups ! La voix est beaucoup trop proche de celle de Peter Gabriel (leader du groupe Genesis, "dissout" en 1975 et dont Collins était le batteur) et le tatapoum ne présage rien de bon. Mais ce moment est gravé.

J'aurai l'occasion avec Bernard Lenoir, à Biarritz, d'évoquer ce moment-là. Il s'excusera presque de s'être laissé imposé/influencé par une attachée de presse sûrement très convaincante. Nous avons l'un et l'autre souri. Joli coup pour le label de Collins. Sale coup pour les droits de Van Halen ;-) 

J'ai, à travers ces deux exemples musicaux, fixé des moments radiophoniques exceptionnels pour moi (2). J'en ai encore de pleines charretées en mémoire. J'aime surtout être dans la même temporalité que la radio de flux et continuer à faire "ma petite histoire de la radio"

(1) Enchaînés : La peur, Frères de la côte, Sœurs de la zone, Frères humains synthétisés, Urubus, La peur… 
(2) En rédigeant ce billet, j'écoute Fip et à 9h18, comment résister à "Another TastePeace call (feat. Arp Frique & The Perpetual Singers), sélection Fip de mai 2026,

mercredi 20 mai 2026

M. Charles Alloncle, n'oubliez pas les paroles…

Effet boomerang garanti ! Il fallait bien vous attendre, M. le Député, à recevoir, "quelques" retours sur ces milliers de mots que vous avez prononcés en tant que Rapporteur de la Commission… Vos paroles ne s'envoleront pas. Elles resteront pour l'histoire et vous poursuivront bien au-delà de votre vie parlementaire. Vous avez rapporté à charge - et exclusivement à charge - votre vision très personnelle de l'audiovisuel public. Vos marottes, vos obsessions, vos stigmatisations peuvent-elles être fixées dans le marbre et rayer d'un trait telle chaîne de télévision publique, telle formation musicale de Radio France, tels et telles journalistes qui obscurcissent votre PAF ?









Plus surprenant c'est le Président de cette Commission, M. Jérémie Patrier-Leitus qui, en introduction du rapport, établit un véritable "réquisitoire" (à l'envers) presque à décharge pour tempérer vos ardeurs dont on a pu les rapprocher de celles d'un funeste sénateur des États-Unis, M. Joseph McCarthy (1908-1957) lui-même, qui fit des ravages dans l'industrie du cinéma dans les années 50. Nous n'oublierons pas vos paroles - sans modération - quand nous aurions pu attendre de votre part de solides arguments pour engager l'évolution de l'audiovisuel public dans le sens du développement et pas dans celui de la destruction sans appel.

Nous n'oublierons pas les paroles, celles qui ont jeté en pâture, des femmes, des hommes attachés à défendre une idée du service public, la démocratie et la création artistique au-delà de ses formes mercantiles. Nous n'oublierons pas non plus qu'à aucun moment votre rapport n'a pu faire état de propositions constructives concertées non seulement avec les professionnels de la profession mais aussi avec les auditrices et les auditeurs, les téléspectateurs et téléspectatrices au premier chef concernés par ce qu'ils sont en droit d'entendre et de voir. Vous sauriez donc ce qu'il est bon d'offrir aux citoyennes et aux citoyens qui devraient sans doute, pour vous, se contenter de consommer et de subir. C'est une vision très autocratique de la chose publique, presque aussi monolithique que la défunte ORTF (1964-1974).

Nous n'oublierons pas les paroles et votre responsabilité dans ce qui demain pourrait imploser. Alors si vous vous oubliez les paroles sachez qu'elles resteront comme un tragique moment de l'histoire médiatique de ce pays. Un genre de catastrophe industrielle dont vous aurez été l'instigateur. Pas sûr que vous ayez les épaules assez larges pour en supporter la charge.

À bon entendeur, salut !

mardi 19 mai 2026

José Artur : le pop en mai 68…

Si l'on voit sur un bandeau de replay-radio "14 mai" et "1968" et ces deux dates accolées l'une à l'autre, risque que des petites lumières se mettent à clignoter dans votre cerveau… 14 mai ne serait-ce pas le lendemain du 13 ? Et ce 13 mai qu'y avait-il à Paris et un peu aussi en France ? La grève générale, pas moins ! Donc on peut aisément imaginer qu'à l'ORTF (radio et TV) l'ambiance doit être chaude ! Le lendemain donc, pour son Pop-Club (à l'antenne depuis 1965) José Artur marche sur des œufs. Car déjà en temps normal sortir des studios ressemble plutôt à des "opérations commando" mais sortir des studios en ces temps troublés ça peut tenir de l'exploit (1).

















