vendredi 11 mai 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… Radio des grèves, radio en grève (35/42)

En partenariat avec

Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.



Le 7 mai 2008, "La Fabrique de l'histoire" sur France Culture, dans le cadre d'une série "Radio 68" donne à entendre les témoignages des acteurs, journalistes et responsables de la radio publique (France Inter) et privée (RTL et Europe n°1). C'est une très bonne mise en perspective pour comprendre comment l'ORTF va complètement se "figer" et comment les "périphériques" vont redoubler d'audace et de risques pour rendre compte en direct des événements au Quartier latin (Paris).

En exclusivité jusque fin mai
Aves les voix de Pierre Juquin, Raoul Sangla, Marcel Bluwal, Alain de Sedouy, François de Closets, Jean Pierre Farkas, Jean Pierre Sicre, Fernand Choisel






Et chez Renault-Billancourt… (extrait de l'émission citée)


lundi 7 mai 2018

68 : et si tout avait commencé avant… De Nanterre à la Sorbonne du 3 au 11 mai (36/43)

En partenariat avec

Chaque lundi, jusque fin juin 2018, je vous raconte, ici, les prémices de ce qui a pu présider aux "événements" de mai 1968. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, les témoignages de quelques témoins précieux et… mes propres souvenirs.

J'ai découvert il y a une dizaine d'années,
cette affiche dans une maison où de jeunes collocs
appréciaient la photo de Claude Dityvon

36. Sur tous les fronts universitaires
En 1988, pour la grille d'été sur France Culture, Dominique Chagnollaud, produit "Chroniques de mai". J'en publierai, ces prochains lundis, quatre des sept de la série initiale. Cette série, découpée par semaines, rend bien compte de la graduation des événements et nous permet d'entendre les témoignages de nombreux acteurs… masculins. Aucune femme n'est mise en avant dans le mouvement étudiant. La radio et la TV s'adressent aux hommes. Et ce sont les hommes qui sont sur le terrain ou dans les studios. Que d'hommes ! Que d'hommes.

On entendra Alain Peyrefite, ministre de l'éducation, dans l'exercice récurent de rigidité et d'ordre qu'il affectionne par-dessus tout, claironner avec le ton du petit lieutenant qui se prend pour un général : "J'ai pris toutes dispositions pour que la réouverture de la Sorbonne et la réouverture de Nanterre ait lieu dès que les doyens estimeront que les conditions normales de cette réouverture sont réunies, c'est à dire j'espère demain après-midi. Je ne peux pas vous en dire plus, mais ce que je dirai quand même (sic) si l'ordre est rétabli tout est possible, si l'ordre n'est pas rétabli rien n'est possible." De la plus pure rhétorique gaullienne.

En intégralité et exclusivité jusque fin mai

vendredi 4 mai 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… Renault-Billancourt (34/42)

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Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.

Les hommes de Billancourt de Caroline Pochon (documentaire, 2017)


















Il y a eu un avant et un après 68 à Renault-Billancourt, mais dans cette "forteresse ouvrière" il y a eu tant d'avants et d'après jusqu'à la fermeture le 31 mars 1992. Et puis il y a eu la permanence ouvrière et la fabrication à la chaîne des automobiles Renault. Dans le documentaire ci-dessous, même s'il n'est pas de "68", il est de l'histoire même de Billancourt, jusqu'à ce qu'elle-même se désespère. 

Plus particulièrement "le travail d'enquête sonore et de création musicale de Nicolas Frize, auteur-compositeur, avec les ouvriers de Billancourt leur fit découvrir ce qu'ils faisaient huit heures/jour, comment ils s'y prenaient et permis une salutaire ouverture sur la prise de conscience d'une culture du travail, la leur, qui alors pouvait être dite et transmise. Entre tâche à remplir et métier à vivre, répétitions ou compréhension, c'est l'identité même de l'homme qui est là en jeu." (1)


"Comme si je vous disais que les cadences chez Renault sont exténuantes
Comme si je vous disais que les cadences exténuent les ouvriers
Jamais les Présidents…"
Léo Ferré

En intégralité et exclusivité jusque fin mai
La cité interdite, les usines de Boulogne-Billancourt ; 1 : Le chant des ouvriers, France Culture, Nuits magnétiques, 24 octobre 1995, (2)


(Ici les deux parties de cette archive ont été montées avec d'abord la partie 2 puis la partie 1)

(1) Cité dans le documentaire,
(2) Cette archive est la première partie d'une série de 4 : 2/Le chiffon rouge, 3/Le chant des survivants, 4/Le temps des cerises. Diffusées du 2 au 5 octobre 1995. À cette époque c'est Colette Fellous qui, à la suite d'Alain Veinstein son créateur, coordonnait "Les nuits magnétiques".

