mardi 10 décembre 2013

Des duos de légende…















La musique c'est France Inter. Mais la parole aussi, non ? Alors pour être sûr de mettre le plus de voix possibles à l'honneur j'aurais imaginé les duos suivants en demandant à chacun d'utiliser les archives de son choix pour des petites pastilles sonores de 5', qui pourraient se diffuser tiens pourquoi pas jusqu'au retour d'Inter dans la maison ronde en mars 2014 ?

D'abord j'aurais demandé à Claude Villers d'imaginer son duo avec Claude Dominique, et si j'avais pu j'aurais demandé à Claude Dominique son duo avec "Lulu" la femme de ménage dont Yann Paranthoën a fait un documentaire. À Gérard Courchelle son duo, même si c'est évident, avec Philippe Caloni et à Caloni son duo avec Jean-Louis Foulquier. Foulquier avec Adèle. Adèle celui avec Jean Garretto. Garretto avec Delli Fiori et celui-ci  avec Kriss. Kriss avec Jo Dona. Jo Dona avec Macha Béranger. Macha avec José Artur. Artur avec Noëlle Breham. Noëlle avec Georges Lourier. Lourier avec Gérard Klein. Klein avec Mourousi. Mourousi avec Rébecca Manzoni. Manzoni avec Jacques Trémolin. Trémolin avec Mermet. Mermet avec Anne Gaillard. Gaillard son duo avec Lodéon. Lodéon avec Audrey Pulvar. Pulvar avec Daniel Hamelin. Hamelin avec Ruggieri. Ruggieri avec Hees. Hees avec Marie-Odile Monchicour. Monchicour avec Gérard Sire. Sire avec Leïla Djitli. Leïla avec Edouard Camprasse (1). Camprasse avec Lucien Jeunesse. Jeunesse avec Blanc-Francard. Blanc-Francard avec Katia david. Katia David avec Roland Dhordain. Dhordain avec Dolto. Dolto avec Leymergie. Leymergie avec Jouffa. Jouffa avec Sylvie Coulomb. Coulomb avec Bozon. Bozon avec Baudrier. Baudrier avec Arnaud Monnier. Arnaud Monnier avec Jean Morzadec. Morzadec avec Christine Lamazière. Claude Chebel avec Philippe Bertrand. Maurice Achard avec Pierre Wiehn. Wiehn avec Frédéric Bonnaud. Bonnaud avec Annick Beauchamp. Annick avec Bernard Lenoir… In Infinitum. Et Raphaël Krafft (2) avec… Jean-Noël Jeanneney (3).

(1) Ingénieur du son : un des quatre mousquetaires de "L'oreille en coin" avec Guy Senaux, Yann Paranthoën, Joseph Rémiot,
(2) Vélocipédocumentariste,
(3) Historien des médias, Pdg de Radio France 1982-1986 .

lundi 9 décembre 2013

Ceux de France Inter… (3)








L'aurez-vous remarqué, pas une seule fois (1) le nom d'Agathe Mella n'a été prononcé au cours des émissions du cinquantenaire de France Inter ? Et pourtant en 1963 Agathe Mella était directrice de Paris-Inter et de fait du tout nouveau France-Inter (2). Une femme, directrice, oubliée ou éclipsée par Roland Dhordain qui avait été chargé de "rénover" ce "vieux" Paris-Inter, comment une chaîne qui a toujours valorisé l'histoire a t-elle pu commettre une telle faute et par la même un tel manque de reconnaissance pour cette pionnière ? Voilà, s'il en était besoin, un exemple qui montre bien que l'élaboration du cinquantenaire de la chaîne généraliste du groupe Radio France n'a pas été pensée de façon globale et chronologique, mais j'oserai dire "au petit bonheur la chance"…

C'est où la mémoire ?
Je l'ai écrit et déploré de nombreuses fois il n'y a pas de lieu dédié à Radio France qui conserve la mémoire des personnels qui ont fait la radio que ce soit les journalistes, les saltimbanques, les techniciens, les réalisateurs,… Dans plusieurs lieux existent des "petits bouts" de biblio, d'archives, de sons (à l'Ina surtout) mais rien de global ni d'exhaustif. Donc comment des producteurs, des directeurs font-ils aujourd'hui pour choisir, sélectionner, promouvoir des émissions, des voix, des archives ? Qui possède cette mémoire globale, qui peut en parler, qui peut faire des propositions raisonnées (3) ? Qui connaît encore dans la maison Annick Beauchamp, Georges Lourier, Claude Dufresne, Gérard Klein, Daniel Hamelin, Gérard Sire, Brigitte Vincent… (4) ? Comment dépasser le cadre de l'anecdote et construire l'histoire solide d'un média qui continue à séduire 43 millions d'auditeurs par jour ? Sans tomber dans le piège de la pipolisation dans lequel Télérama n'a une fois de plus pas manqué de s'engouffrer en mettant en avant neuf voix de radio archi-connues dont une seule femme.