À son habitude, José mouline et annonce ce qui peut ressembler à un générique "Dali (le peintre) chez de Draeger (l'imprimeur)" tout en déambulant dans l'imprimerie. Les premiers disques pop (marque de fabrique du "Pop") ce soir là ne sont désannoncés ni par Artur, ni par Pierre Latès (programmateur musical) (2). Artur enchaîne avec le directeur de l'imprimerie prestigieuse. Suit-il son conducteur ? Rien de moins sûr… E,t alors que son invité Charles de Draeger patron de l'imprimerie, commence à évoquer l'histoire de l'enseigne, de façon impromptue, Artur lui coupe la parole (sa spécialité) pour s'embarquer dans un vrai-faux hommage à France Inter et à l'ORTF !!! Mais qu'est-ce que ça vient faire là, (l'émission est commencée depuis 12') ? Ben Artur veut mettre en avant techniciens et personnels qui ne se sont pas mis en grève et ont accepté d'installer le dispositif hors-les-murs ! Ce message subliminal vaut son pesant de cacahouètes ! 

C'est subtil et reconnaissant alors même que le mouvement va se durcir et que José sait qu'il ne pourra rien faire demain sans les hommes (et les femmes ?) de l'art. Il est solidaire et en même temps marche sur des œufs car son propre statut (ni intermittent du spectacle, ni CDDU d'usage) ne le protège d'un licenciement sec. Dali et Draeger c'est intéressant mais les conditions de diffusion de cette émission le sont au moins autant (3).

Je vous laisse naviguer dans cette rediffusion, vous constaterez que le ton de José Artur est toujours aussi pop. Vraiment on peut dire que son émission était d'avant garde ou en phase (en triphasé même) avec son temps. Sa façon d'interviewer, sa présence au micro, son incarnation évidente de son émission en ont fait un incontournable de la radio publique depuis les années 60. Sa longévité jusqu'aux années 2010 tient forcément à son avant garde permanente comme à son esprit pop…ulaire bluffant. Il n'usurpait pas le sens des mots comme d'autres pourront le faire à sa suite (4). Il était vrai, hâbleur et cabotin et c'est pour ça qu'on l'aimait.

(1) D'ailleurs dans le replay mis à disposition par France Inter, pas d'indicatif. Le technicien chargé d'envoyer l'enregistrement était peut-être occupé ailleurs ?
(2) Trois titres enchainés avec : "Abba zaba", Captain Beefheart, "He makes me so mad" ,Sax Kari, "Flower king of flies" The Nice, mais José plus avant désannoncera la chanson de José Menese "Cuando llamaron a audiencia"
(3) Il n'y a pour l'instant par d'autres archives numérisées du "Pop" avant celui-ci,
(4) Un certain Antoine de Caunes, sur France Inter (période Laurence Bloch) et sa petite farce quotidienne "Pop pop pop", 2017-2022.

lundi 18 mai 2026

Nagui sur France Inter : Stop ou encore… ?

Nagui, le seul bénévole de Radio France quitterait l'animation de "La bande originale" (1). L'émotion nous étreint (de nuit) et le chagrin nous assaille. Mercredi dernier, Libération révélait le cataclysme mercatique que risque de provoquer cette situation (2). On pouffe et on se tape sur les cuisses à lire "un énorme étonnement" ! Ben voyons ! En fait c'est l'annonce d'un non-événement qui a du à peine faire sourciller Charles Alloncle, rapporteur de la Commission sur l'audiovisuel public, qui n'avait pas ménagé (c'est un euphémisme) le bateleur radio et télé. Petit historique de l'intrusion de Nagui à Inter.













2014, année critique
Mathieu Gallet, quitte son poste de Pdg de l'Ina, nommé par Le CSA (dirigé par Olivier Schrameck) Pdg de Radio France (3). Celui-ci quelques années plus tard dans un roman de gare nous apprend que ce serait lui qui aurait choisi Nagui pour venir gazouiller sur France Inter, dès la rentrée 2014. Surprenant quand on sait que le Pdg avait confié la direction des programmes et de l'éditorial à Frédéric Schlesinger. Après tout pourquoi pas se jouer le "fait du prince", Gallet sait y faire ! Sans doute que la nouvelle Directrice d'Inter, Laurence Bloch a du avaler la couleuvre. Car, et c'est un ingé-son d'Inter qui le dit "Nagui n'a pas la voix d'Inter". Mais ça, ça n'effleure ni Gallet ni Schlessinger. Nagui n'a ni la voix, ni l'air ni la chanson. Du babillage, de la ronflette, de la guimauve en branche et du cirage de promo et de flagornerie long comme le bras. Gallet ne connaît rien à la radio, Schlesinger connaît les radios privées (4) alors faire venir un transfuge de RTL, ni vu ni connu j't'embrouille.