La situation aux usines Renault de Billancourt en 1968


La belle évocation de Martine Sonnet pour l'histoire de son père chez Renault,

lundi 30 avril 2018

68 : et si tout avait commencé avant… La publicité à l'ORTF (35/43)

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Chaque lundi, jusque fin juin 2018, je vous raconte, ici, les prémices de ce qui a pu présider aux "événements" de mai 1968. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, les témoignages de quelques témoins précieux et… mes propres souvenirs.



Qu'est-ce qu'on se marre, mais qu'est ce qu'on se marre à écouter les débats "existentiels" de l'ORTF qui s'interroge le 10 avril 1968 sur la nécessité d'introduire la publicité à la télévision et à la radio. Ces messieurs, éminences grises, technocrates et autres affidés du pouvoir, pensent les choses "à la petite semaine" jamais de façon globale et prospective. Suivant leurs humeurs et celles des politiques qui n'imaginent pas autre chose qu'un service public aux ordres. Leur vision est d'abord administrative, étatique et hiérarchisée. La culture, la création et l'expérimentation restent "accessoires". Les saltimbanques inventent, les cols blancs régentent. Pierre Schaeffer est l'"électron libre" génial qui pousse très loin la recherche quand la majorité des décideurs souhaitent une TV de l'endormissement et de la passivité ultime.

J'ai choisi cette image des moutons parce que ce qui intéresse le plus la France Gaulliste, Pompidolienne et réactionnaire c'est la norme. NF (Norme Française). Label des labels qui fait florès sur les casseroles, sacs à déchets et autres filtres à café. Le Graal qui rassure et qui permet pour ce qui concerne l'audiovisuel public de verrouiller, calibrer, contrôler les écarts qui permettraient à une société adulte de réfléchir, d'imaginer et d'être actrice du changement. Halte danger. La télévision et la radio ne peuvent, ne doivent être, ni au service de l'émancipation ni à celui de l'éducation populaire. La formule "informer, éduquer, distraire" est le mantra qui cache la forêt du divertissement stérile. Une fois cette prière psalmodiée, envoyez "Intervilles, le tiercé et la Piste aux étoiles" et le tour sera joué ! Pompidou, devenu président de la République, peut plastronner deux ans plus tard avec sa formule "être journaliste à l'ORTF ce n'est pas la même chose que d'être journaliste ailleurs" (1). Garde à vous !

(1) "L'ORTF qu'on le veuille ou non c'est la voix de la France… Ceux qui parlent à la télévision ou à France Inter, parlent un peu au nom de la France…" Extrait de la Conférence de Presse ici,

L'introduction de la publicité de marque à l'ORTF, France Inter, Inter Actualités, 10.04.68, avec Jacques-Bernard Dupont, Directeur général de l'ORTF,

vendredi 27 avril 2018

67:68 : une autre révolution culturelle… Les shadoks (33/42)

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Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.



Le 29 avril 1968 à 20h30 précises un ovni télévisuel apparaît pour la première fois sur nos écrans télévisés. C'est un feuilleton imaginé par Jacques Rouxel avec la voix de Claude Pieplu. C'est pas de la radio, mais c'est quand même le Service de la Recherche de l'ORTF dirigé par Pierre Schaeffer. À cette époque (pas de télévision à la maison) mais en 1969 je croiserai cette "petite folie douce" sur un écran TV. C'est drôle et décalé mais ce n'est pas dans notre rythme d'adolescent. Après "TSF 68" le 30 mars et les Shadoks un mois après, on peut dire que ça bouillonne fort à l'ORTF, indépendamment de l'effervescence de la rue.