 




C'est qui le sélectionneur ?
S'il était imparable de ne pas oublier André Francis (et Julien Delli-Fiori) pour évoquer le jazz à France Inter, comment n'a t-on pas tout fait pour sortir trois jours Bernard Lenoir (5) du bois de son Biarritz de rêve… L'embarras du choix ne peut être une excuse quand il s'agit de mettre en scène cinquante ans de radio presque vingt-quatre heures sur vingt quatre. Imaginons la commémoration du Bicentenaire de la révolution française qui aurait fait l'impasse sur tel acteur du mouvement ou sur tel événement périphérique. Inimaginable ! Et à la radio ce serait possible ? Bien sûr la radio, à peine le présent vécu, regarde immédiatement vers demain, le passé définitivement bon à classer aux archives (6). On peut comprendre alors l'émiettement, les choix arbitraires, l'absence de globalité qui a "guidé" la mise en œuvre de la commémo. À France Culture, pour le cinquantenaire c'est un historien "maison" et une sociologue qui ont rédigé le livre du cinquantenaire (7). Ici, pas de comité scientifique, pas d'équipe pluri-disciplinaire, juste la bonne volonté, les souvenirs épars et une très grosse part d'improvisation.

Je n'ai pas fini d'écouter tout ce qui nous a été proposé donc je reviendrai peut-être dans quelques semaines sur cet événement. J'aimerais, chers auditeurs, lecteurs, vos avis sur ce grand raout qui semble t-il en a laissé plus d'un perplexe et songeur…
(à suivre)

(1) Mais mon écoute est faillible !
(2) Avec le trait d'union, s'il vous plaît !
(3) Comme le catalogue raisonné de l'œuvre d'un peintre,
(4) Voir billet précédent,
(5) Producteur mythique de "Feedback" et de "C'est Lenoir" poussé au micro en 1978 par Pierre Wiehn et José Artur,
(6) radio France produit et diffuse et l'Institut national de l'Audiovisuel (Ina) archive et valorise,
(7) Emmanuel Laurentin et Anne-Marie Autissier, Flammarion, septembre 2013,

Ceux de France Inter (2)…






D'abord pour que ce soit bien clair, j'ai vu de mes yeux vu, l'ardeur, la passion et l'engagement des "équipes" à tout faire pour que France Inter offre à ses auditeurs, archives, témoignages et sons collectors. Beaucoup de choses ont été proposées, quelquefois en doublon, en "trublion", mais de nombreuses aussi ont été "oubliées", "occultées", "squeezées", au risque de ne pas donner toute la mesure des cinquante ans d'antenne. L'objectif de ce billet est d'essayer de montrer que dans l'ombre, il y a eu des voix, des femmes, des hommes, des "cachés derrière", des taiseux, qui ont fait France Inter et qui méritaient aussi pour un jour ou pour une heure toute la lumière. Mais on se demande, alors que l'énergie flotte toujours sur les trois jours de fête passées, s'il y a eu un capitaine (1), un grand ordonnateur, un guide pour fixer un choix éditorial et pour coordonner/harmoniser les initiatives et les choix des producteurs. Car comment comprendre sinon que certains producteurs historiques de la chaîne ont été plusieurs fois de suite mis en avant quand d'autres sont incroyablement passés sous silence. Et surtout, ce qui a fait France Inter ce ne sont pas seulement les producteurs qui ont un peu vite "oublié" que la radio est affaire d'équipe. Il eût été juste que plusieurs coups de projecteurs soient mis sur les équipes de réalisation qui ont fait la "patte" tant des émissions pour lesquelles elles ont œuvré (2) que pour la chaîne elle-même.