L'article de Libé évoque que Nagui resterait sur Inter (au fond du couloir à droite ?) et que Leîla Kadour, co-animatrice, souhaite continuer l'animation. Oumpff ! La Direction d'Inter (Céline Pigalle) annonce "ce rendez-vous de la mi-journée, qui a toujours été historiquement une émission d’humeur et en bande, restera dans le même ADN» Ben voyons Léon ! Qu'est ce qu'on se marre ! Historiquement… depuis quand ? Sans doute depuis "Le tribunal des flagrants délires" de Claude Villers à l'antenne à la rentrée 1980. Soit 46 ans. Mais quarante six ans sur 105 ans de radiodiffusion est ce historique ? Comme si Pigalle ou le staff connaissait l'histoire d'Inter ! On pleure devant tant d'effets de manche et de n'importe nawak. À trop vouloir refaire la même chose on perd en inventivité, surprise et ouverture. 

Inter est connue pour garder à l'antenne ce qui l'arrange "Le jeu d'Émile", "Le Masque" et virer quand ça le démange, comme "Là-bas, si j'y suis" (1989-2014). Bloch : "L'émission avait fait son temps" ! Clownesque ! Nagui reconnait que la Commission l'a bouleversé et trouve «manque[r] de considération de son travail» au sein de la station, «notamment par la précédente direction». Le pauvre ! Mais il continuait d'émarger non ? Et Inter, ça l'arrange bien, de se satisfaire d'une routine qui rapporte de l'audience.

Je n'ai jamais mis mes oreilles dans ce copié-collé de "bande" (pas du tout originale) ! Longtemps après celle de Ruquier et quelques années après "Le fou du roi" de Stéphane Bern. Nagui n'a ni la verve d'un Ruquier ni la sympathique folie d'un Bern. Nagui n'aurait jamais du quitter RTL sa "maison-mère" où Monique Le Marcis, directrice artistique, lui a fait animer depuis 1987 et pendant dix-neuf ans des jeux et des divertissements. Jonathan Curiel, l'ancien stagiaire de France Inter, aujourd'hui Directeur de RTL, serait inspiré de le récupérer pour animer "La valise", "Quitte ou double", "La malice"… Parce qu'après douze ans d'"Encoreà Inter, il est temps de dire "Stop". (5)

(1) Du lundi au vendredi, 11h-12h30,
(2) "Adieux France Inter : Nagui s’apprête à quitter l’émission «la bande originale» après 12 ans d’antenne, «un énorme étonnement»", Coppélia Piccolo,13 mai 2026,
(3) Dans une audition à huit-clos, absolument inadmissible !
(4) Et son passage comme Directeur d'Inter (2006-2009),
(5) "Stop ou encore", depuis 1970 sur RTL, les samedis et dimanches matin.

dimanche 17 mai 2026

Les coulisses de la radio… (d'avant)

En 2025, l'Institut national de l'Audiovisuel (Ina) dans "L'Ina éclaire l'actu" choisit de publier vingt extraits d'émission radio des années 60 aux années 2010. Prétexte à "illustrer", dix ans plus tard, le livre du journaliste Gérard Courchelle "Les coulisses de la radio"… L'occasion de faire quelques commentaires sur ces choix…


















01- Extrait de l'émission "Surpris par la nuit"  sur France Culture, intitulée "A l'écoute" (3'27'') .Quelques bouts de message des auditrices et auditeurs de FC qui se livrent sur leurs écoutes… sensibles !

28 février 2006


02- Interview de Jacqueline BAUDRIER, Présidente directrice générale de Radio France au micro de Jean-Pierre ELKABBACH sur la naissance de Radio France, Inter actualités 13h France Inter (3'17''). La voix très jeune de la journaliste Jacqueline Baudrier (1922-2009), calme et posée, vante immédiatement les quatre chaînes de la Maison : Inter, Culture, Musique et Fip, avec une formule magique "une radio à quatre claviers" !! Et l'invention d'un bureau d'étude de prospective confié à François Billetdoux.

