mardi 17 décembre 2013

En v'là du doc en v'là…

 








Ce soir plusieurs chaînes de Radio France diffusent le concert du cinquantenaire de la Maison de la radio. Il y a vingt ans, le 18 oct 1993, Sylvie Andreu fêtait (à elle toute seule ?) les trente ans de la Maison de la radio. En ce temps-là à 17h30, le lundi sur France Culture, c'était "Les îles de France" et les quatre jours suivant "Le pays d'ici"…

Dans le documentaire que vous pourrez écouter ci-dessous Sylvie Andreu recueille, entre autres, le témoignage de Michel Godard qui, avec José Artur et Claude Dupont, avaient créé "Les Ardugos" (1963) émission qui se voulait être un pendant moins yé-yé à "Salut les copains" sur Europe n°1. En presque 58', Sylvie Andreu s'intéresse tant à l'histoire de la construction qu'aux effets sur le paysage et les habitants. En ce sens l'interview du maire du XVIème arrondissement de l'époque, Pierre-Christian Taittinger est tout à fait intéressante pour ce qu'il raconte des points de vue des riverains. On apprendra que la tour devra être "rognée" de dix étages ce qui "blessera" durablement Henry Bernard l'architecte.

Taittinger parle des habitants qui ont un lien avec l'imposant bâtiment ou avec le lieu avant que la Maison s'y dresse. Le projet de l'ouvrir à nouveau  au public est dans l'air pour en faire un lieu culturel permanent. Une nouvelle façon de célébrer "Entrée libre à l'ORTF" que Garretto et Codou (producteurs) avaient inventé en 1965 à la demande de Roland Dhordain, le directeur de la radio (ORTF) à l'époque…

Les trente ans de la Maison de la radio


Entrée libre à l'Ortf

lundi 16 décembre 2013

Auditeurs sachant auditer…et + si affinités







Il existe au moins trois catégories d'auditeurs qui, quelquefois, se mélangent entre elles. L'auditeur qui entend. L'auditeur qui écoute. Et l'auditeur qui écoute et critique. C'est bien ça que veut nous suggérer Philippe Meyer dans sa chronique matutinale sur France Culture, non ? Il faudra bien que les directeurs, journalistes et autres producteurs s'y fassent, nous sommes quelques-unes et quelques uns à avoir "quelque chose entre les oreilles" et, dans la tête, pour prétendre ne pas avaler tout et n'importe quoi et surtout faire comme si de rien n'était. France Culture est sans doute, depuis sa création en 1963, la chaîne du documentaire. Je ne me livrerai pas ici à des statistiques (1) mais "tout le monde" se souviendra qu'à l'arrivée de Laure Adler comme directrice de la chaîne en 1999, le documentaire s'est vu réduit à sa portion congrue.

Quelques dix ans plus tard, Jean-Marc Four évincé de la grille de France Inter (2), intègre la rédaction de France Culture en tant que directeur-adjoint de la rédaction (3). Ce dernier, péremptoire, ne sera pas long à annoncer, avec tambour et trompette, "qu'il faut rapprocher les programmes de l'information" (4). Avec quelle légitimité un journaliste peut-il faire de telles annonces ? Comment Jean-Marc Four réagirait-il si un producteur venait annoncer que "dorénavant les journaux de la chaîne ne dureront pas plus de cinq minutes" ! Voilà bien de quoi mesurer l'impérialisme d'une position et/ou l'abus de pouvoir qu'un individu peut faire de son statut. Les producteurs n'auraient aucune légitimité à s'immiscer dans les choses de l'information quand un journaliste, "de droit divin", pourrait à sa guise influencer la ligne éditoriale des émissions dites de "programme". Monsieur Four a une qualité, il ne fait pas de bruit, ne se répand pas dans les médias, et quand il n'est pas à l'antenne ne se met jamais en avant. Mais force est de reconnaître qu'il sait très discrètement arriver à ses fins.


 


Janvier 2013, on découvre sur la grille de France Culture un nouvel intitulé de programme à 17h "Le 5 à 7" (5). Une session coordonnée et animée par Hervé Gardette, journaliste de la chaîne. Exit "Sur les docks" ? Mais non, l'émission documentaire est intégrée dans ce programme. Pourquoi ? Quel objectif ? Ce mariage forcé "de la carpe et du lapin", (lire une émission de documentaire et une émission d'actualités), ressemble fort au credo d'un Four qui frappe là un grand coup pour encadrer le documentaire, au sens propre comme au sens figuré, même si Irène Omélianenko reste responsable du documentaire sur la chaîne. Avec quelques professionnels de la profession de l'audition (6) nous pressentions bien qu'un jour, "actualité oblige", il serait demandé à Irène Omélianenko de laisser la place de "Sur les docks" à une émission spéciale, un hommage d'actualité, ou une série sur les élections…

C'est ce qui arrivé jeudi dernier à Reims ou le "5 à 7" est devenu "5 à 8", comme une préfiguration au grand rêve de Four de proposer une longue session d'avant soirée mêlant actualité et programme. Mais le plus invraisemblable dans cette session de Reims c'est que la plage "documentaire" est devenue "tentative de direct documentaire" et a laissé sans voix quelques auditeurs (et moi-même) amoureux du documentaire au point d'être incapables d'accepter son remplacement par tout ce qui touche de près ou de loin à l'actualité (7). Le principe d'un mix de direct et de documentaire pouvait être tenté (8), encore eût-il fallu que les animatrices, se croyant sans doute à la TV, n'aient la mauvaise idée de faire hurler le public pour nous faire entendre qu'il était bien là, et en oublient absolument pour leur "prestation" les codes du documentaire. Heureusement depuis des années il y a eu, sur France Culture, de très bonnes émissions dans les cafés pour lesquelles le public n'a jamais eu besoin de manifester grossièrement sa présence (9).


 



Attention danger, documentaire en danger. Cette façon insidieuse de profiter d'événements médiatiques d'actualité pour "rapprocher les programmes de l'info" est dénonçable et à dénoncer vigoureusement. Une fois encore, c'est quoi ce droit divin d'un Jean-marc Four d'imposer sa "philosophie" des programmes radio ? Est-il mandaté pour cela et par qui ? Cela fait-il partie de ses attributions ? Si l'info le démange tant qu'il aille donc exercer ses talents à France Info. Espérons que les prochaines nominations du Pdg et des directeurs de chaînes (10) remettront les pendules à l'heure et que "chacun à sa place, et les ondes seront bien gardées".

Une dernière chose, pour les 50 ans de France Inter, Alexandre Heraud a animé une émission qui retraçait l'histoire du documentaire et des documentaristes sur la chaîne. Le lendemain Alain le Gouguec, journaliste, présentait lui l'histoire du reportage et des reporters. N'en déplaise à Jean-Marc Four ce n'est pas d'un claquement de doigt qu'on abolira les frontières des programmes et de l'info (11) et certainement pas de la façon hégémonique dont il voudrait voir ce rapprochement mis en œuvre.


A. Joubert,  M. Guérin, A.Orr

 
(1) Marion Thiba rappelle ces chiffres éloquents "en 1995 : 23 heures par semaine de documentaire, en 2000 : 4 heures". Et en 2011/2012 : 12h30 (source FC),
(2) Il y animait "Et pourtant elle tourne" une émission que Philippe Val le directeur d'Inter ne reconduira pas,
(3) On mesurera ici la très grosse distorsion entre un producteur remercié et un journaliste qui peut intégrer une autre chaîne du groupe Radio France,
(4) Choix éditorial confirmé à la Conférence de presse de Radio France, 28 août 2013

(5) On notera l'impertinence d'un tel titre ,
(6) Mes petits camarades blogueurs et quelques auditeurs avertis,
(7) Dans le cadre des prochaines municipales de mars 2014, "Sur les docks" s'est insèré à Reims et le sera prochainement au Havre,
(8) Ce que fît le Pays d'Ici de 1982 à 1999, pendant une heure du mardi au vendredi, dans tous les pays de France (et d'Outre mer),
(9) Avec Jean Lebrun, producteur "historique" de la chaîne, au Cluny, Au bouillon Racine et à El Sur,
(10) Pour lesquelles on souhaite la plus grande parité,

(11) Dans Le Monde, daté dimanche-lundi, Marie-Christine Saragosse, Pdg de France Média Monde dit : "France 24 doit devenir la chaîne référente dans l'" infobésité " qui règne aujourd'hui." On sait d'expérience que les maladies de la TV sont contagieuses à la radio, attention donc à cette "infobésité" qui guetterait France Culture…