Les Shadoks "venaient de nulle part... et c'est là qu'ils allaient". Et cela leur prit 208 épisodes hilarants, haletants, passionnants, intelligents.L'Ina édite l'intégrale du célèbre feuilleton "Les Shadoks" qui divisa la France en deux il y a cinquante ans. (5 DVD, Durée totale : 11h 30min)

lundi 23 avril 2018

68 : et si tout avait commencé avant… La pédagogie et les étudiants (34/43)

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Chaque lundi, jusque fin juin 2018, je vous raconte, ici, les prémices de ce qui a pu présider aux "événements" de mai 1968. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, les témoignages de quelques témoins précieux et… mes propres souvenirs.












34. La pédagogie et les étudiants de 68,
Voilà donc un temps où, à chaud (très chaud même), France Culture investissait les lieux de débats "existentiels", les "foco" aurait dit Che Guevara. On est fin avril 68, l'ambiance est surchauffée à Paris et dans les plus grandes villes de France. À Nanterre, plusieurs enseignants organisent un débat avec des étudiants. Plusieurs pavés seront lancés dans la mare de l'institution scolaire qui, et c'est le moins que l'on puisse dire, a du plomb dans l'aile. Cinquante ans plus tard "on" parle toujours de la même chose. L'institution "Éducation nationale" reste une "usine à gaz" où les expérimentations se font à la marge, jusqu'à ce qu'il soit temps de tirer la soupape.

En exclusivité et intégralité jusque fin mai
Débat à la Faculté des Lettres de Nanterre avec des étudiants (enregistré le 22 avril 1968 et diffusé le 9 mai 1968, France Culture, "Sciences  vécues". Essai de définition de la pédagogie, ses différentes formes. L'utilité des examens. Le caractère sociologique et politique de tout enseignement. Un étudiant propose d'arrêter l'émission, de faire la révolution et de parler ensuite de pédagogie. Des étudiants contestent le rapport pédagogique unilatéral actuel entre Professeurs et étudiants, demandent la suppression de la hiérarchie, de l'autoritarisme et du classement, et la destruction du système d'enseignement actuel, (note de l'Ina).



(1) Jean-Claude PAGES, Maitre de Conférence à la Faculté de Médecine, Marcel LAISNE, Professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, Hélène BESTOUGEFF et Romain JACOUD, maîtres-assistants à la Faculté des Sciences, 

Toute une semaine de "La fabrique de l'histoire" sur Mai 68, France Culture, 
Épisode 1



vendredi 20 avril 2018

67/68 : une autre révolution culturelle… Henri Langlois s'explique (32/42)

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Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.

Henri Langlois
Henri Langlois et la Cinémathèque
Langlois a inventé les archives cinématographiques (1). La crise provoquée par son éviction en février 68 trouve une issue favorable le 22 avril lors sa réintégration. Deux ans plus tard dans Radioscopie, sur France Inter, on découvre la trempe de l'homme intègre et passionné par sa recherche. Chancel, son intervieweur (2), dans un système de pensée binaire qu'il affectionne, sans se départir de flagorneries appuyées, déroute Langlois qui ne s'en laissera pas conter.

(1) "En 1968, le ministre français de la culture André Malraux, qui, depuis 1958, a mis à la disposition de Langlois d'importants moyens financiers, décide de le priver de la direction administrative de la cinémathèque, tout en lui offrant la direction artistique. Au ministère de la culture, on reproche à Langlois de négliger complètement l'administration, la comptabilité et la gestion. D'être incapable de donner les informations établissant le droit de propriété de la cinémathèque sur certaines bobines. Et d'être si peu soucieux des conditions matérielles de conservation que des milliers de films se détériorent dans des blockhaus dont il refuse l'accès aux techniciens et à certains chercheurs3. Langlois est chassé de son poste et remplacé par Pierre Barbin, choisi et nommé par le ministère de la culture". (Source Wikipédia)

(2) Voir la longue série de 117 billets chroniquant les 117 Radioscopie du coffret publié par l'Ina en novembre 2015.

En intégralité et exclusivité jusque fin avril
Radioscopie, 8 juillet 1970