Stephanie Duncan, Laure Adler, Paula Jacques,




Sans voix
Je n'ai pas écouté 24/24 France Inter la semaine dernière mais (malgré des difficultés de réception optimum) je n'y ai jamais entendu Philippe Val. Je dis bien, entendu, car si un directeur de radio n'utilise pas la radio pour communiquer, où va t-on ? (3). Par contre, plusieurs fois, j'ai bien entendu Jean-Luc Hees, pour ne pas dire de nombreuses fois. Rien d'anormal, Hees a longtemps travaillé à Inter, en a été le directeur et est aujourd'hui Pdg du Groupe Radio France. Cette présence du Pdg donnait un peu l'impression d'une certaine éclipse du directeur d'Inter. Je me trompe ? Mais si quelqu'un peut me donner des nouvelles de Val, ça m'intéresse ? Et puisque Stéphanie Duncan a permis, hier dimanche, aux femmes de radio de dire une certaine désolation quant à la place actuelle des femmes à la radio, j'ai été consterné par le choix de Guillaume Erner (4) d'inviter le mardi 3 décembre trois hommes (5) pour parler de l'engagement de France Inter. Où étaient Michèle Cotta (6), Laure Adler ou même Anne Gaillard (7). Par contre Erner avait cru utile d'inviter Anne-Marie Gustave dont le livre sur Inter est truffé d'imprécisions, de dates approximatives et d'oublis invraisemblables. Il suffirait donc d'être journaliste, d'écrire sur Inter et de se voir invité pour en faire la promotion. Notons au passage qu'aucun des invités mâles de l'émission ni même son animateur n'ont relevé l'absence de rigueur, preuves à l'appui, d'un tel opuscule.

Vent frais
J'ai failli tomber de l'armoire quand j'ai entendu vendredi dernier, dans la spéciale à Nantes au Lieu Unique, Marie-Pierre Planchon (8), décréter qu'à son arrivée sur la chaîne il y avait peu de femmes à France Inter. Manque pas de toupet la dame, recrutée par Garretto qui, avec Codou, avait dès 1968 fait confiance à de nombreuses femmes pour produire des émissions pour "L'Oreille en coin" (9). C'est assez révoltant de laisser dire de pareilles inepties. Sur ce coup-là Planchon aurait mieux fait de… compter les nuages.


Christine Pilzer et Michel Bichebois ©M.Bichebois






Les vedettes
Qu'Artur, Bouteiller, Chancel (10) et Villers se soient retrouvés évoqués ou témoins dans de nombreuses émissions, quoi de plus normal. Mais que Pierre Wiehn ou Jean-Pierre Farkas (11) ne participe pas à Lille sous la houlette de Patrick Cohen (12) au débat sur l'information est invraisemblable. De la même façon pourquoi ne pas avoir laissé à Claire Servajean ou Sophie Bécherel le soin d'animer le débat. Cohen est sur-médiatisé, sur francintérisé (13) avait-il encore besoin de s'exposer à Lille ? Et quid de Gérard Klein ? (14) Et Claude Dufresne, Bernard Lenoir, Claude Dominque, François Jouffa, Philippe Caloni, Michel Bichebois, Simon Monceau, Kriss… "J'ai la liste" comme aurait dit Pierre Bérégovoy (15)… et elle est longue. On me rétorquera "on ne pouvait pas évoquer tout le monde", alors il ne fallait pas évoquer plusieurs fois les mêmes. Et surtout laisser des pans entiers de l'histoire d'Inter dans l'ombre. Pourquoi pas Jacques Santamaria ou Frederic Schlessinger, directeurs des programmes ?

J'ai l'impression d'un émiettement commémoratif, d'une absence totale d'histoire globale, d'évidences pipoles et quelquefois d'un manque de tact grossier pour ceux qui ont été Inter et qui y ont consacré une grande part de leur vie… Pourquoi cet état de fait ? J'essayerai de commencer à y répondre dans le prochain billet.

(1) En tous les cas, elle, il ne sait pas fait connaître,
(2) Voir la jolie passe de Kathleen Evin dans le billet précédent,
(3) Ses interviews dans le Monde et Télérama (et d'autres supports de presse peut-être) ne peuvent remplacer sa parole… orale !
(4) Producteur de "Service public", lundi à vendredi, 10h,
(5) Jean-François Kahn, Ivan Levaï, Jean-Marie Cavada,
(6) Deuxième Pédégère de Radio France (1981-1982) après Jacqueline Baudrier (1975-1981),

(7) Animatrice et Productrice années 70 sur France Inter, une émission initialement pour les femmes qui a évolué vers la défense des consommateurs,
(8) S'est fait connaître par la météo marine,
(9) La liste est longue, voir mes billets sur le sujet…
(10) Ce que Pierre Wiehn, ex-directeur d'Inter appelait le "Système ABC" ,
(11) Ex-directeur de l'information de France Inter,
(12) Qui recevait Patrice Bertin, Patrick Poivre-d'Arvor, Jean-Pierre Elkabach, Sophie Bécherel, Claire Servajean,
(12) Le Monde Télévision ne manque pas d'en rajouter une couche et sanctifie le journaliste pour évoquer à lui tout seul le cinquantenaire de la chaîne… Cocasse non ?
(13) Le gai Klein comme l'a rappelé Jean Lebrun au cours d'une des émissions de la semaine dernière,
(14) Ministre de François Mitterrand, 