RADIO FRANCE Rentrée 2013. 2014 par radiofrance

samedi 14 décembre 2013

Le 14 c'est le 14…

Radio France - C. Abramowitz













Et c'est pas le 13, le 15 ou le 17. Alors, bon anniversaire grande et majestueuse "Maison de la radio". 50 ans c'est épatant ! 50 ans c'est épatant pour regarder (et entendre) comment pendant ce demi-siècle la radiodiffusion a mué, muté et peut-être même transmuté. Gilles Davidas (1) vieux briscard de la réalisation et presque aussi jeune que la "maison" a eu l'idée de faire témoigner ce bâtiment large, circulaire et… futuriste. "À la radio, il fallait une maison" annonçait grandiloquent le Général de Gaulle, président de la République, en inaugurant le 14 décembre 1963, l'extraordinaire bâtiment dédié à la radio publique. Il aurait pu ajouter s'il avait eu l'esprit à faire un bon mot "À la maison il faut une radio". Compagne parmi les compagnes avant qu'un blafard rectangle de lumière ne vienne envahir l'espace domestique.

Je ne sais pas vous, quand vous écouterez à partir de lundi ce dialogue inattendu (2), mais moi j'ai eu envie (incorrigible) de prendre quelques notes, de compléter cette histoire de la radio qui me poursuit depuis ma tendre enfance. Si la voix de Françoise Cadol est très séduisante et accrocheuse, j'ai quelque fois regretté que la narration soit un chouia trop rapide et que Thomas Baumgartner que l'on sent subjugué et émerveillé, laisse faire à la Maison de (trop) longues réponses à ses questions. Mais reconnaissons que Gilles Davidas a eu beaucoup de chance, la Maison de la radio a une voix… de radio. Et ça ni le Général de Gaulle ni aucun auditeur ne pouvait l'imaginer.

Dès aujourd'hui vous pourrez écouter le reportage multi-média d'Eric Chaverou et celui que France Info et France Bleu lui a consacré. 

(1) Texte : Félicie Dubois sur une idée de Gilles Davidas, Voix : Françoise Cadol, Production : Thomas Baumgartner, Réalisation : Gilles Davidas,
(2) "À voix nue", du 16 au 20 décembre, France Culture, 20h, en quatre épisodes,

vendredi 13 décembre 2013

Il y a Champagne et champagne…

Et des moments de défaite où l'on ne se risquerait pas à déboucher le champagne surtout si dans la bouteille il n'est plus ni bulles, ni pétillance. Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse… L'ivresse nous l'avions dans "La matinée des autres" ce programme d'approche pluri-disciplinaire, université populaire du mardi matin (1) qui nous enrichissait à chaque fois de ce savoir que nous n'avions pas ou, quand nous l'avions, sublimait notre propre connaissance. Épargnez moi par dessus-tout le "C'était mieux avant" car là je boue de l'en-dedans et va pas falloir que ça macère trop longtemps. "La matinée des autres" un très riche programme documentaire. C'était la pétillance de l'esprit, la richesse du montage, l'éclat de chacune des bulles des savoirs particuliers qui, semaine après semaine, nous rendaient ivres de joie, de découvertes, d'humilité à l'écoute de cette encyclopédie orale. Prenez donc le temps de l'écoute et enivrez-vous…



La matinée des autres, France Culture, 27 décembre 1994,

(1)

Exceptionnellement demain samedi un billet à 9h…

jeudi 12 décembre 2013

Allez on continue la tournée des géants…






Pierre Schaeffer
Pour faire (très court) : fonde le Service de Recherche de la RTF en 1961 et l'anime jusqu’en 1975. Le Service de la recherche intégrera alors à l'Institut National de l'Audiovisuel (Ina). Je reviendrai dans quelques semaines sur cette intégration. Les émissions ci-dessous permettent une première approche du personnage…





Voir aussi la fiche de présentation de la Radioscopie de Chancel.

mercredi 11 décembre 2013

Une lumière… "inoubliable"