06 janvier1975


03- Extrait du journal de 6H30 avec une interview de Jérôme BELLAY, concepteur de la chaîne lors du lancement de France Info dans Inter matin sur France Inter (1'20'')

"Vous tournez le bouton de votre transistor, France Info c'est tout au bout à droite" ! 

01 juin1987 


04- Première revue de presse du journaliste Dominique SOUCHIER sur France Inter (4'06''). Jeanneney (nouveau Pdg,1982-1986) dans le Quotidien de Paris : "Reconquérir la génération 68 (sic), celle des trente/quarante cinq ans". (Ndlr, je découvre que je suis de la génération 68!) 

06 décembre1982


05- Extrait du journal de 8h présenté par Gérard COUCHELLE avec l'annonce de la chute du mur de Berlin dans Inter matin sur France Inter (3'10'')

10 novembre1989 


06- Extrait du journal de 8h présenté par Gérard COURCHELLE avec un sujet sur la chute du régime des Ceausescu en Roumanie dans Inter matin sur France Inter (5'34'').

22 décembre1989 


07- Début d'un épisode du feuilleton "Johann Buddenbrook et sa famille" de Thomas Mann, dans Les après-midi de France Culture (3'22'').

29 janvier1974


08- Extrait du premier des 60 épisodes de l'adaptation de "Vie et destin" de Vassili Grossman sur France Culture (9'02''). 

01 janvier 2001 


09- Extrait du documentaire "Lulu femme de ménage" dans l'émission "Là-bas si j'y suis" de Daniel MERMET sur France Inter (4'58''). Vu le temps accordé au "Jeu d'Émile Franc" (5'23") nous aurions préféré que ce temps-là soit consacré au formidable documentaire de Yann Paranthoën. Si peu de documentaristes de Radio France se sont intéressés au "petites mains" qui, dans l'ombre, participent de la vie de la Maison ronde. Quel régale d'entendre Lulu dire qu'elle écoute "RTL toute la journée" !

02 janvier 1991 


10- Extrait du répondeur de "Là-bas si j'y suis", messages des auditeurs issus de plusieurs émissions, sur France Inter (4'05''). 

24 avril1995, 07 mai1996, 26 novembre1996


11- Extrait de la lecture par Suzanne FLON de "La veuve Aphrosia" de Marguerite Yourcenar dans l'émission "Bonnes nouvelles, grands comédiens" sur France Culture (3'44'')

04 septembre1985 


12- Générique des "Nuits magnétiques" Alain VEINSTEIN à 22H40 sur France Culture (0'49'').


13- Echange entre Jean-Louis BORY et Georges CHARENSOL autour du film de Nagisa Oshima "L'empire des sens" dans "Le Masque et la plume" sur France Inter (3'21'').

26 septembre1976 


14- Début de l'entretien de Daniel BARENBOIM avec Jacques CHANCEL dans "Radioscopie", sur France Inter (2'43'').

10 novembre 1975 


15- Reportage de Sandrine OUDIN sur la plus vieille caviste de champagne à Épernay, issu du journal de 8H00 sur France Inter présenté par Gérard COURCHELLE (3'34''). 

31 décembre 2010 


16- Extrait du reportage de Christophe HONDELATTE  "Domicile, le supermarché de la drogue" diffusé dans l'émission "Le Choix d'Inter" sur France Inter (4'35'').

12 janvier1992


17- Concert d'inauguration de la Maison de la Radio : "La consécration de la maison" (ouverture) de Ludwig van Beethoven, interprété par l'Orchestre national de la RTF sous la direction de Charles MUNCH, enregistré et diffusé le 20/12/1963 sur France Culture (2'19''). - 


18- Extrait du "Jeu des mille francs" présenté par Lucien JEUNESSE, enregistré à Rocamadour sur France Inter (5'23'').

01 février1975 


19- Soirée de clôture du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon avec "I Got Rhythm", extrait de "Girl Crazy", de George Gerschwin, par l'Orchestre national de Montpellier et la chanteuse Kim CRISWELL, sous la direction de Wayne MARSHALL, retransmis dans l'émission "Le concert du soir" sur France Musique (2'41''). 

27 juillet 2012 


20- Extrait de la lecture de "Quartett" de Heiner Muller par Jeanne MOREAU et Sami FREY au Festival d'Avignon de 2007 sur France Culture (2'31'').

28 juin 2008