Ceux de France Inter… Ombres et lumières


La Gaité…  Lyrique francintérisée




Tôt ce matin les lampions de France Inter se sont éteints et les matinaliers, vaille que vaille, ont repris aux aurores les chemins des studios… J’aimerai commencer par écrire ce qui depuis quelques jours a été touché par la grâce. La grâce de bien plus que l’auto-célébration facile. Un de ses moments magiques on le doit à Kathleen Evin qui jeudi soir dans son «Humeur vagabonde» recevait Adèle (réalisatrice à France Inter, aujourd’hui en retraite) et Patrick Henry (technicien). Beau geste, belle passe, de reconnaître et de mettre en avant ceux, sans qui, la radio aurait bien du mal à exister. Avec simplicité et tendresse, Evin a dit les mots justes, ceux qu’il faisait bon ENFIN entendre prononcer. Pour ceux qui, "derrière la vitre", ont tout vu, tout entendu et tout partagé. Il fallait bien plus qu’une désannonce pour (re)mettre les choses à leur place, Kathleen Evin l’a fait sans flagornerie et a de fait ajouté ce supplément d’âme qui, par ailleurs a pu faire défaut.

Puis ce fût au tour de Zoé Varier (1) et Alexandre Heraud (2) de célébrer le documentaire (3), jusqu’à prendre le temps de remonter le fil rouge des débuts radio de ladite Zoé. Sans dithyrambe Heraud a joué le jeu de mettre en avant la démarche et l’histoire de sa consœur, et de «donner corps» à un parcours et une passion. On attendrait bien l’épisode ou Varier ferait se raconter Heraud. Plus inattendu Philippe Meyer a rendu un très bel hommage à Jean-Louis Foulquier (4) en allant jusqu’à changer le titre de son émission «La prochaine fois il vous la chantera». Chapeau Meyer ! Foulquier a dû apprécier, même si sa place aurait été d’être dans le studio et à la fête surtout. Patrice Blanc-Francard, vendredi dernier à Nantes rendait un hommage appuyé à Pierre Wiehn (5).

Paula Jacques… dans toute sa verve !




Et puis il y avait tous ces petits bouts de sons qui venaient égrener des souvenirs, des émissions, des voix, des époques… Et puis Stéphanie Duncan a réuni dimanche matin des femmes de radio (et de presse) pour parler « des femmes à la radio », des femmes dans les médias. Laure Adler (6) y a vu un recul. Pas en nombre de femmes, mais en terme d’influence et de présence aux postes de responsabilité à tous les échelons de la hiérarchie. Paula Jacques (7) a été dans le même sens reconnaissant qu’à «L’Oreille en coin» il y avait, à l’époque (68-90) de nombreuses femmes productrices. Eve Ruggieri (8) a eu beau vouloir entonner le même couplet, ça sonnait très faux si l’on veut bien se souvenir qu’une fois directrice elle a ignoré et non reconduit l’émission de Claude Dominique (9).

Et au grand show final à la Gaité Lyrique, il a bien fallu un Souchon et un Higelin pour "par-dessus" les Maîtres de Cérémonie, Varrod et Valli, rendre hommage et saluer Foulquier, lui qui pendant plus de 40 ans défendit, promu, et resta fidèle à la chanson française sur les ondes de France Inter. Mais où était-il donc ? Avait-il seulement été invité ? Avait-il seulement envie de venir ? Les artistes ne l’avaient pas oublié. Mais pour cette fête de la radio et de la chanson il manquait dans le décor. 

Ce billet sera abondé au fur et à mesure de la journée. Il est le premier d’une série de trois. 

(1) Animateur-producteur "historique" de France Inter et créateur des Francofolies, 
(2) Productrice de, "L'heure des rêveurs", le vendredi 15h,
(3) Producteur de  "Il est un endroit", dimanche 16h,
(4) N'en déplaise à certains, à France Inter, il y a une frontière entre documentaires réalisés par documentaristes-saltimbanques et reportages réalisés par des journalistes. Preuve le témoignage d'Alain Le Gougec, Interception,  
(5) Directeur de la chaîne 1973-1981, 
(6) Productrice à France Inter et France Culture,
(7) Pas sûr que Paula ait voulu décocher le coup de pied de l’âne à Ruggieri, mais en rappelant que l’époque fin 80’ était plus libre que celle d’aujourd’hui quand elle et Mermet animaient une émission érotique (La coulée douce, deux étés consécutifs, 86 et 87), il fallait se souvenir que la même Ruggieri, à peine nommée directrice d’Inter (juin 87), rayait des programmes d’un revers de main «une émission dépassée » (sic),
(8) Productrice "historique" d'Inter et éphémère directrice de la chaîne (1987-1988),
(9) Productrice à "l'Oreille en Coin" puis co-animatrice d'une émission d'histoire avec Michel Winock, et productrice pour les Ateliers de création décentralisés.