Jean Chouquet - 1953 -  Joyeux, Louis / INA








Ça vous (me) passe dans la tête comme une fulgurance, vous n'hésitez plus en vous frappant le front "Mais Bon Dieu, c'est bien sûr"; mais comment ai-je pu passer à côté de ce très grand monsieur de la radio : Jean Chouquet. Comment ? Mes propres souvenirs remontent aux désannonces du Pop Club de José Artur dont il était un des réalisateurs et puis l'année dernière quand Radio France a rendu hommage à Jean Garretto, Jean-Noël Jeanneney (1) a rappelé qu'avant que Jean Garretto s'installe comme directeur des programmes (janvier 1983), c'est Jean Chouquet qui a assuré cette responsabilité, comme ce dernier l'avait fait sous la direction de Pierre Wiehn (1973-1981). À cette époque (glorieuse) Gilles Davidas (2) était l'assistant de Chouquet. Après avoir retrouvé les archives en écoute ci-dessous, c'est donc vers Gilles Davidas que je me suis tourné pour ne pas écrire n'importe quoi sur cette figure de la radio qui comme d'autres l'a marqué de sa patte (3) et nous le verrons de sa lumière…

La vidéo Ina ci-dessous montre une radio filmée avec classe où l'on découvre Chouquet dans son travail de réalisation et de mise en scène du feuilleton "Noël aux quatre vents" (1967). En écoute sur le site de France Culture, la Mythologie de Poche que Thomas Baumgartner lui avait consacré en février 2010 quelques mois après sa mort. Une belle anecdote que Davidas m'a racontée. Quand Chouquet était directeur d'Inter (1982-1983), il prend contact avec celui qui s'est chargé de l'illumination permanente de la Tour Eiffel, Pierre Bideau, car il souhaite installer sur la Maison ronde une grande horloge et le même principe d'illumination que celui de la Tour Eiffel. Chouquet se présente. Bideau lui rappelle qu'il a été son assistant au début de sa carrière. Belle histoire mais qui ne dit pas pourquoi la Maison ronde n'"illumine" toujours pas. Même si Chouquet et d'autres y brillent encore par ce qu'ils ont été et pour ce qu'ils y ont fait.

• Jean Chouquet est entré en 1947 au «Club d’essai » de la RTF dirigé par Jean Tardieu. De 1952 à 1976, il est producteur, auteur et réalisateur d’émissions de radio à la RTF, Europe n°1, Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo. Réalisateur, il réalise de nombreuses fictions, de la série populaire (comme "Noëlle aux quatre vents" sur France Inter de 1965 à 1970, ensuite transposé à la télévision en 1970 (source Wikipédia).

Merci à Gilles Davidas et à Stephane, d'avoir répondu, au pied levé à mes questions.

Puisque ce souvenir nous permet d'évoquer les feuilletons radiophoniques, rappelons que Jacques Santamaria, quand il a été directeur d'Inter (1996-1999) a réintroduit ce genre radiophonique en mettant à l'antenne les feuilletons suivants : "Le Perroquet des Batignolles", "Les fantastiques Aventures de Mme Muller", "Le Secret du coffre rouge".

(1) Pdg de Radio France, 1982-1986,
(2) Réalisateur "historique" à Radio France ,
(3) Jean Chouquet a aussi été réalisateur à France Culture,

Foulquier de nuit…








C'était l'heure du "Studio de nuit" (1). L'heure profonde où Foulquier pouvait inventer et réinventer la chanson dans le studio 154. Il aurait fallu, là ce soir, comme cela s'est fait à la vitesse du son pour Moustaki, sortir des archives une de ses fameuses émissions pour être à nouveau avec lui dans la nuit…Ce soir le lycéen d'Agen doit être bien triste, et avec lui des milliers d'auditeurs, et des milliers de "Saltimbanques" (2). Ce soir une spéciale lui sera consacrée sur Inter à partir de 20h. C'était bien le moins. Salut Foulquier, y'aura toujours de la chanson dans l'air près de toi, avec toi, pour toi…

(1) De minuit à 3heures du matin, 1975, France Inter,
(2) Une autre de ses émissions de France Inter.


Avec Jean-Luc Hees…

Jacques Santamaria, ex-directeur des programmes d'Inter (1996-1999), m'a fait parvenir le témoignage suivant : "J'avais proposé à Jean-Louis Foulquier un rôle dans le film que je viens de tourner… Il avait accepté avec joie avant que sa santé le contraigne à renoncer. Je perds un ami exceptionnel. Nous nous connaissions depuis quarante et un ans. C'était un grand homme de radio et un magnifique acteur."