Ceux de France Inter…

dimanche 8 décembre 2013

Quelle mémoire ? …





N'importe quand vous rencontrez quelqu'un de votre génération et lui dîtes "Tu te souviens de l'Oreille en coin" ? Il risque très souvent de répondre "Le dimanche matin... ? Avec les politiques ?" Et pour quoi le dimanche matin ? Là, les bras m'en tombent ! L'"Oreille en coin" c'était 13h d'émission du samedi au dimanche et la plupart des auditeurs ne se souviendraient que du dimanche matin... Pourquoi ? Mais pourquoi ?
Où sont passés François Jouffa & Simon Monceau, Claude Dominique, Daniel Mermet, Agnes Gribes, Christine Lamazières, Emmanuel Den, Paula Jacques, Denis Cheyssoux, Leila Djitli, Wylliam Leymergie, Jacques Tremolin, Kriss, Robert Arnaut, Katia David… ? Disparus le labo des inventions radiophoniques, le familistère de la création, le collectif anarcho-gaucho-écolo ? C'est quoi la mémoire : les galéjades des politiques qui viennent se vendre à la radio ? Pipole déjà ? Pierre Codou, le co-fondateur et co-producteur de l'émission qui n'en voulait pas de ces politiques avait peut-être raison !


Alors forcément, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, je suis tombé de très haut quand il m'a fallu découvrir que les rediffusions de l'Oreille ne concerneraient que celles du dimanche matin. Pourquoi ce choix ? Pourquoi cette facilité ? Pourquoi n'avoir pas voulu fouiller ce qui faisait l'essence même de cette "radio dans la radio" ? Garretto-Codou le méritaiten bien, non ? Mais aussi tous les producteurs qui avaient définitivement marqué l'oreille des auditeurs. Les politiques c'est rien, juste un demi-sourire et encore. J'ai gâché ma nuit et étais très triste pour Inter qui ne savait, ne voulait donner toute sa mesure à la radio de création, inventive, impertinente, joyeuse et résistante. Résistante au conformisme et à la facilité.

On ne badine pas avec la mémoire. Cinquante ans ce n'est pas rien. Un travail immense d'éditorialisation était à mettre en œuvre. Qui l'a voulu ? Qui a coordonné le projet ? Pourquoi certaines voix et pas d'autres ? Ou pourquoi "toujours les mêmes" ? À partir de demain et en plusieurs épisodes je reviendrai sur les festivités d'Inter…

vendredi 6 décembre 2013

Les toros… (s'ennuient le dimanche)

©Pablo Picasso






"L'à-coté" est souvent aussi passionnant ou instructif que l'événement lui-même. Pour toute la littérature et les diatribes qui se sont répandues sur le sujet de la corrida, Mognol apporte sa sensibilité et certainement sa passion. Son parti-pris nous fait partager les sentiments de ceux qui transcendent l'animal à travers le rituel, la coutume, la fête avec leur part de bonne foi et de sincérité quand d'autres n'y verront que justifications. Le sujet est difficile. J'ai écouté ce documentaire pour comprendre. J'ai évacué toutes les images qui affluaient pour me concentrer sur la parole. On "voit" bien le désastre qui aurait consisté à imposer des images qui se seraient focalisées sur la bête quand la parole simple mérite d'être entendue pour ce qu'elle est et non pas pour ce qu'elle est en train de suggérer. Les tenants de la radio filmée diront forcément le contraire. Qu'ils aillent donc faire de la TV ou du documentaire audio-visuel.

Cette fin de semaine à Paris, Phonurgia Nova remettra, son propre prix et le Prix Pierre Schaeffer. Le documentaire d'Alexandre Mognol fait partie de la sélection Schaeffer. Le documentariste me pardonnera, quand j'entends le mot "toro" et le lis écrit en español, je pense à Jacques Brel (c'est pas souvent…)

"Les toros s'ennuient le dimanche
Quand il s'agit de courir pour nous
Un peu de sable du soleil et des planches
Un peu de sang pour faire un peu de boue
C'est l'heure où les épiciers se prennent pour Don Juan
C'est l'heure où les Anglaises se prennent pour Montherlant
Ah!
Qui nous dira à quoi ça pense
Un toro qui tourne et danse
Et s'aperçoit soudain qu'il est tout nu